DROGUE ET LIEN EMOTIONNEL (THEORIE)
#1
J'aime bien théoriser sur la vie, avoir mes réflexions donc je vous propose ça Smile
J'ai une approche globale de la vie, càd je ne divise pas les sujets dans des cases comme la société le fait (médecine/philosophie/spiritualité/monde des drogues etc...), je pense que tout est relié, c'est juste l'homme qui met des étiquettes et créé des spécialités, des catégories avec des murs.. la vie n'en créé pas.

A ce titre, j'ai imaginé un peu ce que les psychonautes peuvent ressentir émotionellement et dans les sensations, comparé à des personnes qui prennent pas de substances, j'ai fait 4 graphiques. Bien sur, c'est juste pour vous montrer les dynamiques que j'imagine, chaque personne a des cycles différents en terme d'émotions mais grosso modo c'est ce que je me dit :

GRAPHIQUE 1 : PSYCHONAUTE QUI CONSOMME REGULIEREMENT ET ARRÊTE

Pour moi tout est cyclique et ondulatoire. Donc forcémment une personne qui a connu des extases/états incroyables connaitra leur contraire. C'est le cas de la redescente après une prise. Mais aussi sur du plus long terme (mon graph là montre ça), si qqn en prend pendant 10ans de façon continue, il subira probablement un sevrage important. Logiquement, plus c'est long et fort, plus le sevrage va être long et puissant ?! Notamment le cas pour les personnes consommant l'héroïne, où j'ai entendu qu'il faut passer par un sevrage de qques dizaines d'heure horribles où on se sent mourrir..

[Image: wsifHp.jpg]


GRAPHIQUE 2 : PERSONNE LAMBDA MAIS QUI CHERCHE SINCEREMENT A EVOLUER

Cette personne ne connaîtra pas les extases/sensations/vérités/états que les drogues procurent mais dans l'autre sens sera à l'abri de l'enfer qu'elle peut connaitre. Amplitude émotionelle plus faible ?! Mais avec le temps, elle s'ouvrira à des expériences de la vie qu'ils vont lui procurer un plus vaste pannel de sensations/émotions.


[Image: 2JiT0n.jpg]


GRAPHIQUE 3 : PERSONNE LAMBDA MAIS QUI CHERCHE PAS A EVOLUER

Que ce soit conscient ou inconscient, la personne se trouve bien dans sa zone de confort et ses croyances et ne cherchent pas à les boulverser à s'ouvrir à de nouveaux horizons. Pour elle, la sécurité/stabilité c'est le plus important ?! Mais amplitude émotionnel très faible, "vie plate" ?!

[Image: Yvomxp.jpg]


GRAPHIQUE 4 : PSYCHNAUTE DEPENDANT QUI N'ARRIVE PAS A ARRETER

Rien d'étonnant, les phases de privation sont dures à vivre, on reconsomme pour fuir ça et retourner dans l'extase ou la sensation agréable. 

[Image: nDPLCg.jpg]


Voilà, que pensez-vous ?

J'aimerai avoir vos témoignages surtout ceux (si y'en a sur ce forum) qui sont passé par un sevrage puissant et l'ont enduré pour voir ce qu'il y a après ! Je me dit quand on a connu l'extase et l'enfer, on est protégé emotionellement, plus rien peut nous affecter donc au final les psychonautes, on a une chance incroyable une fois le sevrage passer à renouer avec la vie d'une façon que les autres humains ne pourront jamais faire en ayant pas connu les deux extrêmes.

Dernière réflexion, dans le cas d'une personne qui veut évoluer et s'ouvrir à son pannel de sensation, la question est pourra t-elle atteindre avec le temps les extases que les drogues apportent ?! De mon point de vue, tout est à l'intérieur, les substances nous révèlent juste les potentiels, comme les cheatcode quand on joue à des jeux vidéos Big Grin Donc logiquement c'est possible. Et de manière beaucoup plus graduelle donc avec plus de facilité à encaisser les "émotions désagréables" et à intégrer les leçons et expériences procurées par les "émotions agréables".
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#2
Hello,
à mon avis il n'y a pas besoin de drogues pour vivre des émotions très fortes, beaucoup de gens ont dès l'enfance une amplitude intense et vont plutôt se proder pour émousser leurs sensations, vécues comme plus difficiles.
Dans ton graphique 2 l'amplitude augmente progressivement, je n'ai pas l'impression que ce soit réaliste. Par exemple le premier amour est souvent vécu comme très intense par rapport aux suivants, et plus globalement les adolescents décrivent plus d'états intenses que les adultes voire les vieux (ce qui donnerait une forte amplitude alentours de 15-20 ans, puis une baisse progressive avec stabilisation (?)).
Je trouve aussi que deux données manquent à ton graphique : d'abord, l'effet d'habituation (accoutumance) : dans le graphique 4, je pense qu'une personne passant par de telles phases verra plutôt son état médian chuter vers le bas, avec des prises de moins en moins intenses et des sevrages de plus en plus difficiles.
Ensuite l'endurance (usure). Il est fréquent qu'une personne ayant vécu des choses très fortes en garde une aversion pour l'intensité et cherche plutôt à fuir les expériences émotionnelles. Et à ma connaissances, les anciens addicts ont tendance à ressentir cette période comme une blessure plutôt que comme une protection.
Au final tu sembles rapporter une grande amplitude à quelque-chose de positif mais peut-on vraiment affirmer que ce soit le cas ?
De plus, "drogue" est un terme trop général. Est-ce que toute substance psychoactive fait vivre des extases incroyables ? Ne faudrait-il pas que tu affines en fonction de la classe ?
Finalement, je trouve certaines expériences plus fortes que celles induites par la plupart des substances.
méditation                                                             
TDA/H                                                                         
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#3
(20/04/2019 18:29)Tridimensionnel a écrit : Hello,
à mon avis il n'y a pas besoin de drogues pour vivre des émotions très fortes, beaucoup de gens ont dès l'enfance une amplitude intense et vont plutôt se proder pour émousser leurs sensations, vécues comme plus difficiles


Merci de ta réponse.
Oui je suis d'accord avec toi, je pense même la totalité des enfants ont des émotions fortes naturelles, non controlées et après on apprend à les controler mais de la mauvaise manière en les refoulant souvent. Donc le graphique est pas précis, il commence pas à l'enfance.


Citation :Dans ton graphique 2 l'amplitude augmente progressivement, je n'ai pas l'impression que ce soit réaliste. Par exemple le premier amour est souvent vécu comme très intense par rapport aux suivants, et plus globalement les adolescents décrivent plus d'états intenses que les adultes voire les vieux (ce qui donnerait une forte amplitude alentours de 15-20 ans, puis une baisse progressive avec stabilisation (?)).


Oui peut-être tu as raison. Je partais de mon cas personnel mais ce serait une erreur d'en faire une généralité.
Cela dit pour moi il y a une différence entre émotions ressentis réellement et émotions sentis dans la couche mentale.
Je m'explique : dans mon adolescence, j'ai le souvenir d'avoir très secoué émotionellement (comme la plupart) mais de manière superficielle (ici, supeficielle pas dans le sens "pas important" mais dans le sens ressenti en surface et pas en profondeur) -> je prenais tout à coeur mais je ressentais pas vraiment l'émotion mais plus une agitation, une angoisse permanente. Comme si l'émotion était logé en moi dans les profondeurs mais j'allais jamais vraiment la rencontrer.

C'est bcp plus tard que j'ai compris qu'en ressentant l'émotion, elle partait avec tout le mental associé à celle-ci.
Dans le graph, je faisais référence à l'émotion ressentie, dans mon expérience : elle a augmenté avec le temps par la compréhension qu'il est plus sain de plonger dedans et la rencontrer que de la garder sous le tapis.

Il se peut cependant qu'à l'adolescence on ressente les émotions très fortement (peut-être plus les filles, j'ai l'impression -> plus proche de leur intimité émotionelle que les hommes ?!). Mais bcp d'adolescents ont ce "voile mentale" pour "garder la face", ne pas se montrer vulnérable. Ca provoque des conflits internes, du stress.



Citation :Je trouve aussi que deux données manquent à ton graphique : d'abord, l'effet d'habituation (accoutumance) : dans le graphique 4, je pense qu'une personne passant par de telles phases verra plutôt son état médian chuter vers le bas, avec des prises de moins en moins intenses et des sevrages de plus en plus difficiles.
Ensuite l'endurance (usure). Il est fréquent qu'une personne ayant vécu des choses très fortes en garde une aversion pour l'intensité et cherche plutôt à fuir les expériences émotionnelles. Et à ma connaissances, les anciens addicts ont tendance à ressentir cette période comme une blessure plutôt que comme une protection.
Au final tu sembles rapporter une grande amplitude à quelque-chose de positif mais peut-on vraiment affirmer que ce soit le cas ?


Intéressant. Graphique fait à la va-vite mais ce que tu dis fais sens, évidemment pour la chute de l'etat median + l'endurance.
Là, j'ai aucune expérience dans cela, du coup c'est que des suppositions mais après réflexion, c'est très logique ce que tu dis.

Citation :De plus, "drogue" est un terme trop général. Est-ce que toute substance psychoactive fait vivre des extases incroyables ? Ne faudrait-il pas que tu affines en fonction de la classe ?
Finalement, je trouve certaines expériences plus fortes que celles induites par la plupart des substances.


Oui surement chaque type de substance a son propre panel d'experience / émotions et de dynamique émotionnel. Il faudrait que quelqu'un qui a expérimenté tout ça et ayant du recul sur ces cycles en parlent.
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#4
Intéressant comme approche, c'est très binaire comme point de vue mais on voit que t'as réfléchi à une manière de formuler les choses en osant les présenter, et ça c'est déjà remarquable !

Le truc c'est que tu te bases sur la dualité émotion agréable/désagréable et c'est trop simpliste dans le sens où l'on ne peut pas résumer les différentes consommations de drogues aux facteurs plaisants/déplaisants, même si c'est une dimension importante.

En fait faudrait un cadre plus précis pour définir ce que tu veux dire, est-ce que tu parles de façon de vivre sa vie en étant ouvert ou fermé, libre/sobre ou dépendant, ou est-ce que tu parles de sa façon de vivre ses trips et ses ressentis dans un contexte donné ? (bien que les deux soient liés mais faudrait expliquer tout ça, m'enfin c'est pas évident).

Un cadre contextualisé plus précis serait de rentrer plus en détails dans la complexité des affects humains, c'est à dire en détaillant les rôles séparés et combinés des sensations, des émotions, des sentiments, et de sa raison qui tente de maîtriser tout ce qui irrationnel et inconscient en soi. Par exemple selon les différents types de psychonauts, mais aussi les différents types d'usagers de manière plus générale, il y aurait comme ça

- ceux qui vont rechercher une stabilité émotionnelle pour ne pas vivre des extases et les inévitables descentes qui suivent
- ceux qui vont rechercher des sensations fortes et agréables pour masquer leurs émotions désagréables, ou au contraire rechercher des émotions via les sensations faute d'en éprouver
- ceux qui vont rechercher à être plus prêts de leurs sentiments dans le sens d'une évolution personnelle visant à gagner en harmonie dans ses façons de s'ouvrir à soi et au monde, ce qui est encore différent de rechercher ou fuir ses sensations ou ses émotions
- ceux qui font chercher à gagner en raison pour contrer l'irrationnel en eux, donc leurs affects en général (ce qui les angoisse et qu'il peine à maîtriser au travers d'impulsivité par exemple)

Et le truc c'est que dans toutes ses différentes façons/raisons de se droguer, il faut prendre en compte les sensibilités et personnalités de chacun, dans le sens où il y a des gens plus ou moins intuitifs ou sensitifs, plus ou moins sentimentaux ou rationnels, donc chacun aura son but et sa manière propre de consommer, et ce qui peut être agréable pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre, tout dépend de sa physiologie (par exemple il y a les amateurs de sensations fortes et ceux qui redoutent de subir des chocs affectifs).

Pour en revenir à tes schémas, je pense que c'est la formulation de tes titres qui est trop tranchée et clivante, notamment quand tu dis qu'il y a ceux qui cherchent à évoluer et ceux qui ne cherchent pas à évoluer, cela revient à mettre dans des cases closes les gens, alors que ce n'est pas ce que tu comptais faire au début. Mais là dessus aussi c'est un travail à faire pour évoluer en sortant de la nécessaire mise en case lorsque l'on cherche à comprendre les choses en mouvement, en les saisissant et arrêtant pour pouvoir les exprimer dans un point de vue figé (après rien ne t'empêche de faire évoluer tes points de vue à partir de ce que tu as formulé ici).

Au final il n'y a que ton quatrième schéma que je trouve pertinent si l'on se place dans une optique d'addiction, dans le fait que tu montres bien la fuite en avant d'un usager s'évitant des émotions désagréables en recherchant des sensations fortes et agréables (les sensations fortes et agréables menant à des émotions vécues comme positives). Pour les autres schémas les courbes sont un peu trop lisses pour refléter pertinemment les volontés des différents usagers, comme tu l'as suggéré il faut ouvrir les catégories en ne mettant pas des murs entre Smile
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