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Dépression, dépendances, hôpital psychiatrique et régénération

#1
[SIZE=2]Bonjoir,

Ceci est le récit des mésaventures de mon année 2014, je l'ai organisé en cinq parties pour ceux qui ne veulent pas tout lire :

1) contexte : ce qui m'a amené aux situations qui suivent, entre autres une dépression et une tendance à l'excès
2) méthoxétamine : périodes de délires induits par la MXE lors de longues sessions à forts dosages
3) psychiatrie : mon séjour détaillé en psychiatrie
4) mouvements : période de transition festive qui a achevé de m'épuiser
5) régénération : comment je me suis remis sur pied

Je partage ce texte dans un but de sensibilisation au plus grand nombre des risques encourus par l'usage de drogues. En particulier ici la MXE, mais ce pourrait être n'importe quelle autre substance psychoactive, puisque rien n'est bon quand on en abuse. J'ai, à tort, sous estimé le potentiel addictif des dissociatifs et bien que ce ne soit pas aussi lourd qu'avec de l'héroïne ou de la MDPV par exemple, il se trouve que j'ai une sensibilité toute particulière, qui dépend plus de ma psyché que de mes récepteurs pour résumer. Autant les effets des opiacés et des stimulants m'insupportent, alors que j'affectionne beaucoup trop les états de dissociation. Chacun est différent, se connaître soi-même permet de prendre conscience de ses limites. Ce texte n'a pas une vocation fondamentalement RDR, mais de fait il l'est, donc si vous avez des critiques à émettre, par exemple si vous trouvez un passage apologique (normalement non), n'hésitez pas.

PARTIE 1 : CONTEXTE
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Janvier 2014

Début d'une dépression nerveuse. Elle ne m'est pas tombé dessus par hasard, j'avais simplement la force de l'encaisser jusque là. Grande fatigue, tristesse, asocialité, maux de tête en permanence, idées suicidaires. Typiquement : première pensée au matin : p*tain je suis encore là... dernière pensée de la journée : pourvu que je ne me réveille pas, meublé toute la journée par des idées spontanées du même genre. La spirale est amorcée, l'énergie négative me surpasse, je n'ai plus la capacité pour l'absorber, je m'épuise en essayant. J'ai de moins en moins d'énergie, ce qui aggrave de plus en plus la situation. Par "chance" je me suis toujours projeté une manière expéditive et inratable d'y mettre fin, ce qui ne laissait pas place au doute dans ma tête. Je ne voulais pas faire une seule tentative qui puisse me laisser une chance de survie. Le doute perdurait donc, et n'a tenu qu'à une personne pendant un temps, ma mère, qui n'y survivrait pas (je fais un énorme câlin cosmique à tous ceux qui ont pu survivre à une telle situation sans personne pour les retenir).

Avril Mai 2014

Usé par la situation (qui je le répète, ne date pas d'hier), je me résigne à l'alcool et à la boulimie. Je ne comprends pas trop ce qui m'arrive, quand je suis dehors et que je passe devant un supermarché ou autre, c'est comme si je régressais pour me réveiller (conscience non lucide ?) quelques heures plus tard, littéralement plein, "les dents du fond qui baignent" passez moi l'expression. Par chance, j'ai beaucoup de difficultés à me faire vomir et la situation me sature assez rapidement de par sa toxicité et mon état de faiblesse. J'ai vraiment mauvaise conscience à dégrader mon corps de la sorte, il me vient alors une nouvelle idée : consommer de la MXE, me demandez pas la logique, c'est irrationnel. J'avais déjà ressenti ses effets antidépresseurs, et mes intestins vivaient assez mal la situation actuelle, étant déjà fatigués par des années d'alcool.

PARTIE 2 : METHOXETAMINE

Je commande donc de la MXE et comme je travaillais à ce moment là j'avais trop d'argent : j'en ai donc acheté BEAUCOUP TROP pour un supposé usage "thérapeutique". Je me suis dit sur l'instant que j'allais pouvoir en garder pour cet été. Honnêtement là je ne sais pas si c'est mon esprit qui m'a joué un tour pour arriver à ses fins ou si ça partait d'un bon sentiment à la base. Je laisse le bénéfice du doute, mais j'ai comme un doute. La situation dérape très rapidement, déréalisé, dépersonnalisé, enchaîné au pochon. Deux semaines, deux hospitalisations, presque des points de suture, visite des flics, des voisins et un tas de vrilles plus tard, je finis par donner ce qu'il me reste de MXE à une amie, par défiance pour son accusation de dépendance.

"Non je ne suis pas dépendant
- Prouve le donne moi ce qu'il reste
- Tiens. Tu vois je suis pas dépendant"

De toute façon il n'en restait pas beaucoup, je n'ai pas joué gros sur ce coup là. Par la même occasion je lui avais rendu un fond de DMT qui était en grande partie oxydé. J'avais voyagé pendant ces différentes périodes, je ne décrirai pas ce que j'ai vu, la plupart du temps c'était affreux et monstrueux.

Juin 2014

Je passe presque une semaine en forêt, convaincu que ma présence est néfaste et qu'il est préférable que j'agisse de la sorte. L'appel fortuit d'un vieil ami qui m'invite à venir chez lui me sort de mon court ermitisme. Là bas on discute du pourquoi et du comment de ma situation, il parvient à me raisonner et me demande de rester chez lui. J'ai toujours mon taf, j'accepte donc. Je n'évoque pas ma situation avec la MXE, ou seulement en surface, mais je ne lui donne clairement pas les moyens de capter l'étendue du problème. Quelques jours/semaines plus tard, je recommande une bonne quantité de MXE (je cuisine un peu de DMT aussi, mais c'est anecdotique). La situation est viable pendant un temps, puis dérape à nouveau par de forts dosages rapprochés (retape à chaque fin de montée en gros), très sévèrement par une forte crise de tétanie, des délires et un quasi arrêt respiratoire, qui finit une fois de trop à l'hôpital. Je commence à comprendre que je ne sortirai pas de si tôt quand une troupe d'infirmiers et un ou deux pompiers se présentent. Dernière semaine de juin. Hospitalisation par un tiers. On m'injecte un sédatif, je m'endors.

PARTIE 3 : PSYCHIATRIE

Chambre thérapeutique

Je me réveille sur un lit d'hôpital. Les murs sont beaucoup trop près, j'ai du mal à respirer l'air me semble trop pauvre. Je peux à peine faire le tour du lit, seule la présence d'une porte dénote. Je sens que je ne suis pas dans mon état normal, j'émane quelque chose de chimique. J'ai reçu des médicaments. J'essaye de me relaxer, aucune idée de combien de temps j'ai tenu. L'oppression de la situation devient insoutenable, je tiens tout le temps que je peux mais je finis par péter les plombs, à hurler et frapper la porte tout ce que je peux, avec les mains, la tête, les pieds. Rien n'y fait, c'est la terreur qui m'envahit à l'idée d'être coincé là (je ne réalisais pas vraiment être dans un hôpital, je suis dans le gaz par les médicaments mais pas suffisamment). Je ne sais pas combien de temps passe, mais c'est une éternité. Je continue à frapper la porte, j'y vais avec le lit maintenant, mais elle a l'air bien trop solide. Je continue à m'époumoner. Deux infirmiers se présentent, pas pour moi mais pour mon traitement et le repas. Je suis en larmes, tremblant et je comprends que je vais devoir continuer à me faire torturer dans ce qu'ils appellent une "chambre thérapeutique". Je leur demande donc de m'assommer avec tout ce qu'ils peuvent pourvu que je n'ai pas à supporter ça. J'essaye de cacher ma rage, je veux absolument un sédatif. J'aurai pu leur sauter à la gorge, bordel, c'est pas humain.

Le sédatif fait effet, ainsi que le tercian et toutes les autres saloperies qu'ils m'ont donné (antipsychotique, benzodiazépine, antidépresseur et je ne sais plus quoi). Lorsque je me réveille, je n'ai aucune idée de l'heure. Reconnaissant la situation, je parviens à rester calme, je parviens à ne pas me laisser submerger, de toute façon le traitement agit encore. Je fais des exercices, pompes, abdos, squats, tout y passe, ça me fatigue dans le bon sens. Le temps est long. Très long. Je me mets à toquer à la porte, doucement mais fermement, en cadence. Je change de main par moment. Aucune idée du temps qui passe, ma mission c'est de toquer, alors je toque. Je me dis qu'ils finiront par se rendre compte que je suis calme. Peine perdue mais ça m'occupe. Un autre traitement/repas arrive, j'ai du mal à tout ingérer mais je m'y efforce. Le traitement me transforme en zombie, je regarde le mur pendant des heures sans aucune réflexion. Le même scénario se répète, je lâche le fil et je me laisse sombrer dans le puits sans fond du tercian.

1er étage

Finalement, on me sort de là. L'étage est fermé, un unique balcon en cage donne accès à quelque chose de différent. Repas, douche, on me présente mon nouveau lit. J'ai un colloc, il écrit des tas de lettres, certaines sont tombées par terre, et n'est pas ouvert à la discussion. Le traitement est de retour, je suis un zombie. La lobotomie médicamenteuse a de plus en plus d'inertie, je suis de moins en moins lucide. Au cours d'un traitement, une petite voix intérieure me dit de ne pas prendre ça. Je lui fais confiance et je pars vomir juste après. Nuit sans sommeil.

La lucidité revient et j'échaffaude une stratégie pour sortir de là. On me prévient d'un nouveau rendez vous avec le psychiatre, mais je n'ai aucun souvenir d'un précédent. Apparemment j'aurai même vu une assistante sociale. Je désespère un peu, je me dis qu'ils doivent être vraiment déglingués pour envoyer un patient totalement sédaté et tercianisé en rendez vous. La stratégie est simple, sans en faire trop le but est de : rester calme à tout prix, parler avec tout le monde (patients et infirmiers), les appeler par leur prénom, être souriant, les remercier participer activement à mon "rétablissement" en m'impliquant dans la recherche de solutions, insister sur le fait que je ne veux plus revivre un séjour comme celui là. Bref, mettre mon égo et tout le reste de côté, l'objectif c'est de dégager de cet endroit, le reste est sans importance même si j'ai mes limites. Le psychiatre se méfie de mon discours (trop) bien réfléchi (le tiers qui a signé la décharge l'a prévenu que j'étais suffisamment intelligent pour manipuler qui je voulais, psychiatre compris) et m'annonce que je vais rester un mois ici, et avec de la chance deux semaines. Ce psychiatre m'effraye, nous sommes en consultation et il fait de l'humour noir (exemple : "ah vous avez une personnalité éponge ? On va monter le tercian alors *grand sourire*").

Un coup de déprime me vient quand aux projets à venir qui s'effondreraient si je devais passer un mois ici et à tout ce temps que je passerai à m'user les yeux sur les murs, entre autres clopes. J'avais planqué de la MXE dans une chaussure, j'en prends et je manque de me faire remarquer mais ça passe pour être un effet du traitement. Je tire la chasse sur ce qui reste, c'est bien trop risqué si je dois tout faire pour sortir rapidement. Je ne parviens pas toujours à vomir mes médicaments, mais je conserve ma ligne directrice.

Rez de chaussée

On m'affecte au rez-de-chaussée : des gens, de l'espace, quelques activités (une seule en fait, un atelier pour faire de l'art qui ouvre quelques heures). Les rendez-vous avec le psychiatre s'améliorent, il m'annonce que la durée d'internement est passée à deux semaines, ça me ravi mais ce n'est pas encore assez, je dois sortir cette semaine. Je lui parle de projets, je mens juste ce qu'il faut pour qu'il ne s'en rende pas compte, j'utilise des mots "intelligents", j'exprime de l'enthousiasme quant à mon rétablissement. Merci l'univers de m'avoir donné la capacité à tenir le masque, même si ça a contribué à m'amener dans cette situation.

Je rencontre de formidables personnes brisées (Aziza <3, Nat, Fanny...). D'autres sont trop ténébreuses, et certaines ne sont déjà plus là. Définitivement lobotomisées par les "médicaments" et tout ce temps passé à regarder les murs, elles ont le regard vide, rincé de toute émotion. Un homme me reconnaît comme utilisateur de drogue, et me prévient qu'au bout d'un moment, elles m'auront tant détruit que ce sera irréversible. Tous ou presque fument des cigarettes et boivent du café à la première occasion, ce sont les activités principales. Ici, je ne me sens pas à ma place, mais j'ai l'impression que d'autres y sont. La société n'est pas faite pour eux, trop violente, trop absurde, trop contre nature. Que faut-il vivre pour considérer cet endroit comme un refuge ? Je n'ose imaginer, mais je compatis de toute mon âme à leurs souffrances. Mes efforts au dialogue et mon acharnement à essayer de vomir leurs médicaments ont porté leurs fruits : le psychiatre m'annonce que je ne reste finalement qu'une semaine, ce qui m'évitera en plus d'avoir à passer devant un juge. Je sors enfin de cet endroit, une seule semaine mais le temps m'a paru si long.

PARTIE 4 : MOUVEMENTS

Juillet 2014

Je retourne chez mon ami, je lui explique tout cette fois-ci. 10 ans de teuf/tekos, il comprend. Je resterai quelques jours de plus. Je suis extrêmement fatigué et assez malade, j'ai recommencé les antidépresseurs, mais je me sens très mal et je mange rapidement tous les atarax qu'ils m'ont donné, aucun intérêt mais dans ma tête ça devait en avoir un je suppose. Je finis par arrêter toutes leurs prescriptions, j'ai de grandes difficultés à dormir : les 3 premières nuits sont deux nuits blanches et une nuit où j'ai dormi 6h par épuisement. Je pars dans une autre région de France, je covoiture et par chance je remplis ma voiture, ce qui m'économise le trajet. Arrivé là bas, je suis toujours malade et épuisé, je prends mon temps pour faire quelques travaux. On fait une teuf qui va durer plusieurs jours, au cours de laquelle j'étais "en roue libre", où j'ai fait plusieurs surdoses accompagnées de délires, mon état de faiblesse aggravant la situation et s'aggravant de fait. J'ai eu plusieurs migraines, en plus de mon mal de tête permanent. J'ai tout de même passé d'excellents moments (j'ai même mené un atelier méditation avec une quinzaine de personnes qui s'est fort bien passé) et la plupart du temps j'étais bien, malgré une mémoire fortement altérée et de constantes courbatures.

Fin Juillet, Août 2014

Fin de la teuf, je pars en stop pour un festival trance en Hongrie avec un ami. Malade, épuisé et migraineux, je fus une vraie plaie durant le trajet, je le remercie pour sa patience. Au cours de ce voyage, après une forte quinte de toux j'ai craché un caillot de sang qui venait de ma gorge, une particule coincée depuis longtemps à cet endroit (résidus de sniff et fumette ?) et que je n'arrivais pas jusque là à déloger. Elle avait occasionné un délire de cancer à la gorge à d'autres occasions. Je me sens libéré d'un poids énorme, d'ailleurs j'ai un peu moins mal à la tête. Le festival se passe très bien même si j'y bois un peu trop, je m'y sens bien et léger. Je pars avec d'autres amis pour un rassemblement auto-géré (Rainbow Gathering) dans un parc national en Roumanie. Je suis très malade sur la route, un peu moins sur le rassemblement, et mes nuits sont assez peu reposantes car je suis sous équipé mais je n'y prendrai aucune substance (hormis nicotine), j'y mangerai sainement et ferai des activités tout aussi saines. A la fin du rassemblement qui aura duré un mois, je sens un mieux, mais les maux de tête et l'épuisement sont toujours très présents. Je rentre avec une amie en France, par chance un allemand nous fera faire 900km d'un coup, de Budapest à Frankfurt (ou Stuttgart me rappelle plus).

PARTIE 5 : REGENERATION

Septembre 2014

Je m'installe dans une cité Universitaire, m'étant inscrit à la fac. Je ne reprendrais les cours qu'à la fin septembre, et il me reste des sous. Je décide donc de m'acheter de la nourriture de qualité et surtout aucun psychoactif, je mange principalement des fruits et des légumes crus, je dors tout ce que mon corps me demande (généralement ça tournait à 12h par nuit et 3h de sieste), je marche tous les jours, je vais dans des parcs, j'essaye de lire et de passer peu de temps devant l'ordinateur, je m'hydrate. Je fais des exercices de respiration car avec le recul je me rends compte que mon rythme respiratoire avait été fortement réduit par moments durant mes sessions MXE, induisant des périodes longues de sous oxygénation, très destructeur pour la matière grise. Parallèlement à cette cure de régénération, j'ai senti mon état d'esprit et ma conscience évoluer vers le mieux, me rendant bien plus optimiste quand à la marche du monde et son aspect actuel, mais pas plus utopiste car je l'ai toujours été.

Octobre à Décembre 2014

A la fin du mois de septembre, l'épais brouillard dans lequel j'étais plongé s'était dissipé en grande partie, et pour la première fois depuis très longtemps, je n'avais plus mal à la tête. J'en ai presque pleuré quand je m'en suis rendu compte. Début des cours, le contenu est intéressant mais la façon de travailler et ce qui est demandé aux examens me rebute. Je poursuis les cours, ça me fait du bien de cogiter un peu et de revoir du monde. Un wwoofing en permaculture et un séjour dans une ZAD m'ouvriront d'autres horizons, me donneront une impulsion différente, me permettront de développer une dynamique nouvelle. Je ne suis pas totalement rétabli à l'heure actuelle, mais ça n'a rien à voir avec les états par lesquels je suis passé et j'ai une vie très positive ces temps-ci.

FIN

J'ai souhaité ce récit aussi sincère que possible, assez détaillé et factuel, pour que vous puissiez en avoir votre vision propre, même si je ne peux pas tout dire. Je ne veux faire passer aucun message, je résume une période de ma vie. D'abord pour moi, afin d'en cristalliser les évènements et me permettre de passer à autre chose, ensuite pour vous, car si ça peut servir ne serait-ce qu'à une personne, c'est sans hésiter que je le partage.

Un mot au sujet de l'HP

J'ai été admis pour dépression et toxicomanie. Résultat, je passe quelques jours en isolement et on me gave de psychoactifs, où est la logique ? Traitements au mieux infantilisants du personnel, cruel manque d'activités, personnalités contraires mises ensembles, lobotomie généralisée... Les défauts sont nombreux et les avantages se font rares. Si je peux vous donner un conseil, n'essayez pas de vous faire soigner là bas. Ça vaut de même pour l'hôpital général, dixit une amie infirmière : pour se soigner vaut mieux éviter l'hôpital, ils ne sont bons que pour des cas graves (opérations lourdes), et encore.

Et...

... de grands remerciements à tous ceux qui m'ont aidé et soutenu Smile Merci pour votre patience et votre écoute.

Mille couleurs à vous, et plus particulièrement à toi qui est dans le brouillard.

tarto
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#2
récit sans concession , t'analyses bien les choses , je te souhaite le meilleur pour l'avenir mon ami


ps : joli plume
l'alcool ne règle pas les problèmes ... mais le jus d'orange encore moins
#3
Bien belle histoire !

Heureux que tu sois sorti de ce brouillard dissociatif !
"Résignés, regardez, je crache sur vos idoles; je crache sur Dieu, je crache sur la Patrie, je crache sur le Christ, je crache sur les Drapeaux, je crache sur le Capital et sur le Veau d'or, je crache sur les Lois et sur les Codes, sur les Symboles et les Religions: ce sont des hochets, je m'en moque, je m'en ris...Ils ne sont rien que par vous, quittez-les et ils se brisent en miettes. "


Albert Libertad
#4
WOuaaah...quelle histoire !
Merci de l'avoir partagé, et content que tu commences à voir le bout du tunnel Wink

Du coup, t'aurais p'être quelques trucs intéressants à dire sur ce topic, non ? http://www.psychonaut.com/dissociatifs/5...seurs.html
Sinon, tu peux en dire plus sur le coup du "quasi arrêt respiratoire" ? C'était en combo ou uniquement MXE ?


EDIT: en fait, pour les problèmes de respiration en y repensant c'est pas étonnant, avec la Ké ou le PCP des phénomènes semblables sont courants donc idem avec la MXE. Sur BL aussi ce problème est constaté:
http://www.bluelight.org/vb/threads/6106...breathing?
#5
Wow, sacré témoignage. Un gros morceau et bien écrit en plus. Merci d'avoir pris la peine de te livrer ainsi. C'est clair que tu caches bien "ce qui se passe en arrière-plan" comme dit Guy.
Mes trips reports : The Death of Utopia, The Begining of the Dream

Le lâcher prise, c'est accepter de redevenir un enfant.
----------------------------
Ce qui importe avec l’expérience psychédélique, ou plus généralement spirituelle, ce n’est pas la vérité que l’on croit toucher du doigt, mais bien le chemin qu’elle nous fait parcourir sur notre rapport au soi, aux autres et à la vie.
#6
WTF!
Clair que tu dissimules bien au grand publique tes souffrances intérieures...

Merci d'avoir partagé ça avec nous.
(même si t'es un hippie végan, t'es un bonhomme en fait Wink )
#7
Mon masque est solide bien qu'ébréché par le temps mais c'est les mains qui ne le tiennent plus et c'est pas plus mal, je me sens bien plus léger. Péter les plombs à force de le tenir à bout de bras m'épuise trop de toute façon. La vie me semble plus proche tout à coup, je m'y sens moins seul. Derrière le mur on a beau être physiquement près des autres on ne voit plus personne. Le problème (ou la solution, c'est pareil) de l'auto-isolation émotionnelle, pour moi, ça a été l'émergence des idées suicidaires et de la dépression. Sans ça, j'aurai continué et qui sait ce que je serai devenu ? Un foutu parpaing probablement...

Sur internet, derrière un écran, c'est facile de dissimuler la réalité, suffit de réécrire son message. J'y arrivais dans le monde réel, ça n'a donc pas posé problème via internet.

@ Wand : Merci l'ami, je te souhaite le meilleur également, et merci du compliment je ne suis jamais suffisamment posé pour écrire des textes longs mais j'ai déjà en tête un livre ou deux (univers fantastique/SF)... Smile

@ GuyGeorges : Me souviens de cette scéance de méditation Smile Typiquement c'est un autre de mes défauts/qualités : quand j'ouvre les vannes, quand je lâche prise, c'est à fond et j'ai des facilités à le faire. D'où le trop plein de ma présence à ce moment je dirai, je me suis focalisé sur mon rayonnement sans m'attacher à rien et sans rien filtrer. Du coup tu as peut-être reçu de mes mauvaises ondes qui t'ont perturbé. Les mauvaises ondes on en a tous, c'est juste que c'est déjà pas forcément facile de subir les nôtres, alors celles des autres...
2015 démarre très bien, et j'espère t'y croiser (il me semble être passé par la ville où tu étudies il y a peu) !

@ Hero : J'ai l'impression d'avoir toujours été un peu dissocié de base, pas pour rien que ce brouillard l'ai été. Des pensées pour ceux qui sont encore dedans Smile La lumière est là, marchez, marchez, et vous la verrez !

@ Jhi-dou : Je suis plus qu'au commencement, je suis plus solide à présent, ce texte a un réel impact sur moi, il me permet de tourner la page Smile Et je pourrai effectivement m'exprimer sur le topic des effets AD de la MXE.

Pour le quasi arrêt respiratoire : lors de mes longues sessions MXE (fortes doses en sniff/plug avec redrops en fin de montée) il m'arrivait fréquemment de "binger" à la MXE, 2-3 jours éveillé, augmentant l'altération de ma conscience et générant une répugnante fatigue nerveuse (le genre qui fait vibrer le cerveau comme si c'était de la gelée). J'ai constaté qu'à ces hautes doses, bien que toujours conscient, j'avais un rythme et une amplitude respiratoire très faible, d'ailleurs une amie au cours d'une de ses interventions me frappait presque le thorax en me disant "RESPIRE, RESPIRE" (j'avais l'impression d'être un bébé qui venait de naître à qui on disait pareil sur le coup, mais je n'en avais aucune mimique heureusement ^^) avant de m'amener à l'hôpital. Bref au cours d'une énième session, j'avais quasi arrêté de respirer : j'ai l'impression que mon cerveau reptilien en a eu littéralement marre et a activé le mode survie en me faisant faire une crise de tétanie et un peu moins de spasmophilie. Mon délire d'interprétation par capacité de jugement altérée sur le coup c'était que je faisais un AVC et qu'il fallait absolument que je fasse circuler mon sang et mon air, sinon j'allais mourir avant d'arriver à l'hôpital. J'avais aussi fumé sur un gros joint de shit cette fois là, mais je suis clairement pas fait pour la weed et elle ne m'attire pas tant que ça, juste que là j'avais pas réfléchi.

@ Sludge : C'est sans peine que je me livre, si ça peut servir à d'autres j'en serai heureux.

@ CaptainBarnacle : Merci de m'avoir lu ! (j'ai déjà croisé des punks végan !!)


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#8
Wow, (comme le dit sludge), Je ne t'ai pas croisé l'an dernier, mais de ce que je lisais ici et là je ne me serais pas douté de çà... La MXE est une vraie garce, j'ai abusé une fois sur quelques semaines, la dépersonnalisation était assez hardcore, surtout quand on en abuse pour "combler" quelque chose, sur le plan social c'est catastrophique.

J'ai passé une année assez violente/éprouvante l'an dernier mais j'ai beaucoup progressé aussi, fais pas mal d'erreurs mais cette fois vraiment c'est fini, je les connais les erreurs et je sais qu'elle ne m'apportent rien de bon (... oui ca va de soi mais quand on est habitué à répondre à une erreur par une erreur, on finit par l'oublier). Bref, plus envie de tomber dans les mêmes pièges, je pourrais pas faire de récit de mon année, c'est personnel dans bien d'autres manières, ca n'implique pas que moi, mais bref, pareil j'y vois plus clair aussi. J’espère sincèrement pour toi que tout ira pour le mieux et que tu feras attention à toi (même si c'est pas toujours facile, je pense que t'es d'accord pour dire que prendre du recul et calmer sa conso ca fait pas de mal, même si il n'y a pas que ca!).

Bref j'sais pas trop quoi dire, j'ai pris une bonne claque en lisant ca quand même,

take care.
#9
Merci du partage Smile

Mon conseil personnel vis à vis de la dépression : le temps est un ami, contrairement à ce que l'on pense Wink

tartopom a écrit :
j'ai même mené un atelier méditation avec une quinzaine de personnes qui s'est fort bien passé


Toungerayer:
#10
tartopom a écrit :
@ Jhi-dou : Je suis plus qu'au commencement, je suis plus solide à présent, ce texte a un réel impact sur moi, il me permet de tourner la page Smile


Ah cool, désolé j'avais mal compris ! (aussi sûrement parce que je me dis qu'une dépression, il faut souvent du temps pour que ça passe)
C'est vraiment chouette que tu sois sorti de ça, bravo.

(Et comme Papi, j'ai pris "une claque" en lisant ton témoignage, surtout la période à l'hosto).

Pleins de bonnes vibes pour toi (et tous ceux qui sont dans le brouillard)...
#11
La dépression couvait depuis longtemps et elle avait émergé à d'autres moments. Le fait est que j'ai un métabolisme qui peut être furieusement rapide (ex. speed qui monte en 5 minutes, champis qui montent avant la fin du mastiquage, ké quasi instantané), et encore ça c'est au niveau organique mais même au niveau mental je peux changer très vite si j'ai une bonne combinaison d'idées. C'est d'ailleurs pour ça que je n'ai eu que peu de trouble dans mes transitions alimentaires (cf. mon dernier post sur l'alimentation).

Changer de situation ça aide également à la faire partir. J'ai aussi fait une cure de 3 semaines à la valériane (contient du 5-HTP) et ginseng (anti fatigue adaptogène, c'est à dire qu'il s'adapte aux besoins et aux capacités du corps au contraire des stimulants classiques). Ça m'a énormément aidé et depuis je suis bien plus stable. Me rappelle pas la dernière fois que j'ai eu des idées noires, c'est dire ! Je n'ai pas forcément la mémoire de ça mais ça doit bien faire un mois que c'est pas arrivé.

@ papi : je me rends compte que c'est pas mal de "mettre en mots ses maux", ça exorcise un peu et ça permet de tourner la page. Si tu as passé une année hardcore, ça pourrait être pas mal rien que de l'écrire pour toi.

@ Cleminou : le temps est notre ami et on a tout le temps qu'il nous faut !

@ Jhi-dou : je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne chez moi, mais je peux dire que j'en suis presque débarrassé, même si je sais que ça peut revenir car elle est un peu chronique. En tout cas, je ne me laisserai plus avoir. Prochaine fois qu'elle se pointe, ni une ni deux je prendrai un traitement à base de 5-HTP (griffonia ou valériane) et ginseng ou rhodiola en complément.
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#12
iop tartopoire!!!

Ha bin di donc, tu m'a mis sur le cul, et puis tu l'a fait avec une putain de plume....

Concernant le masque, moi tu m'a bluffé, j'ai pas vu grand chose, madame fleur serait quant à elle plus observatrice, si j'ai bien compris.
D'ailleurs ce masque, un bénéfice ou pas? Bonne question, moi je dirais que oui, mais c'est en transposant sur ma personne que je me base...c'est surement relatif aux personnalités.
Ce serait peut être bien de se remémorer tes attitudes et paroles en public, car dans un sens ce masque, peut se transformer en mode d'emploi pour aller mieux.
Suffit d'y croire non?

M'enfin a te lire t'es déjà sur un meilleur chemin, c'est bien..........
#13
J'ai bluffé pas mal de monde, j'en étais capable depuis longtemps déjà.
A vrai dire je suis, ou plutôt j'étais, capable de mentir sans sourciller.

Parce que je ne comprenais rien à la vie.
Parce que je n'y voyais que la violence, le viol de la vie.

Alors au fil du temps je me suis composé une comédie en copiant les réactions des gens.
J'intégrais toutes les réactions qui me semblaient valides, éliminant les plus faibles d'entre elles.
A force de broder, plus personne ne voyait au travers des mailles de mon filet.
Le masque était complet mais complète était l'arnaque.

Parce qu'à vivre en comédien, j'ai fini dramaturge.
Parce qu'à vivre derrière mon masque, je suis mort devant le mur.

Ce mur qui me laissait seul au milieu d'une foule, seul avec ma famille et mes proches.
Seul parce que je ne sentais plus rien, je ne ressentais plus rien, ni pour eux, ni pour moi.
Une fois que je m'étais emmuré, sûr que j'étais intouchable.
J'avais cru à cette parade...

...mais mon blindage fait mal, dur comme de l'acier.
Les autres ? Ils s'y sont frottés, cognés et brisés.
Et l'autre autre ? Moi ? Même tarif.
D'où l'envie de me jeter...

(c'est un peu romancé mais là c'est 7h du mat' et je n'ai pas dormi, débrouillez vous avec ça ^^)
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