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Denis
(Psychonaute en devenir)


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Signature de Denis
The time has come for you to seek the path. Your soul has set you face to face with a clear light. And you are now about to experience it in its reality. Wherein all things are like the void and cloudless sky. And the naked spotless intellect is like a transparent vacuum. Without circumference or center. In this moment know yourself. And abide in that state. Look to the light. Find the light. Into the light.

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Titre du message Nombre de Likes
Mort et naissance dans un K-hole 6
Topic du message Nom du forum
Mort et naissance dans un K-hole Dissociatifs
Message
Bonjour à tous ! Voici mon premier TR. J'ai vécu une expérience transcendantale en traversant un k-hole. Je suis resté inconscient à peu près 5 minutes. Malgré un départ difficile, l'expérience a été très enrichissante et finalement merveilleuse.

Trêve de blabla :

Set and setting

Il est quatre heures du matin. C’est une soirée très chaleureuse dans la maison de mon petit frère (où j’ai résidé plusieurs années par le passé). Un de ses amis fête son anniversaire. Je ressors d’une séance de galipettes sous la couette d’une chambre à l’étage avec ma femme et mère de mon fils de 11 mois (laissé pour l’occasion à une de ses grands-mères). Elle va s’endormir et je redescends festoyer. Je me sens très bien.

Je connais bien la kétamine mais n’ai expérimenté qu’un seul k-hole lors de ma rencontre mal préparée avec cette substance fin 2016. Elle intervient sur un canapé après beaucoup d’alcool, dans une phase de remise en question profonde, avec des quantités pas du tout maîtrisées (RdR ReP). Résultat des courses : une dissolution totale de mon égo dans le néant et une dégringolade de mon être dans le non existant. Je suis terrifié. Je ne sais plus qui je suis ni si j’existe. Je me gerbe lamentablement dessus et perds connaissance après avoir vu l’univers se découper en tranches de possibilités dimensionnelles.

Depuis plane sur la quasi-totalité de mes trips sous K une angoisse de mort. Assez désagréable en soi mais fascinante malgré tout. Comme un nœud demandant à être dénoué. Je m’imprègne ces derniers temps d’extraits du livre tibétain des morts et autres ouvrages sur les Near Death Experiences.


La montée

Retour à la fête. Je suis dans le salon où l’ambiance est à la discussion. Après une première partie de soirée sous coke/MD et un tout petit bout de carton, il est temps de passer au dessert, avec de la special K au menu. J’ai arrêté de boire depuis plusieurs heures. La came m’est gracieusement proposée par un ami rencontré récemment, avec lequel j’ai la sensation de beaucoup partager malgré le peu de temps depuis lequel nous nous connaissons.

D’entrée, le ton est donné : on vise le trou ensemble. Des poutrasses de plus en plus épaisses, espacées d’une demie-heure chacune nous portent délicatement au bord du précipice. On tient encore debout pour l’instant. Dans la véranda, les potes s’enchaînent aux platines et envoient un son bien deep. Grosse montée. Je me mets à hurler « Père de famille ! », en rythme avec la musique.

Il est à peu près 7 heures quand ma femme, qui ne peut décidément pas se résoudre à dormir lorsqu’une fête se déroule sous ses pieds, nous rejoint devant les enceintes. Elle aussi veut sa part du gâteau.

On se balade, en équilibre sur la corniche. Les distorsions spatiales et lumineuses sont si intenses qu’il me semble voir à travers un trou de serrure. On est à deux doigts de ne plus pouvoir marcher. Il doit être près de 8 heures lorsqu’on décide d’aller se terminer dans La Barque (surnom affectueux laissé au canapé du salon, à l’époque où j’occupais une chambre dans la maison). Il reste quelques personnes autour de nous mais à ce moment là ne semblent plus exister que M (ma femme) et L (mon pote). Ca commence à vraiment déraper. Je perds pieds. Hallucinations anguleuses, pensées éclatées et translations en chewing gum. Petit détail : le L en question a élevé sa connaissance du produit au rang de « K-hole connoisseur ». Je suis donc en toute confiance lorsqu’il s’agit d’apporter la dernière poutre à l’édifice.


Première plongée

C’est parti ! On se niche au fond du canapé, serrés les uns aux autres. Je suis au milieu, mes bras passés autour des épaules de M et L. Fébrile, je sens poindre l’ombre de la mort. Nous nous serrons dans les bras avec L, nos deux corps se fondent presque l’un dans l’autre. En touchant ses cheveux, je ne parviens plus à discerner si ce sont les siens ou les miens, ni à qui appartiennent les mains, les épaules, les bras. Je me sens défaillir. Je les regarde l’un puis l’autre … merde, ça coince ! Je flippe ! Je rentre dans une boucle dont je ne ressortirai jamais et qui s’éloigne rapidement de ma réalité après s’y être brièvement confondue. J’ai fait le con putain ! Je me suis foutu dans une belle merde !

Je crie mon désespoir. M me dit plusieurs fois la même chose. Je sens son angoisse à elle aussi. Les motifs, angles et événements craquent et se répètent comme un disque rayé. Je chute, intègre la boucle comme mon unique réel. Je lui appartiens et j’ai maintenant le sentiment de n’avoir vécu ma vie que dans ce court instant inlassablement répété, dans lequel il m’a été offert un aperçu bref mais exhaustif d’une réalité parallèle complète, celle de ma vraie vie. La boucle prend le dessus, écrasant les restes de mon existence tangible. Je suis dans le noir. Je glisse à terre et enfouis mon visage dans les genoux de L.

« J’ai peur. J’ai peur », sont les dernières paroles que je parviens à lui adresser. Je sens encore ses mains et celles de ma compagne m’enserrer. Je crie de terreur maintenant. Dans le noir, j’aperçois une couronne composée des bras entrelacés de mes proches. J’y plonge tête la première. La sensation se fait tout d’un coup agréable, rassurante. Je sens mes amis et ma famille m’enlacer alors que je traverse la couronne faite de leurs bras, qui se prolonge maintenant dans une forme de puits. Sur ma droite, un tissu biologique compile et retrace l’ensemble de mes souvenirs. Mais je n’ai pas le temps de l’examiner. Ça y est, je vais mourir, me dis-je. J’ai déjà beaucoup moins peur et parviens presque à accepter l’idée de ma disparition. Ne persiste que la tristesse de quitter ce monde et mes proches si tôt. La voix de ma femme me guide : « N’aies pas peur mon amour, avance vers la lumière ». C’est la dernière ligne droite. Passée la couronne, je vois au milieu d’un paysage de nuages clairs un miroir au tain liquide et aux armatures dorées.


L’enfance et la mort

Je suis à présent un nourrisson et je franchis les derniers mètres qui me séparent du miroir en sautillant gaiement. Je n’ai plus peur, je gambade vers ma fin avec confiance et détermination, presqu’avec hâte. Les motifs éclatés recommencent à s’unir. Les portions dissociées de mon existence, provenant de derrière moi à grande vitesse, viennent maintenant se calquer et se superposer aux images de ces derniers pas (ou sont-ce les premiers ?). Les ultimes détails s’ajustent avant le grand saut. « Oui ! », je m’exclame.

Je plonge ! Je vais me fondre dans l’univers. Mon corps d’enfant saute et opère une légère rotation avant de pénétrer le miroir posé à plat . « Oui ! », à nouveau « Ça y est ! ». Je rentre en lui délicatement, avec un mouvement de bascule. Je me sens baigné dans la sérénité et l’amour. La dernière partie de mon corps à intégrer le reflet est la jambe droite. Elle opère une forme de pirouette, du genou au pied en passant par la cheville, avant de disparaître à son tour. Ce mouvement, c’est la signature de l’univers, un dernier pied de nez rieur et enfantin à la vie telle que nous la connaissons. Des gouttes d’eau sont projetées en l’air à la surface du miroir et retombent par trois fois. « J’ai réussi !! J’ai réussi ma vie ... » et sûrement plus encore ma mort.


La renaissance

Quelques secondes d’obscurité tranquille et j’ouvre les yeux devant les visages radieux et souriants de M et L. Ils ne m’ont pas lâché une seconde, ils me soutiennent. « Je ne suis pas mort ? », je leur demande. « Non. Ne t’en fais pas, tout va bien. C’est terminé ». Je suis abasourdi et repose plusieurs fois la question, malgré tout pas mécontent et pour le moins soulagé de remettre à plus tard cette funeste rencontre.

D’agenouillé au sol, M et L me racontent plus tard que j’ai bel et bien plongé tête la première … dans le canapé. Après avoir enfoncé mon visage dans les coussins (la traversée de la couronne), j’ai effectué une roulade me replaçant allongé sur le canapé (la plongée dans le miroir). Détail troublant : mon pied droit (celui qui a intégré le miroir en dernier) est placé bien haut sur un mur bordant le canapé, ma jambe presque tendue à la verticale. Mes deux anges gardiens (et une partie de la maison endormie) m’ont aussi entendu : les cris de terreur d’abord, puis les exclamations (« Oui, oui, j’ai réussi »).

Il me faut quelques moments pour sortir du songe. Je n’arrive pas à mettre des mots sur ce qui vient de m’arriver. Mais ça ne me lâche pas. Je veux me souvenir ! Au moment d’aller dormir, cette pensée me saisit : je ne suis pas seulement décédé durant l’expérience. J’ai également été mis au monde. Et j’ai été, l’espace d’un instant et simultanément, un enfant, un homme et un père.

Peace


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