GuyGeorge a dit:
Pour l'hépathotoxicité, c'est la greediness des labo qui ont fait des extraits à l'acétone ou autre solvant autre que l'eau, sur l'ensemble de la plante et pas juste les racines. Effectivement t'as beaucoup de kavalactones dans les feuilles aussi, mais tu as aussi une grande concentration d'un composé hépatotoxique dont le nom m'échappe. Ces suppléments à base d'extraits ont provoqué une 30 aine de cas d'hépathose toxique en Allemagne, d'ou l'interdiction et la France a suivi. Quand l'allemagne a fait marche arrière, la France là n'as pas suivi biensur. Aux états-unis c'est légal et t'as carrément des bars à kava.
Lors d'une extraction à l'eau traditionnelle sur les racines, pas de problème d'hépatotoxicité.
Il n'y a pas d'accoutumance donc tu peux en consommer 10 ans tous les soirs et arrêter brusquement. Il n'y a aucun soucis. Chez moi, j'adore ça, mais c'est pas quelque chose qui m'obsède l'esprit comme le fait chaque dope un tant soi peut récréative. Par exemple j'avais réessayé de me commander un pack de kratom récemment. Bah en 1 semaine je me remet a consommer quotidiennement et je fais plus que ça de mes weekends et après j'ai envie de revenir plus tot du taff pour m'en mettre. Avec le kava, je ne ressent pas ce pull. C'est peut être du au fait que le kava n'active pas de manière significative la production de DFosB.
Depuis 2 mois que je consomme le kava, j'ai totalement arrêté l'alcool sans problèmes. En fait je préfère l'effet du kava tout simplement. Au lieu d'être fatigué et plus stressé le lendemain, il y a un petit effet anxiolithique qui reste, et je dorts mieux, je fais masta rèves aussi.
GuyGeorge a dit:
Je balance des faits. Et je pense que pour ceux qui ont abusé de GABAergiques, c'est pour le bien commun de savoir que ça existe. Chaque prise de kava qui remplace une prise d'un GABAergique quelconque est un pas de gagné. Que vous croyez que le kava soit addictif par méconnaissance, c'est votre problème. Ce n'est pas une apologie que je fais. Le kava c'est cher et infâme, c'est un bordel a préparer, et même si l'effet est cool, il est pas totalement ouf, j'ai précisé tout ça. Beaucoup ne s'y retrouverons pas. Mais si vous galérez a gérer votre consommation de dope, c'est un truc qui est intéressant à tester. Voilà le coeur de mon message. Pour ceux qui seront intéressés, ils trouveront tout seul le moyen.
Concernant le kava (piper methysticum), effectivement certains mythes ont la peau dure, mais les atteintes hépatiques graves liées à sa consommation étaient le résultat de :
- Consommation d'extraits de parties de la plante toxiques (tiges, feuilles) alors que seul les racines latérales et basales sont consommées par les insulaires (Fidji, Vanuatu, Samoa, Hawaï, etc.).
- Consommation d'extraits de kava
tudei, une variété utilisée parfois dans un cadre cérémoniel mais ce n'est pas ce kava qui est consommé - parfois au quotidien - dans les îles.
- Association de ce type d'extraits avec des substances hépatotoxiques comme l'alcool et le paracétamol.
Des observations faites par certains spécialistes comme le Dr Vincent Lebot, ne montre pas de problème hépatique chez les populations qui consomment le kava très régulièrement.
Il faut noter que les insulaires utilisent une méthode d'extraction à l'eau (jamais de solvants) et utilisent uniquement du kava
noble. Il ne le chauffe pas (eau tiède au maximum). Par contre chauffer à haute température du kava produit davantage de flavokavaïne B, qui semble hépatotoxique (le kava
tudei en contient aussi beaucoup plus).
Il existe des effets secondaires à la consommation de kava, mais le plus rapporté est en effet une dermopathie (peau sèche et squameuse) avec des consommation excessives et un manque d'hydratation.
Certaines formes (par exemple "kava micronisé") entraînent des désagréments gastriques car les fibres ingérées sont plus irritantes. La préparation calquée sur la méthode traditionnelle est assez longue et laborieuse (mélanger de longues minutes, malaxer, filtrer avec un filtre très fin) mais permet d'éviter ces problèmes et c'est aussi moins cher. Il y a aussi des variétés plus poivrées et difficiles à boire (celles du Vanuatu) et d'autres plus "douces" (Fidji).
Le kava s'apparente plus à une plante médicinale qu'à une drogue, d'ailleurs il est classé comme tel dans la pharmacopée française : "Liste B des plantes médicinales utilisées traditionnellement en l’état ou sous forme de préparation dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfices thérapeutiques attendus (au même titre d'ailleurs que le whitania somnifera aka ashwagandha qu'on trouve pourtant en magasins bio ou parapharmacie) .
Les gens qui recherchent un "high" sont généralement déçus, même si selon les variétés il peut y avoir une légère euphorie (plutôt courte et dû à la kavaïne qui a une demi-vie brève).
Par contre, c'est vrai qu'il y a quantité de témoignages de personnes en proie à une addiction à l'alcool (parfois aux benzos ou au kratom) qui ont fait le switch pour le meilleur. On retrouve souvent des histoires semblables : la personne est stabilisée, ça n'a plus d'impact sur son travail ou sa vie de couple, etc.
Et si je suis mitigé sur la question de la tolérance inverse (ce n'est pas mon expérience), c'est clair que je n'ai jamais constaté de besoin d'augmenter le dosage pour avoir des effets similaires, même au bout d'une année ou plus. Le redosage n'amène pas grand chose et des dosages trop élevés peuvent entraîner des nausées, ce qui limite l'abus. Par contre, les effets ne sont pas toujours cohérents et peuvent varier selon l'état de fatigue, de stress, avant ou après un repas, etc.
Sur la dépendance, il est bien sûr possible de développer une dépendance psychologique (comme avec tout ce qui apporte un sentiment de bien être), mais faire une pause de 2 mois brutalement après 1 an et demi à 2 / 3 prises par semaine n'a eu aucune conséquence. Juste quand j'ai repris, j'ai vu une différence (positive).
Je vois que le kratom a été mentionné, il n'y a clairement aucune comparaison possible ! Le kratom entraîne tolérance, dépendance psychologique ET physique et même en terme de filière, il n'y a aucune traçabilité alors que par exemple le kava US est systématiquement analysé (notamment pour s'assurer que c'est bien du kava noble). Il y a d'ailleurs des kava bars à New York ou des nakamals en Nouvelle Calédonie par exemple, qui sont des lieux ouverts au public pour consommer cette plante. Comme l'a dit Guy, il existe un sub-reddit (et un forum spécialisé) qui classe les vendeurs réputés et les scams.
Il est généralement recommandé d'éviter toute consommation d'alcool 24h avant ou après la prise de kava. Le kava peut sans doute aussi potentialiser certains sédatifs.
Il existe des variétés
heady ou
heavy, qui ont un chemotype différents : le premier donne des effets plus toniques et l'autre plutôt sédatifs.
La pharmacologie du kava est assez complexe, il inhibe notamment de manière réversible la MAO-A et B (donc prudence sur les interactions).