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LSD 150 µg - l'épiphanie... et le petit bad de plus

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Sludge
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Sludge

Fleur bleue au bord de l'autoroute
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17/9/11
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Ce TR traite de trauma et de violences sexuelles, attention si vous risquez de réveiller des choses chez vous en le lisant.

J'avais envie d'écrire un petit trip report car ça fait longtemps !

Je suis une personne à problèmes : 2e dépression en 5 ans, tendances polytoxicomane, en proie aux traumas et à la précarité.

J'ai une grande expérience des psychédéliques avec la prise de dizaines de substances pendant une quinzaine d'années. J'ai déjà pris de sacrées tartes sous LSD, et fait l'expérience de plusieurs moments particulièrement badants.

A vrai dire, mes bad et expériences angoissantes reviennent souvent sur le même terrain.

Que ce soit avec la DMT/ayahuasca et ses trips ultra chelous incomparables chez moi avec tout ce que j'ai pu lire, m'emmenant dans des zones de chaos, déstructuration, punition, désolation incompréhensibles.

Ou avec le LSD qui à partir d'une certaine dose, m'emmène très régulièrement dans une situation de psychose paranoïaque.

J'ai aussi une tendance à faire dans le destroy. A prendre des cartons entiers au lieu de les fractionner. A avoir la tentation du plus cramé (prendre en entier ou doubler) face au risque de sous tripper.

Donc au festival Planète Sauvage, après un début de festival compliqué, cela a été mieux et j'ai trippé, mais j'ai eu une phase de bad.

La dose de 150 µgd de LSD semble une dose particulièrement éprouvante pour moi (et à vrai dire, le quart ou la moitié sont éprouvants pour pas mal de gens). On m'annonce ce dosage sur un carton, des personnes que je connais. Mais l'une dit que c'est tranquille et l'autre qu'il est fort, et du coup je doute du dosage annoncé que je sais très fort.

Faut dire donc que depuis une dizaine d'années je commence à comprendre le mal en moi. Je me traine un trauma lié aux violences sexuelles incestueuses subies non pas par moi, mais par mes proches dans ma famille. J'ai pris conscience très tard de ces violences, après une longue phase de refus de savoir/déni. Cela s'ajoute à une tendance anxieuse vis à vis des violences sociales dans le monde en général. Tout cela aurait notamment entrainé plusieurs années de mutisme dans mon enfance et une tendance au renfermement.

Ce trauma s'est d'abord révélé avec l'ayahuasca, avec sensation de désolation du monde, mise en présence d'une victime universelle et le sentiment d'être coupable vis à vis d'elle.

Ensuite dans mes moments de bad sous lsd, finissant par une "dissolution de l'égo", où je ne reconnais plus les gens autour de moi comme des personnes mais crois voir en eux des avatars de moi-mêmes me signifiant que le monde autour de moi n'existe pas réellement, et que je suis en réalité coupable de violences sexuelles. Cela s'est précisé à une teuf après une ou deux semaines à fréquenter une personne psychotique paranoïaque sans doute victime de VSS elle-mêmes. J'ai eu peur d'être coupable de violences envers elle sans en être consciente et de le découvrir sous trip, que tout le monde le sache et que cela se révèle, que le monde et la réalité s'effondrent autour de moi et que je sois seule.

Dans ces moments-là, je peux vraiment perdre contact avec la réalité, ne plus reconnaitre les gens, vivre des événements mystiques/religieux dans ma tête, être violée par des fantômes, finir par me pisser dessus car je n'ai plus de repères vis à vis des sensations.

Donc cette fois là je ne connaissais personne sur le festival. Je suis depuis deux ans en burn out, je n'arrive plus trop à profiter des festivals, malgré quelques moments de réussite. Je covoiture avec 2 personnes, mais rapidement je m'ennuie, je ne me sens pas dedans, j'hésite à me casser. Je cherche du speed pour être plus euphorique et énergique sans succès. Je finis par rencontrer deux belges qui me dépannent entre 1/2 g et 1g de speed. Tout de suite cela va BEAUCOUP mieux. Je tape du speed toute la journée. Je dors un peu la nuit qui suit, j'essaie de manger le lendemain un petit peu. Je me réjouis car j'ai fait connaissance avec mes covoitureurs et leurs amies et iels sont vraiment adorables. Je les aime, je passe une après-midi entière avec deux amies trop douces qui se maquillent ensemble. J'admire l'amitié féminine, je suis aux anges dans la proximité qu'elles m'offrent. Elles apprécient ma présence. Elles me maquillent, me font deux tresses. J'ai bu tout l'après-midi, je commence à être soule. 3 membres de l'équipe qui ne sont pas avec moi à ce moment sont censées prendre un acide avec moi. Mais on communique mal et je prend un buvard entier toute seule après avoir échoué à le séparer en deux avec les doigts, en avance sur elleux. Plus tard je regrette de ne pas avoir juste pris le gros morceau (2/3) au lieu de tout avaler.

Le truc monte très vite, je ne peux même pas admirer mon maquillage. J'ai pris deux traces de speed pendant la montée histoire d'être bien réveillée. Je retrouve les autres qui prennent un quart d'une goutte indéterminée qu'iels ont trouvé la veille, une heure après moi minimum. Je commence à galérer, on finit par me guider vers le son après que j'ai expliqué que j'y serais plus à l'aise.

Un duo de meufs DJ débute un set complètement incroyable de "techno percussive". Le truc est super actuel et gang, je kiffe à mort. C'est tellement lourd. J'ai l'impression d'être face à des envoyées de Dieu, et que j'ai une chance absoluement démente d'être là dans ce moment de musique historique. Qu'il faut absolument que mes amis d'Ethereal Decibel Company les programment à leur festival (plot twist, ils l'ont déjà fait), que ce sont des futures stars. Je suis à l'aise, j'évolue sur le dancefloor, je fais des moves pleine d'assurance. L'ambiance est électrique et complètement folle. Un copain me demande si cette sensation que tout le monde est trippé quand on trippe est commune, je lui réponds que oui. L'ambiance de ce festival est folle avec notamment des gens nus dont un type tout nu avec une petite sacoche qui semble faire délirer plein de gens par son excentricité. Le set se termine, un autre set commence et est très bon aussi. La meuf jette des oeillades en souriant autour d'elle. Elle sait que le moment est cool, elle sait qu'elle mixe du bon son.

Des trucs bizarres se produisent encore, un type apparait qui danse trop bien, avec quasi les mêmes baskets que moi. J'ai l'impression d'un clone de moi en mec cis. Je tourne la tête et là une image totalement niquée apparait. Une masseuse fait un massage assis à une personne sur un siège de massage... à deux ou trois mètres de la DJ. Tout ce qui m'entoure n'a plus grand sens. Je pers mes repères. J'ai tout le temps envie de pissser et mon corps est trempé. Est-ce que je me suis pissé dessus ? Pourquoi il fait jour ? La nuit n'était pas encore tombée ? Je ne sais plus du tout si le temps a encore un sens. La réalité commence vraiment à perdre tout son sens, je n'y crois plus, tout le monde semble me regarder pour me dire qu'il sait ce que je sais alors que je ne sais pas de quoi il s'agit. Je me dis que je suis dans un délire typique de fracassée sous speed, un truc à la P.K. Dick. Je commence à me dire que le monde s'effondre et que je vais apprendre que j'ai fait une bêtise. Je lutte, j'en parle aux autres. Je lutte mais ça ne passe pas. On finit par m'emmener à la RDR. Une copine a commencé aussi à bader et est dans l'espace d'à coté au stand. On essaie de me nourrir, on m'accompagne pour pisser. Je veux me cacher dans ma tente car je ne fais plus confiance à rien ni personne. Mais on me refuse d'aller dans ma tente, me dit que c'est une mauvaise idée et que je ferais mieux de rester ici et de manger. Je paranoïe de cela. On veut me garder enfermée quelque part. Mais pourtant il ne se passe plus rien, on m'invite juste à me poser et patienter que ça passe, on me parle, on essaie de me faire parler mais je reste mutique et le ton de ma voie doit trahir le fait que je n'ai plus confiance dans les autres. J'hésite à m'enfuir en courant.

On finit par me laisser partir pisser seule, j'en profite pour aller à ma tente. Là un autre copain m'a déjà rejoint. Je lui réclame de rester à ma tente. Il me dira plus tard qu'ils avaient trop peur que je reste seule et qu'il m'arrive malheur. D'ailleurs quand je lui dis que je vais boire du vin rouge il essaie de m'en décourager. Quand je finis par voir qu'il m'autorise à rester à ma tente, je commence à remettre en question toute la construction mentale que je me suis faite. Et au moment où il s'apprête à me laisser, je repars finalement avec lui, avec un grand verre de vin rouge pour me faire redescendre. Mais l'épisode psychotique s'est terminé. Je suis épuisée et j'ai du mal à revenir dans le son.

Je me dis plus tard que j'ai déjà vécu ça plein de fois et qu'à chaque fois je me fais baiser par moi-même. Je me dise que je vais me trouver un petit pendentif où je puisse y glisser ce genre de mot :

"Tu es juste trop trippée. Mais les autres existent, le monde existe, et tu n'as rien fait de mal. Tu peux te libérer de cette construction mentale anxieuse de personne traumatisée. Tu es une personne profondément bienveillante et éduquée. Parle aux autres, demande leur un calin, d'aller voir un autre son, de te changer les idées. Dieu est avec toi. Va danser pour le monde et les autres, et avec eux."

J'aimerais retenter l'expérience au Hadra 2026. J'y serai sans mon équipe habituelle, si quelqu'un veut m'y voir, MP.
 
Dernière édition:
Un TR qui illustre bien les difficultés potentielles de prendre du L en festival.

Prendre des psychés en festival... j'ai découvert ça à Ethereal Decibel cette année et j'ai été choqué de voir la concentration de personnes qui trip au LSD, c'est assez impressionnant. Mais j'ai vu aussi pas mal de bad trip. Je pense que c'est beaucoup plus difficile de gérer un trip à l'acide en festival, rien que pour la montée qui peut être costaude. Je pense que le top c'est de pas prendre des trop grosses doses, et de le faire à un moment où t'es en forme psychologiquement et physiologiquement, c'est à dire apres quelques bonnes nuits de sommeils (et pas pleins de speed 🙃).

Peut-être que des trips stopper aurait pu t'aider ? ou de la valériane à la limite pour te calmer. Le speed et la fatigue ont du rajouter de l'anxiété au LSD qui peut déjà en créer par sa pharmaco.

Faudra que je le fasse celui là aussi, un classique
 
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