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[4-FMA] Danser et penser

Canin

le Hutin (EEEEEHeh)
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3 Avr 2020
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Produit : 4-FMA, alcool, cannabis
ROA : oral, puis test en nasal 

Setting : soirée techno puis after avec Mâra, mon amoureuse.
Set : tout va bien, j'ai hâte d'aller écouter des artistes que j'aime, de pouvoir me défoncer sans trop de pression, et de découvrir un nouveau prod.

Les notes de Mâra sont retranscrites en gris.

Notre choix s'est porté sur la 4-FMA car je cherche, comme tout le monde, un vrai RC stim après la disparition de la 3-MMC. J'ai pu tester la 3-FMA en soirée, une seule trace offerte par un pote cependant. C'était pas mal, avec une bonne stim dopa doublée d'un petit rush seroto et une longue stim résiduelle. Pas de quoi remplacer notre cathinone préférée en vrai. Donc lors de la commande en ligne mon choix se porte sur la 4-FMA, imaginant que l'atome de chlore en position 4 puisse ramener un peu plus de seroto et donc un vrai rush.

Début de la soirée, on prépare les paras après avoir checké PN wiki (qui ne donne les dosages qu'en oral), une série à 25mg et une à 50mg. Après s'être dépensés à un concert de rock pour darons on prend le RER, on descend loin en banlieue nord et drop un para de 25mg chacun avant le bout de chemin à pieds. On rentre en soirée, une bière et un joint plus tard on commence doucement à danser alors que les premiers effets se font sentir. Une espèce de demi rush en fond, qui sous tend plus le reste qu'autre chose.

1h après : on sent les effets, une stimulation très mentale, voir et entendre fait plaisir, une petite tendance à intellectualiser la moindre chose. Léger bruxisme, les yeux qui partent un peu partout. Headspace très profond, surtout les yeux fermés. Je vois une ambiance qui me plaît mais ça ne m’intéresse pas ici. Je me sens pas tellement l'envie de parler aux gens, seulement partager quelques pensées de temps en temps. Balle d'énergie tout de même, là on se regarde avec Mâra et on se dit que ça pousse vraiment, et que ça aurait été une connerie de commencer par les paras de 50mg.

En oral le produit met vraiment du temps à monter, il faut bien deux heures pour sentir les pleins effets (on avait mangé de façon raisonnable deux heures avant).
Le premier drop de 25mg me laisse musicalement sur ma faim, même si ça pousse, aucun doute là-dessus. Il y a le côté stimulation, appréciation et tout, mais ça fait aussi beaucoup penser, et dans ce contexte, on l’on est tous serrés dans le noir à écouter de la musique répétitive, ça me fait surtout ruminer, ce que je ne trouve pas très agréable, voire angoissant. D’autant que ça distrait de la musique, alors qu’on est là pour ça bordel ! J’ai plusieurs fois besoin de sortir pour prendre l’air et m’assurer que je maîtrise la situation. Mon amoureux m’apporte une bière pour l’anxiolyse.


Premier redrop à 25mg environ deux heures plus tard, car on atteint un plateau qui à mon avis pourrait être bien plus intense. On retrouve les mêmes effets, une forte action dopa et un peu de seroto, l'appréciation des sons et lumières est très décuplée. A première vue on a tablé juste, on a un gros stim avec une action seroto supérieure à ses cousins 3-FMA (que j'ai testé) et 2-FMA (là je me base sur les retours le décrivant comme très fonctionnel).
Je me dis que ça doit être pas mal pour baiser en vrai, mais à la manière d'une amphet (normal) pas d'une MMC.

Le deuxième drop amène des sensations plus jouissives, plus empathiques, je suis euphorique, mais je pense toujours autant, alors ça devient intéressant et constructif, je fais des liens entre des choses, j’ai des raisonnements, des idées pour plus tard. Reste que… ça distrait de la musique haha, il faut vraiment faire un effort pour rester « branché », et là ça envoie.

Mâra m'attire dehors pour discuter. On y passe réellement plus d'une heure assis par terre. On est loin d'une discussion MDMA, plus proches d'un truc réel à sortir par surintellectualisation. On pense beaucoup et faut que ce soit exprimé. Assez étrange mais intéressant en même temps. On dirait presque un effet proche de certaines phene très stimulantes types 2C-B FLY.

Quand on sort pour discuter, on ne se dit pratiquement que des choses importantes, c’est pas du vomi de MDMA mais des paroles pesées et sincères, qu’on n’aurait peut-être pas eu le courage d’avoir sinon, et qui ne font pas mal pour autant, enfin c’est chouette quoi, on a une vraie discussion. Ces moments sont nécessaires parce que j’ai sinon l’impression d’avoir la tête dans un bocal de mots.
Encore quelques pics d’angoisse, dont un où je pars alone de la salle pendant 20min, comme pour m’assurer que je peux encore compter sur moi-même.


Au bout de trois redrop à 25mg on ne sent plus tellement les montées. Impression de sobriété imputable à la dopamine à mon avis. Mais vu comme ça pousse et la quantité déjà prise, les paras à 50mg font un peu peur.

Le troisième drop se fait peu sentir, c’est vrai. Mais par contre on est déchirés. L’empathie prend clairement le dessus sur la stimulation. Je me dessape à moitié pour me frotter à mon mec, je parle à n’importe-qui, bref.

Je sais pas si on aurait dû prendre directement les paras de 50mg ? Peut-être 40 plutôt.


Sur le chemin du retour, alors qu’on échange nos impressions, j’ai soudain envie d’entrer plus profondément dans les perceptions de mon amoureux (ce mix d’empathie et d’intellect…). On parlait des sentiments un peu mystiques qui prennent dans certains moments de choc. Je lui ai demandé de décrire ce que ça lui faisait, phénoménologiquement, au plus près des sensations, sans intellectualiser. Alors il me montre les bâtiments, les arbres, m’explique comment dans ces moments, il voit la structure des choses, les lignes de force et les lignes de fuite (comme sur les croquis) de chaque objet se propager bien au-delà de l’objet. Oui, ça va bien avec ses études, alors je lui demande de plonger dans ses souvenirs : avant ce formatage sensoriel, comment il ressentait les moments mystiques ? Effectivement c’était plus brouillon, plus dans les surfaces des choses… etc. Moi, je vois les choses luire, une sur-brillance, qui rend chaque détail poignant, à égalité, sans ombre, plus rien n’a de signification, seulement cette luisance qui pousse à la contemplation. Et voilà pendant tout le trajet du retour on a ce genre d’échange, à propos de différents genres musicaux par exemple, en-deça de l’appréciation, qu’est-ce que cela fait.

On rentre pour l'after. J'ai très envie de voir ce que ça donne en nasal. Je garde en tête la stim résiduelle de la 3-FMA qui avait duré plus de 12h, et propose de tester une trace vers 13h en mode dernier drop.

N'ayant pas d'indications sur les dosages en nasal, on y va un peu à l’œil et prenons un para de 50mg pour deux. Une trace est légèrement plus grosse que l'autre, c'est moi qui la prends. Cumulé avec l'imprécision de la balance, la mienne doit être aux alentours de 25/30mg, celle de Mâra dans les 20/25mg.

Je tire. Déjà ça fait MAL au nez. On se dit que c'est sûrement le fluor qui doit déchirer les muqueuses comme ça. Je me lève immédiatement, et pendant que Mâra me parle avant de prendre sa trace, je sens le truc monter. Une minute plus tard je suis loin. Je sens un rai rush, plus seroto que ce à quoi je m'attendais, et surtout UN MAX de dopamine.
Très agréable mais franchement assez dur. On est pas tellement sur du love mais sur de la vraie grosse stim pure. A tel point que ça ne me donne pas envie de bouger en fait, mais d'intérioriser toute cette énergie. Un peu à la manière du rush de MDMA fumée ou de 3-MMC surdosée.

Pour moi le rush de la trace était carrément mystique. On a écouté Xavier de Dead Can Dance, puis tout l’album Spleen et Ideal, puis quelques pistes de l’album Aion, et enfin Spirit et the Spider Labyrinth. Ça a bien dû durer une heure et demie de stupéfaction, où l’on était très calmes, en dansant lentement, parfois solo parfois ensemble, sur de la musique très magique. A un morceau où l’on s’est tenu la main, il a dit : ça c’était un rituel d’amour non ? Ce rush était ce que je pense qu’on peut appeler de l’extase. Puis petit à petit la fébrilité nous a rattrapés.

Très clairement en redescendant on se dit que sans la tolérance de la soirée (75 à 100mg pris) on aurait tapé une bonne surdose. Sur le moment on se dit qu'en nasal 10mg sont largement suffisants.
A noter cependant qu'une trace de 15mg après une soirée au 2C-B n'a que peu d'effets, et surtout pas ceux décrits plus hauts. Tolérance croisée avec les psychés seroto possible (même si le 2C-B est un cas à part).

Redescente longe, on était prévenus mais ça traîne vraiment. En fin de journée on est toujours debout, on en a un peu marre mais ça ne s'arrête pas.
C’est long oui, mais c’est surtout très fatigant. Côté moral on tient bien le coup, alors que pour comparer, les descentes de 3-MMC me donnent (vraiment) envie de me jeter sous un train. Là c’est juste les gestes et les mots qui ralentissent de plus en plus, avec toujours ce petit vélo dans la tête qui ressasse.

Sur les coups de 21h, deux fois 5mg d'alprazolam ne font rien. On tente les 10mg de zolpidem : dodo direct, réveil en simultané avec Mâra 7h plus tard, soit la durée d'action du somnifère. Redrop 5mg zolpidem puis dodo. Réveil à 9h en forme (pas normal) je go au taff. Redescente réelle lundi à 12h30, PLS totale lundi 17h. La dite PLS étant due aux conditions de redescente (au boulot), alors que Mâra aura plutôt bien vécu la sienne, chez elle au calme. Mieux qu'avec la 3-MMC qui peut renvoyer 6 pieds sous terre par exemple.

Conclusions
Pas mal en soi, pas déçu c'est sûr. Cependant je recommanderai pas à des stimhead, qui se feraient chier je pense, dans le sens où il faut vraiment tartiner avant d'avoir les effets d'un produit fortement seroto. On est un peu à mi chemin entre le pur récréatif et le fonctionnel, ce qui est assez étrange vu comme ça tabasse. Je recommanderai pas non plus à des gens qui kiffent pas les stims parce... stim trop vener en fait.

Perso je pense avoir trouvé là un vrai de vrai stimulant, pas trop (voir pas du tout selon le dosage) love, une durée d'action qui ne pousse pas au redrop, mais des effets parfois décevants qui eux peuvent pousser au redrop compulsif. Celui ci est d'autant plus dangereux vu la durée d'action. En vrai maintenant que je mets des mots dessus ça parait bien plus mitigé, même si la première expe était incroyable. Bien noter que c'est un stim du vendredi soir, et pas du samedi.


Point RdR 
15mg en nasal nous ont laissés sur notre faim. J'ai supposé une tolérance croisée avec le 2C-B. Cependant, Mâra souligne que nous n'avons attendu que 3 semaines entre deux prises de 4-FMA, et que j'avais pour ma part consommé de la MDMA et un peu de 3-MMC une semaine avant la deuxième. Mon retour très nuancé sur la première prise est sûrement influencé par cette seconde expérience, moins intense, moins bien, moins intéressante.

Laisser son corps récupérer est important, non seulement pour son bien être au quotidien, mais aussi pour passer de meilleurs trips, et des redescentes moins sévères.
 

Acacia

𝓥𝓪𝓹𝓸𝓾𝓻𝓸𝓾𝓼 𝓢𝓱𝓪𝓭𝓮𝓼蒸気の色合い
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25 Mai 2017
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Merci, excellent retour super détaillé!
J'adore ton approche des effets mentaux des stimulants, enfin , n'ayant jamais trop expérimenté ces drogues, et comme c'est une partie de l'expérience que les gens développent rarement à moins qu'ils partent en parano, c'était super intéressant à lire .

Ça doit vraiment etre un massacre des trucs à la NN sous stimulant 0.0
 

Canin

le Hutin (EEEEEHeh)
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3 Avr 2020
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772
Hehe merci ! En vrai le potentiel headspace des stimulants est grave souscoté je trouve.

Et après voilà, la techno industrielle sous stims bien sûr que ça deboite ;)
 
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