Journal d'un faux-Tr
#1
Alors voilà, les Tr, les comptes-rendus plus ou moins linéaires et organisés m'ennuient autant qu'ils m’embarrassent. Je n'y arrive pas. Certains s'en sortent très bien, j'en suis admiratif. Pas moi. Le désordre est total dans mes expériences et il le reste plus tard. Pourtant ce n'est pas que je n'ai rien à dire mais je me sens comme parasité par la forme à choisir. Donc ici j'entreprends une espèce de "journal de drogue" sans queue ni tête, sans fil conducteur dans lequel je laisserai aller mes "réflexions", mes "idées" et autres évènements.

- Pour ne pas polluer le fil du forum je posterai seulement une réponse toutes les semaines et me contenterai d'éditer entre temps.

- Je mettrai le nom des drogues en gras. La quantité prise également si nécessaire.

- Et finalement je n'ai aucune idée de où cette idée va me mener. Sans doute nulle part. Si un quelconque étranger veut en faire de même sur cette même page je l'y invite évidemment.

Parti !
« Les Barbares s’entre-regardèrent silencieusement. Ce n’était pas la mort qui les faisait pâlir, mais l’horrible contrainte où ils se trouvaient réduits.
La communauté de leur existence avait établi entre ces hommes des amitiés profondes. Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie ; vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et l’on s’endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles. Puis, dans ce vagabondage perpétuel à travers toutes sortes de pays, de meurtres et d’aventures, il s’était formé d’étranges amours, — unions obscènes aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, l’aidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture ; et l’autre, enfant ramassé au bord d’une route, puis devenu Mercenaire, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d’épouse. »
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#2
MXE - Forte dose - Lorsque le possible réel, des plus grandes tristesses aux plus grandes joies, devient l’irréel, c'est-à-dire l'impossibilité à vivre que reste-t-il des "bastions" de notre vie ? Pourtant l'état de fixité ou d'extase connu sous MXE me comble alors qu'il n'est quasiment rien. Est-ce à dire que le corps seul régit nos émotions et nos quêtes ?

MXE - Forte dose - Le réel aboli ne revient hélas pas à la mise en place de l’irréel comme réalité première. L'irréel demeure ce qu'il est et semble comme phagocyter le réel. De là je me pose la question ; où trouver le bonheur ? Dans l'instant il est au cœur de la substance - de moi ? - mais pour mon retour à la réalité, si tant est qu'elle existe ?

MXE - Forte dose - Le bonheur dans l'être unicellulaire capable d'un seul et même mouvement répété. Je pense à l’éternel retour de Nietzsche. Advenir à un état où répéter sa vie à jamais soit la plus belle des félicités. Je me souviens m'être vu capable de cela dans mes visions. J'étais quelque part à la bordure des temps, adossé à une pierre blanche et baigné d'une obscurité totale, un seul mouvement de balancier me portait, un seul et toujours le même et pour toujours ; la volupté absolue. J'eusse aimé ne jamais devoir m'éveiller. L'être avant l'être peut-être ? Le MXE comme un panorama de l'avant-naissance, quand il n'y avait pas encore de foutu compte à rendre ?

LSD - Dose moyenne - Modulable à l'infini. Une possibilité qui semble en cacher une autre, un amour léger d'abord, grandissant puis universel. Chaque mot, chaque rire comme une émotion exacerbée dans quelque sens que ce soit. Du vide à la plénitude, de l'amertume à la libération. C'est la vitesse qui prend son temps. Le cerveau à deux mille à l'heure qui se cherche et se cherche pour ne trouver qu'une idée semple, la seule qui en vaille la peine. L'entre les choses, ni la fin ni le début.

LSD - "Je te le dirai quand je l'aurai oublié", et quoi d'ailleurs ? Cette espèce de certitude qui demeure dans le cœur du cœur. On ne sait plus tout à fait mais l'on se souvient. On sent quelque part le pouls des choses.

LSD - Ce n'est pas ouvrir une porte, voir un monde parallèle. Ce n'est pas que cela en tous cas. C'est comme des portes que l'on aurait oublié, lointaines, derrière nous, qui attendent. L'enfance sans doute. Une eau claire, une main, une aurore. C'est le plaisir pris aux petites choses, l'instant vécu pour l'instant et sachant partout respirer. Il ne s'agit pas d'intensité mais de justesse. Une petite musique.

LSD - Un mécanisme s'engage, une réflexion commence. Je cherche à mettre des mots, à clarifier. ça file, ça fuit comme un rêve. Je prends mon chat dans mes bras, je le regarde ; il est beau, il l'est toujours avec ou sans drogue, là n'est pas la question. Mais peut-être la réflexion n'était-ce que cela - la réflexion d'une lumière vers un ailleurs. Que la boucle de la pensée aussi complexe soit-elle n'est finalement qu'un petit point simple, à nu, d'une importance cruciale. Voir et aimer.

6-APB - Forte dose - Mon bonheur présent. Factice. Ma haine future, dégoût inlassable. Factice également ? Cet homme auquel je parle et qui ne m'intéresse pas, qu'on me force à aimer pour quelques heures, saurai-je l'aimer encore, plus tard, lorsque je serai seul et sans aide ? Ce n'est même plus le manque de profondeur, c'est l'absence. Il faudrait seulement danser, danser et crier et rire. Ne pas parler surtout. On se renie trop vite ensuite.

Drogues - La place qu'elles occupent dans ma vie, chaque jour grandissante, est-elle justifiée ? N'est-ce pas retrancher, réduire le reste, tuer peu à peu la beauté nette pour de l'artificiel ? Saurai-je encore rire sans, aimer sans, vivre sans ? Il n'est pas bon de prendre et d'ingérer tous les plaisirs qui s'offrent à nous.

MXE - Cette fois presque rien ne se passe. Je ne comprends pas. Je veux décoller dans le grand tourbillon, là où mon corps et la jouissance ne font qu'un. Plus d'introspection, plus de mémoire, plus de vie. Là où l'on touche à la saleté du bonheur. Mais rien. Je reste sur terre, sur un lit bancal avec mon être bancal qui pense et qui pense et qui voit sa souffrance lui revenir en pleine face.

MXE - Tous les désirs condensés dans un seul et immense "vouloir". Je désire toutes les possibilités sans pouvoir me mouvoir. Au fond qu'est-ce le désir si ce n'est une pensée, une idée en devenir-de-mort ?

LSD - Dose moyenne - Avec ma copine on veut jouer. Se faire peur, se faire mal. La vie résonne comme une farce faite à soi. On joue, on joue et je me perds dans le jeu. Je vais loin, trop loin. Je touche au point sensible de sa douleur d'existence. Elle me le reproche, elle a raison mais je l'accepte à peine. N'est-pas que nous étions en train de jouer ? Je n'entrevois plus les limites. Je ne veux pas faire mal. Je fais mal. Comme étroitement lié ma laideur paroxystique à ma beauté. La pénombre de moi-même à l'éclat. Et l'entre-deux ?
« Les Barbares s’entre-regardèrent silencieusement. Ce n’était pas la mort qui les faisait pâlir, mais l’horrible contrainte où ils se trouvaient réduits.
La communauté de leur existence avait établi entre ces hommes des amitiés profondes. Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie ; vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et l’on s’endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles. Puis, dans ce vagabondage perpétuel à travers toutes sortes de pays, de meurtres et d’aventures, il s’était formé d’étranges amours, — unions obscènes aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, l’aidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture ; et l’autre, enfant ramassé au bord d’une route, puis devenu Mercenaire, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d’épouse. »
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#3
MXE - La vie seul n'a plus aucun intérêt. J'ai perdu le secret qui réside en moi-même. La vie seule présente un intérêt.

LSA - Vomir pendant trois heures. C'est frais les toilettes, c'est familial. On s'y sent toujours comme chez soi.

2c-c - Haute dose - Je désire tout ce que je peux désirer et peut-être est-ce là la mort du désir, sa surabondance ? Je n'ai plus le besoin d'assouvissement, j'ai rendu le désir fou et moi avec. Quelque chose de plus haut m'appelle ; une autre molécule (LSD), une voix, une porte... rien de nouveau ?
« Les Barbares s’entre-regardèrent silencieusement. Ce n’était pas la mort qui les faisait pâlir, mais l’horrible contrainte où ils se trouvaient réduits.
La communauté de leur existence avait établi entre ces hommes des amitiés profondes. Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie ; vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et l’on s’endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles. Puis, dans ce vagabondage perpétuel à travers toutes sortes de pays, de meurtres et d’aventures, il s’était formé d’étranges amours, — unions obscènes aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, l’aidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture ; et l’autre, enfant ramassé au bord d’une route, puis devenu Mercenaire, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d’épouse. »
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#4
Ben alors Machine, qu'est-ce qui t'arrives? Tu boucles ou bien?
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#5
C'est mon tambour défectueux, il en a trop pris.
« Les Barbares s’entre-regardèrent silencieusement. Ce n’était pas la mort qui les faisait pâlir, mais l’horrible contrainte où ils se trouvaient réduits.
La communauté de leur existence avait établi entre ces hommes des amitiés profondes. Le camp, pour la plupart, remplaçait la patrie ; vivant sans famille, ils reportaient sur un compagnon leur besoin de tendresse, et l’on s’endormait côte à côte, sous le même manteau, à la clarté des étoiles. Puis, dans ce vagabondage perpétuel à travers toutes sortes de pays, de meurtres et d’aventures, il s’était formé d’étranges amours, — unions obscènes aussi sérieuses que des mariages, où le plus fort défendait le plus jeune au milieu des batailles, l’aidait à franchir les précipices, épongeait sur son front la sueur des fièvres, volait pour lui de la nourriture ; et l’autre, enfant ramassé au bord d’une route, puis devenu Mercenaire, payait ce dévouement par mille soins délicats et des complaisances d’épouse. »
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#6
Certains passages me rappelle le "mythe de Sisyphe" de Camus. Mais l'équation des drogues ... Ce qu'elle laisse derrière elle, ce qu'on laisse derrière nous ...
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