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[DMT / Changa] Le seuil de l'Au-Delà

MindWalker

Cauchemar des labos
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Substance consommée : Diméthyltryptamine (N,N-Diméthyltryptamine)
Qualité : Inconnue mais issu d'un vendeur réputé

Documentation :
Article PsychonautWiki "DMT"
Article PsychoWiki "DMT (Diméthyltryptamine), effets, risques, témoignages"
Article Drugz "DMT"
Vault Erowid "DMT (N,N-DMT)"

Expérience :
Date : 14.06.2026
Age : 30 ans
Poids : 95kg
Heure de consommation : 19h
Quantité : inconnue
Redosage : multiples
ROA : Fumée
Substances cumulatives : blend composé à 60% de banisteriopsis caapi, 15% de damiana, 10% de passiflore, 10% de menthe poivrée et 5% de fleurs diverses (calendula et bleuets)
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***​

Contexte : Seul chez moi en début de soirée
Nous y sommes enfin. Après moult péripéties, je me retrouve en tête à tête avec la Molécule de l'Esprit. Automatiquement, toute une légende et imaginaires sont convoquées alors que je me retrouve avec cette changa entre les doigts. J'avais déjà pu essayer la vaporisation de cristaux purs de DMT avec des amis il y'a quelques mois sans trop de réussite mais ça avait déjà un peu désacralisé la chose. Plus important, j'avais déjà pu ressentir le voile physique qui se pose lourdement sur le corps donc je ne serai pas surpris cette fois-ci.

Le timing est ultra-particulier. Quelques jours plus tôt à peine, ma grand-mère décédait à l'hôpital, emportant avec elle la moitié de mon amour sur cette Terre. L'une des deux parents qui m'avait élevé n'était plus et je n'arrêtais pas de pleurer. Et pourtant, alors que j'étais moralement au fond du trou, sans savoir pourquoi, j'étais confiant sur la prise de cette DMT. Après des mois d'hésitations, là je sentais au fond de moi que c'était le moment avec une certitude absolue. J'ai beaucoup culpabilisé de prendre de la drogue aussi tôt après le décès, peut-être que j'essayais de m'échapper, je ne sais pas.

La description de l'expérience va être très compliquée pour deux raisons :
- Ma perception du temps a complètement volée en éclats et je me suis retrouvé à fumer trois heures sans trop m'en rendre compte.
- La changa que j'ai était sensé contenir moitié DMT et moitié plantes. Or, les dosages de PsychonautWiki ne correspondait pas à mon ressenti ce qui me fait dire que la DMT n'était peut-être pas entièrement pure.
Donc entre les redosages compulsifs, l'incertitude exacte de la qualité de la DMT, la tolérance, l'accumulation de DMT dans le corps, les difficultés de vaporisation et ma perception du temps explosée, il m'est impossible de faire un état des lieux chronologique ou d'être précis sur les dosages.

Je ne mets aucune musique ni aucun masque : rien que moi et le silence.

T+0mn : Douce vapeur
Je mets la changa dans ma petite pipe coudée. Je sais qu'au début j'ai commencé avec de tous petits dosages pesés et précis avant de dérailler sur la fin et de la bourrer presque au maximum. C'est assez dur de trouver comment bien la fumer mais ce que j'ai trouvé c'est de chauffer le coude de la pipe jusqu'à voir un petit point incandescent dans la changa. Là, j'aspirais et une épaisse fumée blanche traversait ma pipe. Je reconnu instantanément le goût si caractéristique et acidulé de la DMT. Le mélange d'herbes était top également, adoucissant davantage le goût.

T+30 secondes : Tournoiements
Je me forçais à garder la fumer le plus longtemps dans les poumons avant de recracher un épais panache blanc lors des meilleures prises. Lors de l'expiration, donc environ une trentaine de secondes après la prise, le monde commence à très sévèrement tanguer tandis qu'un lourd manteau se pose sur mes épaules. A peine le temps de poser la pipe sur une surface non-inflammable que je m'effondrais dans le canapé avec la tête qui tourne comme après une très sévère cuite. La lourdeur sur le corps est énorme, c'est comme si on m'avait mis un poids sur le corps pour me forcer à m'enfoncer dans le sol, comme si je coulais au fond de l'océan. C'est lourd certes et c'est impressionnant mais une fois habitué, c'est réconfortant. Comme une combinaison de plongée qui serre ou le corps d'un autre sur soi. Juste après avoir fumé une grosse douille, j'avais toutefois une très important nausée et envie de vomir mais qui passait après 30 secondes : juste le temps de se lover dans le canapé et ça disparaissait. Mon corps devient immobile, écrasé et chaque mouvement demande une volonté et une force surhumaine pour arriver à le faire. Les hallucinations commencent au bout de ces trente secondes et atteignent leurs pics après 3 minutes.

T+3 minutes : L'Au-Delà
Mon esprit s'est détaché de mon corps comme jamais aucune substance ne l'avait fait jusqu'alors. Il n'existait plus, il n'y avait que moi et mon esprit. Ce corps, inutile, s'enfonçait de plus en plus et ma respiration s'arrêtait pendant de longs moments. Mais bizarrement, je ne ressentais aucun besoin de respirer, aucune sensation d'étouffement, rien. Mon corps n'existe plus et ne bouge plus mais chaque micromouvement créé des petites décharges électriques très agréables.

Les yeux ouverts, tout commence à fortement se déformer et à se transformer. Sous mes yeux médusés, mon abat-jour en spirale au-dessus de moi se met à lentement tourner et se balancer tandis que ses irrégularités se transforment en fractales dont les ombres apparaissent et disparaissent. La lumière de ma cuisine change de couleur et d'intensité tandis que le crépi de plafond se déchirent en fractales. Mon corps semble aussi s'étirer : dans un état semi-comateux, lorsque j'essaye d'attraper mon portable, j'ai l'impression que mon bras s'étire sur des mètres et des mètres.

Les yeux fermés, les fractales et spirales prennent des dimensions hors-du-commun, de couleurs très vives et très dessinées. Celles-ci ne durent en général pas très longtemps car elles passent de la 2D à la 3D avant de se métamorphoser dans des structures surréalistes comme un tableau de Dalí ou de Frida Kahlo. Des visages, des colonnes, des boules, des lignes s'entrelaçant en des nœuds, des rivières de couleurs. Une foule de mondes irréels sans structures mais fondamentalement partageant une seule chose : le Beau. Ces hallucinations ont aussi un caractère particulièrement lourd et grave, dans le sens solennel.

L'état mental est clair sans l'être. Clair parce que j'étais toujours en capacité de comprendre ce qu'il se passait, que j'étais une sorte de passager qui regarde un monde défiler sous ses yeux, que j'étais toujours capable de prendre du recul et de m'émerveiller comme un scientifique. Comme un scientifique mais également comme un enfant : tout prenait des proportions fantastiques et je regardais béat les couleurs s'entrelacer et les merveilles de mes mains par exemple.

Et puis, il y'a eu Eux et Lui. Eux, je ne sais pas qui c'est exactement. J'ai ressenti comme une présence, leur présence à eux. Je les ressentais sans vraiment les voir, sans qu'iels ne me parle, ni même qu'iels n'interagisse avec moi mais iels était là. Iels étaient là, comme des gardiens d'un secret, gardant jalousement quelque chose hors de ma portée. Sur une bonne partie de l'expérience, j'avais l'impression d'être sur le seuil de quelque chose, de sentir ma conscience se faire parfois happée par quelque chose de plus profond. Et Eux m'appelaient vers le fond, exerçant une fascination que je n'expliquais pas. Il y'avait quelque chose d'autre et plusieurs fois je leur parle à haute voix que j'étais prêt, que je voulais voir, que je voulais descendre. Ma voix se déformait, descendant loin dans les graves, entourée d'un écho étrange comme si c'était un étranger qui parlait à ma place.

Et donc, après avoir côtoyé Eux, iels m’ont entrouvert une porte ou très brièvement déchiré un voile. Et j'ai entraperçu Lui. Au plus fort de mon expérience la plus forte, les yeux fermés, une succession de transformations se sont terminés dans un grand noir avant qu'une lumière ne jaillisse de manière aveuglante de sa couleur blanc pur entourée d'une belle couleur or. Je ne l'avais jamais vu ou cherché mais je l'ai reconnu instantanément, c'était Dieu. Rien que ça. Et avec Lui, j'ai ressenti la présence de ma grand-mère. Des larmes coulaient sur mes joues alors que je lui disais que j'étais désolé de me droguer et que je l'aimais plus que tout au monde. D'ailleurs, elle ne pouvait pas être morte. La Mort n'existait plus à ce moment-là. Ils ne m'ont adressé aucun mot, aucune intention, rien du tout. Cet interlude a duré environ une vingtaine de secondes, en tout cas en fonction du ressenti.

T+15mn : Difficile retour à la réalité
L'expérience dure environ entre 15 et 20 minutes. Les hallucinations repartent en sens inverses pour finir en de "vulgaires" patterns géométriques les yeux fermés. Se lever et bouger est par contre une épreuve redoutable et bouger son crâne provoque facilement des nausées très fortes mais très brèves. Et donc à pas de loup, le corps un peu courbé par l'écrasement on se remet comme on peut. Par certains moments, j'avais l'impression de brièvement déréaliser.

T+1h : Fin des effets secondaires
Le retour à la baseline se fait en environ 1h.

T+1j : Rien à signaler
Je n'ai pas ressenti d'afterglow particulier mais l'esprit est pas mal occupé à se remémorer ce qu'il s'est passé et tirer des leçons.
***​

Conclusion : L'un des meilleurs psychédéliques que je n'ai jamais pris
Que dire ? C'est certainement l'une des expériences les plus incroyables que j'ai vécu et j'en garde un souvenir absurdement positif. Si je devais garder un seul mot, ce serait "Beau", même parmi les visions les plus "cauchemardesques" comme les visages et les entremêlements de corps. Le produit est quand même assez sédatif et accompagne donc parfaitement cet état contemplatif. Je n'ai jamais trop poussé les psychédéliques à part celui-là mais il m'a vraiment transporté dans d'autres mondes donc je ne sais pas si c'est une de ses particularités ou juste que je me suis bien arraché avec celui-là.

Ce n'est toutefois pas si introspectif que ça, dans des dimensions très similaires au LSA et LSD par exemple. Mais apparemment, c'est un trait assez classique de la changa comparée à la prise sous autre forme. Bon après, vous allez me dire que j'ai vu Dieu quand même. Certes certes. Mais bon, j'ai toujours été un irrémédiable athée convaincu ou en tout cas un sévère agnostique anticlérical. Est-ce que tout ceci n'est qu'un délire de mon cerveau, destiné à reproduire des patterns profondément ancrés dans mon subconscient (type DMT = autres mondes = domaine de Dieu) ou est-ce que vraiment le Seigneur a voulu se révéler à moi dans mon état de deuil alors que j'abaissais mes dernières barrières mentales ? Mmh. Plus de questions que de réponses mais je penche pour la première option. Je redemanderai confirmation à la prochaine DMT.

Sur une petite note négative quand même, c'est surprenamment addictif et c'est très facile de perdre pied et ne plus avoir peur de la surdose. La rapidité avec laquelle ça agit, la facilité de moduler les effets via la vaporisation et la sérénité dans laquelle on est plongés fait que ça a un bout goût de reviens-y. Et malheureusement, cette expérience qui devait durer allez, 45 minutes pour genre 3 essais, a finit part durer 3h et mon 500mg de changa a disparu en entier alors que j'aurai pu le garder.

Surprenamment, je me demande si je ne conseillerai pas cette forme à un public novice. Je l'ai trouvé beaucoup plus doux et modulable que le LSD ou les champis par exemple. Et puis enfin, je pense qu'elle m'a bien réconcilié avec les psychédéliques.​
 
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