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  HCl, fumarate, sulfate, quelles sont ces diableries ?
User Avatar Forum : Fiches informatives et tutos
Posté par : snap2 - 02/07/2021 09:31

Petit guide pour tous les amateurs de prods (surtout les RC) qui ont envie de mieux comprendre ces appellations.

C'est quoi ces trucs?



Il s'agit de sels. Un peu comme le sel de table d'ailleurs. Le sel de table (NaCl) est un composé ionique, avec un atome de sodium Na+ et un atome de chlore Cl-.
[Image: yc3m.png]
L'utilité c'est que le sodium pur est un gros bloc de métal qui ne cristallise pas et qui s'oxyde instantanément. Tandis qu'en rajoutant des ions chlorure, on peut former des gros cristaux stables qui se dissolvent bien.
[Image: NaCl_polyhedra.svg]


Ok, et le rapport avec les drogues ?



On peut faire la même chose avec des molécules organiques telles que la plupart des drogues, ce qui nous donne des sels organiques. Les amines qu'elles contiennent souvent sont des composés basiques, qui acceptent les ions H+ et qui se chargent positivement.
[Image: amine_to_ammonium-300x77.png]

Et ça tombe bien ! Parce que les acides ont justement cette capacité à se diviser en H+ et l'autre partie de l'acide que l'on appelle un contre-ion (parce que le H+ est un ion positif, l'autre partie sera donc un ion négatif qui sera appelé le contre-ion).

Donc on peut prendre n'importe quelle amine (>90% des drogues) et leur ajouter un acide pour former :
1) L'amine, chargée + (que l'on appelle amine protonée désormais)
2) Le contre-ion, chargé -, qui finit en -ate (ex pour le HCl : acide -> acide chlorhydrique, contre-ion Cl- -> chlorhydrate)

La réaction ressemble à ça pour une amine et du HCl :
[Image: 22d2518f108f9dd0ca44d5e711d223281fb2582d-600x439.jpg]


Bien entendu, on peut le faire avec n'importe quel acide. Du citrique pour faire du citrate, du fumarique pour faire du fumarate, du sulfurique pour faire du sulfate et même pourquoi pas de l'acide picrique pour faire du picrate si vous aimez les cristaux de produits explosifs (svp ne faites pas d'acide picrique à la maison).


D'acc, mais t'as toujours pas expliqué à quoi ça servait



En fait il y a plusieurs intérêts à former un sel à partir de freebase (version neutre de la molécule). Il n'y a pas de réponse universelle, mais généralement on retrouve des avantages et des inconvénients à le faire :

Avantages
  • Augmenter la solubilité aqueuse. C'est surtout valable pour les composés fortement apolaires, comme par exemple la PCP qui ne comporte qu'une seule amine:
    [Image: ?u=https%3A%2F%2Fpsychonautwiki.org%2Fw%...f=1&nofb=1]
    On peut donc former un sel qui sera beaucoup plus polaire comme on l'a vu (la drogue est désormais chargée + et on a aussi un contre-ion négatif), qui se dissolvera bien mieux dans l'eau. Ce qui est par exemple crucial pour l'IV.
  • Faire des cristaux. Beaucoup de drogues sont en fait liquide si elles ne sont pas sous forme de sels comme c'est par exemple le cas de la MDMA freebase:
    [Image: 5bs0.png]
    En ajoutant un acide (généralement du HCl), on obtient une poudre bien plus facile à manipuler, à transporter, à presser en pilules, etc...
  • Optimiser la biodisponibilité. Selon les voies d'administration, on peut améliorer la dissolution du produit dans les fluides corporels, ce qui maximise la surface de contact avec la muqueuse. C'est particulièrement visible avec l'oral, le sniff, le plug et l'IV.
  • Améliorer la conservation : l'air passe moins bien dans les cristaux donc ils sont plus résistants à l'oxydation.
Désavantages
  • Perte de puissance relative au poids. En effet, ajouter un sel au produit va réduire la pureté maximale du produit. Ça va dépendre selon les produits mais par exemple pour la MDMA HCl on ne peut atteindre que maximum 84% de pureté par rapport à de la MDMA freebase. Pour convertir un équivalent freebase en sel, on perdra donc (en % de pureté) :
    [Image: unb3.png]
    Souvent cette perte en puissance n'impacte pas l'effet car le produit est mieux assimilé et donc il y a moins besoin d'en prendre, mais cela dépend de chaque drogue.
  • Irritation des muqueuses. Peu visible avec la plupart des voies d'administration mais particulièrement en cas de vaporisation ou de combustion. On observe que l'acide peut se dissocier de la molécule (particulièrement avec le HCl et le HBr qui sont des gaz) et attaquer la muqueuse des poumons. Il faut donc mieux baser ses produits avant de le faire. On peut utiliser de l'ammoniaque (dangereux pour les poumons si mal réalisé), du bicarbonate ou n'importe quelle base (du NaOH fonctionne aussi par exemple). La base va neutraliser l'acide lié à l'amine et donc la déprotoner : on retourne à l'état initial, la freebase.
  • Augmentation du point d'ébullition. Toujours un désavantage seulement pour la vaporisation, les nouvelles liaisons chimiques qu'on créent augmentent la stabilité du produit et donc empêche les molécules de se vaporiser facilement. Parfois, la molécule brûle carrément avant de pouvoir se vaporiser si les cristaux sont très stables à l'état liquide.

Mais pourquoi il y autant de sels alors ? On pourrait pas juste utiliser le HCl et voilà ?



C'est une question que je me suis longtemps posée. En réalité, la chimie et la pharmacologie des sels est un domaine complexe prenant en compte des dizaines de paramètres tels que la solubilité à différents pH, dans différents solvants, leurs propriétés mécaniques (compression pour faire des pilules, résistance à la chaleur), leur impact sur la biodisponibilité (qui peut passer du simple au double selon le sel choisi), le temps de libération du composé et donc son effet, etc...
Pour l'amphétamine par exemple, on utilise une grande variété de sels dans l'Adderall pour modifier la durée d'action et prolonger l'effet en douceur, tout en évitant que tout le produit soit relâché rapidement en produisant un rush.
Certains sels sont plus stables que d'autres aussi : l'amphétamine HCl est peu stable comparé à sa version sulfate car celle-ci permet de créer un réseau complexe entre les molécules d'amphétamine (en bleu) et de contre-ions sulfate (en rouge) :
[Image: uh5x.png]

Il s'agit donc d'une science assez complexe que je ne prendrai pas le temps de détailler ici par souci de clarté et d'accessibilité. J'espère néanmoins vous avoir donné une bonne idée de ce que sont les sels organiques et à quoi ils servent (et peut-être même éveiller chez vous une curiosité pour ces molécules oubliées des drogues).

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  [Bretagne] journées de sensibilisation de prévention en milieux festif
User Avatar Forum : Actualité sur les drogues
Posté par : Cookies - 29/06/2021 15:52

Le collectif Orange Bleue propose des journées de sensibilisation pour la mise en place d'actions de prévention en milieu festif sur les 4 départements bretons. Destinées aux collectivités territoriales et acteurs jeunesse, ces journées sont financées par l'ARS et gratuites pour tout participant. Ces journées auront lieu :
-Le Vendredi 9 Juillet à Douarnenez
-Le Lundi 19 Juillet à Vannes
-Le Mercredi 21 Juillet à Lannion
-Le Jeudi 22 Juillet à Saint-Malo.

Pour toute question, information complémentaire ou lien pour inscription sur ces formations, merci de nous contacter à collectiforangebleue@yahoo.fr.

N'hésitez pas à partager cette information dans vos réseaux !
Cordialement,
Le collectif Orange Bleue

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  La Cour de cassation juge le CBD Made in Europe légal
User Avatar Forum : Actualité sur les drogues
Posté par : Cookies - 24/06/2021 11:19

Dans un important arrêt rendu ce mercredi après-midi, la Cour de cassation vient d’éclaircir un peu plus la situation légale du CBD en France. Selon la plus haute juridiction du pays, le commerce du CBD en France est autorisé, y compris les fleurs. Seul bémol : « si les substances saisies n’avaient pas été légalement produites dans un autre État-membre de l’Union européenne ».

« C’est un arrêt énorme !, se réjouit Ingrid Metton. J’ai commencé à plaider dans des affaires de CBD en 2014. Ca fait 7 ans que j’attends cet arrêt. » Pour cette avocate spécialisée, « la Cour de cassation dit que, si le produit est légalement fabriqué dans un État européen, avec du THC à l’état de trace, le produit ne peut pas être qualifié de produit stupéfiant, même si c’est des fleurs ».

« Cet arrêt est important, parce qu’il retient définitivement dans notre droit que, à partir du moment où un produit CBD a été légalement produit dans un autre État de l’Union européenne, alors il ne peut pas faire l’objet d’une qualification de stupéfiants », explique Patrice Spinosi, avocat à la Cour de cassation, intervenant sur plusieurs affaires liées au CBD.

« Pas un procureur n’oserait aller à l’encontre de cette décision »
Comme la Cour de cassation est la plus haute instance judiciaire du pays, sa décision fait foi. « Il n’y a pas un procureur qui oserait aller à l’encontre de cette décision », selon Yann Bisiou, maître de conférences à l’Université de Montpellier et spécialiste du droit des drogues.

Les perquisitions et la saisie des fleurs et huiles CBD s’arrêtent au moment où la Cour a publié son arrêt n°810. « Une boutique qui serait poursuivie pourrait se retourner contre l’État pour faute lourde », poursuit le professeur.

Une question demeure : celle de « traces ». La Cour de cassation utilise le terme, sans spécifier le taux de THC autorisé. « C’est la prochaine bataille », sourit l’avocate Ingrid Metton. Selon elle, le taux précis de THC devra être fixé soit par jurisprudence, soit par le gouvernement. « Ce sera à qui frappe en premier ! », poursuit-elle.

https://www.newsweed.fr/cour-cassation-l...-europeen/

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  Quelle limite entre conso 'raisonnable' et abusive?
User Avatar Forum : Sujet de la semaine
Posté par : Skruffy - 22/06/2021 13:56

Nouvo sujet de la semaine mamène

Quels sont les signes qui vous font dire que votre conso devient abusive, trop fréquente, problématique? Comment vous-fixez vous des limites pour rester dans une conso que vous considérez comme raisonnable? 

Perso, je trouve que les pensées qui découlent d'un mécanisme addictif sont facilement cramables, en tout cas maintenant j'arrive assez bien à les repérer, même si je ne les combat pas forcément. Par exemple en ce moment je fume pas mal, genre 5-6 joints par jour, et je sens bien que la moitié des joints que je fume sont là pour combler le manque plus que par ce que j'ai envie de fumer. Pourtant je cède quand même à l'envie de fumer. Et pour ce qui est de ce fixer des limites, il suffit de pas avoir de la cons tout le temps. L'époque ou j'avais un pharmacie de drogues que je pouvais garder sans consommer est révolue. Aussi, ne pas fumer/consommer avant d'avoir fait les trucs qu'on avait à faire pour la journée.

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  Le protoxyde d'azote (n2o) : conseils pour une première fois
User Avatar Forum : Fiches informatives et tutos
Posté par : Tridimensionnel - 21/06/2021 22:03

Le protoxyde d'azote



[Image: protoxyde_azote-93668866.png]
image : ASUD

Qu’est-ce que le protoxyde d'azote ?


Le n2o, qu’on appelle aussi protoxyde d’azote ou gaz hilarant, est un gaz dont l’inhalation entraîne des effets dissociatifs, anxiolytiques et euphorisants. La dissociation peut s’accompagner d’un rire incontrôlable qui lui a valu son surnom de “gaz hilarant”.
Le protoxyde d’azote agit principalement dans le cerveau comme antagoniste des récepteurs NMDA. Il a également une action dopaminergique chez certaines espèces animales comme la souris. Son mode d’action chez l’humain n’est pas encore complètement élucidé.

Il est utilisé comme anesthésiant dans certains services médicaux, ainsi que comme gaz propulseur. Son usage récréatif est ancien : dès la fin du XVIIIe, le protoxyde d’azote était administré dans les foires ou consommé en groupe lors de soirées privées. Le premier rapport scientifique de son utilisation détournée a lieu en 1964[ref]. Son usage se répand dans les années 70, et, au début des années 80, il est connu en tant que produit récréatif.

Quels sont les effets du protoxyde d'azote ?


Les effets du protoxyde d’azote sont particulièrement rapides et courts, et cette soudaineté joue sur le ressenti. Il provoque généralement une euphorie mentale et physique, mais l'expérience dissociative peut aussi se révéler effrayante ou simplement désagréable (dysphorie).[ref][ref][ref]
Les premiers effets sont souvent accompagnés de changements de la température perçue, de fourmillements dans les extrémités, de vertiges et d’engourdissement. Les modifications de la proprioception (perception de soi dans l’espace) sont fréquentes : le corps semble changer de forme, devenir plus léger ou plus lourd, s’éloigner ou envahir la perception.
La suggestibilité augmente, et les sensations imaginées sont plus vives et réalistes[ref]. Il y a par contre peu de distorsions visuelles, la vision pouvant devenir simplement double ou floue.
Les distorsions sonores sont fréquentes aussi. Les sons peuvent sembler plus proches, ou en écho, et certaines personnes entendent un son métallique récurrent. La perception du temps est également modifiée, avec des impressions de ralentissement ou d’accélération, de boucle, de récursions ou de déjà-vu.
La réalité immédiate est désinvestie. Le détachement et l’insouciance peuvent mener à de la désinhibition. Le contrôle de soi (moteur et cognitif) est réduit, mais les pensées peuvent sembler plus claires, avec l’impression de mieux comprendre quelque-chose ou de faire des découvertes. Les limites sont brouillées entre les sens (synesthésie), entre soi et le reste du monde, ou entre les pensées et la réalité physique. Il peut être difficile de se rappeler de qui l’on est ou de ce qui est réel.
En groupe, il arrive que ces effets intenses et soudains entraînent des crises de fou rire.
[ref][ref][ref][ref][ref][ref][ref][ref][ref][ref]

À haute dose, la réalité disparaît complètement pour laisser place au néant ou à des visions oniriques. On peut parler de délire, car il est alors compliqué de distinguer les hallucinations et la réalité. Certains récits rapportent des expériences très conceptuelles, avec des visions de systèmes complexes et abstraits, portant par exemple sur la nature du temps ou l’agencement de l’univers. L'amnésie est fréquente.[ref][ref][ref][ref][ref][ref]
Certains parlent alors de N-hole, de façon similaire à d’autres dissociatifs comme la kétamine et son K-hole. D’autres utilisent le terme breakthrough, qui fait plutôt référence à la DMT.[ref][ref]

Le protoxyde d’azote peut entraîner des ressentis très différents en terme d’intensité, allant de la frustration à des expériences si fortes qu’elles en sont difficiles à digérer.[ref][ref][ref] Il semblerait que les nouveaux consommateurs remarquent plutôt les effets physiques, tandis que ceux qui ont déjà une expérience des produits hallucinogènes seraient plus enclins à remarquer les effets psychédéliques.[ref][ref]

La plupart des études portant sur ses effets subjectifs ont été menées dans des conditions cliniques, avec une délivrance continue, un apport d’oxygène et des dosages plutôt faibles.[ref][ref] Ces conditions diffèrent beaucoup de celles de l’usage récréatif par cartouches, où le dosage est difficilement contrôlé et l’effet très court, avec une sensation de “rush” qui pousse à chercher l’expérience la plus intense. Quelques chercheurs ont néanmoins tenté d’analyser les effets du protoxyde d’azote en cartouche[ref].

Mode de consommation


Deux outils sont indispensables à sa consommation :
  • le cracker, ou le siphon à chantilly, qui permettent de percer la cartouche sans se blesser.
  • le ballon où l’on transvase le gaz (il doit être positionné sur l’autre embout du cracker/siphon).
Lorsque la cartouche est percée, le gaz se dilate, s’en échappe et devient glacé (environs -89°C [ref]). Il se déverse dans le ballon et revient à température ambiante. Le gaz est alors inhalé en respirant dans le ballon.

Dosages

  • En administration continue : de 5% (rien) à 40% (effets consistants) [ref].
  • En ballon : la dose d’une cartouche par ballon est la plus courante et suffit généralement à obtenir les effets désirés. Les usagers peuvent néanmoins en mettre plusieurs par ballon (respirer régulièrement en dehors du ballon est alors d’autant plus important). Il n’est pas encore très clair si la quantité maximise vraiment les effets ou si cela dépend plutôt de la façon de consommer.

Durées





Début 15 - 30 secondes
Pic 20 sec - 3 min
Effets résiduels 30min - quelques heures

Formes

  • Dans le commerce, on trouve le protoxyde d’azote sous forme gaz comprimé et liquéfié dans des cartouches métallisées couleur argent. Ces cartouches servent de recharges de gaz propulseur aux siphons à chantilly. À ne pas confondre avec les cartouches de CO2, qui sont argentées aussi.
  • Il existe aussi sous des formes adaptées à l’usage médical (bonbonnes, stylet cryogénique... ). Ces conditionnements ne sont pas en vente libre, et dangereux à utiliser en l’absence de formation et de matériel adapté[ref].
  • Certaines marques d'air sec utilisent du protoxyde d’azote comme gaz propulseur. Mais cela est difficile à vérifier car les produits non-alimentaires ne sont pas tenus d’afficher leur composition. Les autres ingrédients de l’air sec peuvent être toxiques et il est fortement déconseillé d’en consommer.

Quelles sont les interactions à connaître ?




Risques


Les risques de la consommation de protoxyde d’azote sont difficiles à évaluer car son usage récréatif était jusqu’ici peu documenté. L’ANSES a publié en 2020 un rapport compilant les signalements de complications[ref]. Les cas de gravité moyenne et forte étaient le plus souvent associés à une poly-consommation ou à un usage massif et chronique. Le protoxyde d'azote semble demeurer une substance très peu toxique dans le cadre d'une consommation occasionnelle et renseignée.

Risques liés au contexte de la consommation :
  • Des brûlures par le froid peuvent survenir en cas de contact avec le protoxyde d’azote à la sortie de son contenant ou de manipulation du cracker à mains nues[ref]. En effet, en se dilatant, le gaz consomme de la chaleur et la température baisse jusqu’à -89°C[ref].
  • Les effets dissociatifs et anesthésiants du protoxyde d'azote peuvent entraîner des pertes de connaissance et des chutes.[ref][ref]
  • Certaines sources de n2o sont mélangées à des toxiques (ex : air sec)
Risques liés à la toxicité du produit :
  • Le protoxyde d’azote dilate les vaisseaux sanguins[ref]. Combiné au manque d’oxygène, cela peut se manifester par un mal de crâne (céphalée).
  • Sa consommation massive peut entraîner des nausées et douleurs abdominales à cause de la dilatation des cavités molles.[ref][ref]
  • Respirer trop de protoxyde d’azote (et donc pas assez d’air sain) entraîne une hypoxie (manque d’oxygène) qui, si elle se prolonge, peut avoir de graves conséquences.[ref][ref] Des difficultés à respirer peuvent apparaître après un certain nombre de cartouches[ref]. À noter qu’on peut manquer d’oxygène sans en ressentir d’inconfort [ref]. Il y a un cas de décès par arrêt cardio-respiratoire[ref].
  • Il y a des cas avérés d’atteintes du système nerveux, telles que tremblements, convulsions, myélopathie (moelle épinière), douleurs aux extrémités, troubles de l’équilibre... Même avec un traitement, ces symptômes peuvent persister jusqu’à plusieurs semaines[ref]. La cause probable est qu’à haute dose, le protoxyde d’azote inactive la vitamine B12, dont une carence peut avoir de graves conséquences sur la formation de globules rouges, la protection du système nerveux et la réparation de l’ADN [ref][ref]. Les troubles neurologiques sont aussi plus fréquents lors d’expositions chroniques : cela concerne par exemple les professionnels utilisant le protoxyde d’azote comme anesthésiant, ou les consommateurs dépendants de ce produit.[ref][ref] Environ 4% des consommateurs déclarent ressentir des symptômes de neuropathie périphérique, de façon fortement corrélée à la fréquence et au volume de la consommation[ref].
  • La consommation de protoxyde d’azote par une personne enceinte présente un risque pour le fœtus car le produit passe la barrière placentaire. Son usage chronique est soupçonné d’augmenter le nombre d’avortements spontanés et de favoriser les malformations[ref].
Addiction :
  • La courte durée d’action du protoxyde d’azote et l’intensité de ses effets peuvent entraîner un craving (pulsion de consommation).
  • Il y a des cas rapportés de consommateurs dépendants de ce produit.[ref][ref] Leur consommation massive les expose à des dégâts neurologiques importants,[ref][ref] irréversibles en l’absence de prise en charge adaptée[ref].

Conseils pour réduire les risques

  • Préférer les contenants à destination alimentaire. Éviter les produits à la composition mal connue, tels que les bonbonnes d’air sec. Ne jamais utiliser du matériel médical si l’on n’a pas la formation adaptée.
  • Ne jamais consommer le protoxyde d’azote directement à la sortie du contenant, mais le transvaser dans un ballon au moyen d’un cracker ou d’un siphon à chantilly. Utiliser des gants pour manipuler le cracker, qui peut devenir très froid.
  • Consommer dans un lieu vaste et aéré.
  • Consommer assis ou allongé. Ne pas consommer dans un environnement où perdre conscience pourrait s’avérer dangereux.
  • Respirer autant à l’extérieur du ballon qu’à l’intérieur afin d’éviter l’hypoxie. Ne pas enchaîner les ballons.
  • Limiter la consommation avant 20-25 ans : en raison du risque de dégâts neurologiques en cas d’abus, il vaut mieux attendre que le système nerveux ait achevé son développement.
  • Limiter la consommation si l’on a des antécédents de problème cardiaque ou respiratoire. Si l’on consomme quand même, être particulièrement attentif à l’apport d’oxygène (respiration régulière hors du ballon, aération du lieu de consommation).
  • Limiter la consommation si l’on a un risque de manquer de vitamine B12 (antécédents d’anémie, régime végétalien sans complémentation…).
  • Cesser toute consommation et consulter si apparaissent les symptômes suivants : fatigue chronique, vertiges, fourmillements aux extrémités, tremblements ou engourdissement des membres.
  • Attendre au moins une demi-heure avant de conduire. Les effets résiduels peuvent affecter la coordination ou la vigilance sans qu’on en ait conscience.

Impact environnemental


Comme tout produit, le protoxyde d'azote a un impact environnemental lié à sa fabrication, son transport et sa consommation. Deux points sont à souligner :
  • Le protoxyde d'azote est un gaz à effet de serre. La part de la consommation domestique dans les émissions est pour l'instant négligeable [ref], mais elle pourrait devenir significative si l'usage récréatif en masse de protoxyde d'azote se généralisait.
  • L'aluminium qui compose les cartouches est 100% recyclable. Lorsqu'il est recyclé, son impact environnemental en est considérablement réduit : 5% de l'impact initial, moins les coûts environnementaux de l'extraction de minerai. Mais dans les faits, l'aluminium est insuffisamment recyclé à cause d'un manque de collecte [ref]. L'aluminium doit être trié selon les règles en vigueur de la commune (poubelle jaune, bac à métaux...), ce qui n'est pas possible lorsque les cartouches sont simplement jetées par terre. En Suisse, les cartouches peuvent aussi être rapportées en magasin pour être consignées [ref][ref].

Liste des effets


Effets physiques
  • Ralentissement cardiaque
  • Ralentissement respiratoire
  • Dilatation des cavités molles
  • Augmentation de la pression dans les cavités rigides
  • Manque d’oxygène (hypoxie)
  • Altération du contrôle moteur, chute (possible)
  • Céphalée pendant la descente (possible)
Effets cognitifs
  • Euphorie
  • Dysphorie (possible)
  • Hilarité (possible)
  • Anesthésie émotionnelle, insouciance
  • Déréalisation (détachement de l’environnement)
  • Dépersonnalisation (détachement de soi)
  • Confusion, ivresse
  • Délire (forte dose)
  • Amnésie (forte dose)
Effets perceptifs
  • Sensations physiques inhabituelles : fourmillement, changement de température…
  • Engourdissement, anesthésie
  • Modification de la proprioception (perception de son corps dans l’espace)
  • Distorsion du temps
  • Distorsions sonores, surdité
  • Vision double ou floue
  • Hallucination les yeux fermés (CEV)
  • Hallucination les yeux ouverts (OEV) (possible, forte dose)

Légalité


France : le protoxyde d’azote est légal, mais il est interdit d’en vendre ou d’en donner aux mineurs, ainsi que d’en vendre ou d’en donner dans les bureaux de tabac et les débits de boisson. Les produits visant spécifiquement son extraction à visée psychoactive sont également interdits de vente. Les infractions sont sanctionnées de 3750€ d’amende. [ref]
Suisse : le protoxyde d’azote est légal et en vente libre. Pour l'instant, il ne semble pas y avoir d’initiative visant à réglementer sa circulation [ref].
Belgique : le protoxyde d’azote est légal, mais il est interdit d’en vendre à des jeunes de moins de dix-huit ans [ref].

Informations actualisées en Juin 2021.

Détection


Urine : il y a une corrélation entre le taux de protoxyde d’azote dans les urines et l’exposition à ce produit. Néanmoins, en l’absence de valeur biologique d’interprétation, il n’est pas possible de partir de ce résultat pour déterminer l’importance de l’exposition. Ces tests sont parfois effectués dans un cadre médical pour mieux comprendre un cas clinique[ref].

Sources


https://www.anses.fr/fr/system/files/Tox...0216Ra.pdf
http://www.inrs.fr/publications/bdd/fich...oxicologie
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/J...0043575111
https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/...d=20204564
https://www.etaamb.be/fr/loi-du-11-fevri...30285.html  
https://www.epa.gov/ghgemissions/overvie...rous-oxide
https://www.economie.gouv.fr/files/files...yclage.pdf
https://www.migros.ch/fr/durabilite/recy...ng-card8_3
https://www.des-paroles-aux-actes.ch/fr/...o-172.html
https://link.springer.com/article/10.100...008-1424-0
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2997192/
https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1...7.10472063
https://doi.org/10.1080/02791072.1972.10471462
https://link.springer.com/article/10.1007/BF02245337
https://urgences-serveur.fr/IMG/pdf/protoxyde_azote.pdf
https://drugscience.org.uk/drug-informat...3266809139
https://drugscience.org.uk/drug-informat...8105574016
https://www.passeportsante.net/fr/Maux/P...hypoxie_pm
https://www.harrmed.com/obr/pdf/cr-lux_fr.pdf
https://www.psychonaut.fr/Thread-Le-prem...de-d-azote
https://www.psychonaut.fr/Thread-Les-eff...#pid591555
https://www.psychonaut.fr/Thread-Les-eff...80%99azote
https://www.psychonaut.fr/Thread-Les-eff...#pid593183
https://www.psychonaut.fr/Thread-Les-eff...#pid593153
https://www.psychonaut.fr/Thread-Les-eff...#pid444774
https://www.psychoactif.org/forum/2019/0...286_1.html
https://www.erowid.org/chemicals/nitrous...alth.shtml
https://erowid.org/experiences/exp.php?ID=110534
https://www.psychoactif.org/forum/2019/0...286_1.html
https://www.reddit.com/r/addiction/comme...&context=3
https://www.reddit.com/r/addiction/comme...s_no_joke/
https://www.reddit.com/r/replications/co...trous_lsd/
http://www.asud.org/2013/01/23/reduction-des-risques-5/

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