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Thread Contributor: Laura ZertyArticles divers et avariés
#1
Citation :En même temps, le gouvernement ouvre le débat sur la contraventionnalisation de l’usage des drogues. Cette réforme est différente de celles évoquées plus haut, puisqu’elle ne répond pas aux besoins réels de la société. Elle ne donne pas les moyens nécessaires pour réduire la demande et l’offre des drogues illégales, et ne garantira pas plus de sécurité pour les citoyens, ni d’équité ou d’égalité dans l’accès à la justice pour les personnes usagères.

Fentanyl et autres drogues synthétiques : « Un défi émergent auquel il faut faire face »

Instaurer des contraventions pour usage de drogue ? Le gouvernement Macron fait fausse route, selon Khalid Tinasti, de la Commission globale de politique en matière de drogues. Mais ce débat permet d’ouvrir les yeux sur les ravages du fentanyl.

[Image: c4a08be_TOR508_CANADA-POLICE-_1029_11.JPG]
 
Tribune.

Le gouvernement mène actuellement d’importantes réformes du droit du travail, de l’apprentissage, du logement ou de la politique de la ville pour répondre de manière cohérente aux urgences sociales structurelles posées aux populations les plus fragiles dans les quartiers sensibles et les zones périurbaines ou rurales. Or ces mêmes personnes sont exposées à une prévalence d’usage des drogues plus importante que le reste de la population. Elles sont donc plus largement victimes d’une concentration des mesures coercitives contre cet usage, ainsi qu’aux méfaits liés au trafic des drogues.

En même temps, le gouvernement ouvre le débat sur la contraventionnalisation de l’usage des drogues. Cette réforme est différente de celles évoquées plus haut, puisqu’elle ne répond pas aux besoins réels de la société. Elle ne donne pas les moyens nécessaires pour réduire la demande et l’offre des drogues illégales, et ne garantira pas plus de sécurité pour les citoyens, ni d’équité ou d’égalité dans l’accès à la justice pour les personnes usagères.

De plus, cette réforme recroquevillée sur la forfaitisation du primo-usage du cannabis laisse de côté la majorité de l’usage des drogues, et n’est ni innovante ni moderne. D’une part, cette discussion a déjà eu lieu sous le gouvernement Jospin en 1999. De l’autre, les pays européens voisins ont déjà adopté une politique similaire, voire plus ambitieuse, il y a des décennies, avec des résultats mitigés. En particulier, elle n’a que peu réduit la charge de travail des policiers, ce qui est le but premier de cette réforme.

Le débat est ouvert

En revanche, cette réforme permet – et c’est sa plus grande valeur ajoutée à ce stade – d’ouvrir un débat de société sur le rôle des politiques de contrôle des drogues et sur leur efficacité, non seulement à faire face aux défis connus posés par les drogues traditionnelles mais aussi à ceux qui émergent, liés aux drogues synthétiques.



Si quelqu'un a un compte le monde pour proposer la version intégrale de l'article, ça serait cool. Ne serait-ce pour voir si ils en disent plus sur la nature du débat, parce que si c'est pour que des allumés commencent à exposer des points de vue réfléchis et novateurs sur la drogue, avant que des vieux réacs terminent le débat en disant non à la drogue, ça va pas aller plus loin que la répression actuelle.

Ou alors sera-t'on plus fliqué, comme le souhaitait Valérie Pécheresse ?
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#2
Symboliquement ce serait une belle chose de ne plus considérer les usagers comme des criminels . Après sur le terrain c'est sur que ça ne change strictement rien. L'un de vous a-t-il déjà reçu une contravention pour usage de stupéfiants ?
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#3
Un rappel à la loi et un stage de prévention inutile pour ma part. C'était de la bonne morale moralisatrice, à coup de si tu fumes tu risques de mourir, et comme exemple était choisis Kevin, 18 ans, un permis tout neuf et une demi teille de hard dans la tête, qui a fumé un joint et s'est tragiquement tué.

Le cannabis, c'est mal. L'alcool aussi, mais le plus méchant c'est le cannabis, parce que c'est illégal. La notion d'illégalité étant le faire valoir du chef gendarme qui nous a expliqué la vie pendant le stage. Le lendemain on a vu des psys avec qui on a pu parler, et là c'était intéressant. Sinon bédavait pendant les pauses donc j'en garde un bon souvenir lol.

Apparemment Macron a mit en place un système d'amende au lieu de recevoir des rappels à la loi, mais je n'en ai pas entendu parler, dans mon entourage plus grand monde ne fume dans la rue comme lorsqu'on était au lycée. Sinon de ce que j'en ai lu, c'est une nouvelle aberration qui va rapporter du fric à l’État, sans réduire la mobilisation de la police qui autre chose à faire, alors que c'était ce qui était proposé au départ si je me souviens bien...

http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/09/08/amende-pour-usage-de-cannabis-un-rendez-vous-manque-pour-les-associations-de-prevention_5182759_1651302.html


Citation :Pour les associations en charge de la prévention et du traitement des addictions, la future « amende forfaitaire » pour simple usage de cannabis s’annonce d’ores et déjà comme un « rendez-vous manqué ». Là où certains s’étaient pris à espérer qu’une contravention permettrait de dépénaliser la simple consommation en supprimant la peine de prison prévue par la loi depuis 1970, ils font aujourd’hui le constat que c’est la « pire option » qui tient la corde, hors de toute préoccupation de santé publique.

Le circuit pénal conservé en cas de récidive

Une amende serait ainsi mise en place pour un premier usage illicite de stupéfiant chez un majeur, mais le circuit pénal serait conservé en cas de récidive. « C’est une réponse simpliste et insuffisante qui ne va pas changer les modalités de consommation », regrette le professeur Nicolas Simon, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, dont les membres suivent 70 000 patients. « C’est une mesure purement sécuritaire qui n’a aucun lien avec la santé et qui a pour unique fonction d’alléger la paperasse des policiers », abonde le professeur Amine Benyamina, président de la Fédération française d’addictologie. Aucune de ces deux structures n’a d’ailleurs été invitée à s’exprimer devant les parlementaires de la mission d’information.

Après en avoir fait la demande, Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, qui regroupe de nombreuses associations, sera finalement auditionné le 14 septembre par les députés. Au vu des questions très « orientées » auxquelles il devra alors répondre, il juge que cette « commission n’a aucune vraie compréhension du problème et qu’elle ne connaît pas les dispositifs de soins, d’éducation et d’accompagnement ». « Elle reste dans la vision très naïve qu’il suffirait de menacer un usager d’une sanction sévère pour qu’il cesse sa consommation », poursuit-il.
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