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[Sujet de la Semaine] Obsessions et Drogues - Version imprimable

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Obsessions et Drogues - Globuleis - 09/05/2022

J’ai remarqué que dans nos vies on parle souvent d’Addiction aux drogues, de Toxicomanie, de Dépendance, mais jamais on en vient à parler de ceux qui consomment sans être accros, de ceux qui entretiennent un rapport peut être plus Psychologique, plus Obsessionnel aux drogues, voire de Fascinatoire.


Ça peut paraitre un peu flou dit comme ça, mais je m’explique : je pense que la majorité d’entre nous ne sont pas des Addicts ou des Toxicomanes à proprement parler (sans aucun jugement pour ceux qui sont dans ces cas très délicats et difficiles), mais plutôt des consommateurs plus ou moins réguliers, ayant soit déjà surmonté une addiction, ayant un rapport plus sain aux drogues, ou simplement une consommation au rythme relativement libre et aux habitudes plus ou moins fortes ; tout ceci sans réelle dépendance physique aux substances.


Et pourtant c’est là qu’il y’a une profonde nuance je pense. Je prends mon cas en exemple pour l’illustrer : j’entretiens depuis l’adolescence un rapport très particulier à la came, j’ai traversé des phases ou j’étais constamment défoncé, pour tout arrêter du jour au lendemain pendant près de 2 ans, avant de revenir à une consommation plus douce, espacée de mois pour les hallucinogènes. Mais aujourd’hui, si je consomme tout au plus quelques joints par mois, et encore, il se passe quelque chose au fond de mon crâne de bien plus viscéral : je pense chaque jours à ma prochaine défonce, sans m’en rendre compte, sans même savoir quand ni comment, j’attend inconsciemment la prochaine fois comme un mirage au loin qui me fascine, comme la carotte au bout du fil qui me pousse à avancer car je sais qu’un jour ce moment « extraordinaire » arrivera. Je suis donc complètement obsédé, absorbé par la simple idée que je reprendrais un de ces jours, et je ne peux pas m’en empêcher.  

Alors, les rares fois où j’ai tenté d’imaginer une vie sans autres consos, je tombe rapidement en déprime, je peux même en pleurer. Impossible pour moi de me mettre à la place de ceux qui n’ont jamais consommé, tant c’est contradictoire et inconcevable dans mon esprit. Je peux rester dans cet état, sobre, des mois voir des années, mais au final toujours guidé par l’idée que quelque part dans mon avenir je consommerais à nouveau, et ça m’est presque vital. Les drogues jouent chez moi, et chez bien d’autres aussi je pense, un rôle non pas physique, mais bien plus psychologique, de maintient de l’équilibre mental, de mon envie de découvrir l’avenir, ; un spectre fascinant qui me berce doucement.


J’aimerais donc discuter de l’importance que peuvent jouer les drogues à plus grandes échelles sur nos consciences, qui bien au-delà de simplement nous permettre pendant un bref moment de nous évader, de plonger dans des expériences fabuleuses, s’assoient sur nos cerveaux et leur permettent d’avancer même dans les moments les plus durs. Je pense sincèrement que les drogues, et tout ce qui altère l’esprit, ont au sein de l’humanité une place plus que centrales, ne serait-ce que par leur présence, l’idée que ces expériences existent, et non pas forcément et seulement par leur consommation. Il suffit d’imaginer l’espace d’un instant, un monde sans aucunes drogues…

Humains et drogues ne peuvent se séparer selon moi, et c’est un amour étrange qui se retrace depuis la nuit des temps.

Qu’en pensez-vous ? Je ressentais le besoin d’en parler, je suis sûr que beaucoup auront des avis différents et singuliers, et c’est justement l’occasion d’en discuter.

Merci !


RE: Obsessions et Drogues - Acacia - 10/05/2022

J'ai tendance à beaucoup fantasmer mes trips des semaines avant d'en prendre, si je fais un break mon premier joint, rien que ce matin au réveil j'avais une pensée pour la DMXE ou d'un foutu Zopiclone là à la place du Diazépam .

Tu m'étonnes que ça obsède 0 effort, confort et plaisir maximal . Je me rend également compte que j'ai énormément de mal à envisager une vie sans plus jamais altérer ma conscience par des prod, j'aime pas cette vision de la vie, dans mon idéal je serais heureux sobre autant de temps que je veux et les prod seraient une cerise sur la gateau que JE contrôle, mais regarder le gateau, le trouver nul et baver sur la cerise qui est pas là... je trouve ça malsain au final meme si je fais .

Métaphore filée vraiment nulle, ta vie est un gateau, les prod ne sont que la cerise .

Du coup ouais, je connais bien ce sentiment mais pour moi il n'est pas différent fondamentalement de l'addiction, j'ai justement l'impression que cette fascination, c'est le début de l'addiction psychologique ...

Chez moi en tous cas, j'ai l'impression que les périodes ou "je bave" je plus sur les prod et mes futures perches, c'est les moments où je déprime le plus et où je ne trouve rien pour remplir "LE VIDE" de la vie sobre ; mais j'ai l'impression que la seule chose à faire qui peut marcher à long terme, c'est de l'affronter une bonne fois pour toute, le combler par des loisirs, des relations, apprendre, bref, vivre quoi ! 

Je sais pas si je projette ma pensée sur les autres, mais chez moi, quand je suis en mode craving X ou Y produit me donne atrocement envie, j'en oublie qu'il y'a plein de trucs cool à faire sobre qui m'occuperaient assez l'esprit pour plus avoir envie de me défoncer .

En tous cas, je sas que si moi, je laisse ce sentiment là grandir, ça part en addiction psychologique .


RE: Obsessions et Drogues - Cookies - 10/05/2022

J'ai jamais ressenti personnellement cette obsession de la consommation, mais plus une obsession intellectuelle. Passé les lunes de miel où je découvre un produit et qu'il m'obsède intellectuellement, je me lasse très vite des effets au point souvent de faire une fixette sur un prod pendant des mois, en prendre 4-5 fois et ne plus jamais y toucher.

J'ai un rapport assez étrange à la drogue j'ai l'impression car je retrouve rarement ça chez la plupart des consommateurs que je cottoie


RE: Obsessions et Drogues - Globuleis - 10/05/2022

(10/05/2022 09:10)Acacia a écrit :
J'ai tendance à beaucoup fantasmer mes trips des semaines avant d'en prendre...


Moi j’aime bien ta métaphore de la cerise sur le gâteau ahah !
 
N’empêche que je vois complètement ce que tu veux dire à travers tout ceci, je suis d’accord sur le fait que souvent cette obsession prend une place plus importante surtout dans les moments de déprime, et surtout de « vide » comme tu le dis, mais je remarque aussi chez moi que c’est constant dans d’autres moments. Du genre après une journée super heureuse, à l’occasion d’un séjour en famille, d’une balade en forêt, ou toute activité qui me fait du bien : je me dis toujours « ah ouais, là ce serait super cool de tripper », quand bien même je ne le fais jamais, n’ait même pas le matos avec moi. Cette simple pensée de me dire qu’ici, à ce moment, ce serait cool de consommer me suffit étrangement à stimuler mon envie, et créé en même temps une pseudo-déception de ne pas le faire… assez bizarre dis comme ça.


Mais dans le fond, et j’en discutais ailleurs aussi, la vraie question c’est est-ce qu’il y’a vraiment différentes formes d’addictions (physiques/psychologiques…) ? Et surtout, est-ce qu’on peut changer quelque chose à ses obsessions, et est-ce que c’est mal d’être dans cette situation à tout le temps se fasciner pour nos prises ?
 
Pour moi, une addiction physique fait inexorablement souffrir le corps factuellement, alors que quand ça relève de l’obsession, avec une maitrise de nos prises, c’est plus comme je le disais la carotte au bout du fil qui nous tire, nous pousse, mais ne nous fait pas fondamentalement mal si ce n’est en créant un fantasme assez malsain…


C’est pour ça que je prend toute cette question de l’obsession d’un point de vue plus global aussi, dans le sens où les drogues rien que par leur existence et l’idée qu’on puisse consommer peuvent influencer beaucoup de choses dans le cheminement de nos vies. Oui c’est vrai il y’a pleins de choses à faire pour oublier la défonce, voir des gens, sortir, créer, mais dans le fond je n’ai pas du tout envie d’oublier la défonce et de me perdre d’amour pour la conso, c’est malheureusement/heureusement un des piliers de ma vie et comme on le dit tous les deux, une vie complètement sobre ferait très mal, voir insurmontable ; mais c’est justement ça le jeu de la vie…donc la défonce fait partie de la survie on va dire ahah !   Upside_down

(10/05/2022 11:47)Cookies a écrit :
J'ai jamais ressenti personnellement cette obsession de la consommation...


Peut-être pas à 100%, mais je vois ce que tu veux dire car j’ai plus ou moins reproduis le même schéma avec la Salvia, LSD, truffes, champis…

Mais pour moi cette obsession intellectuelle fait partie de la fascination et de l’obsession générale. Dans le sens où pendant des mois je me plongeais dans une seule substance pour essayer de tout en connaitre, emmagasiner le plus d’infos sur des articles, trip-report, films, etc… Tout ce qui renvoyais de prêt ou de loin à la prod m’absorbais et j’étais encore une fois, obsédé par mes idées. Mais une fois le trip fait, je ne touche plus à la substance et reproduis le même schéma avec d’autres, ou fait une pause.

Dans ton cas, tu te lasses après plusieurs prises ou pendant le trip en lui-même si ce n’est pas indiscret ?


RE: Obsessions et Drogues - Tridimensionnel - 13/05/2022

Je peux le déplacer en section topic hebdo ? :3

Je comprends ce concept de l'obsession, dans mon cas : recherches documentaires, besoin de comprendre et surtout de participer à des discussions, presque plus de plaisir à parler de drogues qu’à en prendre. Peu de consommation, mais je n’imagine plus ma vie sans, ce serait comme effacer des dimensions de moi-même. J’avoue que j’ai même dû mal à projeter comment font les gens qui ne consomment jamais... un peu comme une personne ayant voyagé considère ceux qui n’ont jamais quitté le village, et ne le souhaitent pas.


RE: Obsessions et Drogues - Globuleis - 14/05/2022

(13/05/2022 23:30)Tridimensionnel a écrit :
Je peux le déplacer en section topic hebdo ? :3


Yep bien sur, je ne suis pas un grand habitué du site je l'ai placé où bon me semblait  Upside_down


D'ailleurs nos pensées se recoupent plus ou moins toutes autour de cette question de l'obsession, mais est-ce qu'au final vous pensez que cette fascination peut vous faire du mal ? Pas d'addiction, simplement ces idées récurentes dans nos vies. Parce que oui comme tu dis beaucoup ne font jamais le premier pas, par peur, par refus, et c'est totalement compréhensible, mais une fois qu'on l'a fais une fois, je ne vois pas comment se séparer des drogues à part dans le cas de mauvaises expériences, de grandes souffrances... 

Personnellement, je sais qu'avant même ma première fois, j'étais déjà absorbé ahaha. Aujourd'hui on me conseille de faire des thérapies où d'en parler, parce que c'est "anormal" d'être fasciné par ça, mais bon je ne sais pas, je n'ai jamais ressenti ça comme un problème, une douleur, au contraire c'est une des choses qui peut m'apporter le plus et m'ouvrir les yeux sur de profondes souffrances en moi, bien plus qu'un médecin.


RE: Obsessions et Drogues - Cookies - 15/05/2022

Je pense qu'on peut se séparer des drogues , même après une obsession, ça dépend juste du caractère de chacun.
J'ai toujours cru qu'un monde sans drogue serait inimaginable pour moi, aujourd'hui que j'en ai fait un peu le tour (en tout cas de ce qui m'interessait), je me dis qu'en fait, ce ne serait pas bien grave de plus jamais rien prendre.