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[LSD 300µg analysés] Trip glaçant sur les quais.

Skippy

Neurotransmetteur
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5 Déc 2020
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Titre : Trip glaçant sur les quais.
Date : Janvier 2024
Description : Je vais vous raconter un trip ayant eu lieu en pleine ville de nuit sans endroit où s'abriter.
"[...] il avait trainé mon corps inanimé par le sac pour nous enfermer dans une banque où des gens cognaient aux vitres pour nous tuer et nous voler. "

Avertissements : Le texte est assez anxiogène sur la fin, c'est pas une histoire joyeuse. Il y a surement quelques fautes de structuration du texte au niveau des temps employés, excusez-moi d'avance, j'espère que ça restera plaisant à lire.
Temps de lecture : 10 minutes (ça passe vite)
Personnages principaux : Mon meilleur ami Martin et moi.
Lieu : Une ville portuaire.


Introduction :

Après deux jours de présentation au travail, et plus de 15 heures debout à parler, je rentre chez moi pour préparer mes affaire de teuf.
Je suis assez exténué mais je décide quand même d'emporter une dose à 100µg et une à 300µg (3x100 analysé) de L au cas où.
Mon sac est fait, j'ai pris 3 pulls et 2 pantalons plus un de secours rangé dans mon sac. Il est 21:00 en ce samedi d'hiver et il fait déjà 0 degrés.
Je rejoins Martin chez lui vers 21:30 après avoir acheté une petite bouteille de rosé "cuisse de la bergère".
Nous finissons la bouteille sur le chemin d'un covoit qui nous amène à une teuf.

Après 1h de route, à 10 minutes du point, on reçoit une info comme quoi la tawa est annulée à cause des flics sur place.
On décide alors de rester dans le covoit qui conduisait jusque dans une grande ville portuaire où nous pourrions plus facilement passer la nuit.
Il est 01:30 et nous sommes en train de fumer un cigarillo en trinquant. La nuit va être longue, on a pas d'endroit où loger et le prochain train est à 08:50.
On a une tente donc on s'inquiète pas, et après quelques binouzes on va s'acheter un kebab.
Quelques personnes intriguées par mon sarouel et ma tente engagent la discussion et après avoir appris notre situation nous mettent en gardent à propos du froid, ils pensent qu'on est fous et qu'on ne va pas s'en sortir.
Je leur rit gentiment au nez en leur disant qu'ils sont devenus peureux avec l'âge et nous partons direction la plage.

On s'arrête dans un parc, Martin boit un peu d'eau, je lui file ses 100µg, il finit sa bière, je prends mes 300µg et on part marcher dans le centre près des quais.


Chapitre 1 : Se tordre de rire.

Il est 03:00 et on explore la ville en discutant.
On rigole sur notre triste sort et on devient de plus en plus rigolards, signe que le L monte.
Martin étant mon meilleur ami et ceci étant notre premier vrai trip ensemble, je suis euphorique et je rit jusqu'à en avoir mal aux abdos.

quai_marche_trip.jpg

Ça monte de plus en plus mais j'ai l'habitude alors je reste calme et on divague dans la ville au bord des quais direction "la plage" ou en tous cas, vers l'extérieur de la ville.

Je suis en plein dans la montée et ma vision commence vraiment à être recouverte d'hallucinations, on se dirige à corps perdus là où le vent nous mène.

A ce moment, même si je n'ai pas vraiment le contrôle de mon trip, il se passe bien et je suis content.

Avec Martin on aperçoit un pont il est 04:30 environ.

pont_out_trip.jpeg

On le traverse et on s'y installe sous un lampadaire, on peut s'asseoir sur le rebord de la berge et l'endroit est sympathique.
Il y a une petite plage à côté et on entend de la musique au loin.

On discute en rigolant, on marche sur des chemins de promenade et tout va bien outre le fait qu'on soit dehors dans la rue au lieu d'être dans une forêt devant des caissons.

A un moment on voit un pare-chocs de voiture sur une barrière et des traces de pneu par terre. On ne comprend pas trop.
On se rend petit à petit compte avec effroi qu'on marchait en fait sur une route à sens unique.
On fait vite demi tour, un peu honteux et abasourdis de ne pas avoir vu ce qu'était ce "chemin", ça aurait pu être dangereux.

A ce moment je me dis que c'est quand même un peu risqué de n'avoir personne pour nous ancrer à la réalité. On ne peut compter que sur nos perceptions modifiées de cette dernière.


Chapitre 2 : Getting weird.

Au final on revient à la berge et on s'installe sur le ponton.
On discute de tout et de rien, je suis vraiment arraché mais on est seuls, tranquilles, l'endroit est cool, la nuit est douce.

Malheureusement, je dois aller "déposer mes enfants à la mer" autrement dit, chier partout, je décide donc d'aller faire mon affaire dans un bout de terrain vague derrière la plage.
Cette expérience troublante, surtout en sarouel et arraché m'a fit me rendre compte que je me les caillait (on le sent mieux cul nu).

Je rejoins donc Martin près du pont et on doit décider si on marche pour se réchauffer ou si on pose la tente sur la plage.

Le temps qu'on se décide on marche tranquillement sur le pont et une brise glacée venant des quais m'hérisse les poils.

pont_in_trip2.jpg

Je me dis qu'en fait il fait trop froid pour poser la tente maintenant et surtout qu'on peut pas la poser en pleine rue et on a pas le temps d'aller loin pour la planter cachée.
On reprend donc la marche direction le centre ville, je pensais que ça allait aller en marchant mais en fait je caille de plus en plus.
Le stress entraine le stress et empire le froid.
Le sang servant à réchauffer le corps, le cœur doit plus travailler lorsqu'il fait froid, ceci combiné à la tachycardie du LSD supplément anxiété croissante, je sens mon cœur battre intensément dans ma poitrine.

Étant un peu hypocondriaque et bien parano sur mon cœur, cela ne me met pas à l'aise.
Cependant avec le temps et les consommations j'ai appris à m'en foutre et à me dire au pire mon cœur lâche et je meurs, que puis-je y faire.

Ce qui m'inquiète plus c'est le froid.


Chapitre 3 : "Putain mais mec j'vais mourir si j'me réchauffe pas !!"

Je sens mon cerveau "geler" et avec la panique je commence à manquer de souffle. Je sais que je panique, j'essaie de me calmer mais surgit un dilemme ; Se poser et se calmer pour reprendre le contrôle ou continuer à marcher et se bouger pour se réchauffer.

Mes jambes se dérobent sous mon poids et celui de mon sac et je suis faible. J'ai l'impression que je vais m'évanouir à tout moment.

Je dis à Martin qu'il faut chercher de l'aide, je vais mourir.
Il me répond que c'est impossible de mourir de froid comme ça, qu'il en faut beaucoup plus. En fait, on avait aucun moyen de juger de notre niveau de mise en danger, mes sens étaient incapables de percevoir la réalité de ma situation.

C'est là que les choses ont déraillé, dans ma panique, je voulais trouver de l'aide absolument, je me dirigeais vers des maisons pour toquer et peut-être obtenir de se réchauffer quelques instants.

Pour moi, il était question de vie ou de mort.

Je restais debout sur la route pour qu'une voiture s'arrête et que je puisse demander au chauffeur de nous aider.
Je m'en foutais de finir au comico ou à l'hosto, je voulais pas mourir comme ça !

Heureusement, Martin m'a calmé, et malgré tous mes efforts pour le faire paniquer ; "Mais mec tu vas me tuer si on trouve pas de l'aide tout de suite, je vais m'écrouler !", il est resté rassurant.
Je le suivi donc...

Il me convainquit de plutôt trouver un endroit public chaud.

NB : Quelque part durant ce chapitre j'eus l'effet de mon dernier bad trip où ma perception remplacerait certains éléments de la réalité comme les mots de Martin.
Je chercherait une réponse à une question, et lorsqu'il me répondrait je me rendrait compte qu'en fait c'est moi qui décide de ce qu'il dit. Il me sourirait alors malicieusement l'air de dire, "je suis toi, tu ne peux pas chercher de solution venant de ta perception de ce que je dis, car au fond, cela vient de toi, tu sais et tu décides de ce que je vais dire".
Bien sur tout cela n'était que le fruit de ma perception.


Chapitre 4 : Résonance

->06:00, la période la plus froide de la nuit.

A ce moment, mes contraintes qui étaient le monde, la nature et la fortune ainsi que les tempo que je me fixais devenaient les contraintes de Martin.
Je jugeais ma perception comme trompeuse et je faisais confiance en sa parole et sa description de la réalité.
C'est là que ça a dégénéré.

Ma perception de la réalité qui était la réalité modifiée par mon cerveau sous LSD devint, mon imagination interprétant la perception modifiée de la réalité du cerveau de Martin.
Moi, debout sur la route avec Martin qui me tire par le bras pour partir, pour lui c'était : "mais gros j'ai du te trainer hors de la route t'étais en plein milieu t'allais te faire écraser".

A partir d'ici, les évènements ne sont pas forcément dans l'ordre. Jusqu'à 08:00 où j'ai commencé à reprendre mes esprits, mes souvenirs sont affectés par l'amnésie provoquée par la panique, le LSD et l'hypothermie légère.
Mes souvenirs n'ont pas vraiment de continuité spatiale ou temporelle, ce sont des sentiments, des perceptions, des délires. Raconter une psychose c'est compliqué et raconter comment des peurs et idées se matérialisent dans ma perception l'est aussi.
Il faut bien noter que je vais raconter ma perception de l'histoire mais que personne ne peut vraiment dire ce qu'il s'est réellement passé.


A un moment, nous entrons dans une banque pour se réchauffer et des personnes nous accostent, l'un me dit quelque chose sur mon sarouel :
"Eh t'as un beau sarouel toi !
-T'as vu ça, j'ai la classe hein ^^"
Puis repart.

Martin me décrit plus tard cette scène comme : "Des SDF voulaient nous racketter, je t'ai trainé dans une banque et j'ai bloqué la porte et ils sont partis."
Il exagérait complètement les choses et j'ai pensé que ma perception de la réalité était fausse, que je n'étais pas debout à côté de lui et que j'étais évanoui par terre.
Je n'ai même pas relié sa description au moment où nous sommes entrés dans une banque. Dans la panique je ne me souvenais de rien.
J'étais vulnérable au possible et pour moi il avait trainé mon corps inanimé par le sac pour nous enfermer dans une banque où des gens cognaient aux vitres pour nous tuer et nous voler.

Comme lors de mon bad de novembre, ma perception tourbillonnait et n'avait rien à voir avec la réalité.
Toutes mes peurs les plus profondes exacerbées par la pénombre de la ville nocturne me faisaient vivre l'enfer.

Je sentais mon téléphone être arraché de ma main comme si on me le volait, je devais m'y agripper de toutes mes forces.
Je pensais m'être pissé dessus en étant évanoui par terre, mon téléphone devenait mou et me glissait des mains au fond de ma poche.

J'avais peur que les gens voulant nous racketter ne nous ai retrouvés et me plante, volent toutes mes affaires.

J'ai pensé à ma famille, ils ne savaient même pas où j'étais ils pensaient que je dansais en teuf.
J'allais mourir sans pouvoir leur dire que je les aimait une dernière fois.
J'ai vu des moments marquants de ma vie défiler.
J'ai dit à Martin à quel point je l'aimait et je me suis excusé.

J'étais en crise de panique et j'utilisais toutes les techniques possibles pour me déstresser.
Avec le recul j'ai pitié de moi. J'étais tout effrayé et tremblant, mourant. Je faisais des exercices de respiration, je me concentrais sur le positif et je m'accrochais à la réalité de mon amour pour Martin pour rester accroché à la réalité.
Tantôt je chantais le mantra ॐ tantôt je fredonnais le rythme d'une musique tekno, comme un chant guerrier, la musique de teuf me donnait du courage. "BOOM BOOM BOOM BOOM"

Les hallucinations nous donnaient l'impression de tourner en rond dans la ville, les bâtiments prenaient la même apparence.
Même sobres nous étions perdus dans cette ville inconnue, imaginez sous LSD de nuit.

NB : Quelque part durant ce chapitre, acculé et terrifié, comme une bête se battant pour sa vie, j'eus une décharge d'adrénaline, cela me fit serrer la mâchoire et rugir. Pendant un instant mon corps passa en instinct de survie et je ressentis l'envie de me battre pour survivre : "RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA". Malheureusement, le LSD repris vite le dessus et un phénomène qui m'arrive souvent lorsque je stresse sous psychés se produisit.
Au milieu d'une place où nous avancions, une voiture arrivait, on entendait juste son vrombissement et l'on voyait seulement la lumière de ses phares.
Ce bruit, comme un danger imminent, m'envahit et il s'amplifia avec des dizaines d'autres voitures arrivants, créant toujours plus de bruit, menaçant de me faire imploser. Le comble de "l'overwhelmingness" se produisit juste avant que la voiture apparaisse.


Chapitre 5 : Baroud d'honneur de l'âme salvateur

Nous arrivâmes miraculeusement enfin à la gare.
Mais elle était fermée et nous étions dans la dernière phase de basses températures de la nuit.
La température ne ferai désormais que croitre mais notre température corporelle, elle, était tout de même au plus bas car nous l'avions épuisée tout au long de la nuit.

Martin eu l'idée de nous réfugier dans un AirBNB pour ne pas mourir comme des chiens dans la rue.
Qu'importe le prix de la chambre.
Il me demanda alors de sortir de l'argent car il n'avait pas sa carte ni de cash.

Tout ce que je perçu dans le blizzard de mes sens troublés fut "vite sors ton argent".
Je croyais qu'on se faisait racketter sous la menace d'une arme.
Je me mis à genoux, fébrile, soumis, et me mis à chercher dans mes affaires. Je devais me dépêcher, vite, vite.
Martin me répétait "vite, vite". Je prenais ça pour les paroles du/des voleurs.
Mais explosé au LSD, ma mémoire et mes habiletés à chercher dans mon sac étaient grandement amoindries.

J'eus alors une réflexion.
Dans Mr.Robot, Elliot déplore le fait que l'argent et sa main invisible dans la société capitaliste contrôle nos vies. Nous fasse nous prostituer, nous tuer à petit feu, nous nuise au plus profond de nos âmes.
J'étais en train d'être tué, planté, frappé, pour mon argent.
L'argent allait me tuer.
Je ne me rappelle pas de ce que je dis exactement à Martin mais il me raconta plus tard que je lui aurait fermement refusé l'argent.

Lui prit ça pour de la radinerie.
Il ne se rendait pas compte de l'enfer qu'il me faisait subir avec les descriptions de sa perception de la réalité.
Je ne pouvais pas lui en vouloir, c'est probablement lui qui m'a empêché de finir à l'hosto ou au commissariat.
Il était mon messi et mon bourreau.

Si ma torpeur paranoïaque se poursuivait c'était car Martin nous maintenait dans la précipitation et la panique en courant partout.
Un instant je voulu arrêter de courir, je compris qu'en fait c'était la seule cause de ces problèmes.
Qu'en fait, nous courions en boucle, chaque mouvement ne faisait que nous enfoncer plus loin dans la boucle.
Je voulu arrêter le temps, arrêter d'avancer, arrêter de l'écouter, j'eus l'impression d'avoir résolu l'énigme.
La facilité était de le suivre, de courir partout, de ne pas affronter la vie.
Je vis ça comme une belle analogie de la vie que l'on peut mener où l'on court tout le temps, où on est contraints de se dépêcher.
Il faut parfois dire "SUFFIT. STOP." et s'arrêter, prendre du recul, reprendre le contrôle de nos vies.

Après cela, nous allâmes nous réfugier dans les toilettes publiques bien hermétiques où l'on pu réchauffer l'atmosphère, assis dans le vomi et la pisse.
Je repris doucement mes esprits et l'amnésie du froid et du LSD se dissipa.
Jusqu'ici je n'étais pas certain de savoir si nous étions réellement en danger de mort ou non.
Martin me dit plus tard que lors de notre entrée aux toilettes, nous étions gris, froids et dépérissant.

NB : On cochait tous les signes médicaux de l'hypothermie légère ;
Hypothermie légère (35 °C à 32,2 °C) :
Le patient reste conscient, mais avec des phases d'amnésie, d'apathie, ou de difficulté d'élocution. Il a des troubles du jugement et d'adaptation à la situation.
Il existe une vasoconstriction cutanée avec peau pâle et froide, frissons et horripilation. La pression artérielle et la fréquence cardiaque sont élevées. La respiration rapide (tachypnée) mais avec une faible amplitude thoracique.

Ma tête était mal couverte et mon cœur incapable de bien chauffer mon corps, je pense que c'est pourquoi j'avais si froid.


Chapitre 6 : Tout est bien qui finit bien

Nous zonâmes dans les chiottes une heure et demi, buvant des bières et discutant de nos péripéties.
08:30, la gare ouvra. Nous allâmes attendre notre train de 09:00 et quelques minutes plus tard, nous étions enfin dedans, sauvés.
Épuisés mais sains et saufs, on pu enfin lire des sourires sur nos trognes de pauvres diables souillés.

Dans nos regards, on lisait l'influence de stupéfiants par nos pupilles encore bien dilatées mais surtout on observait le regard hagard de ceux qui sortent d'une épreuve qui ne les a pas laissés indemnes.

Comme un grand père qui se plonge dans ses souvenirs les yeux rivés dans le vide à l'aéroport, je regardais pensif par la fenêtre du train.
Le destin fit que notre teuf ratée était sur le chemin de nombreuses de mes précédentes tawa.
Je pu donc traverser les années et revivre mes souvenirs de lendemain de teuf.
Je me voyais presque sur les quais des gares que l'on traversait. C'était un peu comme passer en revue des instants agréables de mon passé. C'était super.

J'étais encore maxi arraché, les interactions sociales étaient catastrophiques. Un contrôleur nous épargna trop de mots prononcés en fermant les yeux sur nos billets tous deux à mon nom par erreur d'inadvertance.

Nous rentrâmes ensuite chez Martin, nous reprîmes les places que nous avions à 23:00 la veille, habillés pareils on aurait presque dit que rien ne c'était passé.

Physiquement, peu de choses avaient changées, mais probablement que psychiquement nous serions marqués à vie par cette expérience.

On décida alors de prendre ce jour comme anniversaire de notre amitié.

Regarder des séries humoristiques après la nuit qu'on venait de passer paraissait presque trop léger et facile.

Cette journée se finit à minuit après encore quelques heures de train et de marche pour rentrer chez moi.


Le bilan :

Ce TR est un n-ième TR de bad trip et je ne sais pas s'il représente un réel intérêt outre le divertissement et la lecture qui je l'espère fut plaisante.
Beaucoup d'éléments assez évidents pour tous sont importants à retenir, ne pas prod dans un endroit où on risque de mourir, ne pas être vulnérable dans un endroit qui n'y est pas favorable.
Ne pas être ingérable alors que c'est nous qui avons initié l'idée du trip. Ne pas tripper sans ancre à la réalité s'il est important d'y avoir accès en cas de besoin.
En fait, tout ça, je le savait. 1 mois plus tôt j'avais pris 400µg chez moi, et ça c'était bien passé.
Les doses étaient devenues des nombres abstraits.
J'avais la vue rivée sur les 600µg, il m'a donc paru raisonnable de prendre 300µg.
Mais j'avais oublié que ma dose max était 400µg et que j'avais déjà bien badé sous 300µg+.

J'ai donc appris au prix de cette expérience désagréable que la dose fait partie du set and settings.
Un 400µg dans un environnement familier, accueillant, safe, sera peut-être moins "puissant" qu'un 300µg en hypothermie paumé de nuit en pleine ville.
Les doses ne sont pas linéaires et il ne faut pas oublier ce dont est capable le LSD.

L'expérience joue, mais je pense que si je devais reprendre du LSD à fort dose dans une situation où ma vie est en jeu, je baderai surement encore autant si je n'ai pas de moyen de jauger la réalité.

Que peut-on donc faire si on est dans une situation où il faut de manière vitale analyser la réalité mais qu'on en est incapable ?
Je vais tourner la réponse sous forme de conseils à "mon-moi-qui-bade" :
Ne te fies pas à la perception de quelqu'un sous emprise, ni à la tienne, soi sceptique.
La précipitation engendre des erreurs et des suppositions car on a pas le temps de questionner notre perception. Pose toi, respire. La peur de mourir te tues plus que la mort elle-même. Tu as déjà vécu ça, tu ne va pas mourir et même si la fortune est contre toi, tu vas t'en sortir. Rit un bon coup, fait retomber la pression, écoute un son que tu aimes bien, profite de l'instant présent et d'être en vie. La solution vient de toi pas de l'extérieur, ne laisse pas le sort pourrir ton trip ! Soi libre !


Travaux restants :

J'ai ensuite re-tripé deux semaines plus tard avec 200µg et durant ce trip, je me suis rendu compte que j'étais en fait vachement traumatisé par mon bad.
J'ai peur du froid de nuit maintenant, je suis assez mal à l'aise de me promener dehors dans la fraîcheur nocturne.
Je pense maintenant parfois quand je me promène le soir : "Serais-je capable de survivre en SDF si dès maintenant je ne pouvais plus rentrer chez moi ?"
Cela ne me provoque pas de stress au quotidien.

Mais ma confiance en ma capacité à gérer les psychédéliques s'en trouve fortement réduite.
Après les 400µg je pensais devenir invincible, je voulais faire un breakthrough sous DMT puis peut-être essayer un trip à 600µg.
La trajectoire de ma lancée psychonautique pointait loin dans le ciel.

Cette expérience malheureuse, où j'ai été irresponsable, ingérable, dangereux pour mes proches et moi même m'a beaucoup frustré et déçu de moi même.
Je ne me déteste pas, je suis juste déçu car je percevais ma situation différemment.

Au final, cela m'a calmé un peu et je me relève doucement en lisant de la philo.

J'ai aussi compris que ma paranoïa concernant mon cœur me ruinait la vie. Elle s'est calmée avec les années, j'ai réussi à diminuer l'anxiété qu'elle générait et qui la générait mais ce n'est pas suffisant.
Quand je prod, le fait de sentir mon cœur battre me rend anxieux. Je crois au fond de moi, consciemment ou non pouvoir mourir bientôt. J'en ai marre d'être torturé par cette peur accablante de mourir de crise cardiaque ou je ne sais quoi lorsque je me drogue. J'évite carrément de parler de santé cardiaque presque superstitieusement lorsque je suis sous influence.

J'ai surtout écrit ce TR afin de mieux intégrer cette expérience car aujourd'hui je n'en saisit pas encore tous les impacts.

Merci de m'avoir lu, ce texte est très long et a des allures de journal intime, mais je pense que la place publique d'Internet est un bon endroit pour raconter ses préoccupations car c'est facile de parler à des inconnus qui ne peuvent nous juger, ne nous connaissant pas.

N'hésitez pas à donner vos conseils pour mieux intégrer le trip en réponse au topic, bisous.❤️


Skippy

edit : changement description, temps de lecture ajusté, et photos modifiées
 
Dernière édition:

Skippy

Neurotransmetteur
Inscrit
5 Déc 2020
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Tout écrire un bon coup (déjà fait) et se forcer à ne plus y penser du tout pendant une semaine ou deux
Oui je sens que je peux enfin passer à autre chose. Aller de l'avant.
J'espère que mon prochain TR sera pour raconter un super trip 😎
 

Sorence

zolpinaute de la sapience
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11 Oct 2022
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une petite bouteille de rosé "cuisse de la bergère".
C'est fin !
Aux leçons finales, j'ai envie d'ajouter la suivante, qui vaut avec ou sans LSD : toujours prévoir des vêtements plus chauds que ce que l'on escompte ! Même en été. Les vêtements techniques font moins babos mais portent bien leur nom.


vos conseils pour mieux intégrer le trip
Si t'as du mal à digérer, et c'est ok : t'as cru mourir, c'est une situation traumatisante ; sache que la Société Psychédélique de France organise des séances d'intégration en visioconférence.

Moi je te conseille, chaque fois que cette expérience te revient d'une façon envahissante, d'extérioriser en racontant, dessinant ou écrivant, ce dont tu te rappelles à ce moment-là. N'aie pas peur de te répéter. Et si ça devient lourd, tu es légitime à aller voir un-e thérapeute, ça t'evitera un trouble de stress post-traumatique.
 

Skippy

Neurotransmetteur
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5 Déc 2020
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Aux leçons finales, j'ai envie d'ajouter la suivante, qui vaut avec ou sans LSD : toujours prévoir des vêtements plus chauds que ce que l'on escompte ! Même en été. Les vêtements techniques font moins babos mais portent bien leur nom.
J'étais plutôt bien stuff en vrai, j'avais un jogging sous mon sarouel et 2 t-shirts, une polaire, un gilet et une veste.
Le problème, c'est que je ne savais pas que le corps favorisait le réchauffement des organes vitaux en priorité.
Mon coeur était bien au chaud, mais mon crâne était juste couvert par mon bob fétiche.

Je pense que toute ma châleur s'est envolée par ma tête et que mon coeur étant accaparé par le LSD était d'autant moins capable de gérer ça.

Si t'as du mal à digérer, et c'est ok : t'as cru mourir, c'est une situation traumatisante ; sache que la Société Psychédélique de France organise des séances d'intégration en visioconférence.

Moi je te conseille, chaque fois que cette expérience te revient d'une façon envahissante, d'extérioriser en racontant, dessinant ou écrivant, ce dont tu te rappelles à ce moment-là. N'aie pas peur de te répéter. Et si ça devient lourd, tu es légitime à aller voir un-e thérapeute, ça t'evitera un trouble de stress post-traumatique.
Merci pour les conseils, je m'étais déjà renseigné sur la société psychédélique pour rencontrer des psychonautes par chez moi, je participerai peut-être un jour à une session, je suis curieux de voir ce que ça peut m'apporter.

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