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Sujet de la Quinzaine Plutôt cheh ou déter-minet ?

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Sorence
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Sorence

zolpinaute de la sapience
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11/10/22
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La vie c'est tout et son contraire : certains l'adorent, d'autres la subissent, beaucoup se battent pour la garder, certains la quittent... Il y a les gens pour qui le temps de la vie est précieux et compté ; d'autres qui se contentent de le tuer. Après tout, on n'a pas choisi d'être ici, alors nique l'injonction à la rentabilité ! Cette quinzaine, j'avais envie de poser cette question un peu deep, mais pas si abstraite : vous êtes content d'être là ? Et vous en faites quoi, de ces sentiments ?


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ça dépend
 
Ouep, plutôt d'accord avec @xyzt_ , ça dépend... (mais comme disait Cyrano, c'est un peu court, jeune fille...)

En fait, je tourne (comme beaucoup d'entre nous) sur des journées "ligne de base", monotones, boulot, trucs chiants, etc... en moyenne, et me retrouve de temps en temps avec d'autres journées exceptionnellement merdiques ou formidables...

Du coup, pour dire si je suis content d'être là, pas facile à dire.
Mais il faut y être. Parce que les journées exceptionnelles en positif, celles dont on sait qu'on ne les vivra qu'une fois dans sa vie, il y en a, et il y en aura.
Pas souvent, c'est vrai. Mais ça vaut la peine d'endurer les autres.

Comme c'est déjà arrivé, je sais qu'il y en aura d'autres. Question de statistiques...

Et spoiler : ne croyez pas que c'est seulement quand on est jeune. Je repense à l'une d'entre elles qui ne m'est arrivée qu'à 40 ans passés.
Un de ces moments parfaits, une pépite, un joyau dans la foultitude des journées mornes (et non, ce n'était pas du cul...).

Qu'est-ce que je fais de ces souvenirs ? Je les chéris, les "empaquète" dans un recoin de ma mémoire, pour les y graver, et pouvoir y retourner quand ça va mal.

Bref, oui, globalement je suis content d'être là pour ces jours-là, même si je le mesure mal, parfois.
J'ai encore du boulot pour le réaliser totalement. Mais j'y travaille.
Amitiés à tous, portez-vous bien !
 
Je sais paaas.

Ouai ouai, ça dépend des jours. Certains je vais être mal, voire en crise border et je vais placer automatiquement la carte "autodestruction" sur la table. Quasi impossible de faire autrement dans ces moments, heureusement quand même vraiment de plus en plus rares pour les pires d'entre eux.

D'autres comme aujourd'hui, je vais réussir à faire quelque chose de ma life. Comme rassembler l'énergie nécessaire à aller voir une copine /crush par exemple. Et là c'est l'opposé, je me dis "ah, si ça pouvait durer plus longtemps, tout ça..." Et je regrette alors très sincèrement d'avoir commis par ailleurs ces folies d'autodestruction, qui ne m'aident absolument pas dans mes capacités sociales à terme.

La plupart du temps, les jours plus calmes, je suis heureuse d'être dans ce monde, depuis que je suis à Paris. Mais avec presque toujours un bémol: l'anxiété anticipatoire. De la vieillesse comme on l'a vu dans un autre topic, de l'extrême droite, de la guerre, des chirurgies à venir auxquelles je ne couperai pas alors que je suis sous méthadone et valium depuis des années et ai épuisé mes cartouches de dissos, des risques de sevrage, de la douleur au sens large, mais aussi des trucs du quotidien tels la peur de me faire renverser par un voiture, d'anticiper de parler à des gens au travail...

Et je me dis, au vu de tous mes antécédents, que bah je vais peut-être de toute façon pas rester très longtemps. J'ai eu une énorme phase 3-MMC puis DCK et ce qui m'a décidée à y succomber, c'était justement de me dire "à quoi bon, je vais vieillir, je vais souffrir, R.À.F". Sauuuuf que maintenant que de l'eau est passée sous les ponts, je me dis que j'aurais bien aimé y aller un peu plus molo en fait.......

Anyway, une peur domine toutes les autres évidemment : la peur de la mort. C'est elle finalement qui m'a empêchée de me flinguer par le passé je pense, et qui me fait osciller entre "osef de la suite" et "je veux durer le plus longtemps possible". Presque comme si elle était évitable du simple fait de la repousser.

C'est assez étrange, je n'arrive pas à me positionner non plus du coup.

Vivre dans la peur, est-ce que ça vaut le coup ? Je dirais que oui, mais ça me concerne et ça dépend des moments à quel point je suis paralysée ou si je reste fonctionnelle quand même.

J'ai quand même donné un certain sens à ma vie grâce à une partie de mon travail et ça aide aussi.
 
Dernière édition:
J'avais ça qui traînait, c'est un peu verbeux donc je l'ai mis dans le fil idoine mais je crois que ça répond pas mal à la question : https://www.psychonaut.fr/threads/diffragments.34986/page-3#post-665629

Si vous avez la flemme de tout lire :
J’ai pas le droit de mourir.
L’ultime dé-possession, jusqu’à l’exorcisme de soi-même. Condamné à vie.
Je ne m’en plains pas, mais c’est étrange de réaliser à quel point je ne m’appartiens plus. C’est surprenant sans l’être, puisque je le savais déjà ; ce qui est nouveau, c’est de sentir la sentence, physiquement, avec cette intensité, cette évidence. La chair de ma chair, qui dort à l’étage, me lie à ce corps et ce monde. J’ai eu le choix, j’ai choisi, je ne l’ai plus. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais eu le privilège de l’avoir.
 
Perso je suis pas quelqu'un de très enthousiaste ni fan du concept de la vie en général.

J'me suis quand même malgré tout résolu à me dire que j'étais là, que je le veuille ou non, donc bon on va essayer de rendre ça pas trop chiant. Mais je ressens pas de sentiments ou d'émotions, qu'ils soient négatifs ou positifs.
Pour l'instant ça m'va comme manière de fonctionner je crois
 
À force de penser à la mort et grâce à l'indifférence induite par les antidépresseurs qui m'ôte une bonne partie de l'angoisse de mourir, j'en suis venu à désacraliser la vie.

Je suis content d'avoir vécu en partie pour la musique et la science. La poésie. Le reste, j'avoue que c'est en général laborieux et je n'aime pas spécialement vivre. J'ai l'impression que c'est plus facile pour les gens qui apprécient les contacts sociaux ou qui s'intéressent aux autres. Sinon j'ai hâte de mourir parce que je suis fatigué de vivre mais je dois continuer pour mes proches et parce que je ne souffre pas assez pour avoir l'impulsion de mourir.

Dans l'ensemble, si je me détache de ma propre expérience, je trouve que la vie est une expérience qui mérite d'être vécue, mais qui devrait être à la fois plus et à la fois moins (si tant est que ça veuille dire quelque chose, je pense que cette phrase peut trouver le sens qu'on veut bien lui accorder).

Un truc assez étrange avec la vie, c'est que tout est à double tranchant. Par exemple réaliser que l'ego est une illusion, ça aide autant que ça peut desservir. Et j'ai l'impression que tous les concepts et les idées sont comme ça.
 
j'en suis venu à désacraliser la vie.

J'ai l'impression que c'est plus facile pour les gens qui apprécient les contacts sociaux ou qui s'intéressent aux autres.

Dans l'ensemble, si je me détache de ma propre expérience, je trouve que la vie est une expérience qui mérite d'être vécue, mais qui devrait être à la fois plus et à la fois moins (si tant est que ça veuille dire quelque chose, je pense que cette phrase peut trouver le sens qu'on veut bien lui accorder).

Un truc assez étrange avec la vie, c'est que tout est à double tranchant. Par exemple réaliser que l'ego est une illusion, ça aide autant que ça peut desservir. Et j'ai l'impression que tous les concepts et les idées sont comme ça.

💯💯💯


Courage à celleux qui en bavent le plus en ce moment 🙁🤗
 
J'ai pas une grande propension au bonheur. Suis pas non plus au fond de la dépression dépressive. J'ai déjà eu envie de mourir, mais globalement j'ai surtout très peur que ça arrive.

J'aime le tonnerre et j'aime la pluie
et les feux de cheminée, et les flammes vives
mais quand le tonnerre est sous mon crâne
ça me donne envie d'écouter On Horseback

Sur l'un des albums les plus heureux que j'connaisse.

I like thunder, and I like rain
And open fires, and roaring flames
But if the thunder's in my brain
I'd like to be on horseback

Some like the city, some the noise
Some make chaos, and others, toys
But if I was to have the choice
I'd rather be on horseback

Some find it strange to be here
On this small planet, and who knows where
But when it's strange and full of fear
It's nice to be on horseback
Some are short, and others tall
Some hit their heads against the wall
But it doesn't really matter at all
When you happen to be on horseback
 
Voilà un sujet qui me touche en plein cœur, c'est un peu mon angoisse existentielle la question de la vie, surtout de sa fin.

J'apprécie vraiment la vie, et je l'ai plusieurs fois fait savoir à mes parents en les remerciant de m'avoir fait naître. Quand je pense à la probabilité que j'avais de naître et d'avoir la vie que j'ai, j'en suis vraiment reconnaissant. Faut dire que je suis extrêmement privilégié sur bien des points de l'existence, c'est ce qui fait que je suis d'humeur égal et, si pas toujours dans une extase euphorique on s'entend, 99 % du temps dans un bon état d'esprit qui me fait apprécier le moment présent. De part mon cadre privilégié je suis également un jouisseur, les plaisirs des sens plus ou moins superficiels (manger jusqu'à avoir la panse remplie, se faire un blackjack entre potes au casino, taper de la drogue jusqu'au bout de la nuit...) me sont très appréciables et participent à mon goût pour la vie, en même temps que ma soif de connaissance sur divers sujets qui me poussent à vouloir rester en vie le plus longtemps possible pour en connaître toujours plus.

Mais voilà, le problème de tout ça c'est que ça a une fin, et que je peux rien y faire. Selon la moyenne de l'espérance de vie je serai mort dans un peu moins de 60 ans. Le sentiment que j'éprouve à cet égard n'est pas vraiment de l'angoisse d'ailleurs, je suis plutôt lésé, une sorte de léger abattement advient quand je viens à y penser, dont j'avais déjà parlé dans un autre topic de Pyschonaut. En en parlant avec mes potes j'ai vu que plusieurs d'entre eux partageaient le même sentiment que moi, ce qui m'étonnait parce que, me disait ma mère, c'est étonnant que l'on appréhende déjà la mort à nôtre si jeune âge, alors que paradoxalement on est à actuellement à notre pic de vitalité. "Je ne te l'ai peut-être pas assez dit, mais en te donnant la vie je t'ai également donné la mort, ça fait partie du pack complet" me dit-elle. Puis au moins, ms rendre compte de la valeur de la vie que j'ai plus tôt me permet de bien profiter de chaque instant.

En fait voilà, ça me soûle de crever un jour. J'aurais envie de faire tellement de choses, de découvrir, d'expérimenter, d'apprendre, et le fait d'être limité par l'horloge biologique réduit le champ des possibles. N'étant pas croyant, ce qui me lèse dans cette histoire de mort, c'est de me dire qu'un jour je ne pourrai plus rien expérimenter, découvrir, connaître. Pour toujours et à jamais je serai privé de conscience, dans un néant éternel. Parfois j'me dis que je préférerai même aller dans un enfer, souffrir pour toujours mais au moins sentir quelque chose et être conscient, plutôt qu'être privé de tout sens pour toujours. Et même en sachant qu'une fois mort de toutes façons je m'en foutrai car j'y penserai plus, et bah là il se trouve que je peux y penser que ça me travaille vachement. Par extension le vieillissement me lèse également : j'ai conscience d'être actuellement au pic de ma vitalité, et le fait de savoir que plus le temps passera, plus je serai limité en termes de capacités physiques et mentales physiologiquement parlant m'emmerde.

Pour vous tout vous dire j'en suis même venu à lire de la littérature scientifique dans le domaine de la longévité et des recherches en cours existantes pour ralentir voir stopper le vieillissement, phénomène provoqué par la sénescence des cellules. Si on arrivait à cela, alors on conserverait un corps de 25 ans, nous permettant de vivre un à plusieurs milliers d'années au pic physiologique permanent. Et j'avoue que, quand bien même le nombre de défis cela soulèverait (possible renforcement des inégalités sociales, consommation plus importante des ressources, changements sociaux très importants), j'ai ce souhait égoïste que ça finisse par arriver (et que je sois encore vivant pour pouvoir en bénéficier). Certains me disent que la vie aurait moins de saveur si elle durait aussi longtemps, que l'on aurait tendance à procrastiner davantage car l'horloge biologique nous pousse à nous bouger avant qu'il ne soit trop tard. Je ne suis pas d'accord, je pense qu'avoir autant de temps pourrait nous ouvrir bien davantage de possibilités que notre moyenne de 80 ans.

Bref, j'aime la vie, j'espère vivre le plus longtemps possible dans des conditions qui me rendent aussi épanouis qu'actuellement. J'ai conscience d'être très privilégié pour l'apprécier autant, et je souhaite beaucoup de courages à celles et ceux pour qui la vie rime davantage avec souffrir que plaisir.
 
Dernière édition:
Je comprends les vieux qui ont hâte de mourir. Il y a an, je ne comprenais pas : j'étais comme toi Nymphis, je voulais que la vie dure le plus longtemps possible. Je m'en rappelle ! J'avais un profond désir d'infinité qui allait avec un amour profond pour tout plein de choses, une espèce de croyance bornée que tout peut finir par s'arranger.

J'ai changé d'avis cette année, après la mauvaise expérience de trop. Même après la rémission, ou ce qui y ressemble, je me sens très fatiguée. Ce n'est pas mon corps, ni pas mon cerveau, même si ça y ressemble. Ce n'est pas de la tristesse, ni de la paresse. C'est ressentir combien tout ce parcours a été dur et fatigant et que je suis contente d'au moins savoir qu'un jour ça va s'arrêter. C'est comme se dire à midi que la journée est chargée mais qu'on se reposera ce soir.

J'ai toujours peur de souffrir et j'évite donc le danger, mais je n'ai plus cette peur ontologique que je ressentais autrefois, cette indignation presque. Je n'ai plus peur de ma finitude, elle me soulage. Je n'ai plus envie de connaître le monde entier. Je reconnais qu'on a tous un espace et une durée déterminées, et que c'est très bien comme ça.

Le plus important pour moi, maintenant, c'est la qualité de vie. Dans ce court temps qui nous est donné, au moins, vivons bien... Et je pense aussi aux autres en disant cela : c'est ce qui fonde mes idées politiques maintenant, ça m'énerve que le système gâche le temps de vie d'une majorité de personnes.

Ça sonne un peu triste, mais je le vis bien. Je pèse mieux la valeur des choses et en particulier ma propre valeur à mes yeux. Par exemple, j'évite les relations de merde parce que je m'en fous de fix him ou quoi qu'est-ce : mon temps de vie est précieux, je ne le gaspillerai pas à faire gratos la psy, la pute et le fan service d'un connard aux yeux doux.

Finalement j'ai l'impression d'avoir enfin atteint l'âge adulte. La vie est bien faite en ce sens : je pense qu'à l'âge de mourir, j'accueillerai la mort comme une amie bienfaisante et je m'en irai en paix.
 
J aime trop la vie, si profondément que je suis terrifié de la perdre ou de la gâcher ce qui est la cause d'a peu près toutes mes souffrances psychologiques, un refus que tout ca ne soit pas éternel , car y'a tant de belles choses fascinantes de belles personnes, de sources de plaisir et de curiosité
A un point que elle est un peu trop piquante brûlante d ailleurs desfois

Mais tellement que perdre tout ca est une terreur atroce

Je trouve que la vie me donne bcp de plaisir quand je ne me fait pas de neouds au cerveau donc lets go
 
Depuis que je dialogue avec Dieu.e tout est très simple. Oh je peux souffrir ou être heureuse ça c'est tout comme avant. Mais je sais que c'est pas ça qui importe mais ce que je peux faire pour le royaume de Dieu.e. Quelque soit mon état (à part la dépression qui rend un peu plus nique tout mais chez moi ça se soigne bien) c'est la même. Et je suis tout le temps reconnaissante.
 
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Et je suis tout le temps reconnaissante.
Je trouve la reconnaissance essentielle. Je n'ai pas la possibilité de dialoguer avec ce qui peut être au dessus de nous, mais je me rend compte également de la chance que bon nombre d'entre nous avons.
Il m'arrive fréquemment de me promener dans la nature, et j'y réfléchis : je me rends bien compte que, contrairement à d'autres, nous avons la chance de ne pas nous prendre des bombes sur la gueule, nous avons un toit, de quoi manger, souvent du chauffage l'hiver, des amis/de la famille.
Bref, tous les besoins vitaux. Le reste est du superflu, du luxe.
Je suis très reconnaissant de la chance que j'ai.
 
C'est aussi la puissance du jeûne pour nous autres. Un rappel de ce que nous avons oublié... La chance d'avoir accès à des infrastructures et de l'eau et de la nourriture. Réapprendre à sentir ce qui nous entoure, ce avec quoi nous interagissons, la reconnaissance que nous pouvons avoir à tout instant (lorsque ça nous est permis par la sécurité), et saisir cette chance.
 
J'essaye souvent d'avoir cet état d'esprit mais chez moi ça ne marche pas, je me suis trop habitué au confort je crois... J'espère arriver un jour à avoir ce déclic où je me sentirais heureux et reconnaissant d'avoir ne serait-ce que la chance d'avoir l'eau courante, d'habiter une grande maison à la campagne, de manger à ma faim. Ma dépression ne m'aide clairement pas à rendre cette démarche plus incarnée mais je trouve ça très sain, autant intellectuellement que sur un plan plus intuitif de parfois prendre du recul sur sa propre condition matérielle.
 
De toutes façons ce n'est pas pour dire que nous ne devons pas rechercher le bien être. C'est simplement une manière de gérer les difficultés de la vie et de se relier au monde qui nous entoure. Cela fait aussi le pont avec la conscience des horreurs qui persistent dans le monde et nous soutient dans notre réponsabilité (qui peut effectivement nous faire mettre la sécurité au second plan derrière la nécessité, sans pour autant la mépriser puisqu'on la souhaite aussi aux autres).

Genre j'ai pris un chemin, il m'amène à affronter des difficultés, j'ai aussi des problèmes de santé mentale et physique. Aller vers le mieux reste important dans l'idée de ne pas sombrer et d'être capable de faire ce que j'ai à faire. Mais clairement je n'ai pas absolument tout fait pour éviter les souffrances devant l'empathie pour la souffrance d'autrui et la nécessité de suivre un chemin qui fait sens par rapport à la connaissance de celle ci.
 
De toutes façons ce n'est pas pour dire que nous ne devons pas rechercher le bien être. C'est simplement une manière de gérer les difficultés de la vie et de se relier au monde qui nous entoure.

Oui c'est comme ça que je le vois aussi.

Sinon je sais pas comment ça marche pour les autres donc je vais y mettre mes propres mots, mais je distingue deux types d'empathie chez moi : une très physique et directe pour les personnes et les choses proches de moi ou de ma réalité, et une plus intellectuelle où je dois d'abord avoir un réflexe d'imagination et/ou de dissociation pour rentrer en empathie pour des gens ou des phénomènes plus lointains.

Je pense que pour relativiser sa position par rapport aux autres, pour quelqu'un qui aurait du mal soit à être empathique, soit à l'être trop, l'objectif serait de maximiser l'empathie intellectuelle pour prendre en compte les problèmes des autres dans le cas d'un manque, ou de trouver des solutions concrètes aux problèmes et y parvenir sans se perdre soi-même dans une souffrance inutile (à minima contre-productive).
 
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Sinon je sais pas comment ça marche pour les autres donc je vais y mettre mes propres mots, mais je distingue deux types d'empathie chez moi : une très physique et directe pour les personnes et les choses proches de moi ou de ma réalité, et une plus intellectuelle où je dois d'abord avoir un réflexe d'imagination et/ou de dissociation pour rentrer en empathie pour des gens ou des phénomènes plus lointains.
Distinction qui me parait tout à fait normale : il ne faut pas perdre de vue que le fait de connaître les soucis/malheurs de personnes lointaines n'est que très récent dans l'histoire humaine. Nous avons depuis toujours fonctionné en clans, dans lesquels l'empathie s'exerçait exclusivement (ou non), sans avoir connaissance de ce qui se passait ailleurs.

Avoir le réflexe de compassion pour des personnes lointaines physiquement n'est pas inné, et l'effort pour l'avoir est tout à fait louable et souhaitable, à la seule réserve que ça ne nous mine pas, nous.
Je pense que pour relativiser sa position par rapport aux autres, pour quelqu'un qui aurait du mal soit à être empathique, soit à l'être trop, l'objectif serait de maximiser l'empathie intellectuelle pour prendre en compte les problèmes des autres dans le cas d'un manque, ou de trouver des solutions concrètes aux problèmes et y parvenir sans se perdre soi-même dans une souffrance inutile (à minima contre-productive).
C'est pour ça que certaines personnes (Matthieu Ricard, par exemple) font bien la distinction entre empathie d'un côté (aptitude à comprendre, voire, si elle est émotionnelle, à ressentir les sentiments des autres) et compassion (volonté de faire ce qui est nécessaire pour que l'autre souffre moins).
Dans ce sens, la compassion est préférable, car active, utile et n'implique pas notre souffrance propre.

Avec un peu d'humour réaliste, il résumait, il me semble, par "descendre pour pleurer au fond du trou avec quelqu'un, ça ne lui apportera aucun réconfort, il est bien préférable de l'aider à en sortir".

Mais il est vrai qu'appliquer pleinement la compassion tout en limitant l'empathie émotionnelle, c'est un exercice difficile qui demande beaucoup d'efforts.
 
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