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Perdre pied
#1
Il est un peu plus de 18h, une envie soudaine de mescaline. Ou plus exactement je trouve le courage retenter une expérience longtemps envisagée mais toujours repoussée.


Je consulte le bot, élevé au rang d’oracle, d’un autre forum des internets. La question : 400 ou 600mg de mescaline fumarate ? 400 est la reponse mais lors de la pesée, au moment ou je vois 326 (soyons precis :p) sur l’afficheur, mon cerveau (reptilien probablement) me pousse à considérer que cela est suffisant. Hahaha, merci cerveau reptilien  *cœur* . Je réparti le volume non négligeable que représentent ces 326mg en deux para. Je gobe le premier puis vais préparer l’équivalent d’un pouce de gingembre frais que je coupe en lamelle fines et grignote rapidement afin d’atténuer la nausée, légère certes mais néanmoins désagréable, qu’engendre l’ingestion de mescaline. Le deuxième para rejoint le premier avec 15min de décalage. Il est à peine 19h.
Ok, j’ai lancé la machine mais n’ai en aucun cas pris en compte le set & setting. J’ai une heure à tuer avant que les prémices de l’expérience apparaissent. Je décide d’organiser une ballade sur une plage proche pour ne pas rester enfermé et tenter de diffuser la stimulation associée à la montée de mescaline en marchant. Préparation d’un sac incluant enceinte portable, lampe, bouteille d’eau, poncho, un laser et 2 petits sticks de beuh purs. Je fais mon lit avec des draps spécial trip (enfin, juste propres et frais quoi), un peu de ménage pour apprécier le retour dans un nid douillet pas trop bordélique. Je passe le temps en chattant avec le sitter d’un novice aux champi qui me décrit les phases traversées par celui-ci.
Ça fait un peu plus d’une heure et je n’ai toujours pas d’effet, bizarre. J’oublie que lors de mes expériences précédentes j’avais dissous les cristaux dans un shot d’eau d’où une montée bien plus rapide. Du coup, pour activer la digestion et donc l’assimilation, j’ingurgite un bol composé d’une pomme, de flocons d’avoines et d’une petite poignée de fèves de cacao censé entrer en synergie avec la mescaline. Je complète avec un bon morceau de chocolat noir 90% pour booster cette synergie.


Il est 20h30 passé, la nuit est tombée, la stimulation s’installe, il est temps d’entamer le périple. L’expérience me dit qu’au cours d’un trip il est bon parfois d’avoir un point d’ancrage (l’équivalent d'un doudou) et je rebrousse chemin peu de temps après mon départ pour aller chercher un morceau de tissus imprégné d’un parfum qui, je ne sais pour quelle raison, me met en joie. Cette fois c’est parti. Je prie pour ne tomber sur personne sur le court chemin qui mène à la côte. Je suis celle-ci dans la nuit sans lune, la marche est aisée dans les galets et rochers malgré le manque de lumière. J'atteins une embouchure que je dois traverser, je me fous en caleçon et attaque la traversée. Il est clair que le trip est entamé, j’ai beau connaître l’endroit par cœur je suis un peu paumé et je me retrouve dans plus profond qu’attendu. Tant pis. Je rejoins l’autre berge, me débarrasse de mon caleçon mouillé et enfile mon short.
Les vagues d’énergie commencent à parcourir mon corps. Il est temps de mettre du son, je démarre l’enceinte et lance Orange blossum, non sans difficulté, via le smart phone. C’est un album que je connais peu et je le découvre avec naïveté. J’apprécie. Je marche maintenant pieds nus dans le sable d’une douceur ouaté, d’un pas rythmé par le son. Je renifle mon doudou et la joie se diffuse en moi.
Il doit être autour de 21h30 soit T+2,5, j’avais prévu de pousser plus loin mais je tombe sur un espace qui semble me tendre les bras, l’impression de trouver d’un havre de paix couvert de sable fait de neige (!?!). J’étale le poncho et m’étends de tout mon long. La monté est bien là, pas violente mais dont l'intensité me demande tout de même un peu de sang froid pour encaisser le mélange de sensations qui m’assaillent. Du plaisir physique non sexuel, une peur sourde, la musique qui se décompose de manière organique, du plaisir sexuel, et étonnamment pas de visuel hormis des déformations légères de la vision mais la nuit sans lune n’y est pas propice. J’ai envie d’allumer un des sticks mais la raison me pousse à attendre d’avoir atteint le pic en général situé à T+4. J’essaye de tromper mon attention en jouant avec le laser (assez puissant, genre fait pour se faire repérer de loin) mais l'apparition de phares de voitures au loin me font le ranger de peur d’attirer l’attention sur moi à cause du faisceau qui s’étend dans le ciel brumeux (l’était il vraiment?).
On en est à T+3,5, le plus fort de la monté semble être atteint, j’ai l’impression d’être moins submergé, j’ai même un moment de pseudo lucidité. Parfait, c’est le moment d’allumer un stick. La fumée à un goût, une texture, ça stimule mon être, c’est agréable.


Et c’est là
Oui, à ce moment
Que la vague me submerge
Non pas une vague venue de la mer calme
Une vague venue de l’intérieur
Pas une déferlante
Une vague lente et puissante
Qui me fait perdre pied
Mon esprit
Pas mon cerveau
Mon esprit se liquéfie
Le morphing de l’esprit
Se décomposer
Pour se recomposer
En forme
En sensation
Alien
Non descriptible
Autre chose
Analogie, passer de binaire à hexadécimal mais en polonais avec accent papoue, haha
Ressentir ce qui n’est pas
Ce qui est
Mais pas accessible
Être une amibe
Mais d’une autre dimension
Être une plante
Mais d’une autre planète
Être une machine
Mais organique
Avoir des poils
Avoir des #^?§&!
Avoir des pores
Avoir des bouches
Avoir des antennes
Avoir des pattes
Voir
Mais sans les yeux
Voir
Mais de l’intérieur
Voir
Mais pas des images
Être La vision


Pendant tout ce temps, je sais que j’ai pris de la mescaline. Je conçois que je trippe. Je sais que je vais revenir. Mais le doute m’effleure. J’oscille entre vagues de sensations physiques et vagues de visions. Ça s’enchaîne rapidement. Le temps existe encore mais je ne l’appréhende plus. Il y a des micro moments de lucidité ou plutôt des moments de micro lucidité où je réalise par exemple que je tiens toujours le stick à moitié consumé entre mes doigts. Autant dire qu’il est hors de question pour moi de le rallumer. Je crains bien trop de monter (descendre?) encore plus loin, plus profondément dans ce qui pourrait être considéré comme la folie. J’essaye parfois de déterminer où j’en suis dans le déroulé du trip en consultant le téléphone. Mais c’est peine perdue. Je me dis que j’ai atteint le pic mais cela repart de plus belle. C’est bon. C’est dur. C’est long. C’est fou. Je suis tenté de couper la musique. Mais je tente de m’accrocher au son. Le son est un flux liquide insaisissable qui rebondi sur les cahots de l’espace. Rebondi sur les cahots de l’espace. Les cahots de l’espace. L’espace. Non, les cahots. Je ris. Je ris de l’incongruité. Et je repart. Cela fait longtemps que je ne suis plus allongé sur le poncho, je l‘ai enfilé, je me recroqueville dedans. Je perçois parfois des gouttes. La pluie ? Je ne sais pas . Peut-être. Peu m’importe. Le déluge peu s’abattre. Peu me chaut.


Il doit être aux environs de 1h30. Ce n’est pas terminé du tout mais je commence à reprendre pied. Je peux m’asseoir, me lever, envisager de bouger. Je commence à ressentir le froid, je ne suis pas frigorifié mais l’idée de rentrer chez moi émerge et se fait plus présente. Je me rassemble comme je peux et entame une marche entre la danse et la transe au rythme de la musique. Je fais quelques aller et retours sur la plage puis fini par revenir au niveau de l’embouchure. Je me mets à poil et traverse. Je suis totalement à l’ouest, ai un mal fou à m’orienter et atterri pas du tout là ou je pensais. J’en profite aussi pour tripper sur les poissons qui sautent et autres forme mouvantes (réelles ou pas). Légèrement inquiétant même si je sais qu’il n’y a pas de danger. Au sec je me rhabille, éteins la musique qui jouait toujours, reprends la route et essaye de me recomposer car j’arrive là où le monde réel est susceptible de se manifester (je ne tiens pas du tout à rencontrer quelqu’un, ou même croiser une voiture). Je marche difficilement dans les rochers qui longent la route et ne veux pas allumer la lampe pour être le plus discret possible. Heureusement, un quart de lune s’est levé et éclaire légèrement. Je dois faire un petit détour pour éviter 2 voiture garées non loin. Il y a un peu de lumière qui provient d’une des voiture mais je n’ai pas de focus, je trippe toujours, et n’arrive pas à déterminer si ce sont des gens en train de fumer un joint ou de baiser à l‘écart de la civilisation et je m’en tape le coquillard, je veux seulement rentrer, bordel.


2h30 (T+7,5) Je fini par, Ô Joie, atteindre mon home-sweet-home. Content d’avoir fait le ménage avant de partir, je me félicite en riant. Je prend une douche, me prépare un peu à manger et me connecte sur le chat pour partager mon expérience avec des trippé-friendly, ça m’aide à recoller les morceaux  de pouvoir extérioriser ce qui vient de se passer. Je mets en route le volcano et vaporise de l’herbe pour atterrir en douceur. Un petit mal de crane m’étreint le front comme si mon cerveau payait le prix d’un emballement intense. Je fini par migrer dans le lit en compagnie du volcano. J’apprécie le contact avec les draps, je me tortille dedans, sensualité diffuse. Étrangement, l’after glow associé à mes précédents trip n’est pas là, je suis trop fatigué comme si l’intensité du trip avait pompé toute l’énergie de la molécule. Alors que la stimulation inhérente à la mescaline s’estompe doucement, je fini par m’endormir épuisé vers 5h.


Aujourd’hui, après 4 ou 5 heures de sommeil je ne suis pas reposé, je prend le mescaline hangover de plein fouet. Toujours ce léger mal de crane. Les interactions avec « le monde » sont légèrement décalées mais la ballade en moto a été délicieuse, légère impression de léviter.









A noter, le gingembre à bien fonctionné, je n’ai pas eu de nausée du tout contrairement aux fois précédentes ou j’en avais utilisé sous forme de gélules.
Je ne comprends pas pourquoi le trip a été si intense, vu la dose je ne m’attendais pas du tout à ça. J’ai déjà tapé 400 et 600mg mais jamais je ne suis parti aussi loin. Aucune idée si c’est dû à la synergie avec le cacao (pas la première fois que j’en utilise) ou si le joint (là non plus pas la première fois) à déclenché quelque chose de particulier mais putain quelle expérience.
The following 6 users Like Rasfhoo's post:
  • Cookies, Couac, L'huitrerampante, snap2, Trickster, Tridimensionnel
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#2
Ca ressemble fortement à un TR "j'étais bien puis là j'ai tiré sur mon joint et c'est parti en couille" quand même, après je connais pas l'influence du cacao sur la mescaline.

Mais c'était sympa à lire en tout cas
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#3
Grave tu écris trop bien on s'y croirais !!!

Je pense quand même que le cannabis y est pour beaucoup, le cacao aussi dans doute la théobromine + serotonine.

Ca me rappelle mon premier trip de lsd, goute pure mais je ne sentais pas grand chose au début, ça me laissais perplexe et puis j'ai roulé par dépit et la boom headshot.

Un des meilleurs trip de ma vie *-*

J'ai jamais autant kiffé le son.

En tout cas merci pour l'astuce du gingembre, elle me sera forte utile.
L'homme est un fou qui pense pouvoir contrôler la vie, alors qu'il ne se contrôle pas lui même.
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