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DXM 720mg + Pamplemousse - The Rise and Fall of Conscience Cube

#1
Disclaimer : Bon, avant toute chose, on va mettre une chose au clair : J'ai fait mon gros con irresponsable. Ça fait plus ou moins trois ans que j'ai pas touché un truc un tant soit peu violent (la dernière, c'était des champis à Amsterdam, toujours avec Mario), j'avais pris qu'une fois du DXM, une semaine avant, 500mg. Tout ça pour dire, niveaux drogues, je suis largement revenu au stade de newbie. A la base, ce trip, j'pensais le faire "480mg, j'augmente un peu la dose si ça se passe bien mais c'est tout". Au final, j'suis monté à 720mg avec le pamplemousse blanc. Alors oui, ça s'est bien passé en fin de compte, mais vu l'état dans lequel j'étais, ça aurait pu être complètement autre chose. Un trop plein d'enthousiasme, sans doute couplé à une bonne dose d'arrogance/insouciance en somme toute prépubère m'a poussé trop loin, par chance j'ai pas fait de connerie, mais la raison impose qu'un néophyte comme moi ne prenne pas autant pour son deuxième trip sous DXM. C'est dangereux, et en plus, vous avez tout votre temps pour monter à des doses équivalentes.
Point beaucoup moins important, je m'excuse par avance du style bien lourd du texte, j'ai pas réussi à m'en débarrasser, ahah. Et ça manque aussi beaucoup de réflexions intelligentes sur mon trip, mais en même temps, je maitrisais vraiment plus grand chose, du coup pour les révélations existentielles faudra attendre une autre expérience.



(Pour une meilleure vision d'ensemble, vous pouvez lire le TR de Mario ici : http://www.psychonaut.com/dxm/43045-dxm-...relle.html)

Before the Beginning

Donc ouais, j'arrive chez Mario vers 14h30/15h, on boit directement le jus de pamplemousse blanc que je venais d'acheter, et on vaque à nos occupations. Le temps passant beaucoup trop lentement à notre goût, on se décide enfin à se poser devant Spaced, histoire de se vider un peu le crâne.

18h30, on commence à prendre nos cachets. Pour Mario, la dose avoisine les 550 mg, pour ma part, je décide de la jouer plus calmement, n'en étant qu'à ma seconde prise de DXM : 450mg devraient faire l'affaire. Au pire, il nous reste suffisamment de cachets pour recalibrer tout ça par la suite.

Les épisodes de Spaced s'enchainent, la montée ne se montre toujours pas. Jusqu'au moment où la série ne fait plus aucun sens. J'ai beau avoir vu ces épisodes des dizaines de fois, impossible de les suivre ni de les comprendre. Parfois j'oublie même carrément qu'on est en train de regarder une série, je décroche totalement. Plateau 2, enfin. Avec Mario, on essaye de se lever, juste pour réaliser que se tenir debout tient du miracle. Effets normaux, quoi. On se repose devant la série, dans l'espoir de finir l'épisode, mais impossible. Finalement, on lance de la musique, et on se pose.

Going Inside

Même si le plateau 2 est plutôt marrant, j'avais quand même vraiment hâte de passer au troisième. Si c'est du à cette volonté, au nombre de cachetons ou à la prise progressive de ces derniers, je ne sais pas, mais le changement de plateau se fait extrêmement rapidement. La chambre dans laquelle on est, sans véritablement changer dans sa structure et son organisation, se transforme en vaisseau spatial. Il est encore pas trop tard, sans doute 20h, au plus tard, 20h30, mais dehors, tout est noir. Pas un noir nocturne, un noir spatial. Je sens la chambre qui file à travers le vide spatial à toute vitesse, l'inertie me cloue sur le lit. De temps à autre, la lumière revient à l'extérieur, et même si rien n'a vraiment changé au dehors, je sais que nous ne sommes plus dans le petit village où nous étions. Tout est nouveau, inconnu. Les arbres que je voyais, aussi terrestres soient-ils, m'apparaissaient comme étrangers, insolites. Impossible de savoir si j'étais sur une nouvelle planète, ou si j'avais simplement perdu mon identité terrienne. Les dimensions de la chambre sont aléatoires, tout change d'une seconde sur l'autre. Le temps n'est pas en reste, tout semble durer une éternité, et j'ai vite l'impression que nous voyagions depuis toujours.

Un petit flashback s'impose pour la suite : Depuis quelques temps, j'ai tendance à trouver toutes formes d'occupations pour fuir mes problèmes plus importants. Il y a quelques jours, avec Mario, on a téléchargé Minecraft, pour enfin essayer ce Lego virtuel. Lui ne s'y est pas vraiment penché, mais j'ai finalement passé deux jours entiers à empiler des briques les unes sur les autres.
Résultat, pendant ce voyage interplanétaire, la chambre a commencé à se transformer, progressivement, en amas de cubes. Des cubes que je pouvais détacher les uns des autres, remodeler à l'infini. Pouvais, simplement, car je n'ai pas mis l'idée en pratique : Elle me semblait inutile, et pas vraiment pertinente. En revanche, je sentais que j'étais une anomalie dans ce monde cubique. Moi, plein de courbes et autres formes ondulées. J'ai donc décidé de devenir un amas de cubes. Mais j'étais encore trop complexe. Un cube, simple et unique, voilà ma véritable forme. En tant que cube, je n'avais plus à répondre aux limitations de mon corps humain. Plus de gravité, plus de besoins. Le vaisseau n'avait plus vraiment de sens, je l'ai donc quitté, pour voyager en bon cube que j'étais. Même si j'avais perdu ma conscience humaine, je possédais toujours une certaine forme d'existence. Cubique, mais concrète. Les atomes filaient à toute vitesse autour de moi, dans le chaos le plus pur qu'on puisse concevoir. On pense souvent à l'Univers comme une sorte de Tout harmonieux, infini dans le temps et l'espace, immuable, moi y compris, convaincu de mes opinions panthéistes. Mais cet Univers là, s'il était nôtre, ne correspondait pas du tout à cette image. Ses dimensions, son fonctionnement, sa base la plus fondamentale, fluctuaient à chaque instant. J'étais la Conscience Cube au centre de l'Univers, et je voyais que cela ne signifiait rien. Ou tout. Ou probablement les deux à la fois.

Je suis vite retourné dans le vaisseau, là où les choses pouvaient encore avoir un sens, ou du moins, une constance. Les cubes avaient disparu, j'avais retrouvé notre monde. Ça faisait une éternité qu'on voyageait dans cet engin, sans but apparent. Cette fois, tout est resté noir à l'extérieur. De nouveau pris par mes considérations humaines, j'ai voulu fumer une cigarette. Avec beaucoup de difficultés, j'essaye d'en rouler une. Mais le résultat ne me convient pas : Ma cigarette est en six dimensions, et ne peut définitivement pas convenir à ma bouche en trois dimensions. J'essaye d'en rouler une deuxième, avec les mêmes difficultés, et le même résultat dimensionnel. Avec toujours autant de détermination, j'essaye de rouler une deuxième feuille par dessus la première, pour compresser les six dimensions et n'en conserver que trois, sans succès. Déçu par le résultat, je finis par déchirer ces mêmes dimensions, que je refuse, qui ne conviennent pas au monde dans lequel elles évoluent (on retrouvera finalement les restes de cette cigarette le lendemain, avec les cicatrices de ces dimensions superflues). Mario me roule finalement une cigarette, celle-là convient, et je peux enfin résoudre mes problèmes dimensionnels.

A Fall Thru The Ground

A partir de là, les choses deviennent beaucoup plus floues. J'ai vu que je pouvais tenir cette dose, et que je pouvais aller plus loin. Avec Mario, on décide de finir nos deuxièmes tablettes respectives. 720mg dans le gosier, donc. 12mg/kg dans ma face. On continue nos divagations. De mon côté, mon corps recommence à faire n'importe quoi, J'ai un troisième bras qui pousse sur mon coude gauche, et qui existe en alternance avec son voisin, selon la position que je lui donne. J'ai des ventouses sur le bout des doigts, mes jambes s'allongent, se raccourcissent, pour finalement se stabiliser à une taille qui doit pas dépasser la vingtaine de centimètres.

Et là, trou. J'imagine que j'ai touché le plateau 4. Je sais pas combien de temps il s'est passé, ce qui était vrai ou non. J'ai purement arrêté d'exister, plus rien, plus de conscience, plus d'univers, plus rien. C'est la voix de Mario qui m'a arraché au vide. J'ai eu beaucoup de mal à reconstituer le monde autour de moi, mais j'ai finalement réalisé que j'étais dans les chiottes de la maison. Sans savoir comment j'avais pu arriver là, ni depuis combien de temps, ni pourquoi. Mais le vide m'a très vite aspiré à nouveau, et j'ai arrêté d'exister à nouveau, pour une durée de temps indéterminée (je contrôlais absolument rien, ça partait et ça venait sans prévenir et sans me laisser la moindre once de décision). C'était vraiment une sensation bizarre (bien plus que d'être un cube dans l'espace, en tout cas) : Je non-existais en tant que néant, j'étais le néant, sans conscience, sans forme, sans contexte. Enfin je dis "non-exister", mais tout vocabulaire qui s'apparente à l'existence est pas adapté. Ni celui de la mort, je ne l'étais pas, car je n'avais jamais vécu. Je sais pas si y'a des fans de Doctor Who ici, mais j'imagine que ça doit plutôt bien correspondre à se faire aspirer par une des failles de la saison 5 de la nouvelle série. J'ai vraiment du mal à expliquer la forme de conscience que j'avais, parce que je devais en avoir une quand même, faute de quoi j'pourrais pas vous raconter ça. J'imagine que ça doit correspondre à une sorte de blip de conscience, une activité cérébrale réduite au minimum, mais juste assez suffisante pour pas mourir cérébralement. Bref, il n'y avait véritablement plus rien.

Bref, Mario m'appelle une seconde fois, même reconstitution difficile du réel, mêmes chiottes. Cette fois, j'arrive à me concentrer suffisamment pour me lever et me rediriger vers la chambre. Enormément de mal à marcher, déjà jusqu'à la porte des toilettes, mais le reste du trajet est encore plus difficile. Le couloir est éteint quand j'y arrive, tout est noir. Je marche littéralement millimètre par millimètre pour rejoindre Mario, et à vrai dire, mes bras me sont bien plus utiles, plus fiables, que mes jambes. La chambre baigne dans un rouge évolutif, tantôt orangé et chaud qui me fait suffoquer, tantôt un rouge brumeux, plus terne, qui m'évoque une scène onirique dans l'art-game The Path (très proche de ça, en fait The Path (PC) - Ruby's Ending - YouTube). Je m'allonge sur le lit, à côté de Mario, qui en profite pour me prendre dans ses bras. D'un côté, je me sens rassuré, mon corps revient petit à petit, je sens mon existence qui reprend, mais de l'autre, je commence à ressentir une douleur assez violente. J'ai l'impression qu'on vient de nous jeter dans un bac d'acide et que, malgré notre dissolution, nous existons toujours avec la même perception, les mêmes sensations, et cette douleur ne disparait pas. On a totalement fusionné, et mon corps n'est pas prêt pour ça. Mario retourne à son activité du moment (expérimenter des dxm-holes en se mettant les mains devant les yeux, mais il vous l'expliquera bien mieux que moi dans son TR), et moi, je ressens à nouveau mon corps disparaitre. Cette fois, je sens le néant arriver, mais l'impuissance reste la même. Le reste de l'univers et moi-même disparaissons à nouveau, mais cette fois, j'ai l'impression que ça se passe sur une durée objective beaucoup plus courte. Quand je reviens à moi, Mario a toujours les mains sur les yeux.

One More of Me


A partir de là, je commence à redescendre. Il n'y aura plus de vide. Toutes les textures de la chambre ont changé, ma vision grésille, comme une vieille pellicule de film. Des glyphes en vert pomme-radioactive défilent au plafond, la chambre baigne toujours dans le même rouge, mais cette fois, il ne flotte plus dans l'air, il s'est imprégné dans les murs et les objets. L'occasion, me semble-t-il, de quelques câlins supplémentaires avec Mario, cette fois bien moins ambivalents que le premier. Le vide avait beau être parfait, j'étais heureux de revenir à la réalité, et je recommençais à ressentir des émotions humaines, l'amour, en particulier, une sorte d'overdose euphorique envers Mario.

Mon corps revenait peu à peu à lui, ainsi que ma lucidité, et mon cerveau a d'un coup réalisé quelque chose : J'avais perdu tout contrôle de mon corps pendant la soirée, et je transpirais comme jamais. Et j'avais la sincère impression de m'être chié dessus. Du coup, je retourne aux chiottes, en pleine conscience, cette fois, pour régler la question. Finalement, rien du tout, juste une psychose qui, je pense, est plutôt normale après un trip pareil. Par contre, le reste est moins agréable. J'ai beau redescendre, je suis toujours encore salement trippé, et mon corps est distordu à l'extrême. Je suis maigre, affreusement maigre, jauni. Comme le corps d'un cancéreux en phase terminale, qui enchaine chimiothérapie sur chimiothérapie. J'imagine que c'est un mélange de beaucoup de choses dans ma psyché, déjà, la hantise de mon poids (60kg pour 1m90, beaucoup trop maigre même dans la réalité), et de vieilles réminiscences comme la dernière vision que j'ai eu de mon oncle sur son lit d'hôpital, la veille de sa mort d'un cancer particulièrement agressif. Mes poils s'organisent dans des configurations complexes et raisonnées, prennent des formes torturées (avec le recul, je réalise que ça rejoint assez l'esthétique de Tetsuo, de Shinya Tsukamoto). Mon corps me dégoûtait, simplement. J'avais quitté la dimension du néant, et je m'étais pas encore habitué au monde physique.

Je retourne dans la chambre, avec plus de facilité que précédemment, mais la psychose reste, amplifié cette fois par mon dégoût corporel. Je n'ai plus que la peau sur les os, peau que j'étire à volonté, qui m'effraie car vide de toute chair. J'essaye à nouveau de me rouler une cigarette, toujours autant de mal, et Mario vient une nouvelle fois à ma rescousse en m'en roulant une. La chambre n'a pas changé d'atmosphère, et les glyphes au plafond défilaient encore plus vite que précédemment. Très vite, ma hantise a repris le dessus, et j'ai du retourner aux toilettes pour apaiser mes craintes, à nouveau. Mon corps empirait de plus en plus, et mon cerveau n'arrangeait rien. Et si j'étais totalement redescendu, et que ce corps, ce monde, était la vraie réalité, celle que je devrais supporter jusqu'à la fin de mes jours ? La peur que je ressentais était pourtant totalement artificielle, je savais qu'elle n'était qu'une coquille vide, et elle se transformait bien vite en un simple agacement, comme un moustique qu'on entend tourner autour de soit quand on est dans son lit, en train d'essayer de dormir. Pourtant, mon corps n'arrêtait pas de changer, et cette fois, dans des proportions inquiétantes. Je sentais ma cage thoracique doucement se contracter, s'écraser à l'intérieur de moi. J'essayais de tirer mes côtes pour les ramener à leur place originelle, et le premier véritable élan de conscience réelle est arrivé : Je me suis arrêté net, réalisant que je pouvais facilement me briser une côte ou quelque chose dans le genre, n'ayant toujours aucune perception réelle.

After the Ending

Je suis une fois encore retourné dans la chambre, et à partir de là, la fin de soirée n'a été qu'un enchainement d'aller/retour aux toilettes, cette fois, beaucoup plus dans une optique malsaine d'observer ce corps qui me repoussait tant et observer mon lent retour à la clarté d'esprit. Vers 2h du matin, je suis suffisamment redescendu, j'me sens complètement crevé. J'fais signe à Mario que j'vais me coucher, et j'm'endors aussi sec. J'me réveille un peu avant huit heures, pas vraiment crevé sur le coup, mais la fatigue reviendra dans la journée. J'ai encore subi quelques relents le lendemain et le surlendemain (principalement un gros manque d'appétit et une bonne grosse flemme), mais rien de véritablement notable.

Du coup ouais, je partais pour un trip posé en plateau trois, j'ai joué au con, j'me suis pris une bonne grosse claque dans la tronche. J'regrette pas le trip en lui-même, l'expérience était intéressante, mais par contre, je trouve ça vachement triste de plus avoir toute ma tête pour avoir de vraies réflexions sur ce qui m'arrivait. Du coup, le DXM, j'vais probablement attendre un bon moment avant d'en reprendre, et même là, j'partirai sur des dosages moins élevés. La prochaine fois, j'aimerais bien pouvoir avoir au moins une pensée constructive dans la soirée, ahahah.
#2
Hop, au tour d'Ann.


Olé, gros plateau 3 direct! En fait le plateau 3 c'est pas forcément une dissociation du corps.... Non, ça se sent direct. Le P3 c'est cette lucidité, cette intelligence des choses.


L'histoire des cubes est limpide, magnifique, complètement en dehors de la réalité contingente.


Même fumer une cigarette devient une gageure... c'est typiquement le genre de réfléxion faite sous psyché:


Citation :Mais le résultat ne me convient pas : Ma cigarette est en six dimensions, et ne peut définitivement pas convenir à ma bouche en trois dimensions
J'ai tout compris et cette réalité n'est pas d'accord avec moi! On est très loin du mindfuck ordinaire du DXM.


Citation :Déçu par le résultat, je finis par déchirer ces mêmes dimensions, que je refuse, qui ne conviennent pas au monde dans lequel elles évoluent (on retrouvera finalement les restes de cette cigarette le lendemain, avec les cicatrices de ces dimensions superflues).
Haha mort de rire!

Citation :Et là, trou. J'imagine que j'ai touché le plateau 4. Je sais pas combien de temps il s'est passé, ce qui était vrai ou non. J'ai purement arrêté d'exister, plus rien, plus de conscience, plus d'univers, plus rien. C'est la voix de Mario qui m'a arraché au vide. J'ai eu beaucoup de mal à reconstituer le monde autour de moi, mais j'ai finalement réalisé que j'étais dans les chiottes de la maison. Sans savoir comment j'avais pu arriver là, ni depuis combien de temps, ni pourquoi. Mais le vide m'a très vite aspiré à nouveau, et j'ai arrêté d'exister à nouveau, pour une durée de temps indéterminée (je contrôlais absolument rien, ça partait et ça venait sansprévenir et sans me laisser la moindre once de décision). C'était vraiment une sensation bizarre (bien plus que d'être un cube dans l'espace, en tout cas) : Je non-existais en tant que néant, j'étais le néant, sans conscience, sans forme, sans contexte. Enfin je dis "non-exister", mais tout vocabulaire qui s'apparente à l'existence est pas adapté. Ni celui de la mort, je ne l'étais pas, car je n'avais jamais vécu. Je sais pas si y'a des fans de Doctor Who ici, mais j'imagine que ça doit plutôt bien correspondre à se faire aspirer par une des failles de la saison 5 de la nouvelle série. J'ai vraiment du mal à expliquer la forme de conscience que j'avais, parce que je devais en avoir une quand même, faute de quoi j'pourrais pas vous raconter ça. J'imagine que ça doit correspondre à une sorte de blip de conscience, une activité cérébrale réduite au minimum, mais juste assez suffisante pour pas mourir cérébralement. Bref, il n'y avait véritablement plus rien.

Oh, un trou. Mmh, cet arrêt d'existence à haute dose est une affaire qui refait surface, j'en avais pas entendu parler depuis mon trip à 760 mg :


moi a écrit :
D'un coup j'ai tout oublié. Je regarde le ciel plein d'étoiles qui brillent les unes après les autres dans un ordre bien précis, et je me dit que c'est mon rôle de rester là et de survivre, que je suis bloqué dans l'instant. Une pensée qui à la fois m'effraie et me rassure fait sa place: Je suis loin de tout, loin de ma famille, loin de ma vie, de mes projets d'études, des filles, de tout le reste. Tout mon univers c'est cette espèce de ciel grillagé, cette matrice dans laquelle je me ballade, ces points sur la grille, tout ce passe ici.

Quelque chose comme ça?


Bon, il va falloir appeller ça un dex-hole ce que tu as vécu, parce que sinon on n'y arrive pas. Peut-être que lire ton TR après celui de Mario biaise ma lecture, mais il me semble que tes "holes" étaient plus purs que ceux de Mario, qui décidait de lui-même de partir et de revenir. Ton abcense d'existence me semble plus... claire, même si au fond vous avez vécu quelque chose de proche (et de simultané, à peu près).


Pourtant tes "holes" ne correspondent pas non plus à un P3 tel qu'il est documenté d'ordinaire... ton voyage comme cube, lui, y correspond mieux. Ton trou serait donc un P4 sans l'aspect ultra-psychédélique décrit par la DXM FAQ (NDE, projection astral, extraterrestres...)


alors, qu'est-ce que c'est que ce "dex-hole" bizarre dans lequel moi aussi j'ai été un instant?


Je pense que c'est un moment où le DXM exprime toute sa puissance, nous détache de la réalité, sans nous mettre quelque chose dans les yeux pour visualiser une autre réalité. Mmhh.... mon hypothèse c'est qu'on tombe dans le trou quand on a pris trop de DXM pour pas assez de connaissance du truc. Connaissance qui est pour moi encore un mystère complet. Qu'est-ce qui fait que parfois le DXM nous fasse nous envoler dans un voyage super-lucide sur d'autres galaxies, alors qu'à d'autres moments il nous "débranche" sans trop nous demander notre avis?


Je crois qu'il y a là-derrière un truc louche que j'appellerai "potentiel spirituel de prise de conscience psychédélique", qui se construit avec le temps, et qui s'épuise lors d'un trip. Toi, qui a passé 3 ans sans psyché, tu avais un gros potentiel, et Mario, qui a enchaîné pas mal de prods ces derniers temps, a déjà eu plein de révélations (sous champis entre autres), qui ont épuisé son potentiel. D'où la différence des niveaux de trips.


L'ammorce de descente te replace rapidement dans le trip psyché-like, avec les déformations visuelles, etc. Ah la vache, le bad sur ton corps! Confusedhock:


Merci pour le TR, le croisement avec celui de Mario est très instructif!


Je ne peux que plussoyer ton idée de te calmer sur les doses et d'espacer les prises. Trop de DXM tue le DXM. Ah, et les pensées constructives.... prends autre chose, plutôt, parce que le dextrométhorphane c'est pas la panacée. Tes pensées sont déjà grave constructives (les cubes, toussa) comparées à ce qu'on vit d'ordinaire au DXM.


Ah, et t'as l'air d'un mec bien sympa!
#3
Citation :Quelque chose comme ça?

Je me retrouve dans l'immobilité et la distance, beaucoup moins dans le reste. Enfin ce sentiment d'isolation mélangé au confort et à la crainte, j'le sentais entre les trous, quand j'avais tout mon environnement qui se remodelait autour de moi. Cette impression d'auto-suffisance dans le peu d'espace-temps existant, tout ça. Les trous en eux-même sont vraiment beaucoup plus brouillés, d'autant plus qu'on dirait que ma mémoire essaye de les combler (le premier surtout, les deux autres sont pas trop endommagés) avec d'autres événements de la soirée (notamment le passage sur le dédoublement de mon bras et autres distorsions corporelles, j'ai l'impression qu'il tourne comme un disque rayé). Ou alors c'est véritablement des bribes de mémoire qui reviennent, parce que dans tous les cas, y'a du avoir un moment où je me suis trainé aux toilettes, quand même.

En essayant de la purger le plus possible des interférences... C'est "creux". Pas de pensée sur l'instant, pas d'équivalent de ciel grillagé ou d'espace dans lequel se "ballader", c'est des notions qui me paraissent ne même pas coller à la situation. Je fonctionnais un peu comme sur un mode d'existence brut, juste assez pour exister (le blip de conscience dont je parle dans le TR), mais pas assez pour avoir un environnement, ou même des dimensions. Pour les pensées en elles-même, assez dur de donner un avis arrêté, c'est le truc le plus chiant à se remémorer, mais avec tous les efforts du monde, j'arrive pas à m'en rappeler d'une seule, pas même la plus simple.

Après j'ai cru comprendre (et je le vis un peu, aussi, ahah) que le DXM endommageait énormément la mémoire du trip, du coup c'est tout à fait possible que mon cerveau ait simplement supprimé certains "détails" de ces trous. Du coup ça les rapprocherait énormément de ta propre expérience, les notions spatio-temporelles en moins.

Citation :Je pense que c'est un moment où le DXM exprime toute sa puissance, nous détache de la réalité, sans nous mettre quelque chose dans les yeux pour visualiser une autre réalité. Mmhh....

Là du coup ça me parle beaucoup plus. J'ai pas vraiment de souvenir clair du "détachement" (même le dernier, je l'ai senti arriver, mais après ma mémoire plante), mais si on part du principe qu'il s'est fait de la même manière que le "rattachement", alors c'est tout à fait ça. 'Fin la reconstruction dont je parle dans le TR s'apparente vachement à une distorsion comme celle que j'ai subi avec le monde qui se transformait en cubes, par exemple (truc lent et bien subtil, pas un truc du style "ah tiens, tout est en cubes d'un coup") sauf que là, la transformation se fait à partir du vide. Un peu comme si la transformation des cubes était le passage d'un point A à un point B sur un segment, alors que la reconstruction se faisait de la partie infinie d'une demi-droite à son point fini.

Citation :Je ne peux que plussoyer ton idée de te calmer sur les doses et d'espacer les prises.

Etonnamment, j'suis plutôt prudent sur ce genre de trucs à la base, ahahah. J'étais quand même parti pour faire un trip à 480mg initialement, "voire un peu plus si jamais". J'pensais pas finir les deux boites, mais le trip m'est un peu trop monté à la tête ("uhuh, trop cool, je trip trop c'est la fête") et mon moi défoncé s'est bien trop emballé. C'est clairement un truc qu'il faut que j'approfondisse par la suite dans mes expériences, le contrôle des quantités pendant le trip si je veux faire ça plus sainement. Surtout que dans ce trip, j'ai aussi poussé Mario à prendre plus, sur le coup j'étais beaucoup trop con pour réaliser ma stupidité, mais objectivement, c'est quand même super malsain (genre je pouvais pas augmenter les doses tout seul dans mon coin, non, fallait que je l'entraine avec moi tant qu'à faire) et absolument pas RdR (là on avait "que" 720mg de DXM chacun, ça aurait donné quoi avec des plus grosses quantités ou une autre drogue ?).

Merci pour ta réponse en tout cas ! Ça me permet de remettre encore un peu plus d'ordre dans tout ça, et à vrai dire, c'est pas de refus. :lol:
#4
Bon, mon ciel grillagé, c'est exactement le genre de souvenir ultra-flou qui prends toutes la place, justement parce que c'est bien le seul. Je me retrouve dans ce que tu décris niveau cognitif: pas de pensées, pas de mémoire. Un trou, quoi. Ça me semble bien quelque chose d'équivalent ce qu'on a vécu, toi, Mario et moi, même si dans des variantes légèrement différentes. On pourrait noter:
- Quasi-absence de conscience
- Quasi-absence de souvenir
- Impression de vide prégnante

Ce qui ressemble à ce qu'on a eu tous les trois.

Le coup de l'atterissage demi-droite à point fini, c'est exactement comme ça que je l'ai vécu: redevenir Styloplume. Ça a été un peu galère, le vide était plus comfortable que toutes les pensées dégueulasses qui sont venues après.

Bien bien, grâce à vos deux TRs j'ai pu comprendre un peu plus le DXM :thumbsup:
#5
Héé génial le double TR, ca c'est kiffant!! Smile

Bon, dejà, oui, il va falloir controler les redrops. Surtout que vous n'étiez apparament pas au courant qu'un redrop de DXM a certaine particularité, l'effet n'est pas juste augmenté, ca change la nature du trip,( je pense que c'est comme ca qu'on atteint le plateau sigma, non ? ). Donc c'est un double imprudence, de redropper sans un controle lucide des doses ,et sans une connaissances parfaite du produit.

Alors le coup de la cig en 6D, excellent xD!!!

Le cube, ca me parle a fond ; Le Cube comme quadrature du cercle, l'escence avant l'etre ; "Les atomes filaient à toute vitesse autour de moi, dans le chaos le plus pur qu'on puisse concevoir" ; le chaos précédent l'acte créateur, la base isolée contenant comme une graine des potentialités paradoxales, le Tout et le néant... DXM quoi Smile

Dans mon dernier voyage DXM, le cube qui s'était imposé était symbole de Dieu, ou d'une dynamique divine

Après coup, tu en retires quoi tu penses? Qu'as tu pu extraire ? (si tu peux l'exprimer)
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#6
Ah si, pour le plateau sigma en plus j'avais lu des trucs dessus, mais comme je le dis plus haut, j'avais clairement pas suffisamment de cerveau sur le moment pour réaliser que je déconnais à faire un redrop comme celui-là en plein milieu du trip. Je pense que ça me servira de leçon pour la suite n_n

Ce que j'en retire... Très peu de réflexions, en fin de compte, même post-trip, j'ai du mal à analyser tous ces éléments pour en arriver à des conclusions, j'essaye beaucoup plus de focaliser sur les sensations, les ressentis, et essayer de m'en inspirer un peu pour ma musique, qui en a bien besoin en ce moment. 'Fin au final, ça fait que me conforter dans l'idée que je devrais apprendre à vivre un peu plus au premier degré, moins me prendre la tête quand y'en a pas besoin. J'ai une forte tendance à la branlette intellectuelle, et ça a tendance à pourrir un peu tous mes projets et ma vie en général, et la conclusion "j'ai rien à intellectualiser dans ce trip" tend à montrer une fois de plus que ça me mène en effet un peu à rien.

Comme quoi, j'aurai quand même réussi à sortir une morale à deux francs de tout ça, ahah. Ça me lâche vraiment pas.


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