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[Sujet de la Semaine] Consommation et pression sociale

#1
Comment vivez-vous votre consommation au sein d'un groupe de consommateurs ? Vous arrive t'il de consommer alors que ce n'était pas votre volonté de départ ? Pour faire plaisir à quelqu'un ou pour ne pas que ce soit "bizarre" ?
Évitez-vous certaines personnes en sachant que de les voir vous forcerait à consommer ? Et vous, vous est il arrivé d'inciter consciemment ou non quelqu'un à consommer ?
À l'inverse, la pression sociale vous force t'elle à ne pas consommer dans des contextes qui au contraire serait pour vous de bons moments pour le faire ?
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#2
Question hyper intéressante je trouve (t'arrives encore à en trouver alors que ça commence à faire pas mal de semaines, bien joué^^)

Je pense que il faut faire la diff entre milieu/contexte social et pression sociale. Par exemple c'est clair que je proderai beaucoup moins si j'avais un cercle d'amis qui ne consommaient pas, et que je n'allais pas en teuf. Mais on peut pas appeler ça de la pression sociale par ce que quand ces amis et ce contexte me pousse à proder, c'est pas contre mon gré, ou contre mes intentions de départ, bien au contraire. D'ailleurs, je me rend bien compte qu'en général c'est plutôt moi qui pousse les gens à consommer. Pas en les forçant ou en faisant pression sur eux, mais juste en leur proposant de la drogue, par ce que j'adore partager ma drogue et je fais toujours en sorte d'en avoir assez pour partager. Sauf que proposer de la drogue à quelqu'un dont tu connais d'avance la réponse par ce que il se laisse vite tenter, c'est comme même de l'incitation. Si la personne ne voulait pas proder à la base mais que tu lui propose un truc, tu le fait comme même trahir ses intentions de départ. Donc la ligne est fine. Je trouve ça particulièrement dur à gérer quand je propose à quelqu'un de plus jeune ou dont j'estime qu'il faudrait peut-être qu'il s'abstienne de proder. Sauf que on est pas dans la tête des gens et c'est dur de savoir si on voit juste.

Tout les cas que j'ai cités ne relèvent pas de la pression sociale pour moi, par ce qu'on ne force personne à rien, implicitement ou explicitement. On laisse la personne décider, mais on sait tous que les junkies que nous sommes ne font pas toujours les bons choix...
'Je vadrouille à travers les jours comme une putain dans un monde sans trottoirs.'
- Emile Cioran
#3
Je suis globalement d'accord avec Skruffy, bien que pas très à l'aise avec le terme "junkies" et la notion de "bon choix".
Il m'est déjà arrivé de craquer pour une session, voire même tester un nouveau prod que je m'étais juré de pas toucher, juste parce qu'il y en avait de dispo avec des gens autour qui consommaient. Pas de la pression, même pas forcément de l'incitation dans mon cas (quoique j'y aie déjà eu affaire, et j'en ai même fait un peu moi-même par le passé j'y reviens), juste me laisser entrainer.

Pour cette raison, récemment j'ai décidé que lorsque je fréquente quelqu'un qui prode des trucs hors de mes limites auto-imposées, je lui demande d'éviter de m'en parler ou surtout de pratiquer en ma présence (s'il ou elle veut consommer ielle me le dit en amont et je choisis de pas venir, sur le papier). Je ne sais pas si c'est une bonne tactique... l'est pas toujours facile à mettre en œuvre et met parfois quelques barrières dans la relation je trouve, erf.
Mais ce qui est sur c'est que voir et parler avec des gens qui, sans même nécessairement me proposer quoi que ce soit (mais quand c'est le cas bien sur c'est pire), consomment, m'influence. Le fait de baigner dans le milieu me fait banaliser certains usages dans ma tête et à la fin je me dis "rofl, alleeeez une fois juste une", sauf que si ça me plait bein même si c'est pas toujours le cas il m'arrive que ce soit pas "juste une", au final, et que j'y revienne.


Sinon ado je trouvais ça tellement extraordinaire comme découverte, que oui j'en faisais parfois l'apologie à certaines personnes. Mon entourage de mon âge le faisait bien avec l'alcool et les clopes "t'as déjà été bourré? C'est trop trop bien!" "vas-y reprends un verre, lâche-toi!" "essayes de tirer pour voir *rires collectifs quand tu tousses*",... Durant plusieurs mois, malgré déjà un pied dans la RdR et la volonté d'informer au maximum et que tout se passe pour le mieux, j'ai appliqué cette antilogique à d'autres substances, à ma grande honte aujourd'hui. Heureusement entre ma timidité et certaines circonstances, personne n'a jamais rien testé par ma faute au final.

Et aujourd'hui oui, quand on me propose de tester un truc pour lequel il est clair que c'est hors de ma limite, ça me met sur les dents, surtout quand j'ai déjà dit non au par avant (oui ça m'arrive). Mais heureusement c'est assez rare.



Et pour la dernière, l'opposé: ne pas consommer dans un moment propice par pression sociale, bein ça oui, je le vis absolument à chaque fois que je consomme avec des gens lambdas à proximité, et là on peut clairement parler de pression sociale implicite (inutile qu'elle soit explicite quand c'est dans la loi et les moeurs). La fameuse obligation de se cacher, le stress qui va avec, et parfois les bads (je ne consomme plus en milieu festif avec des gens non-consommateurs ou au moins non au courant que j'ai prit un truc, ça finit potentiellement mal). Avec toujours l'épée de Damocles au-dessus de la tête.
"Il n'est de plus lourd fardeau, que d'exister sans vivre."
(mon arrière grand-père)

l <3 5-HT & DA ~
Si tu peux lire ceci c'est que tu as l'âme d'un.e explorat.eur.rice, de bons yeux (ou une fonction zoom sur ton navigateur sophistiqué) et même mieux, que tu sais mettre un texte en surbrillance! Et ça, c'bow. :3 T'as tout mon respect.
RemAIDES #115 (dispo en CAARUD)
#4
(22/04/2020 21:51)Skruffy a écrit :
Question hyper intéressante je trouve (t'arrives encore à en trouver alors que ça commence à faire pas mal de semaines, bien joué^^)


Haha, on va dire que le manque d'assiduité a vraiment les proposer une fois par semaine peut aider ! Mais ouais, j'en ai encore pleins en tête, il y a tellement de question intéressantes à se pauser, et j'aime bien l'idée de pas toutes les poser d'un bloc, sinon personne n'y répondrait jamais Smile

Sinon pour vous répondre à tous deux, je pensais par pression sociale, le fait de se sentir obligé de conso alors qu'on à pas envie, car d'autre le font et que "ça le fait pas" si on les laisse consommer seuls.
Je connais certaines personnes qui supportent pas consommer seul, mais qui adorent consommer, et dont je suis le consommateur principal de leur entourage, il leur arrive parfois d'insister à ce que je consomme, car ils ne veulent pas se retrouver seuls à être def, mais on très envie d'être def.

Mais j'aime bien l'approche que vous avez pris ça rentre bien dans la question aussi ! Merci pour vos retours Smile
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#5
J'ai l'impression qu'il y'a une séparation assez rigide dans ma tête entre les drogues qui m'attirent et les autres, si l'on consomme devant moi ou m'incite à consommer des produits qui ne m'attirent pas vraiment, ça me laisse assez indifférent  et ça ne me perturbe pas qu'ils consomment à coté de moi, à la limite je suis curieux de quelle quantité ils prennent, comment ils se sentent ...
Quand j'ai consommé avec des amis (cannabis à part), je n'ai pas l'impression qu'il n'y'ait jamais eu d'incitation, on a d'ailleurs l'habitude de se raconter nos perches les plus badantes pour bien monter à l'autre ce qu'il risque et on le planifie à l'avance pour être vraiment dans une humeur propice le jour même . Je crois que ça ne dérange aucun de mes amis de consommer seul (moi non plus) ce qui explique que les prises collectives sont un peu vues comme un évènement et souvent planifiées . Ou bien, si j'ai un prod sur moi qu'un ami voudrait essayer, je n'ai pas de problème  à lui en donner à condition qu'il ait déjà consommé d'autres choses suite à de mauvaises expériences .

Par contre, ce qu'on m'a énormément incité à consommer surtout jeune c'était de l'alcool, un nombre incalculable de soirées ou je buvais sans en avoir envie ou bien je me justifiais pendant une demie heure  . Les lycéens et étudiants qui se mettent ivre mort tous les week end mais comme c'est légal, c'est pas une drogue donc pas problématique ... le pire c'est quand tu consomme autre chose en quantité raisonnable devant un troupeau d'alcooliques et qu'ils sont choqués haha

Sinon pour le cannabis, avec tous mes amis fumeurs on s'offre presque systématisent des joints douilles ou vapos quand on se voit, je crois que on a jamais réussi à résister à la tentation des uns et des autres ^^
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où le chant de la nuit
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#6
@Cookies

Du coup non, jamais vraiment eu ce problème précis, sauf peut-être avec justement l'alcool oui comme Indica, mais quand j'étais ado genre y a huit ans.
Citation :Je connais certaines personnes qui supportent pas consommer seul, mais qui adorent consommer, et dont je suis le consommateur principal de leur entourage, il leur arrive parfois d'insister à ce que je consomme, car ils ne veulent pas se retrouver seuls à être def, mais on très envie d'être def.

Je pense que me trouver dans ce genre de situation me déplairait beaucoup personnellement^^" Après ouai on m'a déjà incitée à des trucs pas rdr (genre mélanger de la MD et de la 3-MMC) mais j'ai pas cédé et c'est resté très anecdotique. Après faut dire aussi que je cotoie pas tant d'UDs illégales que ça, donc ce dont je parle c'est juste les quelques fois que j'ai vécues.


Mais oui je trouve l'alcool assez incidieux comme c'est complètement dans la culture, si tu es à une soirée où ça coule à flots tout le monde est bourré sauf toi ça devient vraiment super dur de s'intégrer, en tout cas dans mon cas. Du coup les gens n'ont pas besoin de faire explicitement pression pour qu'il y aie... pression.
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RemAIDES #115 (dispo en CAARUD)
#7
Ah oui clairement l'alcool c'est impressionnant la pression sociale qu'il y a autour, je la constate si souvent.
Surtout chez les ado et étudiants, il y a vraiment un culte de l'alcool assez flippant.
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#8
Chez les plus âgés aussi l'alcool peut être banalisé selon le milieu et le contexte, pas boire régulièrement de grandes quantités mais un peu tout au long de la journée tous les jours
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#9
Oui la banalisation de l'alcool c'est encore autre chose Wink
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#10
C'est marrant parce que la pression sociale que vous décrivez avec l'alcool, je reconnais parfaitement son existence mais je trouve que la pression sociale est bien plus forte avec le tabac et la weed, et pourtant moins reconnue. Alors que dans les groupes de consommateurs c'est omniprésent... c'est vraiment une pression sociale bien établie et systémique, pas juste de l'incitation. Je l'ai pas vécue comme moins dure que l'alcool, bien au contraire. Et en plus elle est quotidienne, contrairement à l'alcool, qui est plus la pression du samedi soir.

Au niveau du tabac, c'est limite une structure de bande; genre les gens se rencontrent, se draguent, forment les bandes d'amis en se passant des clopes. D'ailleurs, les mecs ne veulent pas trop de filles qui ne fument pas. Vraiment je pense que sur ce sujet la pression sociale est pas la même entre les femmes et les hommes. Les meufs prennent ça comme un acte de "meuf libérée" et les mecs prennent ça comme un minimum syndical pour être baisable. Je déconne pas, la clope est vraiment le minimum syndical de la drague et de l'étiquette "féministe", et la weed passe souvent avec. D'ailleurs c'est la conséquence de toute une campagne de promo américaine pendant les années 60 pour faire vendre la clope. Non, je déconne pas x) on a montré des femmes clichés de la "femme libérée" à la télé pour que les femmes achètent des clopes pour se sentir " femme libérée" ect... et du coup bah elles sont libtérées = oléolé= wah sexy = je veux que ma petite amie fume = fume ma petite, fume tout ce que tu peux, et du coup fume de la weed aussi pendant que t'y es.

Ce n'est que mon expérience bien sur, je sais que c'est différent partout. je suis en milieu étudiant aussi... artistique... Littéraire par le passé... ça joue sans doute. Pour ma part je cède malheureusement quelque fois, moins maintenant mais toujours un peu.

Mais si je cède c'est surtout parce que;
Au niveau des fréquentations de consommateurs c'est chiant comme pas possible, il faut que je fume, si je fume pas je suis pas cool, et faut toujours me pousser à fumer, pour arrêter les autres drogues ect... c'est du " mais pourquoi tu fumes pas de la beuuh arrête de prendre des trucs chimiques enfin" - parce que eux en prennent moins souvent que moi. Et impossible de ne pas rester une droguée solitaire si je n'accepte pas de tirer de temps en temps sur un pet. Vraiment les drogués que j'ai rencontrés ont du mal à blairer le fait que je ne fume pas.

Je finis par préférer rester avec les alcoolos; pas mal ne comprennent pas ma consommation de drogue, mais ils me poussent à boire que en soirée. Et puis ils savent qu'ils se font du mal en buvant, ils la sentent venir la cuve des WC, donc ils ne joueront pas le snob qui sait mieux que tout le monde ce que tu dois consommer. - c'est mon expérience hein, juste mon expérience - Ils savent qu'ils sont en train de s'empoisonner. Les consommateurs que j'ai rencontrés eux, c'est juste de l'exclusion pure et simple si je ne fume pas. 

Bref juste pour dire qu'il n'y a pas que l'alcool qui bénéficie de ce statut de drogue quasi-obligatoire, et je crois que beaucoup de consommateurs sont tellement occupés à clasher l'alcool et à faire l'apologie de la weed qu'ils se rendent même pas compte qu'ils ont ce comportement. Mais chez les consommateurs que je fréquente, c'est la weed et le tabac qu'on veut absolument te faire gober, pas l'alcool . D'où le fait que j'en profite pour développer ici, ça me paraît être dans le thème et je vous avoue que ça m'énerve que ce sujet soit aussi peu abordé alors que je vous jure, j'ai l'impression que tout ceux qui ne fument pas le vivent... Est-ce que c'est parce que ça n'arrange pas la réthorique des consommateurs, de ne pas être du coté des marginaux sur un sujet? 
Pardon, je provoque un peu là, et ça sort du sujet x) mais ça me donne un peu cette sensation.
#11
Salut ! Merci pour ton retour plus qu'intéressant !

Étant non fumeur, je vois ce que tu veux dire, personnellement la weed, c'est seulement de temps en temps, et je vaporise, je n'aime pas la combustion.
Et effectivement, il m'arrive fréquemment que mes rencontres avec d'autres consommateurs soient ponctué d'intérrogation quand on a parlé de prod tout la soirée, et que je refuse de tirer une latte sur un joint qui s'offre à moi. OU alors qu'une trace par ici ou par la (je n'aime pas consommer les prods des autres, surtout si je les ai pas identifiés ni pesés).
Par contre j'ai absolument pas ce soucis dans mon groupe d'amis proches, mais en même temps il n'y a aucun fumeur régulier, que des occasionnels.

J'apprécie justement ton post, car c'est un peu ce genre de témoignage que je cherchais a avoir, pour identifier un peu si c'était quelque chose d'aussi fréquent que ce dont j'avais l'impression d'assister régulièrement.
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#12
Il faut dire que mes amis proches ne consomment pas pour la plupart, ou peu, ou surtout de l'alcool.
En tout cas contente que ça te soit utile.
#13
Tout comme Lunatic j'ai ressenti une forte pression sociale envers le cannabis à l'adolescence. Néanmoins je ne l'ai pas vécu comme imposée activement par les pairs. Personne ne m'a dit que je n'étais pas cool parce que je ne bédavais pas. Par contre on m'a dit que j'étais cool parce que je bédavais. Donc il y avait une pression positive, valorisante, qui poussait à consommer pour se sentir inclus dans le groupe.
Parce que le cannabis a cette image de drogue qui rend chill, indépendant, une drogue illégale mais pas dangereuse, un marqueur d' "ouverture d'esprit". Au lycée, si tu ne fumes pas de cannabis c'est que t'es une personne sage, donc non-contestataire, donc pas intéressante. Et en fait je détestais les effets du cannabis mais je préférais penser que le problème venait de moi et qu'avec du temps et de la persévérance ça finirait par passer, et qu'alors je serais comme les gens pour lesquels j'avais de l'estime.
Finalement les bad trips se sont juste amplifiés jusqu'à devenir des idées suicidaires et autres joyeusetés. Donc j'ai complètement arrêté (vers 20 ans) et je m'en porte très bien. Mais ouais l'adolescence c'est pas le top des périodes pour faire ce genre de choix. À la fois on se croit très libre et indépendant, et à la fois on est extrêmement vulnérable à l'identification.

C'est d'ailleurs ce levier d'identification qui utilise l'alcool comme rite de passage dans les soirées d'intégration de grandes écoles. Ce qu'à titre personnel je trouve très nul et délétère. Même si les participant.es prétendent que "personne n'est forcé.e", concrètement, une personne qui ne veut pas boire ne sera pas vraiment incluse dans la soirée (voire ne devra pas s'y rendre) et son choix deviendra un stigmate, même léger : ceux qui picolent sont dans la norme, et ceux qui ne picolent pas sont remarqués ; il y a ceux qui étaient là, et ceux qui sont restés à l'écart. Dans un contexte qui vise à l'intégration sociale, c'est évidemment très rébarbatif.
Et je ne comprends pas pourquoi utiliser l'alcool, qui est un produit hautement toxique et, outre son effet désinhibant, très peu intéressant. Enfin de façon générale je ne comprends pas pourquoi utiliser un produit psychoactif. À quoi ça rime de se modifier l'esprit, sous forme de gages et de punitions, pour être admis dans un groupe ? C'est plutôt en pleine possession de ses moyens que ça devrait avoir lieu. J'imagine que c'est pour le côté légèrement transgressif de la biture qui fait partie des grands rites de passage à l'âge adulte.

M'enfin comme le dit Morning Glory c'est cool de remarquer aussi les pressions sociales pour ne pas consommer certains produits : la normativité va dans les deux sens. Selon les milieux ça peut aller jusqu'à des stigmates extrêmement violents (des membres de ma famille par exemple voient les drogués comme des gens sales et dégénérés, quel que soit le produit).
« Même s'il est possible que nous soyons, en dernière analyse, tous liés les uns aux autres, la spécificité et la proximité des connexions comptent (avec qui nous sommes liés, et dans quelle mesure). C'est au sein même de ces relations qu'adviennent la vie et la mort. »

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#14
Jusque là je trouve que les dynamiques touchant à l'alcool et au cannabis autour des années lycée/premières années d'études ont été très bien résumées, mais j'aimerai préciser encore le fait que ça dépend vraiment du milieu, même au delà de consommateur/non consommateur.

J'ai connu deux écoles post bac, une plus "artistique" que l'autre. Dans la première il y a beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup de fumeurs. T'as pas de feuilles tout le monde dépanne. Tourne la tête à gauche : ça fume un joint. À droite devant la caffette : ça fume des joints. Et ça fait des années que c'est comme ça. Pour autant les non fumeurs, qu'il s'agisse de tabac ou de cannabis, sont pas mal vus, même plutôt respectés pour leur capacité à résister à la tentation dans un milieu pareil.
Dans la deuxième c'est l'exact opposé, si tu fumes pas de tabac et que tu bois pas t'es bizarre, par contre j'ai entendu des propos là bas sur la weed d'une connerie mais comme jamais. Et les autres produits j'en parle même pas.

Par contre j'ai eu quelques expériences assez surprenantes dans le monde du travail, lors de grosses soirées dans les locaux notamment. Moi j'y suis allé en sachant très bien que tout le monde allait finir torché, et par reflexe on me dit soirée je prend ma beuh en me disant que je trouverai bien un coin peinard pour fumer. Et bien au lieu d'aller fumer en scred à la fenêtre je me suis retrouvé devant mon poste de travail à faire tourner des grosses battes à des pères de famille de 40 ans qui étaient refaits d'avoir à fumer!

À l'opposé de ça, une soirée chez un pote avec des camarades de classe (4eme année post bac quand même), on se barre avec un ou deux pour prendre de la ké... bah les regards quand on est ressortis de la chambre, ça faisait pas plaisir.

Alors forcément, entre en jeux la reception par le plus grand nombre des différents produits, entre "drogues dures et drogues douces" mais j'avoue que depuis je comprend plus rien et je me cache un peu, ou alors je prend que quand je suis avec des gens qui savent déjà que je suis consommateur de produits divers et variés. À ce moment un bon pote essayait de dédiaboliser un peu le truc au sein de ce petit cercle qu'on connaissait pas tant que ça, moi j'ai arrêté et je pense que c'était la pire idée. Je préfère faire ça dans mon coin, je sais que je suis cramé à 2000 avec ma gueule mais au moins on me fait pas chier tant que j'en parle pas et que je le montre pas. Sans être sujet au bad dans ces conditions, c'est juste qu'après ça m'énerve et j'ai tendance à considérer les gens qui font semblant de s'en foutre mais regardent mal quand même comme des connards finis.

J'avoue que cette dernière expérience m'a un peu perturbé, surtout car jusque là les rares fois où j'ai proposé ont plutôt bien tourné, entre le gars curieux à qui je propose une mini trace parceque ça l'intéresse et une pote à qui j'ai fait découvrir l'exta en soirée et qui est maintenant dans des assos de RdR, bah c'est pas la même que de se faire traiter de mal propre par des gens que je croyais ouverts d'esprit.

Après quand on parle de proposer, de pression et de norme sur ce sujet, j'ai toujours un pote qui me vient en tête et continue de me fasciner.
Le mec ça fait quelques années qu'il vient en soirée dans des hangars avec nous, qu'il nous voit prendre du speed des taz de la ké du 2-CB et j'en passe, dans un milieu ou c'est plus que répandu, et il a jamais pris autre chose que beuh et alcool. Pas faute de lui avoir proposé, pas en mode "t'es sûr t'en veux pas, he t'es sûr hein?" Mais plutôt de lui demander à chaque nouveau produit si ça l'intéresse ou pas. Bin il en a jamais rien à foutre, lui son truc c'est la weed. Mais quand on prend il regarde toujours ce que ça nous fait. Je trouve ce regard vraiment super marrant.


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