L'esprit de la montagne
#1
TR : un lieu magique ?


Je vais vous écrire un petit tr (aha la blague) en trois temps: parce qu’il y a eu trois type marquant et assez liés les uns aux autres, je pense qu’ils ne sont pas séparables; mon témoignage doit donc être ainsi fait.


Tout commence l’été 2014, où mes pensées se dirigent vers quelques chose d’assez particulier. Cela faisait des années que je ruminais mes envies de voyages à pieds et c’est cet été là que je pris la décision de traverser la france by feet, avec mon sac à dos et ma tente. L’idée exclu l’auto-stop mais n’exclu pas les arrêts chez des personnes susceptibles de m’accueillir.
Au cours de cet été j’ai rencontré Doubi, pas vraiment du genre aventurier ni très débrouillard; pourtant celui-ci me fait part de son envie de faire parti de l’aventure. Bien sur c’est oui qu’il eu en guise de réponse de ma part. Il habite à Tours, je le rejoindrais donc là bas, ce sera notre point de départ à tout les deux… à tout les deux ? Non, tout les trois. En effet deux semaines avant de rejoindre Doubi, François qui revenez de saison en Corse entend tout ouïe le récit de notre projet et décide sans trop se prendre la tête de venir avec nous. C’est donc à trois que nous partirons.


Nous avons marché un mois durant avant d’atteindre notre premier « check point »; un arrêt wwoofing dans une petite ferme bio en Creuse.
Nous sommes à ce moment au mois de novembre. Des champs à perte de vue s’accrochent aux paysages vallonnés, les montagne du massif central ne sont pas loin. Nous somme en altitude même si ce n’est pas de grand chose.




1er trip : A la recherche du champ de foire :


« champs de foire », c’est le nom que nous avons donné aux champs susceptibles d’accueillirent le mycelium nécessaire au développement de champignons magiques. Nous avons cherché durant plusieurs jours sans trouver quoi que ce soit. C’est à la fin de notre séjour que nous tombons sur une Cinquantaine de champignons que nous nous partageons le soir même avec François (Doubi ne prend pas part à ce voyage, pas cette fois).
Le voyage fût court, et d’une certaine façon moyennement intense. Je ne m’attarderai pas dessus. Si ce n’est sur ce moment où les yeux fermé se dessinent devant mois un gouffre où des créatures qui me semblent magiques se meuvent aux rythmes de mes pensées. JE les vois précisément; constituées de fils verts et de kaléidoscopes tout aussi vert. Ces créatures sont d’une beauté à couper le souffle. Je les admire un moment avant de décrocher. La suite : Beaucoup de rire. La dose n’était pas assez haute pour s’immerger totalement.






Second trip : Un lieu magique; l’appelle de la montagne.


Armé de nos cartes IGN et de nos boussoles nous partons de la Creuse direction le massif central qu’il nous faudra traverser. Nous marchons il me semble une quinzaine de jours environs. En Quinze jours nous avons traversé la Creuse, et le puy de Dôme en coupant par les cols.
Le 20 décembre nous arrivons dans le désert vers du Cézallier; frontières naturelle entre le puy de dôme et le Cantal. Cette endroit est balayé par les vent les plus violents de France : à perte de vue les montagnes arrondies par le temps se dressent fièrement devant nous. Le vent, durant des années les à nettoyer de tout arbres ou arbustes voulant y nicher. Des monts, et de l’herbe… du vert, et encore du vert, jusque par delà l’horizon.
Le premier soir nous trouvons un lieu à l’abandon. C’est un vrai dépotoir où les gens du village semble jeter ce dont ils ne se servent plus (vieux matelas, meubles, magazines, jouets et j’en passe). Il est temps de déplier la carte. C’est à l’abri, à porté d’un feu crépitant dans un baril découpé sur place que nous choisissons le chemin à empreinter. Nous allons quitter la route et couper à travers la montagne, petite grimpette jusqu’à 1400 mètres d’altitude. Nous passons une soirée agréable au coins du feu. Mangeons, fumons un peu d’herbe achetée dans la ville du Mont-d’or.
Le lendemain matin le temps c’est un peu rafraichis mais bien que nous arrivons sur la fin du mois de décembre, au fin fond de l’endroit le plus froid de France nous échappons pour l’instant au gel.
Il est 11heure quand nous partons; ce matin là nous avons profité de notre abris pour faire la grasse matinée.
Nous avons marché plusieurs heure, coupé à travers des petits ruisseaux qui ont trempé nos chaussures. Mais la beauté du paysages l’emporte sur ce genre de petits désagréments. Il suffit de lever les yeux pour en avoir le souffle coupé. A porté de vue il n’y a rien que l’immensité verte, à la fois douce aux regards et pourtant si dure à la vie.
François est en tête, il est à une trentaine de mètre devant quand au loin je le vois s’arrêter, s’accroupir, se relever et se retourner tout sourire : « GROS !! IL Y A DES CHAMPI » !! J’accours, examine le spécimen, c’est bien un psilocybe semilanceata. Je baisse les yeux au sol et pif paf pouf, il y en a partout. Doubi qui était en fin de queue arrive ensuite et c’est à trois que nous jubilons sur notre trouvaille.
Nous somme le 21 décembre, à 1200 mètre d’altitude et fait improbable il n’a pas encore gelé de l’année.


« on en ramasse ?
_ Biensûr ! »


Ni une ni deux nous voilà à quatre pattes entrain de ramasser des champi à la pelle.
« Tant de temps à chercher dans le creuse, et c’est sans rien attendre, sans rien chercher qu’ils viennent à nous, me dit François.
Moi je ne peux m’empêcher de le penser alors je lui réponds
_ C’est sûrement l’esprit de la montagne qui nous appelle et qui veut communiquer avec nous, il veut nous dire quelque chose »
La situation nous semble incroyable. En une demi heure nous avons récolté 200 spécimens. Une heure plus tard et après avoir repris notre marche durant quelques dizaines de minutes nous installons le camp.


Le camp est installé un peu plus haut que notre « champ de foire », nous devons être à 1250 mètres d’altitude. Assis tout les trois sur notre bâche je compte les champignons et sépare le tout en trois portions d’environs 65 champignons. Nous avalons goulument le tout.
La nuit se met à tomber et très rapidement le paysage s’obscurcit. C’est alors qu’un personnage inattendu s’invite au rendez-vous : Un brouillard, épais comme jamais, s’installe lentement autour du campement et des montagnes environnantes. Capacité de vison nul, nous ne voyons plus rien à dix mètres, et l’impression d’être perdu au milieu de nul part, la tête dans les nuage, s’agrandit.
En attendant que les effets se mettent en place nous nous sommes posé dans la tente et discutons, de tout, de rien, de notre voyage, de nos vies, des paysages… Nous gardons en tête que la situation est exceptionnelle. Que va-t-il nous arriver dans les heures qui viennent ? Allons nous rencontrer les dieux du Cézallier. Les entités qui habitent les lieux ont elles réellement eu envie de nous communiquer leur secret. Bien sur ces questions ne sont pas prises au sérieux. Quoi que…


Et voilà qu’en un instant (vous connaissez la chanson), porté par la molécule nous connaissons une monté verticale et radicale. Toutes perceptions changent du tout au tout en un claquement de doigts. Il n’y a pas eu de progression, la monté est extrêmement rapide. Cela est sûrement imputable au fait que nous n’ayons que peut mangé, et que nous ayons marché toute la journée, créant fatigue physique.
Je sors aussi tôt de la tente. L’épais brouillard qui nous entourait avant de se mettre à l’abri à l’intérieur c’est encore épaissis. JE n’ai pas pris ma frontale mais pourtant je distingue les touffe d’herbe devant moi. Dans cette purée de pois se dessine des formes géométriques qui s’étendent de moi jusqu’au loin, en trois dimension. Géométrique ? ce n’est pas vraiment le bon terme. C’est un voile qui se trouve au dessus de ma tête. Un voile fin, qui se balance légèrement, qui parfois se rapproche et qui me laisse par réflexe me baisser. Je scrute au loin, regarde ce voile…
J’entends le zip de la tente, je distingue une forme sombre en sortir puis elle s’allume et se met à briller de mille feu ! J’appelle « françois ? Doubi ? », et c’est alors que le deuxième s’allume. Ce sont les lumières de leur lampe frontale. Allumées et accrochées à leur tête la lumière se diffracte dans le brouillard, je ne distingue qu’à peine leur corps tant la lumière est éclatant.
L’hilarité me prend ! Ils sont magnifiques, ils n’ont rien à envier à des être de lumière. Des rayons partent de leur corps dans tous les sens et se déploient comme des tentacules. Les voir bouger dans tous les sens, et les entendre rire à mes exclamations me fait tourner la tête, l’emplie de cette luminosité. L’ivresse ne s’arrête plus de grandir. Nous rions ensemble, au milieu du vide, constatant le puissance du voyage, qui, nous propulse vers les autres mondes…


« Qu’est-ce que c’est ? RegardeZ. REGARDEZ, REGARDEZ ! » Je me retourne pour constater ce que Doubi nous montre, son cri d’alarme nous fait oublier les lumières.
« On dirait une voiture…on dirait qu’elle arrive » répond François.
« Une voiture ici, t’es fous ? Il y a pas de route… Ca se rapproche »


Au loin une petite lumière aux couleurs étranges; elle se rapproche…


« Qu’est-ce que vous croyez que c’est ?
_ Putain j’en sais rien c’est vraiment trop chelou les mecs.
- Je crois bien que l’esprit de la montagne vient nous visiter, repondis-je.
- T’es fou ça doit être quelqu’un, me dit Doubi, avec une lampe torche.
_ Regardez ça n’avance plus, on dirait que ça c’est arrêté, remarqua François !
_ Mais c’est quoi ce bordel !!!


Avec François nous nous regardons « on va voir ? » et à moi de répondre que « oui » nous allions voir. On se met à avancer d’un pas décidé vers la source de lumière. Mais quand nous commençons à nous approcher la chose se met à reculer. De manière gracieuse, comme si la chose volait, elle reculait à mesure que nous avancions. Nous nous arrêtons alors tout en continuant, comme hypnotisé, à fixer l’étrange phénomène.
« C’est de plus en plus chelou cette histoi… » Et pouf , en un instant cela disparaît sous nos yeux ébahis.
« Alors là, putain, je n’y comprends plus rien.
- Moi non plus, m’avoua François.
_ Je suis sur le cul ! C’était quoi ce truc ?
_ Et ça disparaît comme ça sans laisser de trace, en mode normal.


Sur le chemin du retour, dans l’obscurité je me rends compte que cette effet de toile évoqué au début s’est démultiplié. Il y a toujours au dessus de ma tête un voile qui s’étend jusqu’à je ne sais où. Il semble flotter, se rapprochant des fois, et s’éloignant parfois, mouvement comme régis par des vents mystérieux. Du sol et des touffes d’herbes se mettent à flotter des algues faites de la même matière que le voile au dessus de ma tête. Tout ça je ne le distingue pas, je le vois. J’en fais par à François et c’est à ce moment que je comprends que quelque chose d’étrange se passe : « MAIS OUI GROS ! C’est exactement ça, je le vois aussi le voile, on se croirait dans la tente, et les algues aussi !!
_ C’est dingue, c’est DIN_GUE ! je n’ai plus que cette phrase à la bouche.
Quand le voile se rapproche et qu’il me fait me baisser François se baisse aussi : « J’ai l’impression qu’il se rapproche par fois.
_ Oui moi aussi ! Ola oui rega..
- Ah ça se rapproche !
- Mais oui c’est Dingue, allez en coeur.


Nous arrivons au campement où Doubi nous attend. Nous lui expliquons que la lumière c’est volatilisée. On lui parle du voile et des algues, lui aussi les vois. Pourquoi voyons nous tous ensemble la même chose. Hallucination commune ? c’est un mystère…
Je pense, réfléchis, debout à côté de la tente quand je me rends compte que des bandes de se voile sont enroulées autour de moi. J’en ai pleins autour des bras, des jambes, du torse, du ventre… Elles sont accrochées à moi et flottes tout en même temps dans l’air. J’hallucine complètement. François et Doubi me font la remarque avant même que je n’ai pu leur en parler.
« T’en as partout !! »
Ca nous fait rire, mais rire un peu jaune, tellement halluciné, si je puis dire, parce ce que nous voyons, et par le fait que nous le voyons en même temps tout les trois.
J’essaye de m’en débarrasser, je me frotte comme je frotterai des toile d’araignée après être rentré dans un vieux grenier.
Au final les deux autres rentent dans la tente. Je reste un peu dehors et scrute une fois de plus le vide. Petit à petit se forme devant moi des structures complexes. Elles sortent du sol à un mètre devant moi. Elles se complexifient, grandissent. JE les vois mais elles sont sombres. En se complexifiant elles prennent une apparence humanoïde faites d’une messianique complexe. Des centaines de tuyaux s’entremêlent. La structures des corps et en changement constant. Dans leur création/reformation sort une sorte de fontaine qui s’approche de plus en plus de moi, s’approche de ma bouche. Je me dis qu’il faut que je boive, les entités veulent me faire boire quelque chose. JE prends peur, je ne bois le liquide qui se met à gouter et rentre dans la tente.


Nous sommes maintenant dans la tente. On roule un joint, enfin disons que nous essayons de rouler un joint. J’essaye en premier, Doubi en second. Et françois prend le relai. Au final le joint ne ressemble à rien. On a perdu la moitié de l’herbe par terre et pourtant on arrive à fumer copieusement dessus ! On a du mal à parler, si ce n’est pour s’exclamer que tout ça c’est dingue et incompréhensible.
L’effet du Thc me propulse dans la stratosphère. Je suis scotché au matelas.


Mes yeux se ferment…


Je vois, comme quand nous étions dans la creuse, mais en plus fort. Je suis à côté d’un gouffre en les entité danse dans celui-ci. Elles sont vertes comme la dernière fois, et d’une complexité infinie. Je n’arrive pas à saisir, je n’arrive pas à saisir…


Je n’arrive pas à saisir…


« je prends cher les mecs.. Wooh »


Nous prenons cher tous les trois, le voyage se fait intérieur un moment. Quand nous ouvrons les yeux par intermittence nous essayons tant bien que mal de nous dire et décrire ce que nous voyons. Nous rigolons énormément aussi. D’un rire démentiel qui sort du fin fond de nos êtres. Sincèrement touché par ce qu’il nous arrive, nous exultons !




Contact extraterrestre, esprit de la montagne, entité… ?


François est sorti de la tente pour soulager sa vessie. Moi et Doubi sommes toujours à l’intérieur. Je commence à m’inquiéter pour François. Je l’appelle à haute voix, il me répond.
Il était à côté de la tente, et ne pouvait plus bouger, ni même tourner la tête, quelque chose le fascine et c’est en silence, sans même pouvoir nous le dire que depuis sa sortie de tente il se laissait happer. Quand il entendit ma voix il me répondit de venir voir, qu’il ne pouvait pas me dire.
Je sors alors de la tente, ne mettant qu’à moitié mes chaussures. En me relevant je compris pourquoi il n’était pas rentré. Devant nous à quelques mètres de là, la petite lumière était revenue… mais elle n’est plus seule, une trentaine d’autre lumières l’accompagnent et ensemble elles virevoltent, se multiplient, se fondent les une dans les autres, parfois des arcs lumineux les relient entre elles. Parfois elles vibrent, parfois émettent des étincelles multicolores. Les couleurs varient du doré aux blanc ultra lumineux, au rouge, à l’orange, au bleu, au violet. C’est d’une subtilité déconcertant et d’une beauté à faire peur.


« Mais François ! T’as déjà eu des hallus comme ça ? » je lui demande en sachant que nous avons tout les deux une bonne expérience des psychédéliques.
« Non gros justement ! J’ai jamais vécu ce genre de chose, j’ai jamais eu d’hallu aussi folle, aussi concrète… »
On s’accorde sur le fait que ce que nous voyons est extra ordinaire. Je commence réellement à douter. Nous essayons de chercher une explication rationnelle mais nous ne trouvons pas de quoi satisfaire nos envies terre à terre. Puis nécessairement, ça finit par remonter à la surface : C’est l’esprit de la montagne !! Tous en coeur.
« mais non c’est pas possible.. quoi que…
- les extra terrestre alors
- quelque chose, en tout cas ça nous visite en ce moment même »
Nous appelons Doubi pour qu’il vienne lui aussi se perdre dans la contemplation de cet étrange phénomène.
Moi petit à petit je me perds dans mes pensées et dans le décors. Des ombres se dessinent alors autour de ses lumières et petit à petit apparait devant un dragon fait d’ombre dont la colonne vertébrale à nu sur une partie est faite de toutes ses lumières, reliées entre elle par des filins brillants et multicolore. Le dragon prend quasiment tout mon champ de vision. Nous sommes dans le noir mais je le vois bien plus que je ne le devine. Parfois sa tête bouge comme si dans son sommeil ses rêves le faisaient soupirer par ses narines béantes. Ces mouvement me font parfois presque sursauter et en tout cas accélère grandement mon rythme cardiaque pendant quelques secondes. Puis le dragons disparait et les lumières se mettent à fondre et s’agglutiner en une espèce de lave gluante, scintillante, brillante de milles feux. Sa coule sur le sol et arrive de plus en plus prêt. J’essaye de m’approcher mais quand j’avance, encore une fois, cela recule dans des mouvements étranges. Le spectacle est saisissant. Je n’ai vu de telle beauté que ce jour là.


Nous sommes restés là, subjugué, hypnotisé, jusqu’à ce que les effets redescendent, à regarder ces étranges lumières qui semblait communiquer avec nous en nous envoyant des visions d’entités dansantes, de dragons, de lave et d’autre chose dont ma mémoire commence à faire défaut.


Quand les effets ont commencé à redescendre nous avons entrepris de faire des pâtes et d’aller nous coucher. Ca n’a pas été facile, le vent était glacial, ce que nous ne sentions pas pendant le voyage. La température avait chutée et le froid était tellement présent que l’eau de la popote gelait alors que le réchaud tournait à fond


« l’eau gèle ?
- Heu nan c’est une hallu… Ah si, si ça gèle…
- Mais non en fait…
_ Si
_ Ah oui, si, en fait si »


La nuit fut vraiment difficile, la plus froide qui eu été pendant notre voyage. Le lendemain matin tout le paysage alentour était blanchi par le gel. Nous avons croisé des champignons sur notre chemin, après notre départ, tout congelés qu’ils étaient ! Au premier village traversé dans la journée nous nous sommes arrêtons pour prendre un chocolat chaud. Nous avons discuté avec la propriétaire du bar qui nous révéla la température de la nuit qui fut de moins vingt degrés.


Et oui au fait, les lumières, c’était celle du village d’enfance, de l’autre côté la vallée; à plusieurs kilomètre à vol d’oiseaux. Leurs apparitions disparitions, et le fait que parfois elles n’étaient que deux, puis vingt, puis, trois, puis quinze… était surement du au déplacement des épaisseurs de brouillard. Mais personnellement j’aime à penser que la situation avait été arrangé par l’esprit de la montagne sur laquelle nous avons trouvé les champignons.



3eme trip : Retour aux sources, la boucle est bouclée :


Voici la suite ! Je vous préviens c'est assez personnelle. Disons qu'il y a eu la première rencontre avec les montagnes, et la deuxième, celle qui a clôturé un voyage d'un an; voyage quelque peu psychédélique avec ces deux trip au champignon, mais aussi humain avec ses rencontres et ses aventures. Cette année là m'a un peu transformé. J'en suis là où j'en suis grâce à ça; assumé, et plein de volonté, en confiance, entouré d'amour. Je sais à présent que ce n'est pas à la vie de m'inviter à danser avec elle mais à moi de l'inviter dans mes bras grands ouverts

François et Clara, son amoureuse, sont en Corse à Porto Vecchio. Leur saison d’été va bientôt se terminer.
Il y a quasiment un an François et moi débutions notre marche à travers la France accompagné de Doubi. Nous sommes parti de Tours et sommes allé jusque dans les cévènnes où nous avons séjourné dans la communauté auto-gérée de la valette. Nous devions allé jusqu’en Espagne mais c’est ici que le groupe se sépare.


Moi je suis parti deux mois après être arrivé dans les Cévènnes . Je ne voulais pas rentrer, je voulais continuer à découvrir. J’ai rencontré des gens et j’ai vécu quelques moi encore dans une autre communauté. Là bas je dormais perché dans les arbres. Les jours passaient entourés d’arbres, la forêt m’a bercé pendant plusieurs mois.
En un an, je n’ai pour ainsi dire pas quitté l’extérieur; j’ai dormis chaque soir au son du vent dans les branches, j’ai vu d’innombrables étoiles s’enflammer dans le ciel, j’ai entendu des millions de goûtes d’eaux se fracasser contre la toile de mon tarp, mes pieds ont redécouvert ce que voulait dire sentir le sol, j’ai redécouvert ma personne et rencontré d’innombrables personnes qui m’ont aidé à non pas à trouver mais à comprendre ma place dans ce monde


Au cours de se voyage je pris une décision importante dans ma vie. Cette idée s’imposa à moi le soir du nouvel an. Nous allions sortir du Cantal pour passer en Lozère. La journée avait été froide et la neige n’avait, en ce 31 décembre, pas cessée de tomber.
Le soir approchant nous nous étions arrêté dans un petit village et y avions demandé l’accueille au maire qui nous offris la gîte dans la petite bibliothèque municipale. Il nous offris aussi du vin, du pâté, de quoi faire chauffer de l’eau. Il y avait des toilettes et de quoi se rincer (ce que nous n’avions pas fait depuis bien des jours). Le réveillon fût calme, cela faisait bien des années que ce schéma de nouvel an ne s’était pas produit. Nous nous sommes couché tôt, en prévision de la route et des heures de marche nous restant encore avant d’atteindre notre objectif.
Ce soir là dans mon duvet je n’avais pas trouvé le sommeil. Et la nuit durante, une seule pensée tourna en boucle dans mon esprit, accaparant tout l’espace qui se trouvait en moi : « il me faut aller en inde, retrouver mon père, apprendre ce qu’est cette partie de moi qui me relie à ce pays par le sang ».
Cette idée ne m’a pas quitté, elle s’est installé petit à petit et à grandi au rythme des quatre saison.


C’est à l’arrivé de l’automne, bien des mois plus tard donc, que je pris ma décision : il me fallait trouver du travail afin de réunir l’argent nécessaire à mon départ. De l’argent ? Moi qui vécu sans quasiment jamais travailler, moi qui venais de vivre un an au contact de la nature, sans argent, sans maison… Oui moi je devais trouver de l’argent, me ranger dans un travail, au moins quelques temps. Mais par où commencer ? Rentrer chez mes parents ? Je ne voyais pas d’autre solution. Alors je partis de ma forêt et rentrais en normandie au sein de ma famille et je retrouvais pour quelques moi mes amis. Je prévoyais de partir en saison d’hiver mais les appelles, les cv, rien ne donnait rien. Je suis parti chez un ami à Rennes espérant trouver plus facilement dans une grande ville mais mon désespoir face à la tache commençait déjà à me ralentir dans mes recherches.


Le téléphone sonne. Je regarde c’est un message de François. Il me dit qu’il remonte de Corse en camion avec sa copine. Ils vont s’arrêter dans le Cantal; nous sommes mi octobre, c’est la saison des champignons. Son message me fait sourire et me donne envie de les rejoindre. Mais je ne peux pas pas.. à moins que… à moins que ? Oui ! J pourrais déscendre dans le cantal, armé de mon sac à dos et de mes affaires de voyages (ma bâche, mon tarp…Wink , puis après notre rencontre j’irai dans les alpes et s’est en personne que j’irai frapper aux portes pour vendre mes services ! L’idée me semble bonne. Un brin de folie dans l’idée tout de même mais qu’importe. D’ailleurs je m’imagine déjà ; j’installerai un camp de base, vivrait dans la nature le temps de me trouver un travail.
C’est décidé je quitte Rennes dans une semaine, je prendrai le train puis le bus pour rejoindre François et Lara à la bouboule !!!


Ca fait une heure qu’on roule quand je reconnais dans la nuit sombre la Bourboule. Quasiment un an s’est écoulé depuis mon dernier passage dans cette petite ville du Puy-du-dome. Nous avons convenu de nous rejoindre ici, parce que c’est l’endroit le plus accessible en transport en commun pour ma part. De plus nous avons pour idée d’aller nous baigner dans la source d’eau chaude que nous avons découverte l’année précédente. JE sors du bus et cherche leur camion sur le parking de la gare. Je l’aperçois. Première surprise ils ont un chien ! Celui-ci me bombarde de câlin à l’arrivé, une chose est sûr, il ne ferait pas un bon chien de garde ! Les retrouvailles sont joyeuses. Plusieurs mois ce sont écoulés depuis notre dernière rencontre. Nous nous racontons nos vies, nos projet. Je leur explique le mien, celui de trouver du travail en station pour payer mon billet d’avion.
La soirée se poursuit comme un petit remake de l’année passée. Nous allons aux sources d’eau chaude, puis le soir je déplie mon petit matelas et gros sac de couchage dans la vieille maison abandonnée, mille fois scouaté, qui survie paisiblement au milieu de la forêt à côté des sources.
Je me réveil à l’aube et rejoints les deux zozios au comion. Nous avons un peu de route avant d’arrivé dans le désert vert du cézallié, perdu dans le trou du cul du cantal. J’suis très excité à l’idée de revoir ces montagnes qui m’avait tant émerveillé. Sur le trajet nous ne pouvons nous empêcher de crier au « CHAMP DE FOIRE » à chaque fois nous voyons un champ qui nous semble propice (forcement ici ce n’est vraiment pas ce qui manque). Mais nous nous savons où nous allons, nous avons notre spot à présent.
Après une heure de route nous arrivons enfin sur cette route qui trace la séparation entre le Puy-de-dôme et le Cantal. Nous ne somme pas très loin des endroits visité l’année dernière mais ce jour ci nous ne returnerons pas exactement au même endroit.
Nous visiotns plusieurs champs sans trop de succès au début. L vent souffle sur les plateau, le temps se rafraichit tout juste et les champignons ne sont peut être pas encore sorti. Nous revenons bredouille du premier coin.
Le deuxième c’est le bon, on en trouve plusieurs, peut être 200.. Une bonne boite bien remplis plus tard et pesé sur la balance à 60 Grammes frais nous décidons de prendre le camion et de se trouver un terrain.
Nous roulons pendant une petite demi-heure, le soir commence à tomber et la nuit recouvre petit à petit plaines, collines et montagnes. Le moteur s’arrête sur le bord d’un stade de foot appartenant à la commune voisine. J’y accroche mon tarp aux sapins qui entourent ce coin d’herbe domestiqué. Au loin j’entends le tintement des cloches accrochées au coup des vaches; il n’y a pas de doute, nous y sommes.
Le camp s’est installé vite, ce soir nous avons le camion. Pas besoin d’aller chercher du bois, d’allumer le feu, il n’y a que mon tarp à poser le reste est dans le confort du camion; les choses ont bien changé en un an ! Le camp installé moi je n’ai qu’une seule question qui commence à me brûler les lèvres. En fait nous n’en avons pas encore parlé…


« On se foire se soir ou biiiien ? »


Bien sur la réponse est sans équivoque et nous voilà tout les trois dans le camion à avaler nos 20 grammes chacun de champignons fraîchement cueillis dans la montagne. Je nesuis pas très serein, une légère appréhension s’installe en attendant que la magie opère. Mais de quelle magie suis-je entrain de parler.. de quelle magie…
Contrairement à la dernière fois la monté n’est pas brusque, nos conditions corporelles ne sont pas les mêmes et nos intérieurs nos reçoivent pas la substance de la même manière. Les effets se révèlent tant petit à petit que sur le début nous doutons de l’efficacité de nos chers amis. Pourtant, de fil en aiguille les premières sensations pointent le bout de leur nez. je voisFrançois assis à l’avant, le siège retourné vers l’intérieur comme sur une petite scène de théâtre. Les couleurs se renforcent et deviennent chaleureuse. Mon s’engourdit et se laisse aller à une légère sensation d’ivresse.
Nous sortons du camion. Dehors le vent souffle assez fort, une légère pluie nous mouille le visage. Les nuages bouchent entièrement le ciel à tel point qu’aucune lumière ne passe et dans cette obscurité nous n’y voyons guère que le bout de nos pieds. J’avance dans le noir. La sensation est grisante. Je vois des lignes qui se dessinent comme de grands faisceaux de lumière. Ce n’est pas très distinct et dans le noir ces lignes sont d’étrange repère. A chacun des mes déplacements les lignes reculent, s’avancent et modifient la perception que j’ai de la perspective de ce terrain que je ne distingue pas. Cet effet m’étourdie un peu et je passe quelques instant à jouer avec cette sensation aussi bien visuelle que physique. On pourrait s’attendre à ce qu’une euphorie viennent s’ajouter à cela mais elle ne s’invite pas à la fête.
Maintenant assis sur une chaise en plastique, à l’abri de la bruine sous le auvent du camion je commence à ne pas me sentir très bien et un dialogue intérieur sur mes choix s’installe, le doute m’envahit et à mesure je me retrouve en proie à celui-ci. Je fixe ces lignes et je voudrais que les effets s’arrêtent. Je n’en veux pas, je n’en veux plus. Pourquoi me suis-je mis dans cette situation. Mais où vais-je ? Où vais-je ? Je ne trouve plus le sens de la chose, celle qui m’avait poussée à venir ici ce soir là. C’est d’ailleurs un autre sens qui prend forme pour répondre à cette question. Je comprends alors que je suis en fuite, essayant de revivre ce qui fût déjà vécu et qui n’est plus à vivre. Mêlant mélancolie et peur de ne pas trouver le travail qui me permettrait de vivre la suite logique de ma vie je me suis eu moi-même, entamant une régression dans le passé… Ne plus penser. Ne plus penser… Que tout ça s’arrête. Merde je bad, merde, calme toi… La fenêtre s’ouvre et Lara me regarde: « ben alors tu restes tout seul dehors ?
- Non je vais rentrer avec vous ».
Dans le camion ça va un peu mieux, il y a de la lumière, des visages connus, de la musique, le chien roupille tranquillement en boule sur sa couverture. Lara nous prépare du thé chaud que je savoure par la suite. Je ne suis pas en adéquation avec moi même je le sais, mais l’angoisse s’en va progressivement. Nous ne parlons pas, chacun et dans ses pensées. Des fois nous nous regardons, des fois nous nous laissons emporter par les ondulations musicales et visuels. Parfois l’un d’entre nous souris puis rit un peu, en réponse les autres ris aussi, comme si nous comprenions l’essence même du rire joyeux de l’autre. Ce ne sont pas des rires hilares, mais des rires réfléchis. Des rires du fait des évidences qui nous viennent à l’esprit « aha tiens, oui tiens, alors oui c’est ainsi » et cela fait rire, cela fait sourire, ensemble nous comprenons l’évidence de rire de la vie.
Une dernière cigarette et j’irai me coucher dans mon duvet dehors, une dernière… Hum et qu’elle est agréable cette cigarette. Ai-je déjà fumer cigarette aussi agréable ? Si seulement je pouvais fumer comme cela à chaque fois que je fume; pour le plaisir pur. Nous regardons le plafond du camion, nous y voyons s’y dessiner de nombreux motifs. Nous ne nous émerveillons pas vraiment face à cela, nous constatons simplement la puissance cérébrale. Puis je m’en vais et dit bonne nuit au copain…
Je franchis la porte du camion et reste bouche bée. Le ciel est toujours d’un noir d’encre mais une lumière étrange et surnaturelle filtre de toute part dans le paysage. A peine sortie que je frappe au camion : « venez voir, il faut que vous voyez ça » . François et Lara ouvre et regarde. François sort un instant avec moi et ensemble, sans un bruit nous observons. Devant nous ce n’est plus le noir totale et dégoulinent de tout à l’heure. La lumière, blanche et pâle, joue avec le paysage. Elle s’incruste dans les épais nuages, qui, poussés par le vent passent à vive allure. Les arbres dansent comme des ombres chinoise. Une ambiance prend vie face à nous, ténébreuse et douce à la fois, dansante et statique, faite d’ombre et de lumière pâle. Un instant, je me sens comme la fois oùù nous avons observé sans mot dire, la danse des esprits de la montagne leurs lumières hypnotisantes.


Puis… NOIR


Ce qui éclairait, qui aurait pu être la lune, où… oui ? quoi ? Point. Ca c’est éteint. D’un coup, les alentours meurent, dévorés par la pénombre noir de la nuit.


« Aha ! SERIEUX ? WTF !
_ Mais merde !! Je te le dis, on va y avoir le droit à chaque fois ! »


Absorbé par la vu que cela produisait je n’avais, ni moi ni françois songé à se poser la question de la source. D’où peut bien provenir cette étrange lumière qui plonge TOUT le paysage dans une gigantesque ombre dansante ? Cela nous avez semblé naturelle. Puis. SHUT DOWN.


« Gros ça ne pouvait être que les extra terrestre, dis-je à François hilare, c’est quand même dingue !
- Ou un spot ? Non c’est impossible… il n’y a rien a des kilomètres si ce n’est un petit village.
_ Des fares de voitures ?
- Aha je n’y crois pas ! »


Nous restons un instant dans le noir, méditant la question. NE trouvant pas de réponse François retourne dans le camion. Moi je mi glisse dans mon duvet, à l’abri sous mon tarp.


Une fois glissé dans mon duvet une étrange sensation me prend au corps. Je me sens physiquement bien comme jamais. Serais-je retourné dans le ventre mère ? Je ne suis que légèreté physique. Pourtant Mes pensées elles se tournent aux sombre et la lumière qui me soutenait dans le camion s’est elle aussi éteinte. Mon dialogue intérieur sur la suite des évènements reprend.
LE vent souffle de plus en plus fort, et bien qu’étant au chaud dans mon duvet j’ai conscience du froid apporté par les bourrasque de vent. Le tarp claque et mes pensées s’affolent. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire demain ? Vais-je vraiment rester ici seul en ces lieus et rejoindre les Alpes ? Je prends conscience une fois de plus de me tromper de route. Mais alors qu’elle est ma route ? L’inde ? L’errance et sa fuite ? Oui je vais fuir. Errer. Je ne veux plus dépendre de qui que ce soit. Je ne veux plus dépendre de personne. Mais MERDE !!! Je ne veux pas être seul ! Je pleure, j’ai peur. « j’ai peur, j’ai peur si tu savais ». Qu’est ce que je vais faire… Suis-je prêt à assumer mes choix ? Moi qui ne termine jamais rien, moi qui une décide pas. Moi qui en cet instant est entrain de reculer. Je pleure encore, je me désole. Je suis désolé. Je pense à ma famille. Je suis désolé. Je pense à ma famille. Je les aime. Je suis désolé. Merci pour tout… Merci pour tout…


Merci pour tout et merci à tout…


Je ne sais plus quel fût le déclic, le moment de pensée qui soulagea ma peur de l’avenir mais il venu sous la forme d’un remerciement. Le vent soufflait de plus en plus fort. Une partie de mon tarp s’arracha mais à cet instant plus rien n’avait d’importance. Quelque chose, en moi, à l’extérieur de moi ? M’avait mis en relation direct avec la source de toute chose. Et je compris vite et d’instinct que tout n’était qu’amour. Pas simplement au sens où on l’entend communément. Je ne suis pas sur même de pouvoir le comprendre aujourd’hui. Mais à cet instant j’étais connecté à l’amour primordial, cet amour qui crée et maintient le grand tout. Et face à cela je ne pouvais que remercier. Je compris que ma place était essentielle et que quoi que je fasse en cette vie, je serais soutenu à l’infini par l’amour infini de toute chose. Je me souviens penser avoir peur, mais retrouver le courage. Puis je me mis à penser à ma mère. Quand l’amour primordial s’exprime à l’être humain il ne peut le voir qu’à travers le prisme de l’amour maternelle. Alors je voyais ma mère, et je ressentais tout l’amour qui nous reliais. JE la remerciais de m’avoir mis au monde. Quel fait magique ! J’étais en présence de la vérité sur ma naissance, je saisissais: « je suis né ». Cet naissance découlait de l’amour et d’elle en découlait encore. Je me sentais bien dans mon duvet. Face à mes yeux le toile de mon tarp aspirer par le vent m’entrainait visuellement dans des spirales infernales et des connexions aux grands tout de l’amour divin. Je me pardonnais à moi même d’être, en comprenant que ma nature n’était qu’amour.
Puis je compris qu’il me fallait rentrer près des miens pour pouvoir me lancer une nouvelle fois. Arrêter de fuir, de les fuir pour me fuir, pour fuir l’image que j’ai de moi à travers leur yeux.


Ils me soutiennent. Et quand je serai seul, leur amour me soutiendra, l’amour universelle me soutiendra. Merci pour tout ! merci pour tout !!! Je pleure de joie…
Petit à petit les effets s’estompent. Je retiens pour le moment la compréhension que j’ai phénomène. Mon tarp s’est arraché. J’observe le ciel et se nuages poussés par le vent laisse percer les étoiles ici, puis là, puis là-bas, et encore ici… Waoh.
L’inconfort physique des fins de voyage pointent le bout de son nez, j’ai mal à ventre, la sensation est étrange. Je me force à repiquer ma toile de tarp. Et à force de patience je finis par m’endormir.


Le lendemain nous retournons à la cueillette. Cette fois nous allons sur la montagne qui nous avait tant fait rêver l’année passée. Au retour de la cueillette j’annonce à François et Lara que je remonte vers la Bretagne avec eux, de là bas je retournerais en Normandie.


Depuis ce jour je suis retourné en Normandie. J’ai entrepris de travailler. J’ai fait de l’usine. Ca a été difficile. Puis arrivé fin décembre, après une chute à vélo sur le chemin du retour qui m’endhicapa au point de ne plus pouvoir travaillé, rongé de haine envers ma faute de conduite, je finis par trouver un travail saisonnier dans les alpes en épluchant les annonces, privé d’usine à cause de mon dos douloureux. Disons que c’est une chute qui finit bien. Une chute qui ne serait pas arrivé sans ce travail à l’usine, sans mon retour en normandie. Sans avoir voulu travaillé un temps au près des miens.
Je vous écrit de la station de Montalbert à côté de La Plagne. J’ai pu me tenir à mes objectifs. Je n’ai pas fait la fête et j’ai économisé. Aujourd’hui j’suis en possession de mon billet d’avion pour l’inde (ah oui, mon père est indien, ma mère française, elle l’a rencontré la bas, je suis né de son voyage en inde en somme). Je décolle le 2 juillet, j’ai un visa de 5 ans donc la durée du séjour est indéterminée. Tout ce que je sais c’est que c’est un voyage important pour moi, et je pense que si j’y arrive aujourd’hui c’est que mes pérégrination de l’années dernières m’ont changé un peu… Et je dois bien avouer que c’est la première fois que je m’accroche à quelque chose avec cette vigueur. Je ne pense plus qu’à ça.


Le prochain voyage ne sera pas un trip comme les autres.
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#2
Ton voyage est extra-ordinaire, excellente histoire, j'ai adoré lire.
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#3
J'adore toujours autant tes TR BigBud ! Big Grin
Raaah, la randonnée qui finit par la découverte des psilo et du trip de ouf en pleine nature. Trop bien.
Mes trips reports : The Death of Utopia, The Begining of the Dream

Le lâcher prise, c'est accepter de redevenir un enfant.
----------------------------
Ce qui importe avec l’expérience psychédélique, ou plus généralement spirituelle, ce n’est pas la vérité que l’on croit toucher du doigt, mais bien le chemin qu’elle nous fait parcourir sur notre rapport au soi, aux autres et à la vie.
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#4
Merci les gars ca fait plaisir ! Je me tate quand même à le réécrire , jai tapé ça sans trop réfléchir à la mise en forme et je trouve que le côté mystique ressort pas tant que ça, alors que clairement c'était une expérience ultra mystique...
Sinon la suite arrive je m'y attèle aujourd'hui :p
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#5
Wow superbe tr vraiment ! Ca devais être une des expériences les plus magique que vous avez pu faire dans vos vies une histoire pareille !
Pfou et vous devez être bien équipé niveau duvets etouh, pour arriver à résister à -20° o_o
Ca devais être impressionnant toutes ces visions surréalistement réaliste.
J'ai plus qu'adoré ton tr, il fait fantasmer !
J'ai vraiment hâte de pouvoir lire la suite !
Ca devais être tellement magnifique et magique de vivre ces instants !
Ca me fais penser en Slovénie on était à 5 à avoir vu la vierge marie avec des colombiens, le lendemain en s'approchant de celle-ci on a pu voir que c'était en réalité une cafetière italienne rouge géante, un monument artistique dans un square.
En tout cas allez ! Je veux la suiiiite ! ;_; y'a trop du suspens !
L'homme est un fou qui pense pouvoir contrôler la vie, alors qu'il ne se contrôle pas lui même.
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#6
Hello !
Mr_Bigbud a écrit :...je trouve que le côté mystique ressort pas tant que ça...

Heu si quand même ...en plus c'est bien écrit un plaisir à lire ! Heart
Hâte de lire la suite.
Bon dimanche Wink
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#7
Voici la suite ! Je vous préviens c'est assez personnelle. Disons qu'il y a eu la première rencontre avec les montagnes, et la deuxième, celle qui a clôturé un voyage d'un an; voyage quelque peu psychédélique avec ces deux trip au champignon, mais aussi humain avec ses rencontres et ses aventures. Cette année là m'a un peu transformé. J'en suis là où j'en suis grâce à ça; assumé, et plein de volonté, en confiance, entouré d'amour. Je sais à présent que ce n'est pas à la vie de m'inviter à danser avec elle mais à moi de l'inviter dans mes bras grands ouverts

François et Clara, son amoureuse, sont en Corse à Porto Vecchio. Leur saison d’été va bientôt se terminer.
Il y a quasiment un an François et moi débutions notre marche à travers la France accompagné de Doubi. Nous sommes parti de Tours et sommes allé jusque dans les cévènnes où nous avons séjourné dans la communauté auto-gérée de la valette. Nous devions allé jusqu’en Espagne mais c’est ici que le groupe se sépare.


Moi je suis parti deux mois après être arrivé dans les Cévènnes . Je ne voulais pas rentrer, je voulais continuer à découvrir. J’ai rencontré des gens et j’ai vécu quelques moi encore dans une autre communauté. Là bas je dormais perché dans les arbres. Les jours passaient entourés d’arbres, la forêt m’a bercé pendant plusieurs mois.
En un an, je n’ai pour ainsi dire pas quitté l’extérieur; j’ai dormis chaque soir au son du vent dans les branches, j’ai vu d’innombrables étoiles s’enflammer dans le ciel, j’ai entendu des millions de goûtes d’eaux se fracasser contre la toile de mon tarp, mes pieds ont redécouvert ce que voulait dire sentir le sol, j’ai redécouvert ma personne et rencontré d’innombrables personnes qui m’ont aidé à non pas à trouver mais à comprendre ma place dans ce monde


Au cours de se voyage je pris une décision importante dans ma vie. Cette idée s’imposa à moi le soir du nouvel an. Nous allions sortir du Cantal pour passer en Lozère. La journée avait été froide et la neige n’avait, en ce 31 décembre, pas cessée de tomber.
Le soir approchant nous nous étions arrêté dans un petit village et y avions demandé l’accueille au maire qui nous offris la gîte dans la petite bibliothèque municipale. Il nous offris aussi du vin, du pâté, de quoi faire chauffer de l’eau. Il y avait des toilettes et de quoi se rincer (ce que nous n’avions pas fait depuis bien des jours). Le réveillon fût calme, cela faisait bien des années que ce schéma de nouvel an ne s’était pas produit. Nous nous sommes couché tôt, en prévision de la route et des heures de marche nous restant encore avant d’atteindre notre objectif.
Ce soir là dans mon duvet je n’avais pas trouvé le sommeil. Et la nuit durante, une seule pensée tourna en boucle dans mon esprit, accaparant tout l’espace qui se trouvait en moi : « il me faut aller en inde, retrouver mon père, apprendre ce qu’est cette partie de moi qui me relie à ce pays par le sang ».
Cette idée ne m’a pas quitté, elle s’est installé petit à petit et à grandi au rythme des quatre saison.


C’est à l’arrivé de l’automne, bien des mois plus tard donc, que je pris ma décision : il me fallait trouver du travail afin de réunir l’argent nécessaire à mon départ. De l’argent ? Moi qui vécu sans quasiment jamais travailler, moi qui venais de vivre un an au contact de la nature, sans argent, sans maison… Oui moi je devais trouver de l’argent, me ranger dans un travail, au moins quelques temps. Mais par où commencer ? Rentrer chez mes parents ? Je ne voyais pas d’autre solution. Alors je partis de ma forêt et rentrais en normandie au sein de ma famille et je retrouvais pour quelques moi mes amis. Je prévoyais de partir en saison d’hiver mais les appelles, les cv, rien ne donnait rien. Je suis parti chez un ami à Rennes espérant trouver plus facilement dans une grande ville mais mon désespoir face à la tache commençait déjà à me ralentir dans mes recherches.


Le téléphone sonne. Je regarde c’est un message de François. Il me dit qu’il remonte de Corse en camion avec sa copine. Ils vont s’arrêter dans le Cantal; nous sommes mi octobre, c’est la saison des champignons. Son message me fait sourire et me donne envie de les rejoindre. Mais je ne peux pas pas.. à moins que… à moins que ? Oui ! J pourrais déscendre dans le cantal, armé de mon sac à dos et de mes affaires de voyages (ma bâche, mon tarp…Wink , puis après notre rencontre j’irai dans les alpes et s’est en personne que j’irai frapper aux portes pour vendre mes services ! L’idée me semble bonne. Un brin de folie dans l’idée tout de même mais qu’importe. D’ailleurs je m’imagine déjà ; j’installerai un camp de base, vivrait dans la nature le temps de me trouver un travail.
C’est décidé je quitte Rennes dans une semaine, je prendrai le train puis le bus pour rejoindre François et Lara à la bouboule !!!


Ca fait une heure qu’on roule quand je reconnais dans la nuit sombre la Bourboule. Quasiment un an s’est écoulé depuis mon dernier passage dans cette petite ville du Puy-du-dome. Nous avons convenu de nous rejoindre ici, parce que c’est l’endroit le plus accessible en transport en commun pour ma part. De plus nous avons pour idée d’aller nous baigner dans la source d’eau chaude que nous avons découverte l’année précédente. JE sors du bus et cherche leur camion sur le parking de la gare. Je l’aperçois. Première surprise ils ont un chien ! Celui-ci me bombarde de câlin à l’arrivé, une chose est sûr, il ne ferait pas un bon chien de garde ! Les retrouvailles sont joyeuses. Plusieurs mois ce sont écoulés depuis notre dernière rencontre. Nous nous racontons nos vies, nos projet. Je leur explique le mien, celui de trouver du travail en station pour payer mon billet d’avion.
La soirée se poursuit comme un petit remake de l’année passée. Nous allons aux sources d’eau chaude, puis le soir je déplie mon petit matelas et gros sac de couchage dans la vieille maison abandonnée, mille fois scouaté, qui survie paisiblement au milieu de la forêt à côté des sources.
Je me réveil à l’aube et rejoints les deux zozios au comion. Nous avons un peu de route avant d’arrivé dans le désert vert du cézallié, perdu dans le trou du cul du cantal. J’suis très excité à l’idée de revoir ces montagnes qui m’avait tant émerveillé. Sur le trajet nous ne pouvons nous empêcher de crier au « CHAMP DE FOIRE » à chaque fois nous voyons un champ qui nous semble propice (forcement ici ce n’est vraiment pas ce qui manque). Mais nous nous savons où nous allons, nous avons notre spot à présent.
Après une heure de route nous arrivons enfin sur cette route qui trace la séparation entre le Puy-de-dôme et le Cantal. Nous ne somme pas très loin des endroits visité l’année dernière mais ce jour ci nous ne returnerons pas exactement au même endroit.
Nous visiotns plusieurs champs sans trop de succès au début. L vent souffle sur les plateau, le temps se rafraichit tout juste et les champignons ne sont peut être pas encore sorti. Nous revenons bredouille du premier coin.
Le deuxième c’est le bon, on en trouve plusieurs, peut être 200.. Une bonne boite bien remplis plus tard et pesé sur la balance à 60 Grammes frais nous décidons de prendre le camion et de se trouver un terrain.
Nous roulons pendant une petite demi-heure, le soir commence à tomber et la nuit recouvre petit à petit plaines, collines et montagnes. Le moteur s’arrête sur le bord d’un stade de foot appartenant à la commune voisine. J’y accroche mon tarp aux sapins qui entourent ce coin d’herbe domestiqué. Au loin j’entends le tintement des cloches accrochées au coup des vaches; il n’y a pas de doute, nous y sommes.
Le camp s’est installé vite, ce soir nous avons le camion. Pas besoin d’aller chercher du bois, d’allumer le feu, il n’y a que mon tarp à poser le reste est dans le confort du camion; les choses ont bien changé en un an ! Le camp installé moi je n’ai qu’une seule question qui commence à me brûler les lèvres. En fait nous n’en avons pas encore parlé…


« On se foire se soir ou biiiien ? »


Bien sur la réponse est sans équivoque et nous voilà tout les trois dans le camion à avaler nos 20 grammes chacun de champignons fraîchement cueillis dans la montagne. Je nesuis pas très serein, une légère appréhension s’installe en attendant que la magie opère. Mais de quelle magie suis-je entrain de parler.. de quelle magie…
Contrairement à la dernière fois la monté n’est pas brusque, nos conditions corporelles ne sont pas les mêmes et nos intérieurs nos reçoivent pas la substance de la même manière. Les effets se révèlent tant petit à petit que sur le début nous doutons de l’efficacité de nos chers amis. Pourtant, de fil en aiguille les premières sensations pointent le bout de leur nez. je voisFrançois assis à l’avant, le siège retourné vers l’intérieur comme sur une petite scène de théâtre. Les couleurs se renforcent et deviennent chaleureuse. Mon s’engourdit et se laisse aller à une légère sensation d’ivresse.
Nous sortons du camion. Dehors le vent souffle assez fort, une légère pluie nous mouille le visage. Les nuages bouchent entièrement le ciel à tel point qu’aucune lumière ne passe et dans cette obscurité nous n’y voyons guère que le bout de nos pieds. J’avance dans le noir. La sensation est grisante. Je vois des lignes qui se dessinent comme de grands faisceaux de lumière. Ce n’est pas très distinct et dans le noir ces lignes sont d’étrange repère. A chacun des mes déplacements les lignes reculent, s’avancent et modifient la perception que j’ai de la perspective de ce terrain que je ne distingue pas. Cet effet m’étourdie un peu et je passe quelques instant à jouer avec cette sensation aussi bien visuelle que physique. On pourrait s’attendre à ce qu’une euphorie viennent s’ajouter à cela mais elle ne s’invite pas à la fête.
Maintenant assis sur une chaise en plastique, à l’abri de la bruine sous le auvent du camion je commence à ne pas me sentir très bien et un dialogue intérieur sur mes choix s’installe, le doute m’envahit et à mesure je me retrouve en proie à celui-ci. Je fixe ces lignes et je voudrais que les effets s’arrêtent. Je n’en veux pas, je n’en veux plus. Pourquoi me suis-je mis dans cette situation. Mais où vais-je ? Où vais-je ? Je ne trouve plus le sens de la chose, celle qui m’avait poussée à venir ici ce soir là. C’est d’ailleurs un autre sens qui prend forme pour répondre à cette question. Je comprends alors que je suis en fuite, essayant de revivre ce qui fût déjà vécu et qui n’est plus à vivre. Mêlant mélancolie et peur de ne pas trouver le travail qui me permettrait de vivre la suite logique de ma vie je me suis eu moi-même, entamant une régression dans le passé… Ne plus penser. Ne plus penser… Que tout ça s’arrête. Merde je bad, merde, calme toi… La fenêtre s’ouvre et Lara me regarde: « ben alors tu restes tout seul dehors ?
- Non je vais rentrer avec vous ».
Dans le camion ça va un peu mieux, il y a de la lumière, des visages connus, de la musique, le chien roupille tranquillement en boule sur sa couverture. Lara nous prépare du thé chaud que je savoure par la suite. Je ne suis pas en adéquation avec moi même je le sais, mais l’angoisse s’en va progressivement. Nous ne parlons pas, chacun et dans ses pensées. Des fois nous nous regardons, des fois nous nous laissons emporter par les ondulations musicales et visuels. Parfois l’un d’entre nous souris puis rit un peu, en réponse les autres ris aussi, comme si nous comprenions l’essence même du rire joyeux de l’autre. Ce ne sont pas des rires hilares, mais des rires réfléchis. Des rires du fait des évidences qui nous viennent à l’esprit « aha tiens, oui tiens, alors oui c’est ainsi » et cela fait rire, cela fait sourire, ensemble nous comprenons l’évidence de rire de la vie.
Une dernière cigarette et j’irai me coucher dans mon duvet dehors, une dernière… Hum et qu’elle est agréable cette cigarette. Ai-je déjà fumer cigarette aussi agréable ? Si seulement je pouvais fumer comme cela à chaque fois que je fume; pour le plaisir pur. Nous regardons le plafond du camion, nous y voyons s’y dessiner de nombreux motifs. Nous ne nous émerveillons pas vraiment face à cela, nous constatons simplement la puissance cérébrale. Puis je m’en vais et dit bonne nuit au copain…
Je franchis la porte du camion et reste bouche bée. Le ciel est toujours d’un noir d’encre mais une lumière étrange et surnaturelle filtre de toute part dans le paysage. A peine sortie que je frappe au camion : « venez voir, il faut que vous voyez ça » . François et Lara ouvre et regarde. François sort un instant avec moi et ensemble, sans un bruit nous observons. Devant nous ce n’est plus le noir totale et dégoulinent de tout à l’heure. La lumière, blanche et pâle, joue avec le paysage. Elle s’incruste dans les épais nuages, qui, poussés par le vent passent à vive allure. Les arbres dansent comme des ombres chinoise. Une ambiance prend vie face à nous, ténébreuse et douce à la fois, dansante et statique, faite d’ombre et de lumière pâle. Un instant, je me sens comme la fois oùù nous avons observé sans mot dire, la danse des esprits de la montagne leurs lumières hypnotisantes.


Puis… NOIR


Ce qui éclairait, qui aurait pu être la lune, où… oui ? quoi ? Point. Ca c’est éteint. D’un coup, les alentours meurent, dévorés par la pénombre noir de la nuit.


« Aha ! SERIEUX ? WTF !
_ Mais merde !! Je te le dis, on va y avoir le droit à chaque fois ! »


Absorbé par la vu que cela produisait je n’avais, ni moi ni françois songé à se poser la question de la source. D’où peut bien provenir cette étrange lumière qui plonge TOUT le paysage dans une gigantesque ombre dansante ? Cela nous avez semblé naturelle. Puis. SHUT DOWN.


« Gros ça ne pouvait être que les extra terrestre, dis-je à François hilare, c’est quand même dingue !
- Ou un spot ? Non c’est impossible… il n’y a rien a des kilomètres si ce n’est un petit village.
_ Des fares de voitures ?
- Aha je n’y crois pas ! »


Nous restons un instant dans le noir, méditant la question. NE trouvant pas de réponse François retourne dans le camion. Moi je mi glisse dans mon duvet, à l’abri sous mon tarp.


Une fois glissé dans mon duvet une étrange sensation me prend au corps. Je me sens physiquement bien comme jamais. Serais-je retourné dans le ventre mère ? Je ne suis que légèreté physique. Pourtant Mes pensées elles se tournent aux sombre et la lumière qui me soutenait dans le camion s’est elle aussi éteinte. Mon dialogue intérieur sur la suite des évènements reprend.
LE vent souffle de plus en plus fort, et bien qu’étant au chaud dans mon duvet j’ai conscience du froid apporté par les bourrasque de vent. Le tarp claque et mes pensées s’affolent. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire demain ? Vais-je vraiment rester ici seul en ces lieus et rejoindre les Alpes ? Je prends conscience une fois de plus de me tromper de route. Mais alors qu’elle est ma route ? L’inde ? L’errance et sa fuite ? Oui je vais fuir. Errer. Je ne veux plus dépendre de qui que ce soit. Je ne veux plus dépendre de personne. Mais MERDE !!! Je ne veux pas être seul ! Je pleure, j’ai peur. « j’ai peur, j’ai peur si tu savais ». Qu’est ce que je vais faire… Suis-je prêt à assumer mes choix ? Moi qui ne termine jamais rien, moi qui une décide pas. Moi qui en cet instant est entrain de reculer. Je pleure encore, je me désole. Je suis désolé. Je pense à ma famille. Je suis désolé. Je pense à ma famille. Je les aime. Je suis désolé. Merci pour tout… Merci pour tout…


Merci pour tout à tout…


Je ne sais plus quel fût le déclic, le moment de pensée qui soulagea ma peur de l’avenir mais il venu sous la forme d’un remerciement. Le vent soufflait de plus en plus fort. Une partie de mon tarp s’arracha mais à cet instant plus rien n’avait d’importance. Quelque chose, en moi, à l’extérieur de moi ? M’avait mis en relation direct avec la source de toute chose. Et je compris vite et d’instinct que tout n’était qu’amour. Pas simplement au sens où on l’entend communément. Je ne suis pas sur même de pouvoir le comprendre aujourd’hui. Mais à cet instant j’étais connecté à l’amour primordial, cet amour qui crée et maintient le grand tout. Et face à cela je ne pouvais que remercier. Je compris que ma place était essentielle et que quoi que je fasse en cette vie, je serais soutenu à l’infini par l’amour infini de toute chose. Je me souviens penser avoir peur, mais retrouver le courage. Puis je me mis à penser à ma mère. Quand l’amour primordial s’exprime à l’être humain il ne peut le voir qu’à travers le prisme de l’amour maternelle. Alors je voyais ma mère, et je ressentais tout l’amour qui nous reliais. JE la remerciais de m’avoir mis au monde. Quel fait magique ! J’étais en présence de la vérité sur ma naissance, je saisissais: « je suis né ». Cet naissance découlait de l’amour et d’elle en découlait encore. Je me sentais bien dans mon duvet. Face à mes yeux le toile de mon tarp aspirer par le vent m’entrainait visuellement dans des spirales infernales et des connexions aux grands tout de l’amour divin. Je me pardonnais à moi même d’être, en comprenant que ma nature n’était qu’amour.
Puis je compris qu’il me fallait rentrer près des miens pour pouvoir me lancer une nouvelle fois. Arrêter de fuir, de les fuir pour me fuir, pour fuir l’image que j’ai de moi à travers leur yeux.


Ils me soutiennent. Et quand je serai seul, leur amour me soutiendra, l’amour universelle me soutiendra. Merci pour tout ! merci pour tout !!! Je pleure de joie…
Petit à petit les effets s’estompent. Je retiens pour le moment la compréhension que j’ai phénomène. Mon tarp s’est arraché. J’observe le ciel et se nuages poussés par le vent laisse percer les étoiles ici, puis là, puis là-bas, et encore ici… Waoh.
L’inconfort physique des fins de voyage pointent le bout de son nez, j’ai mal à ventre, la sensation est étrange. Je me force à repiquer ma toile de tarp. Et à force de patience je finis par m’endormir.


Le lendemain nous retournons à la cueillette. Cette fois nous allons sur la montagne qui nous avait tant fait rêver l’année passée. Au retour de la cueillette j’annonce à François et Lara que je remonte vers la Bretagne avec eux, de là bas je retournerais en Normandie.


Depuis ce jour je suis retourné en Normandie. J’ai entrepris de travailler. J’ai fait de l’usine. Ca a été difficile. Puis arrivé fin décembre, après une chute à vélo sur le chemin du retour qui m’endhicapa au point de ne plus pouvoir travaillé, rongé de haine envers ma faute de conduite, je finis par trouver un travail saisonnier dans les alpes en épluchant les annonces, privé d’usine à cause de mon dos douloureux. Disons que c’est une chute qui finit bien. Une chute qui ne serait pas arrivé sans ce travail à l’usine, sans mon retour en normandie. Sans avoir voulu travaillé un temps au près des miens.
JE vous écrit de la station de Monalbert à côté de La plage. J’ai pu me tenir à mes objectifs. Je n’ai pas fait la fête et j’ai économisé. Aujourd’hui j’suis en possession de mon billet d’avion pour l’inde (ah oui, mon père est indien, ma mère française, elle l’a rencontré la bas, je suis né de son voyage en inde en somme). Je décolle le 2 juillet, j’ai un visa de 5 ans donc la durée du séjour est indéterminée. Tout ce que je sais c’est que c’est un voyage important pour moi, et je pense que si j’y arrive aujourd’hui c’est que mes pérégrination de l’années dernières m’ont changé un peu… Et je dois bien avouer que c’est la première fois que je m’accroche à quelque chose avec cette vigueur. Je ne pense plus qu’à ça.


Le prochain voyage ne sera pas un trip comme les autres.
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#8
je n'ai pas encore lu ton dernier post car je dois y aller et j ai envie de prendre mon temps pour le lire, mais merci beaucoup pour ce partage. Un vrai plaisir à lire, que j ai lu tout du long avec un sourire sur les lèvres. Des questionnements pour certains qui me touchent aussi. En voyage depuis déjà 2 mois sur 8 au total, on réfléchit et on apprend beaucoup dans ces moments là.

Bonne chance et bonne découverte Smile
/love
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#9
Aiskhynê a écrit :Wow superbe tr vraiment ! Ca devais être une des expériences les plus magique que vous avez pu faire dans vos vies une histoire pareille !
Pfou et vous devez être bien équipé niveau duvets etouh, pour arriver à résister à -20° o_o
Ca devais être impressionnant toutes ces visions surréalistement réaliste.
J'ai plus qu'adoré ton tr, il fait fantasmer !
J'ai vraiment hâte de pouvoir lire la suite !
Ca devais être tellement magnifique et magique de vivre ces instants !
Ca me fais penser en Slovénie on était à 5 à avoir vu la vierge marie avec des colombiens, le lendemain en s'approchant de celle-ci on a pu voir que c'était en réalité une cafetière italienne rouge géante, un monument artistique dans un square.
En tout cas allez ! Je veux la suiiiite ! ;_; y'a trop du suspens !


Oui on était super bien équipé, pourtant cette nuit à été difficile, on a pas beaucoup dormis, le froid on l'a senti passer. Mais le plus dur je crois que c'était le matin en sortant du duvet? Nos pompes étaient trempées du coup c'était des bloques de glace, on pouvait même pas faire nos lacets. Les tentes étaient gonflées par le gel et ont donc été très dur à ranger (ouille les mains!). Enfin c'est allé beaucoup mieux dès qu'on a repris la marche Smile

Thas a écrit :Hello !

Heu si quand même ...en plus c'est bien écrit un plaisir à lire ! Heart
Hâte de lire la suite.
Bon dimanche Wink


Merci beaucoup ça fait plaisir à lire Big Grin

Ledhi a écrit :je n'ai pas encore lu ton dernier post car je dois y aller et j ai envie de prendre mon temps pour le lire, mais merci beaucoup pour ce partage. Un vrai plaisir à lire, que j ai lu tout du long avec un sourire sur les lèvres. Des questionnements pour certains qui me touchent aussi. En voyage depuis déjà 2 mois sur 8 au total, on réfléchit et on apprend beaucoup dans ces moments là.

Bonne chance et bonne découverte Smile
/love


SI tu as lu mon premier post hier soir il intègre maintenant ma première publication, le troisième trip en somme Wink
Donc tu es en pleins voyage ?
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#10
Tiens je viens de remarquer que les alinéas ne sont pas pris en compte, étrange, il y a une astuce pour qu'ils restent après avoir posté ?
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#11
C'est parce que tu as dû écrire depuis un document texte ou autre et pas depuis l'éditeur du forum ? Difficile à prévoir, il faut prévisualiser avant de poster et voir ce que ça donne. Le mieux est d'écrire depuis le site directement (en faisant une copie avant de poster).
Mes trips reports : The Death of Utopia, The Begining of the Dream

Le lâcher prise, c'est accepter de redevenir un enfant.
----------------------------
Ce qui importe avec l’expérience psychédélique, ou plus généralement spirituelle, ce n’est pas la vérité que l’on croit toucher du doigt, mais bien le chemin qu’elle nous fait parcourir sur notre rapport au soi, aux autres et à la vie.
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#12
C'est typiquement le genre de trip que j'adore, en plus c'est super bien écrit et le fait que tu nous raconte tes petits problèmes perso et l'influence que ça a rend le TR parfait, je redemande mrgreen

De toute façon y'a pas de secret champi + nuit + nature = win !
GALA GALA
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#13
Wow, je n'ai pas été déçu de ta 3eme aventure, tu as bien su surmonter ton bad et la conclusion que tu en as faite est magnifique ! x)
Arf, c'est con pour ton dos en tout cas, ça finira par passer j'espère ? C'est pas trop grave ? En tout cas c'est bien tu as pu trouver l'argent pour l'inde ! Je suis content pour toi ! Wink
Et puis ça te fera une nouvelle aventure à nous raconter !
J'ai déjà eu le trip que tu as fais par le passé, l'impression d'avoir vécu le truc et de ne pas pouvoir revenir dessus et de me perdre à retenter l'expérience, l'impression de gâcher quelque chose et de baliser finalement de l'avoir fais, puis finalement même conclusion.
J'ai vraiment aimé comme tu le racontes, je l'ai revécu à travers toi, en tout cas tu me donne trop envie de me refaire un road trip ! Mais un truc de fou ! J'attends juste mon amie pour le faire.
Tu m'as bien motivé haha ! :p
L'homme est un fou qui pense pouvoir contrôler la vie, alors qu'il ne se contrôle pas lui même.
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#14
Plop !

La première chose qui me vient à l'esprit en lisant la suite c'est "quel courage tout de même". Je te souhaite de tout cœur d'arriver au bout de ta quête.
Quelle chance tu as eu de vivre cette expérience, belle leçon d'humilité pour des gens comme moi bien trop accroché à leur petit confort...
Effectivement ce nouveau récit est plus personnel mais tu retranscris parfaitement bien le "chamboulement intérieur" induit par le produit.
Ça m'a rappelé de vieux souvenirs...je n'ai pas repris de champis depuis 8 ans suite à un bad mémorable, mais ton approche m'encourage à renouveler l'expérience prochainement.
Je n'ai jamais eu la chance d'aller en Inde mais j'imagine que tu n'auras besoin de rien pour recevoir une claquounette derrière les oreilles...
C'est un pays qui semble avoir une richesse et une spiritualité vraiment hors du commun et que j'aimerais beaucoup découvrir également.
Prochain TR en Inde ? Wink
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#15
Oh oui ! Champi + nuit + nature égale = Win je confirme ! C'est un combo gagnant à tous les coups :p

Content Aiskhyne de t'avoir fait remonté quelques souvenirs et content de t'avoir motivé ! J'te souhaite plein de bonheur dans ton futur road trip Big Grin

Oh non Thas je ne pense pas que j'aurai besoin d'un quelconque psychédélique pour me prendre une claque en Inde. Là bas c'est une claque permanente et naturelle ! Tellement de couleurs, d'odeur, et de différence qu'on est vite tout chamboulé par cette atmosphère typique à ce pays. Et pourquoi pas si ça t'intéresse, peut être que je vous partagerais quelques uns de mes futurs écrits sur mon voyage.

En tout cas merci à vous tous, vos réponses m'ont fait chaud au coeur. Je suis content que vous ayez pris du plaisir à me lire. Et sincèrement moi j'ai pris du plaisir à me replonger dans cette aventure par écrit; donc c'est tout bon :p
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#16
Une super lecture :O
J'ai été accroché!

Le mysticisme de ces rencontres est magique!

Cet environnement que tu décris me rappelle un voyage que j'ai fait quand j'étais petit, on avais traversé les cosses en voiture
Ce désert dans la brume m'a marqué, même si le voyage n'a duré que quelques heures j'en garde des images très vives.
Et je me souviens avoir lu des aventures magiques qui se déroulait dans cet environnement (les livres "Ewilan" de bottero si je me souviens bien)
Du coup te lire me donne envie d'aller traverser ces bouts de france qui m'ont marqué, peut etre une diagonale vercors, vallée du rhone, plateaux ardéchois et gorges, les cévennes, les cosses pour aller jusqu'au pyrenées Smile
En Vélo peut etre, même si ca a moins de charme que des pieds
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#17
Og génial tu connais la quête d'ewilan ! C'est une des grandes lectures de mon enfance !!! Tu fais zizir mec :p
A la base je devais partir tout seul en vélo aussi. Puis les autres se sont ajoutés au groupe et on a décidé de faire ça à pieds. En tout cas j'te souhaite carrément bonne chance dans ton entreprise Big Grin
Niark niark niark ! Crap tignon crap crap ! Tignon !
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#18
Salut, je trouve que le coté "mystique" ressort lorsque tu parles d'amour, notamment pour ta mère. tu sais ayant eu des soucis avec la dope, je m'en suis sorti grâce à l'amour pour ma mère, aussi pour les gens qui m'entourent, mais le fait de parler de mes errements à ma mère (qui connait rien du tout à la dope), son attitude, son amour et son inquiètude sincère et forte m'ont bouleversé et amené à évoluer, en mieux, je croix.
en tout cas ton histoire est vraiment prenante.

la paix sur toi
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