Trip report - Golden teachers - 3,5g
#1
Voici le trip report du mardi 13 juin 2017.

Personnes en présence: G, ma petite amie, et N, un ami de passage.

Dosage: Environs 11 à 12g divisés en trois, soit approximativement 3,5g pour G et moi et 4g pour N.

Mixés puis consommés dans un yahourt de soja nature.

Heure de la prise: Vers 15h40, les doses sont avalées à 16h.

Lieu: Appartement, puis rues adjacentes et centre-ville. Banlieue parisienne proche nord-ouest.


Ambiance musicale: [URL="http://www.youtube.com/watch?v=y1s-ZOf9CKs&index=18&list=PLGpgJlu1M3acrN2bSvQsKNMVeOIG_bj2e"]Playlist maison "Shroom party"
[/URL]

L'ingestion, est comme à chaque fois, une épreuve. La nausée m'assaille à chaque cuillerée de yahourt chargé de champignon secs mixés. Comme à chaque fois, j'ai l'angoisse de m'infliger ce goût atroce pour ne rien ressentir au final. Je doutais de la potence des champignon du fait de leur stockage prolongé, malgré les précaution d'usage (tupperware bien fermé, stockage à l'abris de la lumière + billes de silicate.
Je ressens les premiers effets vers 16h20. L'effet que j'appelle le "woom", cette sensation de gravité augmentée une fraction de seconde, avec une sorte de dézoom sur l'environnement, très bref.

Mes camarades ressentent également les premiers effets. L'ascension se fait assez fulgurante. Je pensais me mettre dans un trip plus "merveilleux", ce que j'appelle les "trip régressifs" où je me sens comme un enfant qui s'émerveille de tout, finalement j'ai pas cherché après les visuels, présents mais j'étais pas dans le mood contemplatif. C'est plutôt ce que je cherche à atteindre lors de mes trips. C'est la première fois que je fais un trip concerté avec plus de deux personnes, j'imagine aisément que ça a considérablement orienté mon trip, comme une attache à la réalité doublé d'une complicité de l'instant.

Rapidement, les effets corporels s'installent. J'ai la chance de ne pas subir de nausées désagréable, jamais. Je suppose que je paie déjà mon tribut à l'ingestion, rendant la nausée négligeable. Je ressens le trip dans les cuisses, comme une tension, et l'environnement commence à "respirer". C'est le moment où je commence à bailler et soupirer d'aise.
C'est là, c'est bien là. Je suis rassuré sur la potence des champignons et je me détend afin de profiter de la montée.
Je ressens l'euphorie habituel, la pression qui baisse. je commence à envisager sereinement la suite du voyage. J'observe mes camarades, on a tout les trois les yeux mydriasés, larmoyants.
J'essaye de rester cohérent, je me force à adopter un ton sérieux sur les observations des effets, mais une boule d'émotion monte rapidement dans mon ventre. J'exhale quelque chose entre râle et soupir d'aise. La moindre phrase prononcée par chacun d'entre nous se finir en fou rire. Il ne doit pas être plus de 16h30. La notion du temps se dilue, toute les estimation temporelles sont à titre indicatif.
C'est à ce moment que je bascule vraiment dans ce que les champis ont décidé pour moi: je m'attendais, souhaitais un trip merveilleux et introspectif, mais les conditions l'ont clairement orienté vers un mode social que je n'avais pas encore expérimenté. J'avais un besoin irrépressible de faire des blagues, toutes les réflexions qui me passaient par la tête me semblait drôle et pertinente. J'ai du mal à me rappeler les déclencheurs de ces réflexion, mais il me semble que le lapin y a beaucoup contribué. De mon point de vue, le lapn était juste... rigolo. Rond, poilu et rigolo, avec son intense regard de lapin rigolo. Je crois que ça n'allait pas plus loin que ça.

Et puis arrive l'anecdote du didgeridoo, déclenchée par ce qui semblait être un réflexion partagée sur la qualité de la musique du moment, qui accompagnait parfaitement l'ambiance. J'ai raconté la légende du dieu aborigène, qui, tombé dans un trou, souffla dans son pénis pour appeler à l'aide. C'est nul mais cette légende m'a toujours amusé. C'était le moment idéal pour la ressortir.
A partir de là, je crois que ça a commencé à s'emballer dans ma tête. Mes vannes fusaient, faisaient rire mes camarades; j'entrais dans un cercle vertueux où mon esprit se nourrissait des rires, m'encourageant à continuer à vanner. Je me suis découvert un "talent" comique, que j'ai parfaitement assumé. Un aspect de ma personnalité que je ne sort jamais, que j'ignorais même. j'ai bien eu des comportement similaire avec l'alcool, mais rétrospectivement, je me suis toujours trouvé beauf et indigne, comme une surcouche factice d'amuseur, là où les psilos m'ont donné l'impression de gratter la couche de retenue, révélant une facette de moi non assumée le reste du temps.
Après coup, c'était sans doute simplement la manifestation d'un lâchage de pression accumulée depuis plusieurs mois. Sans doute un besoin de "communier", de partager à travers une émotion simple et bienfaisante comme le rire. J'insiste sur ce point car, étant coutumier des crises de fou rire lors des précédents trip, c'était ponctuel et inhérent aux champis, jamais ça n'était devenu la "couleur dominante" du voyage. A présent je ressens vraiment cette phase comme un exutoire nécessaire, même si ça m'a mécaniquement éloigné de la contemplation et des visions. Je n'en ressens aucune frustration, comme si c'était un choix nécessaire, comme si j'avais simplement choisi la voie que les champignons avaient choisi pour moi.

L'heure tourne... mais je m'en fiche. Comme d'habitude, le temps est une donnée malléable, peu fiable, voire carrément sans importance.
J'ai du mal à tenir en place. Les jours précédent, j'avais anticipé cette envie de sortir découvrir le vaste monde qui me prend à chaque trip, mais que je n'avais jamais réalisé dans ces conditions. Cette fois, j'avais des compagnons, et l'envie de sortir s'en est trouvée décuplée. Heureusement, Nihil me rappelait régulièrement à l'ordre, préférant laisser passer la feu d'artifice d'hilarité. Je prenais mon mal en patience. Je constate avec surprise que je n'ai pas une once d'anxiété à l'idée de sortir, là où, même sobre, je n'ai aucune appétence particulière pour les promenades,surtout en ville.

Nous avions prévu d'aller juste au bout de la rue dans un petit square, litéralement à 200m de l'appartement. Un square toujours désert. Mais ce jour là...

Horreur. On aurait dit qu'on passait au milieu d'un tournage de film, ou d'une énorme caméra cachée focalisée sur nous trois. Il devait y avoir une sortie scolaire le jour même parce qu'on a vu des hordes de gamin en t-shirt bleus "Ecole Simone Veil", il en sortait de partout, nous on essayait de rester focus, et ça nous glissait dessus mais on avait vraiment le sentiment que c'était FAIT EXPRES pour nous.
Nous abandonnons l'idée de se poser près d'un arbre. Trop de gens, trop de regards, je n'étais pas angoissé du tout mais clairement contrarié de ce changement de plan.
Il a eu, en remontant vers la maison, quelques belles images, notamment celle d'un jardin privé magnifique, foisonnant, ombragé. Avec une pointe de frustration dans le ton, je dis que c'est exactement ce dont j'aurai eu envie sur le moment. Je ne m'attarde pas sur ce sentiment, et décide d'aller de l'avant.
Nous décidons (vraiment?) de tenter notre chance plus loin, vers le square jouxtant la mairie.

Je connais bien la route, ce sont des trajets habituels, donc je n'ai à aucun moment l'angoisse de me perdre ou je ne sais quoi. Malheureusement, je suis rendu compte après coup que c'est aussi le moment où la contrariété ressentie (plus proche d'un caprice d'enfant que d'une réelle déception) a cassé la cohérence de mon trip. Pour moi, me poser dans un petit parc, en pleine lumière semblait être un but en soit, je n'avais à aucun moment prévu que ça pouvait se dérouler autrement. Ca m'a brièvement amené à ce que les psilo m'avait déjà fait entrevoir: ma difficulté à lâcher prise, à apprécier l'imprévu, un problème de "contrôle", ni plus ni moins, générateur de frustration si tout ne se passe pas un minimum comme je le voulais.

La route vers la mairie me semble longue, tout en ayant l'impression de voir défiler la rue autour de moi à une vitesse anormale. Comme si je marchais à ma vitesse habituelle, mais que les trottoir étaient des tapis roulants.
Ca devient difficile. Je suis dans le contrôle, je sais que N et G me suivent et je me dis qu'ils comptent sur moi pour la suite des événements. Je guide.
Je m'attendais à ce que les champignon adoucissent l'extérieur, mais le volume sonore urbain, particulièrement au moment de travers une route très fréquentée (en plein heure de pointe, qui plus est), les moteurs, les klaxons... sont autant de micro-agressions. Pour autant, je parviens sans difficulté notable à les laisser glisser sur moi.

Nous arrivons au parc. La densité de gosse est telle que N évoque une fourmilière. Nous nous posons sur un banc. La vue est absolument pathétique. Un sac à dos abandonné à ma gauche, une poussette sans surveillance à ma droite... Je n'aime pas ça. Je dis à haute voix que je ne le sens pas, que je ne sais pas ce qui va exploser le premier. C'est une blague, je n'ai pas de parano latente, mais n'empêche, ça ne me plaît pas. Il n'y a aucune beauté à laquelle me raccrocher.

Trente secondes plus tard, nous décidons d'un "rapatriement d'urgence". Le retour prend presque la forme d'une aventure épique. Du moins, pour mes compagnons. Etant toujours dans le contrôle, j'ai la "responsabilité" de les conduire à bon port, alors je trace. Pour autant, je ne suis pas inquiet de l'état des camarade; ils semblent bien, suivent le mouvement, je sais que nous sommes proches de la maison et que je n'ai pas à m'inquiéter. Sur la route, nous partageons encore tout les trois cette impression que tout le monde s'est donné rendez-vous pour nous. Pile ce jour là. A cette heure là. Une succession de sketch de rue, notamment les quelques lycéens faisant le mur pour, semble t-il, refaire le portrait d'un copain. Aucune idée. Juste un truc rigolo.
La route semble s'étirer sous nos pas, une sensation que je trouve assez normale étant donnée la succession de lignes droites sur ligne droite... c'est presque monotone, comme passer à travers le train fantôme, mais sans le fun. Juste un train fantôme pourri, sans virage, sans relief.

Une fois à la maison, à la fois le silence était agréable, mais la lumière paraissait bien morne, un peu sale... la cohérence de mon trip était rompue, j'étais tellement dans l'optique de poser un cul à côté d'un arbre que forcément, c'était contrariant. On a comaté silencieusement avec de la musique, Garance déclare avoir décroché. Moi-même, je sais que le coup de pompe me guette.
Je suis dans ce moment typique où je ne savais pas si j'avais envie de calme ou de stimulation. Ce moment ou le plus gros du trip est derrière, et que je suis dans un entre-deux que je ne sais pas encore gérer ou apprécier pleinement.
Et puis, la faim, que j'ignore sans problème pendant le trip, se rappelle à moi. Pour moi, c'est le signe évident de la descente bien amorcée. J'envisage sérieusement de faire à manger, mais je sais que ça va être laborieux. Je penche sur des pâtes avec du pesto, point barre. Moment d'émerveillement en débouchant l'huile d'olive, avec ce bec verseur télescopique. Absolument amazing. Les pâtes sont prêtes. Il y a en trop, je peine à finir mon assiette.

Nous décidons de mettre un film, Planète Sauvage. Mon état semi-assoupi et encore tripé me le fait grandement apprécier. A aucun moment il ne m'éjecte, à aucun moment je ne m'ennuie. Je me rend compte que le visionnage d'un film comme ça aurait pu être difficile à appréhender au plus fort du trip, et que la descente est le meilleur moment pour ça. Je le saurais pour les prochaines fois.

Il est pas loin de 23h, je pense. Tout le monde a un coup de pompe. Il est temps de raccrocher. Nous installons la couche de Nihil puis filons dans la chambre.

Là, c'était vraiment bien, dans la pénombre de la chambre, à papoter avec G, brise fraîche, silence... c'était apaisant, mais comme d'hab, un mal fou à m'endormir.
Levés vers 9h30, la tête dans la cul et un peu mal à la tête, comme souvent après un gros trip. Difficile de ressentir les effets positifs, l'inertie du trip en quelque sorte, dès le lendemain. Mais le surlendemain, je me suis plus équilibré, j'ai un peu plus d'énergie, mon humeur est stable et bien plus sereine que d'habitude.

Bref, en résumé, j'attendais un trip différent, les psylos ont décrété que je serai en mode social-pouet pouet, j'ai pris comme ça venait, et étrangement avoir été le rigolo de service ça m'a pas déplu. C'est tellement en décalage avec mon moi habituel que ça avait quelque chose de rafraîchissant. Je pense que personne ne m'a jamais vu dans ce rôle, même bourré. Parce que bourré je fais des blagues de merde pas drôles. Là j'avais des fulgurances desprogiennes sur tout et rien, limite je regrette de pas avoir de vidéo. Ca nous a fait secréter un quantité phénoménales de fluides corporelles, hypersalivation, yeux larmoyants, nez qui coule... ça, plus les fou rires qui n'aident en rien... Mon seul regret c'est que la sortie ai un peu cassé mon fil directeur de trip, j'ai pas vraiment réussi à raccrocher les wagons une fois revenus à l'apart, comme si j'avais plus l'énergie pour.
Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien de ce trip, je suis plus surpris de la tonalité qu'il a pris, comparativement à mes expériences passée et l'inévitable attente de "quelque chose" en particulier. Ca a été un trip plutôt énergisant, plein de bonne humeur et de positivité, et je me rend compte que les psilocybes apportent généralement ce dont on a besoin, et pas forcément ce qu'on attend.
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#2
Milgram a écrit :
Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien de ce trip, je suis plus surpris de la tonalité qu'il a pris, comparativement à mes expériences passée et l'inévitable attente de "quelque chose" en particulier. Ca a été un trip plutôt énergisant, plein de bonne humeur et de positivité, et je me rend compte que les psilocybes apportent généralement ce dont on a besoin, et pas forcément ce qu'on attend.


Justement, le secret c'est de ne rien attendre de particulier, de ne pas intellectualiser un Trip à venir n'existant pas encore. Les champotes, effectivement, a mon sens, comme tu le dis t'apporte ce dont tu as besoin. Pour moi c'est clairement un outils de développement personnel plus qu'un pure produit récréatif même si l'on ne peut ignoreret apprécier cette dernière qualité.

Pour ta prochaine fois, je te conseille, de sortir de Paris pour aller te faire un trip en pleine nature, loin, loin de toute pollution civilisatrice, le voyage n'en sera que de meilleur qualité.

Take care Wink
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#3
Ouais, j'ai compris que plus on attend quelque chose d'un trip, plus le risque de déception est grand. Sur ce trip là, je m'attendais à rien de particulier, à vrai dire je m'attendais à la limite à ce que les champis ne soient plus très actifs. Je disais simplement que d'habitude, mes trips sont plutôt "merveilleux" et que j'ai été surpris d'entrer en mode comique pouet pouet. Mais à aucun moment je n'ai été déçu de l'intensité de la chose, juste surpris de pas avoir un trip "habituel".

Le trip en nature, évidemment je l'envisage mais ça demande une logistique particulière, je préfère la sécurité et je me vois mal aller en forêt à l'autre bout de l'Ile de France en transport, faire mes affaires et rentrer (le choc des transport alors qu'on a passé un bon trip risquerait de ternir l'ensemble). Je réserve les trips natures pour les WE chez les copains campagnard, au moins j'ai tout: la sécurité, le confort, et évidemment l'accès la nature. Smile
Pour mes trips ici, j'ai la chance d'être dans une ville plutôt agréable. Je suis ne nature anxieuse à la base, et sortir, quel qu'en soit le prétexte, est toujours assez pénible, c'est pas une corvée mais pas loin. Mais sous champis, toute cette anxiété a disparu sans pour autant faire de moi une tête brûlée comme l'alcool peut le faire. Du coup je pense que je retenterai la ballade dans ma propre ville, en espérant ne pas tomber un jour de sortie scolaire Big Grin C'est ma faute, j'aurais dû mieux préparer le terrain et le programme, penser à un vrai plan B, là c'était pas le cas. Maintenant que je sais que 1 - je n'aurais pas d'anxiété à sortir sous champis et que 2 - j'ai désormais conscience de ce que peut faire vivre une expédition de ce type, je sais que la prochaine fois sera bien meilleure Smile
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#4
Cool les analyses du Tr, pour les ballades en ville je te conseille des sorties nocturnes, à partir de 23h minuit il n'y a plus grand monde si t'es pas dans une trop grosse ville, et en évitant le centre tu peux profiter sans être déranger par une présence humaine.

Bon par contre plus tu t’habitues à être seul, plus le contact social devient dur pendant et après le trip.
Le Plus Appelle Le Plus
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#5
La suite, le point de vue de ma petite amie sur le même trip:


Nous sommes 3, moi, mon copain et un pote à lui, bien décidés à prendre des champis cet après-midi.
Il est pas loin de 16h.
Nous sommes à jeun.
Je me dis que s'il se passe quelque chose nous sommes chanceux, les champignons traînent depuis longtemps et ils ne feront peut-être plus d'effet.
Nous prenons dans les 3,5 gr, non sans l'envie de dégueuler typique, même mélangé au yaourt de soja nature, et puis nous mettons une playlist sur youtube, faite exprès par mon copain, qui s'appelle Shroom Party.
C'est bourré de trucs dub, dubstep, psyché.
On est là, on attends, on déconne, on fume des clopes.
Puis, je ne sais pas exactement à quel moment, je commence à me sentir bizarre, mes mains sont extrêmement moites et brûlantes, je me mouche sans arrêt, on commence à sortir beaucoup de conneries et à se marrer comme des bœufs.
Je commence à triper sur les dessins de la table basse, qui bougent pas mal.
Je me cale au fond du canapé, qui d'un coup me paraît immense.
Parfois les meubles de la pièce me semblent s'être vachement éloignés, mon copain se dédouble, le lapin aussi.
D'un coup je trouve que tous les objets roses/violets de la pièce se détachent du reste.
Je me marre, la pièce est différente de d'habitude, tout bouge, change de place, on se marre beaucoup, mon copain n'arrête pas de sortir des vannes, j'ai carrément tendance à morver quand je ris c'est un peu sale.
Je décide qu'il est temps d'aller pisser, je me rend compte que c'est franchement compliqué.
Une fois sur les chiottes je me dis que je suis partie loin, puis je regarde mes mains, elles sont vachement osseuses d'un coup, je trip dessus un moment.
La pièce est peinte en rose (merci les anciens locataires) et je trouve ça très violent.
Je met mes mains sous l'eau, c'est particulièrement agréable, l'eau me coule sur les mains, je la laisse faire, c'est presque vivant.
Je reviens dans le salon, j'ai l'impression d'être dans cet état depuis une journée au moins, en fait je ne sais pas, je ne sais plus, le temps est totalement déformé.
Mon copain veut sortir, je prends mes baskets.
Elles sont bizarres, le lacet... c'est n'importe quoi on dirait qu'il y a 1000 nœuds, je bloque dessus, j'essaye de les défaire mais impossible, je me rabats sur mes bottes.
Là aussi je galère un certain temps avec les lacets qui me semblent se foutre de ma gueule.
Une fois les bottes mises je me sens très serrée dedans.
Je fume une clope, que je ne sens plus du tout au bout de mes doigts.
Visiblement il est temps de sortir, je retourne pisser avant, puis je galère à savoir ce que je dois prendre, ma sacoche, mes clefs, mon portable (que je suis bien incapable d'utiliser mais bon). C'est très compliqué, je comprends plus rien, ni l'heure qu'il est, ni quel jour on est, ni quel est le but, mais ça me paraît être une aventure extraordinaire.
Il fait sombre et lumineux en même temps, tout est si beau par rapport à d'habitude.
Les 2 autres sont déjà sur le pas de la porte, je vérifie une dernière fois que nous avons les clefs dans un éclair de lucidité.
5 étages à descendre, je ne sens plus mes jambes, je ne sens plus vraiment mon corps. C'est très long, j'ai l'impression de ne pas être dans les escaliers de mon immeuble mais dans un nouveau monde inexploré, je me sens comme une gosse dans un jeu de rôle, je me marre.
Il y a des plumes sur les marches, plus on descend plus il y en a, et ça me donne l'impression qu'on va rentrer aux enfers, mais je trouve ça cool, je n'angoisse jamais.
Nous arrivons dehors, il fait chaud et ensoleillé mais ça ne m'agresse pas, au contraire je suis bien. Je sens le vent chaud sur moi, j'ai l'impression de glisser au lieu de marcher, tout est agréable, beau, simple.
Je suis mon copain, nous allons dans les petites rues autour de chez nous, C'est blindé de grands jardins privés et de grosses maisons.
Je découvre tout cela avec émerveillement, le trottoir et la route par contre sont très bizarre, très abîmés, comme arrondis, et je le vois puissance 1000.
Nous arrivons au parc ou nous devions nous poser, il est blindé de mamans avec leurs enfants, mauvais plan.
Il fait très chaud, il y a trop de monde, on repart dans l'autre sens.
Je me sens vraiment ailleurs, mais c'est très agréable.
Une petite fille nous lance un regard chelou, je ris dans ma barbe inexistante.
Nous prenons une rue qui d'un coup me paraît merveilleuse, on s'arrête devant un jardin privé qui me semble tout droit sorti d'Alice au Pays des Merveilles.
Je bloque complètement, c'est magnifique, je sais que si je pouvais rentrer là, je le ferais.
Mon copain prends une fleur et bloque dessus, de mon coté je lui demande si c'est toujours aussi magnifique habituellement.
On repart, puisqu'on sait qu'on ne peut pas y entrer.
On traverse la rue qui mène à l'appart, d'un coup je suis sous un rayon de soleil et ça me fait un bien fou, je suis en mode hippie je crois et je me dis que peut-être ça pourrait me faire pousser.
Je me marre d'être si défoncée.
On arrive devant l'entrée, et je ne sais qui a l'idée saugrenue que nous allions à la mairie.
Je ne me pose pas de questions, c'est l'aventure, je suis.
à un moment je me dis que le but ultime de nos vies à ce moment précis est d'aller à la mairie. Je n'ai toujours aucune notion du temps, cela fait peut-être des jours que nous sommes dans cet état, ça ne m'angoisse toujours pas.
Je ne comprends pas bien le chemin que l'on prends, ce n'est pas grave je suis.
Je bloque sur la manière de marcher de notre pote présent, je me demande s'il marche de manière très... droite ou si c'est moi.
Mon copain me tend la main, nos 2 mains sont brûlantes, je ne la tiens pas longtemps.
Des enfants avec des t-shirts Simone Veil popent de partout comme dans un jeu vidéo, c'est hyper bizarre, ça me fait marrer.
Nous arrivons au parc de la Mairie, au bout de je ne sais combien de temps, je ne sais même plus ni pourquoi on est là ni quel est ce parc.
Tout est tellement différent, merveilleux, un peu flippant.
Il y a un jeu avec des enfants, plein, trop, beaucoup de gens, c'est très étrange, on dirait qu'ils se sont donnés rdv pour nous.
Nous nous posons sur un banc, à défaut de mieux.
On blague sur le fait que c'est pas forcément l'endroit parfait pour tripper, et qu'il y a un bébé à notre droite.
Je commence à avoir soif, le pote flippe un peu de tout ce monde, on se demande pourquoi on s'inflige ça, on repart.
Il y a de plus en plus de monde et de bruits dans les rues, de plus en plus d'enfants avec les t-shirts Simone Veil, on dirait une secte, on dirait qu'ils sont là pour nous.
Mais tout me coule dessus.
Je ne comprends plus rien aux trajets qu'on fait pour rentrer alors que c'est mon quartier.
J'ai l'impression de faire ma rue 2, 3 fois, alors qu'on y est pas encore.
des ados escaladent une palissade pour parler à leurs potes, plus rien ne me touche, c'est juste un spectacle, comme un film ou toujours un jeu vidéo.
Nous sommes enfin dans notre rue, mais ce n'est pas la fin, elle me parait longue, extrêmement longue, comme si elle se rallongeait au fur et à mesure qu'on avance, on se fait la réflexion avec le pote.
Une fois de retour à l'appart je le trouve froid et gris.
Je redescend doucement, c'est pile le moment ou je me demande ce qu'il faut dire/faire, ça me stresse un peu. Personne ne dit rien, le soir tombe.
Je regarde le lapin, il est encore un peu dédoublé.
Puis plus rien, trip fini.


On a prolongé en regardant La Planète Sauvage, qui est bien dans le ton.
Le lendemain j'ai dû bouger dans une autre banlieue loin en transports.
Moi qui suis d'habitude très angoissée par les transports aux heures de pointe, j'étais très calme, absolument pas tressée.
Je crois que ce trip m'a fait un bien fou.


Vivement la prochaine.
Et si possible dans un endroit plus boisé.

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#6
Laura Zerty a écrit :Cool les analyses du Tr, pour les ballades en ville je te conseille des sorties nocturnes, à partir de 23h minuit il n'y a plus grand monde si t'es pas dans une trop grosse ville, et en évitant le centre tu peux profiter sans être déranger par une présence humaine.

Bon par contre plus tu t’habitues à être seul, plus le contact social devient dur pendant et après le trip.


Ouais, j'y songe à sortir la nuit, après le truc c'est que je me rend compte de l'impact de la lumière sur mes trips, du coup, la nuit.... je sais pas, ça se tente, ça coûte rien. De toutes façons j'étais dans l'optique de prendre les shrooms plus tard dans la journée la prochaine fois, afin de voir le coucher du soleil Smile
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#7
Le coucher de soleil c'est magique ! lorsqu'il y a des nuages pour donner de la profondeur de champ dans le tableau, tu peux t'inventer des mondes incroyables !

Si la lumière joue beaucoup sur les effets du trip en journée, le contraste clair obscur avec les jeux d'ombre la nuit est tout aussi kiffant. Autant j'apprécie un bon trip en journée dans une campagne verdoyante ou sur le bord de mer, le soleil faisant ressortir la puissante intensité de la nature, des forces végétales, des tensions minérales et des courants aériens et marins, autant lorsque je suis en ville je préfère un trip de nuit. L'environnement parait moins crade et il y a une touche de fantastique à chaque croisement de rue, avec toutes les projections des halos lumineux sur les angles et recoins des maisons ou des bâtiments. J'aime bien y trouver des perspectives intéressantes Big Grin
Le Plus Appelle Le Plus
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#8
Super que ta copine nous fasse partager sa propre expérience, ce seraît cool que votre pote partage le sien.

ça grouille de marmots qui portent un tee-shirt "Simone Veil"...^^
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#9
Trop cool vos partages croisés du même trip. Une belle perspective des points de vue lors d'un trip grâce à vos Tr.

Merci
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