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[Ce texte contient des références à celui-ci, lequel traite du masochisme.]
Trigger Warning : Sado-Masochisme, scarifications, exhibition. Allusions à des jeux de pouvoir, au sexe et au sang.
Peut-être en ai-je plus appris sur la psychologie humaine en un an de BDSM qu'en trois de licence.
J'exagère à peine...
D'ailleurs, le sado-masochisme psychologique méritera peut-être son propre texte, à part.
Un jour.
Mais comme je me cultive encore et toujours, pour l'heure concentrons-nous sur quelque chose de plus simple...
Le sadisme physique.
Plus simple, oui. Mais pas pour autant simple tout court.
Le masochisme ne regarde que moi. Il implique souvent une tierce personne pour m'appliquer la douleur, mais je ne fais de mal à nulle autre que moi-même. C'est moi, et moi seule, qui reçois. Moi qui trinque. La conscience reste tranquille.
Mais qu'en serait-il d'infliger de ma main ces tourments à autrui ? De les faire gémir, supplier, hurler, le tout au sens le plus littéral...?
D'apprécier le spectacle ?
D'en tirer de l'excitation ? Une certaine... Esthétique ?
Me dégoûterais-je ?
Oui. La réponse est oui. Quand bien même l'autre l'aurait demandé, peu reluisante serait l'image me renvoyant mon miroir.
Bien sûr que oui. Bien mal me sentirais-je en telle position, position que pourtant je ne me prive de réclamer à corps et à cris à mes partenaires, faisant d'elleux mes bourreaux, pour mon propre plaisir...
Qui cela ne répugnerait-il ?
J'ai tenté. J'ai vraiment tenté de leur demander ce qui leur plaisait là-dedans, avec une curiosité non feinte. Les réponses diverses, si intéressantes soient-elles, ne m'accordaient qu'une vague compréhension du concept.
Ainsi était mon opinion avant mon play de janvier 2026. Incapable de comprendre les sadiques, quoique bien contente qu'ils existent.
Quatre mois à peine, et les souvenirs m'échappent. Fichu cerveau. Je tenterai de me remémorer au mieux les évènements, dans les grandes lignes peut-être, cette fois, faute de mieux.
Si le play de la découverte du fouet fût mon premier, celui-ci est à ce jour mon dernier, avant que mon corps réclame justice face à tous mes excès. Avant le burn-out, avant le sevrage... Mais tout ceci est autant d'autres histoires.
Vous souvenez-vous en, de cette découverte du fouet ?
Contre toute attente, à nouveau me trouvais-je en cette atmosphère riche et austère, sombre et belle, fragment de nuit en plein jour. Premier et dernier plays, premier et dernier lieu.
J'étais un peu perdue. Je me mis en retard le temps de me changer. Je supplémentai mon habituel traitement au méthylphénidate d'un petit comprimé de 10mg. Cette nervosité, je la devais à ma fatigue, et à mes difficultés à m'incruster dans les groupes. Cette fois, la seule personne que j'étais censée connaître était entourée d'autres gen-te-s, toustes à l'allure fière, soignée. Tout comme toustes les autres, d'ailleurs.
Et je n'osais plus l'approcher.
Rien ne s'est pourtant passé. "Chassez le naturel, il revient au galop". Ah, la phobie sociale...
Ce que j'ignorais encore, c'est que cette femme à laquelle je me raccrochais, charmante mais d'apparence inaccessible, n'était pas ma seule ancre. Car là, assise sur un banc droit devant moi, se trouvait... Elle.
Mon crush d'octobre dernier. De mon second munch. De cinq jours avant mon premier play. Ce putain de coup de foudre en une volée de regards, que je croyais jusqu'alors ne pas exister, et que j'avais à tout le moins classé sans suite.
Calme et émoustillée tout à la fois, par l'événement sans doute, elle sourit. Et posa sur moi cette oeillade joviale et madrée, qui ne s'était depuis lors plus décollée de ma rétine.
Je crois me souvenir que mes jambes ont bougé d'elles-mêmes.
C'est vraiment ce qu'il me reste le plus de cette soirée en plein jour. Ce regard qui allait et venait sur le mien. Espiègle, pétillant, tout à la fois doux et empreint de malice. Peut-être une des filles les plus mignonnes que j'ai vues. Eeen toute objectivité bien sûr. Et sa voix. Sa voix.
La personne non-binaire l'accompagnant est son-a partenaire. Bavardant verre à la main, nous observâmes les objets mis à disposition, désinfectants à l'hypochlorite de sodium obligent à côté, puis les nôtres que nous avions amenés. Principalement des martinets chez eux. Moi, mon mini Signal whip. Plus court, maniable et surtout beaucoup moins dangereux que mon beau Snake blanc. Elle m'annonça ne jamais avoir eu l'occasion d'essayer, malgré sa préférence pour les impacts lourds plutôt que cinglants. Cette déclaration me replongea trois mois plus tôt, en ce lieu exact, désespérant trouver une âme charitable pour m'accorder l'expérience.
Toujours est-il que, bien sûr, iels me le proposèrent de fils en aiguilles.
De jouer.
Surtout elle, en fait. Devant ses avances, je restai coite. Je peinais à ne pas me retourner dans la foule, m'enquérir d'à qui elle s'adressait. C'est vrai quoi, qui ça ? Moi ? Une fille comme elle ? Qui s'intéressait à MOI ?!
Ah.
Cela dura un temps. Un temps seulement. Parce que je la vis jouer avec son-a partenaire. J'entendis ses cris sous les coups de martinet qu'iel lui donnait. Elle y allait fort. Je dois dire, que iel aussi.
- Test ?... Demandai-je tout de même tout près d'elle, un peu tendue, presque parée à intervenir.
- Vert.
Un sourire contrit par la douleur corrobora sa réponse. Elle avait pourtant hurlé. Hurlé ! ...de sa si belle voix. Ce moment fût étrange. Une part de moi voulait la protéger, m'enquérir de si elle n'allait pas un peu loin...? Une autre désirait l'entendre à nouveau.
Quand bien même, qui étais-je pour en juger ? Je ne suis pas plus tendre qu'elle avec mon corps, loin s'en faut. Elle déteste les marques. Je les adore. Mais s'il y a une chose chez moi que je ne supporte pas, c'est bien ma voix, corde vocale abîmée l'enrayant. Là réside peut-être la différence.
Iel me tendit l'outil.
- Tu veux essayer ?
Haussement d'épaules... mais finalement, pourquoi pas ? J'acceptai de faire plaisir, après tout moi aussi, j'apprécie la douleur.
Nous demandâmes l'avis de la jeune femme, laquelle approuva.
Les premiers coups, je fus prudente à l'extrême. Une peur bleue me vrillait le ventre, qu'étais-je en train de faire ?!
À la cinquième réassurance que tout allait bien pour elle, et à son énième "oui vas-y", l'autre personne me montra quel mouvement employer pour mieux appuyer les frappes.
Au premier cri, je me raidis.
- T'inquiète tu peux y aller, elle peut même crier plus que ça, m'assura son-a partenaire.
Peu rassurée, pas plus habituée aux martinets, je me retins un peu tout de même...
Nous intervertîmes, me faisant profiter aussi. Le martinet est intéressant mais je suis plus impacts cinglants.
Plus tard nous fîmes une pause boissons et bavardages, ces derniers menant tout naturellement au fouet.
Préparation, désinfection, et retour derrière ce fameux cordon de sécurité dédié au maniement de ces outils ma fois très à part. Et comme la première fois, un petit public (le-a partenaire ayant assuré que ça ne lui posait pas de problème en faisant partie) se forma.
Souvenirs, souvenirs.
La communication est clé. Toujours.
Avant. Pendant. Après.
À la différence qu'aujourd'hui c'était elle qui était appuyée au mur, et moi qui tenais l'arme. Une arme dépourvue de fall, peu prompte à claquer, très petite. Assez safe, en somme. Mais aussi seulement la seconde fois que je m'en servais sur autre chose qu'un vulgaire coussin... Trois fois rien, juste un être humain...
Je me remémorai mes propres expériences masos pour lui donner mes instructions et questions, m'inspirant de la conduite qu'avaient eue mes propres sadiques. L'échelle de douleur, où taper, qu'éviter, autorisation ou non de la toucher de mes mains, si oui à quel(s) endroit(s), rappel des mots d'alerte...
Elle semblait confiante, et moi j'avais le trac. Un trac différent d'une expérience maso. Un trac lié à la responsabilité qu'elle remettait entre mes mains. La responsabilité de son intégrité physique et psychique.
Pas de pression.
Je me concentrai intensément : l'angle, la vitesse, la force, la distance, le mouvement de mon bras, de mon poignet...
L'idée : ne pas me louper.
Commençant bien entendu si doucement que le cracker ne fit que l'effleurer, à mesure que nous progressions... Je finis inévitablement par la marquer. De fines zébrures coururent sur son corps dénudé, rouges comme autant de touches de peinture sur une toile écrue. Je l'en avertis, elle me répondit que temps qu'elle ne marquait pas pour plus d'une semaine cela lui convenait. Je m'approchai donc, redemandai sa permission puis passai mes doigts le long des estafilades.
Superficielles.
- Elles seront parties en quelques jours, enfin, sur moi ce genre de marques ne reste pas.
Elle hocha la tête.
Voilà moins d'un an que je pratiquais le BDSM, mais tenir ce rôle (Top) me faisait me sentir comme une pro. J'éprouvais une véritable fierté à lui faire vivre cette expérience... et un certain pouvoir à mener la danse. J'étais en contrôle. Une calme satisfaction me gagnait peu à peu. J'étais en contrôle. Elle me remettait les rênes. Elle me remettait ce pouvoir.
Mon regard s'attarda sur les courbes que je venais de graver. J'en trouvais la demoiselle d'autant embellie. Comme une artiste sublimant une œuvre d'ores et déjà merveilleuse. Je ne me l'explique pas. Je trouve réellement une esthétique aux marques, particulièrement de canne ou de fouet.
Elles sont un puissant rappel, autant visuel que délicieusement nociceptif, de la scène s'étant déroulée, lorsque je les porte.
Et elles sont une délectable satisfaction quand c'est autrui qui se pare des miennes.
Lorsqu'elle commença à crier, cette fois j'étais prête.
Je me sentis telle un chat devant une souris. Mais un chat, heu... Végétarien ? 😅 Ne vous leurrez pas. Je désirais la dévorer, tout particulièrement à cet instant. Mais peut-être... pas comme ça ? Un chat donc, qui demande tout de même si ça va ?
- Oui ! Réussit-elle à articuler.
Incroyable. Ce qu'elle encaissait n'était certainement pas anodin, sans que ça l'empêche d'en redemander. Elle m'informera ensuite qu'elle vivait une période de stress, et que se sentir sans défense sous des coups répétés la défoulait tout en lui permettant de se vider l'esprit.
Je continuais les check réguliers, parfois en tournant les questions de sorte qu'un "oui" mette fin au jeu, par sécurité. À ses réponses successives, enfin je compris. Je pouvais y aller. Même lorsqu'elle criait, ce n'était pas forcément une alerte ou un "jaune / rouge". Elle souffrait, oui. Mais qu'importe ? Elle aimait ça. Elle. Aimait. Ça.
Le jeu prit une autre tournure, un cran au dessus.
Quel beau spectacle que son dos se tendant, se cambrant, se contorsionnant dans l'espoir d'échapper au coup suivant. Contre toute attente, cela me rendit sans mercie. Plus elle se tortillait, plus je souhaitais l'entendre. Je poursuivis, intraitable, nonobstant les micro-coupures que je lui accordais entre deux salves afin de ne pas laisser cette douleur si particulière s'accumuler de trop.
Le rythme de mes propres assauts me mit progressivement en trance légère. La vision en tunnel sur ma cible, mon attention soutenue pour viser et bouger correctement faisant disparaitre la pièce alentour.
Chaque cri arraché m'était absolument délicieux.
Je me sentais plus en contrôle que lorsque je fais jouir quelqu'un.
Faire jouir la plupart des gens (bon, j'admets, à mon grand damn j'ai beaucoup plus d'expérience avec les mecs) est relativement facile. Faire souffrir, ni trop ni trop peu, flirter avec la limite, c'est comme un-e funambule sur le fil d'un rasoir.
Faire crier de plaisir ? Classique. Faire hurler de douleur ? La Classe. 😈
Oui, je me sentis puissante à cet instant. Sauf mot d'alerte, c'est moi qui décidais des pauses câlins/caresses, des cris, qui tentais des feintes, faisais varier la puissance et la portée des coups. J'avais le contrôle. J'avais l'assurance.
...trop d'assurance ?
La lanière partit, je la vis presque au ralenti. J'avais mal bloqué mon poignet. Le cracker fila de biais, et bien avant que j'eu le temps de casser mon geste lui arriva... sur une côte.
Le cri qui suivit fût vraiment, encore plus strident que les autres. Trop strident.
La douche froide. Toute sensation de puissance, de plaisir, de perversion balayées. Ne restèrent que peur et compassion que je ne cherchai aucunement à dissimuler. Je m'élançai vers elle.
- Merde, je suis désolée... Je peux voir ?...
La peau était rouge, mais loin d'être déchirée. Même assez peu marquée. Seulement, cette zone est de manière générale très sensible. Je réprimai un soupir de soulagement. Physiquement, pas de dégât. Le mental à présent :
- Ça va aller, la douleur va durer encore dix secondes puis elle va baisser. Crois moi. Respire. Je suis désolée ça va passer. Là, ça doit commencer à baisser je pense maintenant. Ça va aller.
Tout en parlant j'effleurais d'une main la zone sans toucher l'endroit meurtri, l'autre posée sur son épaule. Puis elle, après quelques expirations :
- Ça va, ça va...
J'étais vraiment contrite. Mais vraiment.
Certes, je lui avais exposé les risques. Les difficultés à viser, à doser. Mais tout de même... Je ne voulais surtout pas lui faire plus mal qu'elle le souhaitait.
Et c'est là le corps de mon sadisme. Ça ne me fait plaisir que si l'autre en prend également. Même si ça lui fait mal. Mais pas comme ça. Pas à l'excès.
Lorsque sa respiration se calma, nous fîmes une pause durant laquelle je lui caressai affectueusement le dos.
Je m'excusai encore, effrayée d'avoir franchi une ligne rouge. Et me rendis compte que la moitié de la salle, au son du cri, s'était arrêtée de jouer pour se tourner vers nous. Une part de moi, en dépit de l'inquiétude ("Vais-je être dégagée ? Va-t-elle me repousser ?"), leur fut reconnaissante. Le lieu était vraiment safe.
Nous discutâmes un peu, mais très vite remise... Elle souhaita reprendre. ...J'acceptai... mais vous laisse imaginer à quel point je redoublai d'attention.
Être Top est épuisant. Pas que bot soit de tout repos mais, c'est physique (les coups) et très mental (tout contrôler, tout vérifier, tout gérer, être à l'affût du moindre risque ou réaction de l'autre) à la fois. Je préfère le masochisme, pourtant faire du "service-Top" (être Top mais pour faire plaisir à l'autre) ne me déplaît pas.
C'est de là que je tire mon plaisir de sadique : je sais que ça fait mal ET néanmoins plaisir à l'autre, j'aime apposer des marques, j'aime les cris (bon, principalement féminins mais ça me concerne), j'aime manier le fouet... Aussi, j'apprécie particulièrement tourmenter sans forcer les personnes que je trouve mignonnes et attirantes. Dans son cas, je la trouvais plus craquante encore ainsi sous mon contrôle.
Il est à noter que certains sadiques parlent d'apprécier chercher les choses vraiment inconfortables chez leur maso, et donc de ne pas faire de service-Top mais bien tirer leur plaisir de la difficulté et de la douleur par-delà l'hédonisme de l'autre. Il est clair que ce n'est pas mon cas, pas à l'heure d'écrire ces lignes en tout cas.
Bien sûr nous échangeâmes de rôles ensuite, et je dois dire que pour quelqu'un qui n'a jamais touché de fouet de sa vie... Aucun entraînement rien... Elle se débrouilla à merveille ! Je m'en trouvais aussi surprise que ravie.
Vint l'aftercare de convenance : nous tombâmes dans les bras l'une de l'autre. Là encore un rappel de mes autres plays. À ceci près qu'au moment de rompre mon étreinte... Elle maintint la sienne. Encore. Encore. Une légère gêne me...
- Je t'adore, me murmura-t-elle à l'oreille.
Alors, saturées d'endorphines et d'ocytocine, je demeurai dans ses bras, et elle dans les miens. Un long moment encore.
J'aurais préféré que cet instant n'en soit pas un.
--------
Je sais ce que vous vous demandez.
S'est-on revues ?
À cela je répondrai que jusqu'ici, nous recommençâmes ceci (pour ne parler que du fouet) par deux fois chez elle.
Avec le Snake.
Bon sang, quel plaisir de le faire craquer au plus fort dans le vide sans prévenir tandis qu'elle a le dos tourné, la faisant brutalement sursauter. Il est si facile et satisfaisant d'incorporer une petite dynamique de fear-play (jeu de peur) dans le fouet.
Plus d'erreur à déplorer depuis. Le risque zéro n'existe pas, mais au vu de ce que peut faire le petit Signal... Je pense peu utile de mentionner les précautions que j'applique au Snake.
Quant à elle... Elle le manie mieux que moi 🤭 Qui l'a chez elle pour s'entraîner, déjà ?!
Ainsi j'appris que oui, il est possible de faire mal à son ou sa partenaire, au point de le-a faire crier, le tout entre deux mots doux.
À la condition sine qua non du consentement / attrait éclairé des deux côtés, libre, révocable à tout moment... Ainsi que d'une attention et communication soutenues.
Je peux être celle qui donne.
Celle qui fait mal.
C'est un plaisir.
Une fierté.
Trigger Warning : Sado-Masochisme, scarifications, exhibition. Allusions à des jeux de pouvoir, au sexe et au sang.
Peut-être en ai-je plus appris sur la psychologie humaine en un an de BDSM qu'en trois de licence.
J'exagère à peine...
D'ailleurs, le sado-masochisme psychologique méritera peut-être son propre texte, à part.
Un jour.
Mais comme je me cultive encore et toujours, pour l'heure concentrons-nous sur quelque chose de plus simple...
Le sadisme physique.
Plus simple, oui. Mais pas pour autant simple tout court.
Le masochisme ne regarde que moi. Il implique souvent une tierce personne pour m'appliquer la douleur, mais je ne fais de mal à nulle autre que moi-même. C'est moi, et moi seule, qui reçois. Moi qui trinque. La conscience reste tranquille.
Mais qu'en serait-il d'infliger de ma main ces tourments à autrui ? De les faire gémir, supplier, hurler, le tout au sens le plus littéral...?
D'apprécier le spectacle ?
D'en tirer de l'excitation ? Une certaine... Esthétique ?
Me dégoûterais-je ?
Oui. La réponse est oui. Quand bien même l'autre l'aurait demandé, peu reluisante serait l'image me renvoyant mon miroir.
Bien sûr que oui. Bien mal me sentirais-je en telle position, position que pourtant je ne me prive de réclamer à corps et à cris à mes partenaires, faisant d'elleux mes bourreaux, pour mon propre plaisir...
Qui cela ne répugnerait-il ?
J'ai tenté. J'ai vraiment tenté de leur demander ce qui leur plaisait là-dedans, avec une curiosité non feinte. Les réponses diverses, si intéressantes soient-elles, ne m'accordaient qu'une vague compréhension du concept.
Ainsi était mon opinion avant mon play de janvier 2026. Incapable de comprendre les sadiques, quoique bien contente qu'ils existent.
Quatre mois à peine, et les souvenirs m'échappent. Fichu cerveau. Je tenterai de me remémorer au mieux les évènements, dans les grandes lignes peut-être, cette fois, faute de mieux.
Si le play de la découverte du fouet fût mon premier, celui-ci est à ce jour mon dernier, avant que mon corps réclame justice face à tous mes excès. Avant le burn-out, avant le sevrage... Mais tout ceci est autant d'autres histoires.
Vous souvenez-vous en, de cette découverte du fouet ?
Contre toute attente, à nouveau me trouvais-je en cette atmosphère riche et austère, sombre et belle, fragment de nuit en plein jour. Premier et dernier plays, premier et dernier lieu.
J'étais un peu perdue. Je me mis en retard le temps de me changer. Je supplémentai mon habituel traitement au méthylphénidate d'un petit comprimé de 10mg. Cette nervosité, je la devais à ma fatigue, et à mes difficultés à m'incruster dans les groupes. Cette fois, la seule personne que j'étais censée connaître était entourée d'autres gen-te-s, toustes à l'allure fière, soignée. Tout comme toustes les autres, d'ailleurs.
Et je n'osais plus l'approcher.
Rien ne s'est pourtant passé. "Chassez le naturel, il revient au galop". Ah, la phobie sociale...
Ce que j'ignorais encore, c'est que cette femme à laquelle je me raccrochais, charmante mais d'apparence inaccessible, n'était pas ma seule ancre. Car là, assise sur un banc droit devant moi, se trouvait... Elle.
Mon crush d'octobre dernier. De mon second munch. De cinq jours avant mon premier play. Ce putain de coup de foudre en une volée de regards, que je croyais jusqu'alors ne pas exister, et que j'avais à tout le moins classé sans suite.
Calme et émoustillée tout à la fois, par l'événement sans doute, elle sourit. Et posa sur moi cette oeillade joviale et madrée, qui ne s'était depuis lors plus décollée de ma rétine.
Je crois me souvenir que mes jambes ont bougé d'elles-mêmes.
C'est vraiment ce qu'il me reste le plus de cette soirée en plein jour. Ce regard qui allait et venait sur le mien. Espiègle, pétillant, tout à la fois doux et empreint de malice. Peut-être une des filles les plus mignonnes que j'ai vues. Eeen toute objectivité bien sûr. Et sa voix. Sa voix.
La personne non-binaire l'accompagnant est son-a partenaire. Bavardant verre à la main, nous observâmes les objets mis à disposition, désinfectants à l'hypochlorite de sodium obligent à côté, puis les nôtres que nous avions amenés. Principalement des martinets chez eux. Moi, mon mini Signal whip. Plus court, maniable et surtout beaucoup moins dangereux que mon beau Snake blanc. Elle m'annonça ne jamais avoir eu l'occasion d'essayer, malgré sa préférence pour les impacts lourds plutôt que cinglants. Cette déclaration me replongea trois mois plus tôt, en ce lieu exact, désespérant trouver une âme charitable pour m'accorder l'expérience.
Toujours est-il que, bien sûr, iels me le proposèrent de fils en aiguilles.
De jouer.
Surtout elle, en fait. Devant ses avances, je restai coite. Je peinais à ne pas me retourner dans la foule, m'enquérir d'à qui elle s'adressait. C'est vrai quoi, qui ça ? Moi ? Une fille comme elle ? Qui s'intéressait à MOI ?!
Ah.
Cela dura un temps. Un temps seulement. Parce que je la vis jouer avec son-a partenaire. J'entendis ses cris sous les coups de martinet qu'iel lui donnait. Elle y allait fort. Je dois dire, que iel aussi.
- Test ?... Demandai-je tout de même tout près d'elle, un peu tendue, presque parée à intervenir.
- Vert.
Un sourire contrit par la douleur corrobora sa réponse. Elle avait pourtant hurlé. Hurlé ! ...de sa si belle voix. Ce moment fût étrange. Une part de moi voulait la protéger, m'enquérir de si elle n'allait pas un peu loin...? Une autre désirait l'entendre à nouveau.
Quand bien même, qui étais-je pour en juger ? Je ne suis pas plus tendre qu'elle avec mon corps, loin s'en faut. Elle déteste les marques. Je les adore. Mais s'il y a une chose chez moi que je ne supporte pas, c'est bien ma voix, corde vocale abîmée l'enrayant. Là réside peut-être la différence.
Iel me tendit l'outil.
- Tu veux essayer ?
Haussement d'épaules... mais finalement, pourquoi pas ? J'acceptai de faire plaisir, après tout moi aussi, j'apprécie la douleur.
Nous demandâmes l'avis de la jeune femme, laquelle approuva.
Les premiers coups, je fus prudente à l'extrême. Une peur bleue me vrillait le ventre, qu'étais-je en train de faire ?!
À la cinquième réassurance que tout allait bien pour elle, et à son énième "oui vas-y", l'autre personne me montra quel mouvement employer pour mieux appuyer les frappes.
Au premier cri, je me raidis.
- T'inquiète tu peux y aller, elle peut même crier plus que ça, m'assura son-a partenaire.
Peu rassurée, pas plus habituée aux martinets, je me retins un peu tout de même...
Nous intervertîmes, me faisant profiter aussi. Le martinet est intéressant mais je suis plus impacts cinglants.
Plus tard nous fîmes une pause boissons et bavardages, ces derniers menant tout naturellement au fouet.
Préparation, désinfection, et retour derrière ce fameux cordon de sécurité dédié au maniement de ces outils ma fois très à part. Et comme la première fois, un petit public (le-a partenaire ayant assuré que ça ne lui posait pas de problème en faisant partie) se forma.
Souvenirs, souvenirs.
La communication est clé. Toujours.
Avant. Pendant. Après.
À la différence qu'aujourd'hui c'était elle qui était appuyée au mur, et moi qui tenais l'arme. Une arme dépourvue de fall, peu prompte à claquer, très petite. Assez safe, en somme. Mais aussi seulement la seconde fois que je m'en servais sur autre chose qu'un vulgaire coussin... Trois fois rien, juste un être humain...
Je me remémorai mes propres expériences masos pour lui donner mes instructions et questions, m'inspirant de la conduite qu'avaient eue mes propres sadiques. L'échelle de douleur, où taper, qu'éviter, autorisation ou non de la toucher de mes mains, si oui à quel(s) endroit(s), rappel des mots d'alerte...
Elle semblait confiante, et moi j'avais le trac. Un trac différent d'une expérience maso. Un trac lié à la responsabilité qu'elle remettait entre mes mains. La responsabilité de son intégrité physique et psychique.
Pas de pression.
Je me concentrai intensément : l'angle, la vitesse, la force, la distance, le mouvement de mon bras, de mon poignet...
L'idée : ne pas me louper.
Commençant bien entendu si doucement que le cracker ne fit que l'effleurer, à mesure que nous progressions... Je finis inévitablement par la marquer. De fines zébrures coururent sur son corps dénudé, rouges comme autant de touches de peinture sur une toile écrue. Je l'en avertis, elle me répondit que temps qu'elle ne marquait pas pour plus d'une semaine cela lui convenait. Je m'approchai donc, redemandai sa permission puis passai mes doigts le long des estafilades.
Superficielles.
- Elles seront parties en quelques jours, enfin, sur moi ce genre de marques ne reste pas.
Elle hocha la tête.
Voilà moins d'un an que je pratiquais le BDSM, mais tenir ce rôle (Top) me faisait me sentir comme une pro. J'éprouvais une véritable fierté à lui faire vivre cette expérience... et un certain pouvoir à mener la danse. J'étais en contrôle. Une calme satisfaction me gagnait peu à peu. J'étais en contrôle. Elle me remettait les rênes. Elle me remettait ce pouvoir.
Mon regard s'attarda sur les courbes que je venais de graver. J'en trouvais la demoiselle d'autant embellie. Comme une artiste sublimant une œuvre d'ores et déjà merveilleuse. Je ne me l'explique pas. Je trouve réellement une esthétique aux marques, particulièrement de canne ou de fouet.
Elles sont un puissant rappel, autant visuel que délicieusement nociceptif, de la scène s'étant déroulée, lorsque je les porte.
Et elles sont une délectable satisfaction quand c'est autrui qui se pare des miennes.
Lorsqu'elle commença à crier, cette fois j'étais prête.
Je me sentis telle un chat devant une souris. Mais un chat, heu... Végétarien ? 😅 Ne vous leurrez pas. Je désirais la dévorer, tout particulièrement à cet instant. Mais peut-être... pas comme ça ? Un chat donc, qui demande tout de même si ça va ?
- Oui ! Réussit-elle à articuler.
Incroyable. Ce qu'elle encaissait n'était certainement pas anodin, sans que ça l'empêche d'en redemander. Elle m'informera ensuite qu'elle vivait une période de stress, et que se sentir sans défense sous des coups répétés la défoulait tout en lui permettant de se vider l'esprit.
Je continuais les check réguliers, parfois en tournant les questions de sorte qu'un "oui" mette fin au jeu, par sécurité. À ses réponses successives, enfin je compris. Je pouvais y aller. Même lorsqu'elle criait, ce n'était pas forcément une alerte ou un "jaune / rouge". Elle souffrait, oui. Mais qu'importe ? Elle aimait ça. Elle. Aimait. Ça.
Le jeu prit une autre tournure, un cran au dessus.
Quel beau spectacle que son dos se tendant, se cambrant, se contorsionnant dans l'espoir d'échapper au coup suivant. Contre toute attente, cela me rendit sans mercie. Plus elle se tortillait, plus je souhaitais l'entendre. Je poursuivis, intraitable, nonobstant les micro-coupures que je lui accordais entre deux salves afin de ne pas laisser cette douleur si particulière s'accumuler de trop.
Le rythme de mes propres assauts me mit progressivement en trance légère. La vision en tunnel sur ma cible, mon attention soutenue pour viser et bouger correctement faisant disparaitre la pièce alentour.
Chaque cri arraché m'était absolument délicieux.
Je me sentais plus en contrôle que lorsque je fais jouir quelqu'un.
Faire jouir la plupart des gens (bon, j'admets, à mon grand damn j'ai beaucoup plus d'expérience avec les mecs) est relativement facile. Faire souffrir, ni trop ni trop peu, flirter avec la limite, c'est comme un-e funambule sur le fil d'un rasoir.
Faire crier de plaisir ? Classique. Faire hurler de douleur ? La Classe. 😈
Oui, je me sentis puissante à cet instant. Sauf mot d'alerte, c'est moi qui décidais des pauses câlins/caresses, des cris, qui tentais des feintes, faisais varier la puissance et la portée des coups. J'avais le contrôle. J'avais l'assurance.
...trop d'assurance ?
La lanière partit, je la vis presque au ralenti. J'avais mal bloqué mon poignet. Le cracker fila de biais, et bien avant que j'eu le temps de casser mon geste lui arriva... sur une côte.
Le cri qui suivit fût vraiment, encore plus strident que les autres. Trop strident.
La douche froide. Toute sensation de puissance, de plaisir, de perversion balayées. Ne restèrent que peur et compassion que je ne cherchai aucunement à dissimuler. Je m'élançai vers elle.
- Merde, je suis désolée... Je peux voir ?...
La peau était rouge, mais loin d'être déchirée. Même assez peu marquée. Seulement, cette zone est de manière générale très sensible. Je réprimai un soupir de soulagement. Physiquement, pas de dégât. Le mental à présent :
- Ça va aller, la douleur va durer encore dix secondes puis elle va baisser. Crois moi. Respire. Je suis désolée ça va passer. Là, ça doit commencer à baisser je pense maintenant. Ça va aller.
Tout en parlant j'effleurais d'une main la zone sans toucher l'endroit meurtri, l'autre posée sur son épaule. Puis elle, après quelques expirations :
- Ça va, ça va...
J'étais vraiment contrite. Mais vraiment.
Certes, je lui avais exposé les risques. Les difficultés à viser, à doser. Mais tout de même... Je ne voulais surtout pas lui faire plus mal qu'elle le souhaitait.
Et c'est là le corps de mon sadisme. Ça ne me fait plaisir que si l'autre en prend également. Même si ça lui fait mal. Mais pas comme ça. Pas à l'excès.
Lorsque sa respiration se calma, nous fîmes une pause durant laquelle je lui caressai affectueusement le dos.
Je m'excusai encore, effrayée d'avoir franchi une ligne rouge. Et me rendis compte que la moitié de la salle, au son du cri, s'était arrêtée de jouer pour se tourner vers nous. Une part de moi, en dépit de l'inquiétude ("Vais-je être dégagée ? Va-t-elle me repousser ?"), leur fut reconnaissante. Le lieu était vraiment safe.
Nous discutâmes un peu, mais très vite remise... Elle souhaita reprendre. ...J'acceptai... mais vous laisse imaginer à quel point je redoublai d'attention.
Être Top est épuisant. Pas que bot soit de tout repos mais, c'est physique (les coups) et très mental (tout contrôler, tout vérifier, tout gérer, être à l'affût du moindre risque ou réaction de l'autre) à la fois. Je préfère le masochisme, pourtant faire du "service-Top" (être Top mais pour faire plaisir à l'autre) ne me déplaît pas.
C'est de là que je tire mon plaisir de sadique : je sais que ça fait mal ET néanmoins plaisir à l'autre, j'aime apposer des marques, j'aime les cris (bon, principalement féminins mais ça me concerne), j'aime manier le fouet... Aussi, j'apprécie particulièrement tourmenter sans forcer les personnes que je trouve mignonnes et attirantes. Dans son cas, je la trouvais plus craquante encore ainsi sous mon contrôle.
Il est à noter que certains sadiques parlent d'apprécier chercher les choses vraiment inconfortables chez leur maso, et donc de ne pas faire de service-Top mais bien tirer leur plaisir de la difficulté et de la douleur par-delà l'hédonisme de l'autre. Il est clair que ce n'est pas mon cas, pas à l'heure d'écrire ces lignes en tout cas.
Bien sûr nous échangeâmes de rôles ensuite, et je dois dire que pour quelqu'un qui n'a jamais touché de fouet de sa vie... Aucun entraînement rien... Elle se débrouilla à merveille ! Je m'en trouvais aussi surprise que ravie.
Vint l'aftercare de convenance : nous tombâmes dans les bras l'une de l'autre. Là encore un rappel de mes autres plays. À ceci près qu'au moment de rompre mon étreinte... Elle maintint la sienne. Encore. Encore. Une légère gêne me...
- Je t'adore, me murmura-t-elle à l'oreille.
Alors, saturées d'endorphines et d'ocytocine, je demeurai dans ses bras, et elle dans les miens. Un long moment encore.
J'aurais préféré que cet instant n'en soit pas un.
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Je sais ce que vous vous demandez.
S'est-on revues ?
À cela je répondrai que jusqu'ici, nous recommençâmes ceci (pour ne parler que du fouet) par deux fois chez elle.
Avec le Snake.
Bon sang, quel plaisir de le faire craquer au plus fort dans le vide sans prévenir tandis qu'elle a le dos tourné, la faisant brutalement sursauter. Il est si facile et satisfaisant d'incorporer une petite dynamique de fear-play (jeu de peur) dans le fouet.
Plus d'erreur à déplorer depuis. Le risque zéro n'existe pas, mais au vu de ce que peut faire le petit Signal... Je pense peu utile de mentionner les précautions que j'applique au Snake.
Quant à elle... Elle le manie mieux que moi 🤭 Qui l'a chez elle pour s'entraîner, déjà ?!
Ainsi j'appris que oui, il est possible de faire mal à son ou sa partenaire, au point de le-a faire crier, le tout entre deux mots doux.
À la condition sine qua non du consentement / attrait éclairé des deux côtés, libre, révocable à tout moment... Ainsi que d'une attention et communication soutenues.
Je peux être celle qui donne.
Celle qui fait mal.
C'est un plaisir.
Une fierté.
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