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After-Glow, Pleine Conscience et Masturbation Intellectuelle.
#1
Hey Coucou les Psychos ! Content de vous retrouver en même temps que notre chère plateforme d'échanges, j'espère que vous allez tous bien !! Big Grin

          Ayant eu une tendance à être taciturne, à garder les détails de mon "Investigation de la Vie" pour moi, j'ai décidé d'écrire, un genre d'endroit ou je lâche mes pensées sur bloc, aujourd'hui ayant un peu mieux compris ma timidité (qui est contextuelle) je continue tout de même à écrire, j'ai pu remarquer qu'en me relisant j'ai pu déceler des peurs et des besoins dont je n'étais pas conscient au moment ou j'avais écris ces lignes. J'ai souvent tenté d'écrire lorsque j'étais trippé, mais sans réel succès haha enfin vous pouvez imaginer qu'entre chaque mot vous pensez 5 phrases, établissez des liens entre 3 sujets pensé plus tôt, pensé que tu avais soif et que tu pourrais mettre un autre son de ta playlist... Bref pas très efficace ! 


          Ce week-end c'était Free-Party, j'ai drop 150mic de Tata Lucy , bien sympathique soirée , après être rentré chez moi un peu plus dans l'after-glow lysergique j'ai eu les idées en tête et l'envie d'écrire, l'intention, étais plus spontané que les dernières fois et j'ai trouvé le résultat intéressant et susceptible d'entamer quelques débats ! C'est pourquoi j'ai pensé vous faire part de ces notes ! Je retranscrit donc sur clavier ce que j'ai fais sur papier, je vous évites alors les fautes d’orthographes, les multiples ratures ainsi que les problèmes de syntaxes.


"Tripped Notes du 03/12/17   -   LSD 150µg 

Passer une soirée à avoir des idées aussi interressantes qu'objectives à apporter au cours des conversations, sans pouvoirs une seule fois synchroniser ces pensés avec ma bouche et donc participer comme je le souhaiterais aux débats... L'Horreur ! En même temps je me conforte en me disant que j'ai bel et bien matière à débattre si j'arrive à le faire sortir de ma tête haha !
Très bonne soirée, elle me donne beaucoup à réfléchir sur soi-même ! Merci les keupains ! <3

Bien assez parlé de moi ! Revenons à cette petite investigation de la Vie et de l'Univers !!

C'est devenu presque un rituel de prendre une bonne douche bien longue et bien chaude, prendre le Plaisir et le Temps ,si bousculé soit-il ,d'être simplement attentif à la moindre sensation perçue. Lors de l'after-glow du Lsd, ces sensations étaient comme amplifiées, sans pour autant être déformées. Avant de décider d’écrire ces lignes j'ai accomplis mon petit rituel, je profite de la fraîcheur de l’événement pour régurgiter quelques pensées à défaut de pouvoir les prononcer huhu

Ok, La pleine Conscience les gens !
Quand dans lors d'une fraction de seconde, en un geste pour me sécher les cheveux je peux sentir le frisson permanent de l'air du fait que je ne sois plus sous l'eau, la sensation de la serviette sèche sur ma main, la pression contre mon crane de la serviette sèche et encore rugueuse commençant à rebrousser mon cuir chevelu encore trempé de cette chaude douche, comme si je pouvais sentir chaque racines capillaire, commencer à sentir le changement d'état de la serviette de sèche et rugueuse à humide et plus lisse, sentir le changement d'état de mes cheveux de trempé à partiellement sec, le froid du tapid sous mes pieds ainsi que sa texture devenant elle aussi mouillée, la chaleur émanant de tout mon corps... J'étais pleinement dans l'instant, mes pensées s'étaient absenté un moment sans y avoir spécialement porté de l'intention ! 

Je suis d'avis de dire que le Lsd n'est rien autre qu'un énorme catalyseur, un état de conscience modifié à calquer sur notre état de conscience "naturel". Au moins.

J'ai ritualisé mes douches (trippé et surtout sobre du coup), j'ai induis une suggestion à mon inconscient, j'ai fais un mantra, un accord pour me rappeler de travailler la pleine conscience dans ce contexte précis.
Je suppose qu'il était normal que trippé, le mantras reste bien ancré dans mes habitudes et que le flot de pensées cessent pour laisser place à ce flot colossal d'information !


Je continuerais mon investigation !
Zoubi !"


 Je remets une couche sur l'importance du set & setting. Si il est facile de passer du coq à l’âne sous psychédélique il est aussi très facile de buter sur un cheminement de pensée. Si ma théorie à déjà été vérifiée ou qu'elle le sera un jour, il est donc possible de malencontreusement fixer votre attention sur un mal-être profond et que votre perception de réalité additionné au trip puisse vous en faire voir de toute les couleurs. Soyez dans vos baskets, et bien entourés ! 

Peace ! <3
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  • Couac, Laura Zerty
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#2
Ah l'afterglow du LSD <3
C'est surement ce qu'il y a de plus beau avec cette substance...
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#3
Va vraiment falloir que je me décide a écrire après mes trips. J'ai pris un vieux coup de pied au cul de Tata Lucy récemment et jpense que ça ferait un super tr ça aussi...
Sinon sur la pleine conscience je ressens beaucoup ca quand je fais mes exercices de respiration le soir au lit, ca m'aide a m'endormir et ca apporte un sentiment de plénitude ^^
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#4
Un bel AG d’acid, c’est une façon très agréable et apaisante de redescendre d’un bon trip. Jusqu’au prochain.
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#5
Les rituels c'est vraiment le cœur du truc pour moi. Très important. C'est la magie des gestes et des intentions, l'imaginaire qui envahit le quotidien pour lui insuffler une vie nouvelle, renouer avec l'ancestral ... Tout devient une étape, un moment de passage, un accès au sacrée. Une mélodie ou tout a du sens, et, comme tout ce qui touche a l'imaginaire révèle, on finit par le comprendre comme un language. C'est aussi pour cela que le chant s'y accorde parfaitement.

La présence de l'eau avec les psychédélique me parait aussi quelque chose de tout a fait naturel et harmonieux. Liquid state, dear.
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#6
Dans la bouffe y a des exhausteurs de goûts pour exacerber ses papilles, et dans l'esprit le LSD est un exhausteur de sens Smile
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  • Budshrooms
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#7
Très bonne initiative, Budshrooms !

Le coeur de tes notes, le paragraphe "OK, la pleine conscience", est super par sa profusion de détails de sensations précises.

Moi, je dirai plutôt que tu étais là dans un moment de pleine attention, de présence aux choses et aux sensations (tu le dis à la fin, d'ailleurs : "J'étais pleinement dans l'instant").

Plus on est attentif à notre environnement et aux perceptions et sensations qu'il nous suscite, plus on se sent pleinement vivant. Dans les psychés que j'ai testés, un de ceux que je préfère, c'est la psylacétine, le 4-AcO-DMT, et c'est précisément parce qu'il amplifie ma présence aux choses de façon très nette. J'en ai pris plus souvent au dosage sans effets visuels (20 mg) qu'avec (30 mg) -- alors qu'ils sont super, ces effets, avec quasiment tout qui "respire" où que tu regardes ! Smile

Tout devient plus "grave" au bon sens du terme : rien n'est ou ne doit être futile, le moindre phénomène perçu a un intérêt, il peut servir la réflexion et la consistance de "l'être-au-monde". Le truc qui m'avait le plus frappé, les premières fois, c'était l'exercice de cette gravité de présence quand, avec le ou les 2 potes (max) avec qui je trippais, on décidait de changer de pièce, ou d'aller dans le jardin. Là, de façon naturelle sous psylacétine, il ne fallait pas le faire de façon désinvolte. Tu quittes un endroit où il s'est passé des trucs, plutôt chouettes, tu prends 30 secondes, 1 minute, pour "rendre hommage", mémoriser un peu mieux ce qui s'est passé, etc. Et puis quand j'arrivais là où on avait décidé d'aller, pareil : sois présent à ce qui se passe, où sommes-nous, quelle est la "tonalité" du lieu, qu'est-ce qui est particulièrement chouette ici, on est venus pour y faire quoi, récapitulons...

Une bonne part du bénéfice apporté par les produits, j'aurais tendance à dire, est de stimuler ces sens de la présence et de l'attention, parce qu'on est tellement éloigné de la simplicité dans tout un tas d'aspects de nos vies quotidiennes qu'on a la tête bien prise, handicapée de l'attention.

oOo

J'aime bien que tu aies précisé "...à calquer sur notre état de conscience naturel". Parce qu'il me semble qu'il faut se déprendre de l'idée que le but à atteindre, ce serait quelque chose de distinct de notre état naturel, un état "surnaturel", ou autrement situé dans un au-delà d'un genre ou d'un autre.

Le but, c'est bien plutôt de retrouver le plus de naturel possible, de court-circuiter tout ce qui dans la vie moderne masque, handicape ce naturel. Il y a d'ailleurs aussi un chemin intellectuel qui y va, mais beaucoup beaucoup plus lent, of course. C'est Baruch Spinoza qui en donne le corpus de clefs le plus cohérent et réaliste.

La limite, l'état qu'on se dit qu'on aimerait bien atteindre, à ce compte-là, mais qui n'est pas réaliste, c'est ce dont tu as mentionné la tentation, là :


Citation :J'étais pleinement dans l'instant, mes pensées s'étaient absenté un moment sans y avoir spécialement porté de l'intention ! 


Ne pas penser analytiquement, c'est le privilège de l'animal. Ouuh, comment on peut l'envier, par moments ! J'ai trouvé une expression pour ce que nous leur envions : la "grâce d'être" (permanente). Une évidence et une fluidité -- nullement brouillées par des pensées analytiques parasites -- dans l'observation, la formation d'une intention d'action et sa traduction en action. Une perfection intentionnelle, gestuelle et le plus souvent dans l'efficacité de l'action.

Pour nous, c'est voué à être plus compliqué. Sad Smile On pourrait avancer qu'il s'agit de trouver le bon dosage, en soi, entre présence attentive au monde et pensées analytiques. Les substances psychoactives soigneusement sélectionnés y aident, mais il y a aussi du boulot hors substances. ;->
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  • Budshrooms, L'huitrerampante
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#8
(07/12/2017 16:10)Laura Zerty a écrit : Dans la bouffe y a des exhausteurs de goûts pour exacerber ses papilles, et dans l'esprit le LSD est un exhausteur de sens Smile

La beauté c'est que cette amplification des sens amène a une amplification du significatif. L'esprit est tout autant un sens et une extension du corps, ce qu'ils nous arrivent d'oublier tant nos pieds (mentaux!) ne touche plus l'sol. 

Citation :Ne pas penser analytiquement, c'est le privilège de l'animal. Ouuh, comment on peut l'envier, par moments ! J'ai trouvé une expression pour ce que nous leur envions : la "grâce d'être" (permanente). Une évidence et une fluidité -- nullement brouillées par des pensées analytiques parasites -- dans l'observation, la formation d'une intention d'action et sa traduction en action. Une perfection intentionnelle, gestuelle et le plus souvent dans l'efficacité de l'action.

L'homme est aussi doté d'une pensée magique et présente, une pensée symbolique qui ne se retire pas du monde pour le déconstruire mais plonge en son cœur et le fait vibrer de milles vies. C'est un mode de pensée plus proche de l'humain, de la réalité de sa conscience, de l'emotion, du floue entre le sujet et son environnement. C'est la poésie (ou mythopoétique), la pensée divine, fluctuation artistique continue Cool  

(bien sur l'un n’empêche pas l'autre - jusqu’à une certaine extrémité - nos ancêtres vivaient parfaitement dans le monde, plus que nous surement) (si ca en intéresse certain on peut mettre au point un thread mythopoétique, ou la raison est exclu et seul l'expression survit!)
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  • Couac, Lee-O
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#9
Merci d'avoir rebondi avec beaucoup d'éloquence et de production de sens bien organisé à mes propos, Omegoa ! Je "vibre" sans problème à ce que tu proposes, aussi bien dans ta réponse à LZ que dans celle que tu m'as faite.

J'aime beaucoup ton expression "...une pensée symbolique qui ne se retire pas du monde...", et y lis un écho, en plus éloquent et en plus "approche magique", à ma propre conclusion ("...il s'agit de trouver le bon dosage, en soi, entre présence attentive au monde et pensés analytiques").

Pour autant... Wink d'abord, en entamant ta réponse à ma proposition sur l'animal par "L'homme est aussi doté...", tu sembles défendre le point de vue selon lequel il n'y a pas de discontinuité entre l'animal et l'homme, pas de différence de nature. Ça me paraît faire bien trop fi de "la condition humaine". Cette condition, quelle est-elle, où s'origine-t-elle ? Elle s'origine bien sûr dans la pensée réflexive (la "conscience de soi" ou la "conscience" tout court), qui est à la fois un fardeau, parce que le temps que tu passes à réfléchir, tu n'es pas dans ton être et tu es même souvent en train de questionner ton être ; et aussi un vecteur de transcendance par rapport à l'être animal, permis précisément par ce questionnement incessant, qui ouvre sur le langage, la culture, la civilisation, le progrès pour tous.

Ensuite, la proposition "nos ancêtres vivaient parfaitement dans le monde, plus que nous sûrement" me semble pécher par idéalisation trop poussée : nos ancêtres n'étaient certainement pas aliénés comme nous le sommes par une urbanisation exacerbée et l'emprise excessive des technologies, ils étaient certainement dans un continuum, mettons, "animiste", qui projetait du sens (qu'on pourrait dire summum du "mythopoétique" Wink ) sur tout ce qui les entourait. Mais c'est ton "parfaitement" qui rend compte à mes yeux d'un idéalisme excessif assez manifeste, pesant à mon sens sur la force de l'argument avancé. (Tu retournerais y vivre, à cette époque, t'es sûr ?)

Après, ça dépend du but qu'on vise. Si c'est uniquement un but personnel, alors, en effet, confrontons nos expériences de prise de produits, pour échanger utilement sur une démarche commune aux psychonautes, et que chacun vise ce qui s'approche le plus de son paradis personnel riche en représentations singulières et libres, dans lequel on pourra (tenter infructueusement à court terme d')exclure la raison dans l'échange avec les autres.

Moi, je ne peux pas m'empêcher de m'inscrire dans une démarche ayant un but politique (au sens de tenant un discours dans la Cité visant à résoudre des problèmes non pas juste pour soi mais pour la collectivité).

Cela dit, si je mets cette perspective momentanément de côté, je dirai que tu en as dit suffisamment pour que je sois porté à tripper avec toi (nuance : le LSD est à mon index prohibitorum depuis... je sais plus quand, le reste, chuis ouvert) si l'occasion s'en présente ! Wink
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  • omegoa
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#10
(08/12/2017 22:36)Lee-O a écrit : Merci d'avoir rebondi avec beaucoup d'éloquence et de production de sens bien organisé à mes propos, Omegoa ! Je "vibre" sans problème à ce que tu proposes, aussi bien dans ta réponse à LZ que dans celle que tu m'as faite.

J'aime beaucoup ton expression "...une pensée symbolique qui ne se retire pas du monde...", et y lis un écho, en plus éloquent et en plus "approche magique", à ma propre conclusion ("...il s'agit de trouver le bon dosage, en soi, entre présence attentive au monde et pensés analytiques").

Pour autant... Wink d'abord, en entamant ta réponse à ma proposition sur l'animal par "L'homme est aussi doté...", tu sembles défendre le point de vue selon lequel il n'y a pas de discontinuité entre l'animal et l'homme, pas de différence de nature. Ça me paraît faire bien trop fi de "la condition humaine". Cette condition, quelle est-elle, où s'origine-t-elle ? Elle s'origine bien sûr dans la pensée réflexive (la "conscience de soi" ou la "conscience" tout court), qui est à la fois un fardeau, parce que le temps que tu passes à réfléchir, tu n'es pas dans ton être et tu es même souvent en train de questionner ton être ; et aussi un vecteur de transcendance par rapport à l'être animal, permis précisément par ce questionnement incessant, qui ouvre sur le langage, la culture, la civilisation, le progrès pour tous.

Après, ça dépend du but qu'on vise. Si c'est uniquement un but personnel, alors, en effet, confrontons nos expériences de prise de produits, pour échanger utilement sur une démarche commune aux psychonautes, et que chacun vise ce qui s'approche le plus de son paradis personnel riche en représentations singulières et libres, dans lequel on pourra (tenter infructueusement à court terme d')exclure la raison dans l'échange avec les autres.

Cela dit, si je mets cette perspective momentanément de côté, je dirai que tu en as dit suffisamment pour que je sois porté à tripper avec toi (nuance : le LSD est à mon index prohibitorum depuis... je sais plus quand, le reste, chuis ouvert) si l'occasion s'en présente ! Wink

Bah oui nos ancetres vivaient parfaitement dans la nature. Ils etaient nomades et a poils. Voila la perfection, pas très compliqué. La mythopoetique non plus c'est pas tres compliqué, c'est juste une pensée ou tout est mélangé. C'est une pensée plus active car plus creative, et ainsi, plus dans le moment present. On pourrait d'ailleur voir une contradiction dans le fait qu'integrer les symboles et les archetypes a la pensée diurne soit l'equivalent d'un present prononcé - on aurait tendance a les concevoir comme appartenant au passée. Ce serait donc la que vient jouer toute la perception, de mon experience juste, animiste. L'imagination est vivante et habite une dimension (inconscient si l'on veut l'appeler ainsi) en dehors du temps. Il est peut etre aussi que d'etre en contact conscient quotidien avec les archetypes nous permet de les reactualiser (ou plutot reincarné, car il faut les ressentir). 

En fait c'etait ma pensée de ce matin. Les pensées sont les nuages de l'homme, des formes ephemeres qui ne sont pas fait pour etre figé trop longtemps. Le fait de figer les pensées les denatures. Ca materialise l'esprit, l'enchaine a une temporalité qui n'est pas forcement la sienne. On assiste donc a une reduction de la conscience. L'Occident est assez imbus de lui meme et se croit d'une nouvelle espece avec son rationalisme bi-millénaires, séparé de l'Humanité mythique. Moi je pense que c'est le contraire par bien des aspects. Alors, bien sur, c'est immensement relatif et c'est ériger des definitions, mais la nature est d'une plus haute definition que tout ce que l'homme a crée. On assiste a une perte de dimension. 

(J'en proftie au passage pour tacler tout les scientifiques qui se paye la tete des platistes alors qu'ils passent leur vies dans le plat. Leur ordis, leur bouqins et leur villes. Moi aussi cela dit ...)

Ce mouvement de l'esprit vers la matière est traduit parfaitement avec la science, la science cherche a materialisé tout les concepts de l'esprit. A tout exterioriser. 

Recemment j'etait redevenue ce Moi eternel et ancestral et j'avais eu accès a cet tres etrange chose qu'est l'abandon. L'ephemere. Je vivais dans une abondance d'imagination réel et palpable, dans l'archaisme de la pensée, mes journées etaient symboliques et ponctuées de rituels. C'etait la mythopoetique pure, l'animisme comme je l'ai rarement connu. 

Quand l'on abandonne cette volonté d'exteriorisé - c'est a dire de se figer dans l'Histoire ou je ne sais quoi, la conscience penetre le monde. Plus besoin de stylo pour dessiner sur du papier, (quel technologies peu evoluées!), la conscience est l'encre et le monde, cette matiere infinie, son canvas. Le rationalisme - ou quel que soit le nom que nous ceuillons donner a notre mode perceptuelle contemporain - me parait mort apres tant de vie! Et l'experience psychédelique aussi est empreinte de cette iréalité hyperéel, parce que c'est la réalité de l'esprit qui connait ses limites et ainsi s'en affranchit, il plonge dans l'imagination. 

Je ne pense pas que l'idéalisation soit une ennemie. Pour moi la demarche scientifique, pleine de bon sens et de nobles intentions, est un peu loufoque. C'est incomprehensible 14 Milliards d'années pour nous. Meme une. Un temps linéaire aussi a un certain point. Ce qui importe c'est le resentie. Mais le ressentie est il fiable? Peut etre pas, mais en tout cas il est vraie, ou réel. Je bute sur les mots, les mots me butent. On idealise forcement, on crée des images mentales, c'est le propre de l'Homme, avoir peur d'accentuer cette capacité c'est avoir peur de nous meme. Moi je crois que si l'on accentuait ce processus d'imagination que l´on retrouve dans l'idealisation, tout irait bien. On pourrait etre amener a penser que l´imagination est un four-tout bordelique , et c'est le cas mais il y a de nombreuse couches. Et il y a une imagination divine. 

Cette imagination son origine aussi nous est inconnus, c'est notre heritage peut etre. Donc tout cela est vague. A quoi bon pretendre le contraire? ... Enfin, en vraie, tout cela n'est qu'idealisation sur idealisation batit sur la perte de la pensée magique de l'enfance et du traumatisme de la separation. 

Mais tes intuitions me semblent juste. Nottament sur le coté assez personnel de l'entreprise - personnel mais pas solitaire, on pourrait dire non antropomorphique (car quand quelqu'un s'efface dans l'eternité la communication semble vaine. Mais seulement car elle est deja pleinement accomplie, ou un truc comme ca). En ce moment je m'ancre plus dans mon collectif et la culture - d'ailleurs avec mes penchants artistiques j'ai toujours penché vers la communication. Mais abandoné ce desir si inherent ... Experience tres interessante. Limité forcement par le contexte - je ne vis pas a poil dans la nature (j'ai essayé dans la ville mais ca marche pas super avec mes bien aimés compatriotes). La transcendence de l'homme est bien etrange!

Je ne trippe plus Lee-O (c'est un mensonge a moitié), mais je te remercie de ta consideration! Et, oui, je retournerais vivre a cette epoque, tous nous y retournerons, cela arrivera dans longtemps. J'en ai eu des reminsicence, ou prescience. Peut etre etre de maniere differente a travers la technologie la prochaine fois. Qui sait ... 

:::-o-:::

Voila, un bon gros pavé d'exteriorisation. Imprimé sur la repliquation materielle de l'inconscient la plus avancé que nous ayons concu et qui cherche a preserver nos masturbation dans une fausse eternité. Prout.
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  • Lee-O
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#11
Cooool !... avant de "buter sur les mots" (on bute obligatoirement à un moment, ça fait partie du "fardeau"), toi, tu les fais sonner (et signifier) grave ! Smile 

Et dis donc, quand tu écris, "Récemment, j'étais redevenue ce Moi éternel et ancestral...", est-ce que je dois lire ça comme quand il m'arrive à moi, dans ce surcroît de féminisation généralisée ambiante, d'écrire au féminin un participe passé conjugué avec être à la 1ère personne, ou est-ce que tu es une fille ?  Dans ce dernier cas -- j'ai vaguement essayé de m'en empêcher, mais ça a pas marché --, est-ce que je peux te demander si tu es célibataire ? Big Grin

oOo

Je goûte fort tout ce que tu partages là en l'extériorisant, oui, et je comprends ta conclusion comme une admission que cela nous est indispensable, en dépit de tes propos gentiment maximalistes en sens inverse. Et si nous sommes ici en collègues psychonautes ayant collectivement pondu quelque 100.000 contributions (350.000 avant la transition récente), ça en atteste quand même un peu. Smile 

On en revient au fait-pivot : nous ne sommes pas (que) des animaux. La voie (Dao, hé hé) est différente pour nous. La réflexivité implique nécessairement d'objectiver autant de faits humains que possible pour les considérer avec un peu de distance et les faire passer au prisme de la raison pour en faire sens. On parle tous les deux, chacun depuis son "site" mais pour des considérations similaires, de la démarche d'articulation entre être/étant pour vivre et analyser pour faire sens (et c'est pas de la tarte !).

oOo

-= 1 - Exemple de l'articulation de l'intellectuel et du sensible en musique =-

J'ai un bon exemple tiré d'un champ artistique, dont on pourrait dire dans un premier temps qu'il va plutôt dans ton sens... et dans un second qu'il va aussi dans le mien : je suis musicien, et notamment guitariste, depuis longtemps.

Pour quasiment tout guitariste un peu sérieux -- sauf rares exceptions --, le parcours est long, et pendant pas mal d'années, l'intellectuel est très présent, trop présent. Tu es tenu d'assimiler les concepts associés au jeu, qui le sous-tendent. On parle de gammes, de tonalités, d'harmonie, etc. Quand tu t'en tiens à un sous-champ simple, le blues-rock, tu entends parler tôt de la "gamme pentatonique mineure" et ça peut rester longtemps une obsession (intellectuelle, qui coupe tant soit peu du sensible que doit être la musique). Quand tu apprends et pratiques des morceaux plus complexes, de jazz notamment, qui sont tout sauf des arrangements à juste "3 accords", ça intellectualise encore plus, genre, "Sur cette partie-là, pour chorusser, il faut jouer la gamme de Si bémol majeur, ensuite, tu passes à la gamme de Ré mineur, et puis tu reviens à Si bémol majeur".

En fait, tu es vraiment guitariste, tu joues vraiment quand tu parviens au stade où tu lâches prise avec l'intellectuel et où tu ne joues plus qu'au sensible. Tu as dépassé l'analytique (mais il t'a servi à t'installer dans cet art), les enchaînements d'accords te "parlent" intérieurement au niveau sensible, tes doigts ont fait tellement de gammes de toutes les qualités que c'est devenu une seconde nature, tu joues ce qu'il faut sans avoir à y penser.

Ça correspond bien à ce que tu dis de ta démarche. Mais 1) la longue préparation analytique est ce qui te fait faire le travail indispensable pour parvenir au stade ultérieur visé, et 2) il reste utile de pouvoir repasser par l'intellectuel quand il y a besoin : le "drive" sensible peut s'épuiser pendant le jeu à un moment, tu peux avoir une petite défaillance ponctuelle dans ce "drive", et à ce moment-là, c'est bien de rebondir en passant par l'analytique ("J'ai plus d'idées... c'est quoi la gamme à jouer, là, déjà ? Ah oui", boum, ça te relance). Et puis peut-être plus important encore : si tu n'as pas l'analytique, tu ne peux en rien discourir sur ce que tu fais avec tes collègues musiciens.

oOo

-= 2 - Post-modernité, perfection et béatitude selon Spinoza, dépassement de la linéarité du temps existentiel =-

Bien sûr que l'idéalisation "n'est pas une ennemie", au contraire. Nous avons besoin d'un horizon pour agir. Mais la démarche scientifique n'est pas non plus "un peu loufoque", arrête un peu. Articulation, dosage, continuité et cohérence d'intention entre les deux sphères, c'est de cela que nous parlons.

Tiens, en passant, le sens qu'on a mis dans "post-moderne" au départ (vers 1980), c'était ça et ça colle bien à ton exigence : on ne peut plus se permettre de continuer à mouliner aussi exclusivement dans l'analytique et le technologique toujours plus poussé, il faut se ressourcer au primitif. C'était clairement manifesté par une couverture d'un HS d'Actuel, début 80s : sur fond bleu roi, je crois, il y avait 2 figures valant nouveau bipôle dialectique : un satellite de communication en orbite et un Africain en tenue traditionnelle très chamarrée de cérémonie, dansant sa lance à la main. Depuis, tout s'est un peu plus embrouillé à chaque décennie, malheureusement.

Quand tu parles de "perfection", ça fait écho à ce que nous conseille et enseigne magistralement Baruch Spinoza. Sans le dire explicitement, parce qu'on pouvait être durement châtié pour ça à l'époque, mais en le signifiant assez clairement, il évacue le Dieu unique personnel et fonde la transcendance sans Dieu sur quelque chose dont nous faisons tous l'expérience, le "awe" -- l'émerveillement très impressionné -- face à ce monde, à cet univers, riche de tant de phénomènes, de tant de vie, de tant de sens, "incompréhensible", comme tu dis, et précisément pour cela vecteur de transcendance moderne. C'est le "panthéisme" sans "theos", ou plus justement avec un "theos" dépouillé de ses parasites mythico-rationnels datés, et rendu à son essence, l'enthousiasme de l'Homme dans ce monde de merveilles ("en-theos", "Dieu" est en toi  Smile ). Quand je me présente comme tel ("panthéiste"), j'ajoute maintenant le qualificatif "symbolique", pour bien marquer qu'il n'y a plus rien de surnaturel dans l'affaire, que tout ça n'est merveilleux que s'il y a un regard d'homme pour le voir et le représenter.

Dans cette vision existentielle, qui semble être la plus aboutie dans le cadre de notre flèche civilisationnelle dont tu doutes un peu, cette extase, qui nous met en état d'être le plus attentif et perceptif possible à tout ce qui nous entoure, débouche naturellement sur une notion de "perfection" : (toutes) les choses sont parce qu'elles sont et ne pourraient être autrement. À une époque, j'ai commencé à dire, "Tout ce qui est humain a du sens, tout ; rien n'est absurde". C'était encore trop restrictif. Tout a un sens, c'est-à-dire une bonne raison d'être, issu d'enchaînements causaux parfaits, y compris ce qui ne relève pas du phénomène humain.

Quand on accède à cette condition, Spinoza parle d'accès à la "béatitude".

Non seulement ça permet de dépasser la prépondérante part normalement pathétique d'une existence humaine, mais ça permet de dépasser aussi la perception linéaire de notre temps existentiel, comme tu y invites intuitivement. Pour me poser momentanément dans ton jardin : l'esprit humain est d'une puissance telle qu'il peut se ciseler la réalité subjective qu'il veut. (Exemple : mon fils cadet ne veut plus me parler ni me voir depuis 2 ans, ça pourrait être définitif, c'est cruel pour un père qui a fait son devoir, mais les quelque 18 ans de rapport quasi-idéal père-fils que nous avons connus me sont toujours intensément présents, logiquement plus que le non-rapport actuel [et avec les 120 cassettes vidéo-familiales tournées, c'est encore plus substantiel et avéré et présent que juste par l'imagination !]  ; d'autant plus que c'est la vérité dudit rapport, dont il est actuellement barré pour des raisons dans lesquelles je ne vis évidemment pas rentrer.)

Mais évidemment, pour ça, il faut faire cesser le monologue intérieur souffrant, l'obnubilation par le tragique humain...

oOo

-= 3 - La grâce humaine est à construire patiemment =-

...et ça ne peut se faire durablement que par un long travail, un "labeur", c'est ça, le coeur de ce que j'ai à te dire.

La grâce d'être animale ne nous est pas accessible, il est illusoire de vouloir "y retourner", la distance réflexive nous en barre définitivement (sauf à essayer de se lobotomiser au bon endroit, genre "bonne chance" !).

La grâce humaine, pour être plus que quelque chose qui te tombe dessus de temps en temps sans que tu saches bien pourquoi, est à reconstruire, petit rouage après petit rouage, patiemment.

Les substances, et notamment le LSD (pour me remettre a minima "on topic" Big Grin), peuvent nous offrir des raccourcis ponctuels pour aller voir à quoi ça ressemble et même l'éprouver vraiment momentanément, mais "there's no free lunch", y'a un long boulot hors substances à faire derrière pour y accéder durablement.

Et je témoigne que c'est réellement possible. Mais faut pas être trop pressé et faut être très sérieux dans cette quête tout du long. Wink

╰⊰⊹✿ ✿⊹⊱╮


(PS : Et toc ! Ma 100ème, elle est pour toi ! Cool)
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#12
Big Grin 
"La grâce d'être animale ne nous est pas accessible, il est illusoire de vouloir "y retourner", la distance réflexive nous en barre définitivement (sauf à essayer de se lobotomiser au bon endroit, genre "bonne chance" !)"

Il me semble que les choses peuvent être autrement. Les racines de l'Homme c'est ce cosmomorphisme, incarné l'animal ou l'autre, l'arbre et le vent, c'est toujours possible aujourd'hui. C'est la nature de notre conscience, il n'est pas question de retour mais de retrouvaille. En fait je ne pense vraiment pas que notre pensée, tout a fait schizophrène, nous écarte de cela. Les formes qu'elle peut prendre oui. C'est la ou je veux en venir avec la pensée archaïque/magique/symbolique de l'imagination divine. C'est une pensée sensoriel.

A mon sens cette pensée est pareil a une "grace animale", c'est une pensée qui est ancrée dans la vérité du corps. Les symboles sont juste des perceptions poétiques de phénomène physique réel, la seul chose qui est rajouté par dessus c'est la richesse émotionnelle propre a l'Homme et la perception holistique qui sous tend l'entreprise. A contrario, la manière que nous avons de parler en ce present moment est dénuée de cette forte empreinte qui fait surgir les contenus inconscients, leur presence vague et insaisissable. Cette pensée trop precise, trop analytique et trop reflexive qui n'applique pas a la forme meme de sa pensée les réalités qu'elle appréhende, est un déséquilibre. Un "trop". C'est l’électricité la nuit, c'est "trop", mal utilisé. Ce ne sont plus les flammes éphémères du feu dans les bois qui fascinent et fait danser (danse avec) les ombres. L’électricité abolit tout cela.

Tout ce que l'on est en train de faire c'est exposé nos points de vues dans des schémas de pensée au passif. Les formes symboliques de pensées, qui sont pourtant plus ancienne, sont contradictoirement créative et donc présente. Tu est dans la mort constante de ton identité. Car cet ego auquel on s'identifie ce sont nos schémas de pensées. Quand ces schémas de pensée se perturbent en spatialité et temporalité (qui fait que une seul et meme chose peut être une multitude a la fois), c'est une forme de dissolution de l'ego. C'est le royaume plus flou des ombres ou les formes se mêlent dans une orgie cosmique éternel sur lesquels veillent toutes les étoiles. C'est la nuit que la modernité a abolit.

oOo

Je suis en accord avec tout ce que tu développe dans ton 2. J'ajouterais que "L'absurde a un sens" ou "L'insensé est sensé". Et pour moi il en est ainsi de part une perception cyclique du temps, que tu as justement devinée. Le temps cyclique est pareils a la mort de l'ego, c'est accepté que la souffrance arrive inlassablement, que le contrôle nous échappe, que nous sommes soumis a la repetition inlassable de schémas immémoriaux. Ces schémas ont été appeler archetypes, ou perçus comme esprits et dieux (j'ajoute brièvement qu'a mon sens, niés l'existence des dieux et des esprits c'est comme niés le fait que l'on ait des ancêtres ou que l'on ait/est un ressentie émotionnelle, c'est absurde). Ces repetitions qui t'hypnotise te dépossèdent de ton identité.

oOo

"En fait, tu es vraiment guitariste, tu joues vraiment quand tu parviens au stade où tu lâches prise avec l'intellectuel et où tu ne joues plus qu'au sensible"

Je suis ancien grateux, je ne fonctionnait qu'a l'impro. Autant parce que c’était mentalement plus intéressant, être dans la constante creation et pousser les limites des constructions connus, autant parce que venait toujours ce moment de l'extase, ou je perdais les pédales et m’envolais foudroyé par l'inspiration.

Apres ce que tu dis sur la pensée analytique ... On en est limité a notre experience culturel. Qu'en serait il d'un être imaginé baignant dans un ressentie plus present et permanent. Sous LSD (retour d'aciiide!) j'avais l'oreille absolue, je pouvais bender les notes fausses en juste en un millième de seconde et voir les notes avant qu'elle arrive. C'est cela la folie, le don des dieux qui nous guide. Mais ca implique de perdre le contrôle, de se laisser foudroyer. L'inconscient est souvent imagé comme un océan, il faut se laisser flotter. C'est terrible car on a l'impression que l'on va couler, se faire submerger par tout cet étendu d'eau, étouffer. SI l'on se relâche pourtant, l'inverse se produit, le savoir universel coule en nous.

Simplement: si tu apprend directement a l'oreille et au feeling, ce travail de deconstruction tu n'en as plus forcement besoin, tu est dans la deconstruction perpétuelle. Et j'en reviens a mon point de vue que la pensée "trop" reflexive est limité par rapport a la pensée intuitive/instinctive (ce qui n'exclut pas qu'elle se complete). Encore une fois on en revient au sensoriel, a la vérité du corps. L'intuition c'est croire l'invisible, et donc croire son esprit (esprit qui "lit" le corps a une échelle subtile). C'est s'ancrer dans la technologie des "Dieux", ce corps qui fait partie de la nature. La science, il me semble, veut recrée une Homme hors de l'Homme, un Homme hors du monde (et je suis convainque que ca a a voir avec le christianisme, toute ces fantaisies de contrôle aiguës - car c'est cela, des maniaques du contrôle). Ca me parait quand meme très schizophrène, mais bon.

Je tiens a nuancé ma vision de la science. C'est tout a fait cyclique pour moi. Comme je l'ai avancé, il me semble que la technologie n'est pas un progrès mais une regression. On assiste a la naissance d'un microcosme, et au final il y a un retour dans le passé, dans le limité. Tout cela en attendant que la technologie rattrape l'organique et la conscience.

La musique ne ment pas mais la science oui. Pourquoi? Moi je sais :p

"Et dis donc, quand tu écris, "Récemment, j'étais redevenue ce Moi éternel et ancestral...", est-ce que je dois lire ça comme quand il m'arrive à moi, dans ce surcroît de féminisation généralisée ambiante, d'écrire au féminin un participe passé conjugué avec être à la 1ère personne, ou est-ce que tu es une fille ? Dans ce dernier cas -- j'ai vaguement essayé de m'en empêcher, mais ça a pas marché --, est-ce que je peux te demander si tu es célibataire ?"

Malheureusement pour toi, mes cheveux longs cache une couille, deux meme! Mon anima se manifesta. L'erreur me frappe. J'ère et m'effondre!

~~~

Voila, un autre gros caca, et des faussetées que l'on regarde avec les fossettes tordus d'un rictus a faire danser les morts.

"Là ou ça sent la merde, ça sent l’être"
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#13
Merci pour vos feedback ! Je pense avoir une potentielle activité future lors de mes prochains after-glow chill héhé !

Je rajoute qu'a ces moments de conscience modifié je consomme dans un esprit "utile" plutôt que récréatif. Je profite de ce catalyseur pour etre plus attentif à mon environnement, extérieur ou intérieur. Dès le début du trip "j'exerce" un intention, une "force" , je Demande grossièrement sur quoi je veux porter mon intention. En ce moment je travail énormément sur la Communication Non-Violente (Pour les Néophytes et les sceptiques du pouvoir de la bienveillance allez potasser un peu la méthode ! bisous de hippie) alors j'essaie de l'appliquer, je remarque comment les gens échangent et commence à trouver une certaine utilité au rôle de médiateur quand un conflits éclates par manque de communication ! Bref je travail dessus au quotidien. La soirée précédent le tr je l'ai donc passée à écouter et observer les gens, de temps en temps changer de lexique lorsque deux personnes ne se comprenaient plus lors d'un débat, tâcher de rester objectif coûte que coûte lors de l'échange (ce qui à rendu le trip très Terre à Terre, baigné d'objectivité d'ailleurs).

(07/12/2017 18:54)Lee-O a écrit : Une bonne part du bénéfice apporté par les produits, j'aurais tendance à dire, est de stimuler ces sens de la présence et de l'attention...

Pour le coup totalement d'accord, j'ajouterais que la maîtrise du dosage permet de garder un contact avec notre manière naturelle de percevoir et de penser.

(07/12/2017 18:54)Lee-O a écrit : J'aime bien que tu aies précisé "...à calquer sur notre état de conscience naturel". Parce qu'il me semble qu'il faut se déprendre de l'idée que le but à atteindre, ce serait quelque chose de distinct de notre état naturel, un état "surnaturel", ou autrement situé dans un au-delà d'un genre ou d'un autre.

C'est ça, je pense que nous n'inventons rien. Que c'est une manière plus "sensible" de percevoir l'information, une pensée analytique empruntant un circuit de pensée différent, en même temps suivant le même procédé d'analyse. Comme un catalyseur, mais nous écoutons si peu notre monde intérieur que lorsqu'il est amplifié il en deviens totalement abstrait, tantôt merveilleux, tantôt terrifiant.

(07/12/2017 18:54)Lee-O a écrit : Le but, c'est bien plutôt de retrouver le plus de naturel possible, de court-circuiter tout ce qui dans la vie moderne masque, handicape ce naturel. Il y a d'ailleurs aussi un chemin intellectuel qui y va, mais beaucoup beaucoup plus lent, of course. C'est Baruch Spinoza qui en donne le corpus de clefs le plus cohérent et réaliste.

J'ignore si c'est le But en tout cas je connais peu de gens ayant réchapper à cette écoute "forcée" matérialisée par des hallucinations haha Genre de remise à plat partielle de notre existence. Pourtant il dois y en avoir ! Le intentions de chaque personnes sont aussi diverses que le phénotype diffères, je suppose que ça explique pourquoi tous nous avons notre perception propre des psychédélique et que nos trip soient si différents par leur forme. En même temps je pense que leur fond reste le même !

C'est intéressant ce que tu dis là ! Qu'entends tu par "cheminement intellectuel ? Est-ce en rapport avec les 3 Cerveaux ? (reptilien, lymbique, neocortex?) ou bien des "3 Etats du Moi" ? (L'Enfant, l'Adulte, le Parent ?) Smile


Hahaha je n'arriverais pas à vous suivre dans le reste du débats par manque de clarté dans mon esprit et par manque de vocabulaire x)
En deux mots je dirais que l’ego n’empêche pas la "touche divine", l’ego n'est qu'une suite d'accords fais avec notre inconscient tel que "quand je mets ma main dans une flamme je me brûle" ou " ma nana m'a largué, c'est toute des sal***" sont des accords. Dans ce contexte que dirais que cet ego est notre Moi présent. Seulement selon les accords passés, les "leçons" tirée de nos expériences, nous entretenons ou non ces accords (les bouddhiste aimes parler d'un jardin dans lequel nous cultivons nos pensées en arrosant ou non les graines de nos intentions). L'ego serais grosso-modo un " filtre " de la résultante de notre phénotype, ici et maintenant. S'en débarrasser ? Pour quoi faire ?! Notre Dao nous donne une conscience capable de choisir notre réalité ! L’énergie et l'intention dégagé par cet ego est bien trop précieux pour s'en défaire je trouve ! Je préfère l'accepter, apprendre à transformer cette énergie à pensée et en actions utile !
Pour ma part je n'exclu pas cette touche divine que tu évoques Oméga, très friands des cultures ésotérique je reste malgré tout très pragmatique. En même temps de mon expérience de la pleine conscience, de la connaissance de soi je n'exclu pas un possible "champ de conscience partagé" par tous, un pointé du doigts d'une Entité Créatrice sur notre front, mais si Entité il y a, je doute qu'elle nous apporte ponctuellement dans la vie, cette touche divine serais constamment en nous, simplement mal utilisée !
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#14
(18/12/2017 19:25)Budshrooms a écrit : J'ignore si c'est le But en tout cas je connais peu de gens ayant réchapper à cette écoute "forcée" matérialisée par des hallucinations haha Genre de remise à plat partielle de notre existence. Pourtant il dois y en avoir ! Le intentions de chaque personnes sont aussi diverses que le phénotype diffères, je suppose que ça explique pourquoi tous nous avons notre perception propre des psychédélique et que nos trip soient si différents par leur forme. En même temps je pense que leur fond reste le même !

Je pense qu'il y a plusieurs buts et pas qu'un but lorsque l'on trippe, y en a qui le font pour se divertir et kiffer, d'autres pour se concentrer dans une optique de travail, d'autres pour expérimenter dans une recherche personnelle, à partir de là elles sont toutes respectables tant que l'usager s'engage à fond dans sa démarche, et l'assume complètement.

Pour ce qui est de la voie introspective, il y a des degrés d'introspection propre à chacun dans le sens où tout individu n'est pas prêt à vivre autant de désillusion qu'un autre, et faudrait aussi voir quelles désillusions, selon les trois états du moi que tu citais. Selon son état d'esprit et son humeur changeante, son enfant intérieur aura peut être plus ou moins de mal à accepter telle vérité que l'adulte, alors que le parent l'aurait admis facilement. A partir de là on peut jongler entre ses instances, et c'est tout l'art du dialogue intérieur et des changements de points de vue sur soi, que d'ouvrir des perspectives dans son esprit en prenant du recul sur sa personne.

Nietzsche t'aurait demandé quelle dose de vérité peux-tu supporter ? Quand Spinoza t'aurais dit que tu ne sais pas ce que peut ton corps...alors t'imagine sous influence d'un psychotrope en plus ?

Toute la dialectique entre ses instances psychiques, son dialogue intérieur, pourrait résider dans ses deux citations, qu'on pourrait reformuler en une seule en se demandant :

Quelle dose de vérité notre corps peut montrer à voir à notre esprit, et à quel point son esprit et sa petite raison est capable de supporter la grande raison du corps ?

Il y a un moment où ton ego est à court d'illusion, et alors ton moi ne protège plus l'intégrité de ta personnalité de ses angoisses et de son propre néant. Commence alors le morcellement de ton identité, et ceux qui sont allés jusqu'au bout du chemin sinueux n'en sont pas revenus. Nietzsche y est resté, Spinoza aussi dans un sens, et pour ce qui est des consommateurs d'hallucinogène, l'exemple de Syd Barrett est des plus significatifs...

La vérité peut cramer un esprit.
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#15
Tout à fait, c'est que je voulais expliquer par "différence de phénotype", ce sont ces facteurs du caryotype et de l'environnement qui diffère forcément quelque part (même si le caryotype est identique dans le cas de "parfais jumeaux", l’environnement apportera ces différences de perceptions,d'expérience, d'accords, de pensées, d'actions, de buts, de chemin..

Pour le coup je ne crois pas que le psychédélique changera la façon de "jongler" avec ces états du Moi, qu'au moment ou tu percevras X expérience, sobre ou trippé, si tu as naturellement une tendance à laisser ton Enfant intérieur s'exprimer plus que l'Adulte ou le Parent ce sera toujours le cas même trippé, seulement la perception lors de cet état de consciences modifiés sera changée (peur exagérée, parano de dingue ,comme des éclats de rire, de l’émerveillement, de l'enthousiasme pour quelques choses qui semblerais dérisoires sans cette sensibilité sans un travail profond d'écoute de Soi.

Je pensais aux dosage de la substances hein ! Tongue A chacun son dosage bien entendu, dans mon cas par exemple, dépassé 150mic de LSD il m'est impossible de communiquer ce qu'il se passe dans la cabesa, le temps de prononcer 1 phrase mes pensées en ont pondues 3, quand je peux dire la 2eme phrase j'entame la 4eme dans mon esprit enfin 'voyez le topo x)

J'ai du mal à te suivre dans ton raisonnement à la fin ! Le jour ou mon ego est à cours d'illusion c'est que je serais en harmonie avec mes mondes intérieurs et extérieur, la sphère matérialiste et la sphère spirituelle en parfais équilibre, puis je ne crois pas qu'il soit sage de s'attacher à une identité qui évolue à chaque instant alors j'ai du mal à m'imaginer ce morcellement ! Qu'entends tu par là ? Smile
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#16
(07/12/2017 11:53)omegoa a écrit : La présence de l'eau avec les psychédélique me parait aussi quelque chose de tout a fait naturel et harmonieux. Liquid state, dear.


Peut-être parce que l'acide (dans les conditions adéquates) nous connecte à l'autre côté, l'ambiance du plan astral étant clairement aquatique.

"For life and death are one, even as the river and the sea are one." - Khalil Gibran
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#17
(19/12/2017 15:34)Budshrooms a écrit : Je pensais aux dosage de la substances hein ! Tongue A chacun son dosage bien entendu, dans mon cas par exemple, dépassé 150mic de LSD il m'est impossible de communiquer ce qu'il se passe dans la cabesa, le temps de prononcer 1 phrase mes pensées en ont pondues 3, quand je peux dire la 2eme phrase j'entame la 4eme dans mon esprit enfin 'voyez le topo x)

J'ai du mal à te suivre dans ton raisonnement à la fin ! Le jour ou mon ego est à cours d'illusion c'est que je serais en harmonie avec mes mondes intérieurs et extérieur, la sphère matérialiste et la sphère spirituelle en parfais équilibre, puis je ne crois pas qu'il soit sage de s'attacher à une identité qui évolue à chaque instant alors j'ai du mal à m'imaginer ce morcellement ! Qu'entends tu par là ? Smile

Ah oki tu parlais plutôt de dosage.

Sinon je parlais d'ego à court d'illusion dans le sens où tu ne te projettes plus dans ton moi conscient, en gros tu n'as plus de sentiment d'exister en te percevant mentalement, dans l'image que tu te fais à un point donné. Ta personnalité étant tes attitudes et comportements récurrents dans tous les moments donnés qui constituent une journée ou la vie toute entière.

Le morcellement dont je parle c'est la perte d'identité, la perte d'ego sous trip quand on se sent totalement dissocié et qu'on fait nawak, ou qu'on pense des trucs trop chelous. On ne se reconnait plus quoi. T'as peut être déjà vécu ce sentiment d'étrangeté qui vire à la bizarrerie complète, où tu ne reconnais plus rien, et que tu as l'impression de ne plus exister, genre ton corps ne t'appartient, et d'ailleurs quand tu te cognes contre un meuble, tu ne ressens plus rien. Dans un sens tu as perdu quelques illusions parce que ton ego est parti faire un tour ailleurs, avec ton esprit et sa raison. T'es plus qu'un pantin sans personnalité, complètement désorganisé.

Dans ces moments là tu essayes coûte que coûte de rattacher à ton identité quand tu reviens à toi quelques instants, avant de repartir dans le bordel du trip Smile
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#18
Bon, j'ai du retard à rattraper !

Omegoa a écrit :A mon sens cette pensée est pareil a une "grace animale", c'est une pensée qui est ancrée dans la vérité du corps. Les symboles sont juste des perceptions poétiques de phénomène physique réel, la seule chose qui est rajoutée par dessus c'est la richesse émotionnelle propre a l'Homme et la perception holistique qui sous tend l'entreprise. A contrario, la manière que nous avons de parler en ce present moment est dénuée de cette forte empreinte qui fait surgir les contenus inconscients, leur presence vague et insaisissable. Cette pensée trop precise, trop analytique et trop reflexive qui n'applique pas a la forme meme de sa pensée les réalités qu'elle appréhende, est un déséquilibre.

1) Quand tu écris "la seule chose qui est rajoutée", je trouve que tu fais une impasse totale sur la culture, alors que la généalogie de la nôtre remonte à 2500-3000 ans, 100 générations d'ancêtres, ça fait un méga-millefeuille de couches culturelles dont les traces sont sédimentées en nous.

2) Si "la manière que nous avons de parler en ce moment est dénuée de cette forte empreinte" humaine, c'est d'abord à cause de cette sècheresse de l'échange écrit, que nous essayons de "mouiller" de manière rudimentaire à l'aide d'un petit ensemble d'icônes très étriqué. Dès notre premier échange, je t'ai dit franco, "Let's get together!" (avec mon enthousiasme habituel de totem Chien), pour voir un peu quelles grâces humaines nous pourrions co-produire ensemble et dépasser ce "dénuement". Smile

Omegoa a écrit :J'ajouterais que "L'absurde a un sens" ou "L'insensé est sensé". Et pour moi il en est ainsi de part une perception cyclique du temps, que tu as justement devinée. Le temps cyclique est pareils a la mort de l'ego, c'est accepté que la souffrance arrive inlassablement, que le contrôle nous échappe, que nous sommes soumis a la repetition inlassable de schémas immémoriaux.

Moi aussi, j'étais en accord avec cet écho consonant et complémentaire que tu as fait à mon 2. Une de mes façons de conjurer en large part le tragique vécu, c'est en effet de reconnaître distinctement que sous une déclinaison ou une autre, le tragique considéré a été éprouvé par tous les hommes avant moi, en gros. Encore mieux -- et ça devrait te plaire : quand, en plus, je me rends compte que le tragique personnel qui m'occupe est tout à fait analogue à un noeud relationnel archétypal ayant fait l'objet d'une tragédie grecque (au hasard Wink ) ou d'une oeuvre marquante un peu plus moderne, alors là, c'est encore mieux : il n'est plus (ressenti comme) tragique, ce noeud, il est juste humain et par lui, j'ai une sacrée généalogie prestigieuse, en quelque sorte. Smile

Bon, après, "L'absurde a un sens", c'est trahir la langue et manquer de sérieux avec ses interlocuteurs, surtout balancé sans un mot de commentaire. (En passant, je mets ma casquette d'étymologue : c'est "ab-surdo", c'est-à-dire prononcé par un sourd, à des époques où il n'y avait ni langue des signes codifiée, ni implants cochléaires ;>). Ou dit autrement : j'ai précisé que, d'expérience, il me semble pouvoir affirmer que "Tout a un sens" (et on peut très bien discuter juste de ce point pour l'éprouver, à l'occasion). Ça implique que l'absurde n'existe pas, en réalité. C'est peut-être pour ça que je ne vois pas ce que tu veux dire. Wink

Omegoa a écrit :Je suis ancien grateux, je ne fonctionnais qu'a l'impro. Autant parce que c’était mentalement plus intéressant, être dans la constante creation et pousser les limites des constructions connus, autant parce que venait toujours ce moment de l'extase, ou je perdais les pédales et m’envolais foudroyé par l'inspiration.

J'ai rencontré en début d'année un gratteux de 50 ans qui pouvait jouer plutôt bien différents styles et avec qui on avait bien boeuffé la 1ère fois. Et puis la 2e fois, je lui ai présenté une suite d'accords groovy et originale à boeuffer éventuellement, et là, il m'a dit : "Ah non, là dans un de tes accords, il y a quelque chose qui ne sonne pas bien, vraiment". J'étais un peu étonné de sa réaction, je lui ai demandé de m'expliquer ce qui n'allait pas, et non, il ne pouvait pas expliquer, juste ça sonnait pas bien pour lui. Alors je lui expliqué assez exactement ce qu'était cette suite d'accords (3 accords simples de la forme blues, I, IV et V, mais abordés avec une "sus 4" se résolvant tout de suite en 3re majeure, ce même schéma sur les 3 accords, harmonieux structurellement). On aurait dit que pas un seul mot de ce que je lui expliquais ne lui parlait. Franchement, pendant un très long moment, j'étais sur le cul, après ça, et je n'avais plus envie de jouer. Je venais de rencontrer pour la 1ère fois de ma vie un guitariste qui n'avait pas un poil de connaissance musicale ; je ne pensais pas que ça pouvait exister. ;>

C'est ton cas aussi ? Pour moi, la musique est faite pour être jouée à plusieurs (ah tiens, ça me fait penser, j'ai au moins un boeuf enregistré il y a 40 ans où on était 4 ou 5 et tous à l'acide, faudrait que je me le ressorte !). Ne pas s'être cultivé de façon à pouvoir échanger intellectuellement avec les autres musiciens, ça permet très très peu de jouer à plusieurs.

Omegoa a écrit :si tu apprend directement a l'oreille et au feeling, ce travail de deconstruction tu n'en as plus forcement besoin, tu est dans la deconstruction perpétuelle.

Il ne s'agit pas de "déconstruction" mais de "construction". Celle du langage permettant de parler de la musique pour aller plus loin à la fois dans sa pratique personnelle et dans le jeu avec les autres. Toi, tu me sembles parler d'une pratique musicale qui est vouée à être largement (sinon exclusivement, car c'est sûr qu'on peut toujours délirer à plusieurs et vaille que vaille !) solipsiste.

Le fond du truc : je pensais en parler à Budshrooms pour répondre sur "cheminement intellectuel", mais ça peut aussi te répondre à toi :

L'analytique est incontournable pour se faire le récit de ce que l'on vit et en fixer une part dans la mémoire créative et d'expérience. Il sert aussi à étudier la logique de ce qu'on a pu éprouver afin, si l'expérience a été très positive, de pouvoir plus aisément en retrouver le chemin plutôt que de s'en remettre à chaque fois aux hasards de la grâce immanente.

Une image pour l'illustrer : tu cherches à atteindre un site dont tu es séparé par un précipice. Grâce à ton "mojo", ton sens intuitif aiguisé, ta connaissance sensible poussée du lieu en général et du site visé en particulier, tu es capable de te dépasser pour parvenir à sauter par-dessus le précipice et atteindre le site. Mais tu ne peux pas prétendre, de cette manière, y retourner à tout moment où cela te semblerait propice. Il y a le vent, qui joue, voire le reste de la météo ; ta capacité physique du moment ; ton état psychologique du moment, etc. Je pars du principe que tu sais quand les éléments sont favorables et que tu ne t'y risques pas quand ils ne le sont pas. Mais d'autres n'auront pas cette sagesse, peut-être, et le choc sera rude au fond du précipice.

Ce que recouvrait notamment ma mention d'un "cheminement intellectuel" aussi, appliqué à cette métaphore, ça consiste à faire tout le patient travail qu'il faut pour jeter une passerelle entre ton site et le site plus ou moins extatique voulu. Et ainsi pouvoir le revisiter à chaque fois que c'est le "keiros", sans dépendre de circonstances extérieures.

Je suis également obligé de mentionner ta maîtrise très poussée de la langue et d'un discours analytique aux autres, pour te rappeler que tu as beaucoup plus de compétences intellectuelles et analytiques qu'on croirait à lire tes plaidoyers ! Wink Elles te font souffrir, ou quoi ? Tu veux t'en débarrasser ? Big Grin

La pleine humanité, c'est de parvenir à être tendu sur toute l'extension qui va du sensible à l'intellectuel, qui va de la joie au tragique, qui va du grain de sable que nous sommes dans l'univers à la conscience de son immensité incommensurable ( = la seule vraie transcendance sans Dieu).

Ça m'attriste quand je lis trop de discours manifestant l'ardent désir de s'amputer d'un de ces pôles parce que, ouh la la, c'est trop fatigant, j'en peux plus, etc.

oOo

Budshrooms a écrit :J'ignore si c'est le But en tout cas je connais peu de gens ayant réchapper à cette écoute "forcée" matérialisée par des hallucinations

Cool que tu sois revenu répondre ! Et ça confirme que nous sommes en phase sur pas mal de trucs. À propos "du but", puisque c'est vrai que j'en ai parlé au singulier, LZ a aussi ajouté quelque chose :

Laura Zerty a écrit :Je pense qu'il y a plusieurs buts et pas qu'un but lorsque l'on trippe, y en a qui le font pour se divertir et kiffer, d'autres pour se concentrer dans une optique de travail, d'autres pour expérimenter dans une recherche personnelle, à partir de là elles sont toutes respectables tant que l'usager s'engage à fond dans sa démarche, et l'assume complètement.

Bon, à la fois je ne vais pas dire le contraire, bien sûr qu'il y a différents buts poursuivis par différents adeptes...

...mais je vais répéter, car tu ne le peux probablement pas, LZ, presque voué à reproduire la doxa relativiste sans âme du temps, qu'il y a un usage qui peut être dit le plus utile de tous, donc à privilégier, et c'est celui dont je parlais : utiliser les substances pour mieux se découvrir dans son être, pour être plus présent aux choses, attentif à chaque parcelle de sens et de beauté, etc.

Bon, OK, il faut que jeunesse se passe et les hallus ou autres puissants effets visuels, c'est marrant au début. Mais ça n'est certainement un bon but dans la durée, c'est plutôt un dévoiement.

Budshrooms a écrit :C'est intéressant ce que tu dis là ! Qu'entends tu par "cheminement intellectuel ? Est-ce en rapport avec les 3 Cerveaux ? (reptilien, lymbique, neocortex?) ou bien des "3 Etats du Moi" ? (L'Enfant, l'Adulte, le Parent ?) :Smile:

Merciii ! Smile

Comme tu as vu, j'ai commencé à répondre à LZ et toi conjointement sur ce que j'entendais par là : construire par l'intellectuel, en te "repérant" grâce aux expériences sensibles vécues, une voie que tu pourras réemprunter pour retourner à l'expérience souhaitée. Et même, une fois ce chemin construit dans de très large proportion, "habiter" (ou peut-être plutôt "être habité", mais c'est un peu pareil) pour partie en permanence ladite expérience.

Pour le reste, depuis le début, je suis un esprit indépendant qui trace sa route en regardant bien autour, mais sans besoin d'aller chercher moi à quatorze heures, c'est inutile, je sais où il est (mais bien sûr, il a fallu des décennies pour bien le voir), il est à midi, dans le sens de la marche et du soleil. Smile

Alors les formules réductrices à l'Américaine (ils adorent réduire tout sur le mode "les 3 P" [Power, People, Profit], etc.), ou même trop nombreuses venant de chez nous, ça n'est pas mon truc. Les topiques de Freud, dont surtout la dernière (Moi, Surmoi, Ça), ou celle de Lacan (Imaginaire, Réel, Symbolique) -- et encore, rien qu'en l'écrivant, je me rends compte que je m'en sers très peu souvent...

Après, c'est moi qui ai bricolé mes dispositifs et je n'ai jamais ressenti le besoin qu'ils épousent la proposition d'untel ou d'unetelle. Dans l'enfance, le dialogue intérieur était juste à deux voix, ça suffisait : l'enfant et le sage (rudimentaire, mais clair sur les fondamentaux).

Quand pendant 20 ans, je me suis passé à mon tribunal intérieur pour savoir "si j'étais un monstre" (pour désirer ardemment prendre des femmes par tous les trous !), il y avait plus de voix, bien sûr : le mis en examen, le procureur, l'avocat et le juge, au moins.

Bushrooms a écrit :En deux mots je dirais que l’ego n’empêche pas la "touche divine", l’ego n'est qu'une suite d'accords fais avec notre inconscient tel que "quand je mets ma main dans une flamme je me brûle" ou " ma nana m'a largué, c'est toute des sal***" sont des accords. Dans ce contexte que dirais que cet ego est notre Moi présent.

Il n'est peut-être pas inutile que je précise que depuis l'enfance, je sais très bien "où j'habite", d'où je viens et que c'est un point fixe subjectivement précieux : je suis le produit de notre civilisation judéo-chrétienne-gréco-romaine, et mes racines sont dans cette culture à vie, je m'attache ainsi à les enraciner le plus profondément possible en elle pour que mes branches montent au plus haut vers le ciel.

Les années 60 ont été désorientantes pour pas mal de monde. Beaucoup ont arraché une part de leurs racines de façon à mon avis mal inspirée ; parce que quand on croit qu'on habite ailleurs que chez soi, en général, on ne retrouve jamais de vrai hâvre (j'admets les exceptions, bien sûr, je parle des généralités). Ça s'est fait surtout à l'initiative des Américains, des Californiens, parce que eux, alors, les racines ils en ont perdu la moitié il y a 2-3 siècles et ça les fait souffrir depuis (au point, par exemple, d'importer pierre par pierre de belles demeures anciennes européennes pour les installer là-bas !). Ces Américains désorientés ont importé le bouddhisme sans énormément d'esprit, évidemment, et en ont fait une espèce de lingua spiritualica bidonista, ;> avec plein de "keywords" -- MT, ego, etc. -- qui n'ont pas énormément de sens, mais composent une espèce de berceuse qui calme un peu les affres de la condition humaine.

Il y a plein de bouts de sagesse super dans les spiritualités asiatiques, des concepts, des idées, des inspirations auxquelles notre civilisation ne pouvait accéder. Le Dao, son superbement parlant et juste symbole du Yin/Yang, etc. Je m'en saisis avec joie et pour de réels bénéfices, mais il n'a jamais été question de me noyer dans la spiritualité de l'autre ; l'accrétion, la syncrétion, elle est à faire sur le site de mes racines et pas ailleurs.

Tout ça pour dire, que quand je lis des phrases où il y a plusieurs fois le mot "ego", et qu'on n'est pas en train de parler du "Moi" freudien, sous éclairage freudien, moi, je ne sais pas trop de quoi on parle, d'autant qu'il y a en général à côté d'autres termes qui ne me parlent pas, voire des références à des vies antérieures... et là, bon... Wink

oOo

Laura Zerty a écrit :Pour ce qui est de la voie introspective, il y a des degrés d'introspection propre à chacun dans le sens où tout individu n'est pas prêt à vivre autant de désillusion qu'un autre,

Le morcellement dont je parle c'est la perte d'identité, la perte d'ego sous trip quand on se sent totalement dissocié et qu'on fait nawak, ou qu'on pense des trucs trop chelous. On ne se reconnait plus quoi.

Oui, bien sûr, ton "caveat" est juste : tout le monde ne peut pas soutenir de "descendre aux enfers" de la vérité nue de ce qu'il a traversé. Et la structure du "refoulement" consiste en effet à édifier une dalle en béton de convictions et de vécu "révisionniste" pour ne pas souffrir des désillusions.

Sur ton deuxième propos, tu sais -- on en a pas mal discuté substantiellement -- que je ne crois absolument pas que les expériences dissociatives aident à avancer sur le chemin de sa quête et plutôt qu'elles y nuisent.

oOo

Voilà, je crois que je n'ai oublié personne, mais ça fait copieux, c'est sûr -- quand on parle, on parle ! Big Grin
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#19
Je ne promeut pas les expériences dissociatives, j'essaye juste de m'appuyer sur les notions de clivage et de dissociation pour comprendre ce qui advient de l'esprit sous trip, c'est l'approche que j'ai choisi parmi toutes les autres pour expliquer des mécanismes psychiques qui m'intéressent. Maintenant mon point de vue est que toute expérience psychoactive est dissociation, est un clivage intérieur, comme ce dualisme que tu présentais en parlant d'enfant et de sage en soi.

Le dialogue intérieur se fait entre des instances s'affirmant au travers d'un clivage naturel, et qui peut être exacerbé sous influence d'un produit, lorsque son propre point de vue change au fil de l'évolution du trip, et selon ses humeurs. Je sais bien que l'expérience dissociative peut rendre tout flou et superficiel en désorientant l'usager, mais elle peut aussi tout rendre lucide et permettre une prise de recul un peu plus objective qu'à la normale, en ouvrant des perspectives dans son esprit. Mais tkt j'ai bien compris que t'avais un truc envers les dissos Smile et puis c'est connu que pour s'y retrouver en soi, il ne faut pas s'y perdre avant, et la traversée du désert en solitaire n'a jamais aidé personne...

Pour ce qui est de l'utilité de tripper de telle ou telle manière, je pense que tu idéalises l'aspect utilitaire en l'intellectualisant trop justement. Tu le privilégies comme si c'était le saint graal, et ce peut être parce que tu recherches du profit ou un sens absolu d'en le fait de tripper. En tout cas je me dis que le gars qui n'en a rien à secouer de la quête de soi, n'a aucun intérêt à se prendre la tête afin de savoir qui il est, parce que si son kiffe c'est de se laisser aller et se détendre en se droguant (sans abus répétés), ça lui sera d'autant plus profitable et donc utile de planer en se divertissant, plutôt qu'en méditant ou en lisant de la théorie (en gros en se prenant la tête pour trouver une réponse à une question qu'il ne s'est même pas posé...et je sais qu'on peut tourner en rond longtemps à ce petit jeu là, en se mirant les reflets et apparences de son ego , le piège étant de croire qu'on a changé..).

La recherche de soi c’est très bien, mais c'est pas tout. Il y a la détente et la contemplation à côté, et ça convient à tout ceux qui s'en sentent bien pour le moment. Bref c'est inutile de pousser les gens à se découvrir eux-même en les moralisant, ils risqueraient de voir l'introspection comme un fardeau plutôt que comme une aubaine.
Le Plus Appelle Le Plus
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#20
Tu défends ton point de vue avec éloquence, jeune camarade, je suis tout à fait conscient que je n’analyse pas tout correctement — mais la vie est faite pour qu’on y prenne des partis, pour qu’on y affirme des convictions avisées, sans que rien n’exige qu’elles tombent toujours justes —, et j’y lis que tu prends suffisamment soin de toi pour que je te lâche la grappe sur les "dissos", pas de problème. Smile
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#21
Désolez pour le retard ^^ 

Citation :1) Quand tu écris "la seule chose qui est rajoutée", je trouve que tu fais une impasse totale sur la culture, alors que la généalogie de la nôtre remonte à 2500-3000 ans, 100 générations d'ancêtres, ça fait un méga-millefeuille de couches culturelles dont les traces sont sédimentées en nous.

Pour moi, si l'on se reposait plus sur l'inconscient (ça passe par les enthéogenes et la nature forcément), tu est plus en contacte avec la "culture". Mais la vraie, celle niché dans la conscience et le corps. C'est parfaitement transcendant de se mettre a dessiner et débloquer tout un univers archétypale transculturelle (mais se rapprochant souvent plus d'une certaine "culture"). A mon sens il est dangereux de trop extériorisé ces formes de l'imaginaire (et dieux, ai je saigné des heures mon imaginaire sur le papier, en musiques ou en lettres), mais le support change, on nie l'ephemere et on change la relation a la mort. L’être immortel pour moi c'est celui qui est parfaitement éphémère, c'est comme ca que je l'ai vecu en tout cas. Il meurt dans la conscience, a chaque instant, ou je ne sais quoi ... 

Citation :2) Si "la manière que nous avons de parler en ce moment est dénuée de cette forte empreinte" humaine, c'est d'abord à cause de cette sècheresse de l'échange écrit, que nous essayons de "mouiller" de manière rudimentaire à l'aide d'un petit ensemble d'icônes très étriqué. Dès notre premier échange, je t'ai dit franco, "Let's get together!" (avec mon enthousiasme habituel de totem Chien), pour voir un peu quelles grâces humaines nous pourrions co-produire ensemble et dépasser ce "dénuement". Smile

Oui, un jour Smile 

Citation :Moi aussi, j'étais en accord avec cet écho consonant et complémentaire que tu as fait à mon 2. Une de mes façons de conjurer en large part le tragique vécu, c'est en effet de reconnaître distinctement que sous une déclinaison ou une autre, le tragique considéré a été éprouvé par tous les hommes avant moi, en gros. Encore mieux -- et ça devrait te plaire : quand, en plus, je me rends compte que le tragique personnel qui m'occupe est tout à fait analogue à un noeud relationnel archétypal ayant fait l'objet d'une tragédie grecque (au hasard Wink ) ou d'une oeuvre marquante un peu plus moderne, alors là, c'est encore mieux : il n'est plus (ressenti comme) tragique, ce noeud, il est juste humain et par lui, j'ai une sacrée généalogie prestigieuse, en quelque sorte. Smile

J'aime aussi beaucoup cela. L’être immortel vit dans cela tout le temps, néanmoins ça va au delà de l'humain et vers le cosmos, d'ou le symbole et la poésie. Il faut chercher a tuer les définitions, et celles que l'on utilise (bien sur il y aura toujours des définitions) on les utilise pour tuer le sens. 

Citation :Bon, après, "L'absurde a un sens", c'est trahir la langue et manquer de sérieux avec ses interlocuteurs, surtout balancé sans un mot de commentaire. (En passant, je mets ma casquette d'étymologue : c'est "ab-surdo", c'est-à-dire prononcé par un sourd, à des époques où il n'y avait ni langue des signes codifiée, ni implants cochléaires ;>). Ou dit autrement : j'ai précisé que, d'expérience, il me semble pouvoir affirmer que "Tout a un sens" (et on peut très bien discuter juste de ce point pour l'éprouver, à l'occasion). Ça implique que l'absurde n'existe pas, en réalité. C'est peut-être pour ça que je ne vois pas ce que tu veux dire. Wink

Je pars du fait indéniable que, même si il interagit constamment avec le monde, et que ce n'est pas un effort solitaire, la perception de l'Homme est parfaitement subjective. Que l'absurde ou pas existe on s'en fiche (a mon sens non), l'Homme peut le percevoir. On tue la réalité. Le monde est sacré? L'homme va tuer le sacré; La nature englobe tout? L'homme peut se concevoir, se ressentir, couper de la nature (et bien sur ce procédé fait partie de la nature), etc. Il existe donc, forcement, mais n'existe pas non plus. Ca n'as pas de sens, ou plutôt, quand cela a un sens, on les differencie. L'absurde a un sens. 

Citation :J'ai rencontré en début d'année un gratteux de 50 ans qui pouvait jouer plutôt bien différents styles et avec qui on avait bien boeuffé la 1ère fois. Et puis la 2e fois, je lui ai présenté une suite d'accords groovy et originale à boeuffer éventuellement, et là, il m'a dit : "Ah non, là dans un de tes accords, il y a quelque chose qui ne sonne pas bien, vraiment". J'étais un peu étonné de sa réaction, je lui ai demandé de m'expliquer ce qui n'allait pas, et non, il ne pouvait pas expliquer, juste ça sonnait pas bien pour lui. Alors je lui expliqué assez exactement ce qu'était cette suite d'accords (3 accords simples de la forme blues, I, IV et V, mais abordés avec une "sus 4" se résolvant tout de suite en 3re majeure, ce même schéma sur les 3 accords, harmonieux structurellement). On aurait dit que pas un seul mot de ce que je lui expliquais ne lui parlait. Franchement, pendant un très long moment, j'étais sur le cul, après ça, et je n'avais plus envie de jouer. Je venais de rencontrer pour la 1ère fois de ma vie un guitariste qui n'avait pas un poil de connaissance musicale ; je ne pensais pas que ça pouvait exister. ;>

Il n'as pas assez expérimentez. Je connaissais les majeurs et les mineurs (pex, en accord) et la gamme pentatonique.; mais au final tu peux inventer tes gammes et tes accords (les deux semblent aller ensembles) et apprendre a jouer avec les fausse notes (bon, ca c'est les trips qui m'ont appris). J'ai beaucoup joué seul en effet, la socio c'est pas vraiment mon truc et je perds facilement mes moyens, vu que j'ai du m'arretez a cause de probleme de santé je ne verrais de toute facon jamais ou cela m'aurait menez. En fait j'avais peut être déjà peurs de percevoir la musique autrement que par l'oreille. Pour moi c’était vraiment ça, fermez les yeux et me laissez guider. Apres je peux être très mental, et donc je construisait de matières très mathématiques, avec des schémas et tout. J'avais rencontrez un étudiant en école de Jazz qui m'avais dit que je n'avais rien a apprendre au niveaux techniques (moi pas d'accord bien sur) et qu'il fallait que j'apprenne le solfège et tout cela, mais ça me faisait peur et ça m'ennuyait. Et oui, mon rêve c’était de l'impro continuelle mais les gens voulaient toujours jouer des morceaux déjà fait. Je préférais la création constante, le jeux des sens. 
 
Citation :L'analytique est incontournable pour se faire le récit de ce que l'on vit et en fixer une part dans la mémoire créative et d'expérience. Il sert aussi à étudier la logique de ce qu'on a pu éprouver afin, si l'expérience a été très positive, de pouvoir plus aisément en retrouver le chemin plutôt que de s'en remettre à chaque fois aux hasards de la grâce immanente.

Bah non, pour moi justement la grace immanente c'est les instincts, les dieux et tout, les chemins qui ont été fait milles fois. Je suis tres reservé sur la capacité du mental a changer les choses, je pense qu'au contraire il va anticiper mais toujours subir, il ne peut pas eviter. Des fois je perçois quelque chose, et je sais que meme si je sais comment l'eviter, que ce soit dans un mois ou six, ca va m'arriver, comme si des instances du mental sous-terraines jouaient avec moi, ma sensibilité. 


Citation :Une image pour l'illustrer : tu cherches à atteindre un site dont tu es séparé par un précipice. Grâce à ton "mojo", ton sens intuitif aiguisé, ta connaissance sensible poussée du lieu en général et du site visé en particulier, tu es capable de te dépasser pour parvenir à sauter par-dessus le précipice et atteindre le site. Mais tu ne peux pas prétendre, de cette manière, y retourner à tout moment où cela te semblerait propice. Il y a le vent, qui joue, voire le reste de la météo ; ta capacité physique du moment ; ton état psychologique du moment, etc. Je pars du principe que tu sais quand les éléments sont favorables et que tu ne t'y risques pas quand ils ne le sont pas. Mais d'autres n'auront pas cette sagesse, peut-être, et le choc sera rude au fond du précipice.

Oui, mais il y a toujours des précipices. Aussi insensés soit ils. 


Citation :Elles te font souffrir, ou quoi ? Tu veux t'en débarrasser ? Big Grin

Encore une fois dans le précipice et j'aurais accepter que la douleur revient inlassablement. Encore une fois. C'est peut être comme cela que commence tout les contes, encore une fois. 

Citation :Ça m'attriste quand je lis trop de discours manifestant l'ardent désir de s'amputer d'un de ces pôles parce que, ouh la la, c'est trop fatigant, j'en peux pl

Réellement, nous sommes tous bien fatigués, allons dormir. Précipitons nous même ... 

oOo


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