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Le jardinage comme facteur protecteur contre certains usages problématiques ? Vos avis m’intéressent 🌱

Davide Fortin

Matrice Périnatale
Inscrit
28/10/25
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Salut la communauté,

Je voulais partager avec vous une nouvelle recherche sur laquelle j’ai travaillé récemment, qui explore un aspect souvent négligé du cannabis : sa dimension horticole.

On parle beaucoup de cannabis en termes de consommation, dépendance ou politique, mais beaucoup moins du fait que le cultiver est avant tout… du jardinage. Et ce point change pas mal la perspective.

Avec des collègues, on a analysé des données de plus de 1300 cultivateurs de cannabis en Italie et au Royaume-Uni. Ce qu’on a trouvé est assez intéressant :

  • La grande majorité (82 %) des cultivateurs ne cultivent pas seulement du cannabis, mais aussi d’autres plantes (légumes, fruits, fleurs, etc.).
  • Ceux qui jardinent d’autres plantes ont moins de probabilité d’utiliser des stimulants (cocaïne, amphétamines, MDMA, etc.).
  • En revanche, on n’observe pas de différence significative pour les dépresseurs (opioïdes, benzos, etc.).
  • Ils ont aussi moins de probabilité de présenter des signes de dépendance au cannabis.
  • Et fait surprenant : dans la majorité des cas, les gens commencent par jardiner d’autres plantes avant de cultiver du cannabis — et non l’inverse.
Une hypothèse possible est que le jardinage lui-même pourrait jouer un rôle protecteur :
connexion à la nature, routines structurantes, sentiment d’autonomie, activité gratifiante non basée sur la consommation, etc.

On pourrait presque voir le jardinage comme une forme de “harm reduction indirecte”.

Résumé

Contexte :

La dimension horticole de la culture du cannabis est souvent négligée dans la recherche et les politiques publiques. On sait peu si les compétences en jardinage influencent les méthodes de culture, la consommation de substances ou les interactions avec la justice. La trajectoire de cultivation — si le cannabis mène au jardinage ou l’inverse — reste également peu étudiée.

Méthodes :
Nous avons analysé les données de 1302 cultivateurs de cannabis à petite échelle en Italie et au Royaume-Uni, collectées via une enquête en ligne entre 2020 et 2021, en comparant ceux qui cultivent uniquement du cannabis et ceux qui cultivent aussi d’autres plantes.

Résultats :
La majorité des participants cultivait du cannabis et d’autres plantes (82 %). Ces jardiniers généralistes étaient plus âgés, plus éduqués et plus souvent en couple. Ils étaient moins susceptibles d’utiliser des stimulants et de présenter des signes de dépendance au cannabis. Dans la majorité des cas (71 %), ils avaient commencé par cultiver d’autres plantes avant le cannabis.

Conclusion :
Le jardinage général est courant chez les cultivateurs de cannabis et précède souvent sa culture. Le jardinage pourrait être associé à des profils de consommation moins problématiques et représenter un indicateur de pratiques moins risquées.

Personnellement, je trouve fascinant que le fait de cultiver des tomates, des herbes ou des fleurs soit associé à moins d’usage de stimulants. Ça suggère que la relation aux plantes pourrait influencer la relation aux substances.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

  • Est-ce que le jardinage a changé votre relation aux drogues ?
  • Est-ce que cultiver vous a rendu plus conscient de ce que vous consommez ?
  • Est-ce que ça vous a aidé à réduire ou remplacer certaines consommations ?
Curieux d’avoir vos retours 🌿
 
food gardening may actually be a gateway to cultivating cannabis

On tient enfin une piste solide pour empêcher les gens de tomber dans la drogue : leur interdire de faire pousser de la nourriture. Hâte que le gouvernement ait enfin les couilles de prendre des mesures audacieuses !

Blague à part, j'arrive pas à en avoir le coeur net mais j'ai surtout l'impression que l'étude ne permet pas de conclure à grand-chose, si ce n'est que les gens les plus susceptibles de faire pousser des trucs, c'est-à-dire possédant/louant de la terre ou étant en lien avec une association de jardins partagés, sont aussi plus âgés, mieux insérés socialement, plus susceptibles d'être en couple, etc, bref, sont justement des gens moins marginalisés. Alors que les gens les plus marginalisés (jeunes, sans accès à la terre, etc) sont effectivement moins susceptibles de faire pousser des trucs (en particulier de faire pousser autre chose que du cannabis). D'où derrière les différences d'usage de stimulants (usagers plus jeunes, qui sont plus souvent des célibataires qui sortent en soirée, etc) et la différence non-significative d'usage de dépresseurs (qui peuvent être rendus plus attrayants avec l'âge, à cause des douleurs chroniques, de la baisse de tolérance au manque de sommeil, etc). Bref, que ce sont d'autres facteurs sociologiques de base qui sont les causes des différences observées.

Après, oui, faire pousser à bouffer me laisse moins d'occasions de consommer et me donne aussi moins envie de le faire. Mais disons qu'à la base j'ai surtout commencé à faire pousser à bouffer parce que j'ai réduit ma consommation pour me concentrer sur un projet de vie qui consiste à faire pousser de la bouffe (et j'ai pu faire ça parce que j'avais l'envie et les moyens de le faire).
 
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