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[4-MMC / méphédrone] Contrainte à la prise de drogue dans un cadre de pression conjugale

Je trouve que ta capacité à analyser et prendre du recul sur les situations est assez remarquable. Sur le fond, je trouve tes réactions logiques et courageuses. Et je te souhaite de trouver plein d'amour dans ta vie, tu es une très belle personne <33
 
Je plussoie Herbivore, tu as une capacité d'analyse et d'introspection assez impressionnante, et ça se voit dans la façon dont tu retranscris l'ensemble de ton vécu ainsi que dans les concepts et conclusions que tu parviens à dégager. Après, venant de toi, j'avoue que ça ne m'étonne pas du tout 😊.

En tout cas, heureux de lire que tu parviens petit à petit à te reconstruire, que les choses avancent dans le bon sens. Avec toutes les merdes qui te sont arrivées, et finalement à peine 1 mois après ton premier message, ça dénote d'une forte résilience qui à de quoi laisser pantois.

En te souhaitant que l'avenir soit meilleur, plein de beaux événements, de belles rencontres et de bonheur pour la chouette personne que tu es ❤️.
 
Même chose que les copains, je trouve vraiment super que tu arrives à avancer. Tu ne tournes plus en rond sur le traumatisme, mais tu analyses avec du recul, tu en tires des conclusions. Ca, c'est vraiment très bien.

Ce n'est pas pour trouver des excuses à qui que ce soit, mais comme je l'avais déjà dit, on change, tout le temps.
Une personne qui pouvait parfaitement nous correspondre changera. En bien, en mal, en simplement différent, mais elle changera. C'est une grande chance si c'est encore quelqu'un qui nous plait, avec qui on reste "compatible", mais ce n'est pas toujours le cas.

Enfin, j'aime beaucoup ta liste RdR, c'est sympa de faire profiter les autres de tes conclusions, ça peut aider chacun à ne pas tomber dans les mêmes pièges. Merci pour ça 👍

Continue à prendre soin de toi.
 
J'ai mis du temps à répondre parce que j'ai trouvé que tout avait déjà été dit.

Reste à te faire savoir que je suis vraiment heureuse pour toi !!😌

C'est génial ces déclics, parfois la vie semble stagner et puis d'un coup pouf, ça se débloque on sait pas trop pourquoi. Enfin... Dans le cas présent si, le fait d'avoir fait un sacré travail je pense, tu as du mérite dans tout ça !!

Xoxo et vraiment je réitère que je suis super heureuse. Ça a contribué à refaire ma journée de l'apprendre, merci de donner des news ! 😉
 
Tant mieux que ça réjouisse au moins une personne haha
 
Baaah perso je me sens plutôt endeuillée, même si c'est mieux que traumatisée j'ai pas non plus le cœur à me réjouir.

(et oui j'ai compris ton intention, merci de ta réjouissance)
 
Dernière édition:
Je sais que je vais douiller pendant au moins les dix prochaines années. J'y penserai un petit peu chaque jour, et trop souvent, j'aurai besoin de m'arrêter pour tout me raconter du début à la fin et pleurer. Quand un garçon gentil s'intéressera à moi, je ne penserai qu'à anticiper sa façon à lui de me faire du mal. Je rapporterai chaque événement de ma vie, petit ou grand (du passage en caisse au mariage d'un ami) à cet événement-là, en essayant de mesurer ce qui m'en éloigne ou m'en rapproche, sans savoir si cela m'attriste ou me réjouit. Je me passerai de la crème hydratante autour des yeux pour apaiser la brûlure du sel. J'écrirai plein de textes avec l'impression de m'en libérer, mais à chaque fois ce ne sera qu'un soulagement bref. Parfois j'aurai envie que quelqu'un me rassure, et puis le souvenir d'avoir été rassurée par mon ex se mélangera à celui de la violence et j'aurai envie que tout disparaisse. J'aurai des accès de tendresse aussi disproportionnés que mes accès de colère et de désespoir. Bref : je serai pour longtemps encore cette meuf borderline, insécure, hystérique, "intense". Je suis en train de faire le deuil de mes espoirs d'avoir un jour une vie normale, des relations normales. Même quand la blessure du 22 Mars 2025 s'apaisera, il restera tout ce schéma de répétition de violence que cet événement a ratifié. Je n'ai pas le courage de refaire ce travail d'apprendre à faire confiance, jauger, supporter, me dépasser. À quoi bon d'ailleurs, pour donner à encore quelqu'un d'autre l'occasion de tout foutre en l'air ? Je préfère accepter cette identité de freaks et franchement, c'est dur, ça me fait très mal. Une chose me console, c'est de me promettre que je ne laisserai plus jamais personne me faire du mal, pour aucune raison, même si elle a l'air bonne, même si l'on me dit que c'est de ma faute. Je vais apprendre à rendre les coups et pas les armes. Je serai méchante et violente et injuste, et je m'en fous. Je ne peux pas empêcher le mal de m'arriver, mais je peux refuser d'y consentir.

Je partage mes pensées ici parce que je n'ai jamais trop lu l'équivalent alors que je suis certaine qu'on est beaucoup de meufs comme moi. De nos représentations y'en a plein, mais rarement à la première personne. J'aimerais qu'elles se sentent moins seules et que notre vécu ait davantage de valeur.
 
Dernière édition:
Je sais pas trop quoi dire à part que ça m'parle, beaucoup. Le timing est drôle (non), ça fait particulirèment écho à des actualités persos, et donc ça fait encore plus sens de te lire là, maintenant, tout de suite. Force, et autant de joie que possible.
 
Comme tu dis @Acromyrex : je peux pas trop me réjouir du fait que mes paroles aient une raison de faire écho en toi. Mais quitte à ce qu'il y ait cette raison, je suis contente que cet écho ait lieu.

Vivre avec ce genre de trouble signifie naviguer sans relâche entre des états super intenses et pas cohérents entre eux. Hier soir, j'étais triste, et je le serai encore très souvent. Quand je suis triste comme ça, c'est comme une vidange, je ne peux pas m'arrêter de pleurer avant d'être arrivée au bout de la peine. Mais il n'y a pas que de la tristesse. Il y a aussi toute l'énergie créative libérée par la colère et l'insoumission. Je n'ai pas du tout l'intention de laisser ce monde m'avoir écrasée. Un jour je parlerai de ce reste, de ce que ça a de joyeux. On n'est pas condamnées à être des victimes.

J'en profite aussi pour partager cette liste des raisons pour lesquelles je ne suis pas partie à temps. J'ai réalisé que depuis la violence, j'avais passé énormément de temps à essayer de comprendre mon ex, et que lui allouer toute cette énergie était encore lui donner trop de pouvoir sur moi en lui laissant le soin de me valider ou pas. Aussi, je n'avais pas envie de faire ce travail d'anamnèse parce que j'avais l'impression que ça revenait à me rendre coupable de la violence. Mais maintenant les choses sont un peu plus claires, et je peux m'y pencher. Le coupable, c'est la personne qui violente, mais ce n'est pas à moi de comprendre cette personne. Ce n'est pas mon problème, c'est le sien. Pour me faire du bien, je dois comprendre comment le mal m'est arrivé à moi. Voilà donc cette liste, qui vaut aussi pour les violences précédentes et je pense qu'elle pourra être utile à d'autres filles ou personnes victimes de violences.

  • Me dire que je mérite ce qui m'arrive, que c'est de ma faute, sentiment d'une dette, de le devoir à l'autre
  • Avoir appris que c'est normal de souffrir dans une relation
  • Rester comme je voudrais qu'on reste
  • Trop de romans qui se terminent bien
  • En l'autre une foi à déplacer les montagnes (mais l'autre n'est pas une montagne)
  • Avoir honte de ne pas tenir le coup, d'abandonner, d'être infidèle
  • Peur du stigmate associé à la solitude, la vivre comme une punition à tous mes torts dans la relation
  • Douter de mes jugements, épouser ceux de l'autre afin de ne pas être rejetée par lui
  • Être ok pour souffrir si c'est en faveur d'un plus grand bien
  • Chercher des excuses et des explications, des solutions, des accommodements, la meilleure justice possible
  • Valoriser le sacrifice, donner d'autant plus de prix à ce qui le justifie
  • Avoir envie d'avoir raison de faire confiance, et chercher à me le prouver
  • Préférer la sécurité de ce que je connais : "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras"
  • L'impression qu'il n'y a pas d'autre avenir souhaitable, sensation d'appartenance

Une chose qui m'a beaucoup énervée, c'est que j'ai l'impression que certaines de ces raisons étaient bonnes. Jusqu'ici je trouvais cool d'être capable de cette foi en autrui, j'aimais éprouver ces sentiments d'amour insécable. J'ai l'impression que la violence m'a arraché ce qu'il y avait de bon en moi. Mais comme je disais, maintenant j'essaye de voir ce que je peux faire pousser d'autre au même endroit.
 
Dernière édition:
Je partage un point d'Acronymex : je ne sais trop quoi dire si ce n'est les évidences habituelles : c'est injuste, c'est violent, ça n'aurait pas du arriver et ça arrive encore beaucoup trop souvent.

Du peu que je vois et que j'interagis avec toi sur le forum tu as énormément à partager : ta sensibilité, artistique et émotionnelle, ta culture, tes réflexions politiques et philosophiques, tes intérêts tels que la couture...et je me dis que si ça saute aux yeux rien qu'avec de brèves interactions en ligne, alors qu'est-ce que ça doit être dans le cadre d'une relation intime. Par là je veux dire que j'imagine sans mal que la relation est vibrante, vivante, parce que tu as tant à montrer, à faire découvrir aux personnes qui partagent un moment de vie avec toi. Tout cela sans compter tes nombreux messages de soutien dont on a tous pu être témoin sur le forum, ce pendant que toi-même tu n'étais pas toujours au plus haut, qui montre sans mal une forte et sincère empathie dont on peut déduire sans aucun doute qu'elle se traduise par une profonde bienveillance envers ceux que tu aimes.

Et voilà qu'en retour, tu te prends de l'agressivité, sous toutes ses formes. Alors même que tu te donnes pleine et entière dans la relation, à la place d'un amour réciproque sain et sincère qui devrait te tirer vers le haut, tu reçois des coups, physiques et psychologiques. Des partenaires qui devraient t'apporter sécurité, bienveillance et épanouissement donnent à la place traumatismes, méfiance et blessures. C'est d'une violence inouïe, de celle qui enrage et donne l'envie de revanche. Lorsqu'on sait cela, on serait bien insensible et plutôt cruel de te traiter de freak hystérique. Comment ne pas comprendre tes agissements lorsque l'on connaît la nature de tes relations passées, sinon à être de la même trempe de ceux qui t'on fait du mal ?

D'ailleurs, au-delà même des violences que tu as subi, c'est finalement assez sain et rationnel de se méfier des hommes. Notre groupe est tellement conditionné à la violence, en particulier auprès des femmes, que c'est finalement une juste mesure de préservation de soi que de se méfier de tous, même du gentil garçon qui s'intéresse à toi. En fait, si ce dernier est vraiment si gentil et vraiment intéressé par toi, il comprendra tes blessures et ta méfiance et t'offrira également un amour sain, bienveillant, épanouissant. En fait, il fera en sorte de démontrer qu'avec lui, contrairement aux autres, tu n'as pas besoin de monter ta garde.

Dans tout ce malheur, je suis content et admiratif de voir que tu arrives à comprendre avec autant de lucidité tes schémas cognitifs. Je me dis, et je l'espère, que cela te permettra d'avancer plus efficacement face à cet événement et de soigner au mieux les blessures causées. Egalement, bien que je souhaite que tu ne te retrouves plus jamais dans une situation qui le nécessite, je trouve également positif que tu te promettes de ne plus jamais laisser quiconque te faire du mal. Ceux qui osent t'en faire, peu importe la raison, ne sont pas dignes de ton empathie, ta compréhension, et plus largement de ce que tu as à partager. Ils ne méritent que ton courroux, que tu déchaînes sur eux ta rage, qu'ils comprennent qu'on ne s'en prend pas à toi sans conséquences, histoire de leur passer l'envie de recommencer. Tu as bien raison de n'avoir que faire d'être méchante, violente et injuste envers eux, après tout c'est qe que eux t'auront donné en premier.

Je ne peux que te souhaiter courage et force pour naviguer dans ce brouillard, et que tu puisses avoir le temps nécessaire pour cicatriser petit à petit. Même si tu en fais le deuil de ton côté, j'espère du mien que l'avenir sera pour toi pavé d'heureuses rencontres, de relations enrichissantes, pleine de sens et de découvertes qui t'apporteront réconfort, sérénité et épanouissement. J'espère que si un jour tu te remets à relationner avec un garçon il se montrera digne de toi en te montrant un amour inconditionnel et lavé de toutes violences.

Et je tenais à terminer en soulignant qu'effectivement, comme tu le dis si bien, tu n'es pas condamnée à être une victime. Oui tu n'es pas qu'une femme violentée en cette soirée du 22 Mars 2025, tu es surtout Sorence, une personne dotée d'une humanité, d'une force et d'une intelligence qui forcent l'admiration, et dont la présence est toujours appréciable et de bon augure.
 
Je te souhaite moi aussi que ta douleur diminue, jour après jour.
Le trop plein de sentiments, ça peut être difficile, à la longue.
Gaffe tout de même à ne pas trop te "cuirasser", pour laisser un peu de place à la vie, à ses hasards et ses rencontres, tout simplement.
On est tous désolés de tout ce que tu as pu vivre, c'est avec des abus comme ça que ça ne me rend pas toujours fier d'être un homme. Combien de co.....ries dans le monde ont été faites par des représentants mâles de notre espèce ! :(
Prends soin de toi, et n'oublie pas, pour paraphraser Goldman, que tu n'appartiens qu'à toi.

PS : Des "freaks" comme toi, il en faudrait plus dans ce monde.
 
Merci Nymphis, c'est gentil. Mais en vérité ça me gêne un peu. Déjà j'ai l'impression de pas mériter ces compliments. Mais aussi, j'ai l'impression que c'est pas le sujet. Dans le sens où quand on a subi une violence, c'est très difficile de ne pas la ramener à un jugement de valeur sur soi. Même un jugement positif ouvre la porte à ce risque. Peu importe que je sois une bonne ou une mauvaise personne, je ne veux pas me poser cette question.
Même si effectivement, il y a ce sentiment d'injustice car j'ai l'impression que mon amour a été très mal payé. Mais au fond, tu me connais pas. Je suis peut-être une personne horrible en privé. On dit souvent ça de gens qui font des choses affreuses : "je m'en serais jamais douté". J'ai pas envie de me poser ces questions. La violence se situe en dehors de la moralité. Même si j'avais été affreuse, je n'aurais pas dû être violentée.

Aussi, j'ai envie de réagir à propos de ce garçon du futur qui me comprendrait et avec lequel je pourrais être tranquille, contrairement aux autres. Mon ex a été cette personne, pendant plusieurs années. J'ai baissé mes défenses, je lui a accolé cette étiquette "bon gars", et quand il a commencé à être mauvais, je ne l'ai pas vu. Je pense qu'il faut vraiment se méfier des jugements qu'on porte sur les gens. Ils nous enferment et nous aveuglent.
 
Désolé si cela t'as quelque peu gênée, c'est que j'ai voulu écrire sur une diversité d'éléments pour apporter un meilleur soutien. Oui effectivement je ne te connais pas, je ne sais pas comment tu agis en privé. On en avait parlé dans le topic de "juste pour dire" sur un tout autre sujet, j'y ai pensé pendant que j'écrivais mon post d'ailleurs. Cependant je ne jugeais pas pertinent (carrément déplacé même) de prendre ce genre de choses en considération dans un contexte où tu te livres à nous sur des violences que tu as subi. J'ai donc préféré passé outre.

Pour continuer sur les compliments, je vois que ma crainte que ces derniers soient interprétés comme "tu ne méritais pas de te faire violenter parce que tu es une bonne personne" est advenue. Si j'en ai fais, en passant donc au-delà des considérations du style "à supposer que tu sois pareille en privé", c'est parce que je les pense sincèrement déjà, mais que j'ai pu constater par le témoignage de mon entourage (et du tien) que la chose la plus saillante qui ressortait dans ce genre de situations, c'est à quel point ça mine la confiance en soi, te fais te dire si au final tout ça c'est pas ta faute, si tu l'as pas cherché. Par ces compliments je ne voulais pas dire "tu ne mérites pas la violence car tu es quelqu'un de bien" mais "ce que tu as subi n'est pas de ta faute et ne saurait entacher la personne que tu es". C'est ce qui m'a semblé le plus important à te dire.

Et je te suis totalement sur ce que tu dis par rapport à ta réaction sur le garçon du futur. En effet on ne peut jamais se fier complètement à ses jugements et être sûr de l'évolution d'une personne, et l'histoire avec ton ex le montre bien. Je te souhaite simplement que, si tu es de nouveau amenée à relationner avec un ou plusieurs garçons, plus jamais aucun d'entre eux n'use d'une quelconque forme de violence, que ce soit la dernière fois que cela t'arrive dans ta vie.

En espérant tout de même que mon message t'aies apporté plus de soutien que de doutes.
 
Merci en tous cas :)
 
Hello ! J'ai écouté ce témoignage de la députée Sandrine Josso, qui a été victime de soumission chimique.

Dans le premier post, j'ai expliqué la différence entre contrainte à la prise de drogue et soumission chimique. Néanmoins, la soumission chimique implique la contrainte à la prise de drogues. Et ce doit être pourquoi j'ai reconnu beaucoup de choses dans son témoignage.
Elle raconte que le type lui a fait prendre 3x la dose récréative de MDMA à son insu. Bon déjà qu'en prise consentie ça doit pas être si agréable... Mais c'est intéressant d'entendre qu'un empathogène, quand on n'en a pas envie, ce n'est pas un bon trip du tout.
Ce qui m'a donné envie de relayer son témoignage c'est surtout des éléments de l'après, où elle décrit les mêmes choses que moi : le temps qui n'avance pas. Une sensation d'accélération continuelle (pour moi : de chute). L'incapacité à travailler. Avoir peur de tout, de choses aussi anodines que taper un digicode, et pleurer énormément. Ce sont des symptômes habituels du trauma, mais je pense que le fait que ce trauma soit lié à une prise de drogues a une incidence particulière : toutes les perceptions sont impactées, et on ne peut pas désigner précisément un objet menaçant, la menace est globale.

J'aime bien, dans ce témoignage, ne pas avoir entendu de toxicophobie. Elle met aussi l'accent sur les inégalités territoriales de santé, ce qui est hyper important. Merci à elle de si bien cadrer le problème des violences faites aux femmes.

J'en profite pour donner de mes nouvelles, histoire de ne pas vous inquiéter. Je vais bien :) je suis a fond dans le déni/évitement et, même si ça sonne mal dit comme ça, en fait, ça me donne un répit vraiment bienvenu. C'est assez étrange à vivre. J'ai l'impression d'être une autre personne, et ça me fait du bien. Je me dis que c'était un mauvais rêve, ou que ce sont les souvenirs de quelqu'un d'autre, comme si j'étais un genre de cyborg à qui on avait implanté une mémoire externe. Je peux faire un lien discursif entre elle et moi (je dis "je" pour nous deux), mais j'évite la charge émotionnelle associée. J'évite aussi de me lier à des gens, de parler de mes sentiments, tout ce qui pourrait me faire sentir vulnérable. Je ne veux plus recevoir de compassion (ou seulement de la part de personnes qui ont vécu les mêmes choses que moi). C'est vraiment très différent de mes stratégies jusqu'ici. J'aurais jamais cru pouvoir dire : "I love dissociation" (autrement qu'en prenant de la kétamine) !
 
Je ne pense pas que ce soit du déni/évitement, comme tu le décris, mais juste le fait de commencer à faire appartenir le trauma au passé, réellement, et non plus à une espèce de présent qui patine.
C'est pour ça que c'est bien (parfois) de vieillir un peu, on finit par digérer, assimiler, des choses qu'on ne pense pas pouvoir oublier. On n'oublie pas, mais on classe, on range, dans l'expérience passée.
Content pour toi.👍
 
Hello, merci pour ta réponse. Non, je ne crois pas ce que soit ce que tu dis. J'ai déjà eu des peines très fortes qui se sont amenuisés dans le temps, je vois cette décroissance graduelle. Là c'est différent. Je vais essayer de décrire.

Je sens une rupture nette entre deux parties de moi. L'une est en arrière, coincée dans le trauma. L'autre s'en est échappée en laissant sa copine derrière elle.
Ces deux parties ne sont pas étanches : si je me laisse à réfléchir/ressentir des trigger, à replonger dans mes souvenirs, débattre, je me retrouve en arrière. Mais ce que je trouve agréable, c'est de pouvoir en partir et rejoindre ma nouvelle identité.
Celle-ci repose sur la reformulation de mes pensées et souvenirs. Je me dis que je n'ai pas vécu ça, ou que ça concerne quelqu'un d'autre, ou que c'était au mauvais rêve, ou un livre que j'aurais lu récemment. Ça me permet d'avoir du détachement, de ne pas ressentir la douleur. Beaucoup de nos souffrances viennent de ce qu'on sait qu'elles nous arrivent à nous ; alors que si le personnage d'un roman souffre, nous, on n'en souffre pas (ou si peu, avec presque un plaisir pervers...). Mais pour que l'illusion fonctionne, je dois éviter les situations, gens, choses, qui m'identifient trop fort à celle que j'étais avant. Il y a des activités que je ne peux plus faire parce que ça demanderait trop de sincérité émotionnelle. Je n'ai pas envie de parler aux gens que je connaissais avant. Quand je pense à des choses passées, je n'ai ni fierté, ni honte, ni joie, ni nostalgie, car cela ne me concerne pas. La seule vie qui me concerne est celle qui a commencé maintenant.

C'est une expérience assez étrange. J'avais toujours évolué dans des éthiques de affronter / assumer / ressentir / transformer, alors j'étais pas sûre que ce soit bien sain. J'en ai parlé à mes deux psy. Elles ont dit que le déni et la dissociation sont des processus mentaux normaux et très efficaces pour se protéger. Si j'en ai besoin maintenant, alors c'est bien.
 
Je comprends (peut-être) mieux. C'est toujours difficile de se mettre à la place de l'Autre.
Le mécanisme ne doit pas être mauvais en lui même, tu as conscience de son existence.
Peut-être une sorte de mue psychologique, pour aller vers une nouvelle Sorence, libérée de ce fardeau et apte à être heureuse. Nos cerveaux sont des machines complexes, mais bien fichues quand même.
En tout cas, ça va dans le bon sens. Keep going.;)
 
Je trouve effectivement l'analyse de Tobold pertinente : cette sensation d'ubiquité de ta personne, l'une en arrière dans le trauma et la reviviscence permanente de ce qui s'est passé, l'autre en avant qui commence une nouvelle vie, pourrait être une métaphore d'une phase de transition vers un nouvel état psychique post-traumatique. Peut-être une forme de résilience qui commence qui sait, mais je ne peux m'avancer sur le sujet.

Ça me fait poser une question (je comprends que tu veuilles pas y répondre étant donné que c'est faire remonter des souvenirs difficilles) : quand tu parles d'une personne en avant et une en arrière, est-ce que c'est comme une impression qu'une partie de toi est restée bloquée au 22 Mars 2025 et y vit les traumas associés en boucle tandis que l'autre est parti devant pour s'en détacher ?

Pour l'histoire du déni c'est vrai que ça semble contre-intuitif car connoté péjorativement, mais c'est une protection psychique efficace, j'avais également pu le lire dans des articles de psychologie. Cependant c'est plutôt dans le début qu'il est efficace, s'il vient à trop durer et/ou trop s'intensifier alors son action devient nocive pour le processus de guérison. Mais bon avec le temps et l'aide de tes deux psys j'imagine que tu pourras établir d'autres stratégies pour continuer sur le processus de résilience, la actuellement si le déni/l'évitement marche c'est tant mieux !

Content de.lire que ça va bien pour le moment, en espérant que ça continue.
 
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