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L'ADDICTION 7 - Pourquoi se droguer, quelques causes et raisons
#1
POURQUOI SE DROGUER ? D'AUTRES CAUSES ET RAISONS


Cet article est une recomposition de paragraphes prélevés dans différents articles, dont les sources sont dans l'introduction.



Si toute addiction est une série d’actes en lien avec son impulsivité, serait-ce pour se faire du bien ou du mal ? L'aspect masochiste est-il premier ou secondaire ? Ou est-ce par échec du fantasme ? Quels sont donc les buts, conscients ou inconscients, qui sous-tendent toutes les formes que peut prendre le comportement addictif ?

Il n’existe en français aucune traduction adéquate du mot « addiction », à l’exception du terme de « toxicomanie », ce qui est troublant parce que la notion qu’une dépendance de n’importe quelle nature – nourriture, tabac, alcool, drogues ou autres – soit motivée par un « désir maniaque de s’empoisonner » semble en désaccord avec les tensions psychiques qui sous-tendent les comportements addictifs. Parmi les éléments conscients et inconscients qui se cachent derrière de telles compulsions, effectivement il y a parfois un désir masochiste de se faire du mal, mais cela semble loin d’être la dimension dominante dans les observations cliniques.

Se vouloir du bien ou du mal ? Ou s'agit-il d'un mal pour un bien ? Ou d'un bien qui amène à se faire du mal ?

Et si la poursuite d’un objet d’addiction – même dans le cas des abus de drogue – ne relevait pas foncièrement du désir de se faire du mal – de s’empoisonner – mais qu’au contraire cette démarche procédait de l’espoir de rendre supportables les difficultés de la vie quotidienne, ressenties comme aliénantes, stressantes ? Maints comportements addictifs sont ressentis comme obligatoires au moment où le sujet se trouve seul – comme si le fait d’être seul chez soi, ou seuls ensemble dans un groupe, était une blessure narcissique qui requiert la solution addictive du sujet.

Autrement pourquoi consommer pour se féliciter en se dévissant la tête lorsque l'on a réussit une tâche que l'on s'était fixée, pourquoi avoir besoin d'un produit pour fêter un évènement heureux ? Ne peut-on pas travailler pour soi et non pour une récompense, la drogue serait-elle donc notre fin en soi ? Et non pas un moyen par lequel arriver à nos fins ?


L’illusion donne du sens à sa vie

Ce que cherche avant tout la personne addict, c’est consciemment la quête du plaisir et non pas le désir de se faire du mal. Bien que la personne addict puisse se sentir esclave de son objet ou de son comportement addictif, son but n’est en aucun cas de se faire du tort ; bien au contraire, elle pense que cette poursuite est celle d’un bon objet en ce sens qu’il lui procure avant tout du bien-être et même, dans les cas extrêmes, qu’il peut être vécu comme ce qui donne sens à sa vie (l'objet de l'addiction étant idéalisé, la drogue est un bon objet indispensable à sa survie).

Nous pouvons proposer alors que la dimension la plus urgente de l’économie psychique qui sous-tend la conduite addictive est le besoin de se débarrasser aussi rapidement que possible des sentiments de déception, d’angoisse, de colère, de culpabilité ou de tristesse qui font souffrir, voire des sentiments en apparence agréables ou excitants mais qui sont vécus inconsciemment comme défendus ou dangereux (problèmes des interdits moraux). À partir de la découverte de sa solution addictive, le sujet cherche compulsivement à la retrouver face à toute souffrance psychique. En bref, la dépendance implique toujours un mélange de douleur et de plaisir.

Reviviscence des angoisses infantiles

En ce qui concerne le rôle du comportement addictif comme analgésique, il faut ajouter un facteur important, à savoir que le pouvoir de l’addiction est accru en ce qu’elle est presque toujours une réponse à une souffrance psychique du passé (remontant souvent à l’enfance) et que, comme tous les symptômes d’ordre psychologique, elle se révèle être une tentative enfantine de se soigner (l'addiction en tant qu’auto-médication). A la base, l’addiction est davantage une solution psychosomatique que psychologique à la souffrance psychique.

Qui parle et de quoi ?

L’agir désigne la répétition sous forme d’action de ce qui ne peut être remémoré : l’acte vient à la place du souvenir (Freud). Et si le problème des addicts était de ne pas arriver à désigner ces actes dont ils ne sont pas capable de se restituer le sens ? Au lieu de croire que l'esprit dirige l'individu (illusion de son ego, du libre arbitre), il est impératif de comprendre que le corps parle au travers de symptômes et de maux (psycho-somatisation), sur lesquels il reste à poser des mots pour en définir les causes, les déterminismes psycho-socio-génétiques, et un sens éventuellement libérateur.

Cherche-t-on à se « calmer » ou à « se remplir » ?

Ces considérations peuvent aussi nous amener à nous intéresser aux différents fantasmes cachés derrière les comportements addictifs. « Quand je me jette sur la nourriture, c’est comme si je cherchais à calmer une bête féroce à l’intérieur de moi », « Je suis obligée de manger incessamment comme pour conforter une enfant triste et abandonnée en moi. », « Quelquefois, je ne sais même pas si je suis triste ou en colère, si j’ai faim ou si j’ai envie de faire l’amour ; et c’est alors que je commence à boire. » Qu'on ne sache pas différencier, afin de pouvoir les nommer, ses divers états affectifs est étonnant, mais très révélateur des comportements addictifs, comme on ne sait pas, on reproduit des actes qu'on connait faute de se renouveler dans une direction nouvelle.

Il est impératif de comprendre que l'on consomme autant lorsque l'on a une tâche difficile ou délicate à accomplir, ou lorsque l'on est particulièrement heureux ou excité, tout comme lorsque l'on est triste ou angoissé. Ainsi l’un des buts du comportement addictif est de se débarrasser de ses affects ! L'individu se met un écran de fumée sur la quasi-totalité de son expérience affective, neutralisant ou dispersant ainsi une partie vitale de son monde interne, sa part d’ombre cachée, cette part de soi que certains psychonauts essayent de découvrir !


DES CAUSES ET DES RAISONS - Illustrer les aspects de sa souffrance psychosomatique


Les raisons de ces compulsions et les causes des addictions se retrouvent durant sa petite enfance, lorsque l'on commence à se remémorer le portrait d'un de ses parents vu comme une force engloutissante, intrusive et aliénante (qui prend la tête), cherchant à exercer une autorité physique et psychique sur soi (fais-ci, fais pas ça, écoute moi et tais-toi). Lorsque les enfants se vivent comme une extension libidinale et narcissique, un objet de contentement et satisfaction de leur parent, cette expérience « dévorante » tend souvent à provoquer chez eux une appréhension inconsciente, voire une terreur de la mort psychique (individuation impossible tant on a l'impression de vivre avec son parent en tête, terrorisé par son autorité). Cependant, derrière de telles relations parent-enfant, et la rage que l’enfant en éprouve, on trouve aussi une satisfaction mégalomaniaque : « Sans moi, maman ou papa tomberait en morceaux. » Alors ce lien parent-enfant, imprégné des pulsions primitives prégénitales, cherche à perdurer en dépit d’une apparente rébellion.

On se rebelle contre son parent en entretenant la relation de dépendance. Pour exister dans le conflit, parents et enfants ont besoin les uns des autres. Et quand on a grandi dans le conflit, on ne sait pas faire autrement, donc on reproduit ces schémas en soi et avec autrui, ces relations conflictuelles parents-enfants intériorisées et mimées. En outre, les parents sont présentées comme très concernées par les souffrances physiques de leurs enfants, tout en étant incapables d’entendre et de comprendre leur douleur psychique (un enfant manifeste sa colère, et son parent lui dit qu'il n'a pas de raison d'être en colère, il nie ses sentiments et l'enfant croit qu'il n'est pas autorisé à ressentir ses émotions, d'où une confusion quand à ses affects qu'il met en doute et redoute). Malgré ça, chaque enfant apporte sa propre solution au problème de la séparation avec ses parents, tout comme il s’arrange avec l’inconscient biparental, mais, bien entendu, il n’en résulte pas nécessairement une solution psychique addictive !


MANQUE DE SUBJECTIVATION ET TROUBLE IDENTITAIRE - Une thèse liant addictions, troubles du narcissisme et de l’identité, tentative de maîtrise et de défense des limites du moi


La subjectivation est notre dialogue intérieur, cet échange dialectique entre les instances psychiques constitutives de notre psyché. Si le dialogue intérieur est peu effectif ou problématique, l'individu en pâtit dans un manque de confiance en soi, et dans une succession de conflit en son for intérieur.

Jeammet a estimé que l’addiction était un moyen de trouver un support dans la réalité externe (extra-psychique) à ce qui manquait dans sa réalité interne (intra-psychique) et dont le sujet ne pouvait se consoler. L’addiction est une tentative d’idéaliser et de se raccrocher à la réalité externe et au monde perceptif pour compenser l’échec du monde interne et de la réalisation hallucinatoire du désir, ainsi que pour opposer un contre-investissement à la destructivité interne (quand on sent qu'on est prêt à tout péter, on canalise sa colère en faisant une activité libératoire (sport, jeux-vidéos, sexe, drogues, écouter de la musique très fort, etc)). La défaillance des assises narcissiques place le sujet soumis à la pulsion, dans une crainte de la dépendance à l’objet libidinal qui représente un danger pour lui : l’amour est une violence incontrôlable qui risque de placer le sujet sous le régime de l’objet – de l’y assujettir pourrait-on dire. Et paradoxalement l'addict veut être libre.

Ces conceptions, pour différentes qu’elles soient, mettent avant tout l’accent sur la constitution du moi, ses défaillances, les troubles de l’élaboration psychique et de la symbolisation, l’économie de décharge, la tentative paradoxale de restitution d’un objet psychique intériorisé et le danger représenté par la dépendance aux objets libidinaux conduisant à une dépendance plus grande encore à des objets matériels.

Chez certains patients la consommation de différents types de substances toxiques ainsi que l’usage d’excitants alternant souvent avec celui de calmants, alcool, tabac, médicaments, se trouvent au centre d’un mal-être identitaire diffus et constituent par leur caractère compulsif et irrépressible une sorte de néo-identité (idéalisée), une solution illusoire et paradoxale de restitution de l’identité qui portera la marque de cette aliénation (l'addict se définit de part les drogues qu'il prend). La boulimie, l’alcoolisme, le tabagisme et certaines formes de toxicomanie sont des « actes symptômes compulsifs à la frontière entre psyché et soma » qui font office de rempart contre l’indifférenciation et la perte d’identité.

Objets de transition ou de substitution ?

Plutôt qu’objets transitionnels pour passer d'un stade à l'autre en gagnant en maturité, les drogues sont utilisées comme objets de substitution toujours à disposition, totalement maîtrisables en apparence et selon ses croyances, réalisant ainsi un état idéal de satisfaction donnée à soi-même, d’auto-suffisance, voire de toute puissance défiant les objets déficients en soi et dans son environnement. La drogue masque ses faiblesses et manques tout en les révélant indirectement, mais ça l'usager n'est pas prêt à le voir, et encore moins à l'admettre. Pathologie de l’excès contre l’excès, c’est la jouissance à volonté qui est recherchée en lieu et place du désir. La boulimie comme certaines conduites addictives, dans lesquelles la recherche de la jouissance devant l’émergence pulsionnelle est obtenue sur le mode de la décharge, signent l’échec de l’organisation du principe plaisir-déplaisir et de la satisfaction hallucinatoire du fait du défaut de constitution d’un objet interne fiable et représentable (on en revient au manque de représentation de ses affects, de soi, il y a une quête identitaire dans la prise de produit).

La toxicomanie comme point d’arrimage des identifications imaginaires dans la psychose

L’accoutumance et la dépendance à l’objet drogue viennent assurer une stabilité du moi (moi qui est fragilisé dans la structure psychotique). Car, comment mieux entretenir cette place identificatoire que de s’adonner à une pratique qui lui créée et lui assure un lien de dépendance, une nouvelle aliénation comme résultat espéré (en prenant le produit on sait ce qui va se passer, quel état l'on va retrouver). Ainsi s’évitent les inquiétantes fluctuations identificatoires que le sujet subit dans ses différents environnements sociaux. Le groupe social – les toxicomanes – sert de moi auxiliaire, d'où l'importance du groupe, de fréquentations d'individus similaires pour une meilleure reconnaissance, une plus favorable acceptation de son addiction. « Pour moi, l’opium n’avait jamais été une tentation, mais un remède », ce qui peut sembler d’abord n’être qu’une tentation pour le sujet psychotique est bien plus l’intérêt d’accompagner celui qu’il vient suivre et imiter : un copain, une bande ou un groupe pris par la tentation de ces produits.

Son rapport à autrui va dès lors s’organiser autour d’un objet commun, par exemple la drogue ou les jeux-vidéos, qu’il partage avec ce groupe social

Les propos, les jargons du groupe : « l'ud, la came, le dealer, l’od, les keufs, la RDR », privilégient un langage de signes, c’est-à-dire de mots, de codes, qui représentent quelque chose, un objet, et où ainsi le sujet n’est ni engagé ni représenté. La drogue installe une fonction de pacification, en ce sens que s’évitent l’affrontement, la rivalité, la concurrence entre les semblables, entre les frères par rapport à la défense de quelque idéal (cet état de fait est plus que palpable sur les forums). L’idéal, ici, ne se situe pas dans un affrontement narcissique ni d’un côté ni de l’autre. Il n’y a pas d’élément tiers qui ravive jalousie et rivalité spéculaire entre deux sujets mais bien plutôt une complicité entre copains de défonce, copains de galère, dans une même plainte à l’endroit des mêmes ennemis : le dealer peu scrupuleux, les bons et cons citoyens inhibés moralement, ou la Loi trop sévère (on nique la police en prônant la légalisation).

Certains états psychotiques s’expriment par un repli sur soi, un retrait social avec évitement du monde du dehors, mais on parle aussi du tonus des drogues

Il y a alors pour le sujet devenu toxicomane matière à trouver prétexte, un bon prétexte, à dépasser cette inhibition grâce à l’excitation psychique, à l’agitation produite par la douleur du manque et, par conséquent, une contrainte vers la course à la drogue. Melman évoque le « tonus » que donnent les drogues. Il existe un effet stimulant de certaines drogues au delà de leur propriété, celles-ci améliorent le dynamisme quand on est dans une optique de consommation créative et sociale, de recherche de produit et de liens autour de celui-ci (contacts ou informations multiples amenant à un possible savoir). Les médecins sont régulièrement témoins, lors de visites de patients hospitalisés et traités en psychiatrie, d’un retour au repli sur soi, de l’inhibition psychique et de l’adynamisme suite à la trop grande consommation ou l'arrêt de drogue. Cette tonicité attribuée à la drogue octroie une consistance de soi forte, aussi longtemps que perdure l’addiction, d'où la sensation de vide et d'ennui lors du sevrage, et même après.

En résumé, l’addiction peut non seulement s’installer à cause de violents accès affectifs de rage, d’angoisse, de peur ou d’abandon, mais elle peut également venir d’une rupture dans les relations parent-enfant, avec l’espoir que l’objet d’addiction puisse recréer l’illusion nostalgique de la béatitude fusionnelle de l’enfance.
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#2
(28/02/2018 16:21)Laura Zerty a écrit :
POURQUOI SE DROGUER ? D'AUTRES CAUSES ET RAISONS


Cet article est une recomposition de paragraphes prélevés dans différents articles, dont les sources sont dans l'introduction.



Si toute addiction est une série d’actes en lien avec son impulsivité, serait-ce pour se faire du bien ou du mal ? L'aspect masochiste est-il premier ou secondaire ? Ou est-ce par échec du fantasme ? Quels sont donc les buts, conscients ou inconscients, qui sous-tendent toutes les formes que peut prendre le comportement addictif ?

Il n’existe en français aucune traduction adéquate du mot « addiction », à l’exception du terme de « toxicomanie », ce qui est troublant parce que la notion qu’une dépendance de n’importe quelle nature – nourriture, tabac, alcool, drogues ou autres – soit motivée par un « désir maniaque de s’empoisonner » semble en désaccord avec les tensions psychiques qui sous-tendent les comportements addictifs. Parmi les éléments conscients et inconscients qui se cachent derrière de telles compulsions, effectivement il y a parfois un désir masochiste de se faire du mal, mais cela semble loin d’être la dimension dominante dans les observations cliniques.

Se vouloir du bien ou du mal ? Ou s'agit-il d'un mal pour un bien ? Ou d'un bien qui amène à se faire du mal ?

Et si la poursuite d’un objet d’addiction – même dans le cas des abus de drogue – ne relevait pas foncièrement du désir de se faire du mal – de s’empoisonner – mais qu’au contraire cette démarche procédait de l’espoir de rendre supportables les difficultés de la vie quotidienne, ressenties comme aliénantes, stressantes ? Maints comportements addictifs sont ressentis comme obligatoires au moment où le sujet se trouve seul – comme si le fait d’être seul chez soi, ou seuls ensemble dans un groupe, était une blessure narcissique qui requiert la solution addictive du sujet.

Autrement pourquoi consommer pour se féliciter en se dévissant la tête lorsque l'on a réussit une tâche que l'on s'était fixée, pourquoi avoir besoin d'un produit pour fêter un évènement heureux ? Ne peut-on pas travailler pour soi et non pour une récompense, la drogue serait-elle donc notre fin en soi ? Et non pas un moyen par lequel arriver à nos fins ?


L’illusion donne du sens à sa vie

Ce que cherche avant tout la personne addict, c’est consciemment la quête du plaisir et non pas le désir de se faire du mal. Bien que la personne addict puisse se sentir esclave de son objet ou de son comportement addictif, son but n’est en aucun cas de se faire du tort ; bien au contraire, elle pense que cette poursuite est celle d’un bon objet en ce sens qu’il lui procure avant tout du bien-être et même, dans les cas extrêmes, qu’il peut être vécu comme ce qui donne sens à sa vie (l'objet de l'addiction étant idéalisé, la drogue est un bon objet indispensable à sa survie).

Nous pouvons proposer alors que la dimension la plus urgente de l’économie psychique qui sous-tend la conduite addictive est le besoin de se débarrasser aussi rapidement que possible des sentiments de déception, d’angoisse, de colère, de culpabilité ou de tristesse qui font souffrir, voire des sentiments en apparence agréables ou excitants mais qui sont vécus inconsciemment comme défendus ou dangereux (problèmes des interdits moraux). À partir de la découverte de sa solution addictive, le sujet cherche compulsivement à la retrouver face à toute souffrance psychique. En bref, la dépendance implique toujours un mélange de douleur et de plaisir.

Reviviscence des angoisses infantiles

En ce qui concerne le rôle du comportement addictif comme analgésique, il faut ajouter un facteur important, à savoir que le pouvoir de l’addiction est accru en ce qu’elle est presque toujours une réponse à une souffrance psychique du passé (remontant souvent à l’enfance) et que, comme tous les symptômes d’ordre psychologique, elle se révèle être une tentative enfantine de se soigner (l'addiction en tant qu’auto-médication). A la base, l’addiction est davantage une solution psychosomatique que psychologique à la souffrance psychique.


J'aime beaucoup cet article.
Je ne sais pas si on peut les rapprocher mais j'aurais tendance à corréler addiction et compulsion. Typiquement je suis une personne compulsive: nourriture, sport, projets pro....tout peut devenir objet de compulsion et je perds facilement le contrôle même si ça ne se voit pas beaucoup de l'extérieur. Je ne sais pas si c'est vraiment pour se faire du bien: c'est un peu comme si je devais en faire plus pour mériter ma place dans le monde, comme une course à la reconnaissance mais qui n'aurait jamais de fin. Quand à la nourriture, c'est clairement comme se caliner.


(28/02/2018 16:21)Laura Zerty a écrit : Qui parle et de quoi ?

L’agir désigne la répétition sous forme d’action de ce qui ne peut être remémoré : l’acte vient à la place du souvenir (Freud). Et si le problème des addicts était de ne pas arriver à désigner ces actes dont ils ne sont pas capable de se restituer le sens ? Au lieu de croire que l'esprit dirige l'individu (illusion de son ego, du libre arbitre), il est impératif de comprendre que le corps parle au travers de symptômes et de maux (psycho-somatisation), sur lesquels il reste à poser des mots pour en définir les causes, les déterminismes psycho-socio-génétiques, et un sens éventuellement libérateur.

Cherche-t-on à se « calmer » ou à « se remplir » ?

Ces considérations peuvent aussi nous amener à nous intéresser aux différents fantasmes cachés derrière les comportements addictifs. « Quand je me jette sur la nourriture, c’est comme si je cherchais à calmer une bête féroce à l’intérieur de moi », « Je suis obligée de manger incessamment comme pour conforter une enfant triste et abandonnée en moi. », « Quelquefois, je ne sais même pas si je suis triste ou en colère, si j’ai faim ou si j’ai envie de faire l’amour ; et c’est alors que je commence à boire. » Qu'on ne sache pas différencier, afin de pouvoir les nommer, ses divers états affectifs est étonnant, mais très révélateur des comportements addictifs, comme on ne sait pas, on reproduit des actes qu'on connait faute de se renouveler dans une direction nouvelle.

Il est impératif de comprendre que l'on consomme autant lorsque l'on a une tâche difficile ou délicate à accomplir, ou lorsque l'on est particulièrement heureux ou excité, tout comme lorsque l'on est triste ou angoissé. Ainsi l’un des buts du comportement addictif est de se débarrasser de ses affects ! L'individu se met un écran de fumée sur la quasi-totalité de son expérience affective, neutralisant ou dispersant ainsi une partie vitale de son monde interne, sa part d’ombre cachée, cette part de soi que certains psychonauts essayent de découvrir !


DES CAUSES ET DES RAISONS - Illustrer les aspects de sa souffrance psychosomatique


Les raisons de ces compulsions et les causes des addictions se retrouvent durant sa petite enfance, lorsque l'on commence à se remémorer le portrait d'un de ses parents vu comme une force engloutissante, intrusive et aliénante (qui prend la tête), cherchant à exercer une autorité physique et psychique sur soi (fais-ci, fais pas ça, écoute moi et tais-toi). Lorsque les enfants se vivent comme une extension libidinale et narcissique, un objet de contentement et satisfaction de leur parent, cette expérience « dévorante » tend souvent à provoquer chez eux une appréhension inconsciente, voire une terreur de la mort psychique (individuation impossible tant on a l'impression de vivre avec son parent en tête, terrorisé par son autorité). Cependant, derrière de telles relations parent-enfant, et la rage que l’enfant en éprouve, on trouve aussi une satisfaction mégalomaniaque : « Sans moi, maman ou papa tomberait en morceaux. » Alors ce lien parent-enfant, imprégné des pulsions primitives prégénitales, cherche à perdurer en dépit d’une apparente rébellion.

On se rebelle contre son parent en entretenant la relation de dépendance. Pour exister dans le conflit, parents et enfants ont besoin les uns des autres. Et quand on a grandi dans le conflit, on ne sait pas faire autrement, donc on reproduit ces schémas en soi et avec autrui, ces relations conflictuelles parents-enfants intériorisées et mimées. En outre, les parents sont présentées comme très concernées par les souffrances physiques de leurs enfants, tout en étant incapables d’entendre et de comprendre leur douleur psychique (un enfant manifeste sa colère, et son parent lui dit qu'il n'a pas de raison d'être en colère, il nie ses sentiments et l'enfant croit qu'il n'est pas autorisé à ressentir ses émotions, d'où une confusion quand à ses affects qu'il met en doute et redoute). Malgré ça, chaque enfant apporte sa propre solution au problème de la séparation avec ses parents, tout comme il s’arrange avec l’inconscient biparental, mais, bien entendu, il n’en résulte pas nécessairement une solution psychique addictive !

Il me semble que l''addiction, quel qu'en soit l'objet vise à remplir un vide affectif que nul autre humain ne peut remplir. On a l'illusion qu'en remplissant sa vie on évitera le vide, les abysses. Puis il faut s'accepter. accepter que l'on cherche à échapper au néant, que le souci de la mort soit constamment présent et que le sentiment d'abandon soit une seconde peau; cela permet de modérer les addictions.

(28/02/2018 16:21)Laura Zerty a écrit : En résumé, l’addiction peut non seulement s’installer à cause de violents accès affectifs de rage, d’angoisse, de peur ou d’abandon, mais elle peut également venir d’une rupture dans les relations parent-enfant, avec l’espoir que l’objet d’addiction puisse recréer l’illusion nostalgique de la béatitude fusionnelle de l’enfance.

Tout est finalement dit ici. Je nuancerai juste la fin de ton idée, il n'y a pas eu forcément d'illusion nostalgique de la béatitude fusionnelle de l'enfance. Alors la compulsion vient créer artificiellement cette impression de sécurité intérieure, c'est un peu comme essayer de créer une couleur que tu ne connaitrais pas mais qui te manque instinctivement.
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#3
Chacun peut y voir la forme qu'il veut, qu'il idéalise de cette béatitude fusionnelle de l'enfance, qui est effectivement une impression de sécurité intérieure. Les troubles de l'attachement détaillent très bien ces procédés infantiles faisant que le bébé peut rester anxieux ou évitant selon qu'une éventuelle carence affective imprègne son psychisme. On peut aussi voir ça sous l'angle de la faille narcissique.

M'enfin tout ça est très théorique et peut pratique, l'important étant de comprendre que si le bébé ne se sent pas reconnu dans sa joie, sa colère ou sa tristesse, si ses parents et notamment sa mère ne lui renvoie pas ses émotions afin qu'il puisse les reconnaitre et les accepter, en plus de se dire qu'il a le droit de les éprouver, au contraire le bébé puis l'enfant et l'adolescent qu'il devient se retrouve dans un esprit qui ne se croit plus autorisé à ressentir des émotions dans certaines situations, ou bien qu'il n'est plus à même de les percevoir/concevoir.

En gros l'adulte que le bébé est devenu ne se rend pas compte qu'il a clivé une partie de lui-même, en lien avec un traumatisme infantile, et qu'il ne se permet pas d'éprouver pleinement ses émotions, de reconnaitre ses sentiments (les théories de l'attachement parle d'individu anxieux ou évitant). Y aurait beaucoup à dire là dessus parce que ça explique toutes les relations sociales, je lis quelques trucs là dessus ces temps-ci.
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#4
Vouloir mettre sur le dos de la souffrance l'addiction c'est plausible, oui, mais ultra cliché, pour prendre l'adicction aux psychotropes, si potentiellement la recherche d'experience peut etre vu comme un masque cachant le désir, voir le besoin, de fuir une souffrance, ca me parait tout autant probable que le facteur de consommation soit la curiosité, le désir, voir même le besoin, et ce sans que la souffrance entre en compte, pourtant on en parle jamais de la partie souriante que peut avoir la consommation, voir meme l'addiction. Ce pourrait tout aussi bien être une attraction non pas a fuir la réalité, mais a s'en changer la perception, que ce soit par ennui, frustration, sentiment de vide, tout ca pourrais renvoyer a la notion de traumatisme de l'enfance qui puise son energie dans les faceties consummeristes comblant la souffrance. Le fait est qu'on ne peut pas aborder le sujet en se laissant porter par un seul axe de réflexion, sachant que l'evidence et le paradoxe de la psyché et de la vie sont que se melange perpetuellement des concepts, des éléments, affiliés ou opposés. Chercher une vérité en la centralisant, ce serait comme d'arpenter un escalator, il te mene d'un point a au point b, le champs de vision est étriqué, qui empeche d'acceder a la complète vérité, alors qu'en se focalisant sur les interractions entre chaque concepts, sur chaque changement, on serait plus au coeur d'un amphiteatre ou d'une arène, beaucoup de chemin pour la même issue : une vérité cloisonnée.
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#5
(10/04/2018 19:05)Laura Zerty a écrit : Chacun peut y voir la forme qu'il veut, qu'il idéalise de cette béatitude fusionnelle de l'enfance, qui est effectivement une impression de sécurité intérieure. Les troubles de l'attachement détaillent très bien ces procédés infantiles faisant que le bébé peut rester anxieux ou évitant selon qu'une éventuelle carence affective imprègne son psychisme. On peut aussi voir ça sous l'angle de la faille narcissique.

M'enfin tout ça est très théorique et peut pratique, l'important étant de comprendre que si le bébé ne se sent pas reconnu dans sa joie, sa colère ou sa tristesse, si ses parents et notamment sa mère ne lui renvoie pas ses émotions afin qu'il puisse les reconnaitre et les accepter, en plus de se dire qu'il a le droit de les éprouver, au contraire le bébé puis l'enfant et l'adolescent qu'il devient se retrouve dans un esprit qui ne se croit plus autorisé à ressentir des émotions dans certaines situations, ou bien qu'il n'est plus à même de les percevoir/concevoir.

En gros l'adulte que le bébé est devenu ne se rend pas compte qu'il a clivé une partie de lui-même, en lien avec un traumatisme infantile, et qu'il ne se permet pas d'éprouver pleinement ses émotions, de reconnaitre ses sentiments (les théories de l'attachement parle d'individu anxieux ou évitant). Y aurait beaucoup à dire là dessus parce que ça explique toutes les relations sociales, je lis quelques trucs là dessus ces temps-ci.

Oui je comprends mais un adulte ayant clivé une partie de lui-même ne deviendra pas forcément addict ou compulsif.
La compulsion ou l'addiction peuvent certes venir d'un mauvais lien parent-enfant mais le bon lien parent-enfant existe-t-il? Je ne le pense pas, être l'enfant de...revient toujours à se sentir inadapté dans la relation, étouffé ou rejeté ect et être parent, revient à bricoler au mieux dans le meilleur des cas.
Je suppose aussi que chaque cas est singulier et qu'il y a autant d'addictions différentes que d'individus.
De fait, si tu réfléchis, un sujet addict à rien, serait dans un univers stoïcien où il ne serait tiraillé par aucune passion.
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#6
(10/04/2018 20:25)Dreamea a écrit : Vouloir mettre sur le dos de la souffrance l'addiction c'est plausible, oui, mais ultra cliché, pour prendre l'adicction aux psychotropes, si potentiellement la recherche d'experience peut etre vu comme un masque cachant le désir, voir le besoin, de fuir une souffrance, ca me parait tout autant probable que le facteur de consommation soit la curiosité, le désir, voir même le besoin, et ce sans que la souffrance entre en compte, pourtant on en parle jamais de la partie souriante que peut avoir la consommation, voir meme l'addiction. Ce pourrait tout aussi bien être une attraction non pas a fuir la réalité, mais a s'en changer la perception, que ce soit par ennui, frustration, sentiment de vide, tout ca pourrais renvoyer a la notion de traumatisme de l'enfance qui puise son energie dans les faceties consummeristes comblant la souffrance. Le fait est qu'on ne peut pas aborder le sujet en se laissant porter par un seul axe de réflexion, sachant que l'evidence et le paradoxe de la psyché et de la vie sont que se melange perpetuellement des concepts, des éléments, affiliés ou opposés. Chercher une vérité en la centralisant, ce serait comme d'arpenter un escalator, il te mene d'un point a au point b, le champs de vision est étriqué, qui empeche d'acceder a la complète vérité, alors qu'en se focalisant sur les interractions entre chaque concepts, sur chaque changement, on serait plus au coeur d'un amphiteatre ou d'une arène, beaucoup de chemin pour la même issue : une vérité cloisonnée.

Yep c'est pour ça que j'ai proposé une dizaine d'article pour ouvrir quelques pistes de réflexions sur l'addiction, au lieu d'un unique (l'idée que j'avais en tête au départ, avant de me rendre compte que c'était plus complexe que je ne le pensais).

Pour ce qui est des raisons que sont la curiosité ou le désir, elles sont très souvent abordées, mais de la part de l'usager. Le médecin voit les choses sous un autre angle, celui de la souffrance, dans le sens où la curiosité et le désir seraient l'autre face de la souffrance, lorsqu'en restreignant un certain temps sa curiosité et ses désirs, l'on accumule de la souffrance qui pousse à consommer, avec de possibles conséquences d'addiction (par exemple on vit refoulé de soi-même enfant et adolescent, et en arrivant dans l'âge adulte là tout ressurgit et sa souffrance latente pousse à satisfaire curiosité et désirs inconscients, qui deviennent alors conscients).

L'addiction est multifactorielle, et il y a de nombreuses manières et approches pour en comprendre les nombreux phénomènes et symptômes.


(10/04/2018 21:25)R2d2 a écrit : Oui je comprends mais un adulte ayant clivé une partie de lui-même ne deviendra pas forcément addict ou compulsif.
La compulsion ou l'addiction peuvent certes venir d'un mauvais lien parent-enfant mais le bon lien parent-enfant existe-t-il? Je ne le pense pas, être l'enfant de...revient toujours à se sentir inadapté dans la relation, étouffé ou rejeté ect et être parent, revient à bricoler au mieux dans le meilleur des cas.
Je suppose aussi que chaque cas est singulier et qu'il y a autant d'addictions différentes que d'individus.
De fait, si tu réfléchis, un sujet addict à rien, serait dans un univers stoïcien où il ne serait tiraillé par aucune passion.

A ce niveau d'abstraction oui l'on est tous addict à la nourriture par exemple. Sinon l'Addiction avec un A est commune à tous les addicts, dans le sens où c'est un mécanisme où le besoin amène à l'envie qui amène aux besoins.

Pour ce qui est des raisons parentales, elles sont annexes, enfin pas plus prédominantes que les causes génétiques et environnementales. En gros t'as un corps dépendant dès la naissance, ou pas, et si c'est le cas, cela ne veut pas dire que tu seras dépendant. A ce niveau là l'environnement va influencer sur les gènes tout comme l’interaction familiale, ainsi que son éducation. Si tes parents sont eux-mêmes dépendants t'as toutes tes chances de reproduire leurs manières d'être dépendante, et si il t'éduque sans jamais te faire comprendre qu'il y a des limites à tout dans la vie, t'en viens par la suite à rechercher un cadre, des limites pour savoir ce que tu vaux, ce que tu peux, ce que tu dois et dois pas faire. L'addiction permet de donner un cadre pouvant manquer, ou une partie d'un cadre morale et métaphysique du moins.

Quand on est en perte de repères, de valeurs, qu'on se questionne sur soi, sur son identité et ses potentialités, l'addiction permet de satisfaire ses désirs et passions tout en évoluant dans une routine permettant de fermer les yeux sur tout ce que l'on ne veut pas voir. Ainsi la souffrance initiale poussant à l'addiction est masquée, et tout va pour le mieux tant qu'on n'abuse pas et qu'on n'enlève pas ses œillères ainsi que l'objet d'addiction indispensable à son équilibre psychique et physique.
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#7
Excuse pour l'argumentaire bancal Laura, j'avais juste pas capter que tu nous floodais tous le forum depuis une plombe avec des articles de psychologie uniquement Smile Il y a sans doute une leçon a y recevoir quelque part... En tout cas je te pardonne d'avoir donné ce ton a la discussion Smile
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#8
Je te pardonne si il le faut, juste évite de dire que je floode le forum depuis une plombe avec des articles de psychologie uniquement, suivi d'un smiley, cette façon perverse de procéder a le le don de m'énerver, et tu es très fort à ce jeu là (on en a déjà parlé, pas besoin de revenir là dessus merci).

Si tu veux troller tu as la partie flood. Mais évite aussi de raconter n'importe quoi comme le fait que tu me pardonnes d'avoir donné ce ton à la discussion, c'est une énième provocation suivi d'un smiley pervers, et la dernière fois que tu as vrillé, tu as été banni, rappel toi.

Si tu veux une leçon à recevoir de ma part, demande toi plutôt pourquoi tu cherches à te faire battre avec le bâton que tu tends.
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#9
Ouais puis sans dire que c'est la faute de l'un ou l'autre, c'est dommage de gâcher du talent dans des conflits sans intérêts.

Du tiens Laura pour ton boulot sur la vulgarisation psychophilososcientifique.
Et de celui de Dreamea qui a une bonne plume. Une très bonne plume même quand il veut. Sans parler de son potentiel musical.

Concentrez vous sur les choses ou vous êtes bon. Le reste c'est du superflu. Ne soyez pas superflu. C'est Nietzsche qui le dit. Et Nietzsche était bon pour dire des trucs.
End
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#10
Puis ce serait quand même dommage de ne pas parler psychologie sur un forum dedié aux voyages mentaux
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#11
Je suis on ne peut plus d'accord avec vous deux.
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#12
@Laura : petit burn out, mauvais dosage j'y reniflerais à deux fois avant de tenter le diable... j'espère que l'esprit ne fait pas partie de ses attirances, sinon je suis cuiiit, et je serais pas le seul de cette communauté dont je cherche a percer la coquille pour savoir qui se cache vraiment derrière ces esprits qui me sont anonymes, obviously :p... Bref excuse moi Laura, en fait quand j'ai lu ton post, j'ai tiqué dès la première phrase sans aucune autre raison qu'étrangement affectif en un sens, du moins c'est ce que j'ai interprété en relisant ta réponse.

Et j'y ai vu quelque chose qui m'intrigue, qui m'obsède même, c'est l'évolution dont tu as brièvement parlé, de l'interaction du génome avec son environnement, que ce soit par électromagnétisme, les orgones, le freon, l'inconscient collectif, le ça, l'antartique, le surmoi, le surhomme, les dieux, l'alien, l'âme etc... Je ne sais plus où donner de la tête - et les hommes d'esprit non plus apparemment et pourtant ils sont nombreux a (avoir) tenter de résoudre ce mystère - pour savoir réellement, de façon concrète, physique même ! ou meta-physique du moins, quelque chose je vous en supplie, comment fonctionne l'univers et la vie  et pourquoi, de façon qualitative et quantitative comme qui dirait, même si, malgré toute apparence que je renvoie, je privilégie le quantitatif, il est vrai ! Je ne suis pas un homme d'esprit, je passerais mon temps a me demander comment... Sad euh non c'est l'inverse pardon ^^'

Bref pour en revenir au sujet, l'évolution me parait être tout autant motricité de dépendance, que le trauma, ou que la haine, ou que la tempérance, ou que les croquettes pour chien, ou que les croquettes pour chat que mange le chien trans-espèce par nostalgie. La dépendance c'est un concept qui peut être central dans un argumentaire, puisque c'est le principe même d'essentialisme type, puisque c'est un peu comme un Ordre auquel on ne pourrait échapper.

En parlant de s'échapper je me permet de faire le curieux : tout se travail que tu fournit dans tes écrits doivent prendre un temps fou, c'est pas humain ! As-tu remplacé le dessein par cette autre forme de créativité ? Ce serait dommage je trouve vu ton talent à cet art. On pourrait penser que seul l'esprit intervient dans l'écriture, mais comme tout art il nécessite aussi la conscience.

@Sandman : detrompe toi c'est pas de la simple vulgarisation que fait Laura, ce serait plutôt le contraire je trouve, il y a beaucoup de matière, le style est plutôt académique a mon gout. J'appellerais ça une elitisation, ou une forme d'initiation pour respecter le vocabulaire, je pense qu'il faut avoir l'esprit averti pour saisir les différentes nuances.

Je te remercie pour ton tant d'éloges a mon encontre ! Merci mais on a tous du potentiel, je bosse juste pour le cultiver, et de justesse pour l'apprécier a sa juste valeur : commun. Il y a trop de norme a respecter avec l'art, alors que j'en ai dédier pratiquement l'essentiel de mon existence, en tant que spectateur surtout. J'y cherchais aussi une reponse, je n'y est trouver rien d'autre qu'une norme a respecter pour pouvoir en vivre, conjuguer le rythme et l'harmonie selon un code que je ne comprends pas. J'essaye de retranscrire ma vision de la transe, faut croire que je l'ai perdu depuis un petit moment, ou que je l'ai aiguisée peut être un peu trop, et puis on va pas se mentir l'aspect technique c'est une catastrophe :/ Du coup je sais pas trop ce que je vais en faire, arrêter parce que je peux difficilement m'améliorer dans ces conditions précaires ; persévérer a essayer de me renouveler et d'atteindre un table potable pour eventuellement pouvoir en vivre et faire des dates ; ou créer un compte soundcloud anonymes en open download et passer le restant de ma vie a offrir de la musique comme un jimny crocket virtuel Wink

Et toi t'en est ou niveau vibrations ? Depuis que tu m'as suivit sur soundcloud t'as pas reposter un seul son :/ T'as lacher l'affaire ou t'es prit par autre chose ?
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#13
(12/04/2018 19:37)Dreamea a écrit : quand j'ai lu ton post, j'ai tiqué dès la première phrase sans aucune autre raison qu'étrangement affectif en un sens, du moins c'est ce que j'ai interprété en relisant ta réponse.

Et j'y ai vu quelque chose qui m'intrigue, qui m'obsède même, c'est l'évolution dont tu as brièvement parlé, de l'interaction du génome avec son environnement, que ce soit par électromagnétisme, les orgones, le freon, l'inconscient collectif, le ça, l'antartique, le surmoi, le surhomme, les dieux, l'alien, l'âme etc... Je ne sais plus où donner de la tête

Je tiens à préciser que je n'ai jamais abordé les éléments de cette liste, à part le ça et le surmoi pour présenter la seconde topique freudienne dans deux articles n'ayant rien à voir avec l'article ici présent.


(12/04/2018 19:37)Dreamea a écrit : En parlant de s'échapper je me permet de faire le curieux : tout se travail que tu fournit dans tes écrits doivent prendre un temps fou, c'est pas humain ! As-tu remplacé le dessein par cette autre forme de créativité ? Ce serait dommage je trouve vu ton talent à cet art. On pourrait penser que seul l'esprit intervient dans l'écriture, mais comme tout art il nécessite aussi la conscience.

Oui j'ai arrêté le dessin pour me consacrer totalement à l'écriture, et j'y passe un temps fou effectivement. Je reprendrais surement le dessin lorsque j'aurais fini mon travail d'écriture, qui est on ne peut plus humain, c'est juste qu'au lieu de jouer aux jeux-vidéos, regarder des séries ou entretenir un réseau social, je travaille. Tout est question de propédeutique.
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#14
Citation :Je tiens à préciser que je n'ai jamais abordé les éléments de cette liste, à part le ça et le surmoi pour présenter la seconde topique freudienne dans deux articles n'ayant rien à voir avec l'article ici présent.
Ah mais je dis pas le contraire, te sens pas obligé de le préciser ! C'est ce qui se passe dans une conversation généralement : on parle d'un sujet avec des concepts qui nous sont plus ou moins propres et du coup tu te retrouve contraint de faire face à des phrases venant d'autrui et qui ne sont pas identiques en tous points aux tiennes Wink

Citation :Oui j'ai arrêté le dessin pour me consacrer totalement à l'écriture, et j'y passe un temps fou effectivement. Je reprendrais surement le dessin lorsque j'aurais fini mon travail d'écriture, qui est on ne peut plus humain, c'est juste qu'au lieu de jouer aux jeux-vidéos, regarder des séries ou entretenir un réseau social, je travaille. Tout est question de propédeutique.
Ok, t'as déjà une idée de la façon dont tu va aborder la fin du coup ? Tu sais que tu peux te concentrer sur un travail sans y investir toute ton énergie jusqu'à obtenir pleine satisfaction du résultat, tout en absorbant de la culture à côté, faire les choses de façon modéré ça me parait plus sain, une dose de création pour une dose d'apprentissage. Sans vouloir t'offenser tu parle de propépeudique, mais d'après moi, certes tu apprends en créant quelque chose, mais tu peux aussi apprendre d'autrui, je pense même que c'est nécessaire pour équilibrer les choses lorsque qu'on développe une dépendance vis-à-vis de soi-même Smile
Courage en tout cas ! Que ce soit en dessin ou en écriture, avec seulement quelques aperçus de ton potentiel je trouve les 2 projets très ambitieux, minutieux, spirituels et consciencieux Smile Tu risque ptet de croire que je suis ironique, mais fuck dat' !
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#15
Tkt pas pour moi gars, ces articles proposés sur le forum sont une partie de ce que je produis, et je vais continuer sur ma lancée jusqu'à ce que j’en ai fini.

Sinon pas besoin de me définir ce qu'est une discussion, si je précise certaines choses c'est parce qu'en te lisant je m'aperçois que tu mélanges objectivité et subjectivité dans ton argumentation, et ce sans préciser ce que je dis de ce que tu réfléchis. Et au vu de ta faculté à interpréter à tort ou à raison les choses, je préfère ne pas être associé à certaines de tes affirmations pouvant amener de la confusion dans la tête des lecteurs. C'est juste pour que les choses soient claires.

Maintenant on peut arrêter le HS et en revenir au sujet initial, si cela ne te dérange pas.
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#16
Ouais ouais tout à fait, OK mon mec ! Chouette modération Laura en tout cas, aucun doute à avoir sur tes épaules...
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#17
Bon allez je vais tenter de revenir au sujet initial : pourquoi a-t -on envie de se droguer?

Déjà je me pose une question : avoir envie de se droguer sans finalité précise et avoir envie d utiliser des substances hallucinogènes pour voyager à l intérieur de soi, est-ce bien la même chose? Ma question n est pas de la simple rhétorique. J aurais vraiment tendance à différencier les hallucinogènes des autres drogues. Hoffmann n hésite d ailleurs pas à le faire dans son livre sur le LSD.


Je suis très curieuse de premier trip prévu, j en attends trop d ailleurs, faut que j arrête.
Puis j ai vraiment intérêt à soigner le set, vu le bad mental permanent que j' ai en ce moment, j attends que ça aille mieux. Et de toute évidence mes envies d essais de substances psychoactives me culpabilisent. En lisant tes posts de psycho Laura, ça permet de creuser des questionnements que je laisserai de côte sinon.
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#18
La culpabilité inconsciente est la clé de la compréhension de son introspection, à partir de ce levier tu peux soulever tout un tas de trucs pas glop que ton esprit tâche de bien enfouir pour pas avoir à aborder des sujets dérangeants.

De ce que j'ai compris, notre morale nous protège de nos peurs en nous culpabilisant pour ne pas nous avouer nos hontes. La morale se sert de la culpabilité à des degrés plus ou moins inconscients, afin de structurer la psyché dans un schéma vertical (du ça au surmoi en passant par le moi), donc il est question d'autorité et de schèmes intériorisés (en l'occurrence la drogue c'est mal, et que tu te drogues ou pas, la culpabilité est opérante, y a toujours un moment où tu as honte de t'administrer un produit, par exemple lors de la descente quand t'es pas au mieux de ta forme et que tu n'as plu de sérotonine pour voir le bon côté des choses). Faudrait développer et expliciter tout ça, mais c'est encore confus dans ma tête et j'ai pas le temps là.


Sinon pour moi vouloir prendre un psyché dans un but introspectif est quand même différent de consommer un produit festif ou relaxant par exemple, même si au final au delà des croyances et idéaux à propos de certains produits, le fait est que ça reste de la drogue, et l'usager en prend pour se défoncer. Après il y a l'art et la manière, et oui ça change beaucoup de chose. Son rapport à la drogue explique beaucoup de chose vis à vis de son rapport à soi. Entre se fumer un petit joint tranquilou et se couler une grOsse douille qui t'arrache la tête, y a des différences notables. Idem entre prendre un exta et se désinhiber socialement, ou prendre un psyché et rentrer dans sa tête, l'intention n'est pas la même comme l'usage que l'on fait de la drogue, qui d'une utilité pratique peut vite se transformer en une fin en soi : se droguer. Après faut voir les doses et manières d'ingérer le produit, ET SURTOUT si l'on se raconte des histoires, genre les psychés y a pas de tolérance, c'est une porte ouverte vers l'inconscient, etc, on s'y leurre vite en idéalisant certains produits tout en en diabolisant d'autres, on en revient à cette chère morale qui masque ses peurs.

Vis à vis des raisons/causes de se droguer, voici une énième cause qui me parait des plus importantes pour comprendre le monde dans lequel certains vives, et les différences entres types d'usager : La recherche de sensations

http://www.psychonaut.fr/thread-31894.html
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#19
Ça fait un moment que j avais remarque que le moi est loin d'être maître en sa demeure.

j ai des parents qui réunissent à eux deux toutes les conséquences négatives, physiques et mentales, d un usage déraisonne des drogues. Pour te dire, avant d arriver ici je n avais aucune idée que la notion de RDR existait pour la prise de drogues.
J avais une vision des choses assez synthétique. Alors forcément la culpabilité et l impression de reproduire un schéma me gênent un peu. L impression que mon livre arbitre s est mis en grève et en même temps la profonde sensation d être guidée par une curiosité, une envie et une quête personnelles.

Qu entends tu par notre morale nous protège de nos peurs en nous culpabilisant pour ne pas nous avouer nos hontes? Tu veux dire que la culpabilisation du soi protège d avoir à assumer ses envies ? Parce qu elle les rejette hors du champ des possibles ?

Après oui le choix des produits, la finalité qu on leur prête ne sont pas anodins. On peut aussi se droguer avec des produits licites et ne pas être considéré comme un drogué, pourtant....
Il y a les produits d un côte et l état d esprit de l'autre.

De même pour la recherche de sensations, il y a mille façons de se procurer des sensations fortes: sexe , sports extrêmes, voyages etc. Les conduites à risques au final, on peut les trouver dans toutes les actions de la vie.
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#20
Jpense que la diff entre un addict et une personne normalle est que la personne normale peu tirer toute ses satisfaction depuis la vie directement. Etre addict, c est un peu etre sourd au distinction presente dans la vie de tout les jours.

Pour l aspect auto destructeur, chez moi il est venu assez tard. Je pense qu il vient quand tu ne peu plus echaper a la conscience que t est pri au piege de l addiction. Plus personnellement, l aspect autodestructeur vise a tuer les objet interne, but imaginaire, ect, et verifier ensuite qu ils sont toujours la. Un peu comme dans la nevrose, on test si on peu tuer notre monde interieur. Ca ca s est calme chez moi mais ca avai ete un tres mauvais passage dans ma vie. Je ne voulais plus etre moi. Parce que d un cote, je ne voyais pas comment m en sortir dans la vie en etant comme je suis.
"The final delusion is the belief that one has lost all delusion."
-- Maurice Chapelain
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like your mother
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#21
Freud a démontré que le moi n'était qu'un pantin articulé par le surmoi d'une part (la morale) et le ça d'autre part (l'amoral et l'immoral en soi). D'un côté nos passions nous tiraillent et tendent à nous dominer, d'un autre côté notre conscience morale nous dit ce qui est bon de ce qui est mal (j'ai proposé des articles détaillant tout ça http://www.psychonaut.fr/thread-31419.html).

Il y a donc une question d'idéal là dedans, et ce sont nos idéaux qui nous protègent de nos peurs. Le réel c'est l'angoisse du monde, c'est la peur de mourir. L'idéal c'est ce qui nous rassure, nous donne confiance en nous, c'est l'illusion qui berce le moi dans des apparences de libre arbitre, de maitrise de soi et du monde. Il est donc question d'estime de soi en lien avec la morale, vis à vis de notre narcissisme qui ne demande qu'à être rassuré, et une des principales composantes du narcissisme est justement : la morale (http://www.psychonaut.fr/thread-31270-post-580710.html).

Comment s'applique la morale ? au travers de la culpabilité, toujours entre ce qui est bon et pas bon de faire. Ce qui est bon est autorisé par la culpabilité qui nous gratifie d'être bon, ce qui est mal est puni par la culpabilité, qui nous puni intérieurement. (http://www.psychonaut.fr/thread-31777.html)

Nous punir de quoi ? de ce dont on a honte en soi, par rapport à tout ce qui n'est pas accepté moralement, donc tout ce qui ne correspond pas à nos idéaux.

Par exemple, le fumeur de joint qui a une certaine honte de ses consommations va se rassurer en disant que le priseur de cocaïne est bien pire que lui, parce que la coke c'est mal, addiction, overdose, alors que le cannabis ça n'a jamais tué personne, blablabla. Le cocaïnomane lui va se rassurer en disant que ce n'est pas un de ces vilains junkies qui s'injectent de l’héroïne, parce que lui il est hype et social, alors que le tox c'est un clodo, un rebus de la société.

Tous ces clichés sont des préjugés moraux qui servent à se préserver de ses propres peurs, de sa propre dépendance, en accusant l'addiction de son voisin au lieu de voir la sienne. A ce niveau là on tombe dans la psychologie de base qui revient à projeter ses torts sur l'autre (http://www.psychonaut.fr/thread-31008.html). A partir de là pour enjoliver les choses, il faut le faire au nom d'un idéal moral, parce que ça présente bien.

Moi le fumeur de joint (herbe naturelle), je suis clean en comparaison de ces vilains drogués qui se gavent de produits chimiques synthétiques. C'est de la foutaise, au delà des apparences, dans le cadre de l'addiction, le fumeur de joint quotidien peut être autant voir plus dépendant qu'un mec qui se met un rail ou deux le week end. L'important est donc de comprendre les discours moralisateurs des pratiques réelles des usagers.

DONC oui je pense que " la culpabilisation du soi protège d avoir à assumer ses envies Parce qu elle les rejette hors du champ des possibles "

Pour élargir le point de vue, voit le discours moralisateur du gouvernement à l'égard des produits stupéfiants, il est question de diabolisation quasi permanente alors que tout n'est pas blanc ou noir en vrai, mais fait d'une myriade de nuances de gris. Pourquoi le gouvernement se cache derrière cette fausse morale, cette hypocrisie (lorsque l'alcool et le tabac sont légaux, en faisant les ravages que l'on connait), c'est parce que les politiciens et dirigeants ont peurs de ce qu'ils ne connaissent pas : la drogue. Donc il déforme le réel en claquant dessus des idéaux et autres valeurs morales comme quoi la drogue c'est mal, et qu'il ne faut pas en consommer sinon tu vas finir avec une seringue dans le bras, vautré dans un squat. Tout le discours politique joue sur les peurs, la honte, via la morale et la culpabilité. Et chaque foyer a intégré le discours politique ambiant, martelé depuis 50 ans dans les médias. La drogue, c’est mal. Après chaque foyer gère le problème à sa façon, le plus souvent c'est la répression et/ou la politique de l'autruche.

Je ne dis pas qu'il faille tout légaliser ou tout laisser faire, je cherche juste à expliquer les leviers de la culpabilité pour tenir tout ce monde, et la culpabilité est autant dans notre psyché que dans notre société, donc autant comprendre comment elle agit en soi (ce qui implique de comprendre les phénomènes d'idéaux, de morale, de honte, lorsqu'on joue sur tes peurs pour que tu sois honteux de te droguer, ce qui n'est ni bien ni mal en soi (faut rentrer dans les histoires d'instinct de conservation après, ça devient plus technique et complexe), c'est juste la finalité de la chose qui compte, est-ce que prendre une drogue à tel moment va t'apporter quelques chose ? est-ce que en prendre tous les jours va t'apporter quelque chose ? on en revient à la question du est-ce un bien, est-ce un mal, est-ce un mal pour un bien, ou bien qui amène à se faire du mal ? après y a moyen de partir dans toutes les directions tant le sujet est vaste).

Pour moi tout est question d'assumer ces consommations, sans se mentir.
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#22
Juste pour rebondir sur les liens gouvernants-drogue: les acteurs du pouvoir en sont généralement de gros consommateurs. Après si il y a des mystères ce serait plutôt au niveau de la ligne légal -illegal, drogue -medicament. Certaines addictions aux benzodiazepines amènent à des états sévères de dépersonnalisation qui n ont rien à envier à des effets de produits considérés comme des drogues. Et je l ai vue malheureusement chez un proche qui n a pourtant jamais consommé que ce que son médecin lui prescrivait.  Et tous ceux qui prennent un médicament qui se voit basculer du jour au lendemain du côté des drogues ...je pense aux consommateurs de survector qui dans les années 90 l ont vu être interdit et classe parmi les emphetamines.
J ai l air hors sujet mais si on réfléchit on note qu il y a une large partie de la population encouragée à se rouler dans l addiction...et comme tu le signales ne parlons même pas de l alcool ou du tabac.
Comment se fait cette délimitation légal/illégal ? C est une question qui mérite réflexion. En tout cas ça minore énormément les effets de la morale sociétale qui tend à juger ce qui est ou non une drogue.

On pourrait à la limite ramener l action du surmoi à trouver qu être dépendant d un produit, légal ou non, est mal.

Pourtant on est tous dépendants: de la reconnaissance, du regard des autres, du café, du temps qui passe, etc.

Assumer ses envies ? Oui tu mets en relief le point important mais je crois que ce qui est dur à assumer c est l envie de fuir la réalité, les angoisses . C est difficile de se dire qu à un moment de sa vie on a envie de décrocher de l environnement immédiat, de rentrer en soi, de mieux comprendre son univers. 
Et la tu peux avoir une culpabilité, genre " je m occupe plus de mes proches, je les mets entre parenthèses".
Ce serait comme avoir envie de souffler en soi. Il y a une honte qui peut être générée par la culpabilité du lâcher prise.
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#23
C'est ça, c'est la honte de son égoïsme, du fait de se privilégier aux autres (la tendance individualiste moderne) alors que depuis toujours l'humanité avait pour mot d'ordre d'être tournée vers autrui, de vivre pour autrui. On parle de soi depuis deux ou trois cents, avec l'émergence du romantisme faisant suite au " Je pense donc je suis " de Descartes. Et on a honte d'être autant égoïste, d'où le fait de se baratiner avec autant de vertu sous couvert de moraline...c'est la grande dénégation du monde contemporain, on regarde nos biens matériels avec avidité en niant tout le reste, les conséquences sociales-économiques-politiques-écologiques de nos modes de vies absurdes et déraisonnés (et l'on est pas plus heureux qu'avant, suffit de voir les stats du suicide, ou de la conso d’anxiolytiques, d'anti dépresseurs).

Pour ce qui est de la délimitation légal/illégal, le premier facteur est économique. Ce qui rapporte le plus c'est la souffrance humaine, donc on vent un max de produit atténuant cette souffrance, qu'il faut entretenir par ailleurs, mais de ce côté là ça va, vu nos modes de vie axé sur le consumérisme et l’égoïsme, le mal-être généralisé n'est pas prêt de s'atténuer. Les médicaments ont de beaux jours devant eux.

Le second facteur est éthique et moral, quand au fait qu'on ne peut légitimer la masse de se défoncer avec des produits que l'on connait mal. Autant l'alcool est un poison bien connu et accepté dans les mœurs et qu'on le laisse en vente libre, parce que les gens ont apprit à faire avec, à ne pas dépasser quelques limites (même si les dégâts liés à l'alcoolisme durable et aux alcoolisations ponctuelles mais abusives sont notables). Alors que si tu donnes de la kétamine ou de l’héroïne à un grand nombre de personne, t'es sur que les abus vont entrainer des dérives monstrueuses et incontrôlables. Idem pour les psychédéliques, on a bien vu qu'entre les mains du grand public, ça a fait des ravages du fait de l'ignorance de règles RDR. C'est une problématique éducative de sensibilisation à soi, aux autres, au monde, aux drogues à ce niveau là.

Mais vis à vis de l'addiction, on note dans les pays qui ont légalisé toutes les drogues, que les ravages sont moindres que dans les pays les plus répressifs, donc le facteur "braver l'interdit" ou "affronter sa culpabilité par défiance de l'autorité (que l'on a intériorisé)" est à prendre en compte dans ce qui pousse les usagers à consommer. L'addiction ne vient qu'ensuite, chez certains usagers prédestinés. Autrement, au delà des drogues illégales, c'est sur que le fonctionnement de la société marchande pousse les individus à toutes sortes d'addiction dès le plus jeune âge, comme avec le sucre ou le café effectivement. Et c'est rentable autant que la technologie, par exemple.

Au final se rendre compte de tout ça est d'autant plus baddant, et c'est là qu'on se démoralise vite, en se laissant aller à des morales hypocrites, pour faire comme la masse, c'est à dire l'autruche, c'est plus simple de se montrer paresseux, et ça limite le fait d'affronter ses peurs. Mais bon au delà des apparences, les gens ne sont pas heureux en faisant l'autruche, donc ça n'est pas une façon de faire adéquate. Tout est travail sur soi, et je me dis qu'à ce niveau là on ne peut être heureux qu'en fin de vie, quand on s'est détaché "naturellement" de tout un tas de passions, que l'on est moins aliéné à soi-même, à la société, à condition d'avoir mené une vie philosophique pratique, et non pas que théorique, sinon on est juste conscient de la merde du monde, et c'est pire lol.
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#24
(16/04/2018 15:21)Laura Zerty a écrit : Pour ce qui est de la délimitation légal/illégal, le premier facteur est économique. Ce qui rapporte le plus c'est la souffrance humaine, donc on vent un max de produit atténuant cette souffrance, qu'il faut entretenir par ailleurs, mais de ce côté là ça va, vu nos modes de vie axé sur le consumérisme et l’égoïsme, le mal-être généralisé n'est pas prêt de s'atténuer. Les médicaments ont de beaux jours devant eux.

Le second facteur est éthique et moral, quand au fait qu'on ne peut légitimer la masse de se défoncer avec des produits que l'on connait mal. Autant l'alcool est un poison bien connu et accepté dans les mœurs et qu'on le laisse en vente libre, parce que les gens ont apprit à faire avec, à ne pas dépasser quelques limites (même si les dégâts liés à l'alcoolisme durable et aux alcoolisations ponctuelles mais abusives sont notables). Alors que si tu donnes de la kétamine ou de l’héroïne à un grand nombre de personne, t'es sur que les abus vont entrainer des dérives monstrueuses et incontrôlables. Idem pour les psychédéliques, on a bien vu qu'entre les mains du grand public, ça a fait des ravages du fait de l'ignorance de règles RDR. C'est une problématique éducative de sensibilisation à soi, aux autres, au monde, aux drogues à ce niveau là.

Mais vis à vis de l'addiction, on note dans les pays qui ont légalisé toutes les drogues, que les ravages sont moindres que dans les pays les plus répressifs, donc le facteur "braver l'interdit" ou "affronter sa culpabilité par défiance de l'autorité (que l'on a intériorisé)" est à prendre en compte dans ce qui pousse les usagers à consommer. L'addiction ne vient qu'ensuite, chez certains usagers prédestinés. Autrement, au delà des drogues illégales, c'est sur que le fonctionnement de la société marchande pousse les individus à toutes sortes d'addiction dès le plus jeune âge, comme avec le sucre ou le café effectivement. Et c'est rentable autant que la technologie, par exemple.

Au final se rendre compte de tout ça est d'autant plus baddant, et c'est là qu'on se démoralise vite, en se laissant aller à des morales hypocrites, pour faire comme la masse, c'est à dire l'autruche, c'est plus simple de se montrer paresseux, et ça limite le fait d'affronter ses peurs. Mais bon au delà des apparences, les gens ne sont pas heureux en faisant l'autruche, donc ça n'est pas une façon de faire adéquate. Tout est travail sur soi, et je me dis qu'à ce niveau là on ne peut être heureux qu'en fin de vie, quand on s'est détaché "naturellement" de tout un tas de passions, que l'on est moins aliéné à soi-même, à la société, à condition d'avoir mené une vie philosophique pratique, et non pas que théorique, sinon on est juste conscient de la merde du monde, et c'est pire lol.

Alors oui mais je pense aussi qu'on peut ajouter des nuances .
Même si je partage ton point de vue, tout n'est pas aussi dystopique....
La société est normée et ces normes imposent une image de la normalité ce qui favorise la vente de produits calmants, anesthésiants et l'interdiction de produits plus stimulants. On apprend jamais mieux ce qu'est la raison pour une société donnée, dans une époque donnée, qu'en étudiant les sujets qu'elle considère comme fous, déviants.
L’épistémè actuelle réside en grande partie dans un fonctionnement de masse, collectif et sans vague. En un mot comme en cent, il faut être calme et fonctionnant.
L'exemple des enfants hyperactifs est assez édifiant. Les enfants doivent trouver normal de rester assis et enfermés 6hrs par jour, minimum, sinon ils sont médicamentés. Évidemment je grossis le trait. super article: https://journals.openedition.org/regulation/11299

La finalité serait moins d'autoriser toutes "les défonces" que de pousser les individus à s'interroger sur ce qu'ils absorbent, tout ce qu'ils absorbent....

"on ne peut être heureux qu'en fin de vie"....mdr....au secours!!
euh ce serait pas mal d'essayer un peu avant quand même, c'est pas comme si on était immortels!
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#25
C'est pour ça qu'on fait de la philosophie, pour espérer vivre pleinement sa vie sans passer à côté Smile

Pour l'étude des gens déviants, vu qu'on a légitimé la folie narcissique depuis quelques décennies médiatiques, on est tous déglingué à notre manière, et l'on se permet tout au nom de la liberté d'expression, ou du droit à être tel qu'on le veut, toujours en repoussant les limites des genres, comme si il fallait toujours se réinventer dans une quête d'identité qui parait folle chez certains...c'est la mode qui se démode plus vite qu'on assimile les tendances contemporaines...ça fait vendre quoi, on en revient toujours là, même si il y a effectivement de nombreux facteurs à prendre en compte oui.

Je te rejoins aussi sur le fait qu'il est bon de s'interroger sur ses consommations, et j'ai espoir que les clients imposent des législations plus régulées sur les aliments qu'on ingère par exemple, ou les médicaments.
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#26
Alors pour ce qui est de l'acceptation de la folie narcissique, il est nécessaire de préciser quelques éléments:

- Jusqu'au XVIIIe siècle, le monde pense que la folie, les troubles cognitifs et autres ne peuvent venir que de l'extérieur, d'où la croyance dans la possession et les démons. On parle de troubles de l'âme et l'âme, parfaite et indivisible, ne saurait générer de tels troubles. La sécularisation des troubles de l'âme vers les troubles du cerveau accompagne donc cette intériorisation de la folie qui devient progressivement une prérogative de la nature humaine, jusqu'à Esquirole qui declare que la folie disparaitra quand s'éteindra l'espèce humaine.

- Puis il faut attendre la fin du XIXe, 1880 à peu près, pour passer du modèle de la conscience cartésienne, simple et unifiée, à un modèle polypsychique. Ce n'est qu'à travers ce changement de paradigme, qui change la représentation que l'Occident se fait de la nature humaine, que les philosophes, psychologues et médecins prennent conscience du fait que la matrice psychique peut être l'objet de fracture interne et générer des troubles dissociatifs etc.

- N'oublions pas non plus que le XIXe représente l'urbanisation, l'industrialisation et une étape vers la psychiatrisation des moeurs avec le contrôle de la population en finalité. Ce n'est pas pour rien que Laycock développe à partir de 1840 l'idée selon laquelle l'électricité est un instrument thérapeutique pour controler les liens entre le corps et l'esprit ainsi que les conséquences des pathologies nerveuses. C'est le mythe de Jekyll et Hyde qui se construit: selon Carpenter, tous nous avons une bête tappie au fond de nous et elle doit être maitrisée, maintenue en cage pour empêcher les desordres moraux et compulsifs. Freud n'est pas encore là mais les tensions entre le surmoi et le ça sont déjà en action dans le monde médical.

-Enfin en effet au début du 20e et notamment sous l'impulsion de Prinzhorn, on commence à élargir la notion de folie pour en faire la partenaire du génie et de l’originalité d'où l'acceptation de la folie narcissique dont tu parles. L'idée n'est pas vraiment nouvelle puisqu'Aristote déjà correlle génie et folie mais elle entre de plein pieds dans la société. Aujourd'hui on parle du droit au neuroatypisme.
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#27
Ah oui d'accord t'es calée sur le sujet Smile

Je parlais surtout de la "décadence" morale de la société depuis l'après guerre, où l'on se permet tout ce qui autre fois aurait choqué n'importe qui. Exemple de la téléréalité mettant en scène le narcissisme d'abrutis ou jouant avec les valeurs et codes culturels, exemple lorsqu'on détruit les imaginaires entres les classes sociales, le couple, la mort, en commercialisant tout ça pour mieux contrôler les masses de téléspectateurs. C'est le moyen moderne de l'asservissement dont tu as parlé.


(15/04/2018 11:15)no_id a écrit : Pour l aspect auto destructeur, chez moi il est venu assez tard. Je pense qu il vient quand tu ne peu plus echaper a la conscience que t est pri au piege de l addiction. Plus personnellement, l aspect autodestructeur vise a tuer les objet interne, but imaginaire, ect, et verifier ensuite qu ils sont toujours la. Un peu comme dans la nevrose, on test si on peu tuer notre monde interieur. Ca ca s est calme chez moi mais ca avai ete un tres mauvais passage dans ma vie. Je ne voulais plus etre moi. Parce que d un cote, je ne voyais pas comment m en sortir dans la vie en etant comme je suis.

C'est très intéressant j'avais pas vu ton com' No_id, est-ce tu pourrais préciser quelques objets internes ? Je me retrouve dans ce que tu dis lorsqu'il s'agit de se réassurer par la destruction, mais je vois pas trop quoi, si c'est une question d'imagos, d'idéaux ou autres.
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