S’enregistrer Bienvenue sur le forum de Psychonaut, un espace de discussion autour des produits psychoactifs et de l’exploration de l’esprit.

Pour prendre part aux discussions, n'hésitez pas à vous inscrire. Nous serions heureux de vous compter parmi nous !

S’enregistrer


[DOM + DOB] Voyage en diptyque

#1
Dosages : DOM (2.5mg) + DOB (1.4mg).

Protagonistes : RE, VA et moi.

Il est 19h, je suis en chemin pour rejoindre RE qui habite à Paris pour un petit before posé avant la soirée. Je décide de prendre mon carton de DOM vers 20h dans le RER connaissant la durée importante du trip (pas envie de faire une nuit blanche). Je tente de le faire discrètement mais un môme me voit et susurre à ses parents « Beurk le monsieur il a mangé du papier ». Sur le moment je me suis dit « si tu savais ».

T+1 : j’arrive chez RE, on commence à tiser et lui enchaine les joints. Je sens le produit monter lentement, progressivement et de façon prévisible. L’efflorescence d’une envie de bouger et de parler aux gens nait en moi puis s’intensifie. Cette énergie devient rapidement irrépressible et je me gendarme pour ne pas sauter dans tous les sens. Je regarde les passants dans la rue depuis la fenêtre de son appart (Il habite au 2eme étage). Le spectacle est magnifique : les réverbères sont nimbés d’un halo de lumière. Cet effet me rappelle la vision troublée que l’on a parfois avec l’alcool. A certains endroits de ces sphères lumineuses qui jalonnent la rue, des rayons de lumière s’échappent davantage et s’orientent vers le ciel. J’assiste à une véritable éruption solaire.

T+ 3 : VA point à son tour à l’appart : c’est le moment de jouer les filles de l’air. Habité par l’éphorie du moment et l’effet grisant du DOM, je décide de prendre mon carton de DOB. Erreur magistrale de ma part qui va couter cher par la suite. On arrive 30 minutes plus tard dans un club sur Pigalle certifié pour l’occasion Redbull Music Academy. La musique me traverse et plus encore. J’ai l’impression d’ETRE la musique, d’être une onde sonore, d’être une marionnette dont les ficelles sont raccordées à la table de mixage.

T + 5 : Je pense sentir les effets prodromiques du DOB qui s’ajoutent à ceux du DOM subrepticement. Les hallucinations visuelles deviennent plus vives mais elles sont plus saillantes les yeux fermés. Tantôt je vois le tronc d’un arbre transparent au sein duquel la sève multicolore monte et descend au rythme des basses tantôt des numéros aléatoires difficilement discernables et des cartes de jeu défilent à une vitesse incroyable en spirale, en tourbillon et disparaissent. Parfois des fresques aux motifs préhistoriques colorés d’hommes et d’animaux prennent vie et bougent avec la musique. La musique se confond avec les couleurs. Chaque note est une couleur et le rythme un mouvement. Des picotements légers et agréables parsèment mon corps. A de multiples occurrences je crois être touché physiquement par quelqu’un mais il n’en n’est rien.

T + 9 : Le club va fermer et mes amis m’enjoignent de les rejoindre diligemment ; le train pour rentrer est dans peu de temps. Résigné, je décide de les suivre malgré cette énergie incroyable qui continue d’irradier en moi mais qui n’a plus d’exutoire où se consumer. Mon cœur devient lourd et brouillé. J’ai le sentiment qu’il va m’abandonner là. Je termine le trajet en RER seul car mes amis sont descendus à la station précédente. En marchant, je croise des gens qui vont au travail. Je ne me sens pas à l’aise ; un étranger défoncé en pleine semaine en marge de cet aréopage de gens bien dociles. Je m’engouffre à travers un tunnel éclairé pour monter les escaliers qui mènent à chez moi mais la lumière me parait froide et glaçante, similaire à celle qu’on trouve dans un bloc opératoire et qui vous hôte toute forme de joie. Je me sens vulnérable à l’image de celui qui, allongé sur son lit d’hôpital, s’apprête à être opéré. Les rampes d’escalier que j’aperçois alors de chaque côté vibrent : ma vision raisonne. Je jette un coup d’œil au ciel pour observer les étoiles non pour implorer le divin d’abréger mon trip. A quoi bon demander de l’aide aux nuages, aux étoiles et à l’air. Mon regard est alors attiré vers la lune gibbeuse qui s’est dédoublée. Suspendues dans la nuit, mes compagnes blanches éclairent mon teint déjà lunaire. Je profite davantage du spectacle. Je poursuis mon chemin. Les fissures qui jonchent le sol goudronneux m’apparaissent comme autant de visages aux expressions plus terrifiantes les unes que les autres. Le silence de la nuit est oppressant. Je n’ai qu’une hâte : rentrer chez moi et quitter cet environnement hostile et froid.

T + 11 : Il doit être sur les coups de 6h30 lorsque je parviens enfin à bon port. Ma mère est déjà levée et petit déjeune paisiblement bercée par la radio. Je perçois le contraste saisissant entre son état d’esprit calme et reposé et le mien éruptif et incoercible. J’ai du mal à donner le change au niveau conversationnel pour passer incognito. Je parle le moins possible et évite comme la peste son regard. Mes pupilles en diraient plus sur moi que tous les discours les plus convaincants. Je me prépare une ricoré tant bien que mal et me prends des petits pains que j’emmène dans ma chambre pour ne pas avoir à jouer cette comédie un instant de plus. Cela me demande trop d’efforts. A ce moment-là il m’apparait que ne je pourrai pas dormir avant un long moment. Je décide donc d’allumer mon ordinateur pour passer le temps sur le net. Sur mon écran, c’est la valse des polices. Le texte me nargue, esquive mon curseur parkinsonien, se superpose, parfois il disparait, une autre fois il change de taille, se distend puis reprend sa forme initiale. Je me concentre et tombe fortuitement sur une vidéo idoine pour calmer l’angoisse. J’enfile mon casque mais j’entends de la musique dans les oreillettes qui me rappelle celle de la soirée. Pourtant il n’est pas branché.

Vers 10h, je souhaite me reposer mais cette entreprise reste vaine. Les visuels les yeux fermés que j’ai sont trop envahissants. De plus j’entends encore des sons bourdonnants qui n’existent pas. Quand j’entrouvre les yeux, des lumières multicolores stroboscopiques scintillent et les objets semblent fondre littéralement lorsque je me focalise sur eux. J’ouvre ma fenêtre pour écouter le bruit du vent caressant les arbres et le chant des oiseaux afin de me relaxer. Mes sens sont aiguisés comme une lionne affamée à l’affut de sa proie, surtout l’ouïe. Usuellement on entend les sons qui se succèdent temporellement en même temps dans une sorte de brouhaha ou d’accord musical mais dans cette situation, j’arrive à dissocier chaque son l’un après l’autre très distinctement comme si je décomposais cette coalescence de sons. J’analyse tout à une vitesse sidérale. Les vidéos que je regarde paraissent tourner au ralenti. Le temps semble se dilater. Ostracisé que je suis sur ma planète Psyché, les lois de la gravité terrestre n’ont plus de prise. Je commence à subir.

Cet état va durer jusque vers 15h tout en s’attiédissant. Je parviendrai à trouver le sommeil vers 23h avec pour seul viatique dans ma quête de Morphée une bonne barrette de Lexomil.

Pas de séquelles le lendemain.
Tu n'es qu'une âme chétive qui soulève un cadavre. Epictète
#2
Terrible expérience ! Effectivement les DoX durent sadiquement longtemps ! Ce combo est peut être plus adapté lors de festival de 48h ou +
#3
J'ai finalement pas appris grand chose sur le DOM, en revanche ton style d'écriture juste j'adore !!
#4
Putain ouais en festival ça le fait carrément !!
Et au niveau mental ça c'est passé comment ?

En tout cas ça a du être sacrément violent quand même Smile
#5
Merci à tous pour vos commentaires. Je vais essayer de vous répondre.

A mon avis le DOM est vraiment similaire à la MD cependant en plus long mais plus smooth. Pareil pour la descente. On retrouve l'effet entactotogène et le sentiment de sécurité que l'on a avec la MD mais moins prononcés (en tout cas à cette dose). On a envie de parler aux gens, on se fout du regard des autres, on sent davantage la musique... De plus je trouve que le DOM est vraiment simple à gérer. Il suffit de se laisser aller et de profiter de la joie et de l’énergie qu'il procure mais encore une fois c'est moins saillant qu'avec l'acide. A mon sens, faire un bad au DOM avec moins de 3mg doit vraiment être rare pour des personnes sans troubles mentaux graves.

Par contre le DOB c'est une autre histoire. C'est lui qui nous dicte la conduite du trip et notre seule liberté c'est de pouvoir la gérer tant bien que mal. Il nous emmène là où il veut. Les hallus yeux fermés du DOB sont vraiment incroyables, supérieures à mon sens pour 1,4mg que pour 200µg d'acide. En revanche alors que je trouve le DOM naturellement joyeux, le DOB a cette propension à faire ressortir les problèmes les plus profonds en nous et je trouve qu'il n'a pas cet effet positif voire extatique du DOM et de l'acide sur l’état d'esprit. A mon sens il est neutre voire légèrement négatif dès le plateau. Il crée et/ou exacerbe en nous la méfiance, la paranoïa et l'angoisse. Je le déconseille carrément à ceux qui ont de telles tendances. Pour vous dire, j'ai eu l'impression d'avoir le cœur qui tire quasiment tout le trip alors que je suis très sportif et j'ai failli aller aux urgences tellement j'avais peur que ce soit quelque chose de grave.

En conclusion, je dirai que le DOM est vraiment intéressant sur l’état d'esprit qu'il procure a la fois joyeux, sur de soi et débordant d'excitation et le DOB est tout aussi mental mais neutre voire négatif par contre les visuels sont déments. Les deux se compensent. Le problème c'est que j'ai pris les prods dans le mauvais ordre. Quand les effets de DOM se sont estompés, j'ai commencé à morfler. Utile en festival, on retrouve des le plateau passé, un état amphétaminique pour la journée suivante. On sait que notre corps et notre esprit sont fatigués mais on n'a pas envie de dormir et on se sent bien.

Je conseillerais de prendre le DOB 2-3h avant de prendre le DOM.
Tu n'es qu'une âme chétive qui soulève un cadavre. Epictète
#6
Merci beaucoup pour le report, très intéressant, spécifiquement pour les comparaisons entre les deux molécules!
J'imagine que tu avais déjà quelques trips d'expérience avec elles avant de tenter le combo?
[URL="https://www.youtube.com/watch?v=5FnjyoRP8wc"]I've been eatin' nothin', 'cept these Vyvanse and Xannies
I ain't got an appetite, whittle up and die, yeah...[/URL]

[Image: 412847783779AlexGreyOversoul.jpg]
#7
Très joliment raconté ce combo-trip! e report, très intéressant, spécifiquement pour les comparaisons entre les deux molécules!
J'imagine que tu avais déjà quelques trips d'expérien

As-tu constaté des phases introspectives avec le DOB?


Topics apparemment similaires...
  Voyage introspectif Trip report truffes candy flip Asderuij 2 322 18/10/2020 18:51
Dernier message: Acacia
  1P-LSD/2CB-fly Beau voyage ALMODO 0 823 19/06/2017 15:14
Dernier message: ALMODO
  Quand la musique oriente mon voyage - MD/Shit puki 1 1,535 04/06/2013 16:29
Dernier message: grivois
  Voyage au confin de la comprehension Ouroboros 16 4,493 11/05/2011 21:23
Dernier message: ~ Nell



Utilisateur(s) parcourant ce topic : 1 visiteur(s)

À propos de Psychonaut

Psychonaut.fr est une communauté d'auto-support francophone, dédiée à l'information et à la réduction des risques liés à l'usage des substances psychoactives.