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Pramipexole : l'appât et les mâchoires

Morning Glory

Holofractale de l'Hypervérité ~
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/!\ Ce rapport concerne non pas une molécule récréative, mais un anti-parkinsonien.

Et je vous entends d'ici : "Mais qu'eeest-ce qu'elle fout encore ?" 🤭
Spoiler : De la merde.


Il relate un usage de courte durée en auto-médication et hors AMM, dans le cadre d'une symptomatologie bien précise et après concertation avec plusieurs médecins, dont une spécialiste, ayant évalué sa pertinence dans mon cas.
Les effets iatrogènes peuvent s'avérer sévères et persévérer à vie.

Si vous décidez de me lire, et que cette classe de drogues vous concerne / vous intéresse, consultez absolument la section "risques et effets iatrogènes". /!\





Trigger Warning : Troubles psychiques, sexualité.
Questions sur l'espérance de vie, idéations auto-agressives et suicidaires (sans passage à l'acte).






Table :

Intro & background

Infos & caractéristiques (S&S général, effets et risques, pharmacodynamie)

Rapport :

  • Les avertissements
  • Les 'miracles' d'un démon
  • Montée des doses, montée des effets...
  • Début de baisse, et... what's fuckin happening in my head ?!
  • La chute... Le DAWS.
Synthèse... Conclusion





Intro & background


Quelques jours. Je dispose de quelques jours pour me préparer. Effectuer les gestes simples qui prendraient quelques heures tout au plus, à n'importe qui d'équilibré. Mais je ne suis pas n'importe qui, et loin d'être équilibrée.
Pourtant le jeu en vaut la peine : rejoindre une Copine, passer un aprem ensemble intramuros... Je n'attends que ça.
De véritables montagnes se dressent entre nous.



Depuis janvier de nouveau, après huit mois d'état "ok"... Me lever au matin, aller faire des courses, ou simplement prendre soin de moi.. Chaque action simple, même isolée, requiert une énergie monstrueuse. Des efforts complètement disproportionnés, à tel point que toute mon énergie fond à passer des heures à lutter contre moi-même (ceci n'est pas une hyperbole : je me vide vraiment de mon énergie à passer des heures à lutter pour me lever et faire UNE action simple). A tel point, que... Je ne la fais pas...... Du coup je vis dans une poubelle, j'invite encore moins de monde qu'avant parce que j'ai vraiment trop honte (et pourtant mon seuil de tolérance est vraiiiment élevé pour le manque de rangement)... Mon corps est lourd. Selon les situations, initier un mouvement peut parfois être une petite torture, et forcer ne fonctionne qu'assez rarement.

Dites-vous bien que faire de l'aboulie implique (sauf cas très particuliers pour moi comme un RDV imminent ou ne pas arriver en retard au travail, ceci pouvant directement compromettre ma survie ou à tout le moins générer un stress suffisant pour me faire bouger... Que je paye le soir venu) de très souvent rester allongé-e dans son lit à longueur de temps (clinophilie) et que ce soit... "Acceptable". Parce qu'il est trop difficile d'initier quoi que ce soit d'autre. Même plaisant, même de loisir. Me mettre un film ou une série sur le projo parfois, n'est pas facile, voire pas possible, alors que la motivation est là...

Et ça commence à me PESER. À la longue, cet état est affreusement déprimant.
Ce trio m'a suivie par grandes périodes un peu toute ma vie, mais là après 8 mois de sorties régulières sans autre drogue qu'un peu de méthylphénidate, replonger pour 1 à 3 ans (c'est mon cycle "classique") devient vraiment insupportable. Mieux : la pente descend encore ! Je ne suis pas au bout........
Le lithium ne marchera pas. Pas comme je l'espérais. Je dois l'accepter. J'ai voulu le tester seul en repensant à ce qu'elle m'avait dit ce jour-là, mais j'ai commis une erreur. Il protège avant tout des états maniaques. Moi, il m'a juste provoqué d'horribles mood-swings, mais toujours plus bas, jusqu'aux idéations suicidaires. Bref, le lithium en monothérapie, je n'en attends plus rien.

Après trois jours d'affilés passés sur mon lit, ne me levant péniblement que lorsque ma vessie me fait vraiment souffrir ou que sonne uber eat, je repense à ce fichu lithium. Lequel me renvoie deux ans en arrière...



- Bipolaire type III. Vous avez de la dysthymie, mais aussi de l'hypomanie révélée par prise d'antidépresseurs.

Drapée dans son assurance, la chercheuse et médecin assise à son bureau à Sainte Anne dardait sur moi son regard minutieux, guettant ma réaction. Dopée à la méfiance, la peur, un soupçon d'arrogance, je ne cillai pas. Voyait-elle à quel point sceptique j'étais ?

- ...Vous proposez quoi ?

- Il faudrait vous stabiliser avec du lithium... Et pour votre état dépressif, du pramipexole vous aiderait particulièrement. Mais une hospitalisation serait indiquée pour les mettre en place sous surveillance.

Je me figeai. Lithium... Pramipexole.

- Vous n'êtes pas sérieuse ? Ces traitements ultra lourds, ceux de la dernière chance ?!

Le lithium était complètement hors de propos. Et ce n'était pas celui qui me glaçait le plus.
Pramipexole. Je connaissais cette molécule. La seule classe de drogues au potentiel, d'après mes recherches, d'inverser une partie du Post-SSRIs Sexual Disorder (PSSD). Celle que dès lors j'avais cherchée sans relâche dans ce seul but, absolument prête à tout pour l'atteindre. Je mis finalement la main sur un flacon de verre bleu, acquis à prix d'or dans les environs 2020.
Fragile petit écrin de verre renfermant véritable trésor liquide... Attentes immenses, espoir unique.

Et je me contentai d'en goûter... pour un essai. Un seul, d'une durée totale n'excédant pas deux semaines, le tout aux doses les plus faibles des notices officielles.
Bien sûr, ledit test se révéla décevant. Le PSSD bougea bien peu. Soulagée par ce résultat, j'abandonnai simplement la fiole à l'oubli et la poussière.

Malgré ma frustration, en dépit de ma rage.

Car j'avais poussé mes recherches. J'avais compris.
Je désirais plus que tout me soigner... Et me pensais prête à n'importe quoi pour y arriver.
Je n'avais simplement pas envisagé que le prix puisse être à ce point élevé.

Car lorsqu'on en gratte le vernis, on découvre que le pramipexole cache, sous réputation de médicament "prodige" dans des troubles ciblés... Une roulette russe. Piège insidieux, sinon implacable, dont certain-es jamais ne réchappent.
Car il peut contraindre au choix cruel entre un trouble du contrôle de l'impulsivité (ICD), parfois sévère ruinant compte en banque, relations sociales, sécurité personnelle ou encore casier judiciaire...... Et une torture systémique sans fin, ruinant... tout le reste.
Car il est de la classe de substances engendrant la dépendance physique de loin la plus pérène que j'ai jamais étudiée.
Car il est, plus simplement, un agoniste dopaminergique.


Je tremblai sur ma chaise. Refusai, catégoriquement. Jamais ne prendrai-je ni l'un, ni l'autre !

- Revenez me voir si vous changez d'avis. Dans votre cas le pramipexole ne peut se prescrire sans thymorégulateur, mais il vous aiderait vraiment à reprendre goût à des activités.




Reprendre goût à des activités...

Ma dysthymie n'est pas liée au BDNF uniquement, ou à la sérotonine au sens "classique" du terme. En témoignent mes symptômes dominants, ce trio apathie/anhedonie/aboulie. Elle, chercheuse en thérapies novatrices (dont les psychédéliques), l'avait immédiatement compris.

C'est dopaminergique.

J'en ai tenté, de potentielles "solutions" moins risquées du point de vue de l'addiction et de la dépendance (au risque de choquer, je pense qu'elles le sont : ) bupropion, amphétamine, 3-MMC, phénidates...
Rien n'y fait... En dépression dopamino-dépendante, les traitements se comptent d'une seule main. Probablement même pas sur tous les doigts. Demeure un choix : accepter ma situation, ne l'améliorant PEUT-ÊTRE que très succinctement à coups de décennies de thérapies, ou...

Grincement de dents. Je ne resterai pas ainsi. J'ai à minima besoin d'une pause, d'une accalmie, d'un regain même éphémère d'énergie. Rien que pour ce date. Au moins ça. Je ne peux pas l'annuler, je déprime trop, et je ne veux pas la décevoir. Incapable de me bouger, me rétractant régulièrement des sorties prévues ou proposées, je fais faux bond à trop de monde, trop souvent en ce moment.

Nouveau grincement. Cette fois, je suis prête. Ou résignée, qu'importe. Les deux me sont indistinguables.
Car pour avoir une chance de relancer la machine...

Lentement ma main s'avance vers le tiroir, dans lequel sagement, l'agoniste m'attend.





Infos & caractéristiques :



Sujet :

Femme de 31 ans, environ 60kg. Dépressive chronique ou bipolaire III (que croire, à force ?...), trouble anxieux généralisé avec prédominance de phobie sociale, cPTSD, borderline, et d'autres.



Substance :

Pramipexole.



Grade :

"Laboratory use only - Not for human consumption".
Flacon de liquide clair et fluide comme de l'eau, inodore, presque insipide.
Périmé depuis le 02/2022.

Pramipexole retouché PS marque floutée + suite 2 FINAL 1920x1080png.jpg




Authenticité :

Non analysé.

Les effets subjectifs, positifs comme négatifs, concordent totalement avec le Vidal et autres recherches.
Plusieurs d'entre eux ne me font envisager rien d'autre que le pramipexole.
Et ils sont trop puissants, spécifiques et consistants pour envisager un placebo.

Cependant faute d'analyse, la certitude n'est pas permise.




Doses :

  • 0.5mg/j, divisé en trois prises toutes les 8h, à partir du 23/05.
  • 1mg/j, divisé en trois prises toutes les 8h, à partir du 29/05.
  • Réduction progressive à partir du 03/06.



Substances concomitantes :

  • Méthylphénidate
  • Aripiprazole (incompatible car agoniste dopaminergique partiel => fait concurrence et peut bloquer en partie le pramipexole - longue demi-vie mais arrêté il y a plus d'un mois, il peut néanmoins rester des traces au moment de l'induction pramipexole)
  • Méthadone (en cours d'arrêt, moyen-long terme - années)
  • Diazepam (en cours d'arrêt, moyen-long terme - mois / années)
  • Daridorexant
  • Agomélatine
  • Lithium (débuté il y a deux semaines et demi, c'est donc une variable confondue... Il s'est cela dit avéré très décevant jusque là, effets plutôt subtils mis à part les puissants moodswings (côté down/dépression... -_-') et l'impressionnante attaque de ma thyroïde. Sur moi, les effets psychoactifs du pramipexole furent bien plus tangibles. Donc variable confondue oui, je ne peux garantir à 100% que tout vienne du prami'. Mais je pense néanmoins que la plupart lui est dû.)

+ Traitements somatiques

/!\ En dehors du pramipexole, ces combinaisons comportent certains risques cardiovasculaires (intervalle QT triplement allongé + stimulant). Ne pas reproduire sans avis médical.



Effets attendus :

Annihilation ou soulagement conséquent, de mon trio aboulie/apathie/anhedonie.

Réduire mon PSSD serait un bonus inespéré.



Risques et effets iatrogènes :

Dans le traitement de la maladie de Parkinson (doses plus hautes, NDLR), les effets indésirables les plus fréquents sont : nausées, mouvements involontaires ou anormaux, hypotension orthostatique, étourdissement, malaise, constipation, fatigue, maux de tête, somnolence ou au contraire insomnie. Hallucinations, le plus souvent visuelles, et parfois auditives, à signaler à votre médecin.

Dans le traitement du syndrome des jambes sans repos (doses plus faibles, NDLR), les effets indésirables les plus fréquents sont : nausées, maux de tête et fatigue.

(Les doses communément utilisées en psychiatrie se trouveraient généralement entre les deux, 0.5mg étant la dose la plus faible active pour cet usage à ma connaissance (pour activer les récepteurs post-synaptiques et non pas seulement auto-récepteurs pré-synaptiques), NDLR.)

Rêves anormaux, trou de mémoire, confusion des idées, idées délirantes, agitation, vomissements, perte de poids ou au contraire prise de poids, œdème des jambes, troubles de la libido, hoquet, essoufflement, pneumonie, insuffisance cardiaque, démangeaisons, rougeur cutanée, sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique.

Altération de la vision (vision double ou diminuée, vue trouble) pouvant nécessiter un suivi ophtalmologique, accès brutaux de sommeil dans la journée (voir Attention).

Des troubles compulsifs du comportement ont été rapportés sous traitement dopaminergique : addiction aux jeux d'argent, consommation excessive de nourriture, achats compulsifs, hypersexualité (voir Attention).

-------

Attention :

Signalez sans tarder à votre médecin l'apparition d'une des manifestations suivantes : hallucinations, notamment visuelles, épisode maniaque (excitation inhabituelle, euphorie, confusion), mouvements anormaux irréguliers, incapacité à se tenir bien droit, somnolence marquée ou survenant subitement au cours de la journée. Votre médecin pourra décider d'adapter les doses, voire d'arrêter le traitement.

Une surveillance médicale régulière est nécessaire pendant le traitement. Elle pourra être renforcée dans certaines situations : troubles cardiaques (avec des contrôles de la tension artérielle), insuffisance rénale, troubles visuels (avec un avis optalmologique en cas de baisse de la vision ou vision double).

Comme les autres antiparkinsoniens dopaminergiques, le pramipexole expose à un risque de troubles compulsifs du comportement : jeu pathologique, dépenses inappropriées et répétées, boulimie, augmentation importante de la libido. En cas de survenue de tels troubles, n'hésitez pas à en parler rapidement à votre médecin, sans honte ou culpabilité. Une adaptation du traitement pourra être envisagée.

(Edit 02/06 : Ils aiment vraiment les euphémismes dans le Vidal :
"The overall prognosis for ICD (= troubles compulsifs) in PD (= Parkinson Desease) is unfavourable. The condition may persist despite suspending DA treatment, and withdrawing the drug may also result in cases of apathy or depression which will not necessarily be reversible. Consequences in the patient's family and social environments may be difficult to overcome." https://www.elsevier.es/en-revista-...ists-in-parkinson-s-disease-S2173580814000339. NDLR.)

Dans le traitement du syndrome des jambes sans repos, ce médicament peut provoquer une aggravation des symptômes, telle que leur apparition plus tôt dans la journée. (Syndrome d'augmentation, NDLR.)

Attention : conducteur
Les médicaments dopaminergiques peuvent, dans de rares cas, provoquer un endormissement soudain au cours de la journée sans signe annonciateur (attaques de sommeil, NDLR). La conduite automobile et l'utilisation de machines dangereuses sont déconseillées pendant le traitement. Elles sont contre-indiquées chez les personnes ayant eu une envie impérieuse de dormir sous traitement.


+ Risques de dépendance physique définitive

(Ça non plus, ils n'en parlent pas sur Vidal.... Comme souvent avec les traitements légaux, l'inverse de ce qu'on réserve aux drogues stigmatisées opère : on occulte le pire...! Ce qui je trouve, est pire que la diabolisation. Dans les témoignages que je lis, de très nombreux patients n'avaient tout simplement pas été mis au courant de l'existence du DAWS.)


DAWS : Dopamine Agonists Withdrawal Syndrome

Survient à l'arrêt ou la baisse des dosages d'un DA (Dopamine Agonist). Caractérisé par un cluster de symptômes physiques et psychologiques stéréotypés d'intensité pouvant être sévère, incluant : cravings, anxiété, attaques de panique, agitation, irritabilité, hypotension orthostatique, dysphorie, dépression, fatigue généralisée, nausées, vomissements, diaphorèse, insomnies, douleur généralisée et idéations suicidaires.

Contrairement aux autres sevrages, lesquels au-delà du PAWS ont une fin (si on tient sans reconsommer, et qu'on y survit dans le cas des GABA), le DAWS lui peut s'étirer sur des semaines, mois, années... Parfois une vie 🤷‍♀️

Il n'est soulagé par aucune autre classe de drogues, même dopaminergique. Un switch vers d'autres DA que celui habituellement utilisé donne des résultats mitigés (pas la même affinité D2 D3 D4). Seule la réintroduction de la drogue précisément à l'origine de l'intoxication le stabilise.

Toujours en opposition à toute autre substance m'étant connue, un DA semble capable de mener au DAWS même lorsqu'un sevrage dégressif est tenté, bien qu'un arrêt brutal soit effectivement plus prompt à le déclencher.
Dans cette configuration, il peut devenir inévitable.

A ce jour, il n'existe aucun traitement contre le DAWS.



C'est un piège pharmacologique. Vous ne pouvez plus arrêter votre DA :
  • Même s'il vous donne de graves troubles du contrôle des impulsions.
  • Même si à cause de lui, vous finissez en psychose ou manie.
  • Même si vos organes ne le supportent plus physiquement (par exemple en cas d'association au lithium qui érode les reins).
  • Même si à force de tolérance il ne vous procure plus rien de positif.
  • Même si, dans le cas des jambes sans repos par exemple, cette même tolérance provoque un effet d'augmentation (aggravation du trouble pour lequel le médicament a été prescrit, justement à cause, ironie totale, dudit médicament).
  • ...et même bien sûr, en cas de ruptures de stock des pharmacies.


On estime connaître certains signes majorant les risques d'apparition de DAWS :
  • Développement du trouble de contrôle d'impulsivité (ICD) (double peine pour les personnes chez qui il apparaît : l'ICD arrive insidieusement à cause du DA, on retire donc le DA pour le soulager, mais le simple fait d'avoir cet ICD accentue fortement les risques de DAWS... et là..... Le voyez-vous, le piège infâme ? Le choix cornélien dont je parlais en intro ?.......).
  • Doses supérieures ou égales à 1,5mg/j pour le pramipexole (supérieures ou égales à 150mg de levodopa en équivalence) - (peut arriver de monter bien au-delà en psychiatrie à cause de la tolérance).
  • Antécédents de stimulation cérébrale profonde.

Aucun de ces trois items = 3% de risques de DAWS.
Un item = 30%.
Deux items = 70%.
Trois items... = 92%.


En revanche je ne sais pas après combien de temps de traitement le DAWS peut apparaître, je n'ai pas vu d'étude à ce sujet.

Je ne pense pas qu'un essai de quelques semaines soit une immense prise de risques, je pense que ça devrait aller. Mais je ne pouvais pas parler de cette substance sans énoncer ce qu'elle peut impliquer.




Pharmacodynamie :

Je partage néanmoins cette expérience car d'une part, ce sont des drogues qui existent et les passer sous silence ne les fera pas disparaitre.

Et d'autre part, malgré tout, je trouve le parmipexole vraiment intéressant en tant qu'antidépresseur "de la dernière chance". Pas mal étudié dans la dépression bipolaire (avec thymorégulateur obligatoire), et le seul à ma connaissance à agir si spécifiquement sur les dépressions à fort versant dopaminergique... Il est d'ailleurs possible qu'il soit unique dans sa pharmacologie pour cette indication :

Agoniste dopaminergique non ergoté (ouf pour le coeur), full agonist D2, D3, D4, mais avec une très forte affinité pour les D3 (X8 par rapport aux D2, de tête) contrairement à la plupart des autres substances de cette classe, lesquelles me semble-t-il ciblent souvent préférentiellement D2, ou D2 et D3 de façon plus équilibrée.
Les D3 sont très exprimés dans le circuit méso-lymbique, mais ne provoquent pas ou peu de récompense directe, ce qui explique que le pramipexole n'induise pas directement d'euphorie ou d'addiction psychique à la manière d'une drogue récréative. Ce qu'ils font très bien en revanche, c'est sensibiliser progressivement le noyau accumbens aux stimuli ainsi que, me semble-t-il, les récepteurs D1 dans d'autres régions cérébrales. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39041250/
Le circuit de la récompense devient plus efficient, plus réactif. Pour contrer mon trio apathie/anhedonie/aboulie, sur le papier, nous sommes pile au bon endroit. Pourvu que tout se passe, genre... Parfaitement.

Le pramipexole est peu connu en France pour cet usage, officieux (hors AMM), et seuls les centres spécialisés dans la recherche et les traitements expérimentaux semblent parfois en proposer.




(Je pense intéressant d'ajouter que les traitements prescrits contre l'hyperprolactinémie et le syndrome des jambes sans repos, entre autres affections, sont également des agonistes dopaminergiques.
Certains antipsychotiques gen2 (aripiprazole par ex) sont agonistes partiels et je ne sais pas s'ils peuvent ou non produire un DAWS. Ils sont bien sûr formellement contre-indiqués en cas d'usage de DA (compétition aux sites de liaison).)





Rapport :

[Dernier aparté (oui, oui je sais^^' mais je peux vous sauver de la longueur de lecture) : le TR et les explications adjacentes étant ensemble beaucoup trop looooooongs, dans une 52e tentative d'élagage j'ai décidé de mettre les parties que je juge moins "divertissantes" et/ou moins importantes à la compréhension globale sous "spoiler".
  • Vous êtes intéressé-e par les détails, de ne pas louper d'élément de chronologie, de variation de dosage, d'effets bien présents mais moins spectaculaires à lire, etc... => Lisez les "spoiler".
  • Vous lisez ce TR plutôt à des fins de divertissement et/ou de curiosité : skipez-les.
On commence de suite : ]


Concernant mon test : il ne fallait pas que ce soit long. En prendre chroniquement comme ça, sans ordonnance pour renouveler le stock derrière, reviendrait à creuser ma propre tombe car en cas de DAWS que pourrais-je faire ?... Bref : pas longtemps. Deux, trois semaines à tout casser. Ce qui ne fait que réduire les risques, pas les écarter. J'en avais conscience. Pour utiliser ça après 6 ans de conservation presque sans y avoir touché, j'étais un peu désespérée.

Puisque j'avais déjà testé trois jours à 0.25mg sans grand problème il y a deux semaines, je décidai de diviser 2.5mL de liquide (0.5mg) en trois à l'aide d'une seringue, pour en prendre un tiers de dose quotidienne toutes les 8h (c'est ce qui se fait assez souvent avec le LI, la demi-vie étant de 12h).[/spoiler]

Première donc, le 23/05/26 à minuit.
=> Très mal dormi. Rien ressenti d'autre, absolument rien du tout.



Les avertissements

24/05 :

Je dois absolument me préparer. Mon RDV avec ma copine, c'est demain. Je n'ai plus le choix. Progressivement, laborieusement, douloureusement je parviens à faire une étape simple après l'autre, sur toute la journée. Selon moi, c'est plus en lien avec l'urgence pour mon rendez-vous, qu'avec le prami'.
Il ne m'aide PAS. Je suis toujours clouée à mon lit, mais c'est pire en fait. C'est devenu physique : j'ai de légères nausées, la tête qui tourne mais en même temps... Pas vraiment ?! Comme une sensation buzzy qui me fait chanceler. Ça s'aggrave en position debout : hypotension orthostatique ?

Une sensation étrange me parcourt le corps, j'ai les membres et la mâchoire crispés, comme de l'électricité statique dans mes nerfs et muscles. C'est désagréable.

Au soir je suis dans un état physique d'hyperexcitabilité comme si j'étais en légère hyperthyroïdie. Je suis agitée, fébrile, j'ai même des mouvements saccadés par moments, comme de petits spasmes incontrôlables. Je finis par y calmer à coup de morphine.


25/05 : Le rendez-vous... Encore plus difficile

À nouveau mal dormi...

Rendez-vous intramuros pour une bonne journée et l'humeur y est. Cependant une fois sur place à la rencontre de la belle, une anxiété me prend la gorge, par vagues. De légers tremblements l'accompagnent (le lithium ?...), mais aussi toujours cette sensation électrique dans mes membres. Je me sens confuse, j'ai du mal à suivre la conversation, et d'un coup je suis hyper fatiguée. Épuisée, physiquement comme mentalement. 10mg de méthylphénidate aident, sans faire de miracle. J'ai presque la sensation d'un début de malaise (!).

Je parviens relativement à tenir la conversation, à faire bonne figure, jusqu'au soir où je n'arrive plus à rien. Une fois ma copine heureusement compréhensive laissée au métro, je me traîne à moitié jusqu'à ma propre ligne pour rentrer chez moi... La tête me tourne et cette fois je me demande si ça va aller...

...Ça va. J'arrive chez moi. Mais, il était temps.

C'est un epic fail : j'étais encore moins en forme que prévu.

Au soir je boude un peu : pas envie de retourner travailler... Du coup... au point où j'en suis... Si je tentais à peine plus loin le prami' ? J'espère toujours des effets positifs, quand même...
Puis je me force à dormir... Autant que possible.




Les 'miracles' d'un démon



26/05 : Éveil


Je me lève facilement (!?), et me rends au travail d'un pas aérien, je cours après le bus pour ne pas qu'il me file entre les doigts avec l'entrain d'une gamine, et me sens étrangement légère, dodelinant tête, pied et hanches au rythme de ma musique au casque, souriant aux passagers qui me jettent des coups d’œil curieux.

Une fois au travail, sans prévenir la fatigue me rattrape et bientôt, il me faut fournir des efforts importants pour effectuer la moindre tâche. En plus de l'aboulie, mon corps pèse vraiment une tonne, c'est quand même la troisième nuit consécutive que je dors heu, 4h?...

Je tente de me maintenir au méthylphénidate, mais dans l'après-midi une trace de 5mg me fait me sentir anxieuse par dessus le marché, ni plus ni moins que cet effet là^^ Le lithium bloque une partie de la transmission dopaminergique, donc je sens malheureusement plus (+) la noradrénaline du mph que la dopamine. C'est devenu un peu un faux ami, tantôt il m'aide, tantôt l'opposé...


Mais ce même après-midi, quelque-chose change. Je ne comprends pas tout de suite ce qu'il se passe. Un truc se réveille. Un truc... Neuf. Laissant mon esprit vagabonder en exécutant une tâche comme un robot, il me mène vers... Des pensées relativement érotiques. Oui bon, et après ? Bahhh elles sont nettement plus étoffées que d'habitude, j'ai un imaginaire hyper pauvre avec le PSSD. Et là j'arrive à mettre un mot dessus. Je ressens... De l'excitation o___o Et ce genre d'excitation, bien que ce ne soit pas très fort, je ne l'avais plus connu depuis... Littéralement mes 17 ans.

Retour chez moi (enfiiiin x_x), évidemment je ne dors pas, non je teste.
C'est plus agréable que d'hab, je suis plus réceptive aux pensées et sensations sensuelles au sens large.
L'orgasme est plus simple et rapide à atteindre, vraiment vraiment (bien qu'il nécessite toujours une wand erf maiiis serais-je encore en train de me plaindre, là ?!).
Il est clairement meilleur, je dirais qu'on frôle la moitié de l'intensité que j'avais avant mes 17 ans. Il dure plus longtemps que mes pétards mouillés au PSSD habituels, aussi.

... 🤨

Wait, wait wait.
.... Libido... UP... 🤔 PSSD... DOWN...?! Attendez, attendez attendez. Je savais que c'était ma meilleure piste et c'est précisément pourquoi j'en avais acheté à l'époque, avec des résultats très mitigés de par les doses tout aussi faibles utilisées. Mais ce truc vient, à dosages plus poussés, littéralement de... Déstructurer mon PSSD (officiellement incurable) en... TROIS JOURS ?!!!!!!
...
.......
....KHYYYYYYAAAAAAAAAAAAAAAAAA 😱 MAIS C'EST QUOI CETTE TENTATION HORRIBLE, je suis censée ne PAS plonger là-dedans moi, et maintenant j'ai qu'une envie c'est de rappeler Sainte-Anne, les supplier de m'accorder un nouveau rendez-vous avec la même médecin... Et je viens à peine de débuter ma phase de test 😳

C'est vraiment exactement le genre de miracle que vous accorde un démon dans un jeu vidéo ou un animé avant de s'emparer de votre âme mvoyez ? C'est juste. Beaucoup. Trop beau. Pour être. Vrai.
Mais c'est là !!! C'est. Là !!! 🤯

Il améliore presque tous les angles, fantasmes plaisir réceptivité à la sensualité désir... Même mon estime de moi s'en trouve upgradée: je me sens, et ai envie de me sentir, plus désirable. Il n'annule pas le PSSD, mais l'entame. L'entame !!! Le BDSM me permet d'en contourner des aspects, mais le noyau du problème est toujours présent. Avec cet agoniste, ledit noyau passe sous le marteau !!! Il se FISSURE. C'EST. UN. MIRACLE 🫠😵‍💫😵

Pour couronner le tout, dans la soirée mon humeur est de nouveau étrangement bonne, la luminosité ambiante est encore plus claire que d'habitude sous lithium (oui par périodes le lithium me fait ça aussi). Les couleurs sont contrastées, pas comme un trip non, plutôt comme une sortie d'état dépressif, lequel ternit les sens. La musique est riche, joyeuse, je me laisse entraîner. J'admire des oiseaux qui chassent des insectes devant ma fenêtre.

J'apprécie le soleil couchant, j'apprécie la chaleur, je me SENS enfin en été, pas seulement cognitivement. C'est léger, j'ai connu mieux mais pour de premiers effets positifs moi, je prends 🫠 Rolala oui oui je prends !!! C'est une telle vague d'oxygène après mon ééénième marathon de grisaille amorphe, limite à me laisser dépérir sur mon matelas à longueur de journée, que pour l'heure les effets secondaires ressentis... Je m'en moque. Worth it. Fuckin worth it !!!

La nuit, en phase d'insomnie, par anticipation j'angoisse à l'idée que Sainte-Anne me refuse le prami' contrairement à il y a deux ans. Je regrette de ne pas juste avoir dit "oui" ! Je cherche des moyens de reprendre contact avec eux..... "Heyyy là doucement Morning, encore la veille il était hors de question pour toi d'accepter. Tu vas pas nous faire un twist pareil hein? 😅 ...Heiiin ? Pas à ce point fulgurant en tout cas ça se réfléchit ce genre de choses !" <= Ma conscience



27/05 : Vite... Trop vite ?

Dormi 3h (00h - 03h). Ce soir je prendrai le max de somnifères, sinon entre le méthylphénidate, l'ago dopamino, et le manque de sommeil ça risque de finir de façon pas très sympa (à tout hasard, en épisode psychotique transitoire... Non merci).

Une fois la nuit quasi blanche passée, étonnamment vite d'ailleurs... je m'expose au soleil dans mon salon. Cette fois, c'est le cran au dessus. Je ressens une véritable satisfaction à le voir, le sentir, je me sens... Heureuse ?!! Bien que j'ai perdu toute notion de normalité depuis bien longtemps, je me sens... Oui, heureuse. Pas vraiment shootée, """""juste"""""... VIVANTE 😲🌞. Enthousiaste. Je ressens spontanément les émotions et sensations positives, à l'inverse les valences négatives habituelles ont régressé en 24h montre en main depuis le début des effets positifs.


Tchatche au taf, je ne suis plus du tout anxieuse je m'exprime juste et m'amuse. Tellement que je fais des blagues (moi, des BLAGUES en live IRL wtf) le plus facilement du monde, ça me vient c'est tout. D'habitude rien, même en me creusant les méninges, l'humour du tac au tac m'est opaque. Mais alors là... Ça me rappelle un peu la sertraline, ce point là.
Mes cognitions me semblent accélérées malgré le lithium.


Drive sexuel que je ressens physiquement un petit peu, que j'avais depuis longtemps oublié, je ne me rappelais plus réellement ce que ça fait. Maintenant oui... Un peu !
Et plus que ça une très légère euphorie physique par moments, comme des caresses fantômes légères.

A midi, je prends 10mg de mph car trooop fatiguée à présent => 1h plus tard tout mon corps tremble erf. Faudra y aller doucement...



Réunion l'après-midi :

Un collègue n'arrive pas à s'arrêter de rire et me fait explicitement la réflexion qu'aujourd'hui, je suis à fond.
Que répondre ? Contexte : on bosse dans un CAARUD. Tout mon corps tremble, tendu, avec bruxisme qui commence à me faire mal aux dents. J'ai des cernes creusés comme des canyons (c'est nul), une BONNE GROSSE mydriase (c'est bow). Je suis hyper loquace, je balance une blague à la minute, je ris moi-même ouvertement avec eux, oubliés mes réserve, timidité, anxiété, épuisement, déprime, auto-dépréciation... Je prends un plaisir bien réel à interagir avec eux, et je pense que ça se voit. Genre, bien bien.

Osef, je joue le jeu : je tire la langue au collègue taquin, avec un clin d'œil. Explosion de rire de sa part. Les autres tentent de faire comme si tout était normal...

Je profite. Juste... Je profite. C'est trop agréable d'être avec eux. Je ne ressens jamais ça comme ça d'habitude, cette camaraderie... D'habitude je suis anxieuse, je pèse chaque mot avant de les prononcer de peur de faire une erreur, voire je ne dis rien, sauf quand on m'accorde la parole.

À peine plus tard, d'un coup la fatigue me rattrape (encore), chape de plomb physique mais la dopamine maintient à peu près l'éveil cognitif. Sauf que... "À peu près" implique que c'est pas tout à fait ça... Pour prendre les notes durant la réunion je finis perdue, je demande souvent de répéter, les tremblements me font faire des fautes de frappe, je ne me souviens plus d'un truc dit il y a trente secondes...


Suite à la réunion, ledit collègue vient me voir un peu à part, me regarde d'un air énigmatique et :

- ... Tu fais tourner ?

Ralala ce fou-rire.

SAUF QUE.

C'est pas pour rire ! Il est sérieux ce bougre !

- Allez t'en as pas sur toi ?

Nouveau rire :

- Mais tu penses que c'est quoi ?

- Bah de la 3-MMC...?

Franchement... Bien essayé. Mes comportement, pupilles en soucoupes et soudain changement de "personnalité" peuvent assez bien rappeler ça.
Inutile de le faire languir... Je lui explique.
Et, effectivement, il est moins intéressé 🤭


Au soir la musique n'est plus agréable.
Elle est euphorisante.
Par moments je monte le son et me sens extatique vaguement comme certains moments sous psychés ou GHB, en bien moins fort évidemment mais la sensation est un peu comparable. Je suis alors super speed pendant un très court instant, juste le temps que la vague d'euphorie reflue.


Je me rends compte que je ne mange presque pas depuis hier... Ca pose problème pour prendre le lithium (il le faut à heure fixe et avec nourriture).




Montée des doses, montée des effets...


28/05 : Les insomnies et l'anorexie se payent.


Epic fail : je n'ai pas eu le temps de prendre les somnifères, à part ce qu'il me reste de valium heureusement.
Non, sans sensation de fatigue aucune, en me mettant debout (miraaacle encore quand j'y pense, je peux me mettre debout presque sans y penser ni ressentir mon cerveau tirer en arrière des quatre fers !!!), j'eu un vague malaise. Une sorte de tête qui tourne comme au début du traitement, mais plus forte, une faiblesse généralisée physiquement, une pointe de mal-être... Je me suis remise sur mon lit avec l'intention de terminer ma routine ensuite (je peux même suivre une routiiiine 🤩🥰 ah mais rendez-vous compte, vraiment je suis sérieuse, ce Plaisir de juste pouvoir faire ça sans que ce soit douloureux, c'est vraiment mais... Libérateur.)... et me suis endormie lumières allumées et fenêtre ouverte. Réveillée 3h plus tard à nouveau. Tant pis, je prends tous mes somnifères plus tard, à... midi... Quand la fatigue me rattrape. Je dors encore 4h, ouf.
(A noter peut-être : cette fois j'ai eu un cauchemar très vif, détaillé, et dont le souvenir cuisant peine à s'effacer. Je ne sais pas si c'est dû au pramipexole ou non.)


29/05 : Retour sur Terre

Ma mémoire est dégommée. Je n'enregistre plus, encore moins qu'avant, et il est très difficile de récupérer les souvenirs. Même de la journée actuelle. Je ne savais même plus si je m'étais brossé les dents ce matin.

Le 27/05, je me rends compte à posteriori que c'était un tableau typique d'hypomanie, d'où la ressemblance que je lui trouvais avec la sertraline. Le lithium ne doit pas encore faire assez effet pour vraiment stabiliser.
Depuis, je suis bien malgré moi progressivement redescendue et... C'est très frustrant. Bye bye la Morning drôle, réactive et très sociable... Que j'aime tant. 💔 Je peux toujours faire des choses simples (routines), mais le reste est redevenu très complexe (faire les courses par exemple, juste ça, j'y arrive toujours pas). Je ne pourrai de toute façon pas raconter tous les effets du pramipexole ici, dans la mesure où je devrai l'arrêter bien avant le plateau pour éviter le DAWS.

Les effets qu'il me reste néanmoins, se jouent au niveau du PSSD : il continue de se déliter. Seul inconvénient : j'ai une sensation au clito, et autant quand c'est pour l'utiliser c'est le feu j'adore ! ...Mais quand ça reste ensuite, pour rien quoi, dans des situations où y en a pas besoin, c'est chiant. Bon. C'est un léger inconvénient que je le paye volontiers pour ça.

Mais ce qui m'interpelle, c'est que ma présente expérience va à contre-courant de ceci : https://www.thecarlatreport.com/articles/4824-unraveling-post-ssri-sexual-dysfunction qui dit en gros qu'ils ne trouvent pas d'effet significatif.
AUCUN placebo avec aucune substance que j'ai pu tester ne m'a jamais réveillé ma sexualité de la sorte. J'en déduis qu'il s'agit peut-être d'effets transitoires...? :( Ce serait une déception magistrale, et ultime, car à ma connaissance seul le pramiprexole / peut-être d'autres rares DA a/ont vraiment ce potentiel.
C'est mon seul espoir.

Il y a quand même quelques bonnes pistes sur les forums :



Ainsi que cette petite étude sur un autre DA, la ropinirole : https://clinicaltrials.gov/study/NCT00334048




Sur tous les autres plans, depuis hier les effets s'effondrent. Ca va faire comme le bupropion en son temps, un électrochoc de littéralement deux jours puis plus rien ?...

...Non.

C'est mort.

Hors de question. Un ascenseur émotionnel pareil, à la fois chimiquement induit ET avec l'euphorie du "ça marche !" et de la redécouverte de la vie pour ensuite que tout retombe comme ça... Plus jamais. Je ne pourrai pas l'empêcher bien sûr, mais jamais sans me battre.

0.5mg/j semble être vraiment le minimum pour stimuler les récepteurs post-synaptiques.

Pas impulsive pour un sou........ mais plus objectivement consciente que des études montent encore bien plus haut (ce que je ne recommande pas du tout pour autant sans surveillance médicale, dangers multiples dont psychose...) et que les risques additionnels de DAWS sont mesurés eux aussi un peu au-dessus... Je double la mise.

1mg.

Maintenant.


30/05 : Effets secondaires : second round

Depuis hier soir, j'ai de nouveau les mêmes symptômes qu'à l'induction du traitement il y a une semaine... En pire^^^

Anxiété, fourmis / presque chatouilles dans la peau, agitation et fébrilité avec cette fois décharges dans les membres provoquant de véritables spasmes, bruxisme, nausées, insomnie la nuit, fatigue et somnolence le jour, essoufflement même au repos nécessitant de contrôler consciemment ma respiration, sensation de mal-être diffus...

Hier j'ai repris de la morphine. Pour les nausées, j'avoue, c'est pas top. Mais à petite dose ça m'a aidée à gérer le reste, particulièrement l'anxiété et les spasmes.
Damn, je n'ose vraiment pas imaginer ce que doit être le DAWS au ressenti... Ce que je vis là maintenant n'est pas intolérable non plus, mais je m'en passerais bien. Alors un DAWS... 😰

Je ne vais peut-être pas trop prolonger l'expérience malheureusement. Le contenu de ma fiole commence doucement à baisser, il faut compter le temps de tapering off, et si par malheur j'avais vraiment pas de chance et qu'un DAWS apparaissait, il me faudrait suffisamment de pramipexole restant le temps... Hé bien... D'en retrouver par tous les moyens possibles et imaginables. Ce qui ne sera vraiment pas une mince affaire, surtout à ce nouveau dosage.


Dans l'après-midi, si je m'allonge les sensations désagréables de fourmis dans la peau deviennent à nouveau agréables, comme si l'air était sensuel.

En revanche je suis irritable et impatiente. Je m'énerve contre des choses mineures et trépigne intérieurement parce que quelque chose ne se passe pas comme prévu, parce qu'il y a un retard de quelques minutes, parce que je me trompe sur quelque chose et dois me corriger (genre des fautes de frappe à cause des tremblements en écrivant ceci)...

J'en ai marre de ce texte trop long que je ne parviens pas à raccourcir, je veux le publier mais n'ai même pas terminé le test de pramipexole, j'en ai marre de cette journée où il ne se passe rien, de devoir encore me pousser à faire plein de trucs pas funs, la pharmacienne qui met 15 ans à enregistrer mes 32 médicaments... x) La pauvre... Etc etc.

Et ce weekend aussi est long. Vraiment trop long. Je m'ennuie. Je manque vraiment cruellement de vie sociale. Et en même temps je ne me sens pas trop de sortir... C'est paradoxal. C'est un peu déprimant. Mais au moins j'arrive à me forcer à faire de petites tâches.



31/05 : Envie oui, mais de quoi ??

Ça y est, je crois que ça commence vraiment. Depuis hier je fais des choses, doucement, progressivement. C'est toujours difficile, mais je parviens à forcer. Aujourd'hui je range enfin un peu ma chambre, et c'est un pas énorme. Rien que l'idée m'était insupportable avant. Là, il s'agit toujours d'une montagne à gravir mais on est sur du 1200m de dénivelé... Pas du 6000. C'est difficile, je ferai pas tout aujourd'hui, mais pas non plus infaisable.

Régulièrement j'ai besoin de bouger. De me lever (et cette fois ce n'est pas difficile au contraire), de marcher un peu chez moi, changer de pièce. C'est cool. Mais pas très productif : j'ai beau tourner en rond et vouloir faire quelque chose, je ne sais pas vers quoi me tourner pour autant. Il y a plein de choses que je dois faire. Mais aucune que je VEUX faire. Je n'ai pas d'idée je ne sais pas. C'est un vrai problème ça. J'ai besoin d'avoir une activité maiiis heu rien de ce qui me vient en tête ne m'intéresse ? Fruuuuustraaaaant ToT Mais... Du coup je m'ennuie. C'est très chiant mais, d'habitude je ne ressens pas ou peu d'ennui. Plutôt bon signe ? Je suppose... J'espère.

Les couleurs sont de nouveau assez contrastées, la musique agréable, sans hypomanie pour l'instant.

Je note que je dors un peu mieux la nuit aussi.


Concernant le PSSD ce n'est pas fini... Depuis le temps, j'ai complétement oublié quelle est l'intensité d'un orgasme moyen, et je sais que là je suis toujours en dessous. Mais ça devient néanmoins fort, c'est marrant. C'est vraiment très court mais j'avoue que c'est pas mal (pas mal du tout) comme truc. Ce qu'il me manque encore vraiment c'est la détente d'endorphines post-O malheureusement, qui n'est pas revenue... Ah, et j'ai un bien meilleur O mais du coup je ne suis plus multi-O pour l'instant. Ça me va, je préfère un seul bon que quatre ou cinq pourris. Mais quitte à faire un retour d'expérience et vu ma graaaande pudeur 🤷‍♀️ c'est potentiellement à noter...

En revanche j'ai encore plus peur quand je lis ça :
I actually have post SSRI sexual dysfunction as well. 2 years after being off ant depressants my libido s well as me emotions never came back. So I took Mirapex to try and help. For about a month I experienced icreased sensitivity to stimulation ith zero effect on my mood. Then one day its effects reversed and ibecame impotent and unable to feel pleasure in just about anything and everything. Like you I also ferl so out of contro of myself and my life.


Ce n'est qu'un témoignage mais bon, ça ne donne vraiment plus du tout envie de tenter le diable, en fait... Vraiment difficile de savoir quoi faire.


Mémoire toujours aussi explosée, et ça c'est vraiment un énorme point noir. Ça pourrait très vite devenir invalidant, du reste je ne sais même plus ce que je dois dire à ma psy demain... (Sans dec, c'était important, ça revient pas.)

Et ce doit toujours être le lith, c'est difficile à démêler, je sais pas si le prami' y participe mais je tremble tellement (genre vraiment plus qu'il y a une semaine quand même... c'est hyper moche vraiment, de l'extérieur on doit penser que j'ai un problème j'arrive même plus à écrire selon les périodes) que je me suis charcuté tous mes points d'injection sans pouvoir envoyer la moindre goutte de mph. Alors là je me sens vraiment diminuée je n'aime pas ça du tout.

Et encore et toujours grande nervosité/impatience/agitation.


Au soir énormes difficultés à me préparer pour le travail du lendemain, mais une fois finalement lancée... La nervosité et l'agitation des deux derniers jours se transmutent en l'espace de cinq minutes🫰en une énergie beaucoup plus gérable... Accompagnée de petites pointes d'euphorie.
Ouuuuh mais ça sentirait pas un peu l'hypomanie pour demain ça ?! 🙃
Jeee mentirais si j'affirmais qu'au fond de moi je n'avais pas monté à 1mg AUSSI dans cet espoir. Petite prière pour retrouver ma 'vraie moi' demain ! Je vois deux psys (travail et perso), ce serait marrant comme réunion et consultation !!! 😁
Ça ne donne vraiment pas envie de poursuivre le lithium tout ça, il fait 110% chier sur tous les plans en fait, zéro avantage ce machin. 🤔 Encore moins qu'avant...
Vraiment, je sais, l'hypomanie dégomme des neurones et tout et tout. Mais si c'est le prix à payer pour être une personne que j'aime, alors... Je vois vraiment pas le problème. Sauf que si je dégote du prami' ils vont vérifier régulièrement ma lithiémie. Je pense que je pourrais fausser les résultats en en prenant une semaine avant chaque prise de sang. À voir à voir à voir.

Par contre je vais galérer à dormir. Je vais vraiment vraiment galérer.




01/06 : Up and... up !


Comme prévu rien dormi... Plus par flemme de dormir que par manque de sommeil là en fait. Trop addicte à Internet. Précisément un des comportements les plus touchés par les ICD du pramipexole après quelques mois de traitement d'ailleurs. Bon sang entre ça et mes précédents usages de drogues je suis sûre d'y passer, ce serait vraiment dangereux d'appeler Sainte Anne quand même...

M'enfin c'est une question insolvable donc...

Forcément, le matin disais-je : hyper déçue, oui relativement à l'aise mais vraiment trop fatiguée (avec toujours le même collègue qui fait des vannes sur le 27, bon sang ça va me suivre un moment ça x) ).

Du coup... 10mg de mph? Comme d'habitude quoi rien de...

Switch... => UP !!

Moins fort que le 27 mais suffisamment pour parler toute seule à commenter tout ce que je fais (les collègues disant que ça ne les dérange pas)...

Tout à coup une anecdote me semble super marrante je la récite à toute vitesse à une collègue, laquelle sans me regarder :

- Waaaow... C'est super impressionnant !......*


* "T'es bien choupie ma petite mais là j'ai du travail tu vois ❤️"
😅

Quand j'ai demandé si mon état dérangeait j'ai eu :

- Bah non je trouve pas que tu sois "trop", tu es plus... Là quoi, c'est positif.

J'eus même des remerciements pour mon énergie et ma bonne humeur, dinguerie ! O/

...Il plaît à tout le monde cet état. Les collègues avaient l'air sincèrement contents de me voir comme ça.



Je crois savoir d'après les études sur les SSRIs que la plupart des gens ne peuvent pas faire de switch maniaque avec. Donc... J'admets que l'idée d'un spectre bipolaire n'est pas déconnante finalement... Même si l'idée ne me plaît pas. En fait personne ne sait encore il n'y a pas consensus mais c'est bizarre de faire partie d'une si petite proportion de personnes à qui ça fait ça...

Sinon, bon... Faut que je redescende un peu : L'hypomanie c'est fun sur le coup, mais c'est aussi d'énormes risques neurologiques (neurotoxique), sociaux, de crash dépressif ensuite, kindling et accélération des futurs cycles... Non, évidemment j'admets, je dois éviter l'hypomanie. Mais bon sang heu.... Moi qui ne peux plus planner à presque aucune drogue, c'aurait quand même être super pratique. Et j'aime vraiment qui je suis dans cet état. Tssssss...... Je comprends les bipo I et II qui arrêtent leurs traitements à un moment ou à un autre. Cependant j'aurais mieux fait de monter à 0.75mg plutôt que directement 1...




Début de baisse, et... What's funckin happening in my head ?!


03/06 : Début de baisse... Et réaction (psychologique).


Masturbation avec PSSD : 1 fois tous les 1 à 4 mois.

Même chose après quelques jours de pramipexole : 1 fois par jour et j'aurais aimé encore plus >_> 🤷‍♀️

Si quelqu'un pensait encore à un placebo à la lecture, et y croit toujours après ÇA, franchement je sais plus quoi raconter 🤭
Non vraiment en si peu de temps en plus, c'est absolument phénoménal.

Hier comme aujourd'hui : pas d'hypomanie. Pas vraiment. Je suis juste "bien", peut-être encore à peine trop à l'aise socialement mais je n'ai plus d'euphorie, plus d'agitation, plus de nervosité.
On dirait que les effets se stabilisent un peu je ne sais pas, c'est encore un peu tôt pour ça pourtant malheureusement d'après mes estimations...

Je dis "malheureusement" car je remarque que le contenu du flacon se réduit mine de rien pas mal et je dois à tout prix assurer mes arrières (ou au moins tenter de sauver quelques meubles) en cas de DAWS... Ce qui implique de ne pas tout gober.

Je dois baisser le dosage dès ce soir. L'inconvénient de la forme liquide est qu'il m'est très difficile d'évaluer combien il me reste exactement, la carte de la prudence est impérative ici, non négociable. Et c'est sans évoquer l'hypomanie qui va probablement recharger, ce que je dois empêcher.
Je suis à 0.16mL 3X/j, c'est à dire 0.48mL/j au total, soit environ 1mg/j (précisément 0.96 si on veut chipoter). Je vais essayer de descendre la dose totale quotidienne de 0.06mL, jour après jour (environ 0.12mg/jour retiré). Je m'y prends tout simplement en retirant 0.02mL pour chaque dose.

Côté vitesse, bien qu'on ait peu de données sur le tapering de DA, ça devrait théoriquement aller... Théoriquement.
Leur retrait dégressif me semble bien bien rapide à eux :
Abruptly suspending any DA may trigger a dopamine withdrawal syndrome, suspension should always be gradual. For pramipexole, a daily decrease of 0.52mg (0.26mg×2) is recommended; once the dose has reached 0.52mg, it is reduced by 0.26mg daily until treatment has been suspended completely.

Mais bon sang que ça me fait PEUR. Je ne m'attendais pas à ce que cette perspective, à laquelle j'étais fermement préparée avant même de commencer à en prendre, soit à ce point... répulsive. Ça me stresse, entre les risques, et l'assurance de retrouver à minima mon état précédent... Perdant absolument tout ce que je viens d'entrevoir ?! Vraiment ça me semble inconcevable. J'ai un vertige : impossible, je ne vais pas revenir en arrière, je ne peux pas ?! J'en ai presque mal au ventre.

Mais il y a, je pense, pire : quand je chill chez moi après le boulot, je ressens à nouveau cette euphorie physique très légère me caresser la peau. Je profite... mais à la pensée de devoir baisser le tout jusqu'à arrêter, une frustration de la MORT me saisit, comme une descente imminente d'empathogène, ou presque. Qualitativement c'est en tout cas très similaire.
...tiens donc ? Ça, couplé au fait que le DAWS provoque des cravings (sans qu'il soit précisé de quoi exactement, j'ai pas trouvé)... Pas addictifs, les agonistes D3 ?! Vraiment ??? Me concernant la question demeure ouverte...
C'est peut-être juste parce que ça me fait du bien dans ma vie, mais je suis un peu attachée à cette substance, je suis contente quand c'est l'heure d'en prendre, et à présent la perspective de la quitter me... FRUSTRE ?! Hum......... Y a anguille sous roche et ça risque de ne pas me plaire.



04/06 : Une psychose qui rôde

Je n'ai pas eu envie de dormir cette nuit, avec zéro sensation de fatigue jusqu'à charger en somnifères (toute prescription respectée) à 5h.
Avant cette heure donc, j'eu de petits signes pouvant être annonciateurs de... Psychose. Notez que "petits" et "pouvant" sont deux termes importants ici, aussi restai-je vigilante mais parvins-je à me raisonner : pas de panique (effet anxiolytique du lithium absolument à l'œuvre).

Toujours est-il que je sursautais chez moi, à de multiples reprises durant plusieurs heures. L'espace de fractions de seconde, je prenais un objet lambda... pour une personne. L'effet devenait saisissant lorsque ledit objet-"personne" m'était visible du coin de l'oeil. Coloc, intrus ? La question ne vint jamais car la peur, d'une secousse braquait mon regard droit sur lui : au même instant le mirage n'était plus.

Pour me montrer exhaustive, je dois ajouter que le même phénomène naissait de mes propres mouvements, de ceux que l'on initie sans y penser. Une mèche de cheveux voletant en périphérie de ma vision. Un pan de robe qui ondulait au gré d'un remuement. Ou encore mon propre bras, aperçu de côté. Ce que je voyais : une présence en plein mouvement dans ma direction, déjà si proche qu'elle pouvait me toucher. Le tressaillement qui suivait me braquait face à l'apparition... Pour ne découvrir personne. Seulement moi.

Voilà qui ne va pas sans me rappeler des symptômes bien précis, pour ne pas dire quasi-identiques, de mon OD cauchemardesque de 6-APB il y a 8 ans...
Je me concentrai sur mon ouïe et ma vision :
Pas de voix, pas de bruit.
Vision claire, nette, non obscurcie, aucune forme arachnéene.

Je sais parfaitement qu'en pleine psychose, souvent ces tests frôlent le futile. Mais si je parviens, même par miracle, à identifier une vrille psychotique avant qu'elle ne me hape entièrement... Alors...

Alors quoi ? Je me pose la question en écrivant ces lignes. Les secours ? Au risque qu'ils me sevrent tout d'un seul coup ?! 😶‍🌫️ Non sérieusement. Qu'aurais-je fait ? Et que ferais-je si un épisode psychotique transitoire chimiquement induit m'arrivait là, dans la semaine, avant la fin du DA ? Car il faudrait alors des gens :
  • Compétents en psychose
  • Qui sachent que je suis sous prami' (aucune ordo ni trace, c'est pas légal)
  • Au courant du DAWS des DA et du SILENT du lithium (HA. HA. HA...)
  • Qui sachent que me donner des antipsychotiques est contre-indiqué et peut trigger un DAWS précipité 💀
  • Mais qui du coup aient des idées pour agir sans antagoniste dopaminergique
  • ...Correction : TRÈS* compétents en psychose -_-'
  • Qui sachent qu'on ne retire jamais des traitements intégralement trop rapidement (amha vraiment pas gagné)
  • Qui maintiennent le prami' quitte à le baisser très lentement... Toujours malgré qu'il ne me soit PAS prescrit 🥲
  • ....

Je n'ai pas de terrain particulier pour les psychoses, le 6-APB en plein dérapage yeux bandés était si overkill qu'il ne pouvait que faire exception. Cependant... Je m'en veux quand même.
Je n'ai pas vraiment évalué ce risque, le jugeant trop improbable. Et que faire dans le pire des cas, je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas...



Heureusement, plus rien de bizarre à mon réveil à midi.

J'ai de nouveau une petite bouffée d'hypomanie (plus légère que les deux précédentes à nouveau) dont je fais joyeusement profiter Psychonaut... En me relisant je crois que je comprends à quel point je devais être fatiguante / insupportable à la fac, et là encore c'est juste par ÉCRIT x) Je n'ose m'imaginer en direct (à l'époque j'étais vraiment speed en plus, bien au-delà de ce que je vis là).



05/06 : Distorsions auditives... Puissantes, inédites, sélectives

Tentative d'obtenir du pramipexole auprès du CSAPA m'ayant filé le lithium : échec critique.
Plus tard du coup, appel de Sainte Anne : échec (trop tard, standard fermé).
Okay, je vais continuer à me triturer les méninges en boucle ce weekend pour savoir ce que je veux alors...



J'écoute cette musique en boucle depuis de nombreux jours. Rien d'inhabituel, mon côté TSA ou obsessionnel osef.
Mais aujourd'hui elle m'intrigue : je la connais par cœur. Et là... Elle est différente. Un peu plus cassante dans les graves et les voix, plus joyeuse dans les sonorités aiguës, il y a plus d'écho, et certains instruments sont... Je ne saurais le décrire. Différents, certains peut-être carrément changés, voilà tout. Même la sonorité des paroles, le timbre de la voix... J'ai l'impression que la chanteuse a pris un chouilla d'hélium, comme un nightcore light, mais pas que. Ils ont même ajouté une voix en arrière plan tout à la fin. Vraiment remaniée, quoi. Je vérifie qu'il ne s'agisse pas d'une version alternative : non.

L'artiste a fait une refonte de son morceau. Je vérifie sur Youtube : pareil.
J'apprécie en vrai : je redécouvre ce son ! Nouvelles écoutes en boucle sur Tidal.

Un peu plus tard, ok bah je l'aime bien comme ça mais j'ai bien fait de la télécharger tout de même, de la sorte je conserve aussi l'ancienne version... Non?... Noooon? 😱
...Musicolet (lecteur local) me renvoie exactement la même version déformée/upgradée/jesaispas.

Waaaow.

C'est pas la sérotonine qui est censée jouer sur les sens ?!

Mi-amusée, mi-inquiétée, je poursuis mes écoutes...

Si j'avais un médecin prescripteur, je lui en parlerais, c'est évident. Mais là...

Avec les autres musiques ça le fait moins voire pas... C'est étrange que ce soit seulement celle que j'écoute le plus depuis presque une semaine qui change du jour au lendemain ?!


Anyway, je l'écoute en boucle pendant encore deux trois heures, puis je fais une pause (parce qu'au bout d'un (long) moment, même moi hein...).

Lorsque j'y reviens un peu plus d'une heure plus tard... Elle a. Encore. Changé.
Et là elle n'est même plus naturelle, les sonorités sont métalliques, voix incluses, les basses sont encore plus assourdies, limite oppressantes en fait, comme entendues sous l'eau, et des notes graves le deviennent exagérément, idem à l'inverse dans les aiguës... L'ensemble a un aspect vraiment étrange, presque caricatural de la première version. Certains instruments ne vont même pas ensemble !! 😵
Je note de nouvelles voix chantant en coeur que je n'avais pas captées, les couplets sonnent complètement différemment, sans les paroles que je reconnais je douterais sérieusement avoir affaire à la même chanson...
Et malgré tout vous savez quoi ? Ça reste fun. Encore cette musique que je kiffe à reredécouvrir. Bon, la première version me manque un peu quand même. C'est vraiment quasiment plus la même 😳

Néanmoins... Avec touuut ce que j'ai consommé dans ma vie, un truc pareil, ça ne m'était jamais arrivé 😅 Je fais quoi de ça ? 🤷‍♀️

Je pense de fait, que c'est précisément d'écouter ce son en boucle encore et encore sous pramipexole, qui fait qu'il change lorsque j'y reviens après une pause. C'est vraiment hyper bizarre comme phénomène !


Mais du coup... Quelle version est la plus proche de ce que quelqu'un d'autre entendrait ? 🤔 Je comprends vraiment, j'entends par là empiriquement, la variété de goûts musicaux... Et par là, la variété de goûts pour potentiellement tout.



06/06 : Troubles mnésiques ++, obsession... mais le sexe est bon 🤷‍♀️

Je fais une pride avec un Copain, et me rends compte que mes troubles mnésiques sont un véritable FREIN aux conversations. Comment je retiens quoi que ce soit ? Comment je parle de ce que j'ai fait pendant deux semaines ? Je ne me souviens quasiment pas !!!
Le lithium déjà dégradait énormément ma mémoire verbale mais avec le pramipexole c'est genre X3 encore je trouve, je cherche tout le temps des mots simples, et il me faut parfois 10 bonnes minutes pour trouver. Ça craint...

D'ailleurs, il aurait fallu compter mes pertes de mots quand j'écris ou parle pour en avoir le cœur net, mais subjectivement ma mémoire, particulièrement verbale mais pas que du tout, est encore PIRE depuis que je baisse les doses. Vraiment ça devient un peu handicapant c'est vaguement flippant ça, quitte à perdre tous les bénéfices j'espère au moins que ça aussi va revenir à la baseline à l'arrêt...


Hier j'ai remonté de 0.3mL à 0.36/j. Je reprends la baisse demain. C'était trop compliqué les symptômes initiaux revenaient déjà et c'est tellement désagréable... Je dois le faire, pfff.

Sinon la musique est redevenue relativement normale. Pas tout à fait mais c'est un peu mieux ^^' En revanche je me rends compte quand même que... même pour moi... Je l'écoute beaucoup. Genre... PLUS que les musiques que je passe en boucle habituellement. Je peux avoir l'impression de devenir folle après quelques heures donc j'arrête, et une ou deux heures après c'est reparti, toujours la même quoi... En plus elle est elle-même déjà un peu répétitive dans les sonorités, et avec les refrains qui prennent de la place 🤭
Hors je douuute un peu que la musique, que j'adore hein artiste LGBT militante qui fait un son sur la santé mentale, banco, mais je doute qu'elle soit en cause dans cette accentuation de comportement obsessionnel 😬

Une autre hypothèse, ma fois *kof* pas beaucoup plus rassurante, serait justement la mémoire : lorsque je commence à retenir la structure d'une musique, j'anticipe intuitivement les notes qui arrivent, elles ne me surprennent plus, et donc j'apprécie moins à mesure que je retiens le morceau. Une mémoire altérée (plus que d'hab quoi) pourrait théoriquement me faire donc apprécier la même musique plus longtemps. Ado je me forçais à oublier partiellement des choses, films, musiques etc, pour les revoir/écouter avec un œil relativement plus neuf. Donc ce c'est pas si déconnant pour moi.

Par contre ni l'une ni l'autre n'est enviable, oui c'est agréable mais je dois bien en perdre des neurones à écouter la même chose littéralement jour et nuit pendant une semaine 🥴



Côté PSSD par contre pour faire court et simple, avec quelqu'un d'autre genre pas seule c'est... Ouaiii effectivement c'est bien, le sexe. En fait, le terme est un peu fort mais je ne sais pas comment l'expliquer autrement : j'ai vaguement eu l'impression de baiser pour la première fois 🤷‍♀️ Comme le PSSD s'est développé très tôt je n'ai pas eu l'occasion avant. Il ne s'agit pas seulement d'intensité, je sais pas c'était aussi plus intéressant, sûrement lié aux côtés mental et de phantasmes un peu débridés. Franchement même lui m'a fait la remarque "ah ouai t'as de la libido !" (Et on est ensemble depuis déjà un petit moment, il me connait).



07/06 :

J'ai bien repris la baisse (0.3mL aujourd'hui), mais sans avoir de cravings de pramipexole à proprement parler... Je sais, je commence même vaguement à sentir, ce que je vais perdre et dans quel état je reviens. Et à chaque palier de décroissance je ressens vraiment un manque psychologique, genre la récré est finie on retourne dans la boue. La perspective de perdre les améliorations contre le PSSD est je crois la plus difficile pour le moment. C'est un deuil à refaire, après deux semaines seulement de semi-liberté, et c'est criminel.



09/06 : (Sur-)charge mentale, anxiété, et point effets sur apathie/anhedonie/aboulie

Je suis SURCHARGÉE depuis hier, trop de trucs à faire et auxquels penser d'un seul coup c'est abusé. Ça m'énerve car je sais que la plupart des gens font X4 mais moi, même si j'aurais le temps et l'énergie physique de fait bien plus, la charge mentale est telle que (je pense que c'est à cause de ça), ce soir j'ai fait de l'anxiété/angoisses comme je n'en avais pas eues depuis plusieurs années.
Pourtant le matin j'ai de l'énergie je me sens bien je suis hype, mais les responsabilités des journées pèsent trop. Enfin, c'est comme ça que je l'explique. Aussi, il y a les acouphènes de mes abus musicaux de cette semaine dont j'ai pris conscience brutalement et qui sont ma fois très oppressants, tout en foutant un coup moralement puisque c'est définitif...

Bon, en vrai dans tout ça, il reste aussi l'hypothèse du DAWS... Gloups. Mais "juste" l'anxiété, ça ne correspond pas vraiment......

Quoi qu'il en soit ça refroidit sérieusement. Car une attaque de panique, c'est sûrement encore X30 en intensité de ce que j'ai vécu là. J'avais oublié ce que ça faisait, une vraie vague d'anxiété/angoisses qui prennent à la gorge.


Aussi, point apathie/anhedonie/aboulie : combien de fois ais-je fait des courses ou à manger depuis le début de l'expérience ? Trois pour les premières, dont deux le midi avec des collègues en en profitant pour acheter plus et faire quelques provisions ? Et cuisiner heu... Je ne me souviens plus, mais pas souvent.
Je me suis vraiment dégoûtée ce soir d'ailleurs, en appelant une énième fois Uber eat. Culpabilité/honte powa... Et ça ne me fait pas bouger davantage, bien au contraire !!

Au moins, sortir à la rencontre du livreur est ce qui mis fin à mes symptômes anxieux. En me mettant en mouvement, enfin, en étant OBLIGÉE de faire quelque chose d'accessible/faisable MAINTENANT, avoir un but, ça m'a fait du bien et dans mon cas ce n'est pas commun.

Je suis très probablement plus hypée par des choses intéressantes qu'avant (comme créer mes propres widgets Android de A à Z en codant un peu etc, j'ai découvert l'appli hier), je redécouvre ce plaisir dont il est difficile de me déscotcher pour le moment.
Mais pour les corvées, je pense qu'il y a bien une amélioration mais il m'est plus difficile de distinguer le produit du placebo pour être vraiment honnête. Les (toutes) petites tâches du quotidien ça aide vraiment il me semble, mais les un peu plus grosses mouerf. Encore une fois, des études montrent des doses de départ plus hautes et parlent d'améliorations après 4 semaines une fois le dosage cible atteint, donc... Voilà, c'est peut-être ça. Ce que même si j'avais du stock, je ne pourrais décemment pas faire sans encadrement médical : trop dangereux.




La chute... Le DAWS.


13/06 : Sous le seuil


Même pas l'énergie/envie d'écrire...

Rapidement après le 07/06, la libido a été la première à partir. Si vite que je me demande un peu si c'est à cause de la baisse des doses ou si c'était un effet temporaire de début de traitement.

J'ai eu trois jours de frénésie à thuner mon tel en programmant des trucs...

Et puis depuis avant-hier je suis passée sous les 0.5mg.

Et d'un coup...

Baaah, je sais pas si on peut parler d'un retour à la case départ. Y a de l'anxiété que j'avais pas avant par moments. C'est vraiment naze.

N'empêche, c'est là que je me rends compte que même imparfait, il y avait un effet bien réel sur mon apathie anhedonie aboulie. Comme les effets sont venus progressivement, et avec les hypomanies qui ont brouillé les pistes, j'étais pas sûre. Mais maintenant que ça part, et d'un seul coup presque alors que je baisse depuis plus d'une semaine progressivement, c'est VRAIMENT flagrant.

Au moins sous prami, je pouvais faire les gestes simples du quotidien...
Sans problème...
J'avais la flemme, mais c'était ce que c'était : de la flemme. Rien de vraiment insurmontable.

Du coup à présent bah... estime de moi craaash.

Je n'ose plus sortir de nouveau.

Semaine pro j'ai un rdv avec la copine citée en début d'expérience. Heu... J'ai vraiment peur de ce que ça va donner. Peut-être même qu'il faudra annuler. Je passe vraiment à côté de ma vie 3 périodes sur 4. Qu'est-ce que j'attends là, exactement ? À rien foutre ? Mourir de vieillesse ?... C'est vraiment abusé je sais qu'il y a toujours pire à côté mais n'empêche... C'est vraiment une bonne grosse vie de MERDE !!!

J'essaye de compenser en sniffant du méthylphénidate. Sauf que... Ça marche un peu pour le mal-être, temporairement... mais pas pour me bouger.

Voilà voilà...

Ça me saoule de devoir arrêter. Ça va être comment à 0 ??

Et qu'est-ce que j'attends encore pour appeler Sainte Anne...

En réalité, je tremble de peur...




14/06 : Descente raide

Je me rends compte également du retour de ma phobie sociale...
Mes deux semaines à 0.5mg ou + de prami, j'ai été sociable. Surtout la deuxième. Même sans rien avoir à dire je pouvais chiller avec les colocs dans le salon, sans que leur présence me dérange, bien au contraire.
Maintenant je suis de nouveau recluse dans ma minuscule chambre et j'ose beaucoup moins en sortir, j'ai une sorte d'appréhension à l'idée de les croiser... Comme d'hab, quoi. Retour aux sources. Bon sang mais qu'est ce que ça fait mal cette régression... Je me déteste, donnez-moi un cerveau qui fonctionne...

Chaque soir depuis plusieurs jours, je me rends compte d'un mal-être. De l'anxiété généralisée quui commence à être assez difficile à gérer, de l'agitation, même une peur d'aller dormir. Je sais pas. Mais ce qui me fait vraiment peur, c'est que ça ne semble pas s'améliorer...




15/06 : Le début du Crash

Les moindres tâches, anticipation de tâches, problèmes à régler, ou même sons entendus, sont des agressions. À chaque fois le mal-être s'accroît et de l'anxiété l'accompagne. Je suis complètement débordée par absolument tout. Même physiquement je me sens faible (lithium ?).

Par moments je me sens tellement au bout du rouleau (même sans rien faire) que j'ai envie de pleurer.

Cette fichue sensation d'électricité dans les membres, et qui donne des spasmes, cet espèce de "gurning", s'amplifie au lieu de s'améliorer... Et ça aussi, ça devient vraiment insupportable à la longue...


Au soir j'essaye de discuter des pistes thérapeutiques qu'il me reste avec ma mère par messages, eeet... J'ai vraiment l'impression d'être au bout. Le bout du bout. Je ne sais même pas si je suis éligible à la rTMS et on me l'a refusée jusque là, bref... En gros, je me retrouve en crise de larmes, pas que tristesse hein, vraiment désespoir hyper profond typique de ce qu'on ressent quand on est en dépression, le genre qui vous écorche le thorax. Saupoudré d'une bonne dose d'anxiété...
Je ne m'étais plus sentie à ce point acculée depuis... Heuuu. Ça m'était déjà arrivé mais ça faisait longtemps. L'usine, probablement.
En tout cas, je pense qu'il y a pire qu'un "simple" retour à ma baseline, et c'est d'ailleurs logique. Je suis vraiment dans un état assez lamentable.

Je suis amorphe et c'est difficile de gérer au travail. J'hésite à me mettre en arrêt. J'ai dû annuler une action solo, ce qui n'est pas un drame d'ailleurs on me l'a répété, j'ai fait autre chose, mais qui d'habitude ne m'arrive jamais.

J'envisage de nouveau sérieusement le suicide. Pas vraiment pour maintenant tout de suite, mais le jour où je me serai perforé la cloison nasale à force de fuir la douleur psychologique, le jour où je serai trop vieille pour trouver quelqu'un, le jour où je serai face à un sevrage... Les scénarios catastrophe défilent dans ma tête et je ne vais pas tous vous les faire, mais tous en revanche mènent au même dénouement.

Je crois que tout ce que le pramipexole m'aura laissé, c'est un aperçu d'une vie un peu plus normale qui me fait tant rêver avec atténuation d'une bonne partie de mes troubles, puis me la retirer cruellement, et bonus : des acouphènes franchement vénères et oppressants en ayant écouté cette fichue musique en boucle beaucoup trop fort !!!


J'attendrai 0mg demain, le 16/06.




17/06 : Le DAWS

(Je rédige des morceaux après coup car je n'étais pas en état à ce moment là)


L'anhedonie.

Je fais une anhedonie quasi totale.

Généralisée. Absolue.

Je le sais parce c'est partiellement passé en prenant de l'O-PCE, durant la montée, c'est seulement là que je m'en suis rendue compte. Et c'est vraiment horrible.


Mais pour revenir à la chronologie : même le sucre ne me fait plus rien ! Je sens le goût, la texture, le chocolat la gaufrette, mais aucun plaisir. Absolument aucun ! Pire : je suis même immédiatement écoeurée par la barre chocolatée.

Je regarde une série calme (Avatar le dernier maître de l'air, l'animé) pour passer le temps car je me suis mise en arrêt maladie aujourd'hui, je suis vraiment pas bien...
Je regarde cette série et je me sens mal malgré tout. En fait, elle augmente mon anxiété... Je ressens toute la tension : les drames, les dangers, le stress... Mais aucunement le plaisir. Aucun fun, aucun humour, aucune victoire des héros... Et là je parle d'un dessin animé, une série gore comme on en voit tout le temps depuis GoT je n'ose pas y penser.

C'était déjà dur hier lorsque j'ai cessé le prami', mais là ça devient sacrément compliqué !!


Puis d'un coup, dans l'après-midi, comme un couperet :

Détresse... J'ai peut-être connu une intensité plus forte dans ma vie, c'est difficile à dire je ne sais pas... Mais quoi qu'il en soit, comme ça, tombé avec cette fulgurance...
Et d'une force, tout de même ! À en hurler silencieusement, en larmes tellement la douleur dans ma poitrine est atroce, cette dépression, ce trou béant dans le thorax qui ronge ce qu'il reste de chair, les pensées incontrôlables tournoyant dans ma tête à une vitesse dingue, toutes plus morbides les unes que les autres. Avec juste une idée en tête : que ça s'arrête. Là, maintenant tout de suite, à n'importe quel prix, que ça s'arrête !!! C'est sans nom, c'est insoutenable !

Et l'horreur me frappe : un DAWS. Après seulement trois semaines, et avec les probabilités qui étaient censées me laisser passer entre les mailles du filet, j'ai. Un DAWS.

Le suicide est une image vive, beaucoup plus immédiate cette fois, une hésitation : fera, fera pas ? En tout cas il FAUT que ça cesse.


À d'autres moments c'est l'opposé :

J'ai presque l'impression qu'on me vrille des aiguilles dans la peau tellement l'urgence est pressante, comme si j'étais en danger de mort, là, maintenant, tout de suite.

La sensation d'être en incapacité de m'en sortir, le savoir que parfois le DAWS dure des semaines, voire puisse être irréversible, je suis prise de panique et d'un seul coup je ne veux plus mourir, je ne veux pas, surtout pas !!! Mais je ne sais pas comment faire autrement alors je suis terrorisée.


En effet, pas de craving pour le pramipexole. Pas directement. Une grosse indécision sur le fait d'en reprendre ou pas pour soulager à petites doses, et par terreur absolue d'avoir rendu le DAWS irréversible en baissant un peu trop vite, mais le fait qu'il mette deux jours à agir et aussi grâce à deux amis, dont un qui me fait l'injonction (oui injonction, car franchement je suis devenue ingérable, une boule de furie et de douleurs psychiques, aux pensées incohérentes et chaotiques, et ce n'est que rétrospectivement que je m'en rends compte) de ne surtout pas le faire, me permettent de relativement bien résister, heureusement je n'y touche plus.
Sans ces amis par contre je ne sais pas ce qu'il se serait passé.

En revanche, concernant les cravings... Pour tout le reste, ouai!!! Parce que TOUT pour échapper à ça. TOUT pour me sortir de ce cauchemar, malgré qu'il n'ai même pas les effets physiques décris du DAWS, lequel après un usage chronique doit être infiniment plus puissant encore. C'est déjà absolument insoutenable.

Heureusement donc, il y a l'O-PCE, la morphine et d'autres trucs qui ne soient PAS des anti-dopaminergiques (neuroleptiques), lesquels auraient très potentiellement empiré la situation. Le combo me soulage finalement assez rapidement... Mais me sachant en simple sursis, je reste tremblante.

Puis lorsque ça recommence, le temps d'y penser, et les moments où je ne peux pas maintenir cette couverture de peur d'en manquer avec la tolérance pour plus tard, l'horreur revient.

Je suis vraiment vraiment FLIPPÉE genre. GRAVE, là.

Même ma VUE est affectée, le contraste est morne, sombre, pas comme en délire mais en mode dépression, genre... De ouf.

Et pour ajouter à la terreur, toujours la question : c'est temporaire au moins, cet état infernal, ce mini-DAWS qui ne coche qu'un cinquième des cases et est pourtant déjà abominable...?

Ça s'arrêtera un jour ?! Est-ce que ça peut être définitif malgré la faible durée du traitement??? Je me sens piégée, je ne peux que m'imaginer le pire, l'angoisse oriente encore mes pensées : j'ai commis une énorme, ÉNORME bêtise... Peut-être la pire de ma vie !!!


Ma famille est aux abois parce que je vais mal, je sais vraiment pas comment faire... Avec qui être honnête ? À qui le dire ? Je parle des médecins là bien sûr... Parce que, les psychiatres ne me laisseront plus jamais le moindre contrôle sur mes médocs s'ils apprennent ça... Enfin je crois ?...

Comment ça a pu arriver en seulement trois semaines dont moins d'une seule à 1mg ???




20/06 : La fin d'un rêve

Dans la nuit du 17 au 18, j'ai eu la chance d'avoir cet ami (un de mes meilleurs amis) qui m'a à nouveau aidée à distance... Mais il a fini par ne plus savoir comment s'y prendre, même lui, il me l'aura dit le lendemain.

Clairement, d'après lui (et pas que lui d'ailleurs, clin d'œil à Sorence :/ ) je fais de la grosse merde à cause de la souffrance et les molécules que je tente depuis quelques mois (cf lithium, pramipexole) sont une escalade et une roulette russe, qu'importe qu'on me les ai proposées médicalement il y a deux ans. En pleine crise, peut-être pas attaque de panique mais pas très loin cette nuit là, au téléphone, il m'a dit le lendemain que j'étais alors absolument ingérable et totalement irrationnelle (true.) et que j'aurais pu me mettre à nouveau en danger s'il ne m'avait pas raisonnée en haussant le ton, ce qu'il ne fait d'habitude jamais.


En somme : la grosse horreur. Je n'ose pas imaginer un sevrage d'opi, ou un DAWS complet, vraiment pas.



Puis au fil des jours ça s'est amélioré, j'ai repris la pregabaline remonté ma tolérance au valium dont je tentais de me sevrer ainsi qu'un peu aux opis. Ça fait chier. Mais ça se calme....

Sauf que...

Je reviens à ma baseline, la vraie. Et même si la souffrance est sans commune mesure avec celle du DAWS dont je suis (heureusement) en train de sortir, la réalité me frappe de plein fouet : je suis toujours dans cette vie morne, je ne sors pas, je ne me vois pas aller faire des courses par moi-même... Le retour du PSSD m'achève. C'est hyper dur moralement, d'avoir retrouvé un peu de plaisir et que tout me soit retiré aussi vite. En plus, je crois (non je suis sûre) qu'il est encore pire qu'avant l'expérience......

Au point, à force de ne tomber que sur des impasses (la rTMS tous les jours pendant plus d'un mois, quand on travaille on fait comment ??), que j'en regarde à nouveau la fiole de pramipexole et me pose la question pour un usage cette fois sous prescription et encadré (ce qui fondamentalement ne change rien, à part les stock tant qu'il y en a en pharmacie et que le médecin ne change pas).

La grisaille ne me semble plus vraiment artificielle... Sauf au soir, du début du soir au matin. C'est là que le DAWS tire le plus, et donc là qu'il agit encore. Là je pleure à flots et la scarification me semble soudain très attirante...

Mais même en journée lorsque je me sens "normale", elle est là la grisaille, latente. J'ai entre-aperçu une éclaircie, et maintenant... Quoi?

Qu'est-ce que je veux ?.....





Pour la synthèse / conclusion :


Les principaux effets que je note SUR MOI :

Avantages :


  • Ravages à la fulgurance sidérante (une poignée de jours) sur le PSSD, au point d'en renverser les méfaits dans une proportion acceptable (~ 40 à 60%), bien au-delà de n'importe quelle autre expérience ou substance que j'ai pu tenter. Ça ne reviendra jamais à la normale, mais je pense qu'il me sera difficile de trouver plus efficace (ou efficace... Tout court, en fait). Ce qui fait du pramipexole... Hé bien, un vrai miracle si on suppose que les améliorations se poursuivent sur la durée en traitement au long cours... Mais dans tous les cas, à rembourser à vie.
Attention : comme les études montrent des résultats mitigés, soit elles sont erronées ou biaisées (petits échantillons...), soit j'ai de la chance, soit ces effets sont transitoires...

  • L'amélioration du trio A/A/A fût, à mon grand étonnement, moins spectaculaire. Elle est venue plus progressivement (l'hypomanie ne compte pas), avec des résultats, même à leur apogée de l'expérience, encore mitigés. Comme dit dans mon journal : super efficace pour les petites tâches du quotidien, pouvoir se bouger, VOULOIR se bouger... Mais moins impressionnante pour des tâches plus complexes, perçues comme plus longues ou difficiles (cf faire simplement les courses !...). Aussi, j'ai réappris à ressentir l'ennui, et à devenir "folle" si je reste sans rien faire au même endroit toute la journée. Cependant, même avec le BESOIN de faire une activité plaisante, je n'en trouvais pas plus pour autant, même en cherchant.
Il est probable que j'étais encore à une dose "trop faible" (compte tenu des risques c'est très relatif), je n'ai été à 1mg que durant quelques jours au final, et l'expérimentation n'a duré que deux semaines + une et demie pour baisser progressivement. Il est possible qu'il ait fallu bien plus de temps pour que ça marche, un mois à doses "suffisantes" est parfois décrit. Et c'est décemment infaisable sans suivi sérieux.


Effets secondaires vécus :

  • A tout seigneur tout honneur : le DAWS. Même après quelques semaines seulement. Et ça ne rigole. Pas du tout. Je ne vais pas refaire la description de mon journal, mais je pensais franchement ne pas avoir affaire à lui. Hé bien j'ai déjà été bien servie... Une semaine de souffrance artificielle, dont deux-trois jours (et nuits) de torture psychologique. Avec une urgence à réduire la souffrance proche de celle d'une douleur phyique. Ça refroidit sacrément quant à l'idée de l'accepter en psychiatrie, finalement ce test n'aura peut-être pas été totalement inutile.
  • Moins grave mais bien chiant : le gurning, le bruxisme et les spasmes dans les membres. De plus en plus désagréables à la longue.
  • L'hypomanie. Ce n'est PAS une effet positif. On dirait sur le coup mais malheureusement cette personne sociable drôle etc, bah ce n'est pas moi... C'est ma moi édulcorée. Et c'est dangereux tant physiquement que psychiquement.
  • Les distorsions sensorielles (visuelles et auditives), m'ayant fait penser à un tout début de psychose...
  • Les obsessions (écouter une musique en boucle hyper fort plus d'une semaine durant jusqu'à acouphènes permanents, oublier de dormir parce qu'accaparée par une seule activité/tâche...)
  • Les troubles mnésiques et cognitifs.
  • Sans doute d'autres que j'oublie...


Tout ça pour dire que si ce 'TR' venait à vous faire envie dans une optique récréative... Réfléchissez-y à deux, dix, cent fois. Ce n'est pas SI fun, pas SI euphorisant. Personnellement, ça m'aura simplement levé la plupart de mes troubles, et redécouvrir la vie d'un seul coup.... Voilà ce que je décris, ni plus ni moins. Le reste, c'est de l'hypomanie.

Idem si ça vous fait réfléchir dans une optique thérapeutique : si vous obtenez comme moi un agoniste dopaminergique de type D2 (D2/D3/D4) par voie détournée et que vos futurs approvisionnements ont un problème, vous vous retrouvez sans aucune ordonnance, absolument RIEN pour éviter le DAWS.


Honnêtement c'était vraiment chaud... Le prix à payer est HARD. Et j'ai eu l'immense chance que ça ne dure pas plus longtemps que ça. Imaginer vivre tous les jours de la sorte serait un cauchemar éveillé. Et ça peut arriver.
Worth it or not worth it ? Quand on parle de traitement de la dernière chance... C'est vraiment la dernière chance.

Prendre de ceci de façon chronique, c'est vraiment conclure un pacte avec le diable. La moindre pénurie de stock... Et c'est la chute.

Vivre mieux vaut-il le risque de vivre moins ? Mon DAWS, là, je l'ai tenu grace à mes drogues et parce qu'il n'a été ni long ni fort, factuellement. Mais un véritable DAWS, un qui cocherait toutes les cases diagnostiques, et qui durerait des semaines, des mois, des années ?... Je ne tiendrais pas tout ce temps.

En termes d'alternatives thérapeutiques, il me reste, voyons voir huuuum... *Compte sur ses doigts* la lamotrigine, la rTMS... Eeet... Ah bah non. C'est tout. J'ai plus que ça à essayer avant de VRAIMENT me trouver face au dilemme : pramipexole, or not pramipexole ?
 
Dernière édition:
Ma foi c'était fort intéressant. Ton profil est quand-même atypique, mais j'ai failli recommander de demander une prescription de rispéridone pour un syndrome des jambes sans repos à une amie et vu les risques de DAWS je me suis dit que c'était une mauvaise idée. Tu confirmes un peu les risques ici, bien qu'entre les multiples troubles et traitement de fonds, c'est dur d'en isoler les symptômes.
Même si l'écrit va sûrement servir à d'autres pour se construire un avis sur le pramipexole.

Sinon bonne adaption de Dr Faust version 21ème siècle, mais sur scène ça trainerait un peu sur la longueur.
 
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