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[AL-LAD + LSZ] Le Loup des Steppes
#1
Le Loup des Steppes

Ce trip date de Novembre 2013.


Introduction
Vers 10h du matin, j'ai innocemment décidé de prendre un demi-buvard d'AL-LAD, soit 75mcg environ. Mon but était de voir si l'approfondissement des capacités cognitives aurait une quelconque utilité sur l'apprentissage de mes cours.
Le temps allant, j'ai commencé à ressentir des difficultés de concentration, et une envie de redrop s'est manifestée. J'avais 2 buvards de LSZ (150mcg) de côté, j'ai décidé de les prendre l'un après l'autre, avec 30min d'écart. Le geste était motivé par un désir d'auto-destruction déguisé sous les habituelles justifications foireuses.


1. Tant que la chute sera une question, elle sera une réponse.


Je sens le produit monter, les vagues de puissances lysergiques m'investissent. Peu à peu, je perds le contrôle sur le fil de mes pensées, je peux toujours m'y identifier mais « Je » ai perdu l'impression de leur donner l'impulsion première. Premier masque tombé, début de la psychose.


Les lignes ondulent et ma conscience regarde la réalité interne et externe se déformer. Mon incapacité à gérer mes cours m'emplit d'un dégoût profond de moi-même. Serais-je donc stupide, incapable ? La façade de ces pensées négatives est alimentée par mes névroses et complexes habituels, qui, à ce moment, sont parfaitement dissimulés à mon regard. Les pensées vont si vites et sont si chargées en émotions que je suis incapable de faire preuve de recul.
Je commence doucement à ne plus tenir en place, je ressasse mes problèmes du moment, entre mon couple qui bat de l'aile, la peur de ne plus être capable d'arrêter le processus d'auto-destruction que j'ai soigneusement mis en place depuis plusieurs années, la crise de non-sens adolescente que je traverse... Plus je tourne en rond plus les boucles se montent comme les rouages d'une horloge bien huilée : mon complexe d'infériorité qui alimente ma peur de ne pouvoir supporter une relation de couple, qui alimente ma peur de l'abandon par les femmes, qui alimente mon complexe d'infériorité... Ma mégalo latente mise en place pour compenser la déstructuration lente mais sûre de ma personne, pour me donner l'illusion de garder le contrôle... Le contrôle. Incapable de l'avoir. La drogue m'empêche de voir plus loin que l'immédiat et mes mécanismes de projection dans le temps sont brisés. Impossible de se rassurer avec l'avenir et le passé fait trop peur. Si la vie est boucle, ne sommes-nous pas condamnés au surplace pour ne plus ressentir la souffrance ?
La situation de crise éveille en moi le Cri, toujours le même, celui de l'instinct et de la vie qui me déchire, me hurle d'avancer, de ramper, me traîner et m'affaiblir pour mieux me reconstruire.
L'auto-destruction, c'est quand on sait qu'il faut tomber pour apprendre à marcher. C'est quand on se  jette avec avidité vers le sol, comme si la brutalité de la chute nous apprendrait plus vite à mettre un pied devant l'autre. Mieux encore ! Marcher semble facile et la chute, elle, inévitable : car l'être est tombé tant de fois qu'il sait mieux que quiconque comment avancer – mais la souffrance est toujours présente. Il ne s'agit pas d'être funambule et croire mourir au premier faux-pas, mais d'apprendre à se réceptionner ! Et tant pis pour les douleurs que connaîtra l'esprit.
Tant que la chute sera une question, elle sera une réponse.


Ah, naïf adolescent qui pense être capable de tout vivre, tout supporter.
La drogue en a décidé autrement. Le fil des pensées se fait si intense qu'il se brise dans une plainte.
Le trip n'a pas fini de s'installer, et, dans un dernier sursaut, je tente de corriger le tir. Posture méditative, musique de mort-renaissance. Il faudra 20 longues minutes d'effort pour trouver l'oeil du cyclone. La musique entre dans la phase de renaissance. Mais rien n'y fait. Les pensées s’infiltrent par toutes les écorchures de la paroi des hallucinations. L'entremêlement de racines dorées sur fond rosé s'assombrit peu à peu et la nuit s'installe, ne laissant que l'effroi.
C'est définitif, tout est foutu brisé dans mon crâne.

« Mes pensées, répétées, en fracas, par le glas, répétées... murmurées... répétées... Larmes de glace, figée pour l'éternité, larmes de glaces, figées pour l'éternité... Mes pensées, répétées, en fracas, par le glas... »

Changement de musique.







Les harmonies explosent contre les murs et la guitare ne laisse plus que le chaos. Je me lève brutalement et me remet à penser, inlassablement, emporté par le vent du désert.

Les derniers contreforts de ma résistance se font entendre : « tente de t'occuper de toi. Tu as faim. Mange et calme toi. »

Préparer un repas s'avère extrêmement difficile, toute action est entrecoupée par une autre, je passe de l'une à l'autre dans une ronde macabre où chaque voix interne s'exprime avec toute la noirceur dont elle est capable. Et toutes sourient pourtant.

Toute matière semble liquide, même l'air ou mon crâne. Ma conscience ne semble plus rattachée à mon corps malgré sa présence à l'intérieur de ma tête.


J'ignore si je parviens à me nourrir, l'appétit n'existe plus. Je coupe la musique pour calmer la douleur et le vide du silence fait résonner les échos d'une frénésie passée. Mes voix se répercutent à l'infini et continuent de boucler. Impossible d'accéder à la voix de mon intuition, toutes mes pensées sont dissonantes, refusent de s'accorder pour accéder à la transcendance habituelle. Aucun refuge, toutes demandent à être entendues mais je n'ai plus la force d'écouter. Mon corps suit le mouvement des habitudes et je finis assis devant l'ordinateur.

Bienvenue sur facebook et son monde étrange, je cherche avec désespoir du réconfort mais qui aurait l'ouverture, la force nécessaire pour accueillir non seulement mon être mais aussi l'hystérie qui l'accompagne ? Non, je ne peux infliger ça à quelqu'un.
Comble du malheur, ma copine vient me parler. Mes névroses avec sa voix à elle, qui me jettent à terre, font ressortir des crocs terribles humides d'envie.
L'énergie du désespoir me pousse à répondre comme je peux que « c'est pas trop le moment ».
Erreur.
La conversation redoutée se met en place. Je sens qu'elle a des choses contenues à me dire, mais comme elles ne sont pas claires elle attend de moi que j'exprime mes pensées pour savoir comment se positionner. Pas de bol, lesdites pensées vont à 300km/h.
Je suis blessé par cette incapacité à se montrer franche. Une voix la traite de faible, une autre la traite de femme, une autre susurre qu'elle a conscience de la douleur qu'elle inflige, une autre prend sa défense, une autre relève chaque tournures de phrases montrant quelle réflexion elle a eu avant de s'exprimer.
Je ne veux pas lui faire du mal mais je ne veux pas la laisser me faire du mal, même inconsciemment. Je me défends, interprète de travers, me perds entre les niveaux d'interprétation de ses dires. Qu'est-ce qui est mensonge ou vérité ?
Je finis par me montrer blessant.
J'ignore comment ça se termine. Je choisis la fuite et la faiblesse.


Le suicide est-il la solution ?
Ce que je suis sera la réponse.

2. Le Stade du Miroir

Poussé par une curiosité avide, je me jette dans la salle de bain, face au monde cauchemardesque d'Alice. Je m'observe dans le miroir et seule la glace me rend mon regard. Je détourne les yeux, respire puis m'examine attentivement.

NON.

Pas ça. Pas lui, qui me regarde de ses yeux apeurés, timides et bêtes. Je renie l'être du miroir comme un fils difforme. Douce, fragile, inéluctable, l'identification se met en place : je suis lui et il est moi. Brûlé, trahi, je vomis cette Ombre qui ne veut qu'être accueillie avec amour. Il n'y a pas de place pour sa stupidité, sa peur, sa déviance. Il est le porteur des ténèbres de l'humanité, il est la déchéance de la lumière.
NOUS LE BRÛLERONS. De flammes expiatoires en sacrifices purificateurs, il sera sauvé.

Ou alors... Il s'agit de l'accepter ? La voix timide a fait taire toutes les autres.
Je sais depuis le début ce qu'il y a à faire. Que le diable reste en ses quartiers, je n'ai plus besoin de lui pour voir où est Dieu.



Mon reflet s'approche de moi. Nous nous regardons sans passion ni volonté.
Nos yeux se superposent parfaitement. Mes bras se lèvent, épousent la croix. Je n'ai plus qu'un œil, au centre du visage, prêt à absorber le monde.
« Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche. »
Un voile mauve couvre la moitié gauche de mon champ de vision. A ma droite, il n'y a plus d'hallucinations, plus rien. Seule la réalité froide et nue. De l'autre côté tourbillonne ma réalité interne, les symboles y dansent sur fond violacé. Je suis l'Œil qui voit tout, qui fusionne les contraires, unifie l'Humain et le Divin. Le Souffle, l'esprit saint.


Tout est trop intense, je vacille. Le Chaos a encore son mot à dire, j'accouche de lui et il respire enfin, dans un gémissement déchirant.
J'ai quitté l'oeil du cyclone.

3. Le Dragon

Je dois retrouver l'Océan, la Mer. Torse-nu, pieds-nus, un sarouel déchiré, je marche hagard vers la plage.

Le monde est hostile, j'ai envie de frapper. Me battre. Je n'ai plus rien à perdre. Fidèle à mes propres démons, j'aimerais leur laisser une chance d'être entendu, leur offrir une réalité tangible, qu'ils envahissent le monde extérieur puisqu'il n'y a pas assez de place dans ma tête. Tuer. J'aimerais ôter la vie.

Non. Pas cette voie là. Tu la connais déjà. Tu as connu la haine pure. Tu as manifesté la haine pure. Là où il y a la haine il n'y a plus la conscience. Le corps, possédé par ses instincts, boute la conscience en dehors, comme on jette le capitaine lors d'une mutinerie.
Et pourtant, la conscience est toujours là, ailleurs dans l'espace, et son miroir reflète ce qui se produit. Même hors du corps. Tu l'as vécu. Tu l'as pleuré.


La Quête de l'Unité. Le Blast. Quand ce qui est refoulé est plus fort que ce qui est exprimé. Que la seule solution pour retrouver l'origine, l'harmonie, sa place dans le monde, semble être l'expression brute et totale de tout ce que tu es.
Même si ce que tu es s'appelle violence.
Mais c'était un mensonge. Le Blast le flash l'Éclat n'a pas lieu. Pas même un avant-goût. Juste la haine la honte le dégoût la rancoeur.
Mais par le dégoût de Moi vient la compréhension que Moi n'est pas Soi. Que la partie qui se pense, qui pense le monde, n'est pas la totalité qui connaît, qui est le monde.


La plage. Le désert. Je veux que mes pêchés brûlent sur le sable, terrorisés. Je veux que Jésus le fils, le Moi, ne se soit pas trompé. Je veux que le chemin se dessine.

Les creux du sable forment une ronde d'yeux qui m'observent en dansant.
Et puis, la Mer.
Que germe le Feu qui me brûle !

Je tombe à genoux et observe l'infini. J'implore le pardon, la consolation. Que la mère m'emporte dans ses bras et par pitié, que ceux-ci ne soient pas froids à nouveaux.
Seul le désespoir me répond. Les voix ont cessés la moquerie. Ne reste que le dépit. Elles m'ont abandonné.

Je marche. Il me faut rejoindre la forêt, la vie. Je me traîne, pathétique carcasse changeante sur fond d'immuable. Que suis-je sinon vide ? Quoi d'autre qu'un univers de néant dans un univers de néant ? Un miroir voué à refléter, à toutes les échelles et à tous les temps, un monde dont la trame est le rien ?

Le jeu de miroirs se fait plus grand. Fractales. La conscience qui se reflète elle-même à l'infini. Ipséité. J'explore des dimensions connues de la transcendance, qui n'ont plus qu'un goût d'amertume passé le frisson de leur découverte. L'amertume d'être allé trop loin pour vraiment comprendre. D'être allé trop loin pour savoir ce que ça vaut, et de vivre avec les conséquences de la connaissance comme un fardeau. La schizoïde nostalgie du drogué.
Mais pourtant... sur le chemin de la connaissance, de l'évolution, de cette unité vénérée comme un Dieu sans que quiconque puisse dire de quoi il s'agit, la souffrance pure, le côté obscur, le bad, ne serait-ce pas une étape comme une autre vers l'individuation, le bonheur et la joie lorsqu'on a choisi le chemin de la difficulté ?
Aucune lueur d'espoir ne s'allume. La spirale était descendante, cette pensée en faisait partie. Les émotions, exclusivement négatives, font de mes voix leurs jouets depuis le début. Le Moi est une voix comme les autres, faite de plusieurs voix qui parfois s'expriment à l'unisson.

Brusquement, je suis interrompu par un dragon.
Là, en face de moi, la végétation de la colline s'est muée en un dragon immense et vivant, qui affronte l'océan de son rugissement silencieux. Incarnation d'une puissance qui dépasse l'entendement, toute une armée d'esprits se dresse derrière lui. Le serpent aux milles écailles, sur chacune d'elles est gravée l'histoire de la déchéance des hommes. Je ne peux affronter la puissance du monde.

Je finis par faire demi-tour, sur cette plage qui me regarde avec indifférence de ses yeux multiples. Il faut avancer, même sans but, il faut avancer.
Courbé, j'écoute les vagues et les murmures. Totale dysphorie. Je suis déconnecté du beau. Le monde semble m'apparaître tel qu'il est, froid et distant – je sais cette vision fausse, mensongère. L'exaltation ne peut être mensonge si la dépression est vérité : ce sont des états d'âme, l'univers n'a que faire des états d'âme, il est bien plus que ça. J'aimerais me soustraire à l'univers, disparaître, qu'aucune molécule ne subsiste et que le reste de mes pensées se dilue dans l'air du soir.

4. Tendre la main

De fragiles bulles refoulées remontent à la surface. Je finis par m'asseoir, lunatique. J'ai froid.

N'y a-t-il nul part ces bras qui vous sauvent de la détresse ?
L'univers se calme. Je n'ai plus le choix, du ciel je me tends la main. Je réintègre en partie mon corps et soudain, les larmes. Mes sanglots éclatent en fractales multicolores. Je me rassure comme on rassure un être cher, tente d'apporter une présence à la solitude. Les pleurs redoublent de force, il  y a tant à évacuer.



« Open your heart, i'm coming home. »

De longues minutes s'écoulent sans que je puisse reprendre le contrôle.
Enfin, le flot se tarit. La noirceur est toujours là, qui glisse maintenant sans me blesser.

Je me relève, un peu plus fort. Il est temps de quitter les lieux. En chemin, j'aperçois une ancienne enseignante que j'appréciais.
Une aide ? Je m'approche sans réfléchir, une phrase s'apprêtant à franchir ma bouche – elle m'aperçoit soudain et me coupe dans mon élan d'un « bonjour ! » joyeux.
Atterrissage catastrophique. Ca ressemble à ça la voix d'un autre ? Que faut-il dire ? Faire ?
Je lâche un « bonjour » rauque, qui met en relief les larmes séchées sur mon visage. Perturbée, elle parvient à s'enquérir de mon état, s'intéresse, avec douceur. Je prends conscience d'avoir en face de moi un univers entier, structuré différemment du mien. Chacun de ses mots est pendu à une idée, chaque idée à un souvenir, chaque souvenir à un concept, et ainsi de suite.
Je détourne d'abord le regard des rouages de son esprit, j'ai l'impression de voir quelque chose qu'elle refuserait de me montrer.
Avec surprise, je constate que les fils de son univers sont connectés au mien, et que leur mécanique incessante interagit avec moi. Sous mes yeux s'illustrent l'empathie et le pouvoir du non-verbal, qui habituellement ne se laissent saisir que par l'intuition.

Me laissant guider par cette dernière, j'articule ce qui vient à ma bouche de lui-même. Elle m'invite à la voir dans la semaine pour m'aider scolairement.

Lorsque je pars, la lumière s'est faite plus vive. Il est temps de retourner chez soi et de trouver une occupation, avant de redevenir jouet de l'insanité.

5. Hestia

Complètement blasé, rien ne me satisfait dans la solitude. La nuit recouvre le monde, c'est un contraste violent avec le crépuscule permanent dont j'étais prisonnier. Mon feu vacille avec l'orage de pensées qui revient.
Je sors à nouveau, motivé par des pulsions nihilistes. J'aimerais croiser l'enfer et que l'enfer me broie.

Volontairement, je passe dans une ruelle sombre où une quinzaine de chiens fument et boivent, dans l'attente d'une proie à dépouiller. J'avance lentement, attendant l'appel à la violence. Rien. Je suis une ombre dans le noir, un passe-muraille.
Et bien soit. L'errance veut me garder pour elle.

La fatigue arrive, avec elle le besoin d'un foyer. Je demande à un ami si je peux le rejoindre chez lui, sa maison a tout d'un havre tranquille.

L'orage s'achève enfin. S'ensuivent plusieurs heures où je suis accueilli et intégré dans les éléments d'une routine tranquille – je ne subis pas l'analyse faite aux corps étrangers. Ma souffrance fini par se taire, mon besoin d'écoute aussi. Pas de place au monopole de l'attention, l'échange s'installe et avec lui la tranquillité, la vraie.

Une fois la descente presque achevée, je décide de rentrer, vers 1h du matin. La force d'assumer mes bêtises est revenue – sans sourire et sans larmes.

Je vais directement rejoindre mon lit, et juste avant que le sommeil ne m'attrape me vient une pensée :
J'ai affronté plusieurs fois dans la terreur l'idée du suicide – qu'elle se soit imposée une nouvelle fois à moi en cette journée terrible m'a permis de lui répondre non. Un non définitif et calme, rassuré.
Le loup et l'homme ont fini de s'entre-déchirer – comment résumer l'âme humaine à une si maigre dualité ? L'esprit est multiple, fait de tous les visages et de toutes les formes.
L'humain est l'être de tous les possibles.


Conclusion

Que dire en conclusion, si ce texte ne parle pas de lui-même ?
Plutôt que le résumer, je tiens juste à évoquer ce qui a précédé ce trip et ce qui en a suivi.
Cette journée est l'apothéose d'une relation à la drogue conflictuelle et profondément destructrice. Là où tous mes trips précédents s'inscrivaient dans une continuité, une sorte de quête désespérée de l'équilibre et une fuite du monde de l'adolescence tout ce qu'il y a de plus classique, cette fois ça a été un peu différent. Même si on reste dans la thématique, l'expérience a été une sorte de condensé négatif de toutes mes expériences précédentes, un résumé en gros. Par la suite, devenu trop faible pour affronter mon addiction, j'ai à nouveau consommé des substances qui n'ont fait que rouvrir les blessures – mais c'est comme s'il n'y avait plus de structures à détruire et que mes trips endommageaient les fondements même de mon esprit (incapacité à tenir un raisonnement cohérent, hallucinations envahissantes en permanence, impression d'entendre les pensées des autres... bref j'suis resté perché quelques mois).

Finalement j'ai réussi à entamer une période de sobriété salvatrice et je me suis tiré de ce merdier. Ce trip a été la sonnette d'alarme qui a retenti en écho pendant un bon moment. Même si je conserve encore une certaine addiction, j'ai appris à la gérer plus ou moins, et elle ne s'alimente plus d'un désir d'auto-destruction.

Ah et par rapport au titre, c'est un « hommage » à un livre éponyme qui m'a profondément marqué durant cette période. Si vous aimez la littérature psychédélique, foncez.



Merci à vous de votre attention.
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#2
Les dragons c'est trop bien!

J'en vois partout des dernières braises du feu en passant par les reliefs de la montagnes pour finalement vagabonder paisiblement dans le ciel, baignant dans les nuages.
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#3
Merci et bravo d'évacuer tout ça, c'est toujours intéressant de voir quelqu'un partager le merdier qu'il a fond de lui, ça nous rappelle qu'on a tous plus ou moins le même bordel en nous. Je me reconnais dans certaines choses, notamment le rapport à l'autre dans le couple. On croit comprendre les autres mais à quel point on transfère nos propres démons, notre imagination ou nos préjugés de conditionnés ?

Au final l'important c'est toujours de rabattre son caquet à l'orgueil et se rappeler qu'on est tous les mêmes, pour pouvoir aimer les autres et s'aimer soi-même. Prendre tout ça à la rigolade plutôt que de se faire tout ce drame qu'on aime s'infliger.

Le suicide ? Ca parait tellement évident quand on se pousse à bout (enfin c'est ce qu'on aimerait croire), et tellement ridicule quand on reprend ses esprits.

L'autodestruction est logique à un moment donné dans un monde tellement froid et vide que ça parait un des seuls moyens de reprendre contact avec soi et ce qui nous entoure. Puis on commence à comprendre des choses et à devenir plus constructif. Ça fait partie du chemin.
Mes trips reports : The Death of Utopia, The Begining of the Dream

Le lâcher prise, c'est accepter de redevenir un enfant.
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Ce qui importe avec l’expérience psychédélique, ou plus généralement spirituelle, ce n’est pas la vérité que l’on croit toucher du doigt, mais bien le chemin qu’elle nous fait parcourir sur notre rapport au soi, aux autres et à la vie.
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#4
Merci de votre lecture, et de ton avis Sludge. Tu résumes très bien le bousin.
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#5
OMG ! enfin quelqu'un qui connait Mirrorthrone !!!! depuis des années que j'écoute j'ai jamais trouvé un seul métalleux qui écoute ça ! (en même temps de l'avant-garde metal quoi...) ce mec c'est un génie, c'est un one-man-band (il fait tout tout seul dans le "groupe" mais du coup concerts impossibles) et il a 5 one-man-band comme ça, un de black metal, un de doom, celui ci d'avant-garde, un de brutal death et le dernier je sais plus ! bref du coup je vais lire encore plus attentivement le TR !

edit : brutal le "TR" j'ai pas pu le finir, j'suis en traitement en ce moment par un vrai médecin mais aussi à ses heures perdues guérisseur/exorciste/hypnothérapeute/trucs-ésotériques-et-j'en-passe qui exorcise tous mes démons et je peux pas lire un truc pareil en ce moment, mais j'aime beaucoup comment tu écris.
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#6
Ahaha, à croire qu'en tant que fans on a tellement besoin de faire connaître Mirrorthrone qu'on peut pas s'empêcher de tout dire à son sujet x)
Je pensais écrire un topic à son propos d'ailleurs, il le mérite bien. Ravi de rencontrer qqun qui aime aussi !

Pour ton traitement, j'espère que ça va bien évoluer, merci de ton commentaire !
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#7
Couac a écrit :Pour ton traitement, j'espère que ça va bien évoluer, merci de ton commentaire !

nickel merci ! ça s'est fini lundi et je suis un homme nouveau ! j'aborde la vie comme jamais auparavant, ce mec ça doit être un ange ou bien un kind-of-superior-being dans un corps d'humain (non mais je le pense vraiment) je REVIS tout simplement Smile

faudra du coup que je finisse ton TR ^^ mais là j'suis pas en état, je sors de descente d'acide (bah AL-LAD justement), c'était stylé mais dépucelage, tu vois ce que je veux dire
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