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WatchpoRk

Je suis seule ce matin.

Je m'éveille ce matin.
J'aurais aimé être dans tes bras. Être contre toi.
Sentir l'odeur de ta peau, te trouver un peu chaud.

Mais je m'éveille seule matin.

Et j'entends les oiseaux.
Je sens mon corps qui respire.
J'entends Gamine qui soupire.
Je fume cet air qui me fait sentir:
Enfin, la joie peut venir
Et je pense à vos mains,
Et je pense à vos peaux,
Je les sens sur mes seins,
Je vous entends, chochotant au creux de mes reins, frémir jusqu'à mes os.

Je suis seule ce matin.
La journée peut venir.
 
Dernière édition:
Je voulais vous envoyer un fichier audio, enregistré avec le magnéto de mon téléphone, mais je ne sais pas comment le faire gratuitement.... Alors je vais tout réécrire.

Y avait une soirée slam/poésie au bar associatif du coin. C'était pas prévu et ça, je n'en ai pas l'habitude et je ne suis pas à l'.aise, mais je me suis inscrite quand même.

Quand je suis passée (on était appelés avec une chanson de notre choix: j'ai choisi celle de Solann, Rome), j'y suis allée, malgré le nombre de gens et l'endroit fermée.

J'ai dit "salut, moi c'est Sabine, un corps bof dans un esprit pas ouf".

J'ai lu:
"Pour moi c'était clair depuis longtemps
C'était sûr que c'était l'dernier avant longtemps
Mon dernier mec comme seul amant
Paraît qu'j'suis pas faite pour mais maint'nant je suis maman
Papas (au pluriel) faut plus m'attendre
C'est à mon tour
De ne plus dépendre de vous tous les jours"

Après j'ai chanté
"Toutes des salopes, toutes des putains, surtout ta mèèèreuh.
Toutes des salopes, toutes des putains, et si ton père, en était fieeer....
N'oublie jamais, qui gagne quoi
Si tu veux perdre, c'est ton choix.
 
J'ai beaucoup de choses à écrire, à dire, à partager. Une fois n'est pas coutume; je crois qu'il va falloir que je le fasse dans un ordre, quel qu'il fusse, qui semble cohérent.

Pour commencer quelque part, puisqu'il le faut bien: ma fille a été brutalement mise en "placement provisoire", en attendant un jugement qui aura lieu jeudi 30. Un juge décidera s'il y a lieu ou non de la placer effectivement, et, que ce soit oui ou non, sous quelles modalités.

Pourquoi donc, pourrait-on se demander si jamais on oubliait que je suis autiste, consommatrice de produits psychoactifs, dépressive, que son père a aussi des pathologies qui lui sont propres, qu'on ne sait plus communiquer entre nous et qu'on se retrouve face à un système qui ne cherche pas à nous comprendre ?
Comment ça, je viens de donner quelques éléments de réponse ? Ah oui mais non, je demandais "pourquoi" lorsqu'on essaye de se placer à un autre point de vue que le mien.

Les causes sont multiples.
On m'a tout d'abord reproché d'avoir garder ma fille 3 nuits entre fin Août et début Septembre alors qu'en Juin je leur avais dit que je ne m'en sentais pas encore exactement capable.
Il y a aussi le fait que selon eux "j'irais mal". Qu'importe ce que j'essaye de leur répondre, ils sont formels: je vais mal.
A leur décharge: je commence à sortir, depuis quelques mois, de deux ans de dépression. Deux ans durant lesquels on n'a cessé de demander de l'aide, notamment pour que Mia puisse être accueillie au moins pendant un temps dans une famille pendant le weekend.

Je sors de dépression donc.
Mais en Juin, quelques mois après la mort de mon grand père et quelques semaines avant l'AVC de ma grand-mère, mon père m'annonce qu'il a quitté la personne qui a été pendant 30 ans ma belle-mère (avis aux curieux: avec un ami on envisage de faire un truc sur les belles mères-mais pas qu'elles- dont on a déjà le titre. Je ne le mettrai pas ici au cas où ma famille tomberait dessus et s'offusquerait du titre sans chercher à ce que je veux y mettre derrière: trop eu l'habitude d'être parano, de risquer d'être surveillée ou de blesser ceux que j'aime depuis que je suis petite... mais dedans y "affreuses belles-merdes" et "putains géniales").


BREF ! (ça faisait longtemps)

En Juin, mon père m'annonce qu'il a quitté cette femme.
Il me demande comment ça se passe entre l'alcool et moi en ce moment, je lui réponds "bof-bof", il me propose une bière. En bouteille, mais plutôt forte.
J'en boirais 4, plus deux pastis (ma mémoire a pu oublier un verre ou deux): je rentre chez moi bourrée, plein de traumatismes qui se bousculent dans ma tête, tout ce qui a pu m'amener à boire refait surface.
C'est un grand chamboulement.
Cette soirée alcoolisée avec lui a été le début d'une rechute qui a été entérinée par la venue d'un "ami" consommateur.

J'ai recommencé rapidement à consommer quotidiennement, avec les comportements problématiques que ça implique: les problème dépressifs, les problèmes de porte monnaie (surtout quand c'est moi qui paye pour deux)...
-> J'ai rapidement demandé à ce qu'on me prescrive du baclofène.

Avec leurs sectorisations à la con, ma psychiatre, qui n'est pas addicto, m'a dit de voir ca avec mon addicto un mois plus tard. Je vois ça avec mon addicto après un mois supplémentaire de consommation: elle non plus ne peut rien faire pour moi, elle ne connait pas assez bien le baclofène (ALLO WOUHOUUU, JE N'ARRÊTE PAS DE VOUS DIRE QU'EN PLUS DE 15 ANS J'AI DEJA ARRÊTE TROIS FOIS DE BOIRE AVECL'AIDE DE CETTE MOLECULE !).
Elle ne peut pas m'aider donc... Elle me prend un rdv avec une professionnelle que je ne connais pas, et c'est réciproque, parce que elle est addicto ET s'y connais en baclofène, ELLE. Le rendez-vous a lieu DEUX MOIS plus tard.

Avant la date fatidique ma psychiatre de base, celle du début, voit comment je galère, et choisit de me prescrire quand même de quoi entamer un début de traitement.

Lorsqu'enfin je vois la fine fleur des spécialistes des spécialités, je lui explique que le dosage que j'ai actuellement m'aide un peu mais ne me suffit pas. Elle me dit alors que je n'ai pas suivi le protocole. J'entends par là "pour augmenter ton dosage, tu peux te brosser, Martine".
Elle me laisse repartir sans ordonnance: l'hôpital l'envoie deux jours plus tard à ma pharmacie. Je constate alors que non seulement elle ne m'augmente pas le dosage, mais qu'elle me fait passer de mes insuffisants 70mg à 50mg (d'ordinaire pour être stable j'ai toujours tourné entre 90 et 120), puis qu'elle me fait diminuer chaque semaine pour arrêter complètement.

J'essaye quand même hein, j'essaye de jouer le jeu: je passe de 70 à 50. Quelques jours plus tard, je rechute.
Un soir je m'alcoolise tellement que je fais de la merde dans la rue, le "pote" dont je vous ai parlé, au lieu de m'aider, va même jusqu'à me filmer en train d'essayer de me mettre devant des voitures, puis me casser la gueule alors qu'il était censé être là pour qu'on se soutienne -chose qu'il a pu faire à certains égards, mais certainement pas à ceux là-.

Suite à cet incident, je décide de réaugmenter mon dosage -il se trouve que j'ai encore un petit stock de baclofène, qui maintenant diminue à vue d'oeil, qui provient des autres fois où j'ai pu avoir des ordonnances-. Je n'ai pas été déraisonnable: je suis montée jusqu'à 80mg et même si c'est loin d'être confortable, c'est moins la cata.


Quelques jours plus tard, ce "pote", qui devait se faire opérer et m'avait demandé de garder son chien, change d'avis et vient récupérer son chien. Un autre copain était chez moi, et le mec pète un câble: comme quoi je suis une pute, pète un scandale dans la rue, m'agresse, me menace. Il m'envoie des message d'insultes, me dit que sa mère travaille à l'Aide Sociale à l'Enfance (tu m'étonnes, c'est même elle qui a la garde de son propre fils), qu'il allait faire un signalement, que je ne reverrai jamais ma fille...

J'hésitais à porter plainte et je me suis dit qu'il était en descente de coke, que je peux me contenter de l'ignorer.

Deux semaines après, après également que la puéricultrice soit passée chez moi pendant cinq minutes un jour où j'étais malade et qu'elle ait décrété que j'avais bu ou pris je ne sais quoi, on est convoqués.

Moi j'y comprends rien, je leur rappelle que j'ai besoin d'être accompagnée dans certains moments (je suis autiste et sous curatelle), ca m'est refusé. Je demande à enregistrer nos entretiens pour pouvoir les réécouter et mieux les comprendre ensuite, ça m'est refusé aussi.
Ce que je comprends à la fin de l'entretien c'est que non seulement on ne veut pas que ma fille dorme me chez moi une fois par semaine, mais qu'il m'est également interdit de la voir chez moi, tout court. Lorsque je leur demande si oui ou non, j'ai bien compris qu'on demande à ce que je ne vois plus ma fille, on ne me répond pas, on brode, on reste vague...
Là je commence à perdre patience et à m'énerver. Ca a été suffisant, ça plus le fait que le père de ma fille a dit qu'il ne "se sentait pas capable de me dire non si je voulais la prendre avec moi" + le fait qu'on l'ait amené à déposer une main courante...
Ça a fait que le soir même, ni moi ni son père n'avons pu aller la chercher à la crèche.

Elle a été placée directement, on n'a non seulement pas pu lui parler, mais on n'a pas eu non plus de ses nouvelles. Son père a pu la voir une fois une heure et demi, et moi seulement 45mn parce qu'avant il fallait "évaluer mon état psychologique et émotionnel".


Voilà pour la première partie, qui n'est qu'une introduction pour la suite.
 
Dernière édition:
DEUXIEME PARTIE: SE FAIRE AVOIRE COMME UNE BLEUE EN VOULANT ÊTRE HONNÊTE, OU COMMENT PROFITER DE LEUR ABSENCE DE CURIOSITE POUR AVOIR LE TEMPS DE FAIRE DES INFORMATIONS MALENCONTREUSEMENT PARTAGEES DES ACTES DE BONNE FOI

J'arrive ensuite dans le noyau dur du problème, là où on peut dire que je me suis tiré une balle dans le pied, mais même ça je ne suis pas convaincue que ce soit une vérité absolue.
Il faut savoir que j'ai toujours été honnête, tant en ce qui concerne mes difficultés que mes forces (mêmes si ces dernières m'ont, semble t-il, moins intéressées mes interlocuteurs). Ceci concerne mon fonctionnement en tant que neuro atypique abimée par la vie, renforcée par ce qu'elle en a appris, et effectivement consommatrice de substances avec lesquelles je retrouve plus ou moins de joies et de peine.

BIEN EVIDEMMENT:
- puisque JE vais mal;
- qu'en plus -j'avais oublié ce détail- une information préoccupante a été envoyée par une source anonyme à l'ASE (étonnant ça: les données qu'ils ont ressemblent étrangement à la vision qu'avait de moi le mec très remonté contre moi qui m'avait menacée)
- puisque JE suis une vile consommatrice qui ose être bourrée dans la rue quand je suis avec des copains et sans ma fille, ...

On me demande, puisque je viens d'aborder le fait que je sorte enfin de la dépression qui m'accompagne depuis deux ans:
"Et sinon, d'ailleurs, à part l'addiction... pardon ! à part la dépression, est-ce que vous rencontrez d'autres problèmes ?
Je ris. Je lui réponds avec un regard que je pense malicieux. Je ne me fais pas trop d'illusion: les messages paranormaux que j'envoie sont rarement bien compris. Mais je lui réponds:
- Eh bien maintenant que vous le dites et comme vous le savez déjà, je souffre également d'addiction, dont une sévère à l'alcool: cette molécule me met à court, moyen et long terme dans des états peu recommandables et toujours source de souffrance.
- Et en dehors de l'alcool, il vous arrive de consommer autre chose ?
- Ca arrive.
-Est-ce qu'il peut y en avoir dans votre appartement ?
- C'est très rare mais lorsque ça arrive c'est rangé dans ma métagrotte: une pièce dans laquelle personne d'autre que moi ne va, inaccessible pour ma fille puisqu'il y na la poubelle, les croquettes, le coin pour que la chienne mange et des cartons devant la porte. De plus, tout est stocké en hauteur"


Ils n'ont, bien entendu, pas cherché plus loin.

Je me permets tout de même, maintenant que je suis iici, de faire un point sur mon "organisation des produits".


L'ALCOOL: est un problème.
Inconvénients: Addiction +++ (niveau 3), mauvais effets à court (agressivité, comportements à risque, vous même vous savez), moyen ou long terme (coucou l'envie de mourir quotidienne), disponibilité bien trop large, inconvénient financier (3L de bières par jour, c'est pas remboursé par la sécu)


Est-ce que je consomme autre chose ? Oui, par exemple:

LE CANNABIS: quand on m'en offre, que quelqu'un en fait pousser, parfois j'en achète (notons au passage que je suis une grande consommatrice de CBD et CBG).
Avantages: appétit, sommeil, humeur
Inconvénients: mémoire, addiction + (niveau 1, peut être 2), finances, légalité, difficulté à avoir un fournisseur de qualité

Ce cannabis, quand j'en ai, est rangé dans un tube de Doliprane, dans une boîte situé sur l'étagère la plus haute de ma métagrotte.


Les autres produits que je peux être amenés à consommer sont stockés chez un ami, qui s'est proposé pour m'aider à gérer mes consommation (coucou copain :) ). Je luis demande de m'envoyer, quand j'en éprouve l'envie, le besoin et que j'en ai le temps et l'occasion, la dose du produit que j'ai choisi.
Je n'ai pas de stock à Clisson à part pendant le laps de temps entre quand je reçois et quand j'envoie ma poudre à mettre à la banque, soit pendant moins de 24h (sauf dans UN contexte particulier, mais pas quand ma fille est là).
Vous allez me demander, peut être: MAIKELSONSAIPROD ?
J'y viens.

Les dispos, et particulièrement LES ARYL:
Et attention, au moins l'une de mes addiction est au courant.
J'en consomme une dose par semaine, envoyée (ou amenée) par mon ami. Parfois, en ce moment environ une fois toutes les deux semaines, j'en achète un gramme qui me fait 24h.
Avantages: antidépresseur, me permet de ne plus avoir envie de boire (ni d'aucun autre prod d'ailleurs quasi), mes émotions me semblent plus fluides, érables, et je suis prise d'un optimisme qui dure bien plus longtemps que la perche. Autre avantage: pas de baisse d'effets avec les ISRS.
Inconvénients: addiction ++ (force 2) -> besoin qu'on me les stock

LES STIMULANTS, notamment LES AMPHET: je n'en prends plus depuis un moment, mais elles m'étaient utiles à faible dosage pour compenser mon déficit au niveau de mes fonctions exécutives
Inconvénient: addiction + (niveau 1), pas possible de me gérer seule


J'ajouterai pour plus d'honnêteté que j'ai également deux buvards, rangés au moins aussi bien que ce qui se trouve dans mon tube de Doliprane: j'ai retenté d'en prendre à deux reprises - j'en reparlerai ultérieurement - mais je n'en prenais plus depuis des années et j'attendais d'avoir arrêté les ISRS pour en reprendre.
Avantages: addiction -2, effets concluants sur dépression, humeur, addictions, motivations, ... Presque aucun risque d'abus.
 
Bonjour,

Il me demande comment ça se passe entre l'alcool et moi en ce moment, je lui réponds "bof-bof", il me propose une bière.
Je n'ai rien contre ton père, que je ne connais pas, mais ce n'était pas très malin de sa part.
Quand on sait quelqu'un dépendant à un prod, et que ça ne lui fait pas de bien, on évite de lui proposer spontanément, légal ou pas. 😕

Je te souhaite que tout puisse s'arranger le mieux possible et le plus rapidement possible.
Force à toi, prends soin de toi.
 
Eh oui, mon père a sa manière bien à lui d'être malin: un peu à la manière d'un enfant. D'ailleurs j'ai un peu de mal à le considérer comme un "papa adulte", je trouve qu'il fait preuve d'immaturité, de désinvolture et d'une forme d'égoïsme qui lui sont propre. J'ai mis du temps mais je crois que je commence à la fois à le comprendre, en prendre acte et à l'accepter. Ceci dit, je ne cois pas qu'il fasse preuve de mauvaise volonté pour les choses qui lui tiennent à coeur.

Je vais passer à une autre partie de mes notes, qui me semble t-il est celle, certes la plus courte, qui intéresserait le plus facilement des Psychonaut. Je vais vous parler en essayant de ne pas trop m'y perdre de faire un point sur



MES DIVERSES CONSOMMATIONS

Je prends des antidépresseurs légaux, des ISRS, depuis (trop) longtemps. J'ai également eu de la sertraline un temps, mais ça fait quelques années que je mange de la venlafaxine tous les jours.
J'admets sans aucun problème que c'est une molécule qui m'avait déjà aidé à un autre moment de ma vie. Au début de mon traitement, bien que je ne me souvienne plus ce qui m'avait fait recommencer (un passage dans un CAPPA il me semble), je sais que ça m'a aidée à nouveau.

J'ai été enceinte. Ca a foutu le bordel dans dosages, je suis allée jusqu'à 300mg il me semble.
C'est compliqué à expliquer mais malgré une dépression post-partum qui a même commencé un peu pré-parfum, senti à un moment que cette molécule n'était plus ce qui m'aidait. Je ne sait plus trop quand ça a commencer, alors je vais vous raconter...


J'ai eu plusieurs passages en HP:
- l'un d'eux a été provoqué par une consommation abusive et prolongée de 3-meo-pcpy, terminée par ce qu'on peut appeler une OD. Pas mortelle, mais vous, comment appelleriez-vous un plug rempli de l'eau que j'avais mis dans un pochon de 500mg ? Ah oui, peut-être un TS, ou un comportement ordalie... Mais sans aller aussi loin je crois que d'un point de vue physique ou psychologique: c'est une overdose.
Pendant ces jours de consommation je ne prenais plus mes AD. Le début de l'hospitalisation a été rude parce qu'ils m'ont fait reprendre mon traitement à un comprimé, 75mg, alors qu'à ce moment là j'en prenais le triple.
Je suis sortie de l'HP en prenant 150mg en allant bien, puis confrontée à la réalité j'ai dû repasser à 225.

Je crois que ça a été dans les mois qui ont suivi qu'a commencé le basculement.
J'ai recommencé à voir des amis, à prendre soin de mon environnement, à mettre en place des techniques de rdv pour que mes consommations ne me mènent plus là. Et j'ai senti que j'arrivais à un moment où c'était ça, et pas la molécule, qui jouait le plus. J'ai remarqué aussi qu'avec modération, les aryl m'aidaient à me sentir mieux sur au moins moyen terme. C'était même pas ça le plus important: ce qui m'aidait le plus c'était de me rappeler que d'autres réalités existaient. Que je n'avais pas toujours et ne continuerai pas toujours à me sentir comme je me sentais. Je m'émerveillais à nouveau.
Un peu de cannabis de temps en temps, pour l'appétit, le sommeil.

J'ai parlé à ma psychiatre de mon scepticisme quant à l'efficacité de la venlafaxine. Elle n'a pas voulu baisser mon traitement. Enfin, pas exactement: après m'avoir fortement suggéré d'essayer je ne sais combien de molécule en plus de son antidépresseur, qui ont tous eu des effets secondaires catastrophique, cette fois ci elle m'a fortement incité à retourner en HP pour essayer une autre qui, selon ses propres dires:
"est censé être moins adapté à mon cas et donc moins efficace, mais si ça ne fonctionne on retournera au premier"
Des semaines d'hospitalisations et de non consommation autre que prescrites par les médecins, quoi.

- autre passage en hp, après CINQ MOIS d'attente (j'aurais mieux fait de me prendre une mega perche en pleine rue). On m'a présenté ça comme un service Addicto.
En fait la moitié des résidents étaient des résidents à long terme incapable d'être autonomes et indépendants. Parmi l'autre moitié, ceux qui "tournaient", il y avait des personnes addicts, d'autres ayant fait des TS, quelques profils que je n'ai pas bien su pourquoi iels s'étaient retrouvés là...
Chacun venait à sa propre demande et j'ai remarqué que c'était très simple de se faire virer. Y compris lorsqu'on a respectait toutes les règles (Coucou Nathalie qu'ils ont virée au bout d'une semaine et demi "parce que tu allais mieux" alors que tu étais en détresse...).
J'étais donc là, je le rappelle, pour essayer de passer d'un ISRS à un autre, ce qui impliquait quelques semaines bien hard, et que j'étais concernée par les questions d'addiction. Pour résumer je n'ai eu quasiment aucun suivi, aucune activité pendant un mois et demi. Un médecin qui se contentait de signer mes sorties, est venu m'engueuler quand je suis revenue avec un oeil au beurre noir, puis m'a enfin virée suite à une autre sortie qu'il avait lui-même autorisée.
Je tiens à cette digression: je suis allée voir un spectacle avec un ami. Manque de pot on s'est plantés dans les horaires de train, et je devais absolument rentrer chez moi au plus tôt. Je vais me poser dans un bar le temps de réfléchir, j'y bois une bière. Je regarde les taxis: chers, mais bon, s'ilm faut...
Je vais fumer une clope dehors et je vois qu'il y a une soirée. Je m'arrange pour entrer dans le bâtiment, je demande l'asile jusqu'au premier train: on me dit que c'est une dépendais de crémaillère mais que si je ne pose pas de problème bah... Pas de problème.

Je vais essayer de ne pas m'éterniser sur l'ambiance mais en gros c'était: plein de pièces, toutes ouvertes, plein de gens bienveillants, tout à volonté, alcool et autres. Et là, 10mn après mon arrivée, j'entends une douce voix: "Qui veut de la ké ?"
Alors là, bon, mon cerveau ne fait même pas un tour, il se fige, il me fait répondre avec un automatisme tout à fait naturel à cet inconnu "oh, moi j'en veux bien s'il te plait !"
Je veux dire, j'arrive à peine, je ne m'attendais pas à ça, quoi, pas eu le temps de savoir comment je réagirais face à une telle proposition improbable !
Le matin je rentre chez moi. Le soir je rentre à l'hôpital. Le lendemain, un Dimanche, j'interpelle une infirmière pour lui demander à faire un point sur ma sortie. Je rappelle que la kétamine n'est pas détectable dans les urines, que j'ai donc simplement eu à coeur d'être honnête: j'ai pris une trace de ké et une bière, mais rien d'autre.
Le lendemain, lundi, le médecin qui me signe mes autorisations de sortie et m'a engueulée de m'être fait frapper vient me dire que je serai virée le lendemain. Quitte à faire, ayant des choses à faire le lendemain, je préfère partir le jour même.
En pleine transition d'AD (entre temps on s'est rendu compte qu'effectivement que le deuxième était pire que le premier), il me largue en pleine nature, avec à peine un futur rdv en poche.

J'ai donc remonté mes dosages de venlafaxine... Et franchement j'ai senti une petite différence entre 75 et 150mg, mais j'ai essayé d'aller jusqu'à 225mg et là franchement, rien, que dalle, nada.


Ma psychiatre se fait remplacer (elle a eu un mini humain). Je tombe sur une personne qui m'écoute, accepte de diminuer mon traitement, m'écoute par rapport à mes autres consommations et me dirige vers des personnes compétentes.
J'ai depuis plus d'un mois retiré 75mg de venlafaxine de ma consommation quotidienne de psychoactifs. Non seulement je sens que la dépression commence à être derrière moi, mais si ce n'était ce putain de problème d'alcool difficile à gérer, je vais de mieux en mieux.

Je ressens enfin des émotions autre que la tristesse. J'ai de l'entrain, de la motivation, je retrouve la capacité de me concentrer, de m'investir.

Je sens depuis longtemps que j'aimerais revenir aux psychédéliques de temps en temps, ce que les ISRS ne me permettent pas vraiment.
Pourtant un jour j'essaye un buvard d'AL-LAD, un autre j'en prends deux.
Pas de surprise: les effets ne sont pas aussi impressionnants que sans traitements, il me faut clairement des dosages ++ pour des effets moindre lorsque je compare ce que vivent mes amis.
Je note cependant:
- un baisse de consommations en général
- une augmentation de l'envie de faire à manger, que j'avais perdu depuis longtemps
- une augmentation de l'énergie, de la motivation et de la volonté

J'ai eu également l'occasion de reprendre deux tryptamines, qui m'ont laissé la même impression pour ce qui est du rapport effets/dosage. Très bonnes expériences ceci dit.

La salvia c'était vachement intéressant, avec un goût de trop peu: cette molécule m'a toujours intimidée mais j'essaierai bien de l'explorer un peu, maintenant. Pas d'interaction avec les ISRS d'autant plus, si je ne m'abuse.

Depuis que je suis enceinte je le sens: ma psyché est en besoin de DMT.
J'utilise les dissos par défaut et comme "valeur sure" dans le sens où je sais en quoi ça va m'aider, en quoi ça va être chiant, et que ça fonctionne avec le traitement qu'on m'impose. Mais bien que j'adore cette famille de produits, ça n'est clairement pas toujours ce dont j'ai besoin, ou envie. C'est surtout un moyen plutôt sûr de remplacer des addictions dont je ne veux plus par une autre dont j'ai moins mauvais souvenir mais qui ne me tente pas des masses non plus...

Et ça me manque, cette extraction, ces vapoté faits maison, ce goût, cette odeur, ces sensations, cet afterglow... Et surtout cette absence d'envie d'en abuser.


(Désolée, j'ai pas encore relu le pavé du dessus, et celui ci ce sera pour encore plus tard...)


Edit: zut, j'allais oublier les aryls ! Toutes les semaines on m'envoie ce qui, pour moi, est une dose plutôt légère. En ce moment il m'arrive environ deux fois par mois d'en commander de quoi faire un singe de 24h: je n'ai absolument pas envie que ça s'éternise.
 
Dernière édition:
@Morning Glory a raison, si tu vas dans le sens baisse de conso et augmentation de la motivation et des petits plaisirs de la vie tout simplement, c'est top.
Ca va dans le bon sens, et même si parfois on peut avoir l'impression que ça ne va pas assez vite, c'est toujours ça de pris.
Courage à toi.
 
Putain, c'est pas nouveau, mais là c'est du concentré: mon père est un enfoiré de manipulateur, de menteur, et tout ce qui peut être ajouté à la liste.

Dommage pour lui: là on est plusieurs à s'être fait bien abîmées par ses conneries, on se parles, on échange, et que ce soit du déni, du mensonge intentionnel ou un mélange des deux: maintenant je peux le mettre face à des conneries.
 
Y a pas moyen de t'en éloigner si jamais ? C'est une situation très complexe je m'en doute bien (j'ai eu un père franchement pas sympa mes 15 premières années de vie, mais qui a changé du tout au tout lorsqu'il a vu à quel point j'étais proche du précipice. Ça me crée un sentiment ambivalent de rancoeur, fierté et amour envers lui aujourd'hui). Mais s'il ne change pas le tiens, c'est qu'il ne changera pas. Pas sans volonté de sa part. On ne change personne sans lui/elle. Protège toi. C'est du moins ce que j'essayerais de faire à ta place.

Courage ❤️
 
Bonjour Lullaby,

Le déni, le mensonge et la manipulation, sont malheureusement très courants, et personne n'est vraiment à l'abri de les pratiquer, intentionnellement ou involontairement, parce que ça fait partie de nos mécanismes de fonctionnement humains.

Il faut parfois laisser le bénéfice du doute à quelqu'un, comme ton père, si tu n'es pas absolument certaine que ce soit volontaire et pas juste très maladroit.

Les parents, quand on est encore jeune, on pense qu'ils doivent être parfaits, qu'ils n'ont pas à être ambivalents, que eux n'ont pas droit à l'erreur. Mais ils sont tout aussi imparfaits que nous pouvons l'être. Dans la vie, en général, on fait de son mieux, mais ça peut être aussi faire pas mal de conneries.

Le principal, c'est de comprendre la situation et d'agir de façon à te protéger toi, physiquement et mentalement.

Courage à toi, bonne semaine.
 
Dernière édition:
Bonjour !

J'ai envie de vous partagé une expérience que je suis en train de vivre.

Je suis depuis longtemps une polytox assumée, qui n'envisage pas l'arrêt de toute substances. J'ai cependant depuis des années un gros problème avec ma consommation d'alcool (eh oui, toujours lui): il me rend violente, me donne envie de mourrir... Et j'enchaîne les rechutes. Ça en est arrivé à un point où je ne peux plus voir, actuellement, ma fille que deux heures par semaine, et même pas chez moi encore: chez ma mère (alors que m'occuper d'elle, ça, je le fais correctement et sans consommations).

Il se trouve que depuis longtemps j'ai remarqué que les aryl (en ce moment de la 2-fdck et une pointe de 3-meopcpy) m'aident non seulement au niveau dépression mais aussi et surtout au niveau du craving d'alcool et de cocaïne -bien que je n'ai pas de soucis à gérer cette dernière).

J'en ai pris, ces derniers temps, de manière assidue et prolongée. Je savais que ça ne pouvait pas durer mais j'ai toujours eu du mal à accepter que "ça va aller moins mieux pendant quelques temps" (je suis dépressive depuis petite, ceci est certainement dû au fait que je suis autiste et que ça n'a pas été détecté quand j'étais jeune).
Je n'ai donc pas freiné ma consommation, en appréhendant la suite.
Aujourd'hui je me retrouve sans rien. Moralement je me retrouve plus bas que terre: c'était à prevoir mais ça me prends toujours au dépourvu d'autant plus que ça ne m'étais plus arrivé depuis longtemps, et qu'en cours de route j'ai oublié de prendre mes AD.

Je me retrouve en pleine panique avec des idées noires. Néanmoins j'arrive à faire "tout ce qu'il faut" pour tenir la barre le temps que ça passe -la dépression et la phobie sociale ne se commande pas mais ne sont pas éternelles-.
En attendant je fais tout ce que je peux faire pour ne pas me laisser happer par cette spirale descendante: je mange bien, je dors bien, je m'occupe de ma chienne et me balade tous les jours, je vois des amis... Et j'ai prévu d'aller le reposer à l'hôpital une semaine ou deux.
Dans l'ensemble à vrai dire je m'attendais à pire. Un sevrage de ce style me plonge généralement dans un état de larve amorphe presque morte: là non.

Alors je sers les dents et je continue sur ma lancée.

Tout à l'heure j'ai failli craquer; j'ai voulu aller voler deux bières à Carrefour (parce que je leur ai demandé de ne plus m'en vendre et ils s'y tiennent, surtout le patron qui a déjà connu ça et a un parcours compliqué, comme moi, avec son père qui est mort aujourd'hui -il m'a dit que ça a été un soulagement)

Ça n'a pas été grand choses, juste quelques mots, et rien que ça ça m'a soulagé.

Cette semaine je vois pas mal d'amis, qui me soutiennent. Je prépare mes cadeaux de Noël (et je me ruine xD on commence comme on peut), je vais continuer à bien manger, bien dormir, sortir ma chienne, le laver, voir des mais qui me soutiennent et avancer dans les projets qui me tiennent à coeur. J'ai confiance en moi mais une ou deux semaines de repos à l'hôpital vont me faire le plus grand bien.

Ah oui, et en plus en cours de route j'ai perdu/égaré mes AD: ça a dû chambouler le bordel encore plus, ce qui était, aussi, prévisible.
Mine de rien dans l'ensemble je suis plutôt étonnée: ça faisait quelques temps que ça ne m'était plus arriver et j'ai beau avoir l'habitude, ça m'a pris de cours.

Allez, je serre les dents, je vais me faire un programme de consommation pour ne pas le mettre encore plus dans le caca, et ça finira par passer <3

Bisou tout le monde: promesse à moi même: ça ne durera pas et PLUS JAMAIS JE NE laisse mon père le faire boire alors que je lui dit que ça ne va pas.

Ce type a toujours été toxique, et si e n'avais pas vu, autant, en plus, avec lui au début de l'été, nul doute que ça ne se serait pas passé comme ça: encore quelques mois de rechute !
Ce type est toxique, il l'a toujours été. Je n'ai réalisé qu'il y a peu que c'était ce qu'on appelle un pervers narcissique. Très doué en mensonges, manipulation, dénigrement... Il me gâche la vie depuis que je suis petite.
J'en prends note: je ne veux plus accepter de lui donner toujours "une nouvelle chance", d'autant plus que maintenant ma fille va passer un weekend par moi chez lui et ça me fait peur.

En attendant, le dis-je, je sens que je tiens le bon bout.

Merci d'exister parce que sans pouvoir écrire ici et vous lire un peu, je ne saurais pas lettre aussi bien au clair ce qu'il se passe en moi.

Des bisous, bon matin, et que votre journée se passe mieux qu'hier et moins bien que demain ! ;)
 
Par contre, putain, je note ça aussi: c'est le pied de ne pas boire. Certes, avec des dommages collatéraux, mais bien moindre que quand je consomme de l'alcool. Je pense que je suis sur le bon chemin, même si j'avance un peu plus difficilement que d'ordinaire.
Moi qui ai l'habitude de toujours porter des truc sur moi dans mon sac à dos, il va peut être, symboliquement, enlever quelques truc dispensables demande que ce soir un peu moins lourd, les choses que je porte et les casseroles que je traine. Les casserole c'est pour faire à manger, pas pour être traînées derrière soi pour nous rappeler chaque instant que ce qui pourrait nous donner à manger est en train de traîner derrière moi comme un boulet qui me fait trainer à avancer en faisant un bouquan du diable.
 
Par contre, putain, je note ça aussi: c'est le pied de ne pas boire. Certes, avec des dommages collatéraux, mais bien moindre que quand je consomme de l'alcool. Je pense que je suis sur le bon chemin, même si j'avance un peu plus difficilement que d'ordinaire.
C'est vraiment cool que tu arrives à lutter contre cette addiction et contre la spirale de la dépression.
C'est courageux de ta part.

Et tu as vu, avec le patron de Carrefour, que tu n'es pas seule, il y a pas mal de gens qui ont rencontré des difficultés similaires, qui seront certainement prêts à t'aider, à être solidaires dans ta lutte.

N'oublie pas de garder quand même de côté des AD, si tu les as perdus, il faut peut-être t'en procurer de nouveau, juste au cas où.
En tout cas, bravo pour ce que tu réussis à faire en ce moment.
On te souhaite tous d'aller de mieux en mieux, chaque jour.
Bonne semaine à toi.
 
20/12/2025


Écrire… Alors, il faut écrire…

Écrire, mais pourquoi ? Pour tirer des choses, des choses de l’intérieur…
Il est où d’ailleurs, le ministre de cet intérieur, plaît-il de votre considération ?! J’ai comme un avis que la gérance de ce lieu n’est pas optimale.
… Pour tenter de retrouver les volutes du passé qui déjà disparaissent afin d’en garder une image, pas exacte, pas fidèle, mais vraie.
… Pour les prénoms, les personnes, les vibrations de l’air, le vent, les oiseaux.
… Pour saisir ce qui passe fugacement dans l’instant, en faire des instantanées, essayer d’en extraire un peu de sa susbstance et d’en garder une trace.

Une trace…
La trace, et la mémoire…
Une mémoire qu’on pourrait, parfois, effacer, n’en garder qu’une partie, retrouver ? Ce serait selon « mon » chat GPT quelque chose de presque indispensable à fournir aux LLM ou autres « intelligences artificielles ». (Sérieusement, le jour où j’aurai un chat rappelez moi que « GPT » comme nom c’est peut être marrant mais pas au point de l’appeler comme ça…)
Ca me plairait en tant qu’humaine aussi. Pouvoir parfois faire abstraction de partie ou totalité de ses souvenirs (peut etre en gardant certaines facultés nécessaire à notre survie, quand même ^^ »), pouvoir avoir accès à d’autres raisonnement à d’autres réactions en chaîne.

Comme cette idée d’introduire des prompts afin qu’une IA répondent comme un opposant politique grincheux: pouvoir avoir d’autres points de vues, arguments, positions; pouvoir aussi remettre en question le caractère universelle des réponses qu’on obtient.
Eh bien pour moi aussi, ça, j’en ai toujours rêvé.
J’ai toujours eu ce fantasme de pouvoir me transférer dans une autre identité et de prêter ma vie à quelqu’un.
Celui de pouvoir m’enterrer sous un arbre pendant plusieurs mois/années, aussi, ça a longtemps été un fantasme récurent, mais passons...
Parfois et au départ c’était dans l’objectif de fuir ma vie, de faire une pause, de prendre du recul: comme avec les livres mais en réalité augmentée. Ce dans une certaine forme de réciprocité: d’autres, aussi, pourraient expérimenter ma vie; mon corps, mes émotions, mon environnement, mes sensibilités… Tout en gardant, tous, notre conscience propre -si tant est qu’elle puisse être dissociable du reste, ce dont je doute-.
Mais ça n’a pas été que pour ça, il y a cette aspiration profonde qui voudraient pouvoir expérimenter, comprendre. Pas « ne faire qu’un », mais expérimenter justement l’altérité, pouvoir le vivre et le conceptualiser vraiment. Me nourrir de ce que les autres vivent autrement que par le prisme du langage, de l’art ou de la guerre.
 
C'est très beau, ce que tu écris, merci de nous en faire profiter.

Il y a de la poésie, de la fantaisie, comme un papillon qui volette de pensée en pensée.
Cette façon de modeler sa pensée, ça, c'est quelque chose dont est complètement incapable une IA, c'est ce qui fait toute notre humanité.
Tout comme l'empathie, l'aspiration à vouloir comprendre, ressentir ce que vit l'Autre, dont tu nous parles aussi avec maestria.

Merci !
 
Oh, merci de ta réaction, je ne l'avais pas vue et ça me touche vachement !

Je note, j'aime bien et je discuterais bien de ta remarque sur l'IA. J'y reviendrais certainement bientôt parce que l'IA et sujets affiliés, c'est un thème qui me branche beaucoup, et en ce moment j'y suis PARTICULIÈREMENT branchée. Même en étant à l'hôpital, j'écris tellement et je me plonge si profond dans mes réflexions et échanges sur/avec l'IA que c'est difficile de me rendre compte que c'est l'heure du repas, et c'est toujours un deuil que de devoir accepter que la journée se termine et de devoir accomplir un putain de rituel du coucher, qui, flûte pourrait n'être nécessaire qu'un jour sur deux ou trois quand on a autre chose à faire, quand même !
C'est comme cette idée de devoir absolument manger et boire tous les jours... Qui est le génie qui m'a inventé ça, hum ?

Bon, je suis à l'hôpital alors je suis prolixe, particulièrement cette fois ci.
J'ai écrit plein de trucs et j'en ai un tas d'autre à formuler, à mettre sur papier ou sur écran.
Alors comme j'ai écrit ce matin, je partage aussi, hein.


Ça cause d'une partie de mon quotidien ici et d'une réflexion que je me suis faite il y a peu, quant à ce qu'impliquent mes petites tricheries nécessaires qui vont à l'encontre du règlement parfois, ou lorsque je joue avec les règles du jeu pour assouvir un besoin ou simplement me retrouver dans une situation ludique et plus équilibrée.
Ça cause aussi de ce que suppose ce cadre imposé, dont parfois je ne peux que m'échapper un instant pour respirer et me retrouver un peu.
Ça parle d'expériences toutes fraîches, de trois épisodes de cette semaine passée.

Je le mets dans un autre post parce que la concision c'est loin d'être mon truc et, déjà que je ne mets pas d'illustrations pour ponctuer un peu ces lignes de symboles, alors si je mets tout en vrac dans un seul post je vais moi-même me vomir le jour où je chercherai à me relire...
 
Mine de rien, on réfléchit,...


Mine de rien, ça m’entretient le cerveau.

J’observe, je déduis, je m’adapte. Le tout en prenant soin à ne nuire à personne et en ayant même la prétention d’essayer de rendre un peu de saveur au quotidien des autres.

Je connais leurs habitudes, de groupe surtout, personnelles dans l’ensemble.

Les horaires, les signaux, le fonctionnement de telle ou telle équipe.

Les portes qui sont parfois ouvertes, parfois fermées.

Les moments de rush et de calme, l’heure de la tombée de la nuit et du goûter.

Ça me donne une conscience aiguë du temps qui passe et de ce(ux) qui m’entoure(nt).

Le sens du vent, les laps de temps -pour ne pas sentir- qui m’amènent à marcher, au moins un ou deux tours de bâtiment en hiver, bien plus en été, parce que surtout j’en ai besoin de cette marche.

La recherche de l’isolation choisie; ça n’est pas un moment que je veux partager, outre les autres pressions extérieures qui m’amènent à celle-ci.

Les précautions à prendre que j’aurais cherché à prendre, moins conscienmment, de façon plus maladroite, en étant moins sûre de moi, malgré tout et sans ça: rien que pour le respect de l’intimité de chacun on fait attention à nos habitudes. Chacun ses zones: proches les unes des autres et se recoupant, on observe quand même un respect de l’intimité et des routines de chacun. Parfois on bifurque un peu, on ralentit, on accélère, on fait une pause... Léger changement de rythme pour s’accorder à l’autre afin de le saluer ou de ne pas entrer en collision, respecter nos inerties, ne pas s’introduire sur le chemin de l’autre ou au contraire partager quelques pas, quelques mots; pas trop longtemps.


Ici, je veux être seule. Disparaître des humains. N’être ni vue, entendue, sentie, perçue... Et que je ne les ressentent plus comme une présence non plus. Je ne veux pas laisser de trace.

Pour une fois, je ne veux ni témoin ni n’accepte aucun voyeur (c’est un peu exagéré, il faudrait nuancer, mais je sens venir la digression de trois pages).

Et pour un semblant de disparition il faut paradoxalement être conscient d’eux. De leur présence, leur absence, leurs mouvements.

Quand on ne sait pas avec certitude, il m’est indispensable de projeter selon ce que je sais: c’est quoi leur boulot ? Ils en sont où, il s’est passé quoi aujourd’hui, et comment ces personnes peuvent se sentir ?


C’est important, pour moi.


Je le fais bien sûr naturellement et sans objectif autre que la satisfaction de le faire. Avec les soignants c’est plus complexe: il y a une notion de manipulation ludique et de survie en milieu liberticide, qui ne me permet pas de constater que mes besoins secondaires sont bien respectés.

Pour les besoins primaire rien à redire; « forcément » pourrait-on croire, mais dans la vie il faut savoir se détromper. C’est pas partout comme ici. Et plus on grimpe dans l’échelle de Maslow, plus on observe des lacunes qui peuvent devenir des abîmes.

Ici, on mange bien, déjà: point TRÈS important. Et le personnel est aux petits oignons: largement non négligeable dans la balance.

On dort bien: il y a le rituel habituel des médicaments bien sûr, mais aussi celui de la tisane, les tours des soignants vers 22h et minuit qui ponctuent la fin du jour.

On respire (parfois de la fumée... Passons.): y a une cour intérieure avec de quoi s’installer pour fumer ou se poser dehors. Des coins plutôt collectifs, d’autres permettant l’intimité.

Un espace extérieur avec beaucoup de verdure, arbres, herbes, coins de plantations incitant à l’explorations sensorielle, jeux pour enfants, tables, bancs, ...

Y a des plantes dans les cours intérieures: on doit parfois s’en occuper.

Des chats, dehors aussi, mais je me concentre et n’aborde pas ce sujet tout de suite. Je l’ai fait longuement dans une lettre que j’ai adressé à l’équipe soignante et j’y reviendrai assez tôt.


Je dois m’organiser pour les chaussures, m’appliquer à expliquer sans trop argumenter et surtout sans trop m’émotionner. Chercher la justesse et accepter qu’on me réponde.

Pas de chaussures pour moi dans la mesure du possible: remettez en question le bien fondé de cette injonction sociale en deux minutes maximum avec chaque soignant qui vous interpellent ou cherchent à vous faire vous chausser autrement qu’avec des chaussettes (qui pourtant chaussent très bien):
C’est un exercice difficile.


Pour les douches, aussi, je filoute Monsieur Injonction Sociale (ouais, ses parents ont eu vraiment une drôle d’inspiration le jour de son apparition).

Point de douche dans la salle de bain. J’supporte pas. L’eau tombe de tout en haut, pas de pommeau que je peux approcher plus ou moins de moi. Ça éclabousse, partout. La sensation de ces gouttelette, de l’eau jamais à la bonne température, tout qui est trempé ensuite...

Non, impossible, j’ai testé et vraiment je préférerais ne pas me laver que de n’avoir que ce choix.

Alors, une ou deux fois par semaine, je demande à aller prendre un bain -rarement long mais qui a le mérite d’exister- qui ne se résume exceptionnellement qu’à une rapide douche avant de manger mais pour lequel je prends généralement garde à prendre mon temps, à m’appliquer.

Là je peux me laver les cheveux, mon corps baigne dans l’eau, mes oreilles, mes fesses, mes pieds, mon visage, mes aisselles... Et même lorsque je ne prends pas de bain mais ne garde qu’un fond d’eau, ça fait toute une différence.

J’adore depuis aussi loin que je me souvienne (à Clisson dans la petite piscine dans le jardin; je ne crois pas que j’avais 3 ans encore) cette configuration de pateaugoire. Dans une baignoire c’est différent de la douche: moins confiné mais on peut s’y allonger. On peut s’y rincer les cheveux.

Je « triche », donc: je dis que je me lave au gant, ce qui est vrai mais loin d’être quotidien ou intégral.

Je me lave le visage, les aisselles, ... Mais pas question d’une toilette de chat intégrale, en me mettant nue, en ayant froid dans l’humidité: berk !

De toute manière je me nettoie déjà l’entrejambe quand j’utilise eau ou coton humide au lieu du sacré saint papier toilette.


Pour en revenir à ma réflexion initiale; mes petites escapades sans autorisation par exemple, pou aller à super U parce que j’en ai besoin, j’étouffe et je n’ai pas pu avoir à temps l’autorisation du médecin...

C’est rare mais ça implique des habitudes saines et régulières pour que tout paraisse normal si je m’absente 45mn.

D’aller dehors tous les jours, ne pas rester enfermé.e toute la journée dans sa chambre, montrer qu’on a EFFECTIVEMENT besoin de toujours marcher avec son sac, pour que cette escapade ne devienne pas suspecte.

Ça ne sont pas des mensonges. J’AI besoin de marcher, de mon sac, d’aller dehors tous les jours, de solitude mêlée de rencontres. Ce que je veux dire c’est qu’à l’hôpital c’est facile de ne pas réussir à appliquer des choses qui paraissent simples pour commencer à aller mieux.

Avoir un rythme. Bien manger. Se brosser les dents. Faire de l’exercice. Voir le soleil, respirer de l’air frais. Fonctionner avec ses pairs, pas en circuit fermé.

Eh bien mes adaptations illicites impliquent nécessairement d’appliquer toute cette hygiène de vie, pour les rendre possible et profitables. Je réduis les risques et les dommages en respectant tout ce qui me paraît être à respecter, dans la mesure de mes possibles, et je me respecte surtout moi-même pour une fois.



J’ai faim, il n’est qu’onze heures: je vais aller à l’Aquarelle acheter un paquet d’Oreo à 2€ et un expresso au lait à 80 cents.

Rhalala, ça me fait penser au fait que je n’ai pas abordé ces petites techniques discrètes qui permettent d’importer des produits de contrebande; macédoine en conserve (les boîtes de conserve ouvertes, ça coupe !), crème de marrons (idem), CBD, « denrée périssable », taille crayon, ... Cette fois-ci on ne m’a pas épargnée et on n’a jamais été aussi loin dans l’intrusion dans mes affaires (INTIMES) et dans la confiscation de mes biens considérés comme source de danger potentielle: je n’ai même pas eu droit de garder mes petites cuillères, prévues exprès pour mes cafés et mes salades de thon ! Il a fallu que je m’explique sur le pourquoi j’avais du sucre, quand je parle du café soluble que je bois tiède avec l’eau de la salle de bain on m’avertit que « c’est pas bon de boire l’eau chaude du robinet »...

Mais merde.

Elle est TIÈDE, DÉJÀ, TA FUCKIN’ EAU CHAUDE !

Elle veut pas changer ma couche et me poser dans mon parc pendant qu’on y est ?


Je lui ai dit plus tard, au retour d’une sortie, que cette inspection est vécue comme une intrusion, pire, comme un viol que je peine à nommer. Je le lui dit quelques jours après qu’elle m’ait fait vider sacs et poches après mon admission. Déjà à cette occasion je m’étais fait la réflexion (la lui ai fait ?) qu’on ne m’a jamais examinée d’aussi près, avec autant d’aplomb.

Elle SAIT, donc, même si elle a pu « oublier », ce que contient mon sac.

Elle me fait le vider à nouveau, lui, mes courses et ma sacoche, en plein milieu du couloir en face du bureau des infirmiers.

Naivement lorsqu’elle m’avait dit « on va faire ça ici », j’imaginais qu’après ce que je lui avais confié elle aurait simplement vérifié ce que j’avais amené et regardé dans mon sac, pas tout me faire vider.

J’ai une imagination assez riche mais elle ne reflète pas toujours la réalité.

Sans trembler physiquement, en gardant mon calme, je m’exécute.

J’ai le ventre et la gorge noués, mais je parviens tout de même à ponctuer mes gestes pour commenter ce qui se passe, par des phrases, pour une fois, courtes. Je nomme ce fait: ce qu’elle m’impose de faire, dans ces conditions, c’est exactement ce que je lui ai dit qui me choquait, qui réveillait des traumatismes (ça, je ne le lui ai pas dit comme ça).

Elle me dit, semblant essayer de s’excuser, qu’elle « ne se rendait pas compte qu’il y aurait autant de choses ».

Elle m’a même fait vérifier mon paquet de tabac, mon porte carte...



Bref, ça n’est pas terminé -ça ne l’est jamais, mais pour cette histoire il me reste un épisode à raconter.

Le lendemain, alors que j’ai enfin permissions de visites et de sorties.

Ma mère vient de passer et me ramène des affaires qui me manquaient que des copains ont préparées. Dedans, y a un vibro, le genre dans une boite, dans une petite poche en tissu, qui ne passe pas inaperçu.

J’avais prévu de le prendre quand j’avais préparé mes affaires mais je suis finalement arrivée en catastrophe: je m’étais dit qu’il ne me serait certainement pas très utile mais qu’en période de compensation extrême, en plus de la bouffe ça serait certainement rassurant de savoir que je l’avais sous la main, voire potentiellement dedans.

J’avais DIRECT pensé avec délectation au moment où, dans ma chambre, je devrais sortir l’intégralité de mes affaires et donc de ladite boîte, ladite poche, et ledit vibro.
Parce que eh, c’est gênant mais fichtrement logique d’envisager d’utiliser cet outil, alors j’avais déjà en tête tout ce que je pouvais discuter de manière complètement décomplexée pendant que la personne en face devrait s’adapter à cet élément imprévu dans l’équation.
Ça ne s’est pas passé comme ça.
Je n’ai pas été déçue.

Première fois que ça m’arrive mais en revenant de la visite de ma mère avec mon sac supplémentaire, c’est à nouveau la même personne qui inspecte mes affaires. Cette fois on ne le fait pas dans le couloir mais à un pas, dans le bureau des infirmiers, porte ouverte (notez bien -je le fais moi, en tout cas- un parallèle possible et frappant dans ces expressions: « on le fait là, dans le couloir »; « on le fait dans le bureau des infirmiers, porte ouverte »; « pas dans ma chambre »...).

Elle ne sort pas tout: l’espace est déjà bien pris. Peut être aussi, ne sait-on jamais, qu’elle a capté que c’était pas très confortable pour nous de voir toutes nos affaires étalées en public.

Elle m’enquiquine pour des avocats et des bananes (périssables, nia nia nia), on arrive à un accord: ok si je les mange avant le lendemain. T’inquiète paupiette, c’est pas un défi difficile à relevé et c’était presque même un projet. En vérité j’ai gardé une banane pour aujourd’hui mais flûte, ‘vont pas venir fouiller mes placards hein, elle ne va pas attirer les mouches tout de suite.


Eh merde, je digresse encore.


On en était aux avocats et aux bananes (sans oublier le sucre servant au café tiède de l’eau du robinet). Là, elle tombe sur la boîte et je crois sentir que déjà, là, elle hésite. Je me demande même si elle ne l’a pas plus ou moins captée depuis le début; en tout cas on y arrive.

Elle me demande ce que c’est, je le lui dit. Elle est bien emmerdée:

« Ah oui mais... Il faut que je vérifie qu’il n’y ait rien dedans... »

Pas de problème, j’ouvre la boîte.

Elle voit le petit sac et on sent pointer le « eh merde » qu’elle a pensé un peu fort.

« ... et là dedans aussi...

- Ben oui, pas de souci, faut le sortir

- Oui mais ça peut être un peu gênant... (là ma vieille, c’est toi qui l’es, gênée !)

Allez, j’arrête la torture, je fais comme mon père qui tirait sur le pansement un coup sec (omg j’ai toujours détesté ça... Je n’utilise que très rarement cette technique aujourd’hui !): je lui sors quelque chose du style « t’inquiète je le fais là tout de suite devant tes yeux ébahis ».
Je sors la pochette, je sors l’ustensile. Elle bredouille un truc sur la pochette mais je la devance et la retourne devant elle: au passage toutes les parties dans la boîtes se sont cassée la gueule. Pas possible d’avoir caché quoi que ce soit où que ce soit (du moins, dans cette boîte).

Bah voilà madame, voyez bien que c’était pas compliqué et qu’il n’y avait rien de dangereux par ici, pas même aussi dangereux qu’un avocat mûr !
Pif paf pouf, je remballe le tout en vitesse mais avec application après avoir eu son approbation, et je retourne dans ma chambre.

Cette fois là, elle ne m’a pas fait vider mon sac à dos.

J’aurais aimé terminer là dessus, mais j’y ajoute quand même un espoir qui accompagne l’amertume et l’amusement: j’espère qu’après ces épisodes, qui se sont terminés sur un moment suspendu où la honte avant changé de camp, cette personne aura plus conscience de ce qu’elle fait lorsqu’elle nous fouille et que pour elle, certainement ou peut-être, elle ne fait « que » vérifier selon le protocole si rien de dangereux ou d’interdit ne s’introduit dans le bâtiment.
J’espère que ça lui aura fait un léger choc, de ceux qui nous permettent par inertie de nous remettre en question et de nous repositionner.
 
Dernière édition:
Je me permets de squatter ton topic pour exprimer un truc qui m'a l'air pas hors-sujet, à vue de pixel – tu me diras.
Parmi les choses qui me procurent un sentiment de sécurité/contrôle, en ce moment, il y a :
- refuser des interactions sociales
- acquérir des objets après plusieurs jours de repérage et décision que cet objet-là améliorera ma vie de façon substantielle
- ajuster ou réparer moi-même mes vêtements
- préparer un sac avec le nécessaire pour "survivre" (ainsi qu'établir et questionner la liste de ce qui est nécessaire)
- réfléchir à comment accéder à tel élément urbain pas prévu pour être visité.

Sans doute qu'on peut voir un fil rouge de fantasmagories post-apo / vagabonds fameux. Tout cela est assez vain dans le sens où mes acquisitions n'améliorent pas réellement ma vie et normalement je n'aurai pas à vérifier si mon sac contient réellement le nécessaire, mais ça me procure du soulagement.
 
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