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Psychédéliques et éducation (être ivre devant les enfants)

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Cazaban
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Cazaban

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19/5/14
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Yo les Psycho,

Je met ici une question qui me turlupine depuis quelque temps et de plus en plus, peut-être c'est pas dans RDR que ça doit aller mais c'est ce qui me semblait le plus cohérent.

Alors d'abord un peu de contexte. J'ai passé la trentaine, j'ai 6 neveux et nièces, un de mes meilleurs amis vient d'avoir un enfant et j'ai moi-même un projet d'enfant imminent.

Du coup je me pose des questions sur le fait d'être ivre devant des enfants, de consommer des psychotropes devant eux. Quand je dis ivre je parle de toutes les ivresses, que ce soit l'alcool, le cannabis ou une ivresse psylocibienne par exemple.
Je me demande quelle est la meilleure attitude à adopter dans une perspective éducative RDR.

Quand je travaillais avec des ados par exemple par rapport à la cigarette il y avait plusieurs écoles, ça allait de : "on ne fume pas devant les ados parce qu'on doit être exemplaire"; à : "de toutes façons iels voient des gens fumer tout le temps et iels captent bien quand on va fumer alors faut arrêter d'être hypocrite et assumer, voir fumer des clopes avec elleux pour passer des bons moments".

Dans le cadre familial je trouve que c'est une question encore plus complexe. Mes parents ont toujours fumé des cigarettes devant moi et bu de l'alcool, je les ai souvent vu ivre. Dans ma famille on adore faire la fête ensemble et notre façon de faire la fête c'est ingurgiter de grande quantité d'alcool, chanter et danser. Aujourd'hui mes neveux et nièces nous voient souvent consommer des drogues (légal). Heureusement on a l'alcool très joyeux donc ça reste des moments chouettes mais qu'est-ce qu'on transmet ? Je me dis souvent qu'on a grave de la chance que aucun de mes frères et sœurs n'est fini alcoolique. Tout le monde a un moment fumé des cigarettes de manière régulière dans mon adelphie (pas sur de bien l'utiliser encore, pour dire fratrie et sororie à la fois quoi)

Et pour ce qui est des psychotropes non légaux, c'est encore un autre problème (ou peut être pas). Déjà socialement ça va être compliqué d'assumer avoir été ivre à la MD le week-end dernier devant les enfants. Alors que sur l'échelle de dangerosité des drogues la MD est bien en bas. Est-ce qu'on ferrait pas mieux de toustes prendre un taz pendant nos repas de Noël ? Peut-être que le tonton raciste deviendrait le tonton adorable et humaniste.

En Équateur, j'avais participé à une cérémonie de cactus San Pedro chez un couple de hippies et il y avait leur enfant de 3-4 ans qui était là avec nous, la mère avait pris une plus petite dose et s'occupait de lui mais la plupart du temps il dormait. Et c'était pas bizarre du tout, ça semblait même plutôt sain de partager ce moment aussi avec son enfant. Et le matin vers la fin du trip il y avait un faon qui était sorti de la forêt et était venu jusqu'à l'enfant et ils avaient joué ensemble c'était magnifique. (C'était un faon que le couplé avait recueilli tout bébé, il vivait avec eux.)

Ça me pose des questions sur ma propre parentalité. Quand j'aurai un enfant, est-ce que je cacherai toute ma drogue dans un trou dans le jardin pour n'en consommer que quand il va dormir chez des copaines ? Ou est-ce que j'assumerai ma consommation ?

Et vous qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous avez déjà réfléchi à ça ? Est-ce que vous êtes confronté à ça parce que vous avez des enfants ? Ou parce que vous avez des parents consommateur ? Et qu'est-ce qu'on va dire aux mioches le jour où iels auront goûté à nos champignons chippés dans notre placard interdit avec leurs amies ?
 
en résumé,
vau mieux qui ne sache pas,ils n’on pas la capacité de discernement pour comprendre LA drogue.

par contre ils ont une ennorme capacité d‘apprentissage.

Et qu'est-ce qu'on va dire aux mioches le jour où iels auront goûté à nos champignons chippés dans notre placard interdit avec leurs amies ?
qu‘il ne sont pas des shtroomf, et que le père pétard n‘existe plus.
 
J'aurais effectivement trop peur de leur donner de mauvaises idées, surtout que ça ne leur bénéficie généralement en rien de voir leurs parents sous influence, voire ça peut induire des soucis d'attachement (même provisoirement, je trouve pas ça fou sur le concept).
Après oui ça dépend forcément de l'âge du gosse, mais entre 3 et 18 ans, perso je ne le ferais pas.
 
Je pense que c'est toujours mieux si c'est dans un cadre bien délimité, ritualisé, effectivement pour éviter les soucis d'attachement. Si l'enfant se met à se demander si son parent est en état de gérer une situation, ça doit être angoissant... Le "bon exemple" passe par l'apprentissage des cadres !
 
Alors oui je suis bien d'accord que ne plus savoir si son parent est en état de gérer peut être hyper angoissant pour un enfant. Je pense aussi qu'il y a une question d'âge qui est importante.
Évidemment, que finir éclater devant son enfant sans plus rien gérer parce qu'on est dans la 6 ème dimension me paraît être une mauvaise idée.
Mais qu'en est-il de boire quelques verre ou de fumer un ou deux joints ? Qu'en est-il d'une légère ivresse ?
Si le "bon exemple" passe par l'apprentissage des cadres (elle me plaît cette définition), ne passe-t-il pas aussi par l'apprentissage de la mesure ? Et comment apprendre le cadre à quelqu'un sans lui parler de sa propre consommation ?
J'ai commencé les joints à 14ans et la personne qui m'a le plus aidé à réfléchir ma consommation c'était mon oncle qui fumait lui aussi.

Vraiment je pose ces questions parce que je tourne en rond dans ma tête solo et c'est frustrant. Mais en ce moment je penche plutôt vers la solution de stopper toutes formes de drogues et d'ivresse devant les enfants (en tout cas les enfants avec qui j'ai un lien de parenté, neveux, nièces, enfants d'amis. Les enfants d'inconnu dans la rue tant pis s'ils me voient ivre) mais ça va être extrêmement difficile à tenir, surtout pour l'alcool qui est totalement valoriser dans toute ma famille et mes cercles d'amis. Et tous les autres adultes autour vont continuer à se la coller sans vergogne.
 
Franchement, je pense que c'est ok d'être un peu pompette à des moments précis tant que des limites sont posées, que ça reste "le monde des adultes" avec une intégration progressive aux alentours de l'adolescence. En tous cas, dans ma famille on boit de façon ritualisée, et petite j'ai vu les amis de mes parents bien arrachés à des soirées sans que ça me choque – d'ailleurs je comprenais pas bien – mais par contre on me faisait clairement comprendre que c'était pas ma place, qu'il était trop tard pour qu'un enfant soit debout ou alors que je devais retourner avec la baby-sitter. Je pense que ça peut s'appliquer aux autres produits, mettre une limite sans mettre de tabou.
 
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