c'est au médecin de venir chez toi, c'est pas à toi d'aller chez lui
Bon c'est pas pour faire mon pro-système (c'est possible ?) loin de là, mais je suis pas du tout d'accord avec toi, ce qui ne veux pas dire que je soit en total désaccord non-plus. Dire ça c'est comme dire : ba les gens ils devraient avoir leur unité de soin chez eux en fonction de leur affliction, et puis tant qu'à faire, chacun devrait avoir le matériel médical nécessaire à toute possible affliction, puis tant qu'à faire, chacun devrait être un médecin super calé capable de se soigner tout seul avec son matos de toute affliction possible, puis tant qu'à faire on devrait tous être immortels et invincibles.
Il y a un moment où il faut se rendre compte que le progrès technologique, ba c'est pas qu'une tare, un épine dans le pied au bien-être des gens, ou un parasite qui ronge tout doucement mère-nature. C'est pour pallier à la cruauté arbitraire de la nature. Alors certes il y a encore des progrès à faire dans la distribution des soins, clairement, sinon on en serait pas à réfléchir à des moyens d'améliorer le système médical, entre autres, mais faut être lucide et se dire que ba ouais on est quand même bien gâtés en france quand on a la possibilité de se faire gâter, et que 50km ça peut paraître beaucoup pour aller se faire soigner dans un hosto, ouais, mais ça paraît toujours moins que quand t'as pas de voiture, que l'hosto le plus proche est beaucoup plus loin, et qu'il est saturé et pas assez équipé.
A la base ce darwinisme socio-technologique que t'as l'air de tant exécrer a été créé pour pallier aux insuffisances et aux dangers de la nature, parce que quitte à faire l'anarch' jusqu'au bout (là je vais me faire taper, j'y connais rien j'avoue, je me base sur le cliché classique sur l'anarchie), ba on en revient à notre condition originelle, à savoir pas de technologie, pas de (agri)culture, pas de progrès, et une espérance de vie qui n'aurait pas grand chose à envier à celle des moustiques. Bon évidemment c'est pas aussi simple, c'est pas comme si l'être humain avait l'exclusivité de l'ordre social et de se servir de son environnement pour donner plus de chance à sa propre survie et à celle du groupe dans lequel il évolue, seulement on a juste été un peu plus loin et un peu plus vite, à priori, et si avoir une technologie à la pointe (quelle pointe d'ailleurs ? celle que les gens qui ont un portefeuille pointu peuvent se payer ? ou le fait même d'avoir accès à du matériel de soin souvent vieux de plusieurs décennies ne représente pas une sorte de progrès en soi, face à sa totale absence, bien que toujours insuffisant ?) a un prix - et je ne parle pas que d'argent mais aussi bien de répercussions écologiques, humaines, karmiques -, peut-être serait-il temps de considérer que cette notion même de partage (ce que la nature donne - sous-entendu, ce que le progrès technologique aussi donne - la nature le reprend) est indissociable de la vie malheureusement ou heureusement.
Juste pour dire que ouais, j'espère aussi un futur radieux où on pourra vivre longtemps, en bonne santé, heureux, sans avoir à rester sous perf' dans une structure publique jusqu'à la fin et depuis le début. Seulement je doute que la réalité soit aussi simple, et s'il avait été question d'autosuffisance, ba je pense qu'il y a belle lurette que le "progrès" se serait arrêté pour se focus sur la répartition égale des richesses, et dans une plus grande mesure, que les êtres vivants auraient eux-même arrêté d'évoluer.
Et pour rebondir sur l'aspect fric des structures de soin, ouais le rendement c'est une question de fric, que ce soit en hôpital ou ailleurs, en publique ou en privé, partout, et malheureusement la santé des patients et les conditions de travail des soignants sont soumises à ce rendement, oui, car ce rendement est en partie sur la dette, qui est le pivot de l'économie mondiale. En gros, si les dirigeants (et je parle pas que des gouvernements, qui sont en quelque sorte, de mon point de vue, les gardes-fous des gardes-fous, mais bien des dynasties banquières et industrielles) voulaient vraiment que tout le monde puissent avoir une égalité des chances, ba économiquement ce serait possible dans la mesure où l'argent est créé de toute pièces et de façon abstraite (avant de devenir concrète) via les banques centrales et fédérales qui prêtent ensuite aux pays, moyennant une dette que certains économistes qualifient, à juste titre, d'odieuse. Tout le système économique a été érigé autour de cette idée de rendement impossible à pallier. C'est comme si tu cueillais une plante, qu'elle n'avait qu'une seule graine, et qu'on te demandait - ou t'obligeait plutôt, étant donné qu'il y a pas d'alternative - en retour d'en faire pousser trois et sans bouture. C'est impossible. Le truc tout con serait alors de se dire "ba autant refonder le système économique et de créer autant d'argent qu'on veut vu qu'il n'est question que de ça et que c'est créé sur un claquement de doigt" et ce serait faux je pense, parce que cette limite économique, cette échelle darwiniste socio-économique, cette pyramidalisation de la vie repose avant tout sur les ressources disponibles, pas sur le fric. L'argent dans tout ça, ça n'est rien d'autre que le système du système du système, un moyen et une fin imposées pour cacher le fait que, oui on a les ressources suffisantes pour que tout le monde vive avec les mêmes chances, le même background culturel et technologique, seulement on est très très nombreux, on conduit beaucoup de véhicules, on mange beaucoup de viande, on consomme beaucoup d'électricité alimentée principalement par le nucléaire, alors est-ce qu'on a les ressources nécessaires pour que tout le monde puisse vivre de cette façon mais à un niveau égal à celui que peuvent se permettre les plus riches d'aujourd'hui ? Personnellement je sais pas du tout, mais quand je pense à l'élite qui a fondé et perpétue ce "génie du mal" qu'est le système sociétal, je me demande s'il y a un but autre et moins con, dans tout ce mindfuck qu'est la vie, que celui de chercher à tomber de plus haut quand on finira par tomber. Alors je relativise, je cherche à me dire, aussi cruel ou naïf que cela puisse paraître "ouais la vie c'est dégueulasse parfois, parfois délicieux, il y a des responsables et des irresponsables, et on est peut-être tous un peu les deux à la fois, j'espère que tout ce merdier va dans une direction, un but précis, et si c'est pas le cas, ba qu'est-ce que ça change au fond ?".
Le constat est que les échelons se sont décalés, mais pas les salaires.
En gros, les aides-soignants font désormais beaucoup d'actes qui auparavant étaient le job des infirmiers, les infirmiers en sont presque à se comporter comme des médecins et les toubibs sont devenus des gestionnaires et les gestionnaires des politiques et les politiques sont devenu des bons-à-rien.
Non, les infirmier(e)s au contraire font d'avantage de tâches qui reviennent aux aide-soignants qu'aux médecins, ce décalage des échelons ne va que dans un sens par contre, les responsables vont pas confier une tâche qui dépasse les compétence d'un professionnel, par contre s'il s'agit de pallier à un manque d'effectif d'aides-soignants, ba les infirmier(e)s sont formé, via cette verticalisation du savoir académique et pratique, à pouvoir effectuer les tâches des gens qui ont le "niveau d'en dessous", à savoir les aides-soignants en l'occurrence, et ils le font, aussi frustrant que ça puisse paraître.