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[2C-T-7] Le crépuscule

MindWalker

Cauchemar des labos
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Substance consommée : 2C-T-7 (2,5-dimethoxy-4-propylthiophenetylamine)
Qualité : inconnue. Issu d'une personne versée dans le psychonautisme également

Documentation :
Article PsychonautWiki "2C-T-7"
Article PsychoWiki "La famille 2C-x (2C-B, 2C-I, 2C-T-2, 2C-B-Fly...), section 2C-T-7"
Vault Erowid "2C-T-7"

Expérience :
Date : 04.07.2026
Age : 30 ans
Poids : 95kg
Heure de consommation : 18h30
Quantité : 10mg
Redosage : aucun
ROA: Voie orale
Substance cumulative : Cannabis (charas)
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***​

Point sur la substance :
La substance que j'ai eu entre les mains est supposément du 2C-T-7, l'un de la "demi-douzaine de Shulgin". Je l'ai obtenu d'une personne qui est elle aussi pas mal versée dans le psychonautisme et a pu m'en passer un petit peu pour un essai. Le produit étant extrêmement rare, je n'en avais pas assez pour le faire analyser. Donc même si je n'ai pas d'analyse à fournir pour être certain qu'il s'agissait bien de 2C-T-7, je n'ai pas beaucoup de doutes sur sa sincérité.

Contexte : Soirée d'été
Il y'a quelques semaines, j'ai pu expérimenter à très faibles dosages (de l'ordre du milligramme ou deux) cette substance histoire d'avoir quelques ressentis. Sur une journée où environ 5mg ont étés consommés, je n'ai ressenti que de faibles effets et le redropage semble complètement inutile (je n'ai pas ressenti d'augmentation des effets à des redrops ultérieurs). Nous sommes donc en ce début de juillet et je me retrouve avec les 10 derniers milligrammes restants. Le sniff est hors de question car il peut tuer et même si à ces dosages je ne risquais rien, je préférai m'ôter ça de l'esprit. Ces 10mg sont la dose que je voulais atteindre car après lectures (très) approfondies des TRs d'Erowid, 10mg semblent plus que suffisant pour obtenir des hallucinations parfois très vives (bien que l'on puisse trouver des rapports jusqu'à 15mg dans lesquels les effets sont restés très faibles). Mais surtout, même à 10mg, on trouve des rapports de forts bad trip dont un très sobrement intitulé "2C-T-7 destroyed me". Le résultat est clair : la qualification de "faible" pour 10mg de PsychonautWiki est plus que doutable et la molécule est totalement imprévisible.

Petit point supplémentaire : le 2C-T-7 est suspecté d'être un IMAO sans que ça ne soit très clair donc par précaution, je fais un régime quelques jours avant.

Je passe l'après-midi à réfléchir, à faire le point sur mon humeur et ce que je veux faire. Puis à force de tourner en rond, je décide de partir sur les 10mg en un coup, advienne que pourra.

T+0mn : Prise
J'avale les 10mg. Le goût est très chimique.

T+20mn : Angoisse
Je m'y étais préparé. Déjà, parce que j'angoisse toujours après une prise mais également parce que pas mal de rapports font état d'une montée souvent angoissante. C'est quand même un peu fort niveau panique mais avec quelques exercices de respiration, cela finit par passer.

T+1h15 : Montée des effets
On y est, je sens que les effets commencent lentement à monter. Cela démarre par de bons effets physiques et stimulants. Je suis pris d'une bonne énergie qui me donne envie de sortir de chez moi et de bouger. Je sens mon cœur s'accélérer et mes jugulaires pulser sur mon cou. Chose étrange mais je sens un serrement au coin des mâchoires et sur mes pommettes.
Au niveau mental, je commence à m'envoler dans un bon high psychédélique qui me transporte dans une bonne humeur. Me rappelant immédiatement mon expérience au 2C-B et sentant un effet sensiblement similaire, j'en suis très rassuré. Sortant dehors, la lumière m'éblouit et les couleurs semblent avoir gagnées en intensité. Les ombres sur le sol frétillent et le bleu du ciel semble avoir une sorte de "texture" qui vibre elle aussi. La montée se déroule en environ 1h.

T+3h : Chercher plus loin
J'atteins désormais le plateau et... ce n'est peut-être pas si fort que ce que j'espérais. Il y'a un high très agréable oui mais je ne suis pas non plus très loin. Les hallucinations elles, sont très étranges : je n'en ai aucune les yeux fermés. Aucune de chez aucune même en cherchant loin et longtemps. Mais les yeux ouverts, je vois les ombres se déplacer, les lumières légèrement changer de tons, de légers motifs géométriques sur les surfaces planes, etc.
Je décide donc, d'augmenter les effets psychédéliques avec deux petits joints de tabac et de charas. Je me déglingue un peu à la beuh mais les hallucinations ne s'améliorent pas. A l'inverse, le high du cannabis s'enroule autour de celui du 2C-T-7 pour me faire partir franchement loin, m'écrasant dans le canapé, le souffle un peu coupé.

T+4h : L'entre deux mondes
Le temps que le gros des effets du cannabis passe, je me lève et toujours sentant les effets de la beuh, je me décide à ressortir. Le soleil est en train de se coucher et il y'a la fête foraine dans ma commune et je souhaite y passer avant d'aller dans les bois. Je finis dans mon couloir d'appartement et là, je me fais aspirer. La lumière n'est pas allumée donc il n'y a qu'une très faible lumière au loin de la nuit. La porte de ma voisine au bout du couloir qui me fait face revêt un aspect totalement mystique et commence à se tordre, à se dilater et à grésiller. Les murs du couloir que je devine à peine dans ma vision périphérique semble traversés par des ondes, comme une mer d'encre qui ondule. La porte disparait et réapparait de temps à autre et je reste planté là, happée par elle. Je me décide enfin d'avancer et la porte elle semble reculer. Après ce qu'il me semble une éternité, j'y arrive enfin et nez à nez avec le bois, je réalise soudain que c'est la porte de ma voisine et probablement pas la porte mystique de l'Univers.

Amusé, je décide de sortir dans ma ville. On est au crépuscule et le soleil émet encore quelques lumières qui étendent les ombres. Je décide de traverser rapidement la fête foraine, histoire de voir si une surstimulation de bruits et de lumières pourraient jouer avec le 2C-T-7. Ecoutez, c'est très simple, je n'en ai quasiment aucun souvenir : je me souviens du point de départ, du point d'arrivée et un truc au milieu. Le reste a été effacé de ma mémoire comme si le 2C-T-7 me disait que ça n'avait aucun intérêt. Je me rappelle que par moment la musique semblait légèrement déformée. Et donc, je pars dans les bois.

Marcher me fait énormément de bien, malgré la chaleur de juillet. Je ne me sens pas débordant d'énergie mais quelque chose me pousse à marcher. Et donc je marche, comme sur un tapis roulant, sans but, laissant mon instinct et ma connaissance des bois prendre le dessus. Au fur et à mesure que les minutes passent, ceux-ci deviennent de plus en plus noir au point où je n'y vois pas à plus de 5 mètres. Et à nouveau, le 2C-T-7 refait parler de lui : les arbres et arbustes ondulent sur les côtés, le chemin en face de moi s'efface par moment pour réapparaitre tantôt à gauche tantôt à droite et la noirceur semble m'appeler, comme une proie face à un poisson-lanterne. L'obscurité m'envahit totalement parfois et j'ai l'impression d'avancer dans un écran noir. Tout transpire le mysticisme, comme si j'allais accéder à un autre monde. J'avance ainsi, pendant près d'1h30, aspiré par ce chemin ténébreux, ne croisant personne sur mon chemin.

Au milieu de la nuit, j'arrive sous un très large pont de la rocade qui entoure la métropole d'à-côté de ma ville où la rivière passe. Je m'engouffre sous ce pont et m'assois au bord de la rivière et des orties. J'y suis, ça y est, dans l'autre monde. Une rivière d'encre passe, à peine visible à mes yeux plus bas dont j'entends le bruit des clapotis. L'odeur des orties et des diverses plantes de berge donne à l'air une odeur très végétale. Le bruit des quelques voitures de minuit est à peine perceptible mais une toute petite partie de leurs phares filtrent à travers le terre-plein central du pont qui est un grillage, éclairant à peine de quelques rayons les rochers çà et là. De la même manière, tout semble onduler et revêtir un aspect totalement mystique et solennel. Je suis complètement aspiré par cet endroit.

Ce n'est qu'à ce moment-là que je me rends compte que je suis en train de fouiller ma tête depuis des heures maintenant. Des heures que je passe en revu ma vie, mes choix, mes peines, mes amours. Tout passe en revue de manière méthodique et rien n'est épargné. Arrive enfin le sujet de ma grand-mère morte trois semaines auparavant et je me sens envahi de chagrin. C'est un chagrin que j'avais bloqué pendant bien plusieurs jours et qui sort enfin. C'est un bon chagrin, qui ne change pas la teneur du trip, qui fait du bien parce qu'il s'exprime. Sans trop savoir pourquoi, je me mets à chanter Lacrimosa en boucle pendant bien une demi-heure. Heureusement que ça fait bien deux heures que je n'ai croisé personne.

T+6h : Rentrer à la maison
Au bout d'une demi-heure, je sens que je retrouve peu à peu mes sens. L'obscurité se fait moins ténébreuses, j'entends de plus en plus les voitures, les ondulations cessent et plus triste, tout redevient normal. L'Autre Monde n'est plus qu'un vulgaire pont de rocade d'une ville périphérique. Le high disparait. Je repars dans l'autre sens, en passant par la ville cette fois-ci. Je sens toujours une bonne stimulation qui m'aide à marcher et me fait tranquillement rentre chez moi. Elle va par contre m'empêcher de dormir pendant deux heures supplémentaires.

T+1j : Apaisé
Le lendemain, les effets de la stimulation a totalement disparu et le high a laissé place à un afterglow franchement jovial dans la journée d'après. Il disparait néanmoins le surlendemain.
***​

Conclusion : Mystique et une once de regret
J'ai vraiment énormément apprécié l'expérience qui était si particulière. Je pense que pendant une bonne première partie, je l'ai traité comme un vulgaire énième psychédélique alors qu'il fallait simplement le mettre en bonnes conditions. Le noir absolu de mes paupières ne marchait pas et le jour d'après-midi ou la fête foraine non plus. Ce qu'il fallait, c'était cet interstice précis d'obscurité et de lumière où tout s'est décuplé d'un coup. Je l'ai vraiment trouvé absolument mystique et très introspectif, de loin le psychédélique qui est le plus allé fouiller loin à l'intérieur de moi. Les hallucinations bien que présentes tout du long n'ont pas pour moi été l'élément principal du tout, c'était vraiment cet état mental si particulier d'être entre deux mondes qui a été marquant. Si je devais donner une seule image pour essayer de donner une idée, c'était comme regarder le bleu sombre du fond de l'océan.

Je regrette un peu de ne pas avoir poussé davantage les dosages. Peut-être qu'effectivement un petit 3-5mg supplémentaire m'aurait permis de ressentir encore davantage mais je reste sur la conclusion de mon introduction : après lecture de foules de TRs pour me préparer, elle a l'air d'être totalement imprévisible. J'en témoigne car j'ai été presque déçu pendant les 3 premières heures avant de me faire happer dans une marche infinie dans les bois en pleine nuit. Qui sait ce que d'autres set and settings auraient pu créer ? Pour moi, de cette expérience, il en ressort qu'elle ne s'applique vraiment pas à un cadre festif et vu la capacité qu'elle a à creuser à l'intérieur, il vaut mieux être tranquille.​
 
Beau TR d'une molécule effectivement rare, et émouvant.

J'y trouve assez classique la montée en mode panique "j'aurais dû moins prendre" et la suite en mode euphorie ou mystique "j'aurais dû plus en prendre"^^

Je trouve le 2C-B très euphorisant et récréatif perso... Mais pas dans un milieu social ou récréatif justement. Les lumières qui bougent cassent les visuels et les distractions autres que musicales aussi je trouve. Peut-être un peu similaire à ce que tu décris ici.
 
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