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Theonanacatl ou la révélation de la puissance de l'esprit.

#1
Je vais tenter du mieux que je le peux, vous replonger dans mon quotidien d’il y a un an à peu près, ou au cours de l’hiver , bien des choses me sont apparut. Je vais vous narrer un de mes voyages champignonesque qui m’a le plus marqué, car il a sonné comme une rupture dans ma vie, une petite mort qui mène à la résurrection… Je tiens d’ores et déjà à mettre les choses aux claires. Par la suite, peu importe l’interprétation que vous pourrez tirer de mon propos, n’y voyez aucune apologie concernant la substance, ni aucun prosélytisme concernant ma manière de consommer. Je crois au libre-arbitre et au fait que chacun est responsable de sa personne. Ce que je fais, je le fais car cela viens à moi naturellement. Jamais je n’affirmerais qu’il faille procéder de la même manière, ni suivre le même chemin. Pour ma part je ne regrette rien et l’envie me guide de vous raconter cette histoire.


Pour commencer, je tiens à faire une petite introduction, sur le contexte qui ma mené jusqu’à ce voyage que je vais vous conter ensuite. A l’automne 2012, je signe un contrat de 10 mois pour un labo de recherche sur la mémoire et les apprentissages. J’ai un M2recherche cognition et neurosciences en poche et je bosse avec la technique d’ Electro Encéphalogramme depuis 2 ans maintenant. C’est un vaste projet et l’étude à laquelle je participe est chapoté par un CHRU, en tout nous sommes 7 équipes de recherches à bosser sur un projet d‘imagerie cérébrale à ultra son. Cela paraît être la panacée mais en réalité, à peine je commence ce job, que je m’ennuie à mourir. En effet je suis enfermé dans un bureau à longueur de journée, devant un pc, au mieux je fais passer mon protocole à des « volontaires » au pire je me bat avec la rédaction d’articles ou des traitements stat. Bien que mes collègues soient vraiment cool et mon agenda malléable, je passe le plus clair de mes journées à me demander ce que je fout là.


En ce qui concerne les psychotropes, j’ai fais mon éducation au psychédélisme à l’aide du cannabis que je consomme depuis une dizaine d’années (notamment j’ai eu une phase où j’ai consommé quelques laits bien costaud) et j’ai goûté quelques buvards d’acide, quelque para de mdma mais tout cela assez tardivement (vers 22-23 ans) et de manière extrêmement ponctuel et réfléchit. J’ai toujours été prudent avec les substances psychotropes, et en général elles me l’ont toujours bien rendu et à mesure que je les découvre je sens comme un sentiment de familiarité avec chacune d’entre elles. C’est comme si elle me parlait mais avec des couleurs, des impressions, des sentiments, des émotions, des sensations…


Enfin bref, cet hiver là, je sens la dépression hivernale s’installer plus dure et plus forte que les autres années. Petit à petit l’idée germe dans mon esprit… Un truc du genre: « Oui c’est vrai, je n’ai jamais encore expérimenté les champignons, pourtant ils sont accessibles, naturels et à vocation enthéogènes voire spirituelles. A peu près tout ce qui m’attire… ». Je suis curieux d’en savoir davantage. Je me mets à me renseigner un peu plus sur le sujet et finis par commander des truffes pour patienter et deux box de cultures, une de golden, l’autre d’équatoriens. Je baptiserais par la suite, cette nouvelle année, de mille rêves (pour 2013) avec une apogée lors du mois de fées vrillées de mille rêves… J


Je vais tenter d’être concis bien que je pourrais en faire un roman tant j’ai de choses à dire…


Cela faisait déjà 4 semaines que j’en prenais une fois au moins le week-end dont parfois avec R et A, deux excellent ami. Cette fois nous pensions les prendre avec C qui devait passer nous rendre visite précisément ce week-end. Nous pensions les prendre le vendredi mais le fait est que C n’arrivera que le samedi. Tout était prêt et A insiste pour qu’on les prenne le soir même, sans C. R s’en fout, moi également bien que je comprend déjà que l’absence de C aura une incidence sur notre voyage. A est du genre à avoir l’esprit de compétition et si j’en prend, il faut qu’il en prenne, si j’en prend plus il faut qu’il en prenne plus… Nous finissons par convenir que nous les prendrons ce soir avec ou sans C… Je prépare l’infusion. Les 2 premiers week-end nous avions pris des truffes avec A et R , le troisième, moi et A mais chacun de notre côté, puis le quatrième une dose de golden teacher avec A. Cette fois ci ce sera les équatoriens… 5 grammes pour moi et A, 4 grammes pour R… Je prépare l’infusion avec les champignons hachés + citron +thé+ miel, c’est parti…


On est chez R et A , leur appartement m’est particulièrement familier étant donné que j’y ai vécu les deux années auparavant. Il y a des vieux strapontin de cinéma en fer forgé et bois, un énorme tapis rouge au sol avec tout un tas de motifs qui recouvre quasiment toute la pièce, les murs sont en dégradés de gris assez moche, un peu comme du béton qui suinterais (l’œuvre d’une ancienne locataire) et il y a un vidéo projecteur qui balance des images de fractales sur le mur. Enfin bref, on est là, lumière d’ambiance, autour de la table basse, buvant notre bol… Je me souviens que A a fait remarquer qu’il sentais monter les effets quasi instantanément après la prise . Il n’est même pas 20h et moins d’un quart d’heure après avoir bu ma potion, je sens déjà des vagues s’immiscer. J’ai toujours comme une appréhension du fait que C ne soit pas là…


Une demi heure à suffit et R ne décroche plus un mot, il semble baigner dans une sorte de liquide aérien et une aura se dégage autour de sa personne. A me parle, il commence à avoir du mal à être clair mais je sens qu’il a envie de partager avec moi ce qu’il ressent, je l’écoute mais j’ai du mal à le suivre, d’ailleurs j’ai du mal à suivre ma propre pensée. Tout est confus, je réfléchis trop. Je décide donc d’arrêter de tenter de communiquer et me laisse aller au gré des assauts de la marée chimiques qui me submerge. Je me souviens aller au toilette, allumer la lumière, voir la pièce (pourtant toute petite) devenir immense et d’un blanc immaculé où le tartre jurait sur la porcelaine dans des dégradés allant du vert au bleu en passant par des nuances de bruns… Mon sexe m’apparaît alors immensément distendu puis l’instant d’après tout rétracté sur lui même au point que je le devine à peine. Soudain un flot d’urine submerge mon urètre et je craint d’inonder entièrement la pièce. Je souris, je suis en plein dedans…


En sortant des toilettes, j’entends comme un ruisseau qui coule près de la salle de bain. Je ferme les yeux et je peux le voir. L’eau est cristalline et s’organise en un mince filet dont le son si pur apparaît enfin à mes oreilles et me fait voyager. Je passe par la chambre de R (qui est un bel‘artiste) afin de regagner le salon. Ces peintures sont en trains de danser le long des murs et tout apparaît comme une grande fresque de symboles qui débordent de chaque recoin de tout support. Les murs débordent sur le sol et le plafond, dégoulinent le long des fauteuils. Je reviens dans le salon et là, c’est pareil, le tapis navigue, les murs ondulent, des fresques de symboles jaillissent de toute part. Je dis: « Je crois qu’il y a une rivière qui coule sous votre salle de bain, les gars… » J’obtiens un vague silence en guise de réponse… R est perdu aux confins de sa psyché, il a le sourire au lèvre, en revanche A semble soucieux et tente de tromper ses angoisses en me parlant toujours et encore… Il semble vouloir me convaincre que ce qu’il voit est merveilleux tout en semblant nerveux et tendu (probablement parce qu’il a besoin de se rassurer tant il est submergé par les visions). Je ne me sens pas la force de lui répondre, ni de rentrer dans son jeu. Je me souviens juste lui dire: « les symboles » et lui de me répondre: « Oui, les symboles, c’est ça! ».


Je me concentre sur le mur grisâtre et ce sont des myriades de formes qui se dessinent, certaines on une forme maya ou aztèques, je remarque également la présence de pentagones qui émergent puis disparaissent, se relient les uns aux autres. Maintenant partout où je regarde, ce sont des symboles, encore des symboles, toujours des symboles. Finalement la fractale projeté sur le mur se fond avec le reste du salon. Le plus étrange, c’est que tout cela me semble familier au plus haut point, comme si j’étais fait pour cela…Je prends mon carnet et tente de reproduire ce que je vois mais je suis vite confronté à la réalité, je ne peux pas reproduire le mouvement, il y a beaucoup trop de choses qui s’animent… Je me contenterais de quelques gribouillis, fruit d’un laisser-aller champignonesque. Je sens A par-dessus mon épaule qui m’observe tantôt interrogateur, tantôt distant, gêné…


Un moment plus tard je pense à nos pieds en floraison!!(qui se trouve dans la chambre de A avec qui je partage la tâche). Mes filles m’apparaissent alors sous la forme la plus évidente de la fractale dont-elles sont issues. Elles semblent être en verre, elles sont resplendissante… Je m’assoies pour les contempler, je leur parle du regard, elles esquissent un sourire, elles semblent aussi joyeuses que moi, mon dieu qu’elles sont belles!


Je retourne enfin dans le salon et là je retrouve A qui tente une nouvelle fois de m’expliquer des choses farfelues mais au milieu de sa phrase les mots ne sortent plus et il reste là bouche bé comme un disque rayé. Ce que je pressentais, arrive. Il reste bloqué comme un bègue qui ne prononcerait jamais la fin d’un mot, je lis de la détresse dans ces yeux. L’atmosphère de la pièce est devenu sombre et tout s’accélère. C’est alors que je réalise que j’ai un troisième œil grand ouvert au milieu du front et qu’il perce tout ce qui croise son chemin. Je regarde A et je suis maintenant à l’intérieur de sa tête, je constate la nature de ses angoisses, il a peur de ne pas me plaire, il réalise l ‘étendu de ses contradictions, il regrette l’absence de C et s’en veux de son impatience,il pense que je lui en veux, il a honte de lui et de ses méprises sur le monde, il voudrait mourir, il est submergé par la vérité et son ego est sur le point de se dissoudre s’il ne l’est pas déjà, il cherche un repère, du réconfort, un peu de reconnaissance… Ce que je me refuse à faire pendant un temps, car ce serait trop facile et je pressent que c’est à lui de trouver la clé! Je laisse monter la situation en intensité… Pour ma part je suis à la fois dans sa tête à effectuer ses myriades de boucles mais je suis également dans des boucles plus étroites et plus grandes, je semble être dans le passé, dans le futur et au présent affranchi de la contrainte de l’espace. Mes visions sont comme autant de caléidoscope en fractale qui opère des boucles sur elles-mêmes ainsi qu’en interactions les unes avec les autres dans toutes les dimensions qui soient. Je suis le passé, le présent, le futur, je suis A, je suis R, je suis l’univers, je n’ai pas peur, je n’ai pas de doute, je me laisse submergé par une énergie surnaturel et je sens que je n’ai jamais résonné aussi fort, je sais ce qui à été et ce qui sera, ma compréhension atteint une apogée sans frontière, sans but, sans raison…


Tout d’un coup, la solution m’apparaît évidente. Il suffit que j’affronte enfin A. Je le regarde dans les yeux, je me lève, A fait de même, j’ouvre mon cœur et le prend dans mes bras (c’est à peine si je ne dégouline pas de larmes), je le sert fort,lui également, je sens l’atmosphère s’éclaircir enfin… je sens le soulagement émaner de tout son être. L’instant d’avant, il se sentait comme un animal acculé, qu‘un prédateur s‘apprête à dévorer, l’instant d’après, c’est un vent de liberté qui souffle sur son esprit jusque là tourmenté. Je l’emmène préparer du thé à la cuisine afin de l‘occuper (lui qui ne savait plus quoi faire de sa peau), il semble encore confus mais il a retrouvé le sourire. R émerge enfin de sa torpeur et lâche soudain: « J’ai le cerveau en miettes… ». On se regarde tous, on se sourit,on comprend qu’on vient de faire l’expérience que l’on voulait, on se sert de nouveau fort dans les bras, on se promet de se souvenir de ce moment pour en faire un nouveau départ. Bref, ce voyage vient de sceller pour toujours une amitié qui était déjà bien parti pour l’être…


Finalement A, sous nos conseils, se met à griffonner sur un bout de papier afin de canaliser les dernières angoisses qui le taraude. Il en retirera un dessin qu’il conserve toujours à ma connaissance et qui symbolise pour le lui le point de départ d’une nouvelle étape dans sa vie.
Il est un peu plus d’une heure du matin, A va se coucher, il pense enfin pouvoir trouver le sommeil. Je reste avec R à échanger sur le voyage et les enseignements que nous avons chacun tirer de cette expérience, car avec R s‘est développé une complicité sans mots. Pendant un temps, je pense rester dormir sur place afin d’être présent quand A se réveillera… Finalement vers 5 heures je rentre chez moi, la tête pleines de magiques visions. Le lendemain, A m’appelle, il y a effectivement une fuite sous la baignoire mais il prend tout ça avec légèreté (lui qui est si ronchon d‘habitude). Dix ans de prise de conscience, révélée en une nuit, il lui faudra encore du temps pour digérer ce qu’il a vu ce soir là mais une chose est sur, ce voyage à été pour nous une étape décisive dans nos chemins de vie respectifs. Un an après, je peux affirmer que je ressent toujours le bénéfice de ce voyage, pas un jour ne passe sans que je n’y repense… Je ne parlerais pas à la place de mes amis, mais il me semble qu’il en soit de même pour eux.


Ce soir là, je croit avoir entraperçut la puissance shamanique de la substance et nous sommes convaincu tous les trois qu’elle n’a rien d’une récréation, c’est extrêmement plus profond que cela. Se méprendre à cet égard, c’est s’exposer à des expériences potentiellement destructrices . Ce n’est que mon avis.


Voici quelques phrases que j’ai griffonné cette nuit là dans mon carnet notamment au moment où je sentais A partir. Je vous les mets dans l’ordre chronologique, par contre je ne les intègre pas au récit ce ne serais que pure spéculation, sachant qu’elles ont été rédigées sur un laps de temps d’environ 3 heures.

"ça papillone, ça tournefrise, ça colibrizzz'..."
« Le calme au milieu de la tempête »
« On ne se remercie jamais assez les uns les autres »
« Pourquoi utiliser les mots quand on a les sentiments »
« C’est toujours au creux de l’obscurité que surgit la lumière »
« On n'a jamais finit »
« Une vie ne suffira »
« Le silence ne s’achète pas, encore une chance, allez savoir toutes ses coïncidences, se bousculent et dansent les fractales »
« Ce n’est ni plus, ni moins, que la danse des angoisses tout au creux de l’ego, mais il suffit qu’elle entende en écho, le lâcher prise souverain, pour que soudain, elle disparaisse. Si elle traque celui qui la fuit, elle s’efface lorsqu’on la regarde »
« Derrière les enfantillages se dissimule la juste vérité »
(en parlant de l‘état de A) « Confusion d’excuse et sentiment de culpabilité, attente en suspend, trop, c’est trop )»
« Voyage à la frontière entre l’ombre et la lumière »
« C’est le cœur qui donne l’intensité aux choses et non la raison qui exploite le contrôle »
« Le monde des ondes dont la principale source des illusions n’est autre que nous même»
« Comment discerner le vrai parmi le tissu issu de la carapace de nos conditionnements. Peut-être faut-il commencer par reconnaître l’étendu de notre méprise sur le monde et ouvrir notre troisième oeil ?»


Je conclurais ainsi. J’ai refait quelques voyages aux champignons depuis et j’ai également apprivoiser le LSA mais depuis cette expérience aucune de mes aventures n’a été aussi submergeante. En revanche, depuis les couleurs m’apparaissent plus vives et les contrastes, plus net. Mon quotidien est emprunt d’un brin de folie qui l’illumine. Je redécouvre d’une manière singulière le « monde des choses muettes » dont parle Baudelaire. C’est comme si la substance avait reconfiguré durablement certains réseaux de neurones par le biais de la plasticité cérébrale (ce qui est fort probable) de sorte que mes voies sensorielles s'en trouvent modifiée qualitativement et quantitativement. Lorsque je consomme du cannabis, il me suffit d’y penser pour que j’aie des visuelles que je n’avais jamais auparavant. De plus j’avais déjà un bon ressenti des relations sociales mais maintenant j’ai l’impression (quand j’y prêtes attention) de mieux comprendre le fond de la forme si je puis dire. En effet j’ai l’impression de mieux saisir la part non verbal de la communication humaine et de sembler comprendre que l’on partage cette même part de communication (à peu de choses prêt) avec de nombreux animaux voire de manière moins flagrante avec les plantes et les fongi! Du coup mon monde s'élargit et la présence d'un arbre peut suffire à me réconforter davantage que celle d'un humain (c'était déjà le cas avant mais pas avec cette évidence). De même j’ai l’impression de développer une conscience de ma proprioception, chose à laquelle je ne prêtais pas plus attention. J'ai même eu des phases "attaque de panique" tant les sensations qui émanent de l'intérieur de mon corps pouvaient être perturbantes, mais je n'ai pas abandonné et à force de leur faire face, je les ai quelques peu apprivoisées, de sorte à ne pas sombrer dans la folie. Pour autant le développement de cette conscience semble infini...

J’envisage de continuer mon chemin sur la trace des plantes enseignantes, ils me restent beaucoup à découvrir, comme il est dit plus haut « une vie ne suffira », mais je ne suis pas pressé, je sais maintenant que tout vient à propos pour qui sait recevoir. J’espère seulement (au fond de moi) pouvoir profiter de ces expériences jusqu’à l’aube de ma mort. Les abus sont donc à proscrire, la patience de mise et l’horizon truffés de nouvelles clés prête à ouvrir des portes sur mon inconscient... Que du bon en définitive!


J’ai terminé mon contrat de recherche et je n’ai pas renouvelé. A la place je suis parti en saison au sport d’hiver histoire de profiter de la glisse en attendant de quoi réunir de quoi acquérir un lopin de terre. Je suis sur un coup et je doit voir ça en rentrant au printemps. Je vais me former en herboristerie tant du point de vue de la culture que de la transformation. Je crois que c’est-ce que j’ai toujours voulu faire et je suis excité comme un gosse.. Et dire qu’il y a pas si longtemps j’avais peur de faire ces choix. Je retrouve comme un arrière goût de liberté… Merci à toi psylocine!


Voilà, j’espère que la lecture n’aura pas été trop barbante, en tout cas, n’hésitez pas à réagir si vous le souhaitez…
Bon vent à toutes et tous…
La difficulté à saisir la Beauté du monde réside dans l'évidence avec laquelle elle s'exprime.

"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer."
"Aucune puissance, aucun être humain n'a le droit d'énoncer envers moi des exigences tel que mon désir de vivre vienne à s'étioler. Car si ce désir n'existe pas, qu'est-ce qui peut alors exister?"
"Celui qui construit des Prisons s'exprime moins bien que celui qui bâtit la Liberté."
"Notre besoin de consolation est impossible à rassasie
r." Stig Dagerman

Trip report:
https://www.psychonaut.fr/Thread-Theonan...e-l-esprit
https://www.psychonaut.fr/Thread-Peintur...se-urgence
#2
Ben, même si ça peut paraître naïf, c'est un exercice chamanique que tu décris. L'impression de plonger dans l'âme de ton ami, et surtout de le guérir d'une manière ou d'une autre par ce biais, la prudence que tu exprimes par rapport a la consommation, l'impression de voir clair tout d'un coups, tu as passé le cap de la crainte face a l'absence de repéres pour assumer un monde intérieur riche en émotions, qu'il faut exprimer tant qu'on le peut pour éviter le repli sur soi et la condamnation a la folie.
Chacun appréhende l'experience a sa manière, avec sa propre construction mentale, avec la conscience de sa conscience, et ça n'est pas faire apologie des champignons que de relater un tel moment, mais c'est faire l'apologie de ta manière de les comprendre Wink
Pour qui lit dans mon sourire sait qu'il n'est serein,
Que parce qu'il est la source et le reflet de l'éclat du tien.
#3
Citation :Ben, même si ça peut paraître naïf, c'est un exercice chamanique que tu décris. L'impression de plonger dans l'âme de ton ami, et surtout de le guérir d'une manière ou d'une autre par ce biais

C'est cela qui m'a fait réfléchir après coup. Il est vrai que les sciences, les médecines et les formes de chamanismes m'attirent depuis déjà un certain temps mais entre l'idée fantasmée qu'on peut se faire et la réalité de l'expérience, il y a un immense fossé qui m'est apparut comme profondément terrifiant pendant les jours voire les semaines qui ont suivis. Avoir la santé mentale (et par extension la santé physique) d'une personne remise entre ses mains implique une connaissance et un contrôle de soi extrême. Je suis loin d'en être véritablement capable. Pour l'heure je préfère m'auto-shamaniser (si je puis dire), c'est à dire avancer sur le chemin de ma propre connaissance. Disons que je recherchais cette expérience inconsciemment mais elle a été si puissante sur le moment, qu'elle m'a fait comprendre que cela ne servais à rien de brûler les étapes, il suffit de se laisser guider pas à pas, à commencer par le début, c'est à dire par soi.

En revanche soulager les douleurs, les souffrances de l'autre sans souhaiter de récompenses que le retour à l'équilibre de sa santé, serais une manière de trouver ma place dans le monde qui me semble profondément louable et peut être qu'un jour j'en serais capable que ce soit par le biais de la psychologie, la neuroscience, les plantes, la musique, la médecine ayurvédique, le shamanisme (ou peut être un étonnant mélange de tout cela).

En tout les cas, merci pour ce commentaire Jackal_le_chacal, il me conforte à poursuivre...
La difficulté à saisir la Beauté du monde réside dans l'évidence avec laquelle elle s'exprime.

"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer."
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#4
Citation :Disons que je recherchais cette expérience inconsciemment mais elle a été si puissante sur le moment, qu'elle m'a fait comprendre que cela ne servais à rien de brûler les étapes, il suffit de se laisser guider pas à pas, à commencer par le début, c'est à dire par soi.
Je me permet d'être en désaccord avec ça : oui c'est une experience puissante, qui "nous tombe du ciel", mais, même dans ton récit, on ne commence pas par soi, mais par les autres. C'est le reflet de ta bienveillance qui t'as permis d'en apprendre sur toi (grâce a l'analyse a posteriori que tu peux en faire, et son acuité que tu livres ici prouves l'importance que l'experience a pris dans l'évolution et l'ouverture de ton esprit Smile ).
Donc maintenant, oui c'est vrai, c'est a toi, seul, de donner du sens a tout ça, chamanisme, spiritualité, philosophie, littérature, religion, art en tout genre ou même science : autant de façons d'exprimer et de guider ce "nouveau toi" vers la conscience naturelle, l'empathie, le partage et l'Amour.
On ne guérit que celui qu'on aime et qui nous aime en retour.
Pour qui lit dans mon sourire sait qu'il n'est serein,
Que parce qu'il est la source et le reflet de l'éclat du tien.
#5
Je pense que c'est un léger malentendu. Je suis tout à fait d'accord avec toi, seulement ici, quand j'écris "commencer par moi", j'entend le fait que si je veux un jour pouvoir soigner l'autre, il faut que je commence par me soigner moi ( de tout mes petits démons qui me rongent) je ne changerais pas les autres, en revanche je peux me changer moi et aimer les autres afin de les aider à se changer...
La difficulté à saisir la Beauté du monde réside dans l'évidence avec laquelle elle s'exprime.

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"Aucune puissance, aucun être humain n'a le droit d'énoncer envers moi des exigences tel que mon désir de vivre vienne à s'étioler. Car si ce désir n'existe pas, qu'est-ce qui peut alors exister?"
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#6
Trés léger alors Smile
Bonne chance contre tes petits démons (ils sont toujours petits de toute manière, mais jamais totalement anéantis Wink )
Pour qui lit dans mon sourire sait qu'il n'est serein,
Que parce qu'il est la source et le reflet de l'éclat du tien.
#7
Merci pour ce TR, ta pensée est très bien amenée, cela provoque en moi des réminiscences d'expériences passées, je n'ai jamais encore consommé de champignon, en revanche je suis arrivé à des états de pensée similaires avec le LSA, et comme toi je pense que
Artisan de Liberté a écrit :
C’est comme si la substance avait reconfiguré durablement certains réseaux de neurones par le biais de la plasticité cérébrale (ce qui est fort probable) de sorte que mes voies sensorielles s'en trouvent modifiée qualitativement et quantitativement

.

Depuis la fin de mon dernier voyage, il y a deux mois, je perçois mieux les couleurs, contrastes et détails des objets, à tel point que j'ai l'impression de redécouvrir le monde (sa beauté) tout les jours, pareil pour le côté non verbal de la communication, je suis beaucoup plus sensibles aux expressions corporelles et faciales ainsi qu'à "l'aura" des autres personnes (ma relation aux animaux à évoluée elle aussi)

As-tu continué à entretenir ces facultés depuis deux ans ou perdurent elles d'elles même ?
To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

                               William Blake.

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