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  Anaïs Nin et la retranscription de l’expérience psychédélique
User Avatar Forum : Actualité sur les drogues
Posté par : Zoe.Dubus - 12/05/2021 19:30

En 1955, le psychiatre Oscar Janiger donne du LSD à Anaïs Nin, espérant qu'elle parvienne mieux que les scientifiques à décrire l'expérience psychédélique. Je raconte cette histoire avec le philosophe Pierre Leger dans un nouvel article publié dans Chacruna, que je vous traduit ici =)

Zoë Dubus, Pierre Leger, "Anaïs Nin et la retranscription de l’expérience psychédélique"
 
Comparé aux autres psychotropes connus dans les années 1950, le LSD provoquait « quelque chose de phénoménal, […] d’une intensité inimaginable » d’après Albert Hofmann qui poursuit : « il y a une profonde différence entre l’expérience émotionnelle de cette identité et sa pure description abstraite, philosophique. Ce serait comme de vouloir illustrer les couleurs pour un aveugle : les mots seuls ne permettront jamais de voir ce qu’elles sont. » (Gnoli et al., 2006) Comment décrire l’expérience psychédélique dès lors que celle-ci échappe à la traduction par le langage ?

Les auteurs engagés dans l’étude du LSD se voient forcés de recourir à de nouveaux concepts destinés à expliciter le vécu de cette expérience. Un vocabulaire spécifique est donc inventé pour tenter de décrire ces phénomènes, ce qui, suivant la tradition mise en place par l’aliéniste français Jacques-Joseph Moreau de Tours au sujet du cannabis[1], ne se fait pas dans un cadre exclusivement scientifique : des intellectuels tels Aldous Huxley, qui contribue à l’invention du mot « psychédélique », Anaïs Nin, Ernst Jünger, Gérard Heard ou Henri Michaux participent à l’élaboration de ces concepts, grâce à leurs liens avec la communauté scientifique. Chercheurs, artistes et écrivains se tournent notamment vers la philosophie orientale qui, par son attention accrue portée sur le corps, au contraire de la tradition judéo-chrétienne, permettait de mieux appréhender l’expérience psychédélique. La tradition indo-tibétaine en particulier abordait « les questions philosophiques et psychologiques associées aux états modifiés de conscience […] avec force détails » (Fortier, 2017). Le psychiatre allemand Hanscarl Leuner justifiait ainsi cette recherche : « Le mécanisme thérapeutique ne correspond à aucun des concepts psychologiques courant. […] Les praticiens n’ont pas le choix et doivent avoir recours à ces anciens concepts pour comprendre les résultats de leurs essais thérapeutiques. » (Leuner, 1967)

Parmi ces intellectuels consultés par des médecins pour tenter d’améliorer la compréhension des effets du LSD se trouve Anaïs Nin (1903-1977). Ecrivaine française, elle doit sa notoriété à la publication de ses journaux intimes qu’elle commence à rédiger dès l’âge de 11 ans, et dont elle poursuivra l’écriture toute sa vie. Ils offrent une vision profonde de sa vie privée et de ses relations amoureuses, artistiques ou intellectuelles. Nin était proche des milieux psychanalytiques, notamment d’Otto Rank avec qui elle réalise sa psychanalyse.

A l’automne 1955, elle prend part à une expérience au LSD réalisée par le psychiatre Oscar Janiger, à laquelle participait également un musicien et un biologiste : « Gil [Henderson, peintre] m'a demandé si je voulais participer à une expérience parce que le Dr. Janiger espérait qu'un écrivain s'exprimerait mieux sur l'expérience. » (Nin, 1974) Le récit de la séance apparait à la fin du tome 5 de son Journal.

« Cela semblait étrange de venir dans le bureau d'un psychiatre pour une telle aventure. Le Dr Janiger nous fit entrer, Gil et moi, dans son bureau privé, tapissé de livres et très sombre. J'ai eu peu de temps pour me faire une idée de lui, car il nous a immédiatement distribué un certain nombre de pilules bleues, cinq ou huit, je ne me souviens plus, avec un verre d'eau. Puis il nous a conduits dans la salle d'attente, où le biologiste était déjà assis, un bloc-notes sur les genoux, un stylo à la main. »

Elle raconte alors comment « Toutes les rigidités ont disparu. C'était comme si j'avais été plongée au fond de la mer, et que tout était devenu ondulant et vacillant. » L’expérience est paisible, lumineuse et agréable : « Mon corps nageait et volait à la fois. Je me sentais gaie, à l'aise et enjouée. Il y avait une connexion parfaite entre mon corps et tout ce qui se passait. » Emerveillée par des visions orientalistes, elle est tout à coup tourmentée par une pensée : tout apparaissait et se modifiait trop rapidement ce qui l’empêchait de se rappeler de chaque scène, mais surtout elle prenait conscience du fait qu’elle ne serait pas capable de dire ce qu’elle avait vu.

Tandis qu’elle s’allonge pour reprendre son souffle, elle fait une expérience paroxystique :
« Les murs se transformaient en or, la couverture du lit était en or, mon corps tout entier devenait de l'OR, de l'or liquide, scintillant, chaud. J'ÉTAIS DE L'OR. C'était la sensation la plus agréable que j'avais jamais connue, comme un orgasme. C'était le secret de la vie, le secret de la vie de l'alchimiste. »

Alors que les effets du LSD commencent à s’atténuer, elle observe : « Je pensais pouvoir capturer le secret de la vie parce que le secret de la vie était la métamorphose et la transmutation, mais cela se passait trop vite et était au-delà des mots. [...] Ah, je ne peux pas saisir le secret de la vie avec des MOTS. La tristesse. Le secret de la vie était le SOUFFLE. C'est ce que j'ai toujours voulu que les mots fassent, RESPIRER. »

A l’issue de cette expérience, Anaïs Nin se questionne sur la nature des effets du LSD. La substance ne révélait pas selon elle un monde inconnu, mais permettait de livrer l’individu à ses rêves et à ses fantasmes sans que le monde réel ne vienne interférer. Le LSD agissait comme un facilitateur permettant d’accéder plus rapidement à des expériences non-ordinaires mais qu’il était possible d’expérimenter autrement : « évidemment, par le biais de l'écriture, des rêveries, des rêves éveillés et des rêves nocturnes, j'avais visité tous ces paysages. »

Finalement, Anaïs Nin, frustrée de ne pas parvenir à la retranscrire grâce au langage, considéra que l’expérience du LSD n’était pas si positive : selon elle, le voyage psychédélique risquait de rendre les individus passifs.

« Ainsi, les drogues, au lieu d'apporter des images fertiles qui peuvent à leur tour être partagées avec le monde (comme les grands peintres, les grands poètes, les grands musiciens ont partagé leur abondance avec les inféconds, enrichi des vies sous-alimentées), sont devenues un vice solitaire, un rêve passif qui aliène le rêveur du monde entier, l'isole, et finalement le détruit. C'est comme la masturbation. Celui qui arrache ses images à l'expérience, à ses rêves enfumés, pour créer, est capable ensuite de construire ce qu'il a vu et dont il a eu envie. Il ne disparaît pas avec les effets du produit chimique. [...] Et c'est là le conflit. L'effet de la drogue ne renforce pas le désir de transformer le rêve, la vision, en réalité. Il est passif. »

On retrouve ici une idée bien ancrée dans l’inconscient occidental selon laquelle l’accès légitime à des formes de connaissances jugées supérieures (artistiques, intellectuelles ou spirituelles), ne pourrait être atteint qu’après une longue et douloureuse initiation. Tous les moyens employés pour réduire les efforts nécessaires à l’acquisition d’un tel état supérieur étaient jugés pitoyables et mesquins. Nin juge ainsi sévèrement les écrits d’Huxley : « Huxley était un scientifique. Ces visions venaient de produits chimiques. Elles étaient contrôlées. Il n'y avait aucun danger qu'un Rimbaud sorte de son monde poétique. »

Le LSD prend une grande place dans le sixième tome de son Journal. Elle y questionne les liens entre prise de psychédélique et créativité, imagination, sentiment religieux. L’écrivaine fréquentait les grandes personnalités impliquées dans la recherche du LSD comme Aldous Huxley, Betty Eisner, Timothy Leary, Richard Alpert et se montrait critique vis-à-vis de l’approche trop scientifique de la majorité des expérimentateurs. Sa conclusion était désormais qu’il était possible, pour les artistes et les poètes, de décrire cette expérience, mais que ces formes de restitutions n’étaient pas accessibles pour la majorité des individus, préférant les rapports factuels et cliniques plutôt que les « subtilités poétiques ». A l’été 1963, elle écrit ainsi :

« Personne ne leur avait appris à rêver, à transcender les événements extérieurs et à lire leur signification. Ils avaient été privés de toutes ces disciplines spirituelles. C'était une culture scientifique, une culture technologique. Il était logique qu'ils croient aux drogues, aux drogues de toutes sortes : curatives, tranquillisantes, stimulantes et (logiquement) induisant le rêve. [...] ils allaient, à leur manière scientifique, vers leur autre réalité. Lors d'une soirée, Leary a discuté d'une déclaration qu'il avait faite, à savoir qu'il n'y avait aucun langage, aucune façon de décrire l'expérience du LSD. Je n'étais pas d'accord. J'ai mentionné les poètes, j'ai mentionné Michaux, j'ai mentionné les surréalistes. Tous inconnus pour eux. Ils étaient des scientifiques, pas des poètes. Le rapport simple, précis, méthodique de Huxley était plus fiable. Ils établissaient des liens avec les religions anciennes, mais pas avec la littérature, je le sentais. » (Nin, 1976)

Le témoignage d’Anaïs Nin est peut-être caricatural ; il dénote néanmoins une fracture sémantique entre le langage scientifique froid et technique et l’expérience psychédélique. Il souligne également la difficulté des intellectuels à décrire les effets de ces substances : leurs tentatives demeuraient de toute façon trop éloignées de la culture scientifique des seuls experts reconnus de ces substances, à savoir les psychiatres. Betty Eisner avait d’ailleurs dédicacé à Nin un de ses articles de la formule suivante : « Pour Anaïs Nin, qui en sait plus sur ce sujet que n'importe quel scientifique. » Eisner reconnaissait l'importance des idées de Nin et a peut-être offert cette dédicace comme un clin d'œil subtil à la nécessité de nourrir ces perspectives critiques. Elle était bien consciente du réseau complexe d'acteurs influençant l'histoire de la science psychédélique et de sa résistance à ces perspectives critiques, tempérées, voire incarnées.

Nin connaissait le Livre des morts tibétain, mais elle estimait que les Américains n'étaient pas assez versés dans la poésie et les mythes pour recevoir ces concepts orientaux. Elle estimait que les Américains, dont la pensée était "bloquée à la fois par le puritanisme et par le matérialisme", n'avait pas accès à leur monde intérieur sans l'intervention d'une "secousse, d'un choc, d'un violent arrachement à la terre" rendu possible par la consommation de LSD. Elle regrettait que Leary et ses adeptes aient adapté le langage des religions orientales sans chercher dans la culture occidentale les moyens de décrire ces états (dans le surréalisme, par exemple). Selon elle, en raison de leur manque de sensibilité à la poésie, les Américains étaient incapables de donner un sens à leurs expériences psychédéliques, ce qui conduisait à des expériences négatives : "Et qu'est-il arrivé à ceux qui ne s'étaient pas familiarisés avec le sens de l'inconscient, du rêve, de la création à travers la poésie, les mythes, la psychologie ? Ils étaient effrayés, confus ; ils étaient passifs sous le choc des rêves, des visions, des hallucinations. Ils ne pouvaient pas intégrer les visions à l'art de vivre ou à l'art du langage."

Les concepts issus des philosophies orientales quant à eux, lorsqu’ils étaient adoptés par la science occidentale, perdaient leur faculté de signification : ils étaient vidés de leurs sens originels. De plus, ces emprunts avaient une connotation très péjorative aux yeux des contemporains, comme l’explique l’anthropologue Michel Perrin : « les mots que les occidentaux utilisent pour parler de ces phénomènes, issus de cultures fort éloignées des leurs, n’ont pas la même signification, ont souvent un sens péjoratif, ridicule au sens commun, ce qui influe sur la compréhension que peuvent en avoir les non-initiés. » (Perrin, 1989) L'utilisation de ce langage mêlant des concepts issus de la tradition indo-tibétaine à des termes scientifiques a largement contribué à la perception croissante, parmi le public, les acteurs politiques et la communauté scientifique, selon laquelle le LSD et les chercheurs qui y étaient associés étaient intimement liés à la formation d'une contre-culture menaçant l'ordre établi. Ainsi, le vocabulaire « psychédélique » allait-il avoir une influence déterminante sur la stigmatisation des études menées sur le LSD, et contribuer à causer leur arrêt.
 
 
Gnoli, A., Ceccatty, R. de, Volpi, F., & Hofmann, A. (2006). Le L.S.D et les années psychédéliques : Entretiens avec Albert Hofmann. Payot & Rivages.
Leuner, H. (1967). Ce qu’on n’a pas expliqué en France. Planète, 33, 92‑101.
Nin, A. (1974). The Diary of Anaïs Nin, 1947-1955 (Vol. 5th). Harcourt Brace Jovanovich.
Nin, A. (1976). The Diary of Anaïs Nin, 1955–1966 (Vol. 6th). Harcourt Brace Jovanovich.
Perrin, M. (1989). Anthropos. Autrement, 106.
 
 
 


[1] Le fameux « club des haschichins », organisé par Moreau de Tours, réunissait des intellectuels, des artistes et des scientifiques pour consommer du haschich et en décrire les effets.

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  Parler de drogue/conso avec les non-consommateurs?
User Avatar Forum : Sujet de la semaine
Posté par : Skruffy - 10/05/2021 13:27

Ceci est un sujet question de la semaine.

Quand on aborde le sujet de la drogue avec des 'non-consommateurs' (c-a-d des gens qui ne consomment pas ou presque pas de drogues illégales), on s'heurte souvent à une vision très différente de la drogue. Ils maitrisent en général peu le sujet et ont beaucoup de clichés négatifs. Devant ce genre de vision de la drogue, c'est souvent dur d'engager une conversation pour plusieurs raisons: socle commun de connaissances inexistant, peur d'être jugé... Pourtant c'est souvent un sujet qui nous tient à cœur et qui a un impact sur nos vies.

Est-ce que que vous parlez de drogue avec des non-consommateurs? Est-ce que vous révélez le fait que vous consommez? Est-ce que vous pensez qu'il y a un intérêt à discuter avec des non-consommateurs?


Pour ma part, le sujet est toujours difficile à aborder par ce qu'il es tabou mais quand les gens commencent à débiter des conneries sur les drogues je peux pas m'empêcher d'intervenir... Mais jamais en me plaçant comme plus savant qu'eux pour ne pas les braquer. Ca m'amène souvent à révéler que je consomme, mais je ne part jamais dans des listes de courses de toutes les prod essayés, je reste évasif. En général quand la discussion se termine, j'ai l'impression que mes interlocuteurs ont une vision un peu moins diabolisante de la drogue, et surtout des drogues ''''dures''''.

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  Résultats de l'essai de phase 3 de MAPS sur la thérapie assistée par MDMA pour PTSD
User Avatar Forum : Actualité sur les drogues
Posté par : Cookies - 04/05/2021 13:37

https://maps.org/news/media/9122-maps-ph...ronic-ptsd

[Image: MAPP1-Infographic1.jpg][Image: MAPP1-Infographic2.jpg]
[Image: MAPP1-Infographic3.jpg][Image: MAPP1-Infographic4.jpg]
[Image: MAPP1-Infographic5.jpg][Image: MAPP1-Infographic6.jpg]

Les résultats hautement significatifs sur le plan statistique et le bilan excellent en matière de sécurité suggèrent que la thérapie assistée par la MDMA sera un traitement efficace du PTSD grave et chronique.

67 % des participants qui ont suivi trois séances de thérapie assistée par la MDMA ne remplissaient plus les conditions requises pour recevoir un diagnostic de PTSD et 88 % ont connu une réduction cliniquement significative de leurs symptômes.

La phase 3 de l'essai pivot a traité 90 patients souffrant de TSPT grave et chronique, quelle qu'en soit la cause, avec une durée moyenne de 14 ans, et a reproduit les résultats des essais de la phase 2.

Les participants à l'étude comprenaient des patients souffrant d'un PTSD causé par des événements liés au combat, des accidents, des abus et des atteintes sexuelles ; 84 % d'entre eux avaient des antécédents de traumatismes liés au développement.

MAPS espère que ces résultats faciliteront l'approbation de la FDA en 2023 pour cette thérapie révolutionnaire.

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  Drogue et musique
User Avatar Forum : Sujet de la semaine
Posté par : Skruffy - 03/05/2021 10:27

La drogue et la musique vont bien ensemble. D'ailleurs, où on trouve de la musique, on trouve de la drogue. Alors, quelle musique aimez vous écouter avec quelle drogue, dans quel contexte? Partagez vos pépites!

LSD -> psytrance sur un BON mur (pas 4 caissons mal réglés sous un pont ferroviaire, un bon mur d'un festival de psy avec stéréo). Sinon speedcore sur un n'importe quel mur, juste pour sentir les vibrations.

Kétamine -> à faible dose, n'importe quelle musique de 'rave': psytrance, tek, avec quand même une préférence pour la drum and bass par ce que ça bouge de ouf. A haute dose ambient ou du Heilung (merci Biquette <3)

https://www.youtube.com/watch?v=SMJ7pxqk5d4

Cannabis -> rap, dans ma chambre. Sinon un gros joint devant un mur de dub ça fait plaisir mais ça fatigue plus qu'autre chose.

https://www.youtube.com/watch?v=ajd11sTutOk

Je me résout à faire des 'sujets de la semaine' devant la démission des modos. Faut tout faire sois même ici!

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  Macron veut organiser un grand "débat" sur les drogues
User Avatar Forum : Actualité sur les drogues
Posté par : Morning Glory - 20/04/2021 23:38

Ca me semblait assez tristement important pour relayer

krakra a écrit :
https://www.lemonde.fr/politique/articl … 23448.html
Le Monde - retour à la une

Sécurité : Macron défend son bilan et veut lancer un « grand débat » sur la consommation de drogue
Après la décision de la Cour de cassation dans le meurtre de Sarah Halimi, le chef de l’Etat a également dit souhaiter un changement de la loi sur la question de la prise de stupéfiants et de l’irresponsabilité pénale.
Le Monde avec AFP et Reuters
Publié hier à 21h44, mis à jour hier à 23h32
Temps de Lecture 5 min.

Emmanuel Macron promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici la fin du quinquennat, ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception »
Emmanuel Macron promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici la fin du quinquennat, ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception » SEBASTIEN BOZON / AFP
Dans un entretien au Figaro, à la veille d’un déplacement à Montpellier sur le thème de la sécurité du quotidien, Emmanuel Macron qui dit « se battre pour le droit à une vie paisible », défend son bilan au moment où la France « doit faire face à une forte augmentation des violences sur les personnes, qui visent tout particulièrement les détenteurs de l’autorité ». Il promet de « faire reculer la délinquance partout ».
Plus de « bleu sur le terrain » en 2022 qu’en 2017
Emmanuel Macron promet de tenir son objectif de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires d’ici la fin du quinquennat, ainsi « chaque circonscription de police aura plus de policiers à la fin du quinquennat qu’au début, sans exception ».
« Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants », déclare le chef de l’Etat dans cet entretien.
Il annonce aussi la création à Montpellier d’une « forme d’école de guerre avec de la formation continue » pour les policiers ainsi que la modernisation de leur uniforme et le remplacement de la casquette par un calot. Dans cette académie de police, les policiers effectueront des formations de trois à six mois tout au long de leur parcours.
Expliquant qu’il fallait prendre le temps de former, le chef de l’Etat précise « qu’aujourd’hui 4 508 policiers et 1 706 gendarmes ont déjà été recrutés, soit 6 214 membres des forces de l’ordre ». « Nous aurons en complément, dès cette année, 2 000 policiers et gendarmes de plus. Et parmi ces nouveaux policiers, l’essentiel iront directement en sécurité publique, c’est-à-dire sur la voie publique. »
« Nous irons au bout du bout de ce plan des 10 000 », a-t-il martelé. Il a aussi confirmé, comme prévu par la loi « sécurité globale », la création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police. Emmanuel Macron réitère sa promesse de renouveler 50 % du parc automobile de la police.
Soutien aux forces de l’ordre
Le chef de l’Etat est revenu sur les « violences policières », expression qu’il avait utilisée en décembre mais pour la contredire aussitôt. « Il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ; il n’y a pas de racisme systémique de la police, c’est faux, pas plus qu’il n’y en a dans la gendarmerie ou au sein de l’Etat », a-t-il dit. Mais il a répété que le contrôle au faciès était une réalité.
Il a enfin exprimé son soutien aux policiers attaqués, en particulier ceux de Viry-Châtillon, brûlés par un groupe d’assaillant en 2016. Il a refusé de commenter le verdict d’appel, qui a abouti dimanche à cinq condamnations et huit acquittements. « Les actes commis sont ignobles et d’une rare cruauté, a-t-il déclaré. Jamais je n’accepterai que l’on s’attaque à ceux dont le métier est de nous protéger. »
Lire aussi  En colère après les propos de Macron sur les discriminations, deux syndicats de police appellent à « ne plus faire de contrôles d’identité »
« Un grand débat national sur la consommation de drogue »
Le président de la République dresse aussi un constat : « La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères », déclare le chef de l’Etat.
Car « ceux qui prennent de la drogue – et cela concerne toutes les catégories sociales – doivent comprendre que non seulement, ils mettent leur santé en danger, mais qu’ils alimentent aussi le plus grand des trafics. On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d’insécurité... », ajoute-t-il.
Emmanuel Macron reconnaît que les trafics de stupéfiants « explosent » et « forment la matrice économique de la violence dans notre pays ».
« Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien, y compris dans les petites villes épargnées jusqu’ici. Ne laisser aucun répit aux trafiquants de drogue, c’est faire reculer la délinquance partout », souligne-t-il.
Il affirme que le gouvernement passe « à la vitesse supérieure » avec l’objectif de « harceler les trafiquants et les dealers ». « Sur les 4 000 points de deal répertoriés récemment, plus de 1 000 opérations coup-de-poing ont été réalisées ces dernières semaines. Et chaque jour, nous fermons un point de deal. Allez voir dans les quartiers comment cela change la vie! », selon lui.
Il ajoute que « 70 000 amendes forfaitaires délictuelles ont été dressées depuis septembre ». « Ça veut dire quelque chose de clair : si vous vous faites prendre comme consommateur, vous savez que vous allez devoir payer et que vous n’allez pas y échapper. Ça change le rapport de force », explique-t-il.
Selon lui, « dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge » : « Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances? Et je ne parle même pas des effets de glissements vers des drogues plus dures. »
Stupéfiants et responsabilité pénale : faire changer la loi
Après la décision de la Cour de cassation dans le meurtre de Sarah Halimi, Emmanuel Macron dit souhaiter un changement de la loi sur la question de la prise de stupéfiants et de l’irresponsabilité pénale. « Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors “comme fou” ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale. Sur ce sujet, je souhaite que le garde des sceaux présente au plus vite un changement de la loi », déclare le chef de l’Etat.
La Cour de cassation a confirmé mercredi l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, tout en entérinant le caractère antisémite du crime. La haute juridiction a considéré que dès lors que le trouble psychique, même éphémère, a été constaté par les experts, peu importe qu’il provienne d’une pathologie ou d’une consommation de cannabis, la loi veut qu’il n’y ait pas de procès. Les experts ét
Plusieurs propositions de loi sur le sujet ont déjà été déposées depuis 2020. La dernière, présentée par plusieurs dizaines de sénateurs le 25 mars, propose de réécrire l’article 122-1, afin que le « trouble psychique ou neuropsychique » à l’origine de l’abolition du discernement n’exonère de responsabilité pénale l’auteur d’une infraction que s’il est « issu d’un état pathologique ou d’une exposition contrainte aux effets d’une substance psychoactive ».
Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Le meurtrier de Sarah Halimi ne sera pas jugé
Le Monde avec AFP et Reuters


https://www.psychoactif.org/forum/2021/0....html#divx

Comme on disait sur pa, ce sera un débat comme avec les gilets jaunes: un où macron s'écoute parler et envoie ses chiens de garde faire du sale boulot.

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