[PCP, 15mg] Limitless ???
#1
Trip n°16 : 3-meo-pcp, 15 mg
Voie : orale, sublingual
Corpulence : 1m84 -85 kg

Bonsoir les dud's psyk ... KKK ... nautes (Attention, TR un poil long)

Aujourd'hui, ct la rentrée pour certains (et j'espère me tromper d'auditoire quand je dis ça). Mister B, mon gourou psyk est en vacances chez ses parents. Il se trouve que le jour fut choisi ... Enfin, pas le grand jour, demain, mode Pole Emploi et conférences associées. Ou comment trouver le bon coin à champignons (...) dans ce vaste système qui est le marché des cadres. Un "mal" nécéssaire ...

J'avais prévu léger (du moins pas de psyk triptaphénoetco) et j'avais des "cours" à suivre dans le domaine des dissos. En particulier le 3-meo-pcp, j'avais déjà testé (6x2) en subling, mais pour l'occas' (le ferais-je exprès CE jour là ?), j'avais décidé de muscler le set. Sieur B a déjà calculé la dose, ma foi ... 15mg en sublingual sera ...

DROP : 13h40, le bonbon passe. Mon dude se plug 5 min plus tard (22mg qd même RolleyesRolleyesRolleyes) Je décide de caler un minuteur (30 min) afin de marquer la progression. Je suis venu chargé, guitare, carnet de notes, et H pour alimenter cette folie. D'ailleurs je roule (à 13h45, pas IRL à cet instant). La pilule est acide. Pour faire passer, un chewing-gum par dessus (En faisant gaffe au chewingumpsy sous la langue).

Ses parents sont absents, sa soeur aussi. Le climat d'entrée est assez calme (NB : mon dernier pcp était dans un milieu moins fermé, style la soeur de B, fumeuse, était présente en montée (sans le savoir, chut ... ou presque pas ...)). Là, l'environnement me semble sécure (NB : dormi 5h la nuit dernière et je débarque chez le dude après 3/4 d'h de vélo ... signe de remettre un coup sur le sport ).

Bref, 10 min plus tard, spot dans le vaste jardin de mon ami. Musique sur booster et c'est un album de 1969 en entrée. Les percus sont tribales et presque mécanique (mini-débat sur les origines du krautrock allemand jusqu'à King Crimson à la fin des 70). Je crois avoir un peu massacré la musique en faisant un peu de soli de gratte par dessus ...

A l'extérieur, le beau temps a inspiré des "tronçonneuses" : les voisins (à une quarantaine de mètres) faisaient un boucan en duo sur les mauvaises herbes. Un sujet qui va chatouiller la première partie du trip.

BIP-BIP. h+30 min. Hum ... rien d'évident. Peut-être l'ai-je pas vu venir à ce moment. Mon pote est déjà bien parti. 20 mg en plug vs 15 mg en sublingual, je lui dis que c’est une R5 contre une corvette. Il me tend la main pour «m’inviter dans sa corvette». Yep, il est bien déchiré …

J'ai 2 trucs dans ma bouche et je prends garde à ne pas inverser les roles. Pas de sensation de froid intérieur. Je remets 30 min sur le minuteur. Je crois avoir fait de la guitare "homemade" (Genre délirer sur les accords de Saucerfull of Secrets, sortir 2-3 titres copyright comme Wonderwall ou d'autres plus indé ... je ne sais plus exactement ...

40 min. Je fais des poiriers pour "pousser" la méditation (Ouch les courbatures). Mode redécouverte du corps. Je me risque à faire une chute avant. Entre ça et les poiriers, je sens ma nuque m'envoyer me faire foutre. J'insiste pas.

Mon pote fait pêter un album de John Frusciante (guitariste des Red Hot Chilli Peppers, mais en mode Syd Barret). Lorsque le son est lancé, première sur-impression : j'ai l'impression que le dit Johnny est assis là où est posé le booster. Non, il n'est pas apparu sous mes yeux, mais la notion de présence prend tout son sens à ce moment là.

Donc, on essuie l'album. Là commence le mindfuck ... Frusciante aime jouer sur les surinterprétations, le bougre. Exemple, il introduit des silences aussi long que ses présences. Ca me chatouille l'esprit au point de saouler avant de passer sur plus de constance et des harmonies dignes de "Gentle Giant". Réaction à ce délire musicale : je me fais les doigts sur la gratte, alternant soli et arrangement rythmique. A ce stade, les yeux fermés, je dois me fier à l'intuition et la sacro-sainte synesthésie pour me fixer sur Johnny. Méditation musicale ? non, j'était actif à ce moment .

J'arrête un peu et j'ouvre les yeux ... ah oui, la bulle est bien installée, avec ses perspectives subtilement déformées (Compter 45 min en sublingual). Euphorie, explosion progressive des idées, densification linéaire de la réalité (euh ... si vous êtes familiers avec l'idée ...). On danse sur la zik, mode transe. Les effets "d'écrasement" de perspectives se fait ressentir en me mettant debout. Débilitation de la motricité, ouch (assez légère).

BIP-BIP. H+1h. Je squatte le hamac et fusionne avec lui tout en roulant un tar’ (super concentré et sécurisé). Je laisse la gratte à B obsédé par faire des accords sur Johnny (Première citation : "Pas d'accords ! Pas d'accord !"). Cette citation me force à prendre un carnet de notes. Allongé dans le hamac, un peu high, je me mets à débiter mes délires sur les créations en tout genre. FREESTYLE. Un clip fait maison sur la musique, mon pote en train de danser, moi en train de faire un solo dans le hamac, le manche à la verticale, tout en étant balancé.

(fin de la rédac fraiche, là ça l’est un peu moins)

A la fin de l’album, les tronçonneuses nous ont bien saoulé et on décide de se replier au fond de ce jardin géant. Je me suspend à une branche d’arbre à la manière d’un paresseux. «Il en faut de l’énergie pour être un paresseux». On s’amuse un peu à grimper aux arbres, mais un flashback me met en mode RDR : la fois où, enfant, je suis tombé sur le dos et coupé la respiration.

BIP-BIP. H+1h30. On a atteint un certain point de fracass tel que je régle le minuteur sur une heure. Nous revenons au premier spot près du hamac. Le pcp a une capacité troublante de mise en abime : j’ai l’impression de redéfinir mes trips précédents avec des analogies avec des styles de romans. Le pcp ferait partie des uchronies et des «si».

A un moment, mon pote sort «je ne comprends plus rien». Notre joyeux spot est devenu bien foutraque. J’ai l’impression nos petites affaires sont parties dans un drole de tourbillon. La désorientation et la décorporalisation est assez hard. Je sens que mes mécanismes de défense sont totalement annihilés.

«Je ne vois plus rien», sort mon pote. Apparement, il se noie dans la lumière du soleil. Je lui ressors la phrase des tontons flingueurs sur leur gnole : «Y en a qui sont devenus aveugles». On se fend la poire.

Et puis, la mère de B revient. Oups, je sursaute un peu. Même si le pcp a un coté sécure, la dose est suffisamment forte pour psychoter. Ceci-dit, la mère ferme les rideaux de la véranda, nous laissant dans nos petits délires.

BIP-BIP. H+2h30. On décide de rentrer. Dans la chambre de B, son ordi, avec un peu de zik à moi. Pour moi, je sens la fin du plateau. «Crash test dissociatif», le terme serait bien choisi pour cette exp. Jusqu’à présent, mes essais de disso avaient été un peu raté ou j’avais mal assimilé. Je passes «Les Dingues et les Paumés» de Thiéfaine, histoire de rajouter un peu de recul. La musique semble ralentie : pas un effet avec un son plus grave ou un rythme qui se casse la gueule, mais la perception de réalité est telle que le temps semble avoir été redéfini (oula …Wink.

Quelques bonnes phrases de sorties. Je ressors la phrase de Totall Recall : «les murs de la réalité vont s’abattre sur vous». Sacré allumé, ce Phillip K Dick. Les idées fusent toujours, avec des liens de causalité alambiqués. «L’image est la plus forte» fais-je, allusion à Guy Debord.

18h21 : sortie décorporalisée. Du moins, c’est ce qu’il y a marqué sur le carnet. J’ai la sensation d’avoir les cavités occulaires liquéfiées. Mes yeux se balançent bizarrement sur le rythme de mes pas. Il s’agit d’un petit village calme. On monte sur une butte avec la guitare et on se fait un tar’ (héhé). On joue, on chante, on part sur du freestyle.

Mon pote en chie plus avec la gratte. Mode uchronie face à mon pote en train de tout massacrer :
-Si tu étais face à Syd Barrett en train de faire de la merde à la gratte ?
-Je l’écouterais, me répond B.
-Moi, je lui piquerais la gratte …
Et je m’exécute.

Un pétard de cramé, synergie assez stonante entre pcp et thc. On change de spot. On a l’air de 2 mecs bourrés. La couverture est pas mal. Avec ses lunettes de soleil sur le nez, je me mets à lui sortir :
-Putain ! Tu ressembles au Duke ! (cf Las Vegas Parano).

La nuit tombe, je dois rentrer à la maison. Vélo, pas de phares, chemin non éclairé et sans mes lunettes. L’expérience n’est pas RDR, mais j’y vais. Le fond sombre est un véritable écran de ciné. Retour à la ville, retour à la maison … J’essaie de me laisser entrainer par les bras de morphée.

Mais un CEV me hante : des points ésotériques se baladent et forment … un minuteur. Les idées continuent de défiler. Les visages de toutes mes connaissances à travers ma vie. Ce qu’elles m’ont, ou pourraient encore, apporté.

LENDEMAIN : je suis encore perché, je le sens. Encore 5h de sommeil. Durant la dite conférence (10 personnes), le prod me transforme en moine copiste, doublé d’un trublion plein d’allégories. J’explique un peu ma situation à tous, ce que je recherche comme aide. Ma conseillère, tout sourire, me sort : «Je vous ai cerné». Vague de fous-rires. Je ris aussi à pleines dents. Je ne me sens pas moqué, je me sens bien.

Midi : pause déjeuner. La solitude m’assaille un peu. Je pleure un peu et c’est bon. B ne répond pas au tél, ni ma mère. Je rappelle un vieux pote que j’avais un peu perdu de vue et on redonne des news. Le reste de la journée, je suis juste fatigué.

BILAN : un prod avec un potentiel de créativité et de désinhibition impressionnant (le genre que prendrais les mecs de la Silicon Valley au burning day), d’où «Limitless» le nom du TR (le film avec Bradley Cooper sur une drogue dopant le QI). Quelques mots clés pour résumer tout ça : idées survoltées, analogies et antithèses dingues, flow incroyable sur du freestyle, uchronies … ATTENTION, blues le surlendemain. C’est inévitable.

Voilà, les amis. J’aurais aimé complété ce TR plus tôt pour en donner la meilleure substance, mais mon ordi avait des ratés. Je crains avoir perdu un peu de sens en cours de route. Mais j’espère que ça vous a plu.

A une prochaine
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#2
Sur que ça existe le 5-meo-pcp ?
Un peu dérangé, maintenant que j'y pense... AH OUAI !! HAHAAAAAAAA :finger:
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#3
Tu dois parler de 3 ou 4 meo pcp???
"Penalities against possession of a drug should not be more damaging to an individual than use of the drug itself"

Jimmy Carter 1977.
Mes TRs
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#4
Ah ... maybe ...

A moins que je ne parle d'une drogue complétement inédite. MouahahahahaConfusednakeman:.

Autant pour moi, je pense qu'il s'agissait du 3, je m'en vais reddit.

Edit : il parait que 5-meo = 3-meo (Contribution de sieur 5trato)
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#5
Hein? 5-méthoxy et 3-methoxy is not the same thing!
At Lien de mon ARTICLE écrit pour A.S.U.D MAGAZINE (n°60) sur la DMT :
http://www.asud.org/2017/12/28/la-dmt-n-...ritualite/
                                                                    
Lien vers le flyer écrit pour Techno+ sur la DMT :
https://technoplus.org/dmt/
                                                                                     "TOUT CE QUE JE SAIS C'EST QUE JE NE SAIS RIEN" Socrate Heart
                                          
                                                    
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#6
Citation :20 mg en plug vs 15 mg en sublingual, je lui dis que c’est une R5 contre une corvette.

Nan mais une R5 ça peut être super puissant, surtout si c'est turbo.
Avec son moteur en position centrale-arrière, 168 ch dans le bébé, 1423 cm cube alimenté par un turbo compresseur que même Jojo le mécano n'a pas vu ça depuis l'an 40. Conception française bien sur, effet David Douillet à coup sur!
ça n'a pas l'air comme ça, mais paf tu te retrouves sur le plancher au premier frôlement de la pédale de droite.
Le flic c'est toi
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#7
Lol ,on sens le gros fan de bagnole :lol:,excellent!
At Lien de mon ARTICLE écrit pour A.S.U.D MAGAZINE (n°60) sur la DMT :
http://www.asud.org/2017/12/28/la-dmt-n-...ritualite/
                                                                    
Lien vers le flyer écrit pour Techno+ sur la DMT :
https://technoplus.org/dmt/
                                                                                     "TOUT CE QUE JE SAIS C'EST QUE JE NE SAIS RIEN" Socrate Heart
                                          
                                                    
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