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[Rapport] L’ocytocine comme remède à la dépression résistante et à la phobie sociale

#1
Heart 
[Disclaimers en tout genre :
– Avant toute chose je précise que je ne suis pas médecin ! Ce qui suit n’est autre que ma propre expérience et interprétation de mes recherches théoriques.
– Les études scientifiques sur cette substance sont loin d’être achevées, avec somme toute assez peu d’expériences sur les humains compte tenu de sa complexité pharmacologique, et presque aucune sur une administration à long terme comme je m’y essaye.
– En outre, la plupart de mes recherches se sont focalisées sur l’attachement, la dépression, l’anxiété sociale, l’inflammation, et dans une moindre mesure l’addiction comme c’est ce qui me concerne et que le sujet est trop vaste et complexe pour que je m’attarde sur chaque application éventuelle de la molécule.
– A cause du confinement la substance que j’utilise n’a tout simplement pas été testée en labo, à l’heure actuelle je ne peux donc garantir à 100 % que je fasse bien cobaye avec ce que je pense, en dépit des effets semblant coller parfaitement. J’espère pouvoir accéder à un test, au moins pour les lots suivants, une fois de nouveau complètement libre de mes mouvements (soit dans… dans…… pas tout de suite.)
– Si pour X ou Y raison vous étiez tenté.e par cette substance, lisez la section « risques » de ce rapport et surtout conduisez vos propres recherches approfondies !]



Je m’attaque à un gros morceau. L’ocytocine (oxytocin en anglais) a un champ d’action et d’applications très large, et tout n’a pas encore été comprit à son sujet.
Son usage n’est pas récréatif (ça y est j’ai perdu les trois quarts des lecteurs, haha bon tant pis) mais me permet depuis quelques temps de vivre de façon plus normale qu’à l’accoutumée, là où la plupart des autres molécules prescrites ou non ont plus ou moins échoué, le tout avec moins d’effets secondaires que ces dernières.

Rapide introduction, parce qu’en quelques clics vous avez ce genre d’infos :
Il s’agit d’un nonapeptide (petpide composé de neuf acides aminés) d’un point de vue chimique, tandis que sur le plan biologique elle est principalement connue et utilisée en tant qu’hormone, mais est encore un neuropeptide, pouvant donc jouer le rôle de neurotransmetteur.
L’ocytocine agit principalement sur les récepteurs OXT, mais semble posséder d’autres modes d’action demeurant inconnus. Lesdits OXT sont des GPCR, ce qui implique qu’ils provoquent une cascade de réactions métaboliques intracellulaires.

Ainsi, une fois dans le sang elle est principalement impliquée et médicalement utilisée dans la lactation et l’accouchement chez une grande variété de mammifères, dont l’humain.
On lui attribue aussi un effet sur le cœur (que l’on suppose plutôt bénéfique, mais qui peut aussi amener à de la tachycardie et hypotension), le système immunitaire, l'inflammation, la fonction intestinale (elle-même en lien avec certaines maladies auto-immunes et inflammations chroniques), la cicatrisation, peut-être certains cancers (suspecté seulement, avec des effets potentiellement bénéfiques ou délétères en fonction du type de cancer), la thyroïde, l’excrétion urinaire…
Mais dans le système nerveux central, elle touche indirectement de nombreux circuits neuronaux dont la dopamine et probablement la sérotonine. On lui attribue donc un rôle dans les cognitions (principalement sociales, mais pas que), l’humeur, l’anxiété, l’attachement, la confiance envers autrui, les récompenses liées aux interactions sociales, la sensibilité à certaines addictions et la tolérance, l’appétit et l’appétence pour les sucres (qu’elle réduit), l’excitation sexuelle, la perception de certaines douleurs, l’altruisme envers les membres du groupe d’appartenance social, l’agressivité face aux autres groupes ou rivaux…

Des recherches psychiatriques sont à ma connaissance menées sur l’autisme, les troubles de la personnalité (surtout borderline), le trouble de stress post-traumatique, la schizophrénie, l'addiction, les troubles du comportement alimentaire, les troubles anxieux et de l'humeur.

Et sur moi, c'est loin d'être parfait bien sur mais… ça marche ! Explications détaillées.



Table :

– Mon état actuel
– Tentatives de traitements précédentes
– L’ocytocine

– Achat
– Manipulation et conservation
– Utilisation
– Effets subjectifs (et variables parasites)

– Risques que j’ai trouvés sur le net
– Conclusion
– Sources

– Journal



Mon état actuel :

Je vais déjà devoir parler de moi rapidement, pas que j’en aie spécialement envie lol, je débarque en plus ça fait bizarre d'étaler ces trucs en mode yollo, mais parce qu’avant de crier au "produit miracle" il faut poser le contexte dans lequel je me trouve. Il est toujours bon de rappeler que ce qui fonctionne pour l’un.e ne fera pas forcément l’effet escompté chez d’autres !

Je suis donc une femme de 25 ans, une petite soixantaine de kg et sujette à dépression (dysthymie en fait, ponctuée de rechutes de dépression majeure) et phobie sociale depuis plus de dix ans, ça c’est bon je crois que celleux me connaissant peut-être de PA ont compris.
Mais plus précisément j’ai à la base un trouble de la personnalité évitente (TPE), auto-diagnostiqué il y a cinq ans (ça vaut ce que ça vaut, mais aucun des psys que j’ai consultés ne semble savoir ce que c’est… pourtant c’est dans le DSM, bref). On pourrait dire qu’il est à la phobie sociale ce que Raichu est à Picachu pour faire simple, avec un élargissement du problème à l’ensemble des sphères de la vie, et une intégration au fonctionnement psychique menant à un rejet des interactions sociales, qui plus est quand elles deviennent moins superficielles, malgré un profond besoin de ces relations. Il est marqué d'une sensation d’inadaptabilité sociale et de dévalorisation ; et pour ma part j'ai des pensées obsessionnelles concernant l’embarras, la honte ou le ridicule, et la meilleure manière d’agir à chaque instant afin de correspondre à l’idée que je me fais des attentes des gens à mon égard, pour plaire à tout le monde ou passer inaperçue; entre autres choses.
Cela me mena à un isolement social chronique avec des hauts et des bas ; actuellement je parle un peu avec certains collègues, à ma famille, et par SMS et les forums (je m'en sors mieux à l'écrit). Je ne suis donc pas au fond du gouffre hein ça fait des années que je travaille sur moi avec plus ou moins d’efficacité et j’ai connu nettement pire, je ne me considère plus comme 100 % évitente, disons qu’il reste des caractéristiques et que ça fluctue en fonction des périodes et contextes.

Quelques difficultés avec la mémoire des visages sont à noter, rien de terrible (je suis bien loin d’une vraie prosopagnosie) mais intéressant à souligner car l’anxiété sociale avec un manque de reconnaissance faciale sont deux critères actuellement investis pour tester un éventuel traitement à l’ocy.

J’ai également une maladie auto-immune, source d’inflammation chronique elle-même vectrice de troubles psychiques (dont dépression…) et de neuro-dégénérescence en suractivant la boucle du stress.


Tentatives de traitements précédentes :

Pour gérer ça (et une chose ou deux par dessus que je ne juge pas intéressant de développer ici), je suis d’abord passée par le système classique de soins avec sertraline, alprazolam, hydroxyzine. Après que la sertra, suite à plusieurs années de traitement, m’aie rendue quasi hypomane durant un an puis ne m’aie subitement donné plus que des effets secondaires, je me suis tournée vers la codéine en vente libre qui n’a… rapidement plus été en vente libre^^’
Dissociatifs du coup dont j’ai beaucoup abusé, retour au système de soins avec successivement paroxétine, vortioxétine, aripiprazol, mirtazapine, cyamemazine… encore des échecs cuisants (sauf la cyamemazine, mais uniquement en usage ponctuel compte tenu des effets secondaires).
Donc microdosage de lysergamide, tramadol + morphine (mini-doses quasi quotidiennes) et finalement PRE-084 (sur lequel j’aurais voulu faire un rapport aussi, je l’avais commencé mais j’ai plus ou moins abandonné). Sur tout ceci, seuls le tramadol et la momo fonctionnent sans trooop d’effets indésirables. Le 084 est triplement intéressant pour ses effets antidep/anxiolythique et anti-inflammatoire, mais exacerbe l’addictivité d’autres produits (dont les opïoides que j’utilise…).

Bien sur, il y eu de nombreuses psychothérapies en parallèle (dont TCC) avec résultats certes présents mais plus que laborieux. Cela me semble néanmoins important à préciser car si j’avais usé d’ocytocine dix ans en arrière, il est possible que j’eus obtenu un effet inverse à celui recherché tant je voyais le social et les autres négativement ! (voir le paragraphe « risques que j’ai trouvés sur le net », ou directement ici).

Et sans compter les régimes type sans gluten ni lait et riches en aliments / compléments alimentaires anti-inflammatoires et/ou antidépresseurs, dont omega3, extraits de berberine, rodiola rosea, millepertuis, bacopa monieri, mucuna pruriens, curcuma, safran…

Enfin j’ai récemment fait un saut dans un centre « expert » (ha, ils adorent le souligner à tout bout de champ ça, quelle branlette) contre la dépression résistante, où j’ai été sans ménagement infantilisée et recalée à cause de ma sincérité sur mon usage de substances… contre la dépression Big Grin (ba oui, t’avais qu’à rester dans les chemins officiels qui marchent pas pour toi, salope.)



L’ocytocine:

C’est là que ça devient intéressant : l’ocytocine est déjà un nootrope social par excellence (en tout cas à faibles doses), mais on a également retrouvé des taux anormalement bas de ce peptide dans certaines dépressions, surtout chez la femme. Itou pour certains comportements asociaux et la méfiance envers autrui. Elle semble très prometteuse comme anti-inflammatoire également, avec une action sur une quantité impressionnante d’interleukines et directement sur le cortisol, espoir d’un éventail bien plus large que tout traitement de fond que j’ai pu tenter jusqu’à présent, mis à part les omega3 et certains composés de l’huile d’olive peut-être.
Voici donc plusieurs années que j’étais en recherche de fournisseurs pas trop peu fiables pour m’en procurer (c’est limite encore plus la jungle que pour les drogues récréatives, je vous jure… d’ailleurs j’ai retrouvé un post de 2012 où j’en parlais déjà lol, c’est dire si ça a traîné) et enfin, enfin la voici ! *_*
[Image: ocy.jpg]

Je débutai l’expérience le 29/01/2020 et n’ai pas arrêté depuis, malgré des fluctuations de dosages (voir rubrique « utilisation »).



Achat :

Les sites type amazon sont à éviter, juste à côté de leurs sprays à soi-disant ocytocine sont vendus des parfums aux phéromones pour attirer l’Amour de votre vie, hahahaha, 40 à 75€ le flacon, l’eau la plus chère du monde !
L’ocytocine est considérée comme un médicament (officiellement commercialisée sous les noms de ‘Syntocinon’ et ‘Pitocin’). Il y a ainsi d’autant plus à parier que les sites en proposant pour la consommation humaine sans ordonnance soient des scams. Mes deux sources la vendent comme RC (sans faire pour autant commerce de produits récréatifs), j’ai même dû me faire passer pour une entreprise pour l’une d’elles, mais sans vraie difficulté.

Dont bio-identicité :
J’ai bien failli me faire avoir. Certains sites proposent des agonistes OXT dérivés de notre ocytocine endogène, avec des avantages comme une meilleure stabilité à la conservation, une plus longue demi-vie, ou encore un usage possible en sublingual…  (demoxytocine, carbetocine…)
Une attention particulière doit être accordée à ce point. Tout comme pour les dérivés synthétiques d’hormones stéroïdiennes, un apport de dérivé non bio-identique d’une hormone au rôle aussi complexe que l’ocytocine, mène à des effets certes similaires sur certains plans (notamment la lactation et l’accouchement, ce pour quoi ces dérivés sont utilisés normalement) mais très possiblement incomplets, voire peut-être même inverses par rapport à la vraie ocytocine sur d’autres, et là je pense évidemment au psychisme qui est beaucoup plus sensible qu’une réaction physiologique. Ce n’est pas parce que ces dérivés fonctionnent pour induire des contractions utérines qu’il en sera de même sur le cerveau, et je vois même des raisons de croire le contraire !
Les progestines par exemple, dérivées de la progestérone chez la femme, fonctionnent bien en tant qu’hormones sur le plan de l’organisme mais ont des effets dépressogènes tandis que la progestérone bio-identique serait, elle, plutôt anti-dépresseure.
Hors il est reconnu que l’activité de l’ocytocine est clairement plus complexe qu’un simple agonisme sur les OXT, bien que nous ne soyons pas encore en mesure de dire exactement en quoi. Ils l’ont démontré notamment pour la dépression, où l’ocytocine restait efficace sur une souris dépressive et dont le gène codant les récepteurs OXT avait été knocked-out. Pas de récepteur OXT chez cette souris, mais un effet antidépresseur quand même.
J’utilise donc de l’ocytocine bio-identique, et seulement bio-identique. Tenter un traitement à la sauvage est déjà un peu périlleux, inutile de multiplier les inconnues.



Manipulation et conservation :

Un de mes deux vendeurs propose de l’ocytocine déjà en solution dans de l’eau déionisée, directement en spray nasal pour un prix… deux fois plus élevé que le peptide lyophilisé. Cette forme est également réputée moins facile à conserver que la poudre.
Cela dit, certains peptides lyophilisés sont coupés à une grosse dose de mannitol (sucre) ou autres adultérants pour les protéger, ce qui une fois mis en solution augmente les risques de contamination bactérienne.


Dans tous les cas l’ocytocine est une molécule assez instable, j’ai lu sur un des sites vendeurs (que je ne peux donc malheureusement pas linker) que la conservation doit se faire dans un milieu le plus froid possible, jusqu’à -80°C pour une conservation optimale d’un à deux ans !

Il faudrait également éviter au maximum de secouer le flacon de solution, comme l’ocytocine pourrait apparemment se casser (je ne sais pas si c’est vrai ou juste une idée reçue, mais il ne coûte rien de faire un peu attention).


Pour ma part concrètement, j’ai commencé par acheter un spray nasal d’une contenance de 10mL tout prêt afin d’approximer la quantité de liquide qu’il délivre par spray, puis des lyophilisés.
– Il est vraisemblablement conseillé d’utiliser de l’eau bactériostatique, mais on m’a dit que de l’eau déminéralisée, si encore non ouverte pouvait suffire (le chlore de l’eau courante dégraderait la substance), c’est ce que j’utilise donc ici.
– Tout a été préalablement désinfecté à l’alcool 90°.
– Les flacons sont fermés à l’aide d’opercules spéciaux pour aiguilles, afin d’éviter toute contamination bactérienne. Ne disposant pas encore de ce matériel, j’ai retiré la bague de sécurité au couteau.
– J’ai inséré 2mL d’eau déminéralisée dans le flacon d’ocy, puis ai lentement fait se dissoudre le peptide par des mouvements circulaires sans jamais faire de geste brusque.
– Puis je mis 2.5mg d’ocy dissoute dans le spray nasal, en complétant avec de l’eau déminéralisée pour atteindre les 10mL, et remplis un à trois flacon(s) (dépend de si la fiole initiale contenait 5 ou 10mg d’ocy, en fonction du vendeur) initialement prévus pour transporter des unidoses de GHB, à 2.5mg chacun, pour les placer au congélateur (autour de -10 -15°C). Le fait de diviser d’ores et déjà mes doses évite de congeler/recongeler le produit, ce qui pourrait s’avérer délétère surtout s’il contient un sucre.
– Actuellement à 100ug/jour d’utilisation, 2.5mg me font un peu plus de trois semaines. Le spray nasal semble tenir ce laps de temps au frigo sans (trop) se détériorer.



Utilisation :

RoA : spray nasal pour avoir plus de chances de passer dans le SNC (en réalité personne ne semble savoir avec précision pourquoi cette RoA fonctionne, car en raison de sa taille l’ocy est supposée n’y passer qu’à 0.05 %, mais voilà, les expérimentations menées montrent un réel effet contre placebo. Pas d’évidence claire de si une injection permet ou non un passage de la barrière hémato-encéphalique aussi « efficace ». Le spray nasal semble systématiquement utilisé dans les études psychiatriques).
Il ne s’agit pas là d’une poudre à priser : le but est d’envoyer la dose grâce au spray puis d’éviter de trop inspirer ou souffler pour qu’elle soit absorbée progressivement par la muqueuse. L’ocytocine descendant dans la gorge sera détruite par le tube digestif.

Il faut 3 à 4 jours de traitement pour obtenir un réel effet.

Dosages que j’ai testés :
Globalement, j’ai débuté avec environ 300ug / jour, puis ai descendu à 200ug / j quelques jours plus tard et enfin à 100ug / j après un peu plus d’une semaine. Tout simplement parce que j’ai démarré sur les chapeaux de roues sans voir que ma solution pré-fabriquée était deux fois plus dosée que la fourchette haute des dosages utilisés dans les études (80IU). Je me permets d’ajouter ponctuellement 25 à 50ug dans une journée, une fois par semaine maximum, lorsque je me sens dans un creux de vague.
J’ai tenté des « pauses » d’une à deux semaines en baissant le dosage à 25 ou 50ug/jour mais c’était déjà assez difficile : le retour des symptômes, peut-être même exacerbés du fait de la baisse rapide (comme pour n’importe quel traitement chronique), est rude. Cela dit je note des effets positifs dès les 50 ug, bien qu’insuffisants.

Une dose trop élevée peut s’avérer délétère tant pour la santé que les effets recherchés, certains semblant suivre une courbe en U inversé (notamment l’amélioration des cognitions sociales).

Il n’existe pas de dosage « standard » ou thérapeutique officiellement fixé pour un usage en psychiatrie à ma connaissance.

Note : 1IU (international unit) d’ocytocine correspond à 1,68ug.



Effets subjectifs :

Je joindrais mon journal détaillé à la suite de cet article pour les courageux.ses que ça intéresse, mais si je devais aller droit au but je dirais :

Désirés :
– Sensation minime mais présente de contentement/câlin en prise aiguë
– Intérêt nouveau dans les relations sociales avec sensation subtile mais agréable lors de certaines interactions (sympathie, partage, joie)
– Forte réduction de mes pensées obsessionnelles et anxiogènes liées au TPE
=> Anxiolytique, principalement social
– Antidépresseur
=> Énergie et volition restaurées, comme lorsque j’étais gamine avant mon début de dépression, ou presque
– Réduction de mes envies et consommations de drogues et de sucre
– Libido accrue
– Zones érogènes sensibilisées
– Exacerbation du sentiment amoureux

Inclassables / dépendants du contexte :
– Nootropique, principalement social mais sensation d’avoir l’esprit plus clair de façon globale, surtout après un mois de traitement. En revanche quelques trous de mémoire épisodique (ie mémoire des évènements de vie), en adéquation avec ce qui est décrit dans les études ; et je trouve subjectivement que j’ai encore moins de répartie qu’avant, paradoxalement à la sensation de mieux-être social. (Donc ce point est controversé, difficile de dire s’il est plutôt positif ou non)
– Attachement affectif accru (peut sembler purement positif, mais implique une chute potentiellement plus dure à l’arrivée)
– Réduction de l’appétit

Iatrogènes :
– Angoisses faibles à moyennes, surtout au réveil, paradoxalement à l’effet anxiolytique observé en journée (lors de changement brusque de dosages, surtout à l’augmentation)
– Difficultés d’endormissement et insomnies
– Inconfort thoracique intermittent
– Modification conséquente de mon taux sérologique de prolactine (baisse observée en laboratoire) (non exhaustif, d’autres réactions physiologiques sont probables)
– Légère accélération du rythme cardiaque
– Jalousie amoureuse

Temporalité :
L’écrasante majorité des effets présentés ci-dessus se sont nivelés après quelques semaines de traitement, avec un pic d’effets situé entre le 5e et le 15e jour. Il peut s’agir de tolérance ou d’une dégradation progressive du produit au frigo (voir la section « conservation »), sûrement même les deux à la fois. Ils finissent par se faire complètement oublier, mais en cas de baisse des dosages je me rends compte qu’ils étaient toujours présents, bien que nettement moins tape-à-l’œil (notamment pour l’effet antidep :/). Cela dit alterner les doses d’une semaine sur l’autre, voire même faire des pauses de temps en temps pourrait s’avérer intéressant pour limiter la tolérance (mais ouch, dur ça, rien qu’oublier une ou deux prises me fait me sentir déprimée dans les jours qui suivent).

Notes :
– Dans le ressenti tout s’est fait un finesse et subtilité, surtout à doses normales. Quasiment impossible à distinguer d’un placebo (si encore un placebo pouvait se « distinguer »), vraiment un travail en arrière-plan mais qui a néanmoins changé tant de choses dans mon fonctionnement, les deux points les plus édifiants étant l’énergie et la volition recouvrées, l’envie d’aller vers les autres et l’étouffement de mes pensées obsessionnelles (je dirais qu’une grande partie de mon TPE est inhibée à l’heure où j’écris ces lignes, du genre 75 % d’amélioration en début de traitement, et encore 50 % aujourd’hui).
– Les effets iatrogènes étaient particulièrement élevés en début de traitement, ce qui n’a rien d’étonnant puisque j’étais surdosée. Cependant je n’ai pas trouvé que les effets bénéfiques, mise à part l’énergie renouvelée, aient suivi le même chemin : ils plafonnent à un moment, de telle sorte que monter les doses n’est pas forcément aussi utile que délétère.

– Des « creux de vague » sont survenus de temps à autres à dosage identique, mais toujours préférables à mon état antérieur au traitement.
– Un brusque et stable retour des symptômes initiaux est observable moins d’une semaine suite à la baisse des dosages.

– Rejoignant ce que j’ai pu lire par-ci par-là, j’ai bien l’impression qu’un contexte social positif démultiplie les effets attendus de l’ocytocine. Lorsque je manque vraiment de contacts sociaux ou que je suis dans une ambiance stressante ou négative, je les sens toujours, ils me soutiennent mais tout de même moins. (Certaines études parlent même d’un effet potentiellement délétère de l’ocytocine dans un milieu social trop néfaste.)
– Bien que je me sente globalement mieux, je trouve intéressant de noter que je ne me fais concrètement pas plus d’amis qu’avant… Cela dit ma vie actuelle ne me donne quasi aucune fenêtre pour m’y essayer, et il aurait été particulièrement intéressant de voir ce que ça aurait donné lors d’études dans une fac par exemple, où faire des connaissances est forcément beaucoup plus accessible. Je reste donc aveugle sur ce point, dommage !
– Ma timidité est toujours présente, comme au travail j’ai parfois beaucoup de mal à échanger quelques mots avec les gens nouveaux. Ça me demande un effort, même si les symptômes spécifiques au TPE sont réduits.


Variables parasites/confondues :

Autres substances :
– En tant qu’anti-dépresseurs et anxiolytiques que j’emploie habituellement, de faibles doses de tramadol, PRE-084 et morphine ont été utilisées durant certaines périodes du test (détails dans le journal).
– A compter du 22/04 je débutai un usage de probiotiques dont Lactobacilus Reuteri, connu pour stimuler la production endogène d’ocytocine.

Évènements :
– Le premier mois j’ai fait la connaissance d’une personne via SMS, dans le même temps que j’ai démarré l’ocytocine, et qui me tire particulièrement vers le haut. Certains des effets bénéfiques que j’attribue au produit pourraient en fait provenir de cet évènement de vie.
– Ensuite sont arrivés le printemps et le confinement, pouvant tous deux améliorer sensiblement mon humeur (surtout le premier, car le second révèle certains inconvénients au fil du temps).



Risques que j’ai trouvés sur le net :

— Chez la femme, modification des taux hormonaux (notamment prolactine), avec possibles lactation et/ou contractions de l’utérus (règles trop abondantes et/ou irrégulières, fausse-couche en cas de grossesse).
Risques d’hyponatrémie et de dégâts neurologiques à hautes doses (dernier point particulièrement suspecté chez les fœtus et nourrissons, avec pour conséquence attendue : risque accru d’autisme. Info pour le moins intéressante quand on sait que l’ocytocine est assez fréquemment employée pour déclencher l’accouchement en hôpital). https://www.sciencedirect.com/science/ar...8016300484
=> (Ne surtout pas utiliser si enceinte ou allaitante sans supervision médicale)

Hypotension ou hypertension, tachycardie ou bradycardie, et/ou arythmie cardiaque (concernant ma propre expérience, rétrospectivement, j’ai bien senti mon cœur s’emballer légèrement surtout en début de traitement, mais pas assez pour que je songe à en faire note dans mon journal… Cela dit oui, je sentais bel et bien mon cœur pomper plus vite que d’habitude. En revanche j’ai déjà souvent une tension assez faible mais n’ai remarqué aucune différence à ce niveau, ce qui ne signifie pas forcément qu’elle n’aie pas changé)
=> (Je n’ai ainsi aucune idée de si l’ocytocine serait sure chez des personnes aux troubles cardio-vasculaires avérés)

– Semble incompatible avec certaines drogues, dont stimulants et certaines utilisées en anesthésie :
Citation :Drug Interactions
Severe hypertension has been reported when oxytocin was given 3–4 h following prophylactic administration of a vasoconstrictor in conjunction with caudal block anesthesia.
Cyclopropane anesthesia may modify oxytocin’s CV effects so as to produce unexpected results such as hypotension. Maternal sinus bradycardia with abnormal AV rhythms has also been noted when used with cyclopropane.

Citation :Pitocin Interactions
You should tell your doctor about all prescription, non-prescription, illegal, and recreational drugs; herbal remedies; and nutritional or dietary drugs supplements you’re taking, especially:
   • Cough or cold medicines that contain a decongestant, such as pseudoephedrine or phenylephrine
   • Drugs that contain caffeine, such as migraine headache medicines
   • Stimulant medications, including methylphenidate (Concerta, Ritalin) and others
https://www.everydayhealth.com/drugs/oxytocin
https://www.sciencedirect.com/topics/med...y/oxytocin

– Agressivité (surtout en cas de défense de soi ou de son endogroupe) (j’ai du mal à dire si on retrouve cet effet plus par manque ou par excès d’ocy… c’est très dépendant du contexte me semble-t-il. Pour ma part je me sens globalement plus sur les dents lors d’une baisse de dosages, mais c’est concordant avec un mal-être global, pas nécessairement intrinsèque au manque de la substance.)
–  Augmentation des préjugés et de la xénophobie: l’ocytocine renforcerait les liens sociaux intra-groupaux, mais augmenterait certains biais cognitifs (tels que l’erreur ultime d’attribution, oui, les psychologues ont les chevilles quand il s’agit de nommer leurs découvertes^^ ). Des doses élevées d’ocytocine seraient ainsi liées à plus d’attitudes positives de l’individu envers ses groupes d’appartenance, mais plus d’attitudes négatives face aux autres ! (Sachant qu’un groupe, ça peut être n’importe quoi : la couleur de peau, l’orientation sexuelle, deux équipes de collègues, des usagers de certaines drogues ou RoA… Le simple fait de scinder une classe d’élèves en deux équipes avec des dossards de couleur différente suffit à déclencher des attitudes groupales.) On retrouve ce phénomène chez un peu tout le monde, à des degrés différents (heureusement), mais l’ocy semble l’accentuer, pour le meilleur ET pour le pire.
– Promotion de la fidélité (ce qui s’avérerait plutôt un avantage dans nos sociétés monogames, mais peut poser problème en cas de relation libre ou de polyamour)
– Augmente la confiance envers les pairs humains (encore un avantage qui peut potentiellement se retourner contre vous, face à diverses arnaques commerciales ou à des personnes malintentionnées par exemples)

– Maux de tête, parfois sévères
– Confusion
– Douleurs thoraciques, et/ou difficultés à respirer
– Baisse possible de certaines cognitions, notamment certaines mémoires telles qu’épisodique et de travail (calepin visuo-spatial particulièrement). Des effets différents semblent néanmoins observés suivant les dosages… L’impact de l’ocy sur les cognitions est complexe et il m’est impossible de trancher si je le trouve globalement plutôt positif ou négatif, trop de facteurs et cognitions différents entrent en jeu et les résultats des études sont parfois contradictoires.

– Variations inter-individuelles, notamment hommes / femmes
– Risque d’obtenir les effets contraires à ceux recherchés pour la phobie sociale, la personnalité borderline et d’autres contextes particuliers, en cas d’interactions sociales négatives ou d’un conditionnement trop fort à percevoir le social sous un angle négatif (traumas à travailler au maximum en psychothérapie en amont)
https://www.sciencedirect.com/science/ar...3013002369
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3935449/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4120070/

– L’efficacité de l’ocytocine, surtout en usage chronique, fait encore beaucoup débat au sein de la communauté scientifique, avec des expériences aux techniques, dosages, maladies testées ou encore âges très hétéroclites, autant de variables parasites qui amènent à des résultats parfois inconsistants. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6962227/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4443696/

– Comme tout traitement psychoactif, un usage chronique entraîne une désensibilisation des récepteurs associés, se traduisant par une perte progressive d’effets et une éventuelle aggravation des symptômes initiaux lors de la baisse ou de l’arrêt du produit.

– Non exhaustif (bien au contraire)

https://www.drugs.com/sfx/syntocinon-side-effects.html
https://www.sciencedirect.com/science/ar...8016300484



Conclusion :

Après plus de trois mois de traitement, je suis satisfaite de ce produit. Je le trouve beaucoup plus ‘naturel’ dans le ressenti que n’importe quel traitement antidépresseur que l’on m’aie donné par le passé.
La sertraline par exemple, à terme m’a fait me sentir extatique, ultra-sociable (vraiment bien plus qu’avec l’ocy, rien à voir) avec une grande répartie et sens de l’humour, pleine d’énergie et de vie un peu comme une toute petite dose de MDMA… mais quotidienne. L’espace d’un an elle avait fait de moi tout ce dont j’avais toujours rêvé d’être en somme, et en ça je la préférais largement… Mais elle me provoquait une déréalisation, l’impression d’être à côté de moi-même, une perte de libido supplémentaire et une énergie artificielle masquant les autres sensations et émotions (et puis entre nous... bien que très agréable subjectivement parlant, l’hypomanie n’est ni une réaction normale, ni bonne pour la santé).
Avec l’ocytocine la diversité de ce qu’il y a à ressentir s’intensifie au contraire, ce sont les petites choses de la vie qui semblent me rendre plus heureuse qu’à l’accoutumée, et non un plaisir artificiel et monotone. Ma libido a plutôt tendance à s’améliorer. Les effets secondaires subjectivement ressentis sont pour moi minimes à doses « normales » (celui qui m’embête le plus est clairement la jalousie amoureuse pour le moment…), et elle se retrouve tellement ancrée dans mon fonctionnement que je l’oublie en quelques semaines.
Mais cela ne signifie pas qu’elle n’est pas efficace pour autant : pour avoir tenté des baisses de dosage, je peux dire que je ne me vois plus arrêter ce traitement totalement, j’en suis psychiquement dépendante au même titre qu’un ISRS, le sevrage physique en moins semble-t-il. Pas qu’elle me donne envie d’en reprendre, mais bien à cause du retour des symptômes vraiment difficile à supporter. Je continuerais néanmoins, plus de force que de gré à baisser les doses régulièrement pour faire des « demi-pauses » et repousser la tolérance aussi longtemps que possible.

Cette aventure reste un auto-traitement de recherche, je m’expose à de vrais risques en usant d’une telle substance chaque jour, et ne peux décemment pas la recommander à d’autres personnes. Je n’en suis là que parce que tout le reste à échoué et parce que mes symptômes correspondent assez bien au profil de dépression / phobie sociale des essais cliniques.
Mais comme c'est une molécule qui a beaucoup fait parler d'elle cette décénie, j'ai trouvé l'idée d'en faire un rapport intéressante Big Grin

Si je devais regretter une chose dans ma façon de procéder, ce serait d'avoir tout de suite voulu user de gros dosages dans l'espoir de me sentir mieux plus vite, et parce qu'après les si nombreux échecs précédents je doutais d'obtenir une réelle efficacité. J'aurais dû débutter le plus progressivement possible comme j'avais fait avec le PRE-084, alors assez flippée car ne trouvant aucune idée de son dosage nul part. Cela m'aurait tout simplement permis de trouver ma dose optimale avec plus d'acuité et de limiter d'ores et déjà la tolérance. Car aujourd'hui mon sweet spot semble se situer à 100-125ug/j, mais peut-être aurait-il été inférieur si je n'avais pas démarré sur les chapeaux de roues.


Malgré son indéniable efficacité et mes efforts pour la maintenir, je sais qu’il s’agit une fois encore d’un traitement de passage. Un jour la tolérance me rattrapera.
J’en profite donc pour débuter (le 22/04) une cure de Lactobacilus Reuteri, unique souche de pro-biotique ayant démontré stimuler l’ocytcine endogène de son hôte à l’heure actuelle.
Elle ne m’apportera (très) probablement pas autant d’ocytocine que le spray, mais je l’espère ne produira pas non plus de tolérance comme mon corps fabriquera lui-même sa substance.
Je suppose également que le fait de ne pas avoir de pic de concentration comme en administration exogène ferait des L. Reuteri une alternative plus stable et moins risquée au spray. Je doute ainsi qu’ils remplaceront totalement ce dernier mais en complément, je prends.
En fait, comme notre société moderne, par de multiples facteurs (hygiène irréprochable, nourriture non saisonnière, junk-food, antibiotiques…) malmène particulièrement notre flore intestinale (dans une étude, 4 % seulement d’un échantillon de population avait des L. Reuteri dans leurs selles, pourtant considérés comme une souche basique de la flore !), je vais probablement me pencher sérieusement là-dessus de nouveau.



Sources :

(Il y aura des doublons avec les liens disséminés dans le thread, désolée mais je ne parviens pas à numéroter les sources pour bien les ranger comme dans des articles scientifiques ou les encyclopédies)

https://en.wikipedia.org/wiki/Oxytocin
https://www.webmd.com/a-to-z-guides/news...ve-hormone  
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2689929
https://www.sciencedirect.com/topics/bio...y/oxytocin

Ocytocine, anandamide et autisme :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4653148/

Cœur :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22435448/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12436943

Thyroïde:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1371278/
https://www.sciencedirect.com/science/ar...1502001131

Prolactine:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3288386/

Système immunitaire :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5223438/
https://www.sciencedirect.com/science/ar...2815300692
Dont inflammation:
https://journals.physiology.org/doi/full...90263.2008
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18593851
https://www.researchgate.net/publication...e_function
Dont intestins:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25147234

Cancers :
https://www.sciencedirect.com/science/ar...9914005937
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6153127/

Métabolisme énergétique :
Appétit et sucre (l'ocy réduit l'envie de sucre mais ce dernier et les opioïdes chroniquement consommés réduisent l'activité de l'ocytocine) : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3175817/

Troubles psychiatriques divers:


Addictions :
https://www.sciencedirect.com/science/ar...4218300369
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4815424/

Trouble de stress post-traumatique :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4723637/

Troubles du comportement alimentaire:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29189166

Capacités cognitives :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12374437
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6962227/
Dont sociales :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23575742
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30210321
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25977357
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19129382
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18343353
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6646594/
Dont attachement :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC402122/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4165758/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3935449/

Plasticité cérébrale, traitement contre phobie sociale et différences inter-sexe :
https://www.sciencedirect.com/science/ar...5061000371

Différences inter-sexes :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6529726/

Risques et effets iatrogènes :
https://www.sciencedirect.com/science/ar...8016300484
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3092966/
https://www.drugs.com/sfx/syntocinon-side-effects.html
Variabilités inter-individuelles : https://www.sciencedirect.com/science/ar...3013002369
Interactions :
https://www.everydayhealth.com/drugs/oxytocin
https://www.sciencedirect.com/topics/med...y/oxytocin

Ocytocine via microbiote (L. Reuteri) :
https://www.sciencedirect.com/science/ar...4216301180
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4354898/
#2
Journal :

Citation :29/01/20
Je prends bien entendu en spray nasal, l’ocytocine étant trop grosse pour passer la barrière hémato-encéphalique ailleurs (ladite barrière serait plus fine aux alentours des parois nasales, apparemment…).
Une dose = une pression dans chaque narine soit 100ug, deux fois par jour.

Je ressens un tout petit quelque chose, c’est vraiment minime, j’ai l’impression d’avoir un très très léger effet opi, et que d’une seule composante, celle calinou/contentement (pas de vague de bien-être soulagement chaleur etc). Mais bon c’est certainement du placebo.



De jeudi à dimanche sortie surprise donc j’ai pas eu mon ocy avec moi.
Reprise dimanche 2 février au soir du coup.

Je sais qu’il faut approximativement 4 jours pour sentir un réel effet. Du coup je prends trois fois deux pressions par jour au lieu de deux pour un total de 300ug par jour, dans l’espoir d’accélérer un peu le prossess, même si c’est pas très malin/rdr je sais.


3/02/20
Lundi au réveil, angoisses assez présentes ce qui ne me plait pas du tout, je tente de les gérer avec un quart de tercian.
L’après-midi je me rends compte qu’il y a un potentiel de synergie avec les poppys, notamment le tramadol que j’utilise à dose minime (25mg, parce qu’après mon début d’addiction psy portée par le PRE-084 à rêver des opis la nuit, je me méfie +++) depuis bientôt un an pour supporter mon taff de merde, et je trouve que l’effet minicalinou est bien porté par le tram, bon ça reste ultra light bien sur je ne recherche pas la défonce.


4/02/20
Mardi 4, angoisses le matin. Mais cette fois pas de médoc, je tente d’y gérer directement avec l’ocytocine. Ca marche pas trop mal ma fois, bien que je la soupçonne d’être à l’origine de ces pics d’anxiété à la base.
J’ai pas faim et c’est « bon » signe, un effet secondaire de surdose de l’ocy. Faut dire aussi que ma prise de milieu de journée haem, j’ai foiré la seconde narine donc j’en ai remit un pchit, ce qui fait entre 300 et 350ug suivant comment le tout a été absorbé, ça commence à faire pas mal là.

En fin de journée par contre… au début une collègue me saoule j’en aie très marre, le temps passe extrêmement lentement (genre plus que d’habitude au taff) je sais pas si c’est lié à la substance ou au contexte. Puis le soir en rentrant en voiture je me rends compte que ma vision est claire, comme si j’étais passée d’une vue en tunnel à un grand angle avec des couleurs plus belles, très très léger hein toujours, à peine perceptible mais c’est bien là !
Et en rentrant chez moi je me mets à parler avec ma famille le plus normalement du monde, je sens un truc quand je leur parle, un échange d’émotions positives se fait, c’est tout nouveau pour moi… Enfin je veux dire, en tant que TPE je suis désintéressée du social, et en tant que dépressive ça aide pas non plus mvoyez. Bein là… le jour et la nuit. Incroyable comme c’est spectaculaire.
Et bon sang, je sens de l’ENERGIE même en fin de journée, je ne vais pas du tout m’affaler sur mon lit pour dormir douze heures comme je fais normalement à cause de ma dépression épuisée par le taff, non, je fonce sous la douche, miam, et PC jusqu’à point d’heure alors que j’ai pas si bien dormi la veille, et qu’il me faut d’habitude bien 9h de sommeil minimum ! Là non ça va. Ca va… bien. C’est même limite trop, je décide de passer à une dose normale de 2X100ug maintenant, c’est bon l’effet est arrivé plus besoin de forcer.

C’est si subtil et ça change tellement tout à la fois !!! Incroyable, la « baguette magique » que je recherchais depuis si longtemps en testant plein de Rcs, d’antideps et tout, je crois que je l’aie trouvée o_o

Effet secondaire : le soir, quasi impossible de dormir : il me faut de l’alprazolam.


5/02
Mercredi angoisses mais qui s’estompent aussitôt levée. Pleine d’énergie, comme quand j’étais gamine dans mes souvenirs en fait, je VEUX discuter avec des gens et allume aussitôt PA et mon portable.

Par contre le stress au taff, cadence de malade à tenir alors que je viens de commencer, et pour clore le tout la machine bugue. Je perds du temps sur le rythme imposé. Je tente de m’adapter à la machine. Je m’adapte pas à la machine. Je tente de faire bouger la machine. Je casse la machine.
Je casse la mach…?!
Ha ba oui y a une grosse pièce qu’est en deux morceaux distincts, ça semble pas normal, ça.
Bon, habituellement ce genre de situation m’aurait fait paniquer complètement mais là bien que oui, très stressée, bein j’ai pu avertir la cheffe et voilà, quoi… au bout d’un moment la situation me faisait même rire j’avais un peu de mal à le cacher^^’ kof. Je sens que je prends moins les choses à cœur, il ne tressaute pas ni ne manque de battement dans ma poitrine à chaque petit souci, en ça l’effet se rapproche légèrement de celui du PRE-084 (en peut-être un peu moins efficace quand même).


16/02
HAAA j’ai pas écrit tout ce temps je suis pas sérieuse je suis pas sérieuse ToT
Jvais essayer de récapituler mais ce sera forcément moins précis que ce que je voulais au départ……

Ouai donc, entre le 4 et le 9 février je fais plein de recherches additionnelles sur l’ocytocine qui m’intéresse décidément de plus en plus.  Et je découvre que les tests qui étaient faits avec deux sprays matin et soir utilisaient des solutions à peu près deux fois moins concentrées que la mienne Big Grin
….
-_-
L’erreur de bleuzaille. Comment j’ai pu laisser passer ça ? Je crois que c’est la conversion IU/ug qui m’a mélangée. Ou ma connerie hein, au choix^^’
Bref c’la honte, je redescends à 2X50ug soit un seul spray deux fois par jour. Et je le sens passer. Parce que samedi, combiné à mon arrêt de mes 50-75mg de tramadol + mini trace de morphine que j’utilise quotidiennement en semaine (oui, j’ai remonté…), j’ai eu une petite dérouillée de déprime. Je me dis qu’à partir de maintenant j’utiliserais mon PRE-084 pour combler le manque de tramtram en week-end (qui est de plus en plus dur au passage, j’ai des descentes à la place des afterglows maintenant, probablement annonciatrices du mini manque qui va pointer le bout de son nez d’ici quelques mois ou années, mais c’une autre histoire ça, je m’égare).
Heureusement je vais me balader ça me fait un peu de bien vite fait.

Dimanche 9 au matin mes parents sont trop dans la cuisine pour que je chope le flacon ni vue ni connue dans le frigo, je loupe cette dose. Globalement, j’ai moins d’énergie qu’au départ sans surprise. J’ai toujours pas mal de difficultés à m’endormir et j’utilise donc assez souvent du xanax (0.25 à 0.75mg quand vraiment ça marche pas), mais aie du mal à me réveiller le lendemain. Du coup heuuu je suis de retour aux 12h de sommeil environ T_T
(Je me rends compte que j’ai plus de mal à me souvenir des détails de la semaine passée, ce qui colle bien aux effets amnésiants sur la mémoire épisodique décrits avec l’ocyto.)
Bon globalement je vais plutôt mieux que la veille.

Lundi mardi mercredi c’est l’enfer à l’usine, rythme de taré, pression et tout, et le vrai boulot (voiture) dodo parce que je dors de 23h à 11h pour taffer de 13h à 21h donc, voilà ^_^’’ Mercredi je pète les plombs j’en peux plus, je force un peu la dose d’opis… Je me demande si ça a quelque chose à voir avec mes baisses de dosages et ma dose manquée de dimanche (à cause des effets différés de quelques jours), ça fait plus de deux fois moins de doses d’un coup c’était peut-être un peu soudain…

Mais heureusement jeudi y a un nouveau problème sur la machine (c’pas moi, juré cette fois c’pas moi! o_o) et je repars au tri. Haaa my god c’est trop cool à côté. Je suis tellement heureuse de retrouver ma collègue qui radote ! :’D Du coup on parle et je me sens intéressée par les trucs qu’elle me dit. Enfin non elle me parle de tricot, mais plus par l’échange lui-même, l’interaction sociale que j’ai avec elle que le fond de la discussion.
Je remarque que les communications de ce genre me font ressentir quelque chose dans la poitrine, une émotion subtile et agréable qui n’émerge pas d’habitude. Je suppose que ça a quelque chose à voir avec l’attachement parce que je ressens beaucoup de sympathie pour cette personne. C’est assez bête dit comme ça, mais je ne me sens plus aussi seule, je ressens l’échange entre nous en quelque sorte. « Normalement » je devrais soit stresser, soit m’ennuyer, et me sentir presque toujours aussi isolée malgré les faits contraires.
Au final on nous engueule parce que c’est bien connu, on manipule les pièces avec la mâchoire dans cette usine, papoter ralentit le rythme ! ^^’ Silence radio donc… mais cette grosse heure et demi était cool.

Samedi je vais enfin voir ma grand-mère, on va se promener. Je sens des sensations disparues avec la dépression, mes cinq sens redeviennent agréables et non pas « noirs et blancs ». Le soleil tiède caresse mon visage et des odeurs très agréables se font sentir, je me sens exister ! Cet effet se rapproche un peu de celui du PRE-084 à doses suffisantes (quand j’étais progressivement arrivée à 35mg/jour il y quelques mois de ça), mais toujours nettement plus subtil. En revanche il y a le plaisir d’être en compagnie d’une membre de ma famille que le PRE-084 ne me fournissait pas, et ça c’est vraiment extra. Bref, c’est une bonne journée !


Je sens des douleurs sourdes dans la poitrine de temps en temps, difficile de dire si c’est mes eins ou mon cœur, m’enfin j’espère que j’aurais pas des montées de lait xD (sérieusement, un niveau plasmique trop élevé de prolactine me contraindrait à baisser les doses car il peut y avoir des effets secondaires sérieux à terme. Faudra que je fasse une prise de sang quand je pourrais, sûrement d’ici deux semaines par là).

Côté cognitions, j’ai d’abord eu l’impression de perdre le peu d’intelligence sociale que je pensais avoir, car les inférences que je fais normalement au sujet de telle personne dans telle situation se sont effacées, me donnant la nette sensation d’être encore plus conne que d’habitude, lobotomisée…
Mais quelques jours à vivre ce phénomène me firent prendre conscience que ce n’était pas de l’intelligence sociale, tout ça. Juste des pensées obsessionnelles très envahissantes et anxiogènes, fondées sur des pseudo-logiques foireuses, parties intégrantes du TPE.
Impossible de m’en rendre compte au par avant, puisque je fonctionne comme ça d’aussi loin que je me souvienne, pour moi il s’agissait donc d’une intelligence plus ou moins saine, ou en tout cas de mon fonctionnement normal.
Hors maintenant qu’elles se taisent un peu, je RESPIRE ! Ha, ce calme je vous jure ! Donc, non, c’était pas normal ^^’


20/02
Depuis mardi je me sentais super bien, un minirail de morph (5mg max) avec 25mg de tramadol en oral, et les journées sont passées crème, bonne énergie même si toujours pas de motivation (rien à faire à ce niveau décidément, je vois pas), sinon nickel, jusqu’à ce soir où je me sentis moins bien d’un coup. Peut-être mon oubli de levothyroxine y est-il pour quelque chose… Mais avec la tolérance qui va forcément grimper je me demande tout de même combien de temps l’ocy tiendra. Quelques années, mois ?… Le plus long sera le mieux.

PS : la musique est dingue ce soir, je ressens tellement d’émotions alors que je ne suis même pas sous psyché, c’est absolument formidable de redécouvrir la vie après dix ans de dépression ! J’ai l’impression que tout est augmenté.


24/02
J’ai switché les poppys contre le 084 pour cette semaine.

Hier soir j’étais en mode love toute seule dans mon lit, un peu comme une composante de la MD ou 6-APB, en bien sur beaucoup beaucoup moins fort mais quand même relativement euphorisant. Peut-être est-ce lié au combo 084 avec l’ocy. (… …… ou alors c’pas du tout du fait de l’ocy, mais d’un contact que j’ai en ce moment. Kof. Ouiçac’possibleaussi^^’’ J’admets j’admets…)
Je sens que je m’attache peut-être plus vite aux gens que d’hab, même par correspondance. Mais comme je ne côtoie sérieusement qu’une seule nouvelle personne ces derniers temps en fait, je n’ai pas d’élément de comparaison donc à nouveau, c’est peut-être pas l’ocytocine, ou pas que en tout cas… Bon toujours est-il que j’ai toujours craint l’attachement à cause de l’inéluctable qui s’en suit : la séparation. Je m’étais entraînée sur mon chaton quand j’étais ado, à m’attacher le moins possible à lui pour ne pas en souffrir plus tard. Ca a plutôt bien marché, sauf que : pas ou peu d’attachement implique un manque de confiance, et aussi d’intérêt dans la relation… Ma théorie est que ocytocine = attachement = intérêt pour les nouvelles relations et moins de flip/méfiance face à autrui (bon ce n’est qu’une demi-théorie lol, l’effet de l’ocy sur l’anxiété et intérêt sociaux est démontrée, mais dépend en fait des contextes : comme elle augmenterait toutes les cognitions liées au social, chez le rat une situation sociale négative sera mieux mémorisée avec ocy, ce qui implique une plus grande peur par la suite si le stimulus est de nouveau rencontré. Donc l’ocy c’est cool, à condition d’être dans des situations sociales relativement positives. Elle ne semble pas se suffire totalement à elle-même).

Sinon j’ai toujours de petites pointes d’angoisse régulières, surtout le matin mais en échange ma dépression ne se fait quasi plus sentir, elle est toujours là comme une ombre qui plane mais reste à assez bonne distance. Je n’y perds pas au change ! Je remarque que mes cognitions pathologiques et ruminations sont nettement plus rares.
En ce qui concerne mon anxiété sociale bein par contre, elle est quand même un peu revenue bien que nettement moins forte qu’au par avant. Je pense que l’ocy seule n’est peut-être pas complètement suffisante pour tous mes troubles, en conjonction à autre chose en revanche c’est assez super.


18/03
Les effets secondaires se sont progressivement nivelés, je dors comme un bébé. Parfois encore un peu d’anxiété le matin mais qui passe immédiatement une fois levée. Et plus non plus d’effet câlin lors de la prise (snif).
Le spray initial est arrivé à son terme jeudi dernier, il y a six jours. J’ai donc utilisé la poudre coupée au mannitol du même site, no***********ce.com, diluée précautionneusement dans de l’eau déminéralisée, à défaut d’avoir de la bactériostatique sous le coude. Comme je n’avais pas non plus de seringue pour passer l’opercule dédié, je l’ai ouvert avec une lame préalablement stérilisée, et prie maintenant pour que la solution reste viable suffisamment longtemps. J’ai divisé la dose en deux fioles, une mise dans le spray précédent, l’autre congelée en vue d’une analyse (sauf qu’avec ce fichu SARS-Cov-2 quetoutlemondeappelleCovid-19quejesaispaspourquoi, c’lamaladieçalesgars, ondevraitdire LA covid-19 ducoup, focalisons-noussurlespointsimportantsscrogneugneu ! è_é, je crois qu’elle n’aura pas lieu. Enfin, ça conservera mieux l’échantillon, du coup).

Cela fait donc une semaine également que j’ai divisé mes doses quotidiennes par deux (comme mon spray est deux fois plus dilué que le premier avec 2.5mg d’ocytocine pour 10mL, il me suffit de toujours utiliser un pshitpshit le matin et un le soir), et même encore par deux hier (non voulu ça, j’ai manqué une dose), pour tenter de faire une pause, soulager mes récepteurs et ma tolérance. Je sens le contrecoup, surtout depuis hier : fatigue, manque de motivation, capacités cognitives altérées (je dirais plutôt négativement), difficultés à me lever ce matin et moins envie de parler avec ma famille ou mes collègues. Tout est toujours si subtil, je ne saurais le différencier d’un nocebo en terme de ressenti direct, tant c’est « naturel ». Mais en même temps, ça fait à nouveau une différence palpable dans ma qualité de vie.
J’en déduis donc que oui, bien que parfaitement intégrée dans mon quotidien au point de se faire oublier, l’ocy semblait toujours active sur moi après plus d’un mois.


Ha oui ! Et le 29/02 (j'étais donc toujours à 100ug d'ocytocine) j’ai fait un bilan sanguin pour doser ma prolactine du coup, avec des résultats chelous, en effet mon taux a complètement chuté alors que je m’attendais à une hausse…
Bon, j’ai appris à me méfier des labos aussi malheureusement, ce serait pas la première fois que je trouve une valeur aberrante et qu’un autre labo dans une autre ville (ouai, vu que c’est des grands groupes qui ont tout racheté sur des kms à la ronde maintenant, pas facile de varier) me donne quelque chose de réaliste… C’est un peu chaud de payer pour des analyses auxquelles je ne peux pas totalement me fier, mais bon l’erreur est humaine hein.
Sauf que du coup je ne suis pas beaucoup plus avancée, aucune idée de si ma prolactine est vraiment à ce lvl ou non, faudra ptet refaire un bilan.

Mon taux habituel :

[Image: prolactine-2019.png]



Mon taux cette fois-là :

[Image: hgfds.jpg]


25/03
Je suis repassée à ma dose normale d’environ 100ug/jour il y a une semaine. C’est difficile de tenir en sous-régime, surtout avec la descente de tram que je me suis chopée suite à son arrêt le 20/03 (je ne bosse plus grâce au confinement, et je sais qu’il est socialement mal vu de ne pas aimer taffer à notre époque, mais quand tout le monde pleure de ne plus pouvoir sortir moi je me sens enfin libre). Passages difficiles avec sensation d’abandon, d’inutilité, d’impuissance.
Nous ressentons les choses surtout lorsqu’elles varient. Prenez la vitesse par exemple : nous ne la détectons pas (et au vu de celle de la Terre, du système Solaire et de la Voie Lactée, il vaut mieux). Nous ressentons une accélération ou décélération, et les cahots du moyen de transport. Et bien pour certains états psychologiques, c’est pareil : difficile de se rendre compte de nos biens ou de notre état d’esprit sans élément de comparaison. Il me faut de nouveau éprouver la brûlure dans ma poitrine pour prendre acte du calme dont j’ai bénéficié jusque là. L’ocytocine est la substance qui me fait me sentir la plus proche de la normalité.
Aujourd’hui je suis bien de nouveau, pleine de vitalité et d’envies de découvertes et d’activités (les vacances imprévues aident peut-être^^). Là encore, le contraste avec les derniers jours est bien plus frappant que la routine du dernier mois. L’ocy a un réel effet sur moi, c’est évident.

Cerise sur le gâteau ? J’ai beaucoup, beaucoup moins envie de me droguer que d’habitude. Cet effet s’est progressivement installé et est plus que bienvenu. Comme dit plus haut j’ai rapidement pu baisser la plupart de mes doses quotidiennes de tramadol de 50-75mg à 25-50mg au taff, ce qui est toujours apprécié tant pour ménager mon stock que ma tolérance. Aujourd’hui en confinement, cela fait presque une semaine que je n’ai pas prit d’opis et je n’en ressens pas le besoin particulier, ni de ghb d’ailleurs (que j’utilise d’habitude très – trop –  souvent en week-end pour décompresser de ma semaine). Je vois de nouveau les drogues plutôt comme récréatives, plus que comme béquilles ou échappatoires incontournables, probablement parce que je me sens globalement mieux mais aussi parce que l’ocytocine joue sur le système dopaminergique et semble réduire les risques d’addiction. (Mais comme je ne suis concrètement pas addicte aux produits que j'utilise, je ne sais donc pas comment j'aurais réagit si je l'avais été.)


27/03
Je me rends compte que j’ai de la motivation/volition de nouveau. Ca aussi c’est un point particulièrement important pour moi, c’est quand meme compliqué de faire quelque chose de sa vie quand on veut… rien faire. Là c’est génial en comparaison !
Cela dit pour ce point, la principale variable confondue de cette expérience ocytocinesque peut jouer encore plus que d’habitude : la personne avec qui je parle en ce moment me tire pas mal vers le haut aussi, donc voilà quoi, difficile de dissocier les deux.

…Les sensations, on en parle des sensations ? Sexuelles, j’entends. D’après ce que rapportent les autres femmes (et même hommes d’ailleurs), je pense que j’en ai nettement moins que la moyenne, probablement en lien avec mon manque de libido etc. Et bien, c’est un peu amélioré ! Déjà je sens assez spontanément des trucs chelous lors de l’excitation, dans le ventre voire qui remontent dans le thorax et les épaules quand c’est au plus fort, c’est drôle. Et en cas de stimuli, mes seins semblent plus ou moins connectés à en bas j’ai l’impression, indirectement. Je me sens peut-être un peu plus sensuelle qu’avant aussi, mais ça j’en suis moins sure, sûrement placebo.
Bref, je me rapproche un touuut petit peu plus de la normale je crois, et c’est déjà très bon à prendre !

Je m’autorise à monter mes doses d’une pression dans la journée de temps en temps (pas plus d’une fois par semaine), lorsque je me sens moins bien ou autre, je sais pas si ça a vraiment une influence sur les effets globaux mais bon.

Et j’ai reprit du ghb… Bon, du 0.9mL au total, pas une grosse session si je puis dire^^ Ca va.


30/03
Creux de vague, après une semaine à 100ug/j je sens que les effets s’aplanissent. Toujours présents mais plus suffisants pour que l’ocy me fasse me sentir bien à elle seule. Je me demande si alterner 100 / 50 ug/j d’une semaine sur l’autre pourrait être judicieux.


7/04
Bon, voilà un effet secondaire de taille, comme il fallait s’y attendre mais à la fois, bein… je ne m’y attendais pas^^ Pas à cette intensité en tout cas.
Savoir que la personne qu’on aime a couché avec quelqu’un d’autre récemment est douloureux. Bon jusque là je ne vous apprends rien pour la plupart… sauf que. Cette personne m’avait prévenue être polyamoureuse et au départ je me suis dit, why not, après tout ça rend beaucoup plus libre d’un côté comme de l’autre, pas de frustration ni de stress en cas de nouvelle rencontre ; et surtout ça libère d’un poids énorme concernant le fantasme inhérent aux relations exclusives, celui de devoir suffire entièrement à l’autre, de lui apporter tout ce qu’il ou elle a besoin uniquement par soi-même. N’en déplaise à la majorité de la population, je le trouve personnellement ridicule, parce qu’aucun.e partenaire ne correspond à 100 % à l’autre, n’est-ce pas ? (et en plus on évolue tou.te.s avec le temps)
Ça me semblait à peu près ok, il y a un mois de ça… logique.
Bein, l’ocytocine me rend illogique sur ce point. (Ou alors ça vient simplement de moi mais comment savoir ?) Je trouve débile ma réaction mais voilà, ça fait mal et me montre bien qu’au fil du temps, à mesure que l’attachement s’est renforcé, mes ressentis sont passés d’ouverts d’esprit à jaloux et égoïstes. Je culpabilise. Lui m’accepte comme je suis pourtant, et bon sang qu’il y a des choses inacceptables en ma personne !! C’est injuste de ma part, et pour le coup je pense que tenter de progressivement baisser l’ocy, quitte à repasser un peu au 084 ou au tram un moment, serait peut-être judicieux.
Merde :/
J’espère que ce sera possible compte tenu de la dépré et du TPE, et aussi que ça n’affectera pas trop négativement les sentiments que j’ai pour lui (comme l’ocy joue sur l’attachement…), mais que ça me rendra de nouveau plus cohérente vis-à- vis d’eux.
De toute façon, il était convenu que je marque des pauses à intervalles réguliers afin de resensibiliser mes récepteurs.


11/04
Débuté la baisse des doses le 08, je n’en suis plus qu’à un spray par jour à compter d’aujourd’hui (donc 3 doses le 08, 2 les 09 et 10, et 1 à partir du 11 jusqu’à ce que j’ai fini le fond de flacon, soit une grosse semaine je présume).
Il y a des hauts et des bas mais pour l’instant ça va, c’est nettement plus gérable que ce à quoi je m’attendais.


14/04
Ca y eeeest la dégueulante tant attendue est là ! Youpiii…
L’annonce du confinement encore un mois (bon forcément plus en réalité, puisque ce sera progressif et qu’on est clairement pas dans les zones les moins touchées ici) hier soir m’a fait remonter des peurs puis de la déprime. Gérées avec une faible dose de dissos (20mg DCK + 15mg ephenidine).
Aujourd’hui l’afterglow est bien présent, ça m’aide je le sens, mais pour autant je suis sans énergie, rien n’a d’intérêt ou de sens à mes yeux, je passe la journée au lit malgré le beau temps (on a la chance d’avoir un jardin). Bref la déprime quoi.
Le TPE me semble de retour dans un curieux mélange de sentiments de solitude ET de besoin d’isolement, mélange auquel j’étais habituée lorsque je ne connaissais que ça mais qui m’interpelle à présent. Pas (encore?) trop de pensées parasites à noter, mais le fait de ne pas avoir de relation sociale avec qui que ce soit hors du cercle familial IRL doit aussi jouer, je serais curieuse de savoir ce que ça aurait donné au travail.
Ca promet, une fois le dissoafterglow passé je vais être comment ? --’

Depuis hier je note de gros cravings de sucre aussi, avec une préférence marquée pour le chocolat, que j’affectionne particulièrement en temps normal mais alors là je ne peux plus m’arrêter. Et je n’ai pas spécialement faim sinon. Ce n’est pas la première fois que je note ceci, lorsque mes doses d’ocy sont bien stables je me désintéresse presque de mes tablettes, mais suite à ma première baisse de dosages j’avais déjà eu ce petit souci.
Je n’éprouve pas d’envie démesurée de drogues, elles me font de l’œil comme avant de débuter l’ocy, c'est à dire principalement pour m'évader mais sans générer de craving à proprement parler.

J’hésite à prendre du PRE-084, je suis mitigée entre le besoin de me sentir mieux et la variable confondue supplémentaire que ça donnerait dans mon expérience de baisse des dosages d’ocy. Si on bêche un terrain pour étudier comment le sol réagira mais que l’on resème autre chose tout de suite derrière, les effets de la première action deviennent plus difficilement observables…
Ha, et aussi c’est un anti-inflammatoire, avec le virus qui court allez savoir si c’est ok ou non… fin bref tfaçon l’ocy l’est aussi et outre les poppys dont je suis sensée me passer durant le confinement, je n’ai aucune substance antidep à utiliser en ttt de fond qui ne soit pas du tout AI.


15/04
Je suis effectivement passée à de faibles (je crois) doses de PRE-084 (5mg hier soir, 10-15 ajd). Cyamemazine 12,5mg aussi, ça me répugne mais ca reste un vrai soulagement psychique. Malgré tout aujourd’hui agitation, irritabilité, déprime avec cognitions dysfonctionnelles du type « je déteste ma vie » voire un peu suicidaires de retour, stress. Brainfog que j’impute à ma chère camisole chimique la cya.
La baisse rapide d’ocy est difficile à gérer pour moi, enfin comme tout cold turkey de traitement chronique en fait, la méthode chinoise serait plus intéressante… C’est pourquoi je repasse à 50ug dès ce soir, soit deux fois plus que ce que je prenais les derniers jours. En vingt minutes je sens déjà une petite amélioration, placebo ou non. Je ne compte pas baisser le 084 pour autant, le temps que je retrouve un tant soi peu de stabilité.
Côté sentiments difficile à dire, cela peut être imputable au fait que je me sente globalement assez mal et au retour partiel du TPE mais en tout cas je ressens clairement moins de passion, les sensations typiques sont grandement voilées quoique toujours présentes.


18/04
J’ai de belles sensations dopaminergiques depuis hier, avec l’envie de faire des choses, du plaisir à les mettre en œuvre et une vraie satisfaction à l’achèvement. Waaaaou c’est vraiment génial comme sensation, cette énergie positive quoi ! Je pense que cela vient bien évidemment du PRE-084, qui peut faire ça en début de traitement.

Concernant le manque d’ocy du coup (je suis revenue à 25ug environ, soit un spray, parce que j’ai aussi rechargé le flacon qui était arrivé à son terme et je sens plus (+) les effets qu’avec le précédent, exactement comme la dernière fois : je suppose donc que l’ocy se dégrade bel et bien au frigo en quelques semaines, tout en restant néanmoins relativement active… Au passage et ça c’est une bonne nouvelle, il n’y a pas eu de contamination bactérienne malgré le sucre), et bien parlons du sentiment amoureux puisque c’est ce qui prédomine à présent que les symptômes dépressifs sont globalement traités. Je me sens toujours in love de mon contact (ouf !), mais c’est clairement moins passionné et pulsionnel. Peut-être que l’annonce d’encore un mois de confinement supplémentaire y est pour quelque chose aussi, c’est d’ailleurs à ce moment que la déprime s’est abattue d’un coup de nouveau.

Quand le TPE s’en mêle : je suis encore plus insécure qu’avant, le moindre petit truc (souvent même inexistant, purement inventé par mon esprit, j’en ai pleinement conscience c’est ça le pire mais ça n’y change rien) me fait me dire sur un ton UN PEU drama « ça y eeest c’est sur cette fois le couple bat de l’aile, il ne veut plus de moi il ne m’aime plus, c’est foutu pauvre, pauuuuvre de moiiiii ToT », avec tout l’ascenseur émotionnel qui va avec. C’était déjà le cas avant mais vraiment nettement moins quand même ! Là j’ai envie de toujours demander « tu m’aimes ? Tu m’aimes ? Et là tu m’aimes ? Et puis là ? …tu es sur hein ? » pour me rassurer. Heureusement je le fais pas je me retiens hahaha ce serait insupportable, mais via divers mécanismes c’est un bon signe de TPE chez moi, même si le 084 aide supposément.

Mais bien que plus insécure me concernant moi-même, je me sens tout de même moins possessive, virtuellement moins jalouse (bon mais, serait-ce vraiment le cas en pratique ? Impossible à savoir pour l’instant. Mais oui je me sens plus lucide, moins aveuglée par les sentiments super-forts qu’avec 100ug d’ocy), j’y trouve plus sain à ce niveau. En contre-partie, j’ai beaucoup moins de sensations physiques, du fameux type « papillons dans le ventre » dont tout le monde parle et que j’ai pour ma part en partie découvertes, vraisemblablement, grâce à l’ocytocine. La libido en a aussi prit un coup mais il fallait aussi s’y attendre vu que de base j’en ai quasi pas.

J’ai l’impression que l’ocy en amour sur moi, c’est comme du piment sur un bon plat : ça relève grave le goût, ça colore l’assiette (émotions décuplées), mais suivant les situations lorsqu’ensuite vous avalez… ça brûle (jalousie ++, sur-attachement).


24/04
J’arrête pas de bouger les doses (2 sprays là), je suis un peu instable mais remonter le nombre de pshits provoque de nouveau les mêmes effets qu’avant. J’ai également trouvé du Lactobacilus Reuteri pour monter naturellement les niveaux d’ocy, et ce de façon sans doute plus homéostasique qu’un pic de concentration dans le LCR. Je vais tenter une cure pour voir. Mais du coup ça fait beaucoup de variables parasites à partir de maintenant, je me demande s’il est spécialement intéressant de poursuivre le suivi ici. Le tramadol, morphine et 084, je connais déjà, je peux à peu près distinguer les effets. Les L. Reuteri non (et en plus, ils jouent sur l’ocytocine et les effets se confondront probablement à ceux du spray). Peut-être le ferais-je si vraiment un truc important se passe mais ça ne me semble plus tout à fait représentatif du spray nasal.
Bon après, on reste sur de l’ocy… C’est dans le thème. Je verrais.


27/04
Le spray se grippe un peu, la première pression délivre nettement moins de liquide qu’avant, ce n’est que la seconde qui fait réellement le job. Du coup ça devient plus dur de doser, ha, c’est vraiment mac giver les auto-traitements ^_^’
Je dois être à 50-75ug par jour là, du coup. Faut bien ça, en dessous c’est la déprime totale, le PRE-084 est nettement moins efficace à cause des faibles doses que je m’autorise et les remonter avec la covid19 et tout, bof --’


30/04
Bon c’est encore pire heeeeey maieuh ! Je montais les doses trop lentement je pense, je suis repassée à 3 et demi – 4 pressions il y a deux jours, basta. J’ai l’impression que les petites doses de PRE-084 n’arrangent plus du tout les choses maintenant, limite l’inverse, étrange quand même… Je rearrête le 084 (décidément).
En fait, depuis plusieurs jours je me sens globalement bien SAUF en fin d’aprem, où les pensées/images suicidaires tombent sur ma journée en quelques minutes. C’est plutôt bien réglé lol niveau horloge.
Du coup faibles doses de poppys ou gbl un jour sur deux, ou cacao cru cbd enfin toute l’artillerie la plus soft possible mais effective quoi.
Aujourd’hui il y a du mieux, ça devrait bientôt aller en théorie.


1/05
Voui, ça va mieux Smile Toujours sur la pente ascendante d’ailleurs, ça semble reparti, ouf ! Il me faut bien les 100ug, c'est mon sweet spot. Reste à savoir si c'est le cas de base, ou si c'est simplement que je me suis habituée à ce dosage (et même à plus) dés le départ...
#3
Super post, merci beaucoup pour ton retour !
Si t'es motivée à compléter ton journal et tes observations pour continuer à nous mettre à jour ça m'intéresse particulièrement !
Courage avec tout ça aussi, ça n'as pas l'air évident, bien que tu sembles te sentir mieux au fil des années (si j'ai bien compris)
#4
Et ben, joli taff, très complet et sourcé c'est top, et c'est cool d'avoir accès à un retour subjectif direct avec ton journal ! Merci du boulot.
Take care pour la suite ^^
Nouveau ? Viens vite lire les règles => http://www.psychonaut.fr/announcement-4.html
 
"Vous étiez l'évidence
Vous n'êtes plus que l'énigme
Vous étiez l'éternité
Vous n'êtes que dépassé"
#5
Merci pour vos réponses ^.^ Jsuis contente que ça vous intéresse, du coup oui je vais essayer de poursuivre le journal je pense, surtout si je découvre de la nouveauté par rapport à ce que j'ai déjà décrit, mais plus le temps passe plus j'ajoute de variables confondues donc faudra le prendre avec des pincettes.
Ha et puis si vous avez des questions bien sur (bon, après cette noyade d'informations... lol mais on sait jamais) j'y répondrais dans la mesure du possible Wink

Et c'est gentil aussi, je profite du coup de pouce de l'ocytocine et du confinement (qui me donne plein de temps pour faire des recherches et essayer des trucs) pour chercher des techniques plus viables ou revenir à d'autres que j'avais délaissées avec le temps. Et oui sinon voilà c'est long lol mais ça s'améliore je suis plutôt en bonne voie Cool




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