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[Sujet de la Semaine] Les révélations merdiques sous psychédéliques

#1
Les psychés sont réputés pour leurs épiphanies transformatrices, qui, même si on ne s'en souvient pas dans tous leurs détails, peuvent nous influencer en profondeur.
Mais parfois l'excès de connexions conceptuelles nous conduit à prendre pour des merveilles des idées à côté de la plaque voir carrément stupides.

Sous LSD je suis déjà resté scotché devant mes mains en réalisant que je pouvais bouger mes doigts indépendamment. J'avais aussi une tête de beuh que je voulais consommer, et après une intense réflexion j'ai déterminé que la disposer dans un tube combustible serait la façon idéale de la fumer, mais où trouver ça ? Puis j'ai vu mon pote entrain de rouler un joint, et j'ai réalisé que j'étais con.

Le cannabis est champion dans ce domaine avec moi, malheureusement je me rappelle jamais de rien. Sauf des parties d'échecs où j'ai eu le sentiment de faire le meilleur move avant de voir ma reine bouffée par un pion.

Et vous, c'est quoi les fois où vous avez réinventé l'eau chaude dont vous vous rappelez ?
Tu es nouveau et tu ne peux pas poster de topic ou envoyer de MP ? => Consulte la FAQ
_____________________________
La drogue rend flou.
Nomadic Warmachine
#2
quand j'habitais sous les toits c'était comme super gégé mais en fait non... c'était merdique.
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#3
Sous salvia en regardant une écorce d'arbre : "wow pourquoi les gens vont au cinéma en 3D ? Le réel c'est vachement plus réaliste quand même".
Big IQ.
Self-made chemist  and pharmacologist
Nuit Blanche Suisse, RDR forever!
Free will is a lie.
#4
J'ai vraiment eu tendance à toujours trouver que ma réflexion sous psychés était merdique, et pas que sous cannabis. C'comme si j'avais une capacité à ressentir des trucs tellement nouveaux, exacerbés, etc., et les mots suivent pas donc je pense par approximation, par comparaisons approximatives, qui me font confondre des trucs différents. Souvent mes boucles viennent de là, de manière artificielle. Par une série de "c'est exactement comme" qui n'ont pas grand-chose à voir.

L'exemple où mes co-voyageureuses se sont bien foutus de ma gueule (et moi aussi), c'est quand j'ai dit de l'expérience qu'on était en train de vivre : La seule manière d'en rendre compte c'est en étant en train d'en rendre compte, et dès que ça s'arrête, c'est fini. Hmmm...
In fact, it took a total of 18 trials to work the experimental dosage up to as much as a single milligram. In retrospect, overly cautious.
But retrospection, as they say, is cheap.

#5
snap2 et Acromyrex, pour le coup ça ne m'a pas l'air d'être des "révélations merdiques". Fondamentalement, oui, les gens sont cons d'aller au cinéma 3D plutôt que de contempler la nature. Pour ce qui est de l'ineffabilité de l'expérience psychédélique/mystique et de l'impermanence des choses, ce sont des thèmes fondamentaux dans (entres autres) la philosophie antique (Héraclite <3), médiévale (Meister Eckhart et la théologie négative), et orientale (anitya).
"J'étais jeune autrefois,
Marchant seul avec moi-même,
Ainsi pris-je de mauvais chemins.
Je me sentis riche
En trouvant quelqu'un d'autre,
Car l'Homme est la joie de l'Homme"

Odin (Havamal, 47)
#6
J'avais pris trop de LSA et de cannabis, et comme on savait plus trop quoi faire avec des amis on a joué au petit bac .

Et là .... ouah mais c'est incroyable, on utilise des symboles, pour exprimer sur papier des concepts et des idées ? Mais ouah c'est une dinguereirie mais qui a eu une idée aussi géniale ? Putain imagine tout le monde écrit ce dont on est certain pour pas l'oublier comment l'humanité va se mettre a progresser ....

Mes potes circonspects me rappellent l'existence des livres . Des Encyclopédies, dictonnaires aussi genre ... lol
Sex drugs and rock'n'roll  Papouilles, DPT et Black Metal

Il était une forêt
où le chant de la nuit
éveillait le soleil d'une autre vie

#7
(17/01/2023 10:39)Acacia a écrit :
J'avais pris trop de LSA et de cannabis, et comme on savait plus trop quoi faire avec des amis on a joué au petit bac .

Et là .... ouah mais c'est incroyable, on utilise des symboles, pour exprimer sur papier des concepts et des idées ? Mais ouah c'est une dinguereirie mais qui a eu une idée aussi géniale ? Putain imagine tout le monde  écrit ce dont on est certain pour pas l'oublier comment l'humanité va se mettre a progresser ....

Mes potes circonspects me rappellent l'existence des livres . Des Encyclopédies, dictonnaires  aussi genre ... lol


c'est pourtant une initiative en exercice intello ton anecdote. J'estime que on en garde quelque chose pour plus tard (mais pas tout...). La méditation présente peut porter également sur le développement physique . Avec un sac à dos et les klms à pied on acquiert du mollet... (on disait bien les voyages forment la jeunesse). Mais la drogue prend son tribut. On pourrait faire un calcul de rapport drogue / crédit physiologique. Selon l'exercice et la quantité de consommation il y a un résultat à observer. Parfois cela va à 50/50 ou quand c'est mal fichu alors 10/90 ou 0/100 (zéro pour l'acquit et 100 pour la drogue). On devrait chacun évaluer cela mais certains n'ont pas fini leur expérience ou ne veulent pas la terminer (fin de vie, milieu hospitalier...). Perso, ayant arrêté la drogue, j'estime avoir eu 50/50 because mes itinéraires en auto-stop, les marches en vadrouille, mes longues stations debout en extérieur, l'air à ciel ouvert quand il n'est pas pollué mais qu'il sature les poumons, etc...

J'ai connu un guide de montagne sur qui l'alcool avait difficilement prise après les randos. L'oxygène occupait déjà "la place" au niveau cellules hyper saturées d'oxygène... Et l'alcool ne pouvait se caser malgré la quantité ingurgitée. Pourtant c'était nécessaire pour atteindre le sommeil. C'est un autre genre de vie. Je crois que "faire la route" c'est un peu comme ça.

EDIT: j'aime les trucs actuels que je lis... Je sais pourquoi... cela se passe dans les forets, il faut y arriver etc... Avec de l'enseignement et de la RDR ce sera peut-être un ratio de 51/49 après tout...

Si non, alors klet mariett comme on dit en Belgique
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#8
Je me suis fâché avec mes yeux. Genre je voyais trop de trucs, et d’un coup j’ai plus rien vu et j’ai mes yeux qui ont dit « on boude ». Du coup je comprend rien, je me dis ok Go profiter des cev, et au bout de 5 minutes ma vue a repris et j’ai entendu  « bon en fait ça va » •_•
Digital Artist, Music Composer, Informed Psychonaut
Cactus Enthousiast, Psychead.


#9
(17/01/2023 10:20)TristesPsycho a écrit :
Pour ce qui est de l'ineffabilité de l'expérience psychédélique/mystique et de l'impermanence des choses, ce sont des thèmes fondamentaux dans (entres autres) la philosophie antique (Héraclite <3), médiévale (Meister Eckhart et la théologie négative), et orientale (anitya).

J'entends ce que tu dis et en quoi une lecture charitable de mon expérience a un rapport avec ce dont tu parles. Néanmoins, il me semble qu'on peut pas réduire Héraclite, ou la pensée et les pratiques bouddhistes autour de la notion d'impermanence*, à ma phrase pourrie.

Mais peut-être que c'est dur de partager en quoi une révélation est merdique en fait, parce que l'autre peut pas faire l'expérience de comment ça n'avait pas la profondeur qu'elle pourrait y projeter en tissant plein de connections avec des choses qu'elle a personnellement travaillées et qui l'habitent. En gros, ce que je trouve merdique c'est que j'me suis vaguement dit "les choses sont impermanentes et donc je ne peux en parler que quand elles sont en train d'advenir si j'veux en rendre compte comme il faut", ce qui a une espèce de potentiel à la profondeur, et je croyais vraiment ça, et en même temps dès que je l'ai dit et vu comment je l'ai dit, ça s'est mis à sonner très creux. L'impression d'être une espèce de charlatan, un Castenada qui sait être un imposteur, ou un captain obvious (Capitaine Évidence) qui fait avancer personne, même pas elle-même.

C'est un peu comme les citations tu vois. C'est forcément nul d'une certaine manière ?
Je sais pas comment m'exprimer.

*Thanks duckduckgo et toi TristesPsycho, je connaissais pas le concept d'anitya.
In fact, it took a total of 18 trials to work the experimental dosage up to as much as a single milligram. In retrospect, overly cautious.
But retrospection, as they say, is cheap.

#10
Citation :Perso, ayant arrêté la drogue, j'estime avoir eu 50/50 because mes itinéraires en auto-stop, les marches en vadrouille, mes longues stations debout en extérieur, l'air à ciel ouvert quand il n'est pas pollué mais qu'il sature les poumons, etc... 

50/50 Minimum, c'est un de mes objectifs, sortir ça forge en effet, ça reconnecte c'est beau . Malheureusement on est plus dans un 10/90 qui part en vrille là faut que j'arrête les bédos tous les soirs, les collections de RC et me barre faire le tour de l'Europe du Nord bordel !

Imagine un ratio 60/40 avec un poil plus de sagesse et de pratiques spirituelles pour tripper sobre  aussi ?!

Klet mariett j'ai envie de dire ...
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#11
j'étais aussi à 10/90 avec tendance à 05... Le ratio varie en fonction de l'avancement des choses. Je suis revenu à 50/50 après... J'ai stagné à 20/80 puis lentement à 30/70 etc...
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#12
Moi c'est sous MD a haute dose quand arrive les hallus complètement délirantes. Et que je hurle à mon pote que le son est à fond alors que je viens de couper la musique.

Sinon sous psyché, j'ai pas trop eu de réflexions à la con jusqu'à présent.

Par contre sous cannabis une fois, j'ai déjà expliqué à un pote avec tout le serieux du monde qu'on devrait inventer une discipline sportive qui consiste à soulever des alteres en faisant son jogging....

Teubé de compétition...
#13
ah ah t'aurais l'air fin !! Je vois déjà ça sur un parcours de stade au pas de course pour le jogging du guss et des haltères en carton et frigolite levés à bout de bras pour faire illusion depuis la fenêtre du resto...
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#14
j'ai souvent des idées mirobolantes moi aussi sous disso!

m^ème sous shit!!!
"en cuisine, le laurier sauce accompagne les repas chaud, le laurier rose les buffets froid" ^^
"l'amour dans l'arbre!"










#15
J'ai souvent des révélations obvious comme celles que vous décrivez, je les prends comme l'équivalent cognitif de cette acuité de perception que l'on acquiert sous psychédéliques. Càd que de la même manière qu'on regarde un œil, un trèfle, un papier peint comme pour la première fois, hé bien toutes les évidences du monde prenne le caractère neuf de l'innocence.

Du coup, je vais plutôt vous décrire une révélation un peu foireuse, genre raisonnement bancal (point d'interrogation).

J'étais en teuf, donc comme de juste ça passait du boum-boum-boum-boum, pas trop mal d'ailleurs, si bien qu'à balle de 60ug de LSD, je dansais en rythme, le même que tous les autres. Je visualisais ce boum-boum, cette alliance de la techno, du rassemblement et des drogues, comme une entité, déité, tentaculaire, un peu Cthulu mais sans le côté flippant. Dans chacun de ses tentacules elle tenait l'un de nous, et le secouait, en rythme : boum, boum. Cette déité, cet égregore, s'emplissait de notre plaisir, de notre énergie, et peut-être étions-nous venu à son appel, pour la nourrir.
On dansait, boum-boum, et ce n'était ni plus ni moins qu'un culte, boum-boum. Qu'une célébration.
Et c'que c'était bon ! Révélation n°1.

Et alors j'ai pensé, dans cette possession collective qui était la nôtre, que décidément la techno, si on s'en tient aux rôles traditionnels de genre, c'est vraiment une musique masculine. Ce boum-boum-boum-boum régulier, qui nous pénètre, nous plie à son rythme, et procure la jouissance, j'ai pas besoin de vous faire un dessin, hein ?
Mais du coup, tous ces garçons cis hétéro qui dansaient avec moi, qui ressentaient la même jouissance, j'ai pensé : c'est probablement l'une des seules, si ce n'est la seule, des situations où ils connaissent le plaisir d'être possédé.
Je veux dire, toujours si l'on s'en tient au rôles traditionnels de genre, les garçons n'ont pas trop l'occasion de se laisser aller à ce qui les dépasse. Même dans le sexe, on attend d'eux l'initiative et le contrôle. Même dans la tendresse, ce sont eux qui donnent les calins-cuiller. Même dans la tristesse, ils tapent dans les murs plutôt que de pleurer.
Les teufs, ces rassemblements où l'on n'est pas là pour draguer mais pour taper du pied, seul bien qu'entouré, dans son rapport intime avec la musique, peut-être que ça leur apporte quelque-chose de particulier, une forme de libération. Révélation n°2.

Et si c'était pour ça que les milieux techno et LGBT sont si imbriqués ? Révélation n°3.

Bon après ça devenait trop foireux et j'ai laissé tomber.
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »

#16
Perso le BPM en teuf se cale sur le rythme du coeur et permet d'entrer en trance. Je ne fais pas de différence homme/femme sexualité ou autre.

Sinon pas de révélations merdiques sous psyché perso. Tape toujours dans le mille, même si il faut des mois / années pour le comprendre.
#17
T'en aurais pris un poil plus t'aurais oublié qu'il existe un concept comme le genre et t'aurais juste dansé possédé par le flow des basses .

Mais chui peut être pas assez hétéro et masculin pour vraiment comprendre j'en sais rien

Et la Révélation 2, j'appelle juste ça des gens sains qui s'amusent ? Enfin faire la fete pour draguer ça me semblerait terriblement triste mais tu sembles sous entendre que c'est la majorité des soirées?

Après je sors peut etre pas assez en bar ou dans les boites pour vraiment comprendre j'en sais rien
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où le chant de la nuit
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#18
Hé, j'ai bien dit que c'était bancal !

Citation : faire la fete pour draguer ça me semblerait terriblement triste mais tu sembles sous entendre que c'est la majorité des soirées?
Après je sors peut etre pas assez en bar ou dans les boites pour vraiment comprendre j'en sais rien

Hé ouais, les boîtes / bars c'est vraiment la jungle. On est mieux en teuf crois-moi ^^
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »

#19
Je ne me rappel pas avoir eu des "révélations" merdique...

Mais j'ai eu des truc qui m'ont pas aidé alors que je pensai qu'ils allaient m'aider.... Genre réaliser l'importance de l'amour, d'aller vers la bienveillance avec soi et les autres tout ça... c'était récurrent, l'amour, une autre fois j'ai ressenti un Amour Infini, l'Amour de Dieu selon les gens qui croient en Dieu. C'était tellement incroyable que malgré que ça m'arrivait, je me disais "c'est impossible, c'est impossible..., c'est trop d'amour" J'ai pleuré de joie deux heures d'affilées après avoir été transpercé par cet Amour.

Ca m'a pas aidé car j'en ai fait une priorité dans ma vie, c'était devenu une espèce de croyance: le but dans la vie était d'aimer, apprendre à aimer.
Dans ma tête, ça impliquait être gentil avec les autres, aider etc... mais le problème c'est que tout ça c'est beau, sauf quand tu essaies d'aimer les autres ou de les aider alors que toi-même t'es la première personne qui veut cet amour et qui se s'est jamais appris à se le donner d'elle-même...

Ca a duré quelques années ou j'étais mal à l'aise car j'osai pas être moi-même, déplaire ou dire non.
Les derniers mois j'étais à fond dedans, je voyais des signes tout ça (c'était mes interprétations ou la Loi de l'attraction si elle existe) j'étais super heureux pour une fois car j'arrivai à aimer presque tout.

Sauf que je suis tombé sur un sociopathe sans m'en rendre compte, pensant que c'était un "ange" et là c'était trop. Quand j'ai découvert ses intentions, ma bulle de naïveté à éclaté et depuis ça, j'ai réalisé que s'aimer soi-même était la première chose à faire et que ça impliquait de parfois être méchant, déplaire, dire non... bref être authentique.

Et surtout se mettre une règle genre il faut aimer le plus possible, apprendre à aimer etc.. c'est se mettre beaucoup de pression et ça génère beaucoup de jugements sur soi-même.

Depuis ça va mieux, je vais vers un mieux
#20
Citation :Hé ouais, les boîtes / bars c'est vraiment la jungle. On est mieux en teuf crois-moi ^^

Bah effectivement, ça a l'air, et ouais on y est bien en teuf, je te crois volontiers
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#21
(21/01/2023 16:27)Sorence a écrit :
J'ai souvent des révélations obvious comme celles que vous décrivez, je les prends comme l'équivalent cognitif de cette acuité de perception que l'on acquiert sous psychédéliques. Càd que de la même manière qu'on regarde un œil, un trèfle, un papier peint comme pour la première fois, hé bien toutes les évidences du monde prenne le caractère neuf de l'innocence.

Du coup, je vais plutôt vous décrire une révélation un peu foireuse, genre raisonnement bancal (point d'interrogation).

J'étais en teuf, donc comme de juste ça passait du boum-boum-boum-boum, pas trop mal d'ailleurs, si bien qu'à balle de 60ug de LSD, je dansais en rythme, le même que tous les autres. Je visualisais ce boum-boum, cette alliance de la techno, du rassemblement et des drogues, comme une entité, déité, tentaculaire, un peu Cthulu mais sans le côté flippant. Dans chacun de ses tentacules elle tenait l'un de nous, et le secouait, en rythme : boum, boum. Cette déité, cet égregore, s'emplissait de notre plaisir, de notre énergie, et peut-être étions-nous venu à son appel, pour la nourrir.
On dansait, boum-boum, et ce n'était ni plus ni moins qu'un culte, boum-boum. Qu'une célébration.
Et c'que c'était bon ! Révélation n°1.

Et alors j'ai pensé, dans cette possession collective qui était la nôtre, que décidément la techno, si on s'en tient aux rôles traditionnels de genre, c'est vraiment une musique masculine. Ce boum-boum-boum-boum régulier, qui nous pénètre, nous plie à son rythme, et procure la jouissance, j'ai pas besoin de vous faire un dessin, hein ?
Mais du coup, tous ces garçons cis hétéro qui dansaient avec moi, qui ressentaient la même jouissance, j'ai pensé : c'est probablement l'une des seules, si ce n'est la seule, des situations où ils connaissent le plaisir d'être possédé.
Je veux dire, toujours si l'on s'en tient au rôles traditionnels de genre, les garçons n'ont pas trop l'occasion de se laisser aller à ce qui les dépasse. Même dans le sexe, on attend d'eux l'initiative et le contrôle. Même dans la tendresse, ce sont eux qui donnent les calins-cuiller. Même dans la tristesse, ils tapent dans les murs plutôt que de pleurer.
Les teufs, ces rassemblements où l'on n'est pas là pour draguer mais pour taper du pied, seul bien qu'entouré, dans son rapport intime avec la musique, peut-être que ça leur apporte quelque-chose de particulier, une forme de libération. Révélation n°2.

Et si c'était pour ça que les milieux techno et LGBT sont si imbriqués ? Révélation n°3.

Bon après ça devenait trop foireux et j'ai laissé tomber.


Ca ne me semble absolument pas foireux, dans les traditions scandinaves la pratique des transes divinatoires induites par des chants (seiðr) est considérée comme dé-virilisante (ergi) pour les hommes, au même titre qu'être pénétré sexuellement.

Pour le côté cthulu-esque de la teuf, trippé là-dessus au Hadra par 0°C voui, j'avais commencé à écrire une nouvelle dessus d'ailleurs, où les gens dansent jusqu'à en mourir pour nourrir l'entité lovecraftienne des basses.

Puisque c'est dans le thème du topic, je rappelle que les gros festivals de psytrance sont le lieu et le moment idéal pour des extra-terrestres qui voudraient atterrir discrètement sur Terre (quelle meilleure couverture qu'un endroit avec plein de lumières bizarres et de témoins oculaires qui ne seront jamais pris au sérieux car suspectés d'avoir consommé Idea )
"J'étais jeune autrefois,
Marchant seul avec moi-même,
Ainsi pris-je de mauvais chemins.
Je me sentis riche
En trouvant quelqu'un d'autre,
Car l'Homme est la joie de l'Homme"

Odin (Havamal, 47)
#22
TristesPsychos a écrit :
Ca ne me semble absolument pas foireux, dans les traditions scandinaves la pratique des transes divinatoires induites par des chants (seiðr) est considérée comme dé-virilisante (ergi) pour les hommes, au même titre qu'être pénétré sexuellement.

[Image: 7c6.jpg]
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »

#23
(22/01/2023 23:53)Sorence a écrit :


Je ne sais pas si ça t'intéresse / si tu connais déjà, mais la thèse de Céline Leduc sur le sujet ("Le seiðr des anciens Scandinaves et le noaidevuohta des Sâmes : aspects chamaniques et influences mutuelles") est téléchargeable gratuitement ici : https://ruor.uottawa.ca/handle/10393/32297.

(+ évidemment "Le monde du double" de Boyer que tu dois connaître et qui est pas trop mal, même si ça reste du Boyer)
"J'étais jeune autrefois,
Marchant seul avec moi-même,
Ainsi pris-je de mauvais chemins.
Je me sentis riche
En trouvant quelqu'un d'autre,
Car l'Homme est la joie de l'Homme"

Odin (Havamal, 47)
#24
Merci pour la référence ! Je la lirai avec plaisir. Qu’est-ce que tu reproches à Boyer ? A part ses phrases à rallonge et son omniprésence dans les traductions.
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »

#25
(23/01/2023 00:39)Sorence a écrit :
Merci pour la référence ! Je la lirai avec plaisir. Qu’est-ce que tu reproches à Boyer ? A part ses phrases à rallonge et son omniprésence dans les traductions.


Quand il a la sagesse de se contenter de résumer ce que d'autres ont écrit avant lui (c'est-à-dire la plupart du temps), c'est pas mal voire même bien.

Quand il a des velléités de réinventer le domaine des études religieuses scandinaves, c'est toujours inattendu mais c'est à peu près systématiquement débile. En-dehors du fait qu'il ne s'est jamais caché de ses jugements de valeur personnels (l'âge d'or de la civilisation scandinave, pour lui, se situe indiscutablement entre la conversion au catholicisme et le passage au protestantisme luthérien, parce qu'avant cette période le génie scandinave n'était qu'en germe, prisonnier de superstitions arriérées), il a juste zéro formation en mythologie, en études religieuses, en anthropologie, etc. Il n'a été membre du jury que dans une seule et unique thèse portant sur la religion scandinave, dans toute sa carrière.

Pour ses traductions, globalement ça va, il fait le boulot et j'apprécie de les avoir sous le main pour les donner à mes tutorés qui sont uniquement francophones. Outre de nombreux passages contestables qui auraient pu mériter des notes de bas de page (mais ça alourdit le texte, alors bon, OK, ça se comprend), il y a quelques erreurs parfois... surprenantes, pour être poli. Mais le plus problématique est à mon avis le parti-pris d'éviter presque systématiquement de traduire certains termes dans un sens magico-religieux dès lors qu'il y a le moindre échappatoire, alors que le contexte s'y prête clairement (quitte parfois à faire des pirouettes étonnantes, et évidemment sans jamais ne serait-ce que mentionner l'existence du débat en notes). Par exemple, puisque c'est le sujet, dans la Lokasenna, 24, Loki accuse explicitement Óðinn d'être argr, alors que Boyer ne traduit que par "M'est avis que cela était couillonnades", et dit en note que c'est une "probable référence" à de l'homosexualité passive... mais seulement dans la strophe 23, quand c'est Óðinn qui s'adresse à Loki.

En plus de tout ça, c'était un fdp, mais c'est une autre histoire.

[Image: Boyer1.jpg]
[Image: Boyer2.jpg]
"J'étais jeune autrefois,
Marchant seul avec moi-même,
Ainsi pris-je de mauvais chemins.
Je me sentis riche
En trouvant quelqu'un d'autre,
Car l'Homme est la joie de l'Homme"

Odin (Havamal, 47)
#26
Hé bien, voilà qui m’éclaire. T’as bien fait de repasser par ici ! Tant que j’y suis, puisque je vois que tu as le Hávamál dans ta signature. Qu’est-ce que tu penses de sa traduction / interprétation par Yves Kodratoff, qui lui va au contraire systématiquement chercher le sens religieux ? J’aime beaucoup sa dialectique mais je n’ai pas les outils pour l’évaluer.
https://www.academia.edu/39070821/Traduc...du_Hávamál

Et puis j’ai un bouquin de Robert-Jacques Thibaud. Il est bien, lui ?
« Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. »

#27
(23/01/2023 10:19)Sorence a écrit :
Hé bien, voilà qui m’éclaire. T’as bien fait de repasser par ici ! Tant que j’y suis, puisque je vois que tu as le Hávamál dans ta signature. Qu’est-ce que tu penses de sa traduction / interprétation par Yves Kodratoff, qui lui va au contraire systématiquement chercher le sens religieux ? J’aime beaucoup sa dialectique mais je n’ai pas les outils pour l’évaluer.
https://www.academia.edu/39070821/Traduc...du_Hávamál

Et puis j’ai un bouquin de Robert-Jacques Thibaud. Il est bien, lui ?


La traduction d'Yves a quelques erreurs aussi (je crois ? en tout cas je sais que j'en avais repéré quelques unes dans mon dernier passage sur sa Völuspá), mais contrairement à Boyer il essaye généralement de décortiquer tous les sens possibles, et reprend, dès qu'il en diverge, les traductions anglaises qui font référence dans les milieux académiques, en essayant d'expliciter au maximum pourquoi il en diverge. Il a fait cette traduction commentée dans l'idée d'être le contrepoint nécessaire à celle de Boyer, donc je ne peux en effet que recommander la lecture des deux, surtout si on a une optique un minimum orientée vers un usage contemporain du Hávamál (et en particulier si cet usage comprend un aspect spirituel/magique, évidemment).

L'idée d'examiner systématiquement la possibilité d'un sens magico-religieux dans chaque strophe du Hávamál n'a rien de déconnant, dans la mesure où malgré tous les efforts possibles il y a bien des strophes qui ne peuvent avoir que ce sens-là (au moins 15% du poème, voire même 20% en étant borné mais pas de mauvaise foi). Quand le dieu-sorcier, habitué à la dissimulation et détenteur des secrets magiques, te donne des conseils, rien d'absurde à l'idée que même des conseils ne parlant pas explicitement de magie puissent être secrètement des conseils traitant de magie, dissimulés sous une forme plus terre-à-terre. En-dehors même de ce débat historiographique sur le sens du texte dans son contexte d'émission, je dirais que, à partir du moment où on chercher à nourrir sa spiritualité par les traditions germano-scandinaves pré-chrétiennes, c'est d'un bon sens indéniable de chercher un niveau de lecture spirituel / magique à ce texte, même si par hasard il se trouvait qu'il n'en avait pas dans son contexte de réception initial.

(pour le dico de Thibaud : c'est pas mal pour dépanner / débuter, en tout cas dès qu'on laisse de côté les passages où l'auteur explique que tel ou tel élément "symbolise" ou" signifie" ceci et ou cela ; le gars a écrit plein de bouquins sur d'autres traditions mais aucun autre sur celle-ci, et du coup essaye de faire rentrer les mythes germano-scandinaves dans son cadre interprétatif perso sans trop sembler se soucier de comprendre les mythes selon la grille de lecture interne de la civilisation germano-scandinave. A ce sujet, je recommande chaudement l'Univers mental des Germains de Jan de Vries, qui vient d'être ré-édité)
"J'étais jeune autrefois,
Marchant seul avec moi-même,
Ainsi pris-je de mauvais chemins.
Je me sentis riche
En trouvant quelqu'un d'autre,
Car l'Homme est la joie de l'Homme"

Odin (Havamal, 47)
#28
Ah ben c'était peut-être pas si merdique comme révélation, en tout cas je trouve passionnants les messages qui suivent .
Et je connaissais pas Academia merci Sorence 0..0
Sex drugs and rock'n'roll  Papouilles, DPT et Black Metal

Il était une forêt
où le chant de la nuit
éveillait le soleil d'une autre vie

#29
Sous cannabis. Après avoir cherché a les distinguer, l´incroyable révélation, ya pas de droite ou gauche pour les chaussettes.
#30
Rasfhoo tu m'as terminé.

Cette punch je vais pas m'en remettre...

Pour rester dans le sujet. Sous cannabis il y à de ça 15 ans, je pensais que j'allais mourir d'un cancer d'un poumon à chaque spliff/clope. Et je m'imaginais pleins de maladies tout le temps.


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