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Substance consommée : Diméthyltryptamine
Qualité : Inconnue
Quantité : Inconnue, entre 30 et 60mg (forte dose)
Redosage : Aucun
ROA : Vaporisation
Substance cumulative : Cannabis, 2mg de bromazépam et de l’alcool (Ne pas reproduire !!!)
Expérience : Bonne connaissance des psyché en règles général, mais 1 seule prise de DMT au compteur (15mg)
Date : 31/03/26 (04h00) au 31/03/26 (4h15-4h30)
Age : 26 ans
Poids : 65kg
Heure de consommation : Unique
Contexte : Journée compliquée
C’est lundi, et je suis en pleiiiiiiiiiine redescente ! Pas forcément des produits consommés durant la semaine passée (même s’ils étaient présents), mais surtout, en redescente émotionnelle.
Je venais de passer une semaine exceptionnelle avec des gens tout autant exceptionnels, à expérimenter de façons toutes plus amusantes les unes que les autres : chercher les meilleurs drugstash, refaire les plans de la territorialité, modifier des souris, philosopher, et surtout partager de l’attention, de l’amour et de la tendresse…
Puis, l’électrochoc : la dernière de ces personnes venait de partir (après avoir construit quelques parkings). On était lundi, il fallait reconnecter avec la réalité, et mon cerveau n’assumait pas. Avec cette prise de conscience, je me suis pris en pleine face un craving monstrueux : pas forcément de drogue, mais de sensations ! Je me sentais seul, vide, emprisonné dans la triste vie qu’est la mienne (métro boulot dodo), et je n’arrivais pas à l’accepter. Devoir me lever tôt, pour voir des gens que je n’apprécie pas, faire des choses que je n’apprécie pas... cette pensée m’était insupportable.
Je me suis donc mis à RETOURNER mon appart’ pour trouver quelque chose d’intéressant – encore une fois, pas forcément de la drogue : quelque chose pour me sentir exister à nouveau, n’importe quoi (j’aurais trouvé un chat caché dans un coin que j’en aurais été autant heureux). Et là, c’est le drame (ou pas) : dans ma drugbox, je trouve la pipe à DMT qu’on avait utilisé la semaine dernière.
On avait vraiment mal vaporisé la substance, et il en restait beaucoup dans la paille de fer et le tube en verre. Mon cerveau n’a fait qu’un tour. Tel le fumeur qui n’a plus de weed et gratte frénétiquement son grinder, je me suis posé sur mon bureau, au-dessus de mon téléphone, et j’ai commencé à récurer la pipe avec une baguette en bois.
Je gratte je gratte je gratte, je relève la pipe, et je réalise qu’il y a une belle quantité de produit sur la vitre de mon téléphone… équivalente à une petite trace de kétamine : du coup, une belle dose pour de la DMT, mais malheureusement inconnue (je n’avais pas de balance capable de mesurer une si petite quantité, donc je mettrai une photo pour que chacun puisse se faire une idée).
Je me pose doucement, et je fixe le tas de DMT avec une très grande appréhension. Je venais à peine de découvrir la molécule, quelques jours plus tôt et sur un dosage assez bas (15mg). Je comprenais le potentiel récréatif de cette molécules, mais j’en comprenais aussi les risques traumatique potentiels – encore plus sur des dosages aussi aléatoires…
J’ai donc pris une graaaaaaaaaaaaaaaaande inspiration... et j’ai eu cette petite voix, dans ma tête, qui m’a dit : « Tu peux tourner le problème dans le sens que tu veux, mais tu vas prendre cette DMT, alors accepte-le ! ». Et j’ai cédé, et ce n’est vraiment pas bien dans des cas comme celui la.
Alors j’ai préparé mon setting : j’ai recouvert mon lit de draps et de coussins, j’ai éteint les lumières et allumé des bougies (d’ailleurs je remercie la personne qui les a oubliées chez moi). J’ai préparé ma sono, avec une petite playlist de 3 tracks (darkpsy) d’artistes que je ne connaissais pas, car je voulais une petite découverte, un peu de chaos...
J’ai finis par un gros rangement/nettoyage de mon appart afin de limiter les sources de mécontentement et de danger pendant le trip.
Voilà : à ce moment-là je sais que je suis prêt… même si on ne l’est jamais vraiment.
Prise du produit : Quantité/Qualité inconnue (yolo)
Je chauffe légèrement la paille de fer (légèrement, sans la rendre incandescente afin de ne pas brûler le produit). Puis j’y applique la DMT, qui fond et disparaît dans les méandres de la paille de fer.
Maintenant tout est prêt : moi, le setting et le produit.
Je lance donc la première track, et je cours (littéralement) me réfugier dans mon lit, à couvert, en sécurité, protégé. Je m’installe dos au mur contre mon traversin (un certain type de coussin), j’attrape la pipe et le briquet, je mets la pipe dans ma bouche...
Et là, une énorme bouffée d’angoisse. Ma petite voix (celle qui disait le contraire quelques minutes plus tôt) m’engueule : « Mais quesque tu fous bordel, il est 4h00 du tam, demain faut se lever pour aller bosser ! »… sauf que cette fois, c’est moi qui ait pris le dessus (sur moi-même du coup). J’ai encore une fois cédé au produit, mais à l’encontre de ma volonté et c’est encore PIRE.
J’ai vidé mes poumons, mis la pipe dans ma bouche, et commencé à chauffer le produit doucement. Au moment opportun j’ai aspiré, autant que mes poumons pouvait le supporter. J’ai longuement retenue ma respiration, et la magie (ou l’horreur) s’est emparée de moi.
Tout mon corps s’est crispé et relâché en même temps. C’était une sensation autant déroutante qu’intéressante, je me suis sentie tétanisé mais libre de mes mouvements à la fois. Puis, pile au moment où les visuels se sont manifestés, il y’a eu un méga drop dans la track que j’écoutais – et c’est à ce moment précis qu’est venue l’explosion.
Je ne sentais plus mon corps, ou plutôt il refusait de me communiquer ce qu’il ressentait : comme une rupture entre les signaux du cerveau et le reste du corps. La pièce est devenue une énorme flaque d’essence mouvante (comme l’effet des hydrocarbure dans l’eau). C’était impressionnant : plus rien de physique n’avait de sens, mais tout en avait à la fois. Cette hyperstimulation (corporelle et visuel) m’a effrayé, mais vraiment effrayé : même si tous était beau et coloré (pas sombre du tout), la quantité était trop dure à gérer. Je me suis donc plongé sous mes draps, et c’est là que j’ai compris ce qu’était vraiment la DMT... L’ambiance est devenue beaucoup plus dark, mais en même temps, beaucoup plus chaleureuse (peut-être que je me complais dans l’abîme ?). Les draps se sont mis à onduler de plus en plus, se mélangeant parfois au point que je ne savais plus vraiment si j’étais dans du tissu, de l’eau, de l’air, un bateau, un avion ou je ne sais quoi : perte totale des repères spatiaux et temporels.
Puis vint le moment des visages : beaucoup de visages, de partout, sous tous les angles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, bougeant et se transformant constamment au gré de la musique et de mon mental... Ça pourrait sembler très effrayant, mais je n’ai absolument pas ressenti de peur ou d’angoisse, car ces visage m’étaient chaleureux. Je ne sais pas trop comment le décrire, car il n’y avait pas de sourire ou d’expression faciale, mais je savais que ces visages me voulaient du bien.
Était-ce une manifestation de mes ami·es depuis mon subconscient, ou des êtres formés uniquement par mon esprit pour m’apaiser/me guider/me juger ? Je pense que je ne le saurai jamais.
Ensuite mon corps s’est reconnecté, et me l’a fait comprendre par un court tremblement. Alors j’ai pu communiquer avec ces êtres. Je leur parlais (comme on peut parler à un autre être humain), mais ils ne répondaient pas avec des mots, plutôt avec des sensations physique extrêmement intense : par exemple, quand je leur ai demandé s’ils allaient bien, j’ai eu la réelle sensation de quelqu’un me serrant dans mes bras... un peu comme si mon esprit tentait de soulager ma solitude. Ce fut extrêmement perturbant et agréable : car il n’y avait personne avec moi, il ne pouvait pas avoir quelqu’un dans ce lit avec moi... et pourtant je sentais réellement quelqu’un m’enlacer ! Un peu plus tard, je suis parti dans un petit monologue où je racontais un peu ma vie : et au moment ou je parlais de mes douleurs de dos, j’ai ressenti une pression venant de mon matelas, comme si quelqu’un tentait de me relever le dos pour me soulager. Ça m’a fait un petit frisson qui m’a poussé à regarder sous mon matelas pour vérifier si quelqu’un était vraiment sous le lit – et heureusement pour mon petit cœur, il n’y avait que le vide. C’était impressionnant, comme moment. Je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi physique et tangible sous psyché. J’avais vraiment l’impression d’être entouré, alors que je n’étais entouré que de moi-même.
Je me suis replongé sous les draps, dans la douceur des visages ; mais ils ont commencé à disparaître (un peu comme le fantôme hollywoodien qui s’évapore, mais plus lent et progressif). Cette vision m’a vraiment angoissé : après une telle expérience, une telle chaleur, je ne voulais pas me retrouver seul à nouveau ! Je me suis donc jeté frénétiquement sur la pipe, en me disant que je pourrais finir d’extraire la moindre particule restante afin de continuer de contempler l’abîme (ou d’être contemplé par elle).
Mais alors que j’attrapais la pipe, tous les visages se sont tournés vers moi, en même temps, avec un air grave. C’était la première fois du trip que je me sentais fixé (jugé peut-être ?), et ça m’a vraiment dégoûté de moi-même. Est-ce que j’avais vraiment besoin de rester avec les visages pour exister, était-ce la vie que je voulais mener dorénavant : me triper non stop à la DMT pour garder cette sensation ?
Mon esprit s’est alors braqué, et a repris le contrôle de lui-même. J’ai arraché la paille de la pipe, je l’ai détruite en marchant dessus, et je l’ai jetée sans aucun remord.
Cet instant fut un pivot dans le trip et m’a fait un bien incommensurable : ce moment ou tu te rends compte que tu existes en tant que tel, et que tu a la volonté nécessaire pour prendre les décisions qui te font avancer, même si elles sont douloureuse. Tout s’est alors apaisé : les visages ont souri, et pour la première fois du trip, je lisais des émotions sur leurs traits. Ils m’ont enlacé une dernière fois, puis se sont totalement évaporés en ne laissant que de légères fractales qui bougeaient au rythme de la musique. Le combo THC/bromazépam refaisant surface, je me suis endormi très rapidement et sans m’en souvenir.
Conclusion ?
Ce trip aura finalement soulevé plus de questions que de réponses (classique), mais j’ai l’impression que ce sont les bonnes questions : qui je suis, qui je veux être, et surtout comment je traite celui que je suis aujourd’hui ? Je ne sais pas si je trouverai les réponses à ces questions un jour : mais rien que le fait de les poser me fera avancer… et à moi de choisir la direction.
De l’extérieur, le trip entier a duré environ 15min de nawak, puis 15 min de « calme » (relatif). Par contre, j’ai dû vivre le double à cause de la distorsion temporelle.
Le lendemain matin (8h30, soit 4h après), je me suis réveillé avec une grosse douleur à la gorge (normal après une telle prise), un grand épuisement physique, mais un certain apaisement mental.
Et maintenant le point RDR chiant mais important :
Je n’ai pas fais ce TR par apologie de la substance. Il faut bien se rendre compte que je me suis mis en situation de grand danger : set and setting ultra crade, on ne devrait jamais faire ce genre de trip à ce moment-là précis de notre vie sans aucun trip sitter. C’était du craving pur, ce n’était pas sain du tout, et même si ça finis bien, ça aurait pu très mal finir.
On ferme les fenêtres, on range les armes et tout ce qui peut être tranchant ou dangereux, pour ce genre de trip, surtout seul !!
Il faut toujours avoir une balance de précision pour ce genre de produit, la différence d’effet par mg est énorme.
Le dernier point sera sur les mélanges : c’était purement inconscient et stupide de boire une bière forte, prendre un benzo et fumer un bedo avant la prise.
Voilà voilà, c’est a peu près tous pour moi ! C’est mon premier TR public ever, donc soyez indulgents, et si vous voyez des erreurs ou des incohérences, n’hésitez pas a me les signaler ! Je suis dispos pour répondre a toute les questions.
Petit clin d’œil à MindWalker, j’ai un peu pompé sur ta structuration pour écrire ce texte ;)
Voici les trois tracks dans l’ordre où je les ai écoutées ce soir-là, je suis incapable de donner une temporalité précise par rapport à mon trip.
PS : Mes voisins doivent maintenant me prendre pour un fou (plus qu’avant).
Cordialement Mwatwebo, anciennement Mwapabo.
Qualité : Inconnue
Quantité : Inconnue, entre 30 et 60mg (forte dose)
Redosage : Aucun
ROA : Vaporisation
Substance cumulative : Cannabis, 2mg de bromazépam et de l’alcool (Ne pas reproduire !!!)
Expérience : Bonne connaissance des psyché en règles général, mais 1 seule prise de DMT au compteur (15mg)
Date : 31/03/26 (04h00) au 31/03/26 (4h15-4h30)
Age : 26 ans
Poids : 65kg
Heure de consommation : Unique
Contexte : Journée compliquée
C’est lundi, et je suis en pleiiiiiiiiiine redescente ! Pas forcément des produits consommés durant la semaine passée (même s’ils étaient présents), mais surtout, en redescente émotionnelle.
Je venais de passer une semaine exceptionnelle avec des gens tout autant exceptionnels, à expérimenter de façons toutes plus amusantes les unes que les autres : chercher les meilleurs drugstash, refaire les plans de la territorialité, modifier des souris, philosopher, et surtout partager de l’attention, de l’amour et de la tendresse…
Puis, l’électrochoc : la dernière de ces personnes venait de partir (après avoir construit quelques parkings). On était lundi, il fallait reconnecter avec la réalité, et mon cerveau n’assumait pas. Avec cette prise de conscience, je me suis pris en pleine face un craving monstrueux : pas forcément de drogue, mais de sensations ! Je me sentais seul, vide, emprisonné dans la triste vie qu’est la mienne (métro boulot dodo), et je n’arrivais pas à l’accepter. Devoir me lever tôt, pour voir des gens que je n’apprécie pas, faire des choses que je n’apprécie pas... cette pensée m’était insupportable.
Je me suis donc mis à RETOURNER mon appart’ pour trouver quelque chose d’intéressant – encore une fois, pas forcément de la drogue : quelque chose pour me sentir exister à nouveau, n’importe quoi (j’aurais trouvé un chat caché dans un coin que j’en aurais été autant heureux). Et là, c’est le drame (ou pas) : dans ma drugbox, je trouve la pipe à DMT qu’on avait utilisé la semaine dernière.
On avait vraiment mal vaporisé la substance, et il en restait beaucoup dans la paille de fer et le tube en verre. Mon cerveau n’a fait qu’un tour. Tel le fumeur qui n’a plus de weed et gratte frénétiquement son grinder, je me suis posé sur mon bureau, au-dessus de mon téléphone, et j’ai commencé à récurer la pipe avec une baguette en bois.
Je gratte je gratte je gratte, je relève la pipe, et je réalise qu’il y a une belle quantité de produit sur la vitre de mon téléphone… équivalente à une petite trace de kétamine : du coup, une belle dose pour de la DMT, mais malheureusement inconnue (je n’avais pas de balance capable de mesurer une si petite quantité, donc je mettrai une photo pour que chacun puisse se faire une idée).
Je me pose doucement, et je fixe le tas de DMT avec une très grande appréhension. Je venais à peine de découvrir la molécule, quelques jours plus tôt et sur un dosage assez bas (15mg). Je comprenais le potentiel récréatif de cette molécules, mais j’en comprenais aussi les risques traumatique potentiels – encore plus sur des dosages aussi aléatoires…
J’ai donc pris une graaaaaaaaaaaaaaaaande inspiration... et j’ai eu cette petite voix, dans ma tête, qui m’a dit : « Tu peux tourner le problème dans le sens que tu veux, mais tu vas prendre cette DMT, alors accepte-le ! ». Et j’ai cédé, et ce n’est vraiment pas bien dans des cas comme celui la.
Alors j’ai préparé mon setting : j’ai recouvert mon lit de draps et de coussins, j’ai éteint les lumières et allumé des bougies (d’ailleurs je remercie la personne qui les a oubliées chez moi). J’ai préparé ma sono, avec une petite playlist de 3 tracks (darkpsy) d’artistes que je ne connaissais pas, car je voulais une petite découverte, un peu de chaos...
J’ai finis par un gros rangement/nettoyage de mon appart afin de limiter les sources de mécontentement et de danger pendant le trip.
Voilà : à ce moment-là je sais que je suis prêt… même si on ne l’est jamais vraiment.
Prise du produit : Quantité/Qualité inconnue (yolo)
Je chauffe légèrement la paille de fer (légèrement, sans la rendre incandescente afin de ne pas brûler le produit). Puis j’y applique la DMT, qui fond et disparaît dans les méandres de la paille de fer.
Maintenant tout est prêt : moi, le setting et le produit.
Je lance donc la première track, et je cours (littéralement) me réfugier dans mon lit, à couvert, en sécurité, protégé. Je m’installe dos au mur contre mon traversin (un certain type de coussin), j’attrape la pipe et le briquet, je mets la pipe dans ma bouche...
Et là, une énorme bouffée d’angoisse. Ma petite voix (celle qui disait le contraire quelques minutes plus tôt) m’engueule : « Mais quesque tu fous bordel, il est 4h00 du tam, demain faut se lever pour aller bosser ! »… sauf que cette fois, c’est moi qui ait pris le dessus (sur moi-même du coup). J’ai encore une fois cédé au produit, mais à l’encontre de ma volonté et c’est encore PIRE.
J’ai vidé mes poumons, mis la pipe dans ma bouche, et commencé à chauffer le produit doucement. Au moment opportun j’ai aspiré, autant que mes poumons pouvait le supporter. J’ai longuement retenue ma respiration, et la magie (ou l’horreur) s’est emparée de moi.
Tout mon corps s’est crispé et relâché en même temps. C’était une sensation autant déroutante qu’intéressante, je me suis sentie tétanisé mais libre de mes mouvements à la fois. Puis, pile au moment où les visuels se sont manifestés, il y’a eu un méga drop dans la track que j’écoutais – et c’est à ce moment précis qu’est venue l’explosion.
Je ne sentais plus mon corps, ou plutôt il refusait de me communiquer ce qu’il ressentait : comme une rupture entre les signaux du cerveau et le reste du corps. La pièce est devenue une énorme flaque d’essence mouvante (comme l’effet des hydrocarbure dans l’eau). C’était impressionnant : plus rien de physique n’avait de sens, mais tout en avait à la fois. Cette hyperstimulation (corporelle et visuel) m’a effrayé, mais vraiment effrayé : même si tous était beau et coloré (pas sombre du tout), la quantité était trop dure à gérer. Je me suis donc plongé sous mes draps, et c’est là que j’ai compris ce qu’était vraiment la DMT... L’ambiance est devenue beaucoup plus dark, mais en même temps, beaucoup plus chaleureuse (peut-être que je me complais dans l’abîme ?). Les draps se sont mis à onduler de plus en plus, se mélangeant parfois au point que je ne savais plus vraiment si j’étais dans du tissu, de l’eau, de l’air, un bateau, un avion ou je ne sais quoi : perte totale des repères spatiaux et temporels.
Puis vint le moment des visages : beaucoup de visages, de partout, sous tous les angles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, bougeant et se transformant constamment au gré de la musique et de mon mental... Ça pourrait sembler très effrayant, mais je n’ai absolument pas ressenti de peur ou d’angoisse, car ces visage m’étaient chaleureux. Je ne sais pas trop comment le décrire, car il n’y avait pas de sourire ou d’expression faciale, mais je savais que ces visages me voulaient du bien.
Était-ce une manifestation de mes ami·es depuis mon subconscient, ou des êtres formés uniquement par mon esprit pour m’apaiser/me guider/me juger ? Je pense que je ne le saurai jamais.
Ensuite mon corps s’est reconnecté, et me l’a fait comprendre par un court tremblement. Alors j’ai pu communiquer avec ces êtres. Je leur parlais (comme on peut parler à un autre être humain), mais ils ne répondaient pas avec des mots, plutôt avec des sensations physique extrêmement intense : par exemple, quand je leur ai demandé s’ils allaient bien, j’ai eu la réelle sensation de quelqu’un me serrant dans mes bras... un peu comme si mon esprit tentait de soulager ma solitude. Ce fut extrêmement perturbant et agréable : car il n’y avait personne avec moi, il ne pouvait pas avoir quelqu’un dans ce lit avec moi... et pourtant je sentais réellement quelqu’un m’enlacer ! Un peu plus tard, je suis parti dans un petit monologue où je racontais un peu ma vie : et au moment ou je parlais de mes douleurs de dos, j’ai ressenti une pression venant de mon matelas, comme si quelqu’un tentait de me relever le dos pour me soulager. Ça m’a fait un petit frisson qui m’a poussé à regarder sous mon matelas pour vérifier si quelqu’un était vraiment sous le lit – et heureusement pour mon petit cœur, il n’y avait que le vide. C’était impressionnant, comme moment. Je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi physique et tangible sous psyché. J’avais vraiment l’impression d’être entouré, alors que je n’étais entouré que de moi-même.
Je me suis replongé sous les draps, dans la douceur des visages ; mais ils ont commencé à disparaître (un peu comme le fantôme hollywoodien qui s’évapore, mais plus lent et progressif). Cette vision m’a vraiment angoissé : après une telle expérience, une telle chaleur, je ne voulais pas me retrouver seul à nouveau ! Je me suis donc jeté frénétiquement sur la pipe, en me disant que je pourrais finir d’extraire la moindre particule restante afin de continuer de contempler l’abîme (ou d’être contemplé par elle).
Mais alors que j’attrapais la pipe, tous les visages se sont tournés vers moi, en même temps, avec un air grave. C’était la première fois du trip que je me sentais fixé (jugé peut-être ?), et ça m’a vraiment dégoûté de moi-même. Est-ce que j’avais vraiment besoin de rester avec les visages pour exister, était-ce la vie que je voulais mener dorénavant : me triper non stop à la DMT pour garder cette sensation ?
NON
Mon esprit s’est alors braqué, et a repris le contrôle de lui-même. J’ai arraché la paille de la pipe, je l’ai détruite en marchant dessus, et je l’ai jetée sans aucun remord.
Cet instant fut un pivot dans le trip et m’a fait un bien incommensurable : ce moment ou tu te rends compte que tu existes en tant que tel, et que tu a la volonté nécessaire pour prendre les décisions qui te font avancer, même si elles sont douloureuse. Tout s’est alors apaisé : les visages ont souri, et pour la première fois du trip, je lisais des émotions sur leurs traits. Ils m’ont enlacé une dernière fois, puis se sont totalement évaporés en ne laissant que de légères fractales qui bougeaient au rythme de la musique. Le combo THC/bromazépam refaisant surface, je me suis endormi très rapidement et sans m’en souvenir.
Conclusion ?
Ce trip aura finalement soulevé plus de questions que de réponses (classique), mais j’ai l’impression que ce sont les bonnes questions : qui je suis, qui je veux être, et surtout comment je traite celui que je suis aujourd’hui ? Je ne sais pas si je trouverai les réponses à ces questions un jour : mais rien que le fait de les poser me fera avancer… et à moi de choisir la direction.
De l’extérieur, le trip entier a duré environ 15min de nawak, puis 15 min de « calme » (relatif). Par contre, j’ai dû vivre le double à cause de la distorsion temporelle.
Le lendemain matin (8h30, soit 4h après), je me suis réveillé avec une grosse douleur à la gorge (normal après une telle prise), un grand épuisement physique, mais un certain apaisement mental.
Et maintenant le point RDR chiant mais important :
Je n’ai pas fais ce TR par apologie de la substance. Il faut bien se rendre compte que je me suis mis en situation de grand danger : set and setting ultra crade, on ne devrait jamais faire ce genre de trip à ce moment-là précis de notre vie sans aucun trip sitter. C’était du craving pur, ce n’était pas sain du tout, et même si ça finis bien, ça aurait pu très mal finir.
On ferme les fenêtres, on range les armes et tout ce qui peut être tranchant ou dangereux, pour ce genre de trip, surtout seul !!
Il faut toujours avoir une balance de précision pour ce genre de produit, la différence d’effet par mg est énorme.
Le dernier point sera sur les mélanges : c’était purement inconscient et stupide de boire une bière forte, prendre un benzo et fumer un bedo avant la prise.
Voilà voilà, c’est a peu près tous pour moi ! C’est mon premier TR public ever, donc soyez indulgents, et si vous voyez des erreurs ou des incohérences, n’hésitez pas a me les signaler ! Je suis dispos pour répondre a toute les questions.
Petit clin d’œil à MindWalker, j’ai un peu pompé sur ta structuration pour écrire ce texte ;)
Voici les trois tracks dans l’ordre où je les ai écoutées ce soir-là, je suis incapable de donner une temporalité précise par rapport à mon trip.
PS : Mes voisins doivent maintenant me prendre pour un fou (plus qu’avant).
Cordialement Mwatwebo, anciennement Mwapabo.
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