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Chemsex, cathinones et GHB
#1
Rainbow 
Bonjour ! Ancien toxicomane, je vous partage cet article que j'ai écrit en collaboration avec des psychiatres addictologues. Il permet de mieux appréhender le nouveau phénomène psycho-social du "chemsex" dans la communauté gay, ainsi que les produits qui y sont attachés, que peu de professionnels connaissent. L'article est en anglais mais en bas de page vous trouverez le lien vers l'article d'origine en français^^
N'hésitez pas à me faire des retours, des commentaires ou des critiques, chaque apport est précieux ^^Une monographie consacrée au chemsex est en cours d'élaboration..

https://jblutel.blogspot.com/2018/06/che...neral.html
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#2
Salut, merci pour ton article je prendrait le temps de le lire d'ici peu Wink
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#3
Intéressant à lire merci.

Mais je me suis toujours posé une question : ça existe les communauté chemsex hétéro ou y'a que les homo qui ont le droit de s'amuser ? A chaque fois que je lis un truc sur le chemsex on parle uniquement de la communauté homosexuelle, pourquoi ?
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#4
Merci beaucoup pour cet article. Voici quelques remarques en vrac:

Je suis allée voir car ce concept de chemsex éveille ma curiosité : il est défini comme un anglicisme, contraction des mots « chemicals » (= drogues en V.F.) et « sex » et surtout il est défini comme une nouvelle pratique sexuelle consistant à avoir des rapports sous l’emprise de psychotropes. — (Apolline Henry, « Drogue et sexe : le chemsex, une nouvelle tendance inquiétante » sur topsante.com)

J'ai aussi vu qu'un film documentaire intitulé Chemsex était sorti en 2015, dirigé par William Fairman, Max Gogarty et tourné à travers les bars, les clubs, les lieux inderground de Londres et qui décrit ces pratiques gays selon une perspective un peu dark. Je ne l’ai pas vu mais ça m’intéresserait.

Après les pratiques sexuelles sous substances ne sont pas nouvelles…dans les années 70, dans les clubs gays de San Francisco, sexe et drogues étaient volontiers liés et certaines personnalités françaises comme Michel Foulcault y allaient pour s’y adonner en tout anonymat.

De même mais dans un contexte différent, les hippies mêlaient sexe et drogues psychotropes sans hésitation.
Et que dire des pratiques BDSM ? Les anti douleurs utilisés dans des pratiques telles que les jeux de seins cloués, etc (pour aider les endorphines), les myorelaxants, les benzo, la c et plein d’autres substances. L’utilisation des poppers dans le sexe hétéro ou gay n’est pas une nouveauté.

N’a-t-on pas là à faire à une nouvelle stigmatisation des pratiques homosexuelles ? Je m’interroge. Le concept lui-même Chemsex a un côté performatif : il transmet dans son énonciation même, sans équivoque possible, les pratiques auxquelles il renvoi. Une personne qui vous dit « je pratique le chemsex », prend le risque de modifier immédiatement le regard qui lui sera porté.

"Two important questions are : why did this phenomenon muschroom so rapidly and what tools do we have to prevent and treat such a new kind of sociopathology?"
Le phénomène est présenté comme se développant rapidement, et c’est cette notion de nouveauté qui me gêne. Peut-être connait-il une recrudescence dans les milieux gays, actuellement ?

Ça me fait penser à toutes les fois où est renommée une maladie existante pour en désigner l’augmentation subite. Or c’est le changement de nom qui est subit. Comme le passage de la névrose obsessionnelle à celui du TOC.

Faut-il également faire le lien entre les pratiques sexuelles sous substances et le VIH ? Ce sont à mon sens deux problèmes de RDR certes liés mais qui peuvent faire l’objet de prévention et de campagnes d’information séparée. Faut-il parler de sociopathologie ? Je me méfie des tendances à considérer les sexualités alternatives comme pathologiques. Toute pratique sexuelle peut être corrélée à la transmission des MST.

"Chemsex" is not a matter of psychopathology, it is more of a social issue, that can be analysed from a psychopathological point of view.

Oui , il faut nuancer en effet, le passage d’une perspective psychopathologique à une perspective sociale sans quoi on risque de retomber, encore et toujours, dans la psychiatrisation des mœurs à l’œuvre en Occident depuis le 19e siècle. Néanmoins, pour quelle raison en avoir forcément un point de vue psychopathologique ?
Pourquoi pourrait-on être un drogué heureux ? Un pratiquant BDSM heureux ? Et un chemsexter forcément « malade » ou plus en danger ?

But everyone in their respective "psychologist" tribe have an opinion on the matter. Not to mention psychiatrists. It is however important to note, that any psychosocial phenomenon must be observed, analysed, from plural perspectives. We can't reduce one of them to one single theory (biological, psychological, sociological, you name it...).

Oui on ne peut réduire en effet un tel phénomène psychosocial à une seule perspective, biologique, psychologique, neurologique, médicale ou sociétale.

There came this idea : studying one particular case, thouroughly, to try and elaborate a general theory from it.

Attention peut être au fait de partir d’un cas généralisable. Aucun ne l’est surtout dans les domaines des drogues ou de la sexualité, alors les deux mélangés.
Il me semble que pour donner un fond scientifique et la possibilité d’émettre une théorie à une étude, il faut 40 cas, ce qui n’est déjà pas énorme.
Par contre, au niveau de la casuistique, ce cas est intéressant.
Pourquoi avoir choisi ce cas là en particulier ?
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#5
Oui, merci les retours. Tout ça demande à être nuancé et travaillé plus en avant, travail qui est en cours : a la base c était un article qu'on m'a demandé pour un CSAPA, pour leur réunion d'analyse des pratiques, car ils ont de plus en plus de patients rattachés à la problématique du chemsex. Et ils ont ainsi mieux compris la problématique, car ils étaient démunis face à des pratiques qu'ils ne connaissaient pas. Quant à la "nouveauté", ce ne sont pas les pratiques, mais la proportion qu'elles prennent depuis une dizaine d'année, pour en arriver aujourd'hui à un phénomène catégorisable. Merci^^
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#6
(12/06/2018 09:10)R2d2 a écrit : "Two important questions are : why did this phenomenon muschroom so rapidly and what tools do we have to prevent and treat such a new kind of sociopathology?"
Le phénomène est présenté comme se développant rapidement, et c’est cette notion de nouveauté qui me gêne. Peut-être connait-il une recrudescence dans les milieux gays, actuellement ?

Disons que l'avènement des NPS (nouveaux produits de synthèse), notamment des RC stimulants comme la meph' ou la 3-MMC facilement accessibles sur le net et avec des prix attractifs depuis 10 ans, ont fait que la nouvelle génération homosexuelle pratiquant le sexe sous influence, a suscité cette nouvelle tendance appelé "chemsexs", bien que cette vague soit surfée depuis bien des années comme tu l'as souligné.

Le seul truc qui aurait changé, se serait les produits utilisés, et peut être les styles d'usagers ainsi que leurs pratiques, mais là je ne suis pas à même de te répondre sur ces deux derniers points, ce que je sais c'est qu'on invente toujours de nouvelles façon pour jouir sans entrave Smile
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#7
(12/06/2018 11:09)Laura Zerty a écrit : Disons que l'avènement des NPS (nouveaux produits de synthèse), notamment des RC stimulants comme la meph' ou la 3-MMC facilement accessibles sur le net et avec des prix attractifs depuis 10 ans, ont fait que la nouvelle génération homosexuelle pratiquant le sexe sous influence, a suscité cette nouvelle tendance appelé "chemsexs", bien que cette vague soit surfée depuis bien des années comme tu l'as souligné.

Le seul truc qui aurait changé, se serait les produits utilisés, et peut être les styles d'usagers ainsi que leurs pratiques, mais là je ne suis pas à même de te répondre sur ces deux derniers points, ce que je sais c'est qu'on invente toujours de nouvelles façon pour jouir sans entrave Smile

Oui ça les nouveaux produits....y a carrément des domaines complets de prod auxquels je capte que dalle....cf mon désarroi quand je lis des trucs sur les noids

Après on peut se demander en quoi les styles d'usagers ont pu changer des clubs de San Francisco où le VIH a fait des ravages à aujourd'hui, à part peut être au niveau des prix des substances et donc de la démocratisation de ces pratiques.

Sinon le lien avec la psychopathologie est vraiment ennuyeux et résulte toujours de cette même volonté de catégoriser les pratiques conçues comme marginales par rapport à une norme comportementale qui n'existe pas. Les pratiques, gang bang, jeux d'aiguilles, libertinage, bdsm, rien de nouveau sous le soleil. Le bdsmwashing opéré par la stupidité pitoyable de 50 nuances de grey aurait-elle fait oublier toute la palette de pratiques qui se pratiquent (si je puis me permettre cette redondance) depuis ....fort longtemps si on considère que des peintures ont été retrouvées à Pompéi mettant en scène des pratiques qui se rapprocheraient de ce que nous, nous appelons bdsm.

Mdr oui l'imagination est assez illimitée à ce niveau là

Pour revenir à l'article: sur un cas? Soi disant généralisable? Juste valeur d'exemple oui mais en aucun source potentielle de généralisation
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#8
Quand on prend au sérieux des comportements remarqués car remarquables (les pratiques en tout genre ou les tempéraments/caractères humains), on les nomme avec un terme "scientifique" ou "populaire" qui les catégorisent, ce qui s'apparente à une catégorisation (logique). Cette catégorisation est indispensable dans le langage pour évoquer un phénomène précis, parce que l'esprit est ainsi fait qu'il a besoin de mettre dans des petites cases des catégorisations prédéfinies par le langage et ses structures idéo-verbales, acquises dès l'enfance (pratique pour s'exprimer entre individus).

Ainsi on en arrive à parler de phénomènes précis au travers de catégories dont les catégorisations peuvent être très précises (logique et pratique, on est dans le signifiant appelant un signifié formant des chaines de signifiants et de signifiés selon Lacan), mais le souvent en tombant dans des jugements moraux lorsque les catégories énoncées sont pointées du doigt de manière à dénoncer ou moquer une pratique (facile et pratique quand on est logique, mais surtout stupide, on parle alors de cliché).

Mais il y a aussi le fait que les humains s'expriment le plus souvent naturellement au travers de préjugés en jugeant moralement ce qu'il pense, mais sans pour autant en penser du mal intentionnellement (on se vanne tous, on se taquine tous, on se médit tous par vanité en valorisant ou en dévalorisant un tel ou soi-même par intérêt, mais sans être volontairement méchant, on est juste humain quoi). Maintenant si une névrose obsessionnelle est appelée aujourd'hui un TOC, ce n'est peut être pas pour rien, comme on parle de chemsex pour telle ou telle raison surement logique et pratique (ou pas ahah), mais ça je n'en sais rien (bien que les relations égotiques (volontés d'imposer un type de langage particulier genre novlangue), mais aussi les effets de mode et les tendances expliquent pas mal de choses quand à nos façons de catégoriser nos modes de vie et nos pratiques, parfois de manières utiles, parfois de manières vaines (il y a beaucoup de choses vaines aujourd’hui...mais on a ce besoin insatiable de nouveauté, donc on repeint les surfaces dont les apparences paraissent dépassées et plus d'actualité, alors que les quelques pratiques dont on parle n'ont dans le fond pas vraiment changé, mais là c'est un problème de connaissance de sa propre culture historique, à plus ou moins long terme)).

En gros tout est une question de façon de s'exprimer et de penser, selon ses sensibilités à la base (ses morales et ses cultures). Disons que soit on dénonce en pleurant, soit on s'offusque que certains dénoncent en moquant ceux qui pleurent, parce que c'est plus facile que de comprendre en ne riant pas ni ne moquant son prochain Smile
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#9
(12/06/2018 11:46)R2d2 a écrit : Après on peut se demander en quoi les styles d'usagers ont pu changer des clubs de San Francisco où le VIH a fait des ravages à aujourd'hui, à part peut être au niveau des prix des substances et donc de la démocratisation de ces pratiques.

Je dirais l'accessibilité, il y à encore 15 ans, on imaginait pas commander et recevoir 3 jours plus tard des prods divers et variés dans la boite aux lettres. 
Plus besoin de connaitre quelqu'un, d'avoir des contact ou de fréquenter un certain milieu. Une simple recherche google suffit à trouver de quoi se défoncer. Plus besoin d'avoir peur de rencontrer un dealer chelou. Et je pense que tout ça peut radicalement changer le type de consommateurs
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#10
Et puis les gens se rencontrent plus facilement sur internet aussi, genre en mp :

- "tu veux chemsex avec moi/nous ce soir ?"

Et hop tu rentres dans un réseau de chemsexeurs lol
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#11
Faut pas oublier aussi que "psychopathologie" ça reste du charabia de psy qui veut tout dire et rien dire, j'y vois pas forcement quelque chose de péjoratif dans le sens où si on s'en tient à la psychiatrie la moindre originalité ou comportement un peu hors norme peut être considéré comme un trouble psy, surtout en matière de sexe. Je serais bien curieux de savoir à quoi ressemble un humain considéré comme totalement sain d'esprit par un psychiatre.

Sinon je réitère ma question : pourquoi chemsex rime toujours avec homosexualité ? A chaque fois qu'on en parle (donc à chaque fois qu'il y a des morts quoi) c'est toujours dans les milieux homo, à quand un site de rencontre homme/femme pour consommateur de RC ?
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#12
(12/06/2018 14:51)Laura Zerty a écrit : Et puis les gens se rencontrent plus facilement sur internet aussi, genre en mp :

- "tu veux chemsex avec moi/nous ce soir ?"

Et hop tu rentres dans un réseau de chemsexeurs lol

Rah, j'ai jamais ce genre de MP moi Sad 

Citation : Sinon je réitère ma question : pourquoi chemsex rime toujours avec homosexualité ? A chaque fois qu'on en parle (donc à chaque fois qu'il y a des morts quoi) c'est toujours dans les milieux homo

Je me demande aussi, c'est assez étrange de se dire qu'un type de consommation puisse être lié a une orientation sexuelle. 
Peut être que les média traitent la chose différemment pour accentuer le fait d'une orientation sexuelle différente ? Car au final, y'ena des couple hétéro qui claquent par OD + sexe, mais c'est rarement médiatisé de la même façon.
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#13
Je pense que les homosexuels ont adopté les drogues pour le sexe beaucoup plus que les hétéros par question d'utilité (dilation de l'anus avec certains prods + augmentation de l'envie), et puis ils se sont rendus compte que c'était cool pour prendre son pied aussi. Donc pour moi le lien est assez logique.
Par contre pour les hétéros c'est moins connu déjà parce que ce besoin n'est pas forcément là et puis que j'ai l'impression que la plupart du temps les hétéros sont moins détendus entre eux que les homosexuels, et du coup même si un couple hétéro se met au chemsex il va peut-être pas oser en parler etc. Je suppose que c'est plus ouvert chez les homosexuels. Surtout que ça commence à être connu chez les homosexuels donc on en parle donc ça se fait de plus en plus connaitre, alors que chez les hétéros y a une sorte de tabou de ce que je vois.

(Point de vue 100% subjectif d'un gars hétéro qui n'y connait rien)

Mais ouais j'avoue que la lenteur de la démocratisation du chemsex chez les hétéros me surprend un peu. Sous prod ça peut devenir magique quand-même (que de bons souvenirs uhu).
[Image: qm94.png]
[Image: oobj.png]

Say No And Protest
Mes trips-reports:
[HBWR] Walker, et sa version en rap ici!
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#14
Faudrait aller dans différents clubs échangistes hétéros pour savoir si certains habitués consomment d'autres produits que l'alcool qui y est vendu.

J'avais une amie qui y bossaient, et au vu des règles sanitaires à respecter ainsi que des fréquentations plutôt bobos branchés qui veut se la jouer tendances "je suis ouvert d'esprit vis à vis des relations sexuelles", ou des mega cochonnes venues se faire plaisir dans un gang bang avec des inconnus en chiens de la casse, qui se font jeter si leur tête ne revient pas aux femmes décidant de qui va les pénétrer tel trou ou jouir sur leur visage ou autre part, disons que la drogue n'était pas au centre des ébats (l'ambiance relatée avait l'air plutôt glauque vous l'aurez compris).

Après ça ne veut pas dire qu'il y en a de consommateurs de drogues, mais les gens qui vont là bas s'y retrouvent pas mal pour mater surtout, ou pour tirer leur coup et repartir sans demander leur reste. Et puis il y a les habitués qui n'ont besoin d'aucun produit pour se stimuler ou autre, leur nymphomanie leur suffit pour se faire pénétrer par une dizaine de mecs dans le cas des femmes, pour les hommes je ne sais pas exactement ce qu'il en est, des retours que j'ai eu, ils ne dominaient pas la situation, mais attendaient sagement d'être l'élu des reines de la soirée (genre toi vient me la mettre, mais pas toi...).

Après pour se qui se passaient dans les cabines, là je n'en sais trop rien, mais le nettoyage étant fréquent et la surveillance assurée pour qu'il n'y est pas de dérapage, à priori ce n'était pas le genre de lieux fréquenter par des usagers de drogues, et encore moins des injecteurs préférant se retrouver dans des soirées plus intimistes, où les usagers participants ont des profils sociaux et des pratiques de défonce (l'injection) plutôt semblables, alors que dans les clubs échangistes la population est plus hétérogène (mixités sociale et morale diverses).
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