[3-MMC] Coton doré

Tridimensionnel

Cheval théorique
Substance : 3-MMC
Dosages : inconnus, ici relatifs (petit/moyen/grand)
Corpulence : 50kg
Set : enthousiaste
Setting : posé

Petites traces – plateau 1
Je ne ressens pas de stimulation mais mon débit de parole s’accélère et j’ai la bougeotte. C’est très court et je me sens rapidement vide d’énergie. Les mini-doses se succèdent, les montées et descentes se croisent, je ne sais pas si je suis fatigué ou en forme, enthousiaste ou blasé. Je baille, j’ai les yeux qui piquent, j’ai des sueurs froides. Pour l’instant, on dirait plus une grippe qu’un trip.

Moyennes traces – plateau 2
Je ressens vraiment la stimulation, sous forme d’un intérêt sincère et puissant pour l’ici et le maintenant. Les sueurs froides sont devenues des vagues de chaleur, mes mâchoires serrent légèrement.
On se serait attendus à décaler en soirée, mais finalement c’est juste trop plaisant de rester allongés à discuter. J’ai envie de parler, d’une façon qui me rappelle la coke : vite, fort, de ce qui m’intéresse. Sans agressivité néanmoins, plutôt par désir de partage, de don. Perte d’inhibition, donc, et inflation de l’ego. Je ressens une urgence de me raconter honnêtement, sans excès de bons sentiments. Par chance, la personne qui tripe avec moi est contente de m’écouter, ce qui m’encourage. Et c’est tout aussi plaisant d’écouter l’autre en sachant qu’il éprouve la même franchise et le même plaisir.
On en profite pour aborder ce qu’on n’oserait pas en temps normal. Les mots et les actes coulent, sont fluides. Même le silence et l’immobilité prennent une tonalité particulière, un peu sacrée : de la pure appréciation de l’instant.
Soudain quelque-chose cloche. Ce qui me touchait m’indiffère, me dérange même. Parler, bouger devient un effort et tout me semble inutile, sans goût. J’ai mal dans la poitrine. D’ailleurs, ça se voit sur mon visage que je souffre. Le contraste avec l’enthousiasme qui précédait est chaque fois si cruel que je ne peux pas envisager d’autre solution que reprendre une trace, retourner dans la défonce. Mon impatience m’étonne, je voudrais arracher l’assiette des mains de mon partenaire. On dirait que quelqu’un joue avec un interrupteur dans ma tête, ça fait on/off. Ce yo-yo des émotions est malsain, j’en ressens l’artificialité et ça me dégoûte un peu de moi, de nous. Mais dès que le produit monte j’oublie ça et je ne pense qu’à profiter autant que possible.
À ce stade, c’est donc une gentille coke avec un craving horrible. Je kiff ma session mais je ne trouve objectivement pas que ça en vaille le coup.

Grande trace – plateau 3
On passe aux choses sérieuses. Poutrasse.
Je m’allonge. Un grand calme, auquel je ne m’attendais pas. Un mot me vient en tête, « flash ». Pour la première fois j’ai l’impression de ressentir ce qui attire les injecteurs : l’énergie me sature, empruntant mes vaisseaux sanguins, fourmille dans chaque cellule, et je vibre. Mon corps s’emplit de coton doré.
Je suis puissance et maîtrise de soi. Je me relève et me mets à danser, spontanément. Les gestes sont fluides. Des paroles coulent de ma bouche, aussi naturelles et dorées que l’énergie qui me porte. Rien d’inutile, seulement l’indispensable, le vrai, des paroles qui attisent la joie, perpétuent le plaisir. Je suis un récepteur, les mots passent à travers moi, utilisent ma bouche pour prendre corps. La musique utilise mes mains pour toucher l’être aimé. Inhibitions, à quoi bon ? Bouger ma chair, me sentir désirable, c’est dans l’ordre des choses. Le plaisir règle le monde et il n’y a qu’à suivre ses commandements, soudain clairs comme un manuel.
La descente se révèle moins abrupte que les fois précédentes, moralement du moins. Physiquement, j’ai la sensation croissante de subir une chute de tension permanente, au bord de l’évanouissement. À la fluidité du high succède une immobilité catatonique, parce que rien n’a de goût, rien ne vaut la peine qu’on y dépense de l’énergie, mais je suis de toute façon trop crevé pour en penser quelque-chose.

Plus tard on a essayé de retrouver cet état, mais ça n’a pas été possible, et j’ai l’impression qu’on a passé notre temps à traquer une insouciance inatteignable. La tolérance, toussa. Même une fois sobre, quand je me rappelle de cette expérience, j’ai un sentiment mitigé. Normalement j’accepte plutôt bien que les vécus sous influence soient « meilleurs » que les vécus de sobriété, ça fait partie du jeu. Mais là, ça me reste en travers de la gorge, peut-être parce que c’était si ancré dans l’ego. Jamais je ne me sentirai aussi confiant, sincère, puissant, désirable qu’en plein high de 3-MMC. Alors, en comparaison de la personne que j’étais à ce moment-là, je me sens un peu nul. Du coup, est-ce que cette expérience est vraiment la mienne, ou celle de la drogue ? Où suis-je, là-dedans ? J’ai l’impression d’avoir mis plusieurs jours à digérer cette contradiction.
En conclusion, je suis content de savoir ce qu’on ressent sous 3-MMC, et le 3ème plateau était vraiment… j’ai pas les mots. Mais je n’en reprendrai jamais ; ou plutôt j’espère ne jamais me trouver en position d’en reprendre, parce que je sais pas si je pourrai résister. Et je déconseille fortement ce produit à toute personne ayant des troubles d’estime de soi.
 
Tridimensionnel a dit:
[...]Mais je n’en reprendrai jamais ; ou plutôt j’espère ne jamais me trouver en position d’en reprendre, parce que je sais pas si je pourrai résister. Et je déconseille fortement ce produit à toute personne ayant des troubles d’estime de soi.



Sage décision, comme tu as pu le remarquer la tolérance fait en sorte qu'on apprécie que les premières lignes, et après tu entretiens un drôle d'état pas très sain.

Content que tu ai (visiblement) passé un bon moment, mais t'as bien senti à mon avis la perte d'appétit, la descente du lendemain, les insomnies qui suivent la fin de la conso...

Take care !
 
Perso j'aime bien ce prod pour mon estime de moi... Enfin je vois ce que tu veux dire...

Après ça vaaa à côté de la MD c'est pas si fort, si?

La chute de tension en descente avec essoufflement etc, oui c'est crade hein? Tu es la première que je lis avoir ces mêmes effets secondaires que moi.

Haha, ça m'a donné envie d'une trace...
 
Hé bien justement, la MDMA je trouve que ça passe mieux, parce qu'autant c'est triste de ne plus se trouver dans un monde de bisounours, autant ça ne touche pas autant à l'estime de soi, du coup ça se surmonte. Alors ensuite on a chacun un matériel psychique différent à confronter aux prods, mais moi, ça m'a clairement mis un coup.
Et puis la MDMA, c'est tellement dangereux à redrop que j'y m'y risquerais pas, ou alors une seule fois. Quand c'est fini, c'est fini. Là, c'est tellement compulsif...
Je précise, si je le déconseille, c'est pour la dimension addictive, je vois très bien comment une conso festive dégénérerait rapidement en qqch de plus sale pour moi.
 
Donc Morning tu places ce prod plutôt sous la MD en terme d'effet empatho, feel-good, raconter sa life? Par ce que vu la phase 'poutrasse' ça à l'air d'être un sacré truc (après je crois que je suis pas très receptif à tout ça, justement pour les raisons que Tridi a citée dans la fin de ton message). Mais le craving à l'air d'être vraiment vener, pire que la c?

Je croyais que la 3-mm-c c'était un truc plus stim que la MD, et avec plus de craving. Mais vu ce TR ca a un peu l'air d'avoir rien à voir... En tout cas pas le truc à mettre sous toutes les narines.
 
Ouai ouai je confirme, ça dégénère :3

Éloignes-toi de cette garce, t'as bien raison... Parce que là c'est ta première fois ça vaaa, mais au bout de 3-4 les cravings sont déjà plus les mêmes...

Je testerais quand même bien la C pour voir si elle fonctionnerait sur moi ou si mes traitements la bloqueraient aussi... Mais trop chère.


Edit Skruffy: ha mais oui, moi la 3 c'est de la MD avec un côté plus stimulant, beaucoup plus lucide sans effet psyché et à genre 20% de puissance quoi. Après moi si je monte trop haut dans les dosages ça me fait plus que des effets secondaires, je trouve ça dangereux quand je sens mon coeur me faire mal puis ma tension partir en cacahouettes.

Reedit, mais la première fois j'en ai prit pourtant des poutres, et à côté du 6-APB j'étais très déçue, bien que socialement ça aie sauvé ma soirée et que ce ne fût pas désagréable pour autant^^

Rereedit: par contre ça dure tout une nuit comme tu redroppes à volonté^^ Comme dit Tridi. Et ça c'est gooood
 
Je dirais bien que c'est un mélange de coke et de MDMA, genre empatho et compagnie, mais avec + d'ego (ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, vu la serpillière qu'on peut devenir sous mdma) et + de plaisir physique.
 
...la MD ça doit être vraiment de la merde alors si la 3 est meilleure. Chelou. Bon moi mes vraies expériences ont été avec le 6-APB aussi donc bon.




JE VEUX UN EMPATHO QUI SOIT PAS BLOQUÉ PAR MES TRAITEMENTS JE VAIS EXPLOSEEEEER

Pardon.

Y a bien un jour où je pourrais les arrêter, ça peut pas être à vie... :(
 
De mon côté le 6-APB j'ai juste eu un bodyload chelou et de grosses pupilles mais rien d'agéable.

En effet la 3MMC c'est sympa, si on abuse pas...
 
Je pense surtout que c'est dû à la qualité de la 3MMC, ces derniers mois j'en ai testé venant de 3 sites différents et c'était jamais la même. Mais de manière général la qualité est vraiment mauvaise aujourd'hui (effets pas ouf à moins d'en prendre des quantités énormes et encore... du coup descentes affreuse et le cœur qui tapent parfois même plusieurs jours après la prise) en tout cas rien à voir avec celle qu'on pouvait trouver il y a quelques années encore.

Aussi je trouve que c'est une molécule faite pour la prise oral, à moins d'être accro au rush c'est tout bénèf d'en prendre en oral plutôt qu'en sniff, surtout au niveau de la descente.
 
J’ai vu passer des résultats d’analyse dans les 80%, c’est pas si mal si ? Enfin quelle que soit la pureté, à moins que les produits de coupe ne soient psychoactifs, les effets sont censés être les mêmes, ce n’est que la quantité de poudre dans le nez qui change...
 
J'ai l'impression que les empathos (en tout cas la md) c'est un des groupes de prod ou y'a le plus de ressentis différents, sans doute par ce que ça joue beaucoup sur tes émotions et ton rapport aux autres. Certains kiffent ça, d'autres le combattent. J'ai des potes qui ont complément arrêté les taz par ce que ils devenait complètement quelqu'un d'autre en en prenant. Et puis ça change vachement au fil des prises, j'ai des potes qui prennent des taz sans que ça modifient leur comportement, le seul truc qui les crament c'est les mâchoires et les pupilles. Mais c'est par ce qu'ils ont pris beaucoup de MD.
 
Oui je disais ça parce que j'ai vu beaucoup de personnes se plaindre de la qualité de la 3MMC ces derniers temps mais peut être que j'idéalise la 3MMC de l'époque aussi.

Concernant la comparaison avec la MD je trouve ça plus gérable (émotionnellement, parce que niveau craving c'est autre chose) et moins fake, tu vas pas te lancer dans une grande déclaration d'amour envers quelqu'un dont tu te fous totalement une fois sobre contrairement à la MD ou tu peux avoir quelques regrets le lendemain.
C'est le juste milieu entre la coke ou les RC stim bien crade qu'on peut trouver et la MD pour moi.
 
Actuellement la 3-MMC qu'on analyse à Genève (qui vient de différents RC shops assez connus et qui ravitaillent la France aussi), elle tourne autour de 80-85%.
Effectivement à une période on était sur du >95% en moyenne. Après bon 10-15% de différence c'est pas si énorme que ça. Je pense que ce qui contribue le plus à l'impression qu'elle est moins bonne c'est surtout une certaine habitude (voire tolérance pour certains) et connaissance du produit.
 
Merci du retour, très bien décrit comme d'habitude et un plaisir a lire
 
Merci Acacia ^^

valChe2rinTu a dit:
Aussi je trouve que c'est une molécule faite pour la prise oral, à moins d'être accro au rush c'est tout bénèf d'en prendre en oral plutôt qu'en sniff, surtout au niveau de la descente.

Tu pourrais développer ?
J’en ai pris des para pendant cette session aussi, mais sous-dosés alors je pense pas que ça ait joué beaucoup dans le ressenti
 
En sniff ça monte très vite (5 min) et t'as un rush plus grand mais un effet plus court.
En para (ou comprimé) ça met 15-20 min à monter et ça dure 1 heure de plus qu'en sniff approximativement.
 
Retour
Haut