Quetzal
Holofractale de l'hypervérité
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voici mon TR mescaline, version résumé 
--> L’innommable boucle fractale à la saveur du nectar universel des désirs cristallisés <--
bonne lecture
Préparation
3 jours avant le voyage : petite mise au point a 4, sur une possible prise de psychédéliques (mais il y a un novice, un méditant abstinent depuis plusieurs années, et mon ami Gulliver, expérimenté des fetes trances et plus...). On conclura entre autre : un voyage avec le novice et le débutant en septembre, et moi et Gulliver, la mescaline dans la semaine, vu que ca fait longtemps qu'on en parle.
On parlera dejà pas mal de nos approches, de nos attentes, aussi floues soit-elles.
2 jours avant : préparation du Set avec Gulliver : en gros, c'est le hors piste, on est d'accord avec ca. On va saisir les opportunités, on va se laisser aller, et on va y mettre plein de bonne volonté. On décrit les attitudes, les outils, le jeu paradoxale entre la volonté et le laisser aller ; au total, ce seront plusieurs heures de discutions étalées sur la semaine. On est sur la même longueur d'onde, c'est parfait! On prépare le Setting, on achète tout le nécessaire, etc.
Arrivée
On arrive avec la voiture vers midi; on s'éloigne du village de quelques kilomètre, on gare la bagnole et en route a pied. On trouve un sentier qui descend vers la rivière, bien en amont de la zone touristique; l'endroit est magnifique, on trouve un endroit parfait pour se poser sur le flan de la montagne, un peu éloigné du sentier pour être bien discret. On installe les matelas, on tend un drap entre les arbres pour faire de l'ombre.
On descend fumer un pétard et se baigner, tout près du petit pont. L'eau est froide mais agréable, je fais quelques ablutions, me purifie, me concentre sur l'eau; je prépare mon voyage. On remonte au campement pour la prise.
Une fois en haut, on fait une dernière mise au point, mais qui me paraissait superflue, tout était dejà clair, Gulliver est véritablement un bon compagnon.
On sent de l'huile essentiel, pour fixer ce moment serein dans nos esprit; en cas de moment difficile durant le voyage, l'huile pourra servir a remémorer cet instant et à se reconnecter.
Prise
J’allume un baton-saint (morceau de bois odorant, d’Amérique latine) ; il sort son bol tibétain, un bol musical qu'on frotte avec un bâton, pour le faire résonner.
Nous versons de l'eau bouillante sur notre poudre. 30g chacun (farine de San Pedro du Perou). Avec des morceaux de gingembre.
Cela forme une glu visqueuse qu'on mange a la cuillère. Première bouchée: pas aussi pire que je ne le pensais, amère certes. Après 10 bouchées : ok, ce truc va etre interminable a avaler. Aux 2/3, le rythme s'est déjà divisé par 10, on regarde nos cuillères avec dégoût, physiquement on arrive plus a avaler, il faut rassembler des forces psychologiques. A bout, je gerbe juste après une ultime cuillère, mais heureusement je me retiens et ne perd pas grand chose; je suis soulagé car j'accepte sereinement que je ne finirai pas mon bol; avec ce que j'ai remis, je dois avoir 25g dans mon estomac. Mon ami a presque réussi a finir ses 30g.
On laisse un peu de temps passer, on fume un mini pétard presque pure... Et la paf, le high est ultra renforcé : c'est clair que c'est parti.
On rassemble chaotiquement des affaires pour partir en balade, avec notre baton saint dont l'odeur est très agréable, et notre bol tibétain qui fait Dong. Sur le trajet, on philosophe un peu sur la valeur des décisions passées, comme pour dire que la meilleur des raisons est celle qui sait s'effacer parfois, pour laisser la place à la confiance, confiance en nous même.
En arrivant a la rivière, un groupe de gens est tout prés de l'eau; ça nous embête beaucoup, on hésite a descendre... Mais attends! C'est les gens que j'ai rencontré avant hier au cabaret! Ils sont de notre quartier! Au moins, on peut s'approcher sans craintes ; ils nous demandent des infos pour le sentier a prendre, je sors ma carte : ça commence a être le bordel, on garde le contrôle mais c'est dur.
T+1h. On se pose a coté de l'eau, je vais y mettre mes pieds, c'est fabuleux cette sensation de l'eau; on reprend rapidement la route, on veut découvrir les environs, et on est pas 100% a l'aise, on a pas dit a ces gens qu'on avait pris un psyché, donc c'est difficile de parler librement, meme si on s'est fait grillé directement (je suppose).
On longe la berge, on s'extasie sur les rapides, on commence a parler des effets, on est dans la meta-analyse; mais cette fois-ci, je veux rentrer dans les choses, je demande a Gulliver ce qu'il voit, ressent vraiment; on se met a parler de cette énergie qui coule, qu'on sent, qui est comme le flux de nos idées, et on coule avec elle... C'est le début d'une multitude de niveaux, de ressentis qui se somment.
On prend un peu de hauteur, ca commence a taper, et physiquement, je suis pas encore a l'aise. Mais ce paysage, ma parole... On perçoit chaque mouvement subtile des arbres au vent, on voit le tout et ses détails, je tournoie sur moi même, je veux voir a 360°; ok on fait une pause et on s'assied!
On passe un moment à observer. On fait le point sur le voyage, et ce qu'on va faire; je propose de revenir vers le campement, sur la face ou donne encore le soleil, pour le voir se coucher.
Sur le chemin, on goûte des mures, c'est exceptionnellement bon! Les détails surgissent de partout, les pierres prennent vie. Le fil mathématique aussi prend vie, avec la notion de Transformée de Fourrier qui devient symboliquement (et réellement au niveau mathématique) l'outil d'analyse des boucles récursives; et permet de situer dans l'espace de Nyquist ( Diagramme de Nyquist - Wikipédia ) les poles positifs et négatifs, qui peuvent avoir une certaines multiplicité, et transposent dans un autre espace d’interprétation les systèmes récursifs (de l'espace temporel a fréquentiel). Mélange de symbolisme, de fractal, ... Je prend vite 2 3 notes.
Sur le sentier, les arbres prennent des formes anthropomorphique, des dizaines de visages, de personnages sont présents.
L’ascension vers le campement est pénible, j'ai peu de forces, on avance lentement, et une fois dans la zone encore ensoleillée, on fait une pause. Tout est devenu fort chaotique, si je me concentre sur qqchose, tout se déforme autour, mais je peine a me concentrer ... On se sert la main, et une bonne connexion d'énergie passe, ca me pose dans une réalité plus ferme. On fait un Dong : whooo voila ce qu'il me fallait! Ca coupe toute les fluctuations, je me concentre sur cette unique vibration, qui résonne avec le monde. Je prend le bol dans ma main, la vibration est très agréable. On échange nos impressions.
On se remet en route, et l'autre groupe de gens nous suivent un peu en retrait. Ca me fait penser a tintin au Tibet, ce défilé de gens avec des sacs, un Dong cérémoniel, un baton d’encens...
On quitte le sentier pour arriver a notre campement. On se pose et on fume un pétard de hash maison. Le couché de soleil est magnifique, et si je me laisse aller, me voila dans un autre monde, avec des arcs gothique sur la droite, un château (la montagne) a gauche, et un archétype de paradis dans le soleil au fond, vers lequel le chevalier avance...
Je me déconcentre et retour a la normale; Gulliver a le même effet de laissé-aller/retour a la normale. On aimerai créer une cohérence, une continuité entre nos visions; je vois cette continuité comme l'objectif pour sortir de ce bordel d'informations.
Entre les différents niveaux de pensées, il y a le symbolisme du soleil, celui devant moi qui se couche, et celui de mon collier à mon cou. J'ai l'impression d'encercler l’essence du Soleil, le point inaccessible au centre d'un tourbillons de phases symboliques, matérielles, intérieures..
J'ai l'impression que le but du voyage est de convertir ce Soleil qui se couche en Soleil intérieur pour la nuit.
Il nous reste encore beaucoup de luminosité, nous reprenons le chemin ascendant
On s’arrête plusieurs fois pour reprendre nos esprits et contempler le paysage. Tout est toujours fort chaotique, on marche sans trop savoir pourquoi !
On se pose devant les falaises, énormes; les impressions sont folles; on philosophe a fond sur le monde présent, les falaises qui coulent (trèèèès lentement, mais elles coulent, s'érodent) et leurs respirations, la vie, l'énergie, la perception et le « réel qui s'impose » ,... Et nous, nous ne le fuyons pas, nous laissons juste pour une fois s'exprimer les autres dimensions, subtiles, invisibles, mystérieuses.
Gulliver voit dans la mescaline un voyage tout a fait particulier, qu'on peut contrôler; c'est fabuleux car on avance alors pas à pas, a notre rythme on laisse venir les effets ou on les provoque; et a tout moment, on se sent nous même.
On monte une pente raide, hors sentier, pour prendre de la hauteur et atteindre ce qui nous semble le sommet; mais la route se complique et l'obscurité commence a tout recouvrir. On est euphorique, les plantes ressemblent a des peintures; Je me rend compte très lucidement que si on reste ici, on aura du mal a redescendre, on rejoins péniblement le sentier dans la bonne humeur
Je veux faire le point pour quand on arrivera, j'essaye de dire a Gulliver que je veux réfléchir sur le but du voyage, ca tourne directement en conversation chaotique et les explications se compliquent; impossible de penser calmement dans ce bordel en mouvement. Je m'assied. On fait un Gong, je demande a reprendre la route en silence, et je pose mes idées (tout un exercice, dans ces conditions...).
J'ai un objectif : me poser avec de la musique et voyager; au présent, cela signifie convertir le désir en action, marcher vers le campement. J’aperçois la une leçon simple mais très sage qui surgit au moment opportun, et qui repose sur le respect de mon être au cours du temps (écho à l'acceptation confiante du future et du passé de notre être, au tout début du trip). Ce désir créateur c'est le feu intérieur, c'est l’essence exprimée, c'est l'Origine. C'est le principe premier.
A chaque instant, les visuels augmentent, au fur et à mesure que l'obscurité croit. On ne vois plus du tout ou on va, chaque pas dévoile un peu le chemin et ouvre vers le mystère suivant. Le sentier nous mène au campement, il suffit donc de le suivre – et je trouve ça génial ! C'est a l'image de notre voyage !
Roulage de pétard avant qu'il fasse tout a fait noir. Je calcule qu'on doit être dans le plateau,à T+4h30.
On fume et je met de la musique
Début du grand voyage
Je pense que j'ai chipoté un peu pour trouver un truc qui allait vraiment marcher; shpongle passait pas au départ, chopin non plus; j'ai fini sur un concerto de rachma, une valeur sure
Dans les paragraphes suivants, je met entre crochets [] les niveaux de réflexions qui sont parallèles au vécu "visuel" (bien que ce ne soit pas des "visuels HD" a proprement parler, mais un songe particulièrement vif ). Les niveaux de réflexions se somment, et peuvent être multiples.
On est parti pour une petite séance solo, bien couché sur nos matelas.
Ça a du commencer par les premières basses du morceaux; le ton était lancé, avec des énormes vagues qui s'enroulaient sur les détails des harmoniques. Des énormes barrages, des montagnes imposantes, la perspective est celle d'un oiseau au vent, ça tourbillonne, ça défile, c'est gigantesque... Et puis, tout s'enchaîne, le Soleil intérieur se déploie, c'est cette intuition portée vers l'action. L'eau, ce flux d'énergie, impose sa fluide consistance aux choses,[ le chemin parcourut a mis en place ces éléments et nous y a connecté; le chaos apparent n'était qu'une infinité de subtilités qui ressortaient et dont le sens devient maintenant clair [ tout s’agence, tout ce qu'on avait préparé, tout ce sentier parcourut prend tout son sens, car nous connaissons son point d'arrivée dans le présent, et ce voyage en est la conséquence [ l'approche du hors piste, par l'intuition et la liberté nous a fait avancé pas a pas, et digérer l'expérience a notre rythme]]], la terre c'est cette saveur amère sur mes lèvres sèches, c'est le support de la graine, le terreau de ces arbres, l'incarnation; l'air est c'est ce volatil, la vision tourbillonnante et panoramique [je ressens mon corps, je peux ouvrir les yeux, sentir que la terre, au delà de ma conceptualisation, c'est ce mystérieux indescriptible, cette énergie, ce fil qui nous mène ici [le ciel est immense, je tente de m’imaginer les distances, je me projette littéralement, me met à l’échelle de l'univers, prend alors part a ce monde qui enfin vis de lui même. [Je suis donc à la fois cette dynamique grande échelle, ou je ne peux qu'être fluide face à l'imposition du Tout, et à la fois je n'existe que par ma flamme intérieure, seule créatrice de sens;]]]]
Ok, je pourrais continuer longtemps! A partir de ce moment la, une chose est claire : tout colle, le processus a du sens, il revient sur lui même, on est dans des milliers de boucles enlacées, tout est hyper logique, tout correspond. 12 minutes se sont écoulées. J'ai même cru que j'avais écouté tout le concerto de 1h et que c'était le track suivant. Mais non.
Reprise du contact avec Gulliver; on se marre, c'est terrible, ce truc est un pure psychédélique! On essaye de s'expliquer, mais chaque phrase s'enroule dans la réflexions suivante, on ne se comprend pas mais on sait qu'on veut dire la même chose. On aura des conversations très ressemblantes tout au long de la soirée, mais néanmoins passionnantes et nécessaires. Ces conversations représentent une des phases, celle du dialogue et de la prédominance de la raison ; d'ailleurs, l'effet est presque invisible quand on tente de le décrire, et si nous sommes confus, c'est a cause de l'ampleur des idées qu'il nous est donné d'expliquer.
[video=youtube]
Replongeons?
Les amours sans buts; l'Amour au plus que présent, l'Amour vif et créateur, l'Amour aux racines profondes mais libre. L'Amour invisible et sans conséquences contingentes, l'Amour solitaire, qui s'éparpille en plus que lui même. Je pense a Aline, je la vois, il y a 8 ans, a son examen final de piano. La Fantaisie Impromptue de Chopin. Je vis au présent cette scène. Le piano a queue raisonne sous ses doigts furtifs, je m'envole dans les profondeurs d'un voyage infini; des ailes voluptueuse ouvrent leurs plumes et... (Fin de la partie descriptible, milles visuels, milles rêves viennent créer les sensations les plus fines que je n'ai jamais connu... c'est indescriptible !). Ca part petit a petit en "trance", tendu les bras vers le ciel et faisant un cri sourd et éternel, comme dans ces rêves paralysés. FLASH. Je me relaxe d'un coup, et tout se met a couler, un extraordinaire sentiment de bonheur et de sérénité m’envahis, je suis au paradis.
Je surf sur l'Agape, je vis l'unité ; je ne crée pas le fruit de la vie, je le découvre en explorant l'univers, etc etc...
Tout ceci fait partie de la même Grande Boucle, qui inclus le premier plongeon. L'épisode d'Aline (dont je ne dis finalement rien
) fut un outil pour comprendre une logique, une mécanique de la vie. Ce n'était pas elle l'objet du voyage, ni mes sentiments.
Fin du morceau (5min30)
Je prend le temps de digérer pendant que je met le concerto à Gulliver. Tient...sans musique... il y a quand même de la musique! Le cours d'eau, le vent, le bruit de la montagne... On dirait Mysteri of the Yeti... je comprend pourquoi Gulliver demandait pas spécialement à avoir le mp3 ^^
Ok, il a eu sa dose, il me rend le casque. "Combien de temps t'as plongé?" ... Il me regarde avec un sourire méfiant, il flair le piège : "30 minutes". 5 minutes mec... Et il pensait plutôt 1h, il avait déjà corrigé son pronostique ^^
Shine on your crazy diamond...
Encore des parcelles de ces interminables boucles sur le sens, la réalité, tout ca;
Je trouve un espace de bonheur assez génial, une mer « libérée » et sans frontière, un espace de jeu géant ou toute ma réalité interagit en toute sécurité, une énorme foire spirituelle et philosophique, avec des grandes roues (du temps ?), des railles, des lumières psychédéliques ... des arbres avec des fruits de bonheur, qu'on attrape comme des notes de musiques...
"Tout ce processus converge vers le bonheur" dis-je, et une étoile filante passe. "Toma Ya", crie mon ami ("prend ca O_O" !!)
Ça commence a faire beaucoup! On discute un peu avec Gulliver, ca part dans tout les sens, c'est très drôle et très puissant! On fume un pétard, quand il a pris une grosse latte j'ai ressenti plus de plaisir que si c'était moi qui l'avais fumé. On galère avec les objets, dans le noir, mais étrangement, rien ne se perd, surtout pas ce briquet, il suffit de tendre la main dans la direction intuitive et il y est toujours. Le Chaos n'en est plus un, tout se gère parfaitement finalement!
Mais ces boucles, toujours ces bouclesss !!! Et il y en a plusieurs, a différentes échelles! En plus il y a ces "boucles" visuelles, un espèce de chemin entre les arbres qui ne s’arrête jamais d'attirer notre regard!
Le pétard remet un peu d'euphorie, on se marre franchement, tout en philosophant sur l'importance du rire dans le voyage... Mescalito, t'es un génie!
Je comprend qu'on est dans l'Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, ce qui, comme tous les sujets de conversations précédent, nous plonge dans une explication a tiroirs, fractale... Ouai on est en plein dedans!
Shpongle, Tales of the inexpressible
(Comme si tout ce qu'il y avait avant était pas dejà assez psychédélique... Mais putain les gars???)
La transcendance du temps pour observer les phases dans leur tourbillon rémanent, les courbes du serpent, de l'eau, des nuages, de la plume, de la chute, d'une grâce sans égale, s'enroulant et se déliant, éphémères et délicieuses, délocalisant mon être; dilution de la conscience, ascension vers le processus total, étirement du cône de la perception, tout cela a la fois.
-> Indescriptible!<-
J'ai vécu une espèce d'expérience alchimique, symbolique, avec des réactions chymiques associées a des couleurs extraordinaires ; la grande soupe venait de passer au niveau suivant, la c'est vraiment parti en puissance, l'ultime Grande boucle condensée, le plongeons dans l'escalier en colimaçon de Gaudi, les vénus aux masques de chat, le trésor dans la salle blanche, la spirale de l'abîme et ... Cette goutte de nectar universel, le cristallisation du désir, l'incarnation même de la réalité et de son principe de vie, je tend la langue de plaisir, c'est l'extase dans la presque jouissance, dans la jouissance désireuse, dans le processus jamais accompli, dans l'effleurement de cette essence universelle. En tendant la langue, je m'enfonce dans l'intensité, je suis dans les rouages de l'univers, dans le tourbillon créateur multicolore, avec des symboliques qui apparaissent, des visuels maya, et plus encore. Si j'essaye de caser Aline dans l'affaire, c'est une statuette précolombienne de femme qui apparaît et ca se connecte a plein d'autres choses; le symbole de la terre me traverse depuis le sol, traverse le temps a travers la saleté de mon visage et de mes lèvres amères; ce symbole est une infime partie d'un rouage gigantesque qui prend tout son sens. Complètement orgasmique, psychédélique, ce processus contenait en lui même tout le recul nécessaire pour amener l'expérience dans tout mon être, présent et passé, jusqu'à ma plus pure raison.
Avec Gulliver, on continue les bavardages récursif. On parle de physique quantique, d'observateur influençant le monde, de cette part de mystérieux toujours renouvelé, du processus, du laconisme nous poussant dans ce perpétuel renouveau. Je ne sais plus quelles termes on utilisait, on se comprenait sans être capable de s'écouter, chaque morceau de phrases nous plongeait dans nos propres réflexions, a l'infini...
Par exemple, je cherchais a dire le mot « abîme » en espagnol... « Abismo? » et paf, je tombe dans le mot abîme, littéralement, je ressens son esthétique, ses sens milles fois interprétés. Je phase complètement !
Ok, on doit etre entre T+7 ou T+9h, je sais pas !
En ce moment, dejà une semaine de passé depuis le voyage, j'ai un peu du mal a me rappeler des détails ! Je pense que j'ai déjà passé plus de temps sur ce TR que pour le voyage en soi ^^
Et je n'ai pas expliqué le quart de ce dont j'ai conscience de ce qui s'est passé durant ce voyage (ce qui représente une infîme partie du total)A ce moment là, j'ai vraiment eu ma dose de psychédélisme, enfin je crois. Je veux me plonger dans l'action, maintenant que tout est clair, je veux me connecter au monde concret, reprendre la vie. Je veux marcher jusqu'à la rivière. Mais pas possible tout seul dans le noir, trop casse gueule.
Alors je me résigne...
Et la je comprend qqchose, ce n'est pas un manque d'énergie pour replonger, c'est de la peur que j'ai. J'ai peur de la puissance, de la boite de pandore. Je vois vraiment ca comme l'ouverture de l'essence universelle, du trésor lumineux, de la lumière pure, mais j'ai peur de me faire dépasser ! Je m'en rend compte dans ce dernier tour de manège cosmique, et je comprend que la boite doit s'ouvrir dans l'harmonie et la délicatesse ; c'est une question d'équilibre !
j'apprivoise tranquillement, ca n'en finit pas de boucler, de faire tourner la roue du temps : la renaissance dans l'amour, l'union ultime, la dualité résolue, l'alchimie effectuée par le feu; la pierre constituée et cristallisée dans le corps, l'infinité de niveaux s’entremêlant et se communiquant, la sève masculine/féminine, les flux ascendant et descendants, le triangle aux milles textures, les carrés divins représentés, chaque symbole ayant sa couleur profonde et inédite...
Tout cadre ,tout se résout; le passé a le sens que vient de lui donner le présent, les choses sont claires car elles m'ont permis d'arriver ici : ablution dans l'eau, monter avec le soleil, accepter qu'il nous dépasse, le convertir en soleil intérieur, créer la cohérence avec le monde, et l'harmonie dans l'équilibre; la physique quantique, l'observateur qui modifie la donnée ; ...
On continue avec Gulliver : Exo-conscience projetée sur les arbres, basée sur l'instant présent ; dialogue de voix comme outils utiles pour le psychédélisme, début de reflexion sur comment on pourrait approcher le prochain trip avec ce qu'on a appris...
Je lui explique aussi la multiplicité d'une équation en mathématique. Le monde, ce n'est pas un ensemble d'équation (je ne crois pas a « l'équation universelle ») mais les équation peuvent en partie le décrire et aider notre intuition. Dans ce cas ci, on décrit le monde avec une série d'équations, a différents niveau de compréhension, mais ce sont des équations non complète, qui laisse des degrés de libertés, d'où l'incomplétude du monde, et dont certaines solutions ont une multiplicités, c'est-à-dire qu'elles sont plusieurs fois solutions, solutions a plusieurs niveau... (ca n'a peut être pas de sens mathématique, mais sur le coup ca avait du sens ^^ )
T+11h, je veux aller vers le ruisseau pour « fermer la boucle »
Le trajet est « un peu » infini selon nos dires. L'effervescence a tout a fait diminué, par contre si on se pose, ca part encore loin. Sur le pont, je regarderai les étoiles, et on restera allongé un long moment, écoutant Radio-Flotte, la Radio personnalisée et universelle : sur base du son de l'eau, elle extrapole tout ce que tu veux, additionne des sons de voix a la manu-chao, avec des mélodies romantiques, des foules et des festivités, et parfois des concertos avec de nombreux instruments !
Retour extrêmement pénible : la mescaline fait payer le voyage, il faut mettre de notre propre énergie.
Réveil sympathique le lendemain matin, baignade agréable, le monde est enchanté, je suis enchanté, nous rayonnons, repus, soulagés, fiers, pensifs. Afterglow très agréable mais récupération de presque 2 jours !!
Les jours suivant, je passerai des heures interminable a rédiger le TR, pas du tout de manière linéaire, plutot de manière compulsive (surtout pour les passages plus « poétique »), avec des boucles, de retours, des agencement a n'en plus finir.
Mais l'expérience laisse une trace indélébile, celle de la Co-errance, de la dérive généralisée et synchronisée du monde ; le Proces chaotique, esthétique, essentielle
Le voyage valide l'approche Naturaliste ; mais n'approche que peu le rapport aux autres. La combinaison de ce travail alchimique et du rapport a la société, c'est au Hadra que ca se passera
Je digère donc tranquillement, jusqu'au Hadra. Et tout continue a coller, a couler, dans le meilleur des mondes – celui-ci – le seul qui existe
Remarque :
La Mescaline méritait au moins les 3 années d'attention que je lui avait porté avant de me lancer dans l'aventure. Le voyage est vraiment dense et ultra-psychédélique. Il est dur car c'est a nous de le guider, et qu'il faut payer de son énergie. Le LSD comparativement, c'est de la crème, c'est la facilité, la gratuité ; mais le LSD a un pas d'avance sur nous, il mène la danse, et ne nous met pas en face de la multitudes de chemins possibles, devant la nécessité de s'investir pour se trouver ; il nous dicte presque la créativité.
La mescaline, comme les autres, contient la magie des psychédélique : celle qui délie le chaos pour lui donner sens.
Τα Πάντα ῥεῖ (tout coule, tout passe)
ps : mais je laisse le LSA en top1, en sa qualité d'enthéogène pure.

--> L’innommable boucle fractale à la saveur du nectar universel des désirs cristallisés <--
bonne lecture

Préparation
3 jours avant le voyage : petite mise au point a 4, sur une possible prise de psychédéliques (mais il y a un novice, un méditant abstinent depuis plusieurs années, et mon ami Gulliver, expérimenté des fetes trances et plus...). On conclura entre autre : un voyage avec le novice et le débutant en septembre, et moi et Gulliver, la mescaline dans la semaine, vu que ca fait longtemps qu'on en parle.
On parlera dejà pas mal de nos approches, de nos attentes, aussi floues soit-elles.
2 jours avant : préparation du Set avec Gulliver : en gros, c'est le hors piste, on est d'accord avec ca. On va saisir les opportunités, on va se laisser aller, et on va y mettre plein de bonne volonté. On décrit les attitudes, les outils, le jeu paradoxale entre la volonté et le laisser aller ; au total, ce seront plusieurs heures de discutions étalées sur la semaine. On est sur la même longueur d'onde, c'est parfait! On prépare le Setting, on achète tout le nécessaire, etc.
Arrivée
On arrive avec la voiture vers midi; on s'éloigne du village de quelques kilomètre, on gare la bagnole et en route a pied. On trouve un sentier qui descend vers la rivière, bien en amont de la zone touristique; l'endroit est magnifique, on trouve un endroit parfait pour se poser sur le flan de la montagne, un peu éloigné du sentier pour être bien discret. On installe les matelas, on tend un drap entre les arbres pour faire de l'ombre.
On descend fumer un pétard et se baigner, tout près du petit pont. L'eau est froide mais agréable, je fais quelques ablutions, me purifie, me concentre sur l'eau; je prépare mon voyage. On remonte au campement pour la prise.
Une fois en haut, on fait une dernière mise au point, mais qui me paraissait superflue, tout était dejà clair, Gulliver est véritablement un bon compagnon.
On sent de l'huile essentiel, pour fixer ce moment serein dans nos esprit; en cas de moment difficile durant le voyage, l'huile pourra servir a remémorer cet instant et à se reconnecter.
Prise
J’allume un baton-saint (morceau de bois odorant, d’Amérique latine) ; il sort son bol tibétain, un bol musical qu'on frotte avec un bâton, pour le faire résonner.
Nous versons de l'eau bouillante sur notre poudre. 30g chacun (farine de San Pedro du Perou). Avec des morceaux de gingembre.
Cela forme une glu visqueuse qu'on mange a la cuillère. Première bouchée: pas aussi pire que je ne le pensais, amère certes. Après 10 bouchées : ok, ce truc va etre interminable a avaler. Aux 2/3, le rythme s'est déjà divisé par 10, on regarde nos cuillères avec dégoût, physiquement on arrive plus a avaler, il faut rassembler des forces psychologiques. A bout, je gerbe juste après une ultime cuillère, mais heureusement je me retiens et ne perd pas grand chose; je suis soulagé car j'accepte sereinement que je ne finirai pas mon bol; avec ce que j'ai remis, je dois avoir 25g dans mon estomac. Mon ami a presque réussi a finir ses 30g.
On laisse un peu de temps passer, on fume un mini pétard presque pure... Et la paf, le high est ultra renforcé : c'est clair que c'est parti.
On rassemble chaotiquement des affaires pour partir en balade, avec notre baton saint dont l'odeur est très agréable, et notre bol tibétain qui fait Dong. Sur le trajet, on philosophe un peu sur la valeur des décisions passées, comme pour dire que la meilleur des raisons est celle qui sait s'effacer parfois, pour laisser la place à la confiance, confiance en nous même.
En arrivant a la rivière, un groupe de gens est tout prés de l'eau; ça nous embête beaucoup, on hésite a descendre... Mais attends! C'est les gens que j'ai rencontré avant hier au cabaret! Ils sont de notre quartier! Au moins, on peut s'approcher sans craintes ; ils nous demandent des infos pour le sentier a prendre, je sors ma carte : ça commence a être le bordel, on garde le contrôle mais c'est dur.
T+1h. On se pose a coté de l'eau, je vais y mettre mes pieds, c'est fabuleux cette sensation de l'eau; on reprend rapidement la route, on veut découvrir les environs, et on est pas 100% a l'aise, on a pas dit a ces gens qu'on avait pris un psyché, donc c'est difficile de parler librement, meme si on s'est fait grillé directement (je suppose).
On longe la berge, on s'extasie sur les rapides, on commence a parler des effets, on est dans la meta-analyse; mais cette fois-ci, je veux rentrer dans les choses, je demande a Gulliver ce qu'il voit, ressent vraiment; on se met a parler de cette énergie qui coule, qu'on sent, qui est comme le flux de nos idées, et on coule avec elle... C'est le début d'une multitude de niveaux, de ressentis qui se somment.
On prend un peu de hauteur, ca commence a taper, et physiquement, je suis pas encore a l'aise. Mais ce paysage, ma parole... On perçoit chaque mouvement subtile des arbres au vent, on voit le tout et ses détails, je tournoie sur moi même, je veux voir a 360°; ok on fait une pause et on s'assied!
On passe un moment à observer. On fait le point sur le voyage, et ce qu'on va faire; je propose de revenir vers le campement, sur la face ou donne encore le soleil, pour le voir se coucher.
Sur le chemin, on goûte des mures, c'est exceptionnellement bon! Les détails surgissent de partout, les pierres prennent vie. Le fil mathématique aussi prend vie, avec la notion de Transformée de Fourrier qui devient symboliquement (et réellement au niveau mathématique) l'outil d'analyse des boucles récursives; et permet de situer dans l'espace de Nyquist ( Diagramme de Nyquist - Wikipédia ) les poles positifs et négatifs, qui peuvent avoir une certaines multiplicité, et transposent dans un autre espace d’interprétation les systèmes récursifs (de l'espace temporel a fréquentiel). Mélange de symbolisme, de fractal, ... Je prend vite 2 3 notes.
Sur le sentier, les arbres prennent des formes anthropomorphique, des dizaines de visages, de personnages sont présents.
L’ascension vers le campement est pénible, j'ai peu de forces, on avance lentement, et une fois dans la zone encore ensoleillée, on fait une pause. Tout est devenu fort chaotique, si je me concentre sur qqchose, tout se déforme autour, mais je peine a me concentrer ... On se sert la main, et une bonne connexion d'énergie passe, ca me pose dans une réalité plus ferme. On fait un Dong : whooo voila ce qu'il me fallait! Ca coupe toute les fluctuations, je me concentre sur cette unique vibration, qui résonne avec le monde. Je prend le bol dans ma main, la vibration est très agréable. On échange nos impressions.
On se remet en route, et l'autre groupe de gens nous suivent un peu en retrait. Ca me fait penser a tintin au Tibet, ce défilé de gens avec des sacs, un Dong cérémoniel, un baton d’encens...
On quitte le sentier pour arriver a notre campement. On se pose et on fume un pétard de hash maison. Le couché de soleil est magnifique, et si je me laisse aller, me voila dans un autre monde, avec des arcs gothique sur la droite, un château (la montagne) a gauche, et un archétype de paradis dans le soleil au fond, vers lequel le chevalier avance...
Je me déconcentre et retour a la normale; Gulliver a le même effet de laissé-aller/retour a la normale. On aimerai créer une cohérence, une continuité entre nos visions; je vois cette continuité comme l'objectif pour sortir de ce bordel d'informations.
Entre les différents niveaux de pensées, il y a le symbolisme du soleil, celui devant moi qui se couche, et celui de mon collier à mon cou. J'ai l'impression d'encercler l’essence du Soleil, le point inaccessible au centre d'un tourbillons de phases symboliques, matérielles, intérieures..
J'ai l'impression que le but du voyage est de convertir ce Soleil qui se couche en Soleil intérieur pour la nuit.
Il nous reste encore beaucoup de luminosité, nous reprenons le chemin ascendant
On s’arrête plusieurs fois pour reprendre nos esprits et contempler le paysage. Tout est toujours fort chaotique, on marche sans trop savoir pourquoi !
On se pose devant les falaises, énormes; les impressions sont folles; on philosophe a fond sur le monde présent, les falaises qui coulent (trèèèès lentement, mais elles coulent, s'érodent) et leurs respirations, la vie, l'énergie, la perception et le « réel qui s'impose » ,... Et nous, nous ne le fuyons pas, nous laissons juste pour une fois s'exprimer les autres dimensions, subtiles, invisibles, mystérieuses.
Gulliver voit dans la mescaline un voyage tout a fait particulier, qu'on peut contrôler; c'est fabuleux car on avance alors pas à pas, a notre rythme on laisse venir les effets ou on les provoque; et a tout moment, on se sent nous même.
On monte une pente raide, hors sentier, pour prendre de la hauteur et atteindre ce qui nous semble le sommet; mais la route se complique et l'obscurité commence a tout recouvrir. On est euphorique, les plantes ressemblent a des peintures; Je me rend compte très lucidement que si on reste ici, on aura du mal a redescendre, on rejoins péniblement le sentier dans la bonne humeur
Je veux faire le point pour quand on arrivera, j'essaye de dire a Gulliver que je veux réfléchir sur le but du voyage, ca tourne directement en conversation chaotique et les explications se compliquent; impossible de penser calmement dans ce bordel en mouvement. Je m'assied. On fait un Gong, je demande a reprendre la route en silence, et je pose mes idées (tout un exercice, dans ces conditions...).
J'ai un objectif : me poser avec de la musique et voyager; au présent, cela signifie convertir le désir en action, marcher vers le campement. J’aperçois la une leçon simple mais très sage qui surgit au moment opportun, et qui repose sur le respect de mon être au cours du temps (écho à l'acceptation confiante du future et du passé de notre être, au tout début du trip). Ce désir créateur c'est le feu intérieur, c'est l’essence exprimée, c'est l'Origine. C'est le principe premier.
A chaque instant, les visuels augmentent, au fur et à mesure que l'obscurité croit. On ne vois plus du tout ou on va, chaque pas dévoile un peu le chemin et ouvre vers le mystère suivant. Le sentier nous mène au campement, il suffit donc de le suivre – et je trouve ça génial ! C'est a l'image de notre voyage !
Roulage de pétard avant qu'il fasse tout a fait noir. Je calcule qu'on doit être dans le plateau,à T+4h30.
On fume et je met de la musique
Début du grand voyage
Je pense que j'ai chipoté un peu pour trouver un truc qui allait vraiment marcher; shpongle passait pas au départ, chopin non plus; j'ai fini sur un concerto de rachma, une valeur sure
Dans les paragraphes suivants, je met entre crochets [] les niveaux de réflexions qui sont parallèles au vécu "visuel" (bien que ce ne soit pas des "visuels HD" a proprement parler, mais un songe particulièrement vif ). Les niveaux de réflexions se somment, et peuvent être multiples.
On est parti pour une petite séance solo, bien couché sur nos matelas.
Ça a du commencer par les premières basses du morceaux; le ton était lancé, avec des énormes vagues qui s'enroulaient sur les détails des harmoniques. Des énormes barrages, des montagnes imposantes, la perspective est celle d'un oiseau au vent, ça tourbillonne, ça défile, c'est gigantesque... Et puis, tout s'enchaîne, le Soleil intérieur se déploie, c'est cette intuition portée vers l'action. L'eau, ce flux d'énergie, impose sa fluide consistance aux choses,[ le chemin parcourut a mis en place ces éléments et nous y a connecté; le chaos apparent n'était qu'une infinité de subtilités qui ressortaient et dont le sens devient maintenant clair [ tout s’agence, tout ce qu'on avait préparé, tout ce sentier parcourut prend tout son sens, car nous connaissons son point d'arrivée dans le présent, et ce voyage en est la conséquence [ l'approche du hors piste, par l'intuition et la liberté nous a fait avancé pas a pas, et digérer l'expérience a notre rythme]]], la terre c'est cette saveur amère sur mes lèvres sèches, c'est le support de la graine, le terreau de ces arbres, l'incarnation; l'air est c'est ce volatil, la vision tourbillonnante et panoramique [je ressens mon corps, je peux ouvrir les yeux, sentir que la terre, au delà de ma conceptualisation, c'est ce mystérieux indescriptible, cette énergie, ce fil qui nous mène ici [le ciel est immense, je tente de m’imaginer les distances, je me projette littéralement, me met à l’échelle de l'univers, prend alors part a ce monde qui enfin vis de lui même. [Je suis donc à la fois cette dynamique grande échelle, ou je ne peux qu'être fluide face à l'imposition du Tout, et à la fois je n'existe que par ma flamme intérieure, seule créatrice de sens;]]]]
Ok, je pourrais continuer longtemps! A partir de ce moment la, une chose est claire : tout colle, le processus a du sens, il revient sur lui même, on est dans des milliers de boucles enlacées, tout est hyper logique, tout correspond. 12 minutes se sont écoulées. J'ai même cru que j'avais écouté tout le concerto de 1h et que c'était le track suivant. Mais non.
Reprise du contact avec Gulliver; on se marre, c'est terrible, ce truc est un pure psychédélique! On essaye de s'expliquer, mais chaque phrase s'enroule dans la réflexions suivante, on ne se comprend pas mais on sait qu'on veut dire la même chose. On aura des conversations très ressemblantes tout au long de la soirée, mais néanmoins passionnantes et nécessaires. Ces conversations représentent une des phases, celle du dialogue et de la prédominance de la raison ; d'ailleurs, l'effet est presque invisible quand on tente de le décrire, et si nous sommes confus, c'est a cause de l'ampleur des idées qu'il nous est donné d'expliquer.
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Replongeons?
Les amours sans buts; l'Amour au plus que présent, l'Amour vif et créateur, l'Amour aux racines profondes mais libre. L'Amour invisible et sans conséquences contingentes, l'Amour solitaire, qui s'éparpille en plus que lui même. Je pense a Aline, je la vois, il y a 8 ans, a son examen final de piano. La Fantaisie Impromptue de Chopin. Je vis au présent cette scène. Le piano a queue raisonne sous ses doigts furtifs, je m'envole dans les profondeurs d'un voyage infini; des ailes voluptueuse ouvrent leurs plumes et... (Fin de la partie descriptible, milles visuels, milles rêves viennent créer les sensations les plus fines que je n'ai jamais connu... c'est indescriptible !). Ca part petit a petit en "trance", tendu les bras vers le ciel et faisant un cri sourd et éternel, comme dans ces rêves paralysés. FLASH. Je me relaxe d'un coup, et tout se met a couler, un extraordinaire sentiment de bonheur et de sérénité m’envahis, je suis au paradis.
Je surf sur l'Agape, je vis l'unité ; je ne crée pas le fruit de la vie, je le découvre en explorant l'univers, etc etc...
Tout ceci fait partie de la même Grande Boucle, qui inclus le premier plongeon. L'épisode d'Aline (dont je ne dis finalement rien

Fin du morceau (5min30)
Je prend le temps de digérer pendant que je met le concerto à Gulliver. Tient...sans musique... il y a quand même de la musique! Le cours d'eau, le vent, le bruit de la montagne... On dirait Mysteri of the Yeti... je comprend pourquoi Gulliver demandait pas spécialement à avoir le mp3 ^^
Ok, il a eu sa dose, il me rend le casque. "Combien de temps t'as plongé?" ... Il me regarde avec un sourire méfiant, il flair le piège : "30 minutes". 5 minutes mec... Et il pensait plutôt 1h, il avait déjà corrigé son pronostique ^^
Shine on your crazy diamond...
Encore des parcelles de ces interminables boucles sur le sens, la réalité, tout ca;
Je trouve un espace de bonheur assez génial, une mer « libérée » et sans frontière, un espace de jeu géant ou toute ma réalité interagit en toute sécurité, une énorme foire spirituelle et philosophique, avec des grandes roues (du temps ?), des railles, des lumières psychédéliques ... des arbres avec des fruits de bonheur, qu'on attrape comme des notes de musiques...
"Tout ce processus converge vers le bonheur" dis-je, et une étoile filante passe. "Toma Ya", crie mon ami ("prend ca O_O" !!)
Ça commence a faire beaucoup! On discute un peu avec Gulliver, ca part dans tout les sens, c'est très drôle et très puissant! On fume un pétard, quand il a pris une grosse latte j'ai ressenti plus de plaisir que si c'était moi qui l'avais fumé. On galère avec les objets, dans le noir, mais étrangement, rien ne se perd, surtout pas ce briquet, il suffit de tendre la main dans la direction intuitive et il y est toujours. Le Chaos n'en est plus un, tout se gère parfaitement finalement!
Mais ces boucles, toujours ces bouclesss !!! Et il y en a plusieurs, a différentes échelles! En plus il y a ces "boucles" visuelles, un espèce de chemin entre les arbres qui ne s’arrête jamais d'attirer notre regard!
Le pétard remet un peu d'euphorie, on se marre franchement, tout en philosophant sur l'importance du rire dans le voyage... Mescalito, t'es un génie!
Je comprend qu'on est dans l'Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, ce qui, comme tous les sujets de conversations précédent, nous plonge dans une explication a tiroirs, fractale... Ouai on est en plein dedans!
Shpongle, Tales of the inexpressible
(Comme si tout ce qu'il y avait avant était pas dejà assez psychédélique... Mais putain les gars???)
La transcendance du temps pour observer les phases dans leur tourbillon rémanent, les courbes du serpent, de l'eau, des nuages, de la plume, de la chute, d'une grâce sans égale, s'enroulant et se déliant, éphémères et délicieuses, délocalisant mon être; dilution de la conscience, ascension vers le processus total, étirement du cône de la perception, tout cela a la fois.
-> Indescriptible!<-
J'ai vécu une espèce d'expérience alchimique, symbolique, avec des réactions chymiques associées a des couleurs extraordinaires ; la grande soupe venait de passer au niveau suivant, la c'est vraiment parti en puissance, l'ultime Grande boucle condensée, le plongeons dans l'escalier en colimaçon de Gaudi, les vénus aux masques de chat, le trésor dans la salle blanche, la spirale de l'abîme et ... Cette goutte de nectar universel, le cristallisation du désir, l'incarnation même de la réalité et de son principe de vie, je tend la langue de plaisir, c'est l'extase dans la presque jouissance, dans la jouissance désireuse, dans le processus jamais accompli, dans l'effleurement de cette essence universelle. En tendant la langue, je m'enfonce dans l'intensité, je suis dans les rouages de l'univers, dans le tourbillon créateur multicolore, avec des symboliques qui apparaissent, des visuels maya, et plus encore. Si j'essaye de caser Aline dans l'affaire, c'est une statuette précolombienne de femme qui apparaît et ca se connecte a plein d'autres choses; le symbole de la terre me traverse depuis le sol, traverse le temps a travers la saleté de mon visage et de mes lèvres amères; ce symbole est une infime partie d'un rouage gigantesque qui prend tout son sens. Complètement orgasmique, psychédélique, ce processus contenait en lui même tout le recul nécessaire pour amener l'expérience dans tout mon être, présent et passé, jusqu'à ma plus pure raison.
Avec Gulliver, on continue les bavardages récursif. On parle de physique quantique, d'observateur influençant le monde, de cette part de mystérieux toujours renouvelé, du processus, du laconisme nous poussant dans ce perpétuel renouveau. Je ne sais plus quelles termes on utilisait, on se comprenait sans être capable de s'écouter, chaque morceau de phrases nous plongeait dans nos propres réflexions, a l'infini...
Par exemple, je cherchais a dire le mot « abîme » en espagnol... « Abismo? » et paf, je tombe dans le mot abîme, littéralement, je ressens son esthétique, ses sens milles fois interprétés. Je phase complètement !
Ok, on doit etre entre T+7 ou T+9h, je sais pas !
En ce moment, dejà une semaine de passé depuis le voyage, j'ai un peu du mal a me rappeler des détails ! Je pense que j'ai déjà passé plus de temps sur ce TR que pour le voyage en soi ^^
Et je n'ai pas expliqué le quart de ce dont j'ai conscience de ce qui s'est passé durant ce voyage (ce qui représente une infîme partie du total)A ce moment là, j'ai vraiment eu ma dose de psychédélisme, enfin je crois. Je veux me plonger dans l'action, maintenant que tout est clair, je veux me connecter au monde concret, reprendre la vie. Je veux marcher jusqu'à la rivière. Mais pas possible tout seul dans le noir, trop casse gueule.
Alors je me résigne...
Et la je comprend qqchose, ce n'est pas un manque d'énergie pour replonger, c'est de la peur que j'ai. J'ai peur de la puissance, de la boite de pandore. Je vois vraiment ca comme l'ouverture de l'essence universelle, du trésor lumineux, de la lumière pure, mais j'ai peur de me faire dépasser ! Je m'en rend compte dans ce dernier tour de manège cosmique, et je comprend que la boite doit s'ouvrir dans l'harmonie et la délicatesse ; c'est une question d'équilibre !
j'apprivoise tranquillement, ca n'en finit pas de boucler, de faire tourner la roue du temps : la renaissance dans l'amour, l'union ultime, la dualité résolue, l'alchimie effectuée par le feu; la pierre constituée et cristallisée dans le corps, l'infinité de niveaux s’entremêlant et se communiquant, la sève masculine/féminine, les flux ascendant et descendants, le triangle aux milles textures, les carrés divins représentés, chaque symbole ayant sa couleur profonde et inédite...
Tout cadre ,tout se résout; le passé a le sens que vient de lui donner le présent, les choses sont claires car elles m'ont permis d'arriver ici : ablution dans l'eau, monter avec le soleil, accepter qu'il nous dépasse, le convertir en soleil intérieur, créer la cohérence avec le monde, et l'harmonie dans l'équilibre; la physique quantique, l'observateur qui modifie la donnée ; ...
On continue avec Gulliver : Exo-conscience projetée sur les arbres, basée sur l'instant présent ; dialogue de voix comme outils utiles pour le psychédélisme, début de reflexion sur comment on pourrait approcher le prochain trip avec ce qu'on a appris...
Je lui explique aussi la multiplicité d'une équation en mathématique. Le monde, ce n'est pas un ensemble d'équation (je ne crois pas a « l'équation universelle ») mais les équation peuvent en partie le décrire et aider notre intuition. Dans ce cas ci, on décrit le monde avec une série d'équations, a différents niveau de compréhension, mais ce sont des équations non complète, qui laisse des degrés de libertés, d'où l'incomplétude du monde, et dont certaines solutions ont une multiplicités, c'est-à-dire qu'elles sont plusieurs fois solutions, solutions a plusieurs niveau... (ca n'a peut être pas de sens mathématique, mais sur le coup ca avait du sens ^^ )
T+11h, je veux aller vers le ruisseau pour « fermer la boucle »
Le trajet est « un peu » infini selon nos dires. L'effervescence a tout a fait diminué, par contre si on se pose, ca part encore loin. Sur le pont, je regarderai les étoiles, et on restera allongé un long moment, écoutant Radio-Flotte, la Radio personnalisée et universelle : sur base du son de l'eau, elle extrapole tout ce que tu veux, additionne des sons de voix a la manu-chao, avec des mélodies romantiques, des foules et des festivités, et parfois des concertos avec de nombreux instruments !
Retour extrêmement pénible : la mescaline fait payer le voyage, il faut mettre de notre propre énergie.
Réveil sympathique le lendemain matin, baignade agréable, le monde est enchanté, je suis enchanté, nous rayonnons, repus, soulagés, fiers, pensifs. Afterglow très agréable mais récupération de presque 2 jours !!
Les jours suivant, je passerai des heures interminable a rédiger le TR, pas du tout de manière linéaire, plutot de manière compulsive (surtout pour les passages plus « poétique »), avec des boucles, de retours, des agencement a n'en plus finir.
Mais l'expérience laisse une trace indélébile, celle de la Co-errance, de la dérive généralisée et synchronisée du monde ; le Proces chaotique, esthétique, essentielle
Le voyage valide l'approche Naturaliste ; mais n'approche que peu le rapport aux autres. La combinaison de ce travail alchimique et du rapport a la société, c'est au Hadra que ca se passera

Je digère donc tranquillement, jusqu'au Hadra. Et tout continue a coller, a couler, dans le meilleur des mondes – celui-ci – le seul qui existe

Remarque :
La Mescaline méritait au moins les 3 années d'attention que je lui avait porté avant de me lancer dans l'aventure. Le voyage est vraiment dense et ultra-psychédélique. Il est dur car c'est a nous de le guider, et qu'il faut payer de son énergie. Le LSD comparativement, c'est de la crème, c'est la facilité, la gratuité ; mais le LSD a un pas d'avance sur nous, il mène la danse, et ne nous met pas en face de la multitudes de chemins possibles, devant la nécessité de s'investir pour se trouver ; il nous dicte presque la créativité.
La mescaline, comme les autres, contient la magie des psychédélique : celle qui délie le chaos pour lui donner sens.
Τα Πάντα ῥεῖ (tout coule, tout passe)
ps : mais je laisse le LSA en top1, en sa qualité d'enthéogène pure.