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[Sujet de la semaine] Comment s'est installé la consommation dans votre vie ?
#1
Changement de type de sujet pour cette semaine, on va tenter d'aborder la question de comment une consommation s'est mise en place dans la vie d'un utilisateur. 
qu'est ce qui l'as laissé s'installer avec ou sans consentement conscient ?  (attention, pas de jugement de comment et pourquoi la conso de quelqu'un a pu s'installer quelque soit la façon).

On parle souvent de la "première fois". Mais ce ne serait pas plutôt celle qui suivent qui comptent ? 


(Spoiler, la semaine prochaine on abordera la place de la conso dans la vie d'un utilisateur)
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#2
J'ai toujours eu une grande radicalité envers moi-même et j'ai toujours été très exigeant envers mes principes. De fait je sais qu'il y a une multitude de choses auxquelles je suis plus fragile, notamment en ce qui concerne l'addiction. J'ai jusqu'ici résisté aux réseaux sociaux, à la cigarette, peut-être parce que j'ai toujours eu la force et la condition d'y résister. Mais ce n'a pas toujours été le cas.

J'avais 14 ans. A l'époque, tout foutait le camp dans ma vie. Entre ceux qui manquait de mourir, ma situation sociale qui se précarisait encore plus, des embrouilles auprès de mes plus proches. Bref, j'ai fait une dépression, et l'honneur et les responsabilités que j'avais, m'interdisais de le montrer. A l'époque il faisait froid, mes amis auxquelles je me rapprochais à ce moment fumaient du cannabis depuis plus d'1 an, mais j'avais toujours été catégorique, je ne voulais pas essayer, même pas une clope. A cette époque je buvais de temps en temps en soirée, et je commençais à y prendre gout. Le souci c'est qu'il faisait froid, cette année-là (et c'était la dernière) on avait eu de la neige pour halloween, et je n'avais pas de manteau. Il m'arrivait donc de me réchauffer le matin, à coup de verre de whisky, pur, cul sec. Je me rappel que l'image que ça m'évoquait, c'était le débouchage de la tuyauterie comme dans la pub Calgon. Ça ne posait pas trop de problème, je séchais bien les premiers cours, mais alors que l'hiver approchait, je sentais que ça ne pouvait pas durer éternellement, surtout que cette situation et tout ce silence dans lequel je me terrais sur mes problèmes, était difficile à vivre.

Heureusement j'étais de plus en plus proche avec différents groupes d'amis, d'autre classe sociale, mais également tous fumeurs, et un beau jour j'ai failli à mes principes. On a organisé une petite séance rapido, j'ai fumé pour la première fois sur un joint de vieux shit dégueulasse. Puis on a même fait deux soufflettes. Je n'ai pas toussé, et à vrai dire, je n'ai rien ressenti. C'est surement ça qui a attisé ma curiosité, et qui a alimenter ma volonté d'être cool.
La semaine qui suivit on a programmé une séance de rattrapage. Au programme deux purs de weed, j'ai également fait des soufflettes et une indienne, autant dire que je suis tout de suite parti dans l'hyperespace.  La composante sociale ("de transition" de groupe) a été importante dans la manière dont la fumette s'est imposé à moi, mais rétrospectivement, le cannabis en lui même m'a été salvateur également. Il m'a permis de soigner mes insomnies, mes sérieuses pertes d’appétit, il m'a aussi permis de connaitre une embellie dans mes relations sociale, de connaitre de nouveaux milieux, un nouveau vocabulaire, de nouveaux rituels, bref une nouvelle culture. Chaque pause dans les cours était l'occasion de se vider la tête et de se la remplir de nouvelles choses.

Le joint a pourtant bien des vices, qu'ils viennent du cannabis soit, mais aussi et surtout du tabac. Je suis tombé dans une grosse addiction, heureusement j'avais toujours des principes que je respectais plus ou moins (ne pas fumer seul etc), mais tous les soirs j'étais comme anesthésié. J'arrivais souvent à 10 joints par jour (avec un groupe flottant de 2 à 6 personnes), les soirées on atteignait parfois la 15aine de joints. Bref c'était trop, c'était toxique. J'avais pris le poids qu'il me manquait, j'avais moins froids, j'avais arrêté l'alcool, je ne ressentais plus ce spleen qui me minait, mais j'ai commencé a avoir de plus en plus de pertes de mémoires, j'avais mis encore plus de distances avec d'autres cercles sociaux, notamment ma famille qui était plus éclatée que jamais, et ça c'est ressenti dans mes résultats scolaires.

Après un échec j'ai changé d'environnement, j'ai changé mes habitudes, cantonné ma consommation au stricte occasionnel (en journée comme en soirée).

Pour ce qui est des autres classes de drogues, mon intérêt pour certains hallucinogènes a ressurgi au début de ma consommation, et une fois que je me suis calmé j'ai atterri sur psychonaut. A vrai dire j'étais très enthousiaste de découvrir que d'autres gens discutaient de produits que j'avais toujours fantasmés, de manière un peu trop idéaliste il faut le dire. Je sentais poindre en moi l'envie et la curiosité de tout essayer, mais heureusement j'étais déjà vacciner philosophiquement à certaines dérives, et je me suis imposé de nouvelles limites, que je respecte encore aujourd'hui. J'ai donc mis en œuvre certaines de mes volontés profondes, toujours suivant mes principes, mais c'est ainsi que tout cela est arrivé dans ma vie.

Très bon sujet en tout cas, désolé d'avoir été long mais je trouve que mon parcours illustre bien les portes d'entrées dans ce monde là. Les situations difficiles et/ou surtout le mécanisme d'initiation à une sorte d'age adulte, qui passe comme une sorte d'épreuve, à coup de drogue dans le cas présent. A vrai dire je n'avais encore jamais évoqué certains passages qui sont assez sensibles pour moi, mais maintenant c'est tellement loin qu'après tout levé ce silence me libérera surement un peu plus l'esprit. Même si j'ai eu des passages difficiles, tout ça m'a permis de tirer des leçons que je garderais toute ma vie, même si je garde d'autres héritages qui sont plus compliqués à vivre aujourd'hui.
[Image: 37qdi.png]
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#3
Ce topic commence fort, je sens que ça va être très intéressant de lire les réponses! Les contextes sociaux et relationnels, en plus du hasard et de la personnalité, sont des cocktails fascinant à décrire et étudier!

Mon parcours n'a rien à voir avec celui de Xochi, c'est ce qui me donne bon espoir pour la diversité des réponses. Je viens d'une famille aisée, socialement pile au milieu. J'ai été en cours dans le public et j'ai côtoyé des gens de tous milieux, c'est ce qui m'a fait prendre conscience de plein de réalités sociales. Chez moi les convenances ont un certain poids, on n'est pas au niveau de ce que décrit Fritz Zorn dans Mars (livre qu'au passage je conseille à tout le monde), mais c'est quand même très étouffant. L'image qu'on donne de soi compte, on ne peut pas se relâcher, se balader en pyj chez soi par exemple. Et puis relations assez anxiogènes dans la famille. J'étais une gamine "bizarre", probablement autiste (je modalise parce que c'est en cours de diagnostic), je ne me suis pas fait d'amis à l'école, bref je ne me sentais à ma place nulle part, prolo chez les bourges et bourge chez les prolos, zarb chez les normies et normie chez les zarbs... et arrivée à l'âge des premières consos, j'avais l'ego en miettes.
S'ensuit que j'ai d'emblée été très très très attirée par les psychotropes, à la fois pour éclater le surmoi que ces années d'étouffement m'avaient créées et pour rejoindre ce contexte initiatique qui, je le pensais, pallierait à mon exclusion (et puis une grosse part de curiosité parce que j'avais toujours été assez aventureuse).
J'ai déjà détaillé mon rapport au joint dans le topic dédié, j'ai commencé l'alcool avec des grosses cuites + comportements dits à risque pour les filles (à poil dans la rue à 4h du matin, confiance aveugle en des inconnus pas toujours bienveillants, sexe bourrée, ...).

Les dépresseurs j'ai découvert toute seule à l'époque bénie où la codéine était en vente libre (et que vivent les migraines!) et par des médecins peu scrupuleux qui m'ont prescrit sans remord des somnifères et calmants. J'ai tout de suite adoré ça, mais je me suis également tout de suite posé des limites claires. J'avais un fort besoin d'auto-destruction, je prenais ça pour me péter le crâne, mais (instinct de survie ou encore ce putain de surmoi?) j'ai toujours fait extrêmement gaffe. Mes limites ont évolué mais elles sont restées rationnelles. Mes raisons de consommer ont évolué avec.

Et puis j'ai eu la chance d'être initiée aux psychés par une personne qui savait ce qu'elle faisait, m'a appris les premiers principes de la RDR, offert des expériences coolissimes et montré qu'on peut explorer de nouveaux univers en gérant rationnellement le danger. Prendre du LSD a été un cap, après ça j'ai pu tester les dissos, la MD, la coke, la 3mmc sans scrupule, sans peur réelle, sans volonté de me détruire, toujours ce fond d'amour du danger, d'adrénaline et de crainte de l'inconnu, mais plus dans la frénésie aveugle et angoissée de mon adolescence.

Aujourd'hui je suis toujours engluée dans les mêmes problématiques sociales, ma vie de droguée est une vie parallèle, c'est un échappatoire sur lequel j'ai mis une bride très sévère (malgré qu'un noob me jugerait imprudente... mais bon Big Grin) . Il y a encore plein de choses que j'espère explorer, ça me fait plaisir de penser que j'ai toute la vie pour découvrir la kétamine, la DMT, la mescaline, les champis... Que les "débuts de la consommation" s'étalent sur toute la durée de mon existence, ça fait partie des vœux que je pourrais faire Big Grin

À vous Smile
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  • Xochipilli94
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#4
Je me retrouve dans les deux descriptions précédentes, quand il s'agit de passer un cap de vie difficile avec la drogue (dépression plus image sociale difficile à tenir faute d'une estime de soi stable et équilibrée).

AU final je me suis toujours empêché de vivre jusqu'à arrivé en terminal où là j'ai comme rattrapé tout le temps perdu en me mettant à fumer et boire comme un bon connard, c'est à dire que vomir ou voir double ne me dérangeait pas, je trouvais ça cool parce que je me sentais vivant et puissant dans mon néant. Le truc c'est qu'en deux ans j'ai vite fait le tour de mes abus (en rentrant dans une addiction que je m'étais avouée, mais dont je ne mesurais pas la gravité), et j'en suis venu à vouloir testé toujours plus de chose.

Donc j'ai commencé à préférer la douille au joint, à prendre tous les médocs que je trouvais à droite à gauche pour les mélanger avec de l'alcool et du cannabis, et ma curiosité insatiable m'a amené à découvrir le forum en m'intéressant au LSD au départ. A partir de là je me suis dis que le LSD c'était peut être un peu fort pour commencer, donc j'ai acheté du DXM qui était plus facile d'accès. Et c'était reparti pour tous les excès possible avec des combo peu recommandable, idem avec la codéine. Arrivé à ce stade là, je consommais quasi quotidiennement, en m'explosant vraiment fort la tronche tous les week end. J'avais des problèmes relationnels avec mes darons et je faisais tout pour les fuir, me fuir, parce qu'en fait c'est avec moi que j'avais un problème, comme depuis le tout début où je me délectais de déprimer pour me sentir abandonné afin qu'on ai pitié de moi, en même temps que je me montrais fier et orgueilleux, bref c'était le bordel entre mes ressentis et mon image extérieure.

A partir de là plus je cherchais à contrôler ma conso, plus je repoussais toutes les limites, en me rendant compte qu'il n'y en avait pas. Donc là je gobais des psychés, des dissos, des opiacés et de l'alcool avec du cannabis à tire larigot, jusqu'à ce que je me replie complètement sur moi-même en coulant des douilles tous les jours, et en prodant un jour sur deux si ce n'est tous les jours. Retour chez les parents après un échec scolaire.

Là je me calme, mais je continue à bien consommer, douille, joint, alcool et prod au moins une fois par semaine, jusqu'à ce que je rentre dans un cercle vicieux où j'avais ma défonce hebdomadaire avec des prods le week end, en fumant un peu la semaine. le rythme s'est accentué au fil des années jusqu'à ce que je prode même en semaine, et l'été dernier j'ai tout arrêté, à part l'alcool et le bédo. C'était redevenu critique, en mode complètement replié sur moi-même.

Aujourd'hui j'ai bien envie de reproder mais je me restreint parce que je suis en couple, je compense en fumant des joints. Le truc c'est que toujours j'ai associé défonce et créativité, et donc je me servais de l'art pour légitimer mes consos. En abusant pas trop j'étais content parce que la drogue me détendait, mais à chaque fois j'en revenais à me retourner le crâne en vrillant dans l'excès...donc à voir pour la suite, là j'ai prodé une fois en cinq mois et j'ai envie de revoir les étoiles, partagé entre l'idée que je pourrais me gérer, et effrayer à l'idée de retomber dans mes travers addictifs.
Le Plus Appelle Le Plus
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#5
C'est cool vos réponses détaillés merci !
Du coup je vais raconter aussi ma life.

De mon coté, je suis issue d'un milieu que je qualifierai de modeste (élevé par ma mère qui taffait à mi-temps et avait 2 enfants à charge).
Ma première rencontre avec la drogue s'est faite après ma première addiction: Les jeux vidéos. J'ai découvert au travers de ce médiat ce qu'était de vouloir fuir la réalité, ne plus exister et faire partie d'un groupe que le reste du monde ne comprend pas. Je n'avais plus besoin de me sentir incompris et inadapté à ce monde, ici, j'étais bien et loin de tout. Ça du durer bien 10 ans, avec des périodes plus ou moins intenses et une rechute de 6 ans. Cette addiction aux jeux m'as permis de passer a côté de la drogue pendant mon adolescence. J'étais pas le gamin cool qui fume des pétards, j'avais d'ailleurs un très mauvais œil vers ceux qui consommaient.
N'étant pas du genre à rester borné dans mes idées, j'ai tout de même voulu comprendre vers mes 16-17 ans comprendre pourquoi certains consommaient, j'ai donc commencé à accepter les quelques taffe sur du shit bien crade qui n'as fait que confirmer mon désintérêt total de "la drogue".

Pourtant,en parallèle (et bien avant mes 16 ans) j'ai pu faire la rencontre de l'alcool, cette drogue que tout le monde en buvait de façon décomplexé, socialement accepté, et même conseillé. j'avais fini par m'y faire, ça devenait plaisant de boire quelques bières entre amis en séchant les cours. Puis de toute façon, ça ne pouvait pas être mauvais non ? tout le monde en buvait pendant les fêtes, et on m'incitait régulièrement en famille à "être un homme" en buvant. Et devenir saoul du haut de mon jeune age lors de mariages de tonton Bernard ou du cousin Richard.


Puis plus tard j'ai rencontré une fille, une fille qui a été un tournant majeur dans ma vie. Elle avait 5 ans de plus que moi mais on se comprenait (chose rare pour moi à cette époque d'être compris). Addict elle aussi des jeux videos, on pouvait partager notre addiction ensemble et chacun faire découvrir à l'autre son petit monde. Son monde à elle c'était aussi les free et la psytrance, bien qu'elle n'était pas consommatrice, c'était quelque chose qu'elle fréquentait et avait fini par essayer une fois le 2CB. Elle en avait écris un TR, que j'ai lu et qui m'as fasciné, loin des ce que j'avais pu vivre avec des joints foireux et de l'alcool. Cette graine est resté planté et a commencer doucement a germer au fail des années.

Tout ça est resté loin de moi, pendant encore 3-4 ans, la seule drogue que je cotoyais dans mon milieu, c'était toujours l'alcool (sans savoir que ça en était une) et ma consommation a pris son envols à mon arrivé à la fac. Moi qui sortait d'une période sociale peu dynamique, j'avais la chance de faire une nouvelle vie, personne ne savait qui j'étais, personne ne me jugerait sur autre chose que ce que je ne montrerai. La solution la plus simple pour m'intégrer, c'était forcément les soirées étudiantes et les beuveries qui y étaient associées. Je suis vite passé de 2-3 bières par ci par la à du binge drinking tous les week ends voir plusieurs fois par semaines.
J'ai ensuite était de nouveau introduit au joint, cette fois de la weed, j'avais bien aimé, c'était plus concluant que mes expériences du lycée mais le tabac me dérangeait et mes amis étaient ok pour qu'on consomme de temps en temps des purs histoire de me faire plaisir.
J'étais clairement à cette époque dans une optique de me défoncer la tête, mais mon addiction aux jeux vidéos m'avait fait légèrement entrevoir a quel point il serait difficile de me séparer de la drogue si elle prenait trop de place dans ma vie.

C'est à cette période ou j'ai aussi découvert psychonaut, c'est la que j'ai compris que je pourrai peut être avoir une consommation responsable, en faisant attention, en comprenant ce que je fais, ce que je peux faire et surtout, ce que je ne dois pas faire. Mon envie de découverte avait pris le dessus par rapport à celle de me fendre la tête, je n'avais plus besoins de fuir la réalité, et j'avais un contexte social qui me plaisait. Je me suis donc dit qu'il était maintenant ok pour tester des drogues plus "fortes" que la weed et l'alcool. Que j'allais peut être pouvoir explorer mon subconscient sans qu'il ne soit trop tôt pour le faire.

J'ai choisis la Salvia pour ça, elle a été la porte ouverte par la suite pour de nombreuses explorations et au final jusqu'ici en 8 ans de conso, j'ai pu avoir la chance de très peu me brûler les doigts, mais surtout, de ne jamais tomber dans une addiction.
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#6
Allez ça fait longtemps que j'ai pas raconté ma vie.

Perso j'ai toujours été intrigué et passionné par les états altérés de conscience. Je sais pas si ça vient d'un film, d'un dessin animé ou je sais pas quoi mais les drogues m'ont toujours fasciné, le peyotl en particulier, je sais pas pourquoi.

Du coup dès qu'un produit susceptible d'altérer ma perception des choses se présentait à moi je le prenais avec plaisir, sans me poser de question, je crois vraiment être un tox dans l'âme.

Comme pratiquement tout le monde mon premier contact avec la drogue a été l'alcool au collège. En banlieue parisienne à pars le centre commercial et boire de la despe dans les squares en fumant des clopes y'avait pas grand chose à foutre, je préférais quand même passer mes journées devant CSS comme un bon gros nolife, c'était une addiction plus saine.

Je suis vraiment rentré dans le "monde de la drogue" quand j'ai j'ai atterri dans un collège ultra bourgeois en plein Paris. Sans parler du dépaysement total, la drogue y était bien plus présente et les gens étaient bien plus décomplexés par rapport à ça. C'est donc vers 14 ans que j'ai découvert le cannabis, ça a été le coup de foudre immédiat et j'ai vite compris après une expérience plutôt traumatisante en soirée que le cannabis et l'alcool ne faisait pas bon ménage, donc j'ai laissé tombé l'alcool et je suis devenu une caricature du fumeur de joint, le genre à fumer toute la journée avec les camé du coin 7j/7 (et les camés vivaient dans le genre d'appart de 300m² que tu vois que dans les films, c'était le paradis à l'époque pour moi Big Grin ) et à se retourner encore plus la tête à chaque soirée, tout en testant 2/3 autres trucs au passage style popper, salvia et à peu près toutes les conneries qu'on pouvait acheter facilement sur le net à l'époque. Bref si tu tenais à ta scolarité il valait mieux pas trop trainer avec moi.

C'est aussi à cette période que j'ai découvert psychonaut, PA (enfin asud ou je sais plus quoi à l'époque) et surtout erowid où je passais des heures à baver devant toutes ces drogues dont j'avais jamais entendu parler, je découvrais une nouvelle dimension, mais j'avais malheureusement aucun contact pour avoir des psychédéliques (qui étaient pour moi les drogues ultimes) donc je me contentais des TR.

Vers 16 ans un ami un peu plus âgé me fait découvrir la codéine, la belle vie avec les fils de riche était finie, retour chez les prolos et c'était pas la meilleur période de ma vie, ça finira donc en traitement au subutex à 18 ans à cause de la codéine, et par la découverte des benzo, joie et bonheur.

Après 2 ans où je me contentait du sub et de ma consommation énorme de beuh agrémentée de benzos malgrès une vie à peu près stable je me suis rendu compte à quel point c'était pathétique et handicapant d'être prisonnier d'une drogue et je suis donc partie un petit moment à la campagne pour un sevrage bien sympathique. Je pense que le passage par la case subutex m'a bien servi de leçon, ça m'a permis de comprendre que j'avais un petit problème d'addiction et pas qu'avec la drogue, j'ai aussi pris conscience que certaines de mes passions comme le skate ou le graffiti tenaient plus de l'addiction voir de l'obsession qu'autre chose, bref j'ai un grain quoi, mais au moins je le sais et ça aide.

Une fois le sevrage passé je sais pas pourquoi j'ai acheté une box pour faire pousser des champi, vu mon entourage de l'époque j'allais attendre longtemps avant de pouvoir tester avec quelqu'un donc je me suis lancé tout seul, en me disant que cette petite pause à la campagne était le moment idéal. C'est donc là que je me suis lancé dans les psychédéliques "classiques" en en abusant bien comme il faut pendant 1 ou 2 ans.

C'est au bout de ces 2 ans que je me suis inscrit sur quelques site de tox dont psychonaut pour parler un peu de mes expériences, vu que j'étais plutôt solo dans mon délire psychédélique IRL. C'est à peu près au même moment que j'ai commencé à prendre des RC et à me passionner pour ça. Du coup aujourd'hui je suis toujours en phase d'expérimentation, en essayant de pas trop mal finir.

J'ai sais pas quoi tirer de tout ça mais c'est sympa ces petites rétrospectives, pratiquement personne n'a la même histoire mais on est tous là aujourd'hui, c'est presque beau Big Grin
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#7
Citation :pratiquement personne n'a la même histoire mais on est tous là aujourd'hui, c'est presque beau

Pas tous non !
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#8
salut, ben moi et comme pour beaucoup, cela s'est passé au lycée. J'avais d'ja un oeil sur la foncedé au collège, mais les gars qui tapaient de l'eau écarlate ou des bédos avant les cours étaient archi trop subversif pour moi, et faut dire que dans les années 90 il te passait des pub anti drogues qui traumatisait le pré ado que j'étais alors.
Et puis en seconde ont a commençé a me faire lire des trucs comme "christiane F, "l'herbe bleue" ou "flash", et même si ces livre ne font en aucun cas l'apologie de la drogue, ça me paraissait moins dark d'un coup, limite ça donnait envie de test. De plus j'étais avec toute une bande de punk des campagnes et l'émulation c'est faite toute seule, 1ère biture, 1er joint, 1er mélange alcool+les lexomil de la daronne (j'avais lu un truc dans l'genre dans "l'herbe bleu", ça avait l'air chanmé).
En 1997 j'ai découvert le monde merveilleux des free party, 1er taz, 1er trip... toussa toussa et cerise sur le gâteau a cette époque j'habitais en normandie, avec un méga champ magique à 5 min en stop du lycée, donc c'était byzance de chez byzance pour se péter la ruche.
Évidemment à cette époque pas d’accès à internet donc aucune info a part celle des fly de préventions/informations en teuf et aussi les bon vieux magazine "asud" ou "fait tourner" (je sais si y'en a sur le forum qui ont connus ce magazine, c'était grave libertaire, ils ont quand même réussi à faire 2 numéro avant la censure^^).
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#9
Moi je suis né dans une famille ouvrière, grandi dans se qu'on appel aujourd’hui une "cité". Des parents plutôt sympa, quoique un père pas si cool que ça  Undecided !
 Mon expérience avec les produits a commencé avec le tabac,  j'ai avalé la fumé pour la première fois sur une gauloise sans, filtre , argh j'ai craché mes poumons j'ai toussé tout s'que je pouvais pas cool, surtout devant les copains. J'étais en colo c'étais les grandes vacances, a la rentré je vais au collège, donc pas super expérience que le tabac pour commencer!!
 Je m'intègre plutôt pas mal, je suis pas un excentrique mais pas une plante verte non plus, j'me fais des copains assé vite.
 La sixième pas de produits, j'ai commencer a avoir un rapprochement avec le tabac en cinquième, toujours pas cool, je vomis même souvent après avoir fumée, mais il m'arrive de fumer en groupe, fumer avec les potes quoi.
 Je commence a ne pas rentrer tôt a la maison, mes parents ne me prennent pas trop la tète de se coté j'ai été plutôt épargné pars rapport a mon frère et à ma sœur. Je sort donc le soir avec mes potes de bahu et l'alcool entre dans ma vie, j'ai tout de suite aimé l'ivresse alcoolique, facilité a communiquer légèreté d’esprit, on se marre bien et on à picolé rapidement pas mal.Je n'ai jamais eu de consommation problématique avec l'alcool.

 J'ai connu le cannabis pendant les vacances scolaire suivante, avant la quatrième.
 Un soir j'étais a ma fenêtre, dans me cité, deux potes passent, plus âgées que moi, me demande si je ne vœux pas monter boire un verre avec eux. En fait, ils avaient en tète de me faire fumer mon premier splif, moi curieux et ne m'interdisant pas cette expérience j’allais accepter! Quand j'ai tiré quelques tafs, rien de spécial,j'ai refumé quelques tafs avant de le faire tourner, et j'ai pas mis longtemps a me sentir léger a me marrer avec mes deux potes, le cannabis a eu un super effet sur moi, le coté "excentrique" de la fume pas le coté introvertie. J'ai passé une excellente soirée et je m'en souvient encore.
 A partir de ce moment le cannabis c'est petit à petit intégré en plus de l'alcool avec les potes le soir, on achetaient de temps en temps du chichon !
 C'est a cette période que je me suis aperçu que le cannabis et la musique fesais très bon ménage, c 'est a peu près a cette période que j'ai commencé a fumer seul le casque sur les oreilles, moi qui aime ces moments de légèreté, de lâché prises, que du plaisir!
 J'ai fumé pas mal jusqu’à mes trente ans, a l'heure actuelle je ne fume plus qu’occasionnellement.

 Ma route a croisé l’héroïne (ou l'inverse) un soir dans un garage a vélo, dans le quartier, oubliez le set and setting !!!
 J'ai pris un rail sur le siège en cuir d'une moto et là j'ai découvert autre chose, jamais défonce n'avais été aussi "parfaite", en dépis de mes quelques flaques, vomir avec les premier opiacés c'est courant pour moi en tout cas. Oui la j'ai découvert un nouveau produit, desinibition, impression que tout va toujours bien, que rien ne peu etre grave, difficile a expliquer; j'ai toujours été attiré par l'interdit et je ne me suis jamais mis trop d'interdit niveau produit, j'avais 17 ans !
 J'ai consommé épisodiquement pendant quelques années...
 L'injection a commencé a etre une habitude a partir de mes 23 ans a peu près.
 Je ne me souvient meme plus de la première fois en détail tellement j'ai fais n'importe quoi, voulant essayer tout seul je n'ai pas réussi, et pas de rdr et de psychonaut a cette période !
 C'est quelques mois plus tard dans un appart de tox qu'un mec m'a fait ma première injection, trop fort, je n'ai pas aimé la première fois, la même chose qu'en sniff mais en plus désagréable a mon avis. Je m'étale pas sur cette première expérience qui n'a rien de positive.
 J'ai consommé en IV pendant presque toutes les années 1990 j'y suis revenu par attraits par curiosité aussi je ne voulais pas rester sur une mauvaise impression et je l'ai aimé autant que détesté cette came , je montais a rotterdam des fois 2 fois par semaine parfois, j'ai rencontré a cette période un mec qui m'a "avisé" de méthodes pour éviter de renter accompagné de flics !
 Il m'a bien briffé, sur de son expérience, et je n'ai jamais eu a aller en garde a vue une fois dans ma vie.

 Bizarrement je n'ai pas de souvenir précis de ma première prise de cocaïne, mais c'est ce produit qui me gâche la vie actuellement.

 Le LSD a encore été une sacrée aventure, la je me suis fais un peu peur les hallus c'est forts, j'ai un pote qui a bader pas cool pour lui, moi j'ai passé un super moment ! Mais je n'ai pris que 3 fois des "trip" dans ma vie et deux fois des champignons je suis pas fan des hallucinogènes.
 La mdma, que j'ai pas mal consommé en soirée, teuf et autres, ou avec un bon set and setting avec des potes.

 Voila en gros se que je peu dire...désolé je suis un peu h.s car je parle plus de mes premières consommassions mais ça m'a fait du bien de l'écrire !

 En ce moment je suis sous méthadone (20mg/j), je ne prend plus d’héroïne, un peu d'oxycodone de temps en temps, je ne fume presque plus de cigarettes ni de cannabis et bois très peu d'alcool.
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#10
Du coup Laura, ça donne quoi la créativité maintenant?
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#11
à mes 5 ans ma maman est partie
à mes 14 ans mon papa a eu un accident grave qui l'a handicapé.

A cause de cet accident mon papa est devenu irascible, intolérant. C'était malgré lui. Il avait trop mal et on ne pouvait rien faire pour l'aider. En fait un jour il m'a foutu dehors quand je lui ai proposé de l'aider pck cela l'agaçait à cause de sa douleur. Je ne savais plus que faire ni où aller... J'ai dû vivoter à gauche, à droite en revenant à mi-temps à la maison mais sans situation stable.

Parfois j'étais vraiment seul pendant de longues périodes. Je suis redevenu sauvage, pillant les armoires pour manger ce que j'y trouvais: du sucre, des denrées d'adjonction mais rien d'équilibré. J'ai même parfois volé à l'étalage des fruits, des légumes consommés crus. Je dormais dehors, dans des établissements de consommation "space" à l'époque ou chez des gens assez marginaux. C'était la seule solution pour moi. J'ai eu des copains bien hip. Je me souviens de mon 1er joint d'herbe. Et aussi du 1er trip un peu plus tard. Et encore d'autres choses... Et tout ça pendant la croissance d'adolescent. Je regrette  la drogue mais encore plus le manque de nutrition équilibrée. Oui absolument. Si j'avais mangé comme il faut j'aurais eu une stature différente aujourd'hui. En manque de vitamines je tombais souvent dans les pommes.

Puis la société occidentale a mis un coup de frein à l'ambiance de déliquescence générale. Partout c'était la réaction politique après le Vietnam. Un jour j'ai été amené à l’hôpital contre ma volonté pour être colloqué pendant des mois (je ne sais plus combien...). C'était à mes vingt ans. En fait j'ai séjourné dans plusieurs hostos psychiatriques. Cela a duré des années. Je n'ai plus pu rien consommer. Un jour, après mes trente ans, je me suis retrouvé avec une pension sociale mensuelle. Je n'ai jamais vraiment travaillé de ma vie de façon officielle. Je n'ai pas de diplôme. Mon seul baluchon intellectuel provient de ce que j'ai appris lors de mes profondes méditations que j'avais le temps de faire dehors, ensuite entre 4 murs des hôpitaux et aussi aujourd'hui encore.

En drogue le problème c'est que en niveau high le cerveau oublie la dalle dure et après pendant le spleen il n'y a nul persistance de la fameuse expérience... Tout ça c'est à cause du cerveau.

je viens d'une sphère libérale. Mon père était travailleur indépendant. Il a retrouvé une situation vraiment équilibrée des années après son accident mais pour moi tout était dit depuis longtemps.
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  • Tridimensionnel
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#12
(10/01/2018 12:35)Tridimensionnel a écrit : Du coup Laura, ça donne quoi la créativité maintenant?

J'ai continué de dessiner sur pc avant de me mettre à écrire, et aujourd'hui j'essaye différents styles d'écriture, en gardant pour moi tout ce qui est du genre récit (sauf le Tr fictif que j'ai posté dernièrement).

En fait j'ai surtout créé des articles depuis un an, et mine de rien ça demande quelques efforts dits "créatifs" quand on part de rien, y a des jours où c'est fluide et l'encre coule toute seule des lettres du clavier, quand d'autres jours c'est le problème de la page blanche, et y a rien qui vient.

Après sans prod j'ai parfois du mal à m'y mettre, enfin les articles ça va, mais quand il faut inventer une romance c'est plus compliqué déjà. Faudrait que je me remette à la poésie comme l'année dernière, j'avais bien kiffé m'y essayer !

Et toi tu produis quelques trucs ?
Le Plus Appelle Le Plus
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#13
Stupidement.
Par la pression constante et croissante exercée par un membre d’un petit groupe dont je faisais partie.
Je parle pas de la fume ni du LSD mais des prods plus durs qui ne me tentaient pas particulièrement.
Et j’ai finis par accrocher au truc. Pour mon grand malheur.
Mais pas uniquement, car grosses expériences, grosses vagues de plaisir, rencontre de lieux et gens sympas, voyages...
Donc bilan mitigé. Du bon, et du moins bon.
Supernaute de la Lyre
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#14
Laura oui, j'écris, et parfois je me donne un coup de pouce avec des dépresseurs, mais j'écrivais avant la drogue et j'écrirai longtemps après Wink
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#15
Cool cool, ce que j'essaye de faire c'est trouver l'inspiration sous influence et mettre en place les lignes directrices de la vision que j'ai eue, pour relier les principales idées, et ensuite de faire le gros de la production sobre (dessin ou écriture). Le problème c'est que j'en viens vite à tout faire sous influence, et au final ne plus avoir d'idée, une vision floue de mon projet et une faible production parce qu'à force de consommer je me fatigue plus que si je produisais sobre.

@ Amical, je parlais de vous deux puisque vous avez utilisé la même expression chacun dans vos coms. C'est un débat qui s'est terminé aussi vite qu'il a commencé, dommage parce qu'il semble des plus intéressants quand il s'agit de relier l'influence corps et esprit via la plasticité du cerveau.
Le Plus Appelle Le Plus
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#16
J'ai déplacé la discussion HS par ici:
http://www.psychonaut.fr/thread-31702.html

Non pas qu'elle ne soit pas interessante, mais afin de garder le sujet original Wink

ce message sera supprimé dans 72h histoire qu'il fasse pas tache non plus, n'y répondez pas Wink
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#17
*le désir de répondre pour trôller s'intensifie*
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#18
En tout cas ce sont de très beaux (et parfois de très durs et très émouvants) témoignages. Au final même si le sujet a pas mal dévié sur la manière dont on vit notre consommation aujourd'hui, j'ai le sentiment de me retrouver un peu dans chaque parcours. Même dans celui de Tridimensionnel, car si si certains contrastes sont vraiment saisissants, sur d'autres points il y a de vrai similitudes. M'enfin bon j'ai pas forcément en vue de trop m'étaler et de sortir du cadre purement factuel.
En tout cas merci à tous ceux qui ont joué le jeu. C'est souvent beaucoup plus difficile d'évoquer un passé compliqué voire douloureux que de réagir à celui des autres.
[Image: 37qdi.png]
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#19
Il y a un schéma que j'ai compris à la longue dans mes consos, et ce à différentes échelles d'analyse.

Au départ j'étais frustré et donc très déprimé, et la drogue m'a procuré un sentiment de satisfaction, que je pouvais contrôler en décidant quand me droguer. A partir de là la base du mécanisme de mon addiction était posée (je n'aborde pas les questions de curiosité lié à la découverte de soi, et à l'intérêt social qu'il y a à consommer, même s'il faudrait les prendre en compte).

Donc comme j'étais frustré de ma non vie, d'être déprimé constamment, j'en suis venu à chercher de plus en plus de satisfaction en repoussant mes limites du fait de la tolérance qui s'est installée au fur et à mesure de mes consos.

A partir de là les problèmes de dépendance se sont pointés, et se sont répercutés dans ma vie (relations familiales et amicales qui se compliquent, désintéressement pour les études, culpabilité extrême vis à vis de moi-même) au point de retourner à la case départ qu'était la dépression.

De nouveau j'étais frustré, déçu de moi et du monde entier, mais ce coup-ci j'en étais d'autant plus conscient et c'était une position d'autant plus difficile à tenir que j'étais complètement paumé dans ma vie, bref mon seul recours pour tirer du plaisir à continuer de vivre était la drogue, parce que c'était l'unique cadre de vie que je maitrisais à peu près (et puis j'étais le meilleur dans ce domaine dans mon entourage, ça joue sur l'ego). D'où la répétition du schéma frustration ---> déception ---> dépression ---> et la consommation en boucles de moins en moins vertueuses.

Et ça continue aujourd'hui, même si j'en suis conscient. J'essaye juste de ne plus me mettre mal comme avant, même si y a des fois où mes pulsions de mort prennent le dessus, et là j'ai juste envie de me foutre une rouste, quitte à le regretter après. Pour pallier à ce fonctionnement néfaste, j'essaye de prendre du plaisir dans des activités annexes, et de ne pas me laisser bouffer par mes complexes, en restant digne. Mais c'est pas toujours facile.
Le Plus Appelle Le Plus
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#20
Quasi-exclusivement dans l'alcool jusqu'à environ 24/25 ans. Je fumais sur les joints qui tournaient en soirée, très occasionnels petits paras de md... mais j'étais bien trop bourré pour pouvoir apprécier les effets. J'achetais juste un peu de coke de temps à autre, quand y'avait une fille chez moi.

L'alcool m'a démoli tout comme il a démoli mon père. Bon lui c'est parce qu'il était marin, moi c'est juste parce que j'ai eu une puberté très ingrate (visage enfantin sur corps qui s'étire, dévoré par l'acné, appareil dentaire...), pas mal d'humiliations, de blessures narcissiques. Du coup au lycée la liche me paraissait un échappatoire infini, le canna ne m'intéressant alors que très peu et j'étais sans doute trop tiède pour le reste. Je ne buvais pas nécessairement tous les jours, mais IMPOSSIBLE de m'arrêter quand je commençais, vers 24 ans j'en étais à couper alcool antiseptique ou eau de cologne à du jus d'orange quand le frigo était vide à 4h du mat'.

C'était totalement social au début, des murges entre potes quoi, puis je me suis mis à picoler avant d'aller à une murge, à planifier d'avoir 2-3 bières pour le lendemain, puis à boire seulement tout simplement, peu importe l'heure de la journée.

Le LSD et le canna m'ont ensuite fait un si monumental effet que j'en ai conçu un mépris instinctif et viscéral pour l'alcool, mépris sans doute injuste, la substance en elle-même n'a rien de néfaste pour qui sait boire correctement, mais disons que comparé aux voyages psychédéliques la torpeur bavaroise paraît bien faiblarde.

Le canna a remplacé l'alcool, je me suis mis à en acheter régulièrement, des 20 balles au début, puis 10 ou 25g par la suite, avec une vitesse de croisière de 1.2g par jour à 27 ans. Là j'en ai 28 et c'est sevrage depuis le début de l'année, avec un craquage jeudi dernier que j'ai immédiatement regretté... faut vraiment que j'affame cette addiction 4 mois minimum. L'alcool m'avait fait tout perdre, notamment mes amis de jeunesse, pas vu depuis 3 piges et que j'ai recontacté il y a peu, ça me motive à reprendre le contrôle de cette poubelle ambulante qu'est ma persona. La fume est toute aussi dangereuse que l'alcool, zombification, paranoïa, zéro lovés... c'est juste qu'au lieu de faire de la merde dans la rue tu comates devant un écran. C'est plus civilisé mais tout aussi stérile.

Même rapport teubé avec l'acide ou la kéta que je consommais une fois par mois fin 2017 (heureusement que ce sont des produits à grosse tolérance...)
L'héro j'en ai pas mal pris aussi, sifflé v'la les métha et gobé v'la les sub, mais j'imagine que traîner avec des camés est une bonne publicité contre la came, j'ai eu des keukeus 2-3 fois, j'étais tellement mal que ça a fini de m'éloigner de ce produit (j'ose pas imaginer le manque pour un gus avec 20 ans de conso...)

Bref j'ai un rapport dégueulasse à la drogue, puisque je me drogue avant tout pour faire passer les journées plus vite, fuir la réalité, me fuir moi. Mais c'est normal, je suis très fragile, dépressif, esseulé. Si j'arrive à tout lâcher et à me reconstruire une vie digne de ce nom ce sera intéressant de noter si oui ou non ce rapport sera différent.

Plaisirs marginaux pour personnes marginales, peu de gens en sortent intacts. Ce qui est sans doute une bonne chose, ce serait pas drôle si c'était à la portée du premier venu.

edit: pas spécialement envie de causer de ça mais comme tout vient de l'enfance...: ambiance parfaitement dégueulasse à la maison quand j'étais gamin, pas poussé droit comme on dit (fasciné par la drogue/la mort/les choses extrêmes dès le plus jeune âge).
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  • Gaspard, Laura Zerty
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#21
Citation :Bref j'ai un rapport dégueulasse à la drogue, puisque je me drogue avant tout pour faire passer les journées plus vite, fuir la réalité, me fuir moi. Mais c'est normal, je suis très fragile, dépressif, esseulé. Si j'arrive à tout lâcher et à me reconstruire une vie digne de ce nom ce sera intéressant de noter si oui ou non ce rapport sera différent.

Je me suis toujours demandé si on pouvait vraiment s'en sortir et se reconstruire quand on a "grandi" et évolué en se défonçant régulièrement, à partir d'un certain stade (ou pour certaines personnes peut être) j'ai l'impression que c'est peine perdue.
Je trouve que c'est bien plus facile de vivre en assumant sa condition de "tox" plutôt que d'essayer d'arrêter pour se construire "une vie digne de ce nom" alors que c'est totalement contraire à notre nature.
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#22
C'est clair Trickster que le tout ou rien, ascèse/débauche, est un pari risqué, la voie médiane du funambule qui limite sa conso au week-end peut paraître plus sensée... mais rien que sur le plan santé/physique ça me paraît important de savoir s'arrêter pour au moins laisser le temps au corps de se régénérer.

C'est clair aussi que c'est pas facile pour tout le monde de décrocher, surtout quand t'as bien accroché héhé... mais je pense que ça en vaut le coup, une fourchette de 4 à 8 mois clean (donc également sans tabac, mais comme je ne fumais plus que des joints au final, fuck off le tabac...) ça peut pas faire de mal au physique comme au moral.

Il y a aussi l'idée très junkiesque de perdre la tolérance au THC pour le plaisir d'une über-foncedé après des mois éprouvants... C'est je crois, avant tout une question de motivation: il faut VRAIMENT en avoir envie, et parfois on croit qu'on veut, mais en fait non... et bien entendu la discipline. J'ai encore beaucoup à apprendre là-dessus mais j'en ai déjà mille fois plus qu'autrefois... apprendre à doser raisonnablement un joint, à ne pas le fumer comme une clope, s'en tenir à un dodo splif quotidien au max si vraiment je tiens pas le sevrage... il est tout à fait possible que je me ramasse et que je retombe dans la bédave mécanique. Vous aurez le passionnant report de mon évolution au cours de l'année (ô joie! ^^)

PS: pas dormi because pas eu mes 20mg de Seresta, mais j'entends tellement de trucs sur les benzos que c'est peut-être pas plus mal.
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#23
De façon insidieuse.
- Es-tu envoûté ? alors assigne le citoyen à résidence crânienne sous ton propre contrôle comme si tu pouvais rétrécir toute la haine contenue dans cette région - William S. Burroughs
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#24
J'ai un rapport très modéré aux prods "durs" en général : presque jamais pris de psychés, quelques prises de DXM espacé de plusieurs mois très rarement des petits taz ...
Pareil pour la beuh, quand j'en ai pas ça me pose absolument aucun soucis et je vis ma vie très bien (pour l'instant on espère que ça va pas changer ) .

Par contre, dès que mon pochon est rempli ou que j'ai mon petit bout, j'ai beaucoup plus de mal à me restreindre fumant quasiment tous les jour et j'arrive pas trop à me limiter ce qui fait ben ... que mon pochon se vide beaucoup trop vite Sad

En plus quand je fais des joints j'ai toujours tendance à les charger le plus possible sur le prétexte que "après tout je peux le faire alors pourquoi me priver "

Après c'est un peu hors-sujet mais mon premier contact avec la drogue s'est fait quand j'avais 14 ans je n'avais alors jamais rien consommé . J'ai trouvé un vieux CD gravé de Trance sur lequel figurait le titre "LSD" de Halluginogen . Absolument fasciné par la musique qui fut une véritable révélation pour moi, j'ai fais mes petites recherches sur internet et j'ai avidement lu vos TR Big Grin Tout en sachant que je consommerais un jour mais que j'allais attendre de murir .
Tout fumeur rêve de disparaître dans ses nuages . -Tesson

Mes Trip reports :

Cannabis : http://www.psychonaut.com/thc/58045-spli...tions.html
Cannabis : http://www.psychonaut.com/thc/58134-prom...-beuh.html
DXM : http://www.psychonaut.com/dxm/58100-dxm-...ction.html
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#25
Kethrope je parle même pas de se défoncer que le week end ou en soirée on peut très bien se défoncer tout les jours de manière pas trop hardcore, en ayant une vie normal, et énormément de gens le font avec toutes sorte de molécules sans même s'en rendre compte parfois.
Le fait de savoir qu'on a un problème avec la drogue fait que déjà qu'on culpabilise moins après la conso, ce qui t'évites de tomber dans la spirale "putain je suis une merde -> autant me défoncer encore un peu plus" mais c'est aussi reconnaitre qu'on est faible face à la drogue et qu'on est obligé de se fixer des règles pour pas partir en couille.
Et je suis d'accord sur le fait de faire de pauses sur tel ou tel substances quand on y prend plus trop de plaisir, c'est important, mais c'est bien plus compliquer te faire une pause total de la défonce, généralement quand on fait une pause sur un produit on le remplace par un autre (enfin c'est mon cas en tout cas).

Sinon moi ce qui me motive à arrêter la beuh c'est evidemment le premiers joints que tu vas fumer et t'envoyer dans l'espace mais surtout les rêves de malade qu'on fait une fois qu'on arrive à dormir. Quand t'as pas fait 1 seul rêve depuis des mois voir des années et que là tu t'en prends plein la gueule toute la nuit ça m'épate à chaque fois. Et après quand je me lève je suis de bonne humeur, ce qui est rarement le cas quand je fume Big Grin
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