DMT

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DMT
Nomenclature
Nom(s) courant(s) DMT
Nomenclature UICPA 2-(1H-indol-3-yl)-N,N-diméthyléthanamine
Espèce(s) N,N-diméthyltryptamine
Classification
Classe psychoactive Psychédélique
Classe chimique Tryptamine
Modes de consommation
  • Vaporisé
Effets Dosage
Perceptibles 2 mg
Faibles 5 - 10 mg
Moyens 10 - 15 mg
Forts 15 - 20 mg
Très forts 20+ mg
Phase Durée
Début des effets 20 - 40 sec
Montée 1 - 3 min
Pic d'intensité 2 - 8 min
Descente 1 - 6 min
Total 5 - 20 min
Effets résiduels 10 - 60 min


La N,N-Diméthyltryptamine (également connue sous le nom de DMT, N,N-DMT, Dmitri et "La Molécule de l'Esprit") est une substance psychédélique classique de la classe des tryptamines[1]. Bien qu'elle soit l'un des composés psychédéliques les plus simples, elle est connue pour sa capacité unique à produire des états visionnaires de courte durée mais intenses et des hallucinations complètes. On pense qu'elle produit ses effets psychédéliques en se liant aux récepteurs de la sérotonine dans le cerveau, bien que le mécanisme précis ne soit pas entièrement compris.

La DMT est présente dans plus de 65 espèces de plantes et a été identifiée comme étant un constituant normal du métabolisme humain et un neurotransmetteur endogène chez certains rongeurs. Sa présence est également connue pour être répandue dans tout le règne végétal[2][3] Bien que diverses théories aient été postulées, sa fonction neurobiologique reste à déterminer.

Selon le dosage et la méthode d'administration, les effets de la DMT peuvent aller de légers états psychédéliques à des expériences immersives bouleversantes, qui sont souvent décrites comme une altération totale de la conscience ordinaire durant laquelle les utilisateurs rapportent l'expérience de royaumes spirituels ineffables ou de dimensions alternatives[4].

Lorsqu'elle est vaporisée ou fumée, la DMT produit des effets de courte durée avec un début très rapide qui est parfois décrit comme un "tour de montagnes russes à une vitesse inconcevable". Lorsqu'elle est ingérée en combinaison avec un agent IMAO, elle devient actif par voie orale et ses effets sont significativement plus durables, immersifs et interactifs par nature : cette combinaison est connue sous le nom d'ayahuasca.[5].

Contrairement à la plupart des substances interdites, la DMT n'est pas considérée comme addictive ou toxique par la communauté scientifique.[6][7] Néanmoins, des effets indésirables imprévisibles tels que de l'anxiété, des délires et la psychose peuvent toujours se produire, en particulier chez les personnes prédisposées à des troubles mentaux.[8] Alors que ces réactions négatives ou "bad trips" peuvent souvent être attribués à l'inexpérience de l'utilisateur ou à un mauvais set & setting, ils sont connus pour se produire spontanément même chez les utilisateurs expérimentés. Il est donc fortement conseillé de recourir à des pratiques de réduction des risques si l'on utilise cette substance.

Histoire et culture

La DMT a été synthétisée pour la première fois en 1931 par le chimiste allemand Richard Helmuth Fredrick Manske[9][10] Sa découverte en tant que produit naturel est généralement attribuée au chimiste et microbiologiste brésilien Oswaldo Gonçalves de Lima qui, en 1946, a isolé un alcaloïde qu'il a nommé nigerina (nigérine) de l'écorce de la racine de jurema preta (Mimosa tenuiflora)[11][12][13].

La DMT a été identifiée sans équivoque en 1959, lorsque des chimistes américains ont reçu un échantillon de Mimosa tenuiflora.[14][15] En 1955, une équipe de chimistes américains dirigée par Evan Horning a isolé et formellement identifié la DMT dans les graines et les gousses d'Anadenanthera peregrina.[16][17]

Depuis 1955, la DMT a été trouvée dans une multitude d'organismes : dans au moins cinquante espèces végétales appartenant à dix familles,[18] et dans au moins quatre espèces animales, dont une gorgone (corail)[19] et trois espèces de mammifères.

Chimie

La DMT, ou N,N-diméthyltryptamine, est un membre d'une famille de composés organiques connus sous le nom de tryptamines. Les tryptamines ont en commun une structure centrale constituée d'un hétérocycle indole bicyclique fixé en R3 à un groupe amine via une chaîne latérale éthyle. La DMT contient deux groupes méthyles (CH3-) liés à l'amine terminale RN à l'extrémité de cette chaîne.

La DMT a de nombreux homologues et analogues, depuis les tryptamines de base comme le MET et le DPT, jusqu'aux variantes substituées en quatre et cinquième positions comme le 4-PO-DMT (psilocybine), le 4-AcO-DMT (psilacétine), le 5-HO-DMT (bufoténine) et le 5-MeO-DMT.

La DMT est un solide cristallin blanc, à l'odeur piquante. Elle est insoluble dans l'eau, mais soluble dans les solvants organiques et les acides aqueux[20].

Pharmacologie

La DMT, présente de manière endogène, agit sur une multitude de récepteurs. L'essentiel de son action directe est exercée par agonisme partiel des sous-récepteurs à sérotonine 5-HT1A, 5-HT2A et 5-HT2C. Le récepteur 5-HT2A est tenu pour responsable des effets psychédéliques, là où les récepteurs 5-HT1 et 5-HT3 pourraient être impliqués dans ses effets anxiolytiques [21].

En outre, la N,N-diméthyltryptamine est considérée comme un ligand endogène du récepteur sigma, dont l'activation potentialise les récepteurs NMDA (dont le rôle dans les effets de la DMT est encore mal compris)[22]. L'activation du récepteur Sigma-1 favorise également la neurogenèse par production de facteurs de croissance, ce qui expliquerait en partie les effets antidépresseurs de la DMT[23].

Pour finir, la DMT est un agoniste à haute affinité du récepteur rTAAR-1 (récepteur amine trace). Le rôle de ces récepteurs est encore mal connu mais constituerait une voie métabolique importante dans la dégradation de la DMT[24].