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Euphorie suite à une TS

CounMire

Enfant d'or កូនមាស
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2/9/25
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Coucou la famille

Trigger warning, ce qui suit va parler de suicide, vous êtes prévenus.es.

Le 9 juillet dernier, je m'entaillais le bras avec une lame de rasoir pour voir si cela pouvait être suffisant pour faire une hémorragie et mourir. Je constatais que c'est possible mais qu'il faut y aller franchement, ne pas avoir peur d'appuyer, ça fait pas mal, ça rentre comme dans du beurre. Je me sentais alors en grande souffrance, coincé, avec l'envie de mettre un terme à cette souffrance, avec la mort comme seule option. Je m'étais cuité au rosé la veille, et avais pris deux xanax 0,5 dans la nuit pour être sûr de dormir. Le résultat fut donc un énorme contrecoup de mal-être dès le réveil. Seul chez moi, je fis mon expérience, puis appelais le 3114, numéro de prévention de suicide, l'infirmière que j'ai eu en ligne était très bien, et elle a déclenché les secours.

Les pompiers sont donc venus me chercher, et m'ont emmené à l'hp. J'étais toujours désespéré, je savais pertinemment que parler à un psychiatre n'allait pas mes résoudre mes problèmes, et qu'ils voudraient sûrement me cachetonner un max. J'attendis néanmoins le rdv avec le psychiatre dans l'hôpital pendant 3h. Durant ce temps, je retrouvais la santé, les effets du contrecoup de l'alcool et des anxios s'estompant. Je pris la décision de rentrer chez moi, sans les prévenir, ils auraient voulu me garder. Je pris la poudre d'escampette, c'est ma spécialité en hp.

De retour chez moi, je me rappelle plus bien, je rappelle l'hôpital tout de même pour leur dire que je vais bien, ils croyaient que j'étais toujours dans la salle d'attente...

Mais le plus intéressant, c'est le lendemain😲

Je pose ma fille à la crèche à 9h, je fais mon marché, je me pose un peu à la maison, jusqu'à là rien d'extraordinaire. Ma femme était partie avant notre réveil, elle est allée voir sa 3ème fille avec la mère de sa famille d'accueil au centre qui la suit pour son handicap psychomoteur. Je suis censé aller chercher ma femme à midi.

Je prends donc la voiture pour aller la chercher. Je mets de la musique, l'album Diamonds & Dancefloors d'Ava Max. Et là, tout en conduisant, j'ai 30 minutes de trajet, grosse euphorie. La musique me donne des frissons, j'aime ma femme, nos filles, les familles d'accueils, les gens, l'univers, Dieu, je suis rempli d'amour, intensément. Je suis content d'être qui je suis et d'avoir ma famille, surtout. Je me sens pousser des ailes, et une force naît en moi, la foi, qui est toujours en moi à l'heure où j'écris. Une énorme euphorie et une confiance absolue, une force tranquille, plus puissante qu'un trip d'héroïne. Je passerai toute la journée dans cet état là, mon psychologue me fera remarquer que ce sera la joie d'être en vie.

Aujourd'hui je vais bien, quelque chose à changé en moi, j'ai la foi, je ne touche plus à l'alcool, beaucoup moins de prods. J'ai de l'énergie, je suis content, j'ai retrouvé la foi. Je n'ai plus l'euphorie, mais une joie tranquille. Je ne suis pas au bout de mes peines, mais je me sens la force de les affronter. Et c'est dommage qu'il faille vouloir mourir pour éprouver l'euphorie une fois rétabli, je ne recommencerai pas, mais je m'en rappellerai toujours. Ou pas. J'oublie tout. Je m'en branle. C'est pas important. C'est le retour du fou.

Allez bises, le counmire qui vous aime❤️
 
Salut !

J'ai lu ton texte, ça me touche, même si je commence à y répondre sans savoir ce que je vais écrire.

Personnellement ça ne m'étonne pas tant que ça, ce que tu as vécu. Ça me fait penser à "tout ce qui monte doit redescendre": je suppose que ce qui est bien descendu peut remonter !
Tant mieux si le mal-être te lâche les basket et que tu as, au moins, du répit.

Tu nous a donné beaucoup d'éléments qui dépeignent une situation assez dramatique bien que finalement plus répandue qu'on pourrait le croire... Parfois, on a une fille a emmener à la crèche, une femme à aller chercher, et pourtant la veille on s'est ouvert le bras pour en faire couler le sang, et pourquoi pas partir la vie.

C'est pas anodin. C'est déjà pas anodin quand on n'a pas de fille à emmener à la crèche, simplement ce détail appuie sur ce côté dramatique.
Je m'y suis un peu reconnue parce que quand ma fille avait quelques mois, je me suis pluguée plus d'un demi gramme d'un truc qui je dosais à habituellement, quoi... 30mg maxi ?
À ce moment là j'étais convaincue que tout serait mieux sans moi et que même si ce serait une catastrophe pour mes proches si je disparaissais, ce serait certainement bien pire si je continuais à exister (particulièrement pour ma fille, wtf, cherchez la logique).
Moi je n'ai pas eu d'épiphanie: je sais seulement que mon point de vue à ce moment là était biaisé et que j'aurais pu commettre une erreur. Qui aurait pu me coûter plus cher qu'un mois à l'HP, et qui aurait coûté bien plus à ceux que j'aime.

Je crois que quand notre cerveau nous le permet, on a tous le droit d'en profiter, tout comme on a le droit d'accepter le fait qu'on ne va pas bien quand on ne va pas bien.
Éloge de la fuite (Laborit promis, je reviens vite te lire ! Depuis le temps que je l'ai commencé...): autant parfois se laisser porter par le courant, ne pas trop lutter pour aller contre nos élans naturels, comme il est assez contre productif de lutter contre un psychédélique (tu as d'ailleurs posté cette expérience comme telle). Et découvrir où ça nous mène.


Par contre j'aimerais rebondir sur ta conclusion: "C'est le retour du fou"
Déjà je pense que si on est passé par la case TS, c'est pas parce qu'on se sens mieux le lendemain que youpi tralala, on est débarrassé de ces soucis qui nous bouffaient la vie.
J'imagine que ça te donne envie de croire en la probabilité que cet état est acquis, maintenant que tu as eu cette prise de risque mais que ça t'a coupé toute envie de recommencer: peut être que ça sera le cas, tu seras alors bien chanceux et je te le souhaite.
Malheureusement ce n'est pas toujours le cas, et quand tu écris "le retour du fou" ça me donne l'impression que tu as déjà connu ces retournements de situations émotionnels. Et si ça peut aller dans un sens, ça peut aussi le refaire dans l'autre...

Peut être que parler au psychiatre ne t'aurait servi à rien, et certainement en effet que l'une de ses réponses aurait été médicamenteuse.
Peut être d'ailleurs que si tu étais resté, c'est tout ce qu'ils t'auraient apporté. Des personnes qui faisaient de l'hp après une ts j'en ai croisé, pour certains ça les aidait, presque tous étaient très pressés de sortir bien avant la fin de leur semaine, pour la plupart y avait rien d'autre que repos, ennui et médocs d'urgence.

Par contre je me n'ai pas pu m'empêcher de me dire que je trouvais ça assez alertant comme expérience.
Je crois qu'à ta place, si tu ne l'as pas déjà fait, j'irais tout de même voir un psychiatre (voire si tu l'as déjà fait: plusieurs expériences peuvent mieux valoir qu'une), afin de lui parler de cette expérience et de voir avec ellui comment limiter les risques de nouveau passage à l'acte.
Ce serait con, quand même, pour un truc que le lendemain t'as plus du tout envie de faire.

NB: la plupart des moments où j'ai vraiment eu envie de mourir, c'était des lendemains d'alcool. Depuis que je ne bois -presque- plus (l'alcool me donne envie de vomir quand je le REGARDE maintenant, pratique pour se réguler) surprise, j'ai beaucoup moins d'envie de passages à l'acte... Ça paraît obvious mais je le précise quand même. C'est donc une super chose que tu ne consommes plus comme avant !


Merci d'avoir partagé ton expérience : c'est pas l'état de conscience modifié dont on parle le plus et c'est pas toujours simple à faire.

J'espère que tu continueras à ressentir ces belles choses, elles sont précieuses.
 
Salut CounMire,

Je te réponds aussi de mon côté, même si je ne sais pas si tu pourras lire/répondre, suite à ton ban sur un autre post.
Je suis heureux que ça ait loupé, ta TS, et si ça peut avoir déclenché quelque chose, une prise de conscience sur les priorités de la vie, sur sa nature même, sur la joie, c'est vraiment super.

Je te souhaite que ça puisse durer, et que tu trouves cette joie paisible.
Je comprends que tu veuilles que les autres y accèdent, et c'est probablement la cause du message plus que maladroit, insultant, qui t'a valu ton ban.
Tu ne peux pas faire le chemin pour les autres. Chacun ne peut parcourir que le sien, du mieux qu'il peut.

Repose-toi, et reste cool avec les copains quand tu reviendras.
On pense à toi, prends soin de toi et de tes proches.
 
Je rejoins les commentaires antérieurs sur l'importance de se faire accompagner après une crise (en tant mieux si on peut le faire pendant la crise elle-même).

Je ne peux que m'appuyer sur mon expérience qui possiblement sera très différent à la vôtre mais -peut-être- quelques points en commun pourraient exister.

J'ai eu plusieurs surdose dans ma vie. J'ai de gros problèmes avec les limites et je avec les cathinones je ne peux pas m'arrêter ce qui m'amène deux fois à côtoyer la morte. Une au travail avec une crise cardiaque et une autre chez moi aussi grave.

Après chaque une de ces expériences extrêmes. Je suis passé au mois deux semaines avec ce sentiment de "grâce" et "illumination" que je pense vraiment cet une défense hypomaniaque (je parle de moi). Le sentiment est merveilleux. J'ai écrit plusieurs textes, j'ai fait tout ce que j'avais laissé tomber avant.

Mais comme tout état tymique/affective ne peut pas durer sans changer, sans de transformer. Et un jour je suis tombé de mon nuage et pour moi a été très dur.

Je crois que peut être une opportunité intéressante de profiter de cette motivation et énergie pour engager et tisser un réseau de soin autour de nous qui nous aidera à amortir quand nous descendrons.


Bon courage !!!
 
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