Psychonaut

Version complète : C'est quoi un psychonaute?
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Je demande pas une définition de dico par ce qu'elle me semble assez claire: psycho de psyche, esprit en grec et naute = voyageur (en grec aussi?). Donc voyageur de l'esprit, explorateur de l'esprit.

Mais ce forum est surtout une 'communauté d'auto-support sur les drogues et l'esprit' - donc centrée plus sur la drogue elle même que sur l'usage psychonautique que on peut en faire. Pourtant je décèle une âme de voyageur de l'esprit en vous, en regardant bien à travers vos enveloppes de polytox. En même temps, de gamin curieux qui prend des drogues pour x raisons, on fini souvent par devenir un psychonaute. Les drogues, surtout les psychés, amènent à se poser des questions sur son esprit. 

Alors, pour vous c'est quoi un psychonaute (au delà de la définition basique que j'ai donné au début)? Etes vous un psychonaute? Et pourquoi? Pourquoi naviguer sur son esprit alors qu'on pourrait se contenter de kiffer sa perche tranquillou? Esprit scientifique? De découverte? Mysticisme? Quête de sens? Pour comprendre et soigner des trauma?

Z'avez quatre heures.


Edit:
Je commence comme vous êtes timides.

J'ai découvert la drogue avec la beuh mais je me suis très tôt intéressé au psychés, et en faisant des recherches sur internet je suis tombé sur des gens genre Psyched substances (un youtubeur), Terrence McKenna et bien sûr ce forum! Bref, des gens qui avaient une vision assez psychonautique de la drogue. Par contre, j'ai commencé à prendre des drogues autre que la beuh en allant en teuf - et donc là je suis parti sur une vision plus festive et hédoniste du truc, mais mes premiers contacts me sont un peu restés je pense.

Sinon, j'ai toujours kiffé les choses étranges, occultes, underground, inconnues... A 9 ans je cherchais les farfadets quand je me baladais dans les bois, à 11 ans je regardais des documentaires complotistes sur les aliens, à 18 ans j'ai pris des champi. Toujours la même démarche d'aller voir des choses mystérieuses et inconnues. Je suis un psychonaute surtout par curiosité et par ce que ça me fait kiffer de descendre dans la fractale.
Mais tu ne réponds pas à ta propre question, c'est quoi un psychonaute pour toi Skruffy ? Big Grin 

Je vois souvent des gens amalgamer le psychonautisme et les psychédéliques, d'où d'ailleurs l'orientation de ce forum pendant très longtemps (jusqu'à récemment, il y était interdit de parler de stims/dépresseurs/autres, et plus tard, d'en parler autrement qu'en terme de prévention). Et c'est vrai que quand le terme évoque aussitôt des ego-death sous DMT, ou des méditations sacrées pendant un trip de psilocybine, et tout plein de syncrétisme d'origine indienne...

D'un autre côté, je vois de plus en plus souvent le terme "psychonaute" utilisé comme un synonyme de "drogué" - mais un peu mélioratif du coup j'imagine - dans des contextes de consommations très généralistes : le psychonaute, là, c'est la personne qui s'intéresse à ce qu'elle prend, qui se cultive autour de sa consommation, peu importe la substance. Enfin peut-être que la substance importe, mais comme sur les réseaux les communautés de drogués se recoupent pas mal avec celles de la teuf, y'a quand même une large consommation de trucs que les vieux hippies regarderaient avec mépris.

Pour ma part je comprends le psycho-nautisme comme une attitude de réflexivité, dans le sens renvoi d'une image. C'est-à-dire ne pas seulement ressentir des effets, mais aussi réfléchir (vous voyez le double-sens étymologique entre la réflexion de la pensée et la réflexion du miroir ?) à ces effets. Ça signifie analyser ses ressentis, analyser les modifications de perception et d'humeur, et utiliser ces informations pour comprendre. Alors, comprendre quoi ? Y'en a qui cherchent Dieu dans les drogues, moi je trouve plutôt qu'elles m'aident à comprendre comment je - et les autres humains - fonctionne.

Du coup ça ne signifie pas forcément triper dans un but spirituel ou sérieux ou sacré... seulement, j'ai toujours cette petite voix en moi, comme œil sans cesse ouvert, qui même dans les moments de kiff m'observe, analyse, prend des notes pour plus tard. L'esprit qui se réfléchit lui-même et apprend de toutes expériences finalement. J'ai du mal à imaginer qu'on puisse ne pas du tout triper ainsi, je pense que tout le monde a conscience de soi à un moment donné et s'observe, même un tout petit peu. C'est plutôt une question de mesure, certaines personnes ignorent cet œil ou n'y accordent qu'une vague attention, d'autres vont chercher à exploiter ses données, à en tirer des informations utiles, et c'est ce que j'appelle être psychonaute.

Mais de ce point de vue il n'y a même pas besoin de prendre de la drogue pour être psychonaute. L'activité de méditation (pleine conscience) par exemple est éminemment psychonautique (presque par définition) ! Ou alors, quand j'observe d'un œil critique les effets de l'amour sur ma perception visuelle, ou la relation entre mon humeur et ma satiété, je suis psychonaute.

Mais surtout, ce qui pour moi est le top du psychonautisme (pour peu que l'on tienne à cette étiquette, qui n'est qu'une convention langagière utile pour débattre), c'est de tirer quelque-chose de ce regard critique. Comprendre nos consommations et leurs effets, ça permet d'en faire de véritables outils, de dompter ces substances aux pièges béants. Tout le monde sait qu'untel truc est addictif, mais comment s'éviter l'addiction, pour soi ? C'est presque impossible si l'on n'a pas cet œil ouvert au fond de soi, et surtout si l'on n'écoute pas ce dont il nous informe. Et au contraire, comment tirer parti d'une défonce, qu'elle ne soit pas qu'une défonce ?
Je pense qu'on peut faire des drogues des outils pour soi et pour les autres. Par exemple, d'une soirée sous amphétamines tirer le courage de parler et de se mettre en colère, de réaliser des avancées mentales. Ou comprendre, à partir de son premier trip à la MDMA, que le bonheur est une chose qui existe réellement, qu'on peut l'éprouver, que c'est tangible, et qu'on saura peut-être retrouver ça sobre, maintenant qu'on sait ce que c'est.
Je ne crois pas avoir envie d'y mettre une définition, pour moi le psychonautisme c'est très vaste, y mettre une définition ce serait probablement le restreindre.

Cela dit, pour moi l'essence de la naissance du psychonautisme chez moi, c'est la curiosité. Cette envie de voir, de savoir de comprendre (spoiler, j'ai rien compris).
Depuis tout petit je suis un peu un grand rêveur, j'aime explorer, et j'aurai voulu découvrir quelque chose. Je me susi donc lancé dans la découverte du moi, j'ai voulu chercher ce qu'il sy passe, comment mon inconscient peut se manifester si on le titille un peu. Comment le "moi" peut exister quand on le perturbe chimiquement. Qu'est ce qui fait vraiment moi ? Pourquoi je m'identifie comme moi ?

Après des années de recherches, j'ai toujours pas de réponses, en même temps, je crois que je n'en cherche pas vraiment, j'ai juste envie de voir ce qu'il peut se passer.

Visiteur

Pour moi, c'est surtout une personne curieuse. Je trouve que l'image fantasmée du "psychonaut" circule trop, faudrait rendre le truc plus simple
Pour moi c'est juste c'est de la philosophie/ métaphysique en état modifié de conscience. Tu te pauses des questions dans un état pas normal pour être moins pompeux.
Un sorcier un druide ou un magicien.
un camé bourgeois?

Non plus sérieusement ça me semble être un terme issu d'une classe sociale moyenne à aisée très intellectuelle qui apprécie la drogue mais qui cherche à se différencier du "drogué de rue" pour rester dans les clous et les valeurs de leur communauté.

Par contre je pense qu'il a été réutilisé très librement par tout le monde et qu'au final il désigne un truc vachement plus large. Je dirais qu'au final un psychonaute c'est quelqu'un qui explore les territoires de la conscience qu'il ne connaît pas de manière volontaire - c'est à dire que c'est la principale raison de sa consommation.
Seulement ce qui me gêne, c'est que je ne suis pas sure de voir une différence très nette entre "Personne qui consomme de la drogue" et " psychonaute", je pense que c'est une question de degré.
Je suis d'accord .
Pour ma part, si je devais définir le terme psyconaute, ce serait une définition très large et personnelle qui regrouperait plus ou moins tous les gens qui passent plus de temps dans leur tete que dans le réel, ou qui, du moins accordent une grande importance à l'exploration de son monde intérieur , drogue ou pas .

Ensuite, y'a des consommateurs qui préfèrent se dire psychonautes parce que ça marque mieux que drogué et ça rejoins aussi une certaine idée des psychédéliques qui seraient intrinsèquement "supérieurs" aux autres drogues .
un psychonaute (LSD) c'est klk'un qui va aux extrêmes et qui passe de l'état idéal à la gêne, qui revient, repart en passant par des états physiologiques intermédiaires particuliers... C'est comme des étapes psychologiques avec des places où l'on stationne... On reconnait ces "lieux psychologiques" après les avoir découverts une 1ère x. On va, on revient... on veut retrouver certains lieux où c'était bath... Il y a plein de détails que l'on retrouve dans ces lieux comme des "camps" qui peuvent être en zone clémente, froide ou plein de tracas, tourmentée... ou dégénérant comme si le prod fait carburer à vitesse exponentielle avec les manettes à fond vers la désintégration au pire des cas... C'est le LSD.

un trip trop fort on ressent comme une accélération
Lunatic a écrit :Seulement ce qui me gêne, c'est que je ne suis pas sure de voir une différence très nette entre "Personne qui consomme de la drogue" et " psychonaute", je pense que c'est une question de degré.

Je sais pas si la question était liée uniquement au forum mais le psychonautisme n'est pas automatiquement attaché à la drogue mais aux états modifiés de conscience dans leur ensemble, il y a aussi des gens qui pratiquent la méditation, les rêves lucides, la transe, l'hypnose etc... qui se disent psychonaut (enfin tout est relatif, même sur le forum j'ai pas l'impression que beaucoup se définissent comme tel).

Il me semble que c'est plus une démarche qu'un statut, on peut très bien se retourner le crane au 2C-E pour le fun, prendre du crack le week end et le mois d'après se faire un trip avec une approche "psychonautique", j'ai pas l'impression qu'il y ait un quelconque élitisme là dedans.
Y'a de quoi en apprendre un peu plus sur vous dans ces réponses:)
(06/03/2021 23:26)Trickster a écrit : [ -> ]Il me semble que c'est plus une démarche qu'un statut, on peut très bien se retourner le crane au 2C-E pour le fun, prendre du crack le week end et le mois d'après se faire un trip avec une approche "psychonautique", j'ai pas l'impression qu'il y ait un quelconque élitisme là dedans.

Bah en fait, de mon point de vue, le psychonautisme est au moins en partie inhérent aux drogues...
Genre, pour moi, même si tu n'as pas une approche psychonautique de la drogue, de toute manière, les drogues auront quelque chose qui s'en approchera...
et je pense que beaucoup de gens qui se droguent avec leurs potes, ou pour le fun, ont cette exploration de la conscience pendant leur trips et la vivent avec intensité, quand bien même ils se drogueront pendant des fêtes et ne s'appeleront pas psychonautes entre eux.
(07/03/2021 09:32)Lunatic a écrit : [ -> ]
(06/03/2021 23:26)Trickster a écrit : [ -> ]Il me semble que c'est plus une démarche qu'un statut, on peut très bien se retourner le crane au 2C-E pour le fun, prendre du crack le week end et le mois d'après se faire un trip avec une approche "psychonautique", j'ai pas l'impression qu'il y ait un quelconque élitisme là dedans.

Bah en fait, de mon point de vue, le psychonautisme est au moins en partie inhérent aux drogues...
Genre, pour moi, même si tu n'as pas une approche psychonautique de la drogue, de toute manière, les drogues auront quelque chose qui s'en approchera...
et je pense que beaucoup de gens qui se droguent avec leurs potes, ou pour le fun, ont cette exploration de la conscience pendant leur trips et la vivent avec intensité, quand bien même ils se drogueront pendant des fêtes et ne s'appeleront pas psychonautes entre eux.

Clairement, moi je fais partie plutôt partie des gens qui se droguent socialement. J'aime pas proder tout seul et j'aime la défonce récréative, mais j'aime bien aussi faire cette exploration, c'est clairement pas l'un ou l'autre.

J'ai surtout l'impression que les personnes qui prônent le psychonautisme et (particulierement) la prise de psychédéliques comme étant quelque chose d’uniquement "sacré" / spécial / dans un contexte spirituel. Dans le but d'en apprendre plus sur sois même et refuser la possibilité d'une prise récréative. C'est à mon sens une fermeture d'esprit, n'être ouvert qu'a une possibilité, c'est pour moi le contraire même de l'exploration.

7737P4R4

Je ne suis qu'un vulgaire toxicomane. Mais les produits que je consomme voir surconsomme me permettent d'exploser mes barrières mentales de sorte à mieux comprendre le fonctionnement de mon cerveau et d'explorer en profondeur ce que je suis vraiment.

De plus, j'aime confronter mes connaissances théoriques et ce qu'on peut lire sur internet et pousser mes expériences au maximum pour confronter la théorie à ma réalité.

Cela m'a permis avec les années d'acquérir une base solide de la compréhension que j'ai du monde, de moi même et des drogues.
(07/03/2021 10:23)7737P4R4 a écrit : [ -> ]Je ne suis qu'un vulgaire toxicomane. Mais les produits que je consomme voir surconsomme me permettent d'exploser mes barrières mentales de sorte à mieux comprendre le fonctionnement de mon cerveau et d'explorer en profondeur ce que je suis vraiment.

De plus, j'aime confronter mes connaissances théoriques et ce qu'on peut lire sur internet et pousser mes expériences au maximum pour confronter la théorie à ma réalité.

Cela m'a permis avec les années d'acquérir une base solide de la compréhension que j'ai du monde, de moi même et des drogues.

On dirait une lettre de motivation.
Mon idée du psychonautisme c'est l'exploration. De sa conscience, de son environnement, de son ego.
Découvrir et apprendre.
Trouver de nouveaux chemins à emprunter et revenir à la maison changé.

Je me suis servis de ce terme je l'avoue pour pouvoir mettre une barrière entre l'image qu'on se fait d'un usager de drogues avec l'image que je voulais donner de moi. Une image sérieuse qui sait ce qu'elle fait, et qui est très renseignée sur les produits utilisés.
Enfin je trouve que la recherche du fun n'est pas au centre de la démarche.
L'idée n'est pas spécialement de passer un "bon moment" mais plutôt un "moment enrichissant".
Ou la recherche de la beauté plutôt que de l'amusement.

7737P4R4

@Patinpon : "Ou la recherche de la beauté plutôt que de l'amusement. "

Pourquoi pas allier les deux ?
@7737P4R4 Oui effectivement j'aurais pu tourner ma phrase en ce sens Smile
Avant de commencer à répondre je préfère annoncer que je n’ai jamais pris de psychédélique.
Mais je vais quand même tenter de me lancer dans une définition du psychonaute, pour moi un psychonaute c’est quelqu’un qui pratique le psychonautisme. Jusque-là ça n’est pas très explicite. Mais pour moi un psychonaute ne peut pas être défini par des traits physiques et mentaux, un psychonaute c’est un individu qui appartient au psychonautisme, le simple fait d’appartenir à cette culture et de la pratiquer fait de toi un psychonaute.

Mais cela n’explique pas qu’est ce que le psychonautisme, selon moi le psychonautisme est l’ensemble des pratiques qui aliène l’automatisme. Je m’explique si l’automatisme force la personne à ne pas réfléchir et à simplement obéir le psychonautisme est tout le contraire car il promeut l’exploration de la conscience (ce qui est tout sauf un automatisme). L’un des antonymes d’automatisme est liberté, psychonautisme et liberté sont pour moi deux mots qui ont le même antonyme : Automatisme.

Liberté et psychonautisme ne sont donc pas des mots si éloignés, comparons ces deux termes, la liberté est selon Wikipédia : « on peut considérer la liberté comme un état où le sujet n'est pas l'objet de contrainte ». Le psychonautisme lui veut nous rendre libre en quelques sorte puisque par l’aliénation de l’automatisme c’est la contrainte de la monotonie que l’on abolie. Mais si la liberté a comme but l’absence de contrainte est-ce la même chose pour le psychonautisme ? Pour finir je dirai que le but du psychonautisme est de découvrir le soi et donc de se connaitre sans contrainte, le psychonautisme c’est découvrir le soi libre.
Très intéressant ce que tu dis sur le psychonautisme et la liberté. D'autant plus qu'en général on voit la drogue plus comme créatrice de contrainte que de liberté. 

(01/04/2021 18:02)Rzutnik29 a écrit : [ -> ]Mais pour moi un psychonaute ne peut pas être défini par des traits physiques et mentaux, un psychonaute c’est un individu qui appartient au psychonautisme, le simple fait d’appartenir à cette culture et de la pratiquer fait de toi un psychonaute.

Tu assimiles le psychonautisme à une culture. Pour toi la culture psychonautique ça serait la culture qui entoure les psychés dans laquelle on baigne maintenant? Donc celle qui a débuté Tim Leary, Aldrous Huxley et toute cette bande dans les 60s, pour continuer jusqu'à maintenant, plutôt laïque, scientifique (mais avec sa part de spiritualité). En gros un truc d' occidentaux éduqués qui se sont frottés aux psychédéliques? Par ce que d'un côté c'est assez cohérent comme c'est clair que c'est sans doute la seule culture qui s'appellerait elle-même 'psychonautique', mais d'un autre côté on est loin d'être les premiers ou les seuls à explorer notre esprit.
(01/04/2021 21:58)Skruffy a écrit : [ -> ]Très intéressant ce que tu dis sur le psychonautisme et la liberté. D'autant plus qu'en général on voit la drogue plus comme créatrice de contrainte que de liberté. 

(01/04/2021 18:02)Rzutnik29 a écrit : [ -> ]Mais pour moi un psychonaute ne peut pas être défini par des traits physiques et mentaux, un psychonaute c’est un individu qui appartient au psychonautisme, le simple fait d’appartenir à cette culture et de la pratiquer fait de toi un psychonaute.

Tu assimiles le psychonautisme à une culture. Pour toi la culture psychonautique ça serait la culture qui entoure les psychés dans laquelle on baigne maintenant? Donc celle qui a débuté Tim Leary, Aldrous Huxley et toute cette bande dans les 60s, pour continuer jusqu'à maintenant, plutôt laïque, scientifique (mais avec sa part de spiritualité). En gros un truc d' occidentaux éduqués qui se sont frottés aux psychédéliques? Par ce que d'un côté c'est assez cohérent comme c'est clair que c'est sans doute la seule culture qui s'appellerait elle-même 'psychonautique', mais d'un autre côté on est loin d'être les premiers ou les seuls à explorer notre esprit.

C’est vrai que ma définition pose un problème à savoir le début de cette culture comment a-t-elle commencer parce que oui tu as raison on (nous depuis les 60s) est loin d’être les premiers, les chamans l’ont fait bien avant nous.
Mais je prendrais un exemple pour clarifier mes propos, il se trouve que les inuits, habitant des régions arctiques, ont une société très différente de la nôtre tellement qu’on n’appelle pas ça société mais grégarité, et pourquoi ? car on ne peut pas les définir comme groupe parce qu’ils vivent en anarchie. Mais un problème se pose, Les inuits ne connaissent pas le terme anarchiste, ils n’en n’ont jamais entendu parler avant.

Est-ce que donc les Inuits sont anarchistes ?

Mais est-ce qu’il faut connaitre une culture pour y être inhérent ?  

Est-ce que les chamans peuvent appartenir à la culture psychonaute alors qu’ils ne connaissent pas ce terme ?

Pour moi la réponse a ces questions dépend de soi et de sa vision du mot culture.
Tu cherches une réponse universelle à des questions relatives. Il faudrait tourner la première question par exemple avec "est-ce que les inuits sont anarchistes à nos yeux?" et "est-ce que les inuits se sentent anarchistes?"
Et pour la première on répondra oui, et la deuxième faudrait leur expliquer le concept et voir s'ils trouvent qu'ils en font partie.
Pareil pour toutes les autres questions.
(02/04/2021 08:20)Rzutnik29 a écrit : [ -> ]
(01/04/2021 21:58)Skruffy a écrit : [ -> ]Très intéressant ce que tu dis sur le psychonautisme et la liberté. D'autant plus qu'en général on voit la drogue plus comme créatrice de contrainte que de liberté. 

(01/04/2021 18:02)Rzutnik29 a écrit : [ -> ]Mais pour moi un psychonaute ne peut pas être défini par des traits physiques et mentaux, un psychonaute c’est un individu qui appartient au psychonautisme, le simple fait d’appartenir à cette culture et de la pratiquer fait de toi un psychonaute.

Tu assimiles le psychonautisme à une culture. Pour toi la culture psychonautique ça serait la culture qui entoure les psychés dans laquelle on baigne maintenant? Donc celle qui a débuté Tim Leary, Aldrous Huxley et toute cette bande dans les 60s, pour continuer jusqu'à maintenant, plutôt laïque, scientifique (mais avec sa part de spiritualité). En gros un truc d' occidentaux éduqués qui se sont frottés aux psychédéliques? Par ce que d'un côté c'est assez cohérent comme c'est clair que c'est sans doute la seule culture qui s'appellerait elle-même 'psychonautique', mais d'un autre côté on est loin d'être les premiers ou les seuls à explorer notre esprit.

C’est vrai que ma définition pose un problème à savoir le début de cette culture comment a-t-elle commencer parce que oui tu as raison on (nous depuis les 60s) est loin d’être les premiers, les chamans l’ont fait bien avant nous.
Mais je prendrais un exemple pour clarifier mes propos, il se trouve que les inuits, habitant des régions arctiques, ont une société très différente de la nôtre tellement qu’on n’appelle pas ça société mais grégarité, et pourquoi ? car on ne peut pas les définir comme groupe parce qu’ils vivent en anarchie. Mais un problème se pose, Les inuits ne connaissent pas le terme anarchiste, ils n’en n’ont jamais entendu parler avant.

Est-ce que donc les Inuits sont anarchistes ?

Mais est-ce qu’il faut connaitre une culture pour y être inhérent ?  

Est-ce que les chamans peuvent appartenir à la culture psychonaute alors qu’ils ne connaissent pas ce terme ?

Pour moi la réponse a ces questions dépend de soi et de sa vision du mot culture.

Je suis ok pour qu'on parle de grégarité sur des colonies d'oiseaux, par contre je pense qu'il ne faut pas abuser, les inuits vivent bien en société. Ca fait bien longtemps que l'humanité vit en société à vrai dire. On aurait pu à la limite discuter du qualificatif de "civilisation", s'il était approprié ou pas, mais avec le monde moderne et la mondialisation, je suis même pas sûr que ce soit pertinent de les ramener/enfermer dans un mode de vie ancestral.

Ensuite pour répondre plus directement aux problèmes que tu soulèves, je pense qu'il faut surtout pas tomber dans le piège de la confusion de sens. Le terme "anarchie" peut avoir plusieurs significations, il y a toutes celles "du sens commun" qui sont utilisables en tant que propriété générale (l'anarchie comme synonyme de société égalitaire, ou chaotique pour les moins renseignés ^^'). A l'inverse on peut aussi utiliser le terme "anarchie" dans sa signification plus restreinte, théoriquement et historiquement circonscrite, issue du mouvement ouvrier, etc.
Le mieux pour pas que ce genre de confusion de sens advienne, c'est soit de préciser son propos pour rendre compte clairement à quel signification on se réfère. Ou à l'inverse on peut aussi choisir un autre mot.

Dans le cas du psychonautisme, je me trompe peut-être mais j'ai plutôt l'impression que c'est un terme dont l'usage perçu comme le plus légitime est celui d'une propriété générale, et non une référence à une culture historiquement et socialement déterminée (la notre, celle qu'on partage ici). Je parlerais plutôt de culture psychédélique, et de la psychonautique comme une pratique, l'action d'explorer sa conscience, de manière générale.

PS : D'ailleurs je précise mon avis concernant les inuits, les termes que j'utilise pour les caractériser reflètent des compétences générales en écologie/anthropologie/ethnographie, peut-être que je passe un côté d'une "nomenclature" spécifique qui aurait été utilisée par certains ethnologues pour parler des inuits, mais je ne pense pas.
(02/04/2021 12:15)Xochipilli94 a écrit : [ -> ]Je suis ok pour qu'on parle de grégarité sur des colonies d'oiseaux, par contre je pense qu'il ne faut pas abuser, les inuits vivent bien en société. Ca fait bien longtemps que l'humanité vit en société à vrai dire. On aurait pu à la limite discuter du qualificatif de "civilisation", s'il était approprié ou pas, mais avec le monde moderne et la mondialisation, je suis même pas sûr que ce soit pertinent de les ramener/enfermer dans un mode de vie ancestral.

Ensuite pour répondre plus directement aux problèmes que tu soulèves, je pense qu'il faut surtout pas tomber dans le piège de la confusion de sens. Le terme "anarchie" peut avoir plusieurs significations, il y a toutes celles "du sens commun" qui sont utilisables en tant que propriété générale (l'anarchie comme synonyme de société égalitaire, ou chaotique pour les moins renseignés ^^'). A l'inverse on peut aussi utiliser le terme "anarchie" dans sa signification plus restreinte, théoriquement et historiquement circonscrite, issue du mouvement ouvrier, etc.
Le mieux pour pas que ce genre de confusion de sens advienne, c'est soit de préciser son propos pour rendre compte clairement à quel signification on se réfère. Ou à l'inverse on peut aussi choisir un autre mot.

Dans le cas du psychonautisme, je me trompe peut-être mais j'ai plutôt l'impression que c'est un terme dont l'usage perçu comme le plus légitime est celui d'une propriété générale, et non une référence à une culture historiquement et socialement déterminée (la notre, celle qu'on partage ici). Je parlerais plutôt de culture psychédélique, et de la psychonautique comme une pratique, l'action d'explorer sa conscience, de manière générale.

PS : D'ailleurs je précise mon avis concernant les inuits, les termes que j'utilise pour les caractériser reflètent des compétences générales en écologie/anthropologie/ethnographie, peut-être que je passe un côté d'une "nomenclature" spécifique qui aurait été utilisée par certains ethnologues pour parler des inuits, mais je ne pense pas.

Quand j’utilise le terme « Grégarité » pour parler des Inuits c’est en aucun cas péjoratifs c’est uniquement ce qui décrit le mieux cet ensemble de personne, bon en réalité j’aurais dû dire que le modèle sociétal des Inuits est « anarcho-grégaire », mais ce terme est moins parlant, j’ai surement en voulant simplifier, créer un manque de précision. Mais « anarcho-grégaire » en tout cas est un terme utilisé par Charles Macdonald un ethnologue et anthropologue partisan du mouvement anarchiste. (Donc oui pour le coup je m’excuse de ne pas avoir préciser que je ne parlais pas de l’anarchie au sens commun mais au sens philosophique et politique.) Par contre justement leur façon de vivre s’oppose totalement à l’idée de société. L’opposition entre Socio-hiérarchique et Anarcho-grégaire est bien expliqué sur sa page Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Macdonald (Bien sur avant de dire ce que j’ai dit sur les Inuits j’avais préalablement lu son livre et vérifier les sources).

Après pour ce qui est de la définition du Psychonautisme je concède que ma définition est loin d’être parfaite, mais je continue de penser que le psychonautisme est une culture car pour moi il fait appels à des valeurs et surtout à des normes. Mais ton avis est très intéressant et m’as beaucoup appris, les avis divergent et je suis heureux que des personnes prennent le temps de discuter et de débattre sur ces sujets.